Face à Face : Clémentine Autain - 15/09
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Face à Face Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Clémentine Autain Bonjour Apolline de Malherbe Merci de venir répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la députée La France Insoumise de Seine-Saint-Denis En préparant cette interview depuis hier soir, je me dis, est-ce que c'est pas un peu l'hôpital qui se fout de la charité quand même ? À quel sujet ? Quand même, Roussel, Mélenchon Ah, d'accord Je comprenais pas de quoi vous venez parler On a quand même Fabien Roussel qui appelle à une forme d'insurrection et Jean-Luc Mélenchon qui joue les vierges effarouchées et qui dit, oulala, c'est un appel à la violence
Bon, écoutez, les règlements de comptes par Twitter, médias interposés à l'intérieur des forces de gauche et écologistes, honnêtement c'est pas ma tasse de thé, je pense que ça serait mieux d'avoir des espaces qui permettent d'avoir ces débats-là et d'essayer publiquement d'avoir une image plus rassemblée et de pas se tirer les uns sur les autres D'ailleurs, Fabien Roussel, vous l'avez remarqué depuis un certain temps a pris beaucoup de distance avec la NUPES et n'est pas le dernier à envoyer des pics sans arrêt donc je trouve que tout ça ne va pas Donc vous dites On ne veut pas qu'il se déchire
mais en même temps, vous glissez quand même qu'il y en a un qui a commencé Non mais justement, il faut arrêter
Franchement, il faut arrêter Voilà, c'est tout, il faut arrêter Y compris, je trouve qu'il y a une dimension qui ne va pas, je vous dis il vaut mieux qu'on en parle dans des cadres dédiés internes et puis qu'on essaye de donner à voir une gauche et des écologistes rassemblés dans ce moment de crise multiple que nous traversons avec la hausse des prix et moi je partage la colère de Fabien Roussel C'est insupportable cette hausse des prix hausse des prix qui va encore s'annoncer pour ce qui concerne l'électricité 11% d'augmentation sur l'alimentation les gens sont pris à la gorge et donc la question c'est de savoir comment on fait canner ce gouvernement pour qu'il bloque les prix pour qu'il augmente les salaires et pour que les gens puissent enfin respirer
Précisément, quelle est la méthode ? La réponse de Fabien Roussel, c'est ça
Pour moi, c'est une question de légitime défense C'est comme de la légitime défense On ne peut pas, on se fait attaquer raqueter, voler et on ne devrait rien dire Oui, nous appelons à être mobilisés à envahir les stations essence les grandes surfaces les préfectures parce que l'État est responsable
Sur le fond, est-ce qu'il faut envahir ? Non mais on cherche la méthode Le problème qu'on a avec ce gouvernement c'est qu'il n'entend rien Vous avez des millions de gens qui ont manifesté contre la réforme des retraites Le gouvernement a répondu 49-3 Vous avez des millions de gens qui n'en peuvent plus parce que c'est intenable aujourd'hui avec la compression des salaires et la hausse des prix Qu'est-ce qu'on fait ? Que fait le gouvernement ?
Il fait confiance au marché et il n'agit pas il ne bloque pas encore une fois les prix des produits Donc il n'écoute pas les syndicats Il n'écoute pas les gens dans la rue et même le Parlement quand on vote des choses il s'assoit dessus Prenez l'exemple de l'électricité Vous savez qu'on a déposé un amendement NUPES il y a quelques mois pour proposer que les TPE, PME vous savez qu'ils sont exclus du tarif réglementé ce qui est extrêmement grave parce qu'une des raisons pour lesquelles les boulangers C'est évidemment les crises qu'on a vues notamment pour les boulangers comme vous dites Les fermes et les petites TPE, PME fermes c'est parce qu'elles n'arrivent pas à prendre le choc de cette hausse du prix de l'électricité Donc les TPE, PME les bailleurs sociaux et les collectivités de moins de 50 000 habitants Donc vous avez déposé cet amendement pour dire qu'il faut qu'elles puissent bénéficier du tarif réglementé Ça a été adopté à l'Assemblée nationale On a gagné Qu'a fait le gouvernement ?
Rien Donc on a un problème démocratique et je trouve que le débat au fond que pose Fabien Roussel il est celui de que faire dans un cadre où tous les rouages de la démocratie sont malmenés sont totalement piétinés par le gouvernement Et donc moi je le renvoie du côté de la Macronie La question je la pose aux macronistes Comment faire pour se faire entendre ? Comment faire ? Puisqu'il n'entend pas la rue il n'entend pas les syndicats et il n'entend pas les parlementaires Alors ça se passe où la démocratie ?
Et donc je trouve que ceux qui d'une certaine manière appellent à des méthodes qui sont des méthodes qui sortent du cadre démocratique ce sont ceux qui gouvernent aujourd'hui et qui devraient être obsédés par un changement quelque part dans les pratiques démocratiques et qui au contraire s'engouffrent dans des méthodes qui sont toujours plus autoritaires et méprisantes Apolline de manière juste un mot là-dessus C'est-à-dire que le problème aussi c'est qu'Emmanuel Macron et les macronistes sont extrêmement extrêmement méprisants
Donc pour vous ça justifie cette tentation d'une forme d'insurrection que laisse entendre
Les Français se disent comment on fait pour se faire entendre ? Quand vous voyez qu'à Carré des gens ont envahi l'ARS l'Agence régionale
Je vais préciser les choses pour ceux qui n'auraient pas entendu ce matin mon invité sur RMC auquel vous faites référence Clémentine Autain Il se passe qu'à Carré effectivement au centre-Bretagne depuis cet été les urgences ferment à 18h30 malgré tous les appels de la population malgré le maire de Carré qui plusieurs fois a été voir l'ARS et leur a demandé mais quand est-ce que ça va rouvrir ?
Il avait dit ça n'est que temporaire au 1er septembre les urgences rouvriront 24h sur 24 sauf que on est déjà à mi-septembre et les urgences ne rouvrent pas des citoyens se sont donc mobilisés ils ont été reçus hier par l'ARS à Quimper et à l'issue de cette réunion ils ont décidé d'envahir en effet les locaux d'occuper les locaux pour autant ils n'ont d'ailleurs pas obtenu la réouverture des urgences de Carré Allez-y
Ça veut dire ça veut dire que les gens ne savent plus par quel bout prendre le problème pour se faire entendre la question des urgences nous on a le même problème à l'hôpital Robert Ballanger dans ma circonscription où effectivement ça a commencé chez nous des fermetures d'urgence pendant l'été la nuit ou les week-ends mais vous vous rendez compte ça veut dire que les gens vont arriver plus tard des gens meurent sur les brancards c'est ça la conclusion pratique de la fameuse réduction de la dépense publique de tout ce discours sur il y a trop de fonctionnaires etc. au bout du bout ça donne quoi ?
ça donne des situations qui sont des situations injustes inégalitaires parce qu'il y a des territoires qui sont beaucoup plus impactés en fait qui sont touchés de façon beaucoup plus forte et Carré en fait partie évidemment de ces services publics qui sont dégradés Le responsable
de ce mouvement citoyen que j'avais tout à l'heure disait on paye nos impôts comme ceux qui habitent dans les centres-villes dans lesquels ils ont accès à des urgences 24h sur 24 est-ce qu'elle est là la clé de cette colère qui couve et dont parle Fabien Roussel ?
Moi je vais vous dire un rapport est sorti hier passionnant d'un collectif qui s'appelle collectif nos services publics et qu'est-ce qu'on voit dans ce rapport notamment je vais vous donner un chiffre 50 milliards d'euros de baisse d'impôt sous Macron 50 milliards d'euros alors cette baisse d'impôt elle touche qui ?
Elle touche d'abord des grands groupes économiques vous savez qui par des biais de niches fiscales de réduction d'impôts divers et variés finalement contribuent moins à la collectivité ce sont aussi les hyper riches on le sait la suppression de l'impôt sur la fortune l'ISF la flat tax donc tout ça ça fait 50 milliards d'euros c'est 50 milliards d'euros en moins c'est 50 milliards d'euros en moins pour faire vivre les services publics il y a aussi il y a aussi il y a aussi quand même dans ce rapport pour nos hôpitaux
pour nos écoles pour nos transports c'est ça le sujet et il faut être justement tout à fait honnête Clémentine Autain vous en avez rapporté ce qui vous intéressait vous mais c'est vrai que dans ce rapport sur l'état du service public dont le constat est accablant en effet sur la difficulté à accéder à des services publics qui fonctionnent et qui soient accessibles pour tous donc le constat est accablant cela dit sur le fond et sur les sous puisque vous y venez les dépenses publiques ont augmenté mais au profit et c'est ce que dit ce rapport de services fortement subventionnés voire totalement solvabilisés par la puissance publique et qui sont notamment des services délégués au privé on pense notamment aux crèches
on pense notamment aux EHPAD les EHPAD le scandale a éclaté je pense que maintenant tout le monde est au courant de ce qui s'est passé dans les EHPAD c'est-à-dire partout où le service public recule ou partout où le service public ne va pas avec les nouveaux besoins parce que ce que le rapport souligne et je le partage totalement c'est qu'il y a des nouveaux besoins pour le quatrième âge pour la petite enfance il y a des besoins de moyens de services publics pour lutter contre les violences faites aux femmes il y a besoin de nouveaux moyens par exemple dans la transition écologique elle ne peut pas se faire sans des services publics services publics pour la rénovation des bâtiments services publics pour tout ce qui relève de la réparation par exemple ou du recyclage bref je ne fais pas la liste mais en fait on a des nouveaux besoins et ce que le rapport pointe c'est le décalage entre des besoins qui augmentent et une détérioration des services publics c'est ça le coeur de ce rapport c'est ça qu'il nous dit et ça vient valider vous voulez quoi ?
justement ça vient valider une de mes convictions je vais vous dire je pense que la question des services publics devrait être au coeur du projet de la gauche et ce que nous devons dire nous fortement c'est que nous avons besoin de plus de services publics que nous avons besoin d'une meilleure reconnaissance des agents là où vous le savez il y a un discours infernal en permanence ce sont des feignants ce sont des privilégiés mais qui dit ça ? d'ailleurs oh vous n'entendez pas vous n'entendez pas ce qu'on a depuis tant d'années vous n'entendez pas à chaque présidentielle jusqu'à la dernière le concours à droite pour savoir combien de fonctionnaires on va supprimer
enfin si personne n'utilise ce mot de fainéant enfin je crois honnêtement là pour le coup
vous créez un clivage alors nous sommes en train alors nous sommes en train de gagner des débuts de bataille je le prends comme un point pour nous mais pendant des décennies nous avons entendu ce discours là voilà le discours sur les privilégiés je suis désolée il existe et sur la réduction de la dépense publique et la réduction du nombre de fonctionnaires qui est un objectif qu'aucun gouvernement ne tient parce qu'en réalité c'est intenable mais les promesses même Emmanuel Macron Emmanuel Macron a promis de diminuer le nombre de fonctionnaires or si vous diminuez le nombre de fonctionnaires par définition vous diminuez les services publics or les services publics c'est quoi ?
c'est ce qui est garant de la cohésion sociale c'est ce qui va nous permettre de lutter contre les inégalités entre les territoires aujourd'hui ça ne se détériore pas à la même vitesse partout d'accord ?
c'est à dire que vous avez des territoires périurbains dans les campagnes où carrément il n'y a plus de train il n'y a plus de maternité voilà et ailleurs moi je vois chez moi en Seine-Saint-Denis le problème c'est qu'on a moins donc ça doit être pour vous la priorité on attend le RER on fait la queue aux urgences et ces problèmes ils sont de même nature donc moi je dis que la gauche ce qu'elle a à faire c'est de dire clairement qu'il faut mettre un coup d'arrêt à tous ces discours qui sont dépréciatifs très dépréciatifs sur le service public alors heureusement il y a eu le Covid mais il n'y a pas eu les moyens derrière ce qui se passe dans les hôpitaux vous voyez bien que ça ne marche pas c'est des histoires quasiment à un médecin près parfois
un carré
c'est ça il manque un médecin et donc on ne recrute plus la nuit mais on va se dire les choses Apolline de Malherme pourquoi on ne recrute plus dans le privé entre 2009 et 2019 écoutez-moi bien dans le privé les salaires ont augmenté de 13,1% entre 2009 et 2019 d'accord alors que dans le public tous les agents les agents vous savez combien de personnes ? 5 millions c'est stable
vous arrêtez en 2019 vous arrêtez en 2019 Clémentinotin la vérité c'est que cette année ils ont augmenté de 13% non attendez mais si les salaires dans le privé ça tous les chiffres le donnent non je vous parle des salaires du privé
entre 2009 et 2019 oui mais pourquoi vous arrêtez en 2019 ? je vous donne le chiffre qu'il y a dans le rapport sur le long cours pour le comprendre c'est-à-dire
si vous continuez encore un tout petit peu si vous poussez juste la limite vous voyez qu'effectivement récemment en tout cas il y a eu peut-être une bonne nouvelle vous pouvez vous en réjouir c'est que les salaires ont légèrement augmenté vous ne m'écoutez pas
ce que je suis en train de vous dire c'est la comparaison entre le privé et le public j'ai bien compris donc il y a une augmentation dans le privé et il y a une stagnation à cause du gel du point d'indice dans le public et le nombre d'agents qui font vivre le service public c'est entre 5 et 7 millions à peu près de personnes aujourd'hui en France ça dépend de la manière dont on compte donc c'est énorme ces agents ils sont épuisés donc quand vous avez à la rentrée que vous vous rendez compte qu'on n'est pas assez on est incapable évidemment de tenir la promesse de Gabriel Attal d'un professeur devant chaque classe c'est parce qu'on ne recrute pas c'est parce que dans les concours pour le second degré on a 3000 postes vacants pourquoi les gens ne viennent pas alors que c'est censé être des métiers de privilégiés ils ne viennent pas parce que les conditions de travail sont extrêmement difficiles il n'y a pas les moyens pour faire sa mission correctement et que par ailleurs vous avez un salaire qui est un salaire qui n'est pas à la hauteur de l'utilité sociale de l'utilité sociale de ces métiers-là donc moi je dis qu'aujourd'hui la gauche doit prendre cette question des services publics à bras le corps parce que c'est le cœur pour la cohésion sociale et pour l'égalité sociale et je précise
pour tous ceux qui nous écoutent ou qui nous regardent que ces chiffres ils sont issus en effet de ce rapport donc je cite rapport sur l'état de nos services publics qui a été publié par le collectif nos services publics et qui a été fait de manière transpartisane par des agents publics de terrain des chercheurs en géant social et des hauts fonctionnaires et vous savez
qu'ils mettent aussi en cause je veux quand même le dire aussi le management parce qu'il y a une espèce de folie dans le service public et vous savez la T2A dans les hôpitaux vous connaissez c'est la folie de tout chiffrer de tout reporter qui existe aussi dans le privé et qui crée du mal-être au travail donc je pense que une des difficultés que connaît le service public mais que connaissent aussi les salariés du privé c'est qu'on est dans une folie de la comptabilité au mépris de l'intérêt de la population et le privé on a parlé des EHPAD mais vous avez lu peut-être ou entendu parler de ce livre le prix du berceau évidemment j'ai reçu
la semaine dernière au Berger que j'interrogeais sur cette question qui est la ministre des Canis
et alors qu'est-ce qu'elle fait la ministre des Canis elle dit quoi il n'y a pas d'argent quand est-ce qu'on fait le service public de la petite enfance vous feriez quoi
est-ce que vous vous dites puisque revenons sur cette question effectivement aujourd'hui 90% des nouveaux berceaux des nouveaux lits dans les crèches sont faits par le privé avec des subventions du public est-ce que vous vous rendriez une forme vous retrouveriez une forme de service public est-ce que vous
étatiseriez
toutes ces entreprises
il y a 25 ans j'étais adjointe au maire de Paris chargée de la jeunesse et j'étais déjà dans un combat qui était la création d'un grand service public d'accueil de la petite enfance j'étais déjà à ce moment-là en train de plaider qu'il ne s'agisse que de crèches publiques qu'il n'y ait plus de crèches privées mais oui parce que regardez le résultat dans les crèches privées en fait ce qu'il faut comprendre la différence c'est quand il s'agit de biens communs fondamentaux comme un service public pour le quatrième âge ou un service public pour la petite enfance si vous le donnez au privé il y a une logique de rentabilité cette logique de rentabilité elle aboutit à la catastrophe des berceaux où vous avez des gens qui ne donnent pas à manger suffisamment au bébé qui ne les changent pas suffisamment de couches pour faire des économies voilà parce que l'objectif c'est de faire du profit le service public n'a pas cet objectif le service public il a pour objectif de rendre un service à des usagers c'est pas des clients c'est des usagers et c'est pourquoi il répond mieux or il y a cette idée ça vous allez pas me dire qu'elle est battue en brèche que le privé fait mieux que le public on entend souvent ça ah mais ça va être mieux on va privatiser la poste ça va être mieux bah non c'est pas mieux tout le monde peut le constater on va privatiser ouvrir à la concurrence le rail bah non c'est pas mieux c'est pire d'ailleurs les anglais ça a été une telle catastrophe qu'ils ont été obligés de revenir au service public parce que la logique de privatisation et de concurrence et de marché en fait elle aboutit à des catastrophes donc moi je tire la sonnette d'alarme ce à quoi
certains vous répondront dans la majorité que ça veut dire plus de dépenses donc plus de dettes et plus de dettes c'est moins d'investissement et que donc c'est un cercle vicieux
c'est parce qu'ils veulent pas taxer les hyper riches c'est parce qu'ils renoncent à faire en sorte qu'il y ait une contribution plus importante pour ceux qui sont
très riches dans ce pays on va pas rouvrir la question des impôts elle sera très largement débattue dans les semaines qui viennent puisque le budget arrive à l'Assemblée et la question du taux d'imposition en France Clémentine Autain on reçoit à l'instant les chiffres de l'inflation de l'INSEE 4,9% d'inflation au mois d'août c'est légèrement plus que ce qui était prévu c'est un peu moins qu'il y a un an mais ça reste quand même très élevé je reviens quand même sur ces propos de Fabien Roussel je suis frappée Clémentine Autain que vous ne tombez pas effectivement dans cette espèce d'opposition puisque les mots de Jean-Luc Mélenchon ont été immédiatement pour pointer du doigt le fait que Fabien Roussel aurait une attitude irresponsable il dit de Fabien Roussel Jean-Luc Mélenchon cette initiative violente et purement personnelle elle n'est discutée nulle part pas même au PCF je crois donc qu'il ne serait pas raisonnable de s'y associer compte tenu de la violence qu'elle supposerait dans cette impréparation totale donc Jean-Luc Mélenchon qui a décidé de critiquer Fabien Roussel c'est clairement pas votre cas vous êtes dans une sorte de main tendue
je vous jure en fait je suis fatiguée pardonnez-moi je vous le dis vous lui avez dit
à Jean-Luc Mélenchon
que vous étiez fatiguée je suis fatiguée de partout c'est en fait stop voilà stop ras-le-bol mais vous lui avez dit non mais voyez ce dont on est en train de parler on est en train de parler de la hausse des prix des gens qui les parents moi j'ai fait les courses comme tout le monde pour la rentrée scolaire je me dis mais comment font les gens comment font les gens voilà donc moi j'ai envie qu'on parle de ça j'ai envie qu'on soit au travail j'ai envie que la nupesse elle se remette sur pied et pas envoyer des piques
dans une journée ras-le-bol vous en avez ras-le-bol mais est-ce que vous lui dites c'est-à-dire que quand il continue à faire ce genre c'est-à-dire la seule réaction qu'il a eu à Fabien Roussel hier c'est de dire cette initiative violente et purement personnelle c'est-à-dire c'est de critiquer Fabien Roussel
oui d'accord mais Fabien Roussel passe son temps aussi à critiquer Jean-Luc Mélenchon donc on s'en sort plus voilà est-ce qu'on peut arrêter ça juste est-ce qu'on peut arrêter ça et qu'on vous leur dit et qu'un tel j'en ai ras-le-bol voilà donc j'ai pas envie de cotiser à ça excusez-moi je vous le dis un peu non non mais attendez
je respecte parfaitement cette réaction je veux juste qu'elle soit cohérente c'est-à-dire qu'à un moment vous êtes en même temps dans la NUPES vous êtes derrière comme des petits soldats quand même
non moi je suis pas un petit soldat et je crois que tout le monde s'en est bien rendu compte donc moi je suis pas un petit soldat voilà je pense d'ailleurs que c'est bien de ne pas avoir que des petits soldats je pense que c'est bien d'avoir du débat je pense que c'est bien d'avoir des cadres démocratiques mais il y en a en vrai pas assez il n'y a pas assez de cadres pour ces débats-là aussi bien au sein de la France Insoumise qu'à l'échelle de la NUPES donc moi j'appelle au sursaut j'appelle au sursaut parce que si on continue comme ça franchement on n'est pas à la hauteur
de la situation ça veut dire quoi ? c'est-à-dire qu'il faut qu'à un moment peut-être Jean-Luc Mélenchon passe la main vous laisse vous vous exprimer que vous puissiez vivre
en liberté ce débat on me laisse m'exprimer parce que je ne demande pas d'autorisation comme vous le savez pour m'exprimer ça veut dire que si vous demandiez l'autorisation on ne serait pas sûr que vous l'auriez non mais ça va tout le monde a le droit de s'exprimer ce dont je parle c'est de cadres au sein de la NUPES comme ça dans une forme d'éclatement où chacun joue sa carte vous voyez ce que je veux dire on vous sent déçu on vous sent même inquiète de l'avenir de la NUPES qui est en train de se déliter du rassemblement voilà qu'est-ce qu'on croit maintenant qu'il y a trois pôles vous avez l'extrême droite qui menace vous avez la Macronie qui certes est en train de s'effondérer parce que le bloc central s'effondre et pour cause il gouverne et c'est une catastrophe et puis nous on a une course de vitesse maintenant qui est engagée avec l'extrême droite est-ce qu'on est à la hauteur de ce moment-là ?
c'est ça le sujet et pour être à la hauteur de ce moment-là il faut un acteur qui effectivement parle aussi chacun dans sa diversité c'est-à-dire on ne va pas mettre tout le monde caporaliser tout le monde ça, ça ne marchera jamais il faut du pluralisme il faut accepter le pluralisme que tout le monde ne dise pas la même chose au même moment mais il faut aussi qu'on ait de la cohérence d'ensemble et cette cohérence d'ensemble pour la trouver ça suppose qu'on ait vous voyez des cadres politiques pour avoir ces échanges-là pour agir ensemble pour faire des propositions ensemble ce n'est pas compliqué ça fait longtemps que vous le demandez ça a l'air compliqué ça ne devrait pas être aussi compliqué si chacun est à la hauteur des responsabilités qui sont les nôtres mais peut-être parfois il faut se ressourcer au pays à ce que vivent les gens et se dire que franchement jouer à la cour de récréation à qui voilà bref c'est peut-être aussi parce que je suis féministe que je veux parce que tout ça
c'est des hommes quand même voilà Clémentine Autain députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis merci d'être venue à mon micro ce matin
Clémentine Autain