Pierre Laurent : "On utilise la situation pour justifier une restriction des libertés"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:44OuverteÉludée
Quels sont les amendements que vous soutenez, Pierre Laurent ?
- 1:44RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous voulez dire par motifs spéculatifs ?
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Mais Pierre-Laurent, la prévention, ce n'est pas un élément essentiel dans la lutte contre le terrorisme ?
- 2:53FerméeRéponse partielle
Mais puisqu'il y a maintenant l'intervention d'un juge judiciaire, vous n'êtes pas rassuré ?
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La lutte contre le terrorisme nécessite, vous en convenez, d'aller vite. Est-ce que les lourdeurs judiciaires, procédurales, ne sont-elles pas un obstacle à cette rapidité dans l'action pour éviter un attentat ?
- 4:32OuverteRéponse directe
Le Sénat veut que ces mesures spéciales s'appliquent durant 4 ans seulement, jusqu'en 2021, pour voir si c'est efficace. C'est une bonne idée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31Invité politiqueFait
« Il propose de transcrire dans le droit commun, je rappelle ce texte, plusieurs dispositions de l'état d'urgence, comme les assignations en résidence, les bracelets électroniques ou encore l'interdiction de rencontrer certaines personnes. »
- 0:56PrésentateurPromesse
« Nous allons combattre le texte dans son ensemble. »
- 1:04PrésentateurFait
« Je rappelle qu'on a voté deux nouvelles lois qui ont renforcé l'arsenal répressif antiterroriste l'année dernière, une en juin, une en juillet. »
- 2:31PrésentateurChiffre
« Et on dispose déjà de l'arsenal répressif le plus important d'Europe. »
- 4:32Invité politiquePromesse
« Le Sénat veut que ces mesures spéciales s'appliquent durant 4 ans seulement, jusqu'en 2021, pour voir si c'est efficace. »
- 5:28PrésentateurChiffre
« Il a annoncé au total une suppression de 13 milliards d'euros de la dépense publique des collectivités locales. »
- 6:13Invité politiqueFait
« le Fonds Monétaire International, qui salue, je cite, les réformes ambitieuses et courageuses d'Emmanuel Macron »
- 7:06PrésentateurFait
« elle est vaste et ambitieuse, mais malheureusement, pour organiser la régression des droits sociaux. »
Temps de parole
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France Inter.fr. France Inter. Pierre Veil. Le 6-9 de l'été. Pierre Laurent, bonjour. Bonjour. Sénateur de Paris, secrétaire nationale du Parti communiste français. Alors le Sénat examine aujourd'hui et demain le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, avant sa lecture par l'Assemblée nationale en octobre. Il propose de transcrire dans le droit commun, je rappelle ce texte, plusieurs dispositions de l'état d'urgence, comme les assignations en résidence, les bracelets électroniques ou encore l'interdiction de rencontrer certaines personnes. Les sénateurs ont déposé 65 amendements. Le Sénat prend, semble-t-il, la défense des libertés publiques.
Quels sont les amendements que vous soutenez, Pierre Laurent ? Nous allons combattre le texte dans son ensemble. Nous déposerons des amendements, mais c'est la philosophie générale qui nous pose problème. Je rappelle qu'on a voté deux nouvelles lois qui ont renforcé l'arsenal répressif antiterroriste l'année dernière, une en juin, une en juillet. Et là, comme vous l'avez dit, il s'agit d'aller beaucoup plus loin et d'aggraver encore la situation, puisque le gouvernement dit qu'on va sortir de l'état d'urgence, mais en vérité il le rend pérenne en organisant la limitation des libertés publiques.
Parce que le gouvernement dit qu'il va modérer cela parce qu'il va introduire la possibilité du recours au juge judiciaire sur un certain nombre de décisions. C'est-à-dire le juge des libertés et de la détention. Voilà. Mais en vérité, comme les motifs qui sont introduits deviennent de plus en plus spéculatifs, évasifs, flous, la possibilité de contrôle se réduit d'autant... Qu'est-ce que vous voulez dire par motifs spéculatifs ? C'est-à-dire qu'on est en train progressivement de faire évoluer l'arsenal répressif dans la répression de l'intention plutôt que dans la répression de la caractérisation d'une infraction.
Et on voit une évolution de notre justice pénale inquiétante, enfin plus exactement de la police pénale de plus en plus inquiétante.
Mais Pierre-Laurent, la prévention, ce n'est pas un élément essentiel dans la lutte contre le terrorisme ?
Oui, mais la prévention, bien évidemment, elle est nécessaire. Et pour ça, elle suppose des mesures de police et de coopération avec la justice. Mais là, on est progressivement dans tout autre chose. Et on dispose déjà de l'arsenal répressif le plus important d'Europe. Et en revanche, il y a toute une série de mesures de l'état d'urgence et beaucoup de rapports en ont attesté qui ont été maintenant utilisés pour mettre en cause des libertés publiques dans des domaines qui n'avaient rien à voir avec les libertés publiques. Et c'est de cela dont on s'inquiète.
Mais puisqu'il y a maintenant l'intervention d'un juge judiciaire, vous n'êtes pas rassuré ?
Non, je le redis, ce qu'on nous avance comme étant une modération de ce risque est extrêmement insuffisant. Et en vérité, on est en train progressivement de renier sur les libertés publiques. Alors même que dans le combat contre le terrorisme, tout le monde disait au départ qu'il ne fallait pas leur céder sur ce terrain-là. C'est-à-dire qu'il ne fallait pas empiéter sur nos libertés publiques fondamentales.
La lutte contre le terrorisme nécessite, vous en convenez, d'aller vite. Est-ce que les lourdeurs judiciaires, procédurales, ne sont-elles pas un obstacle à cette rapidité dans l'action pour éviter un attentat ?
Oui, mais là, écoutez, quand il y a eu le déclenchement de l'état d'urgence, du premier état d'urgence, tout le monde a justifié ce déclenchement justement par la nécessité de l'urgence. Aujourd'hui, nous ne sommes pas dans cette situation. Nous sommes dans un problème qui est lourd, qui est permanent, et qui nécessite pour s'y attaquer des mesures de police, mais aussi beaucoup d'autres mesures de prévention qui ne sont pas seulement des mesures de police. Et là, on utilise cette situation pour justifier, je le répète, une restriction des libertés qui, à nous, nous inquiète beaucoup, et pas seulement nous d'ailleurs.
les syndicats de magistrats, beaucoup de défenseurs des libertés publiques, le monde associatif s'inquiète de ces restrictions progressives.
Le Sénat veut que ces mesures spéciales s'appliquent durant 4 ans seulement, jusqu'en 2021, pour voir si c'est efficace. C'est une bonne idée ?
Écoutez, on nous a déjà fait le coup, si je puis dire, du caractère provisoire de l'état d'urgence. Et en vérité, nous n'en sommes jamais sortis, et maintenant, nous allons le pérenniser dans la loi. Donc, évidemment, nous ne pouvons pas accepter cette situation qui met en permanence en sursis le retour à un état normal de nos libertés publiques.
Pierre-Laurent, les annonces d'Emmanuel Macron, hier devant la conférence des territoires, comme pour les parlementaires, il veut une réduction des élus locaux.
Qu'en pensez-vous ? Moins d'élus locaux ? Surtout, ce qu'il a annoncé, c'est moins de dépenses publiques et moins de moyens pour les collectivités locales. Il a parlé beaucoup de donner plus de liberté aux collectivités locales, mais avec une seule mission, c'est réduire leur action publique, puisqu'il a annoncé au total une suppression de 13 milliards d'euros de la dépense publique des collectivités locales, c'est-à-dire moins de services publics locaux et moins de services rendus aux populations, moins de communes, moins de départements. Puisqu'il appelle à leur fusion.
Et puis, vous savez, les élus locaux, qui d'ailleurs sont dans leur immense majorité des élus bénévoles, qui ne touchent aucune indemnité pour être conseillers municipaux dans leur commune, et qui sont des gens qui passent du temps, qui consacrent du temps à l'action publique et à l'intérêt général, moi, je crois, sont plutôt un maillage démocratique extrêmement utile au pays.
Que pensez-vous de l'analyse du FMI, le Fonds Monétaire International, qui salue, je cite, les réformes ambitieuses et courageuses d'Emmanuel Macron ?
Tout cela n'a rien d'étonnant. Le satisfait-ci du FMI, qui plaide depuis des années et des années pour des politiques d'austérité dans le monde entier, et qui est, le FMI, grâce à ses recommandations, si je puis dire, un des principaux responsables de la crise mondiale actuelle. Donc je ne sois pas... Personnellement, je pense que ce satisfait-ci de donner à Macron est assez révélateur de la nature de la politique qui est conduite par le nouveau président de la République dans la droite lignée de ce qui est fait depuis des années et qui va à nouveau nous conduire à des crises sociales, économiques supplémentaires.
Le FMI juge la réforme du marché du travail que propose Emmanuel Macron vaste et ambitieuse.
Oui, elle est vaste et ambitieuse, mais malheureusement, pour organiser la régression des droits sociaux. Et tout est problématique dans ce qui est en train de se passer au Parlement. La méthode qui consiste à faire voter une loi d'habilitation des ordonnants sans qu'on connaisse le texte final. Et puis, on verra au mois d'août sortir un texte qui va organiser une vaste régression des droits sociaux. Et c'est pour ça qu'il reçoit les félicitations de ceux qui poussent à ce type de politique dans le monde entier. Mais quand on connaît
les rapports de force au Parlement, votre bataille contre la réforme du Code du Travail, est-ce qu'elle est perdue d'avance ?
Non, elle n'est pas perdue d'avance parce qu'elle a une vertu. C'est d'éclairer progressivement sur le contenu de cette loi sur laquelle le gouvernement tente d'entretenir le flou maximum. Puisque le gouvernement ne met pas sur la table le texte, eh bien, il faut le harceler, l'interroger pour l'obliger à dire la vérité de ce projet. Et notre travail, c'est un travail de vérité sur ce qui se prépare. Et nous allons prendre le relais de l'Assemblée nationale pour ce qui est de notre groupe au Sénat à partir de lundi prochain. Puisque c'est la période du 24 juillet au début août qu'a choisi le gouvernement pour terminer ce débat dans l'ombre du débat public.
Mais Pierre-Laurent, êtes-vous si sûr que les Français ne veulent pas cette réforme du Code du Travail ? Ils ont élu Emmanuel Macron et il avait clairement Emmanuel Macron annoncé cette réforme.
Oui, mais les Français avaient élu François Hollande et ils n'ont pas été d'accord avec la loi Travail et jusqu'au bout de son âge ont montré...
François Hollande n'avait pas annoncé cette réforme du Code du Travail. Ce n'était pas dans son programme.
Mais le président de la République actuelle a annoncé qu'il utiliserait les ordonnances mais sans jamais donner le contenu et il entretient beaucoup de flou. Si on écoute le président de la République on a l'impression qu'il va seulement y avoir davantage de souplesse et que tout ira mieux demain. Et donc c'est pour ça que je dis qu'il faut mener un travail de vérité sur la nature du projet pour faire comprendre ces dangers. Nous avons un très grand travail d'explication à mener mais nous sommes engagés dans ce travail pour aller, je l'espère, vers des mobilisations importantes au mois de septembre.
Pierre-Laurent, sénateur de Paris, secrétaire nationale du Parti communiste français est notre invité ce matin. Vous pourrez l'interroger après la revue de presse à 9h-20 en appelant le 01-45-24-7000 c'est interactif. 8h quasiment 32.
Pierre Laurent