Les conseillers de l'Élysée 4/5 · Gaspard Gantzer, l’homme de com’ à l’heure des réseaux sociaux
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 2:53OuverteRéponse directe
Peut-on conseiller un président de la République dont on ne partage pas les idées ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Comment gère-t-on la rapidité du pouvoir et l'inconstance des cabinets en politique ?
- 4:32FerméeRéponse partielle
Est-il vrai que Stéphane Le Folle s'oppose à votre entrée au gouvernement en 2016 ?
- 5:02OuverteRéponse directe
Vous diriez que vous avez été un doudou pour François Hollande ?
- 5:35OuverteRéponse directe
Est-ce un regret de ne pas avoir été ministre, Gaspard Ganser ?
- 5:58OuverteRéponse directe
Qu'enseignez-vous à vos étudiants à Sciences Po et à HEC qu'ils n'apprennent pas dans les autres cours ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:59Invité politiqueFait
« Je n'avais jamais été dans le club ni un fan de François Hollande avant de travailler avec lui. »
- 3:10Invité politiqueFait
« J'ai toujours soutenu des gens qui étaient dans d'autres équipes, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal, puis Martine Aubry. »
- 3:20Invité politiqueFait
« Mais je partageais quand même l'essentiel des valeurs avec lui et je me reconnaissais dans la plupart de ses idées. »
- 3:44Invité politiqueChiffre
« Je suis resté trois jours, je crois, chez Stéphane Le Folle. »
- 4:36Invité politiqueFait
« François Hollande ne m'a jamais rien proposé. »
- 4:45Invité politiqueFait
« Il était, ça m'a semblé immodeste, très content de m'avoir à ses côtés comme son doudou du matin jusqu'au soir, jusqu'à la fin du quinquennat. »
- 5:11Invité politiqueFait
« Julien Drey qui m'avait dit ça, qui est très proche de François Hollande, et au bout d'un moment, il m'avait appelé le doudou. »
- 5:44Invité politiquePromesse
« Si j'en avais eu la possibilité à un moment donné, j'en aurais été ravi. »
- 7:14Invité politiqueFait
« Il m'a appelé le week-end de Pâques pour me proposer un entretien avec François Hollande. »
- 7:44Invité politiqueFait
« Je suis vraiment tombé sous le charme, et je me suis dit, je peux pas rater l'occasion de travailler avec cet homme-là. »
- 8:21Invité politiqueFait
« C'est d'abord et avant tout de gérer la presse au quotidien, de répondre aux journalistes, parce que c'est pour lui très important. »
- 9:30Invité politiqueFait
« Je trouvais vraiment que la situation politique de François Hollande était épouvantable en 2014. »
- 10:33Invité politiqueFait
« La sortie de Merci pour ce moment, le livre de Valérie Trierweiler, a vraiment été une épreuve. »
- 11:16Invité politiqueFait
« Il a cependant été obligé de le faire, parce qu'à un moment, il y a eu une polémique, dont la polémique est sortie, parce que certains SMS ont été expurgés. »
- 11:44Invité politiqueFait
« Ah oui, il a été profondément blessé par cette polémique. »
- 12:27Invité politiqueFait
« Je pense que, justement, l'idée de la présidence normale, qui a été beaucoup décriée, est une bonne idée. »
- 13:21Invité politiqueFait
« Alors ça, c'est une faute de communication, c'est certain. »
- 14:22Invité politiqueFait
« J'aurais peut-être dû lui dire, de façon plus ferme, plus dure, qu'il fallait arrêter cette démarche. »
- 22:17Invité politiqueFait
« Ce dont je suis le plus fier, c'est d'avoir participé à l'organisation de la marche du 11 janvier 2015 après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hypercacher. »
- 25:42Invité politiqueFait
« Moi je lui ai donné un conseil plus sur la forme que sur le fond, c'était de se détacher au maximum de ses notes et de laisser parler son émotion. »
- 27:33Invité politiqueFait
« J'ai eu l'intuition que quelque chose était en train de basculer et qu'il fallait le reproduire. »
- 29:52Invité politiqueFait
« C'était terrible parce que je me suis déjà c'était très émouvant, très triste, puis c'est vraiment un précédent historique que j'aurais préféré ne pas avoir à vivre. »
- 30:03Invité politiqueFait
« Si la stratégie de communication avait été meilleure, on aurait certainement pu éviter cela. »
- 30:03Invité politiqueFait
« si la stratégie de communication avait été meilleure, on aurait certainement pu éviter cela »
- 30:32Invité politiqueFait
« notamment à partir de 2014 dans lequel il y a eu le choix du point de vue économique de mener une politique de l'offre »
- 32:47Invité politiqueChiffre
« il a fait baisser le chômage et c'est même exceptionnel »
- 33:27Invité politiqueFait
« psychologiquement il n'en pouvait plus après tous ces attentats »
- 35:32Invité politiqueFait
« le bilan n'est pas très bon »
- 35:59Invité politiqueFait
« elle a fait des bonnes choses notamment pour le vélo »
- 36:04Invité politiqueFait
« elle va laisser la ville dans un état difficile quand même sur le plan financier, sur le plan du logement, sur le plan de la sécurité, de la propreté »
- 36:34Invité politiqueFait
« il avait dit depuis le début qu'il ferait deux mandats à la mairie de Paris et pas autre chose »
- 36:44Invité politiqueFait
« il aurait pu être un excellent ministre, je pense même qu'il aurait pu être un excellent président de la République »
- 37:10Invité politiqueFait
« moi j'ai rêvé toute ma vie d'être journaliste »
- 37:43Invité politiqueChiffre
« je suis resté trois mois »
- 38:41Invité politiqueFait
« la fidélité est déjà quand même très différente parce que d'un côté c'est l'intérêt général de l'autre côté c'est le développement d'un chiffre d'affaires et d'un bénéfice pour une entreprise »
- 40:01Invité politiqueFait
« François Hollande accordait beaucoup beaucoup d'importance au discours et s'il n'était pas toujours très bon dans les médias, il était excellent dans les discours »
Temps de parole
- Invité politique70 %
- Présentateur26 %
- Invité2 %
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Un podcast France Culture. A chaque étape, ce sont les profs qui changent sa vie. En première, une enseignante de français lui donne le goût de la littérature. A Sciences Po, Bernard Gaudillère, directeur de cabinet Bertrand Delanoé, lui fait aimer le travail et prendre conscience de ses capacités, jusqu'à passer l'ENA avec l'aide encore d'un professeur de droit public, un certain Édouard Philippe. Direction Strasbourg, promo Léopold Sédar Senghor, des bières et des karaokés, avec Mathias Vichra, Boris Vallaud et surtout Emmanuel Macron. On est en 2001, le socialisme va se faire éliminer du second tour de la présidentielle pour la première fois par l'extrême droite.
Marqué à vie sa carte du PS, il la prend à ce moment-là. Et puis retour à Paris, à la mairie. La communication, c'est son truc, les énarques rigolent, lui aussi. Il devient le conseiller de Bertrand Delanoé, une vocation est née. 2011, campagne de Martine Aubry pour finir à l'Elysée, chez François Hollande, sombre à droit sur tous les plans du film d'Yves Geland, Un temps de président. Non, sale temps, tempête, ce rugbyman reste trois ans à l'Elysée, de 2014 à 2017. La vie privée du président est allée, les attentats et la guerre à gauche qui empêchent François Hollande de se représenter, car un président ne devrait pas dire ça.
Au plus près du pouvoir, de l'histoire et de ses soubresauts, il en tire un livre et une conclusion, la politique est un sport de combat. Bonjour Gaspard Ganser. Bonjour. Merci d'être l'invité de Sens Politique pour notre série sur les conseillers de l'Elysée. Je rappelle le principe de l'émission, un invité et trois archives pour retracer son parcours, son engagement et sa personnalité. Après Alain Minc, Anne Lauvergeon et Camille Pascal, vous êtes notre quatrième invité et nous recevrons la semaine prochaine Clément Léonard Doudzi, conseiller d'Emmanuel Macron. Merci à vous de nous écouter, vous êtes sur France Culture.
Alors en 2012, vous avez 33 ans, vous êtes conseiller en communication de Bertrand Delanoé à la mairie de Paris. Vous ne faites pas la campagne de François Hollande, vous faites plutôt celle de Martine Aubry et pourtant, vous allez devenir son plus proche conseiller pendant trois ans. Peut-on conseiller un président de la République dont on ne partage pas les idées ?
Je pense que c'est difficile. Alors, je n'avais jamais été dans le club ni un fan de François Hollande avant de travailler avec lui. Je le connaissais bien évidemment en tant que premier secrétaire et homme politique intervenant en réglement dans les médias, mais j'ai toujours soutenu des gens qui étaient dans d'autres équipes, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal, puis Martine Aubry. Mais je partageais quand même l'essentiel des valeurs avec lui et je me reconnaissais dans la plupart de ses idées. Il n'y avait pas non plus un écart incroyable entre Martine Aubry et François Hollande sur la vision de la politique.
Avant d'entrer à l'Élysée, vous avez passé quelques jours seulement aux porte-parolas du gouvernement au sein du cabinet de Stéphane Le Folle comme conseiller en communication. Comment gère-t-on la rapidité du pouvoir et l'inconstance des cabinets en politique ?
Oui, c'est absolument surréaliste. Je suis resté trois jours, je crois, chez Stéphane Le Folle. J'ai eu de la chance de tomber sur lui parce qu'il est extrêmement sympathique et surtout très proche de François Hollande. Donc, il ne m'en a pas voulu que je le quitte au bout de trois jours pour rejoindre l'Élysée. Mais au-delà de mon cas personnel, c'est vrai que, comme le prouve votre question, que les destins en cabinet ministériel ou présidentiel sont très éphémères. Je le dis d'ailleurs souvent aux gens plus jeunes qui intègrent les cabinets ministériels aujourd'hui. Je leur dis, vous savez, ça peut s'arrêter du jour au lendemain. Ça peut passer très vite.
Ça vaut aussi pour les députés et pour les ministres. Donc, il faut toujours réfléchir à ce qu'on fait au quotidien, à la trace qu'on va laisser. Parce qu'un jour, on se réveille et la porte est fermée. Et on pense que toute sa vie, on va pouvoir y revenir et on n'y revient peut-être jamais.
Est-il vrai que Stéphane Le Folle s'oppose à votre entrée au gouvernement en 2016 ? François Hollande aurait voulu vous nommer ministre de la Jeunesse et des Sports ou porte-parole du gouvernement ?
En fait, je ne sais pas parce que François Hollande ne m'a jamais rien proposé. Et je n'en ai jamais parlé à Stéphane Le Folle. Pour vous dire la vérité, je ne pense pas que François Hollande n'ait jamais eu l'intention de me nommer au gouvernement. Parce qu'il était, ça m'a semblé immodeste, très content de m'avoir à ses côtés comme son doudou du matin jusqu'au soir, jusqu'à la fin du quinquennat. Et je pense que Stéphane Le Folle n'aurait pas fait d'obstacle à ce que je rentre au gouvernement. Si la question s'était posée, parce que j'ai toujours eu des très bonnes relations avec lui et j'ai beaucoup d'admiration pour lui.
Vous diriez que vous avez été un doudou pour François Hollande ?
C'est un peu de l'autodérision, mais je crois que c'est Julien Drey qui m'avait dit ça, qui est très proche de François Hollande. Et au bout d'un moment, il m'avait appelé le doudou. Donc l'expression ne vient pas de moi, parce que c'est vrai que j'étais toujours collé à François Hollande. Parfois, j'avais aussi le sentiment de ne pas servir à grand-chose, et ce n'est pas de la fausse modestie de le dire. J'étais juste là, toujours témoin de ce qui se passait pour pouvoir le raconter, mais aussi juste parfois pour pouvoir échanger quelques mots avec François Hollande. C'est aussi ça le rôle d'un conseiller, c'est parfois juste d'être là et d'échanger quelques idées, quelques regards.
Est-ce un regret de ne pas avoir été ministre, Gaspard Ganser ?
Je pense que c'est un honneur incroyable d'être ministre. Si j'en avais eu la possibilité à un moment donné, j'en aurais été ravi. Mais aujourd'hui, je n'en ai plus du tout l'envie. Donc les choses ne se sont pas faites à ce moment-là. Aujourd'hui, j'ai une autre vie qui est dans le secteur privé. J'en suis très content et j'espère qu'elle va durer très longtemps ainsi.
Qu'enseignez-vous à vos étudiants à Sciences Po et à HEC qu'ils n'apprennent pas dans les autres cours ?
C'est une bonne question ça. Non, je parle beaucoup de mon expérience. J'essaie de trouver un équilibre entre faire le récit des coulisses du pouvoir qui les intéressent et éviter aussi de raconter ma vie. Parce qu'il y a un côté insupportable à faire des masterclass totalement auto-centrés. Donc j'essaie un peu de déconstruire aussi ce qu'est l'exercice du pouvoir au sommet de l'État. Non pas pour le désenchanter, mais aussi pour en montrer les ressorts profonds, comment les décisions se prennent vraiment. Moi je suis contre toute assimilation du pouvoir à une sorte de gang de super-héros.
Les hommes et les femmes politiques qui nous dirigent sont des hommes et les femmes comme les autres qui ont des responsabilités extraordinaires. Et c'est important de le comprendre pour mieux les évaluer et mieux les juger.
Alors comment se passent vos premiers pas à l'Élysée ? Qui vous reçoit ? Est-ce que vous passez une sorte d'entretien d'embauche avec François Hollande ?
Alors je dois mon entretien avec François Hollande à quelqu'un qui est Philippe Grandjon, qui était à l'époque directeur de la communication de Capgemini, qui après a travaillé avec François Hollande, puis officieusement, puis officiellement avec Emmanuel Macron. Il m'a appelé le week-end de Pâques pour me proposer un entretien avec François Hollande. J'ai cru un peu à une blague, je me suis rendu sur place le lundi de Pâques. J'ai failli pas pouvoir rentrer, je l'ai raconté dans mon livre, parce que lundi de Pâques, les policiers étaient un peu surpris qu'un jeune homme comme moi ait rendez-vous avec le président de la République.
Bon, ils ont fini par me croire, et donc j'ai rencontré François Hollande directement. Et j'avais plutôt l'intention de refuser la proposition qui me serait faite peut-être à l'issue de l'entretien, mais je dois reconnaître qu'il m'a totalement charmé. Je suis vraiment tombé sous le charme, et je me suis dit, je peux pas rater l'occasion de travailler avec cet homme-là, qui a l'air si extraordinaire, à la fois drôle, intelligent et profondément honnête.
Qu'est-ce qu'il vous donne comme mission ?
C'était assez drôle, parce que j'avais préparé dans cet entretien un nombre de critiques que je voulais formuler vis-à-vis de la gestion de sa communication. Et en fait, il m'a pas laissé parler, il a fait une sorte d'auto-analyse de sa communication, et il a dit à peu près tout ce que j'avais l'intention de lui dire. J'étais sidéré par sa lucidité, aussi interrogatif sur son incapacité à passer de la théorie à la pratique.
Et en réalité, c'est ça la fonction qu'il m'a donnée, c'est d'abord et avant tout de gérer la presse au quotidien, de répondre aux journalistes, parce que c'est pour lui très important, il a un grand respect pour les journalistes et la presse, parfois peut-être un peu trop. Et donc, il voulait vraiment que je sois son porte-parole, en réalité, officieux. Et puis après, que je l'aide à moderniser sans doute aussi la communication en direction du digital, du numérique, parce que même s'il avait une très bonne équipe en la matière, lui-même n'était pas trop investi, et là, il était décidé à le faire.
Pourquoi vous avez hésité en arrivant à cet entretien ? On peut vraiment dire non à l'Elysée ?
Oui, je pense qu'on peut dire non. Vraiment, les gens qui vous disent qu'on ne peut pas dire non, on peut toujours dire non. Non, non, moi j'ai hésité pour deux raisons. D'abord, pour des raisons personnelles, parce qu'avec celle qui était ma femme à l'époque, Émilie, on élevait à ce moment-là quatre enfants qui avaient tous moins de cinq ans. Ce n'était quand même pas un cadeau à lui faire, à nous faire, que je me retrouve à l'Elysée, qui a un boulot H2477. D'autant plus qu'Émilie, qui était à ce moment-là en congé maternité, travaillait elle aussi à l'Elysée. Donc la situation est un peu bizarre.
Donc j'ai vraiment hésité pour des raisons personnelles, qui ont été totalement désamorcées par François Hollande, qui a abordé le sujet lui-même d'entrée de jeu. Et la deuxième, il faut le reconnaître, que je trouvais vraiment que la situation politique de François Hollande était épouvantable en 2014. Il venait de se faire crucifier sur la place publique par la presse People. Il était très impopulaire. Il venait de nommer Emmanuel Valls à Matignon qui voulait lui prendre sa place. Et j'ai eu une sorte de réaction d'orgueil. Je me suis dit, de toute façon, c'est quand même flatteur. Et puis, il a 18% dans les sondages. Il ne peut pas tomber plus bas.
L'expérience a montré qu'ici, il pouvait tomber plus bas.
C'est presque la première mission que vous avez, en fait, Gérard Gantzer, gérer la vie privée du président, qui s'étale dans les journaux ou dans les livres. Quelques mois avant votre arrivée en janvier 2014, vous en parliez, Closer a pris en photo le président sur son scooter pour aller rejoindre Julie Gaillet. Et quelques mois après votre arrivée, le 4 septembre 2014, c'est le livre Merci pour ce moment, de son ex-compagne Valérie Trierweiler, qui sort aux éditions Les Arènes. Et puis, vous racontez très bien qu'en plus, François Hollande déteste parler de sa vie privée. Quelle conversation, quel type de conversation avez-vous avec lui à ce moment-là ? Quel conseil lui donnez-vous ?
Franchement, la sortie de Merci pour ce moment, le livre de Valérie Trierweiler, a vraiment été une épreuve. Parce que François Hollande est quelqu'un d'extrêmement pudique. Certainement beaucoup plus que beaucoup d'hommes politiques. Et c'était vraiment sa vie privée qui était étalée au grand jour. On reconnaissait que sa compagne de l'époque avait extrêmement souffert. Et donc, elle avait besoin d'en témoigner. Ça lui appartient. Mais pour François Hollande, d'un point de vue politique, c'était quand même très difficile. Et je me souviens que j'ai dû lire le livre pour lui, en quelque sorte, parce que lui n'a pas lu le livre.
Franchement, je n'étais pas très à l'aise, parce qu'il y a quand même une certaine différence d'âge, plus de 25 ans d'écart. Je le connaissais un peu, mais ça ne faisait pas très longtemps non plus que je travaillais avec lui. Et j'ai compris tout de suite qu'en réalité, il ne voulait pas commenter le commentaire. Il a cependant été obligé de le faire, parce qu'à un moment, il y a eu une polémique, dont la polémique est sortie, parce que certains SMS ont été expurgés. Et cette expression des 100 dents est ressortie. Et ça, pour le coup, c'était très dangereux politiquement. Et ça ne correspondait pas du tout à la personnalité de François Hollande.
Donc là, il a dû quand même s'expliquer sur le sujet. Et je lui avais recommandé de le faire.
Alors, j'allais vous demander si c'était votre conseil, puisqu'en effet, son expression, elle a lieu au sommet de l'OTAN de Newport au Pays de Galles. Et il déclare deux phrases importantes. La fonction présidentielle doit être respectée. Et les plus pauvres, je suis à leur service. C'est ma raison d'être.
Ah oui, il a été profondément blessé par cette polémique. Et moi, je ne l'accompagnais pas toujours dans les déplacements internationaux, même si j'en faisais beaucoup. En tout cas, je n'étais pas allé à l'OTAN pour ce déplacement. Et j'ai décidé de le rejoindre au Pays de Galles, si je me souviens bien, pour l'aider à préparer cette intervention vraiment surréaliste. On est en train de parler de sécurité internationale, de défense. Et on a décidé, comme ça, de but en blanc, de faire une intervention sur ce sujet, ce qui pouvait sembler un peu étrange. Mais c'était nécessaire.
Est-ce que ce qui a manqué, finalement, à François Hollande, ce n'est pas, justement, une forme de hauteur, de tenue par rapport à la fonction qu'il incarnait ? Est-ce qu'il n'était pas trop normal ? Et avez-vous essayé de le faire changer sur ce point ?
Non, je ne pense pas qu'il soit trop normal. Je pense que, justement, l'idée de la présidence normale, qui a été beaucoup décriée, est une bonne idée. Évidemment, ça n'empêche pas que dans les situations particulières, comme les entrées en guerre, les attentats, il faut se mettre à la hauteur de l'événement. Je crois qu'il l'a été. Mais j'aime bien cette idée de la présidence normale. Je suis peut-être même un peu cabotin, mais je pense qu'il n'a parfois pas été assez normal, pas assez naturel. François Hollande, c'est quelqu'un qui gagne à être connu. Il est gentil, drôle, sympathique, attentif aux autres. Ce n'est pas un monstre froid.
Beaucoup de présidents de la 5e République étaient des monstres froids ou sont des monstres froids, des gens très durs. François Hollande n'est pas un lapin de garenne, mais il est certainement plus empathique que les autres. Et ça, je pense que je n'ai pas toujours réussi à le faire ressortir.
Quelle a été la pire faute de François Hollande ? Est-ce que le fait de s'être confié aux journalistes du Monde, Fabrice Lhomme et Gérard Davet, pour leur livre « Un président » ne devrait pas dire ça ?
Alors ça, c'est une faute de communication, c'est certain. Il y a eu de la naïveté dans cette démarche, parce que je pense qu'il est parti avec la bonne intention de raconter son quinquennat, de raconter les coulisses, d'expliquer comment s'étaient faits les prises de décisions. Mais il est tombé sur des journalistes qui faisaient leur boulot de journaliste d'investigation, sans état d'âme, en quelque sorte, et qui ont décidé de cadrer le récit à travers ce titre, un président qui ne devrait pas dire ça, de façon assez négative, et il a eu du mal à s'en remettre.
Et vous, vous êtes tenu à l'écart de ces conversations. C'est ça, peut-être, le drame. Alors que vous êtes son conseiller en communication, il vous court-circuit, le président de la République.
Oui, il a été très franc avec moi. Quand je suis arrivé, il m'a dit « Tu t'occuperas de toutes mes relations avec les journalistes, mais ces deux journalistes-là, je m'en occupe tout seul. » Il était très confiant sur l'issue de ce livre. Et c'est vrai que j'ai probablement eu le regret de ne pas avoir été assez offensif. J'aurais peut-être dû lui dire, de façon plus ferme, plus dure, qu'il fallait arrêter cette démarche.
Est-ce qu'on peut être sincère face à un président de la République quand on est son conseiller ?
Je pense que c'est indispensable. Parce que si on ne les pense, on ne sert à rien. Il faut pouvoir dire la vérité. J'ai écouté dans un épisode de cette série ce que disait Alain Minc sur le sujet. Je trouve que c'est très juste. Un conseiller ne sert que s'il dit la vérité, en tout cas la vérité sur ce qu'il pense et ce qu'il voit. Je pense que c'est indispensable. Après, on peut le dire avec les formes. Moi, j'aime bien le dire avec humour. J'essaie parfois de me tourner aussi en autodérision dans mon rôle de conseiller. On peut dire les choses avec sincérité et sans brutalité.
Alors vous, quand vous arrivez, vous prenez place dans le bureau des conseillers en communication dans l'aile gauche ou est qui donne sur la cour de l'Elysée. Camille Pascal, qu'on a reçu dans le troisième épisode qui a été la plume de Nicolas Sarkozy, décrit ainsi ce bureau dans son livre « Scène quotidienne de la vie à l'Elysée ». Ce n'est pas un simple privilège, mais un vrai pouvoir.
Alors moi, j'ai repris le bureau qui était le bureau de Franck Louvrier sous Nicolas Sarkozy, puis après de ses successeurs.
De Sybeth Ndiaye. De Sybeth Ndiaye aussi. C'est le bureau des conseillers en communication.
Alors je crois que Clément Léonard Duzi que vous allez recevoir, lui n'a pas pris ce bureau-là, mais le bureau d'à côté. En tout cas, c'est dans la même zone. Ce n'est pas un très grand bureau, plutôt bas de plafond. Alors à l'époque, il y avait quand même un très beau tableau de Sonia Delonnet dedans. Donc c'est quand même une chance et un privilège. Mais surtout, ce qui est exceptionnel, c'est qu'il donne vue sur la cour. Donc c'est un peu le bureau du concierge qui voit les entrées et les sorties, même s'il est possible de rentrer dans l'Elysée par d'autres endroits. Ce n'est pas du tout un bureau clinquant au sens avec des dorures partout, etc.
Mais il est très pratique, très fonctionnel. Et j'y étais très attaché.
À un moment, dans le documentaire d'Yves Geland, un temps de président, on vous entend prévenir quelqu'un au téléphone. Vous êtes dans ce bureau et vous dites au président que la personne avec qui il a déjeuné a été repérée.
Oui, je ne me souviens plus qui était cette personne d'ailleurs. De toute façon, des visiteurs, il y en avait absolument tout le temps. Mais c'est vrai que ça me permettait d'identifier et d'espionner un peu ce qui se passait dans la cour. Et ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a un bureau de presse dans la cour de l'Elysée, qui donne sur la cour de l'Elysée. Donc, ce que je voyais pouvait aussi être vu par les journalistes. Donc, ça donne un temps d'avance.
C'était qui, Julie Gaillet ?
Peut-être, oui, c'est possible. Honnêtement, j'ai un trou. Ce n'est pas que je ne veux pas vous le dire, c'est que je ne m'en souviens plus.
On va écouter un extrait de ce documentaire qui vous concerne aussi, Gaspard Ganser, un temps de président signé Yves Geland.
Il y a un point important, Nathalie, cas individuel. Tu vois ce que je veux dire ? Traité Pierre, Paul ou Jacques. Et le président, lui, a voulu que ce soit l'ensemble du gouvernement. Parce qu'il dit que c'était vraiment l'occasion. C'est important. Parce que ça n'allait pas de soi, quand même. Ça n'allait pas de soi de virer tout le monde. De demander la démission de tout le monde. Je pense que personne ne s'y attendait. C'est évidemment ce qu'il fallait faire.
Je tenais à se comprendre cet extrait car il est assez représentatif à mes yeux de votre métier pendant trois ans. Vous passez votre temps au téléphone à essayer d'expliquer aux journalistes les décisions qui sont prises par le président. Vous avez même dit à l'époque à TéléOps « Je suis un répondeur téléphonique, voire une orlange parlante ».
Oui, c'est vrai. Ça semble si loin, si proche en écoutant cet extrait sonore. Ce qui est amusant en plus, c'est que souvent on doit expliquer les choses pendant qu'elles sont en train de se faire. Parce que la décision politique, ce n'est pas une ligne droite. C'est plutôt une ligne sinusoidale. Et j'avais la chance d'être quand même très proche de François Hollande, de passer énormément de temps avec lui, d'avoir appris assez rapidement à le comprendre et à le connaître. On se comprenait souvent en un regard, en un sourire ou en quelques mots. Mais je devais souvent quand même improviser au téléphone parce que je découvrais des choses en direct.
Là, dans cet extrait, c'est pour expliquer que, alors qu'on aurait pu, à l'époque, juste faire partir Amon, Montebourg et Philippe Eti, il avait décidé de faire un grand remaniement dans l'ensemble. Ce que j'ai à peu près appris au moment où je le disais aux journalistes. Mais il m'a fallu peu de temps pour replacer le récit de cette manière-là.
Est-ce que vous avez pu avoir la sensation pendant ces années à l'Élysée que les journalistes politiques étaient parfois les perroquets du pouvoir ?
Non, pas du tout. Je pense que leur responsabilité, c'est évidemment de répéter ce que la parole officielle dit en première instance, mais après de le commenter, le critiquer. j'ai plutôt eu le sentiment inverse, c'est que les journalistes politiques étaient souvent très critiques, parfois trop critiques, c'est leur droit, puisque la presse est libre. Mais une fois, un de vos confrères m'a dit, alors qu'on était en déplacement avec le président de la République, tu sais Gaspard, parce que je tutoie la plupart des journalistes, tu sais Gaspard, on n'est pas là pour dire du bien. Alors oui, vous n'êtes pas là pour dire que du bien, vous n'êtes pas là non plus pour dire que du mal.
Clément Léonard vous dit, qui a été l'un de vos lointains successeurs, on le recevra la semaine prochaine, il a occupé votre poste sous Emmanuel Macron et il raconte qu'il vous a contacté et que le conseil que vous lui avez donné, c'est de ne jamais laisser un journaliste sans réponse.
Oui, c'est vrai, parce que j'ai appris à comprendre et à connaître le travail des journalistes qui travaillent sous pression, la pression du temps, de l'urgence, des crises, avec des délais de bouclage, quel que soit le média d'ailleurs, qu'il soit Internet, radio, télé, ou presse écrite. Et en fait, laisser un journaliste dans le flou, c'est contre-productif parce que c'est agaçant, c'est irritant, ça abîme la relation et surtout, ça abîme le traitement de l'information. Donc, même pour dire je ne sais pas, même pour dire je ne pourrais pas te répondre, il faut quand même répondre.
Est-ce que le documentaire d'Yves Geland a pu susciter des jalousies au palais, des rivalités ? Je me souviens de cette phrase de François Hollande après, dès qu'il a vu ce film, il dit je trouve que l'homme à lunettes à côté de Gaspard est très bien.
Avec le sens des boutades qu'on lui connaît. Oui, François Hollande ne m'en a pas voulu. Il m'a fait passer le message à travers l'humour comme vous venez de le dire. C'est vrai que j'ai été un peu trop exposé notamment dans la première partie du film. Vous savez, c'est un lieu de pouvoir donc évidemment, des rivalités, des jalousies, il y en a beaucoup. Il y a des gens qui n'ont pas dit toujours des choses très sympathiques mais finalement, je m'en suis un peu moqué parce que j'avais la conscience tranquille.
Je n'avais pas cherché à me mettre en scène et surtout, vu la difficulté de mon travail au quotidien pendant ces trois ans, les horreurs que j'avais à gérer, honnêtement, les critiques dont je pouvais faire l'objet, je m'en moquais pas mal.
Avec qui vous aviez ces rivalités-là ?
Ce ne sont pas des rivalités au sens personnel mais elles peuvent être au sens politique. Il y avait quand même une très forte tension entre Matignon et l'Elysée à l'époque parce que Manuel Valls voulait prendre la place de François Hollande lors de l'élection de 2017. Et le paradoxe, c'est que moi, j'avais des très bonnes relations personnelles avec son conscient communication Harold Ozy ou sa plume Benjamin Djean mais nos patrons étaient en concurrence. Donc parfois, il y avait de la tension. Franchement, il n'y a pas toujours eu d'écoute téléphone agréable.
Vous racontez aussi que vous dormiez avec votre téléphone sous l'oreiller pendant toutes ces années.
Mes téléphones !
J'avais deux téléphones. Au pluriel. Est-ce que vous avez souvent été réveillé ?
Oui, très souvent. Franchement, quasiment toutes les nuits. Pas toujours à 4h du matin mais il se trouve que j'avais déjà un sommeil assez agité parce que comme je dis tout à l'heure avec Emilie, on avait des enfants en bas âge donc de toute façon, on était souvent réveillés la nuit mais il y avait une sorte de tradition c'est que Le Monde qui a un bouclage le matin ou les radios m'appelaient assez souvent entre 6h et 7h du matin pour vérifier une information. C'est pour ça que je suis devenu assez proche de certains des journalistes sans devenir leur ami personnel parce que je suis réveillé et puis parfois il y avait des drames et parfois pour des choses qu'on a totalement oubliées.
Je me souviens notamment de cet accident d'hélicoptère dans un jeu de télé-réalité en Amérique du Sud. Je crois que ça s'appelait Money Drop ou un truc comme le style. J'ai été arrivé à 3h du matin j'ai passé la nuit debout à discuter avec TF1 le Quai d'Orsay les familles pour faire un communiqué de presse. Personne ne s'en souvient mais moi je me souviens que je n'avais pas dormi de la nuit.
Quel est votre plus beau souvenir à ce poste ?
Ce qui est bizarre c'est que c'est un souvenir qui est lié à un événement dramatique mais ce dont je suis le plus fier c'est d'avoir participé à l'organisation de la marche du 11 janvier 2015 après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hypercacher. C'était vraiment un moment d'une émotion absolument exceptionnelle tous les chefs d'Etat et de gouvernement réunis dans le 11ème arrondissement ces millions de gens manifestant pour la liberté d'expression la laïcité la liberté, l'égalité la fraternité c'était absolument magnifique et à chaque fois que j'y pense j'ai vraiment les larmes aux yeux en y pensant.
C'est un moment qui est très bien montré dans le film d'Yves Geland parce qu'il assiste à tout quasiment et vous en effet alors que vous n'êtes entre guillemets que conseiller en communication vous êtes partout vous êtes dans les réunions avec les services de renseignement vous êtes avec les journalistes devant la marche vous êtes derrière le chef de l'Etat quand il reçoit Angela Merkel David Cameron Benjamin Netanyahou et tous les grands de ce monde qui étaient réunis à Paris qu'est-ce que ça dit aussi ça le conseiller diplomatique n'apparaît pas presque.
Alors le conseiller diplomatique Jacques Odiber est quelqu'un absolument exceptionnel donc il était très présent mais peut-être moins visible à la caméra il était lui-même ancien journaliste alors peut-être qu'il avait appris à se mettre dans le champ moi honnêtement je ne me posais pas du tout la question à partir du moment où on me confiait un poste moi je prends la place qu'il m'est donnée et parfois peut-être au-delà j'avais le sentiment que François Hollande me faisait confiance et dans ces événements dramatiques j'avais vraiment envie de donner tout ce que j'avais en moi pour aider à la résolution de la crise sans penser à ma fatigue sans penser au regard des autres alors ça m'a valu d'être un peu trop exposé dans ce film mais en réalité je considère que j'ai vraiment fait mon job j'étais là tout le temps
vous dites à ce moment-là dans le monde le 4 février 2015 pour que ça fonctionne il faut être proche physiquement pas envahissant mais pas loin à côté le président peut tourner la tête s'il me cherche je suis là
oui je pense que c'est à ça que sert un conseiller un conseiller c'est d'abord quelqu'un de disponible avant d'être quelqu'un d'intelligent ou de quelqu'un qui a des bonnes idées stratégiques c'est d'abord quelqu'un qui est là quand on a besoin de lui qui peut répondre au téléphone parce que la rapidité la réactivité la disponibilité ce sont les principales qualités d'un conseiller en résultat ça nécessite beaucoup de sacrifices personnels parce que François Hollande comme tous ses prédécesseurs et successeurs est quelqu'un qui travaille énormément on travaille le soir on travaille la nuit on travaille le week-end donc c'est éprouvant physiquement mais c'est indispensable et c'est la seule manière de faire ce job
Pourriez-vous nous raconter comment se déroule l'allocution sans doute décisive du président de la République le soir du 13 novembre après les attentats du Bataclan et quel rôle vous jouez à ce moment-là ?
Alors j'étais avec François Hollande au Stade de France quand il y a eu le début de ces attentats avec d'autres d'ailleurs il y avait aussi Nathalie Ganetta la conseillère en charge du sport on est resté un peu sur place on est rentré on est allé au ministère de l'intérieur puis à l'Elysée pour organiser un conseil des ministres et à ce moment-là le président de la République a décidé de prendre la parole il avait beaucoup tardé à le faire parce qu'on attendait que la prise d'otage du Bataclan soit terminée moi elle ne terminait pas et tout le monde avait parlé en France et aussi dans le monde et donc les gens commençaient à s'inquiéter je recevais des dizaines de messages mais qu'est-ce que fait le président ?
Il est où ? Il a été exfiltré les gens avaient un peu peur et donc on a décidé d'un peu hâter le tempo et on s'est mis à 4 ou 5 autour de la table il devait y avoir Jean-Pierre Jouillet Thierry Lataz Vincent Feltès moi mais c'est le président de la République François Hollande qui a pris la plume il avait une petite page devant lui il a commencé à gratter et il nous demandait des conseils au fur et à mesure et moi je lui ai donné un conseil plus sur la forme que sur le fond c'était de se détacher au maximum de ses notes et de laisser parler son émotion ne pas apparaître comme quelqu'un de froid
Et il n'a pas de prompteur ?
Non parce qu'on n'a pas eu le temps d'en installer et donc il a juste quelques notes devant lui et puis je pensais que c'est vraiment la spontanéité était importante s'il était apparu trop froid ou trop calculateur dans ce moment là personne ne l'aurait compris
Avant d'entrer à l'Elysée de 2013 à 2014 vous êtes le conseiller en communication et presse du ministre des affaires étrangères Laurent Fabius au Quai d'Orsay et l'une de vos premières actions c'est d'accorder plus de place aux chaînes d'information en continu dans les voyages officiels notamment plutôt qu'à la seule presse diplomatique avez-vous eu des réticences à le faire ou est-ce que c'était naturel pour vous et surtout votre patron Laurent Fabius l'a-t-il accepté et même plus tard François Hollande pour moi dans cette série vous êtes vraiment le conseiller de l'Elysée au moment où les chaînes d'info et les réseaux sociaux prennent une importance majeure
En fait je pense que j'ai un peu pris les gens par surprise mes propres patrons et peut-être Laurent Fabius qui me faisait une très grande confiance il m'avait dit il faut moderniser tout ça c'est quelqu'un de vraiment puissamment intelligent Laurent Fabius qui sait faire confiance à ses collaborateurs et qui les accompagnent qui les aident qui leur laissent de l'autonomie à partir du moment où ils travaillent et donc on faisait souvent des voyages à l'étranger de deux à trois fois par semaine et j'étais libre à chaque fois de proposer à un, deux, trois journalistes de venir au début je le faisais de façon assez classique avec la presse diplomatique la presse écrite puis un jour il y a eu cette crise en Ukraine donc à Maïdan et là je me suis dit bon en fait on va plutôt que de prendre les journalistes classiques je vais partir avec des journalistes plus généralistes de chaînes d'info en l'occurrence Jean-Jérôme Bertolus qui travaillait à l'époque sur ITL de Nucé News et Luis Gosset de BFM et on est partis et en fait ils ont couvert en direct pendant 24 heures l'événement et là j'ai eu l'intuition que quelque chose était en train de basculer et qu'il fallait le reproduire et je pense que j'ai eu la bonne intuition à ce moment-là parce que en fait je baignais dans les chaînes d'information donc ça m'a semblé naturel je t'ai fait presque de façon instinctive
Emmanuel et Brigitte Macron ont reçu les élèves de la Starac à l'Elysée et est-ce qu'Emmanuel Macron est en voie de hollandisation ?
En tout cas ce qui me fait rire c'est qu'Emmanuel Macron que j'aime bien par ailleurs a beaucoup dit quand il était candidat avec son présidentiel la première fois qu'il ferait tout différemment de François Hollande la parole rare je crois qu'aucun président n'a parlé autant et aussi régulièrement qu'Emmanuel Macron et on s'est aussi beaucoup moqué de nous sur les pas de côté qu'on a pu faire en allant sur des émissions un peu atypiques sur Canal+, en allant sur les réseaux sociaux et j'observe qu'Emmanuel Macron a lui aussi pris ses risques nous la Starac on ne l'avait pas fait mais on aurait pu le faire
Vous avez quasiment dit oui à tout on dirait Gaspar Ganser au point de même envoyer le président de la République François Hollande sur la chaîne Gulli pour enfants
Oui c'est un très très bon souvenir cette émission sur Gulli où des jeunes enfants l'avaient organisée c'est le producteur Arnaud Gatcha qui avait eu cette idée non je trouvais ça intéressant de toute façon moi je cherchais absolument et par tous les moyens à montrer qui était vraiment François Hollande et donc je me disais peut-être que les enfants y arriveraient mieux que les journalistes
Et pourtant ça n'a pas suffi
Non c'est sûr Le pouvoir
L'exercice du pouvoir les lieux du pouvoir et les rites du pouvoir ne m'ont jamais fait perdre ma lucidité ni sur moi-même ni sur la situation car je dois agir et aujourd'hui je suis conscient des risques que ferait courir une démarche la mienne qui ne rassemblerait pas largement autour d'elle aussi j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle au renouvellement donc de mon mandat je tenais ici à vous en faire part directement comme je m'y étais engagé au début du mois de décembre tel que je l'avais moi-même annoncé je le fais en prenant toute ma responsabilité mais aussi en en appelant à un sursaut collectif
François Hollande le 1er décembre 2016 qui annonce aux Français qu'il ne se représente pas ça aussi c'est votre échec Gaspard Grzell
ah oui c'était terrible parce que je me suis déjà c'était très émouvant très triste puis c'est vraiment un précédent historique que j'aurais préféré ne pas avoir à vivre et je m'en suis senti responsable parce que si la stratégie de communication avait été meilleure on aurait certainement pu éviter cela je ne suis pas le seul responsable mais j'ai ma petite part de responsabilité
vous avez dit après avoir quitté l'Elysée je n'ai jamais trouvé la bonne formule la formule magique est-ce que finalement la formule magique ce n'était pas le socialisme
oui peut-être il aurait fallu peut-être expliquer davantage les choix idéologiques et les changements idéologiques qui se sont opérés au cours du mandat parce qu'il y en a eu notamment à partir de 2014 dans lequel il y a eu le choix du point de vue économique de mener une politique de l'offre on a cherché à l'expliquer mais on n'a pas réussi à se faire comprendre
et celui qui a incarné ça c'est Emmanuel Macron votre ancien camarade de promo on a une question de Paul sur Facebook vous ne l'avez pas vu venir Emmanuel Macron ?
je voyais qu'il était ambitieux mais honnêtement je ne pensais pas du tout que ce soit possible de devenir président de la République à moins de 40 ans du premier coup sans jamais avoir été condamné à une élection ça me semblait totalement surréaliste et par ailleurs je n'avais pas pu envisager qu'Emmanuel Macron trahirait François Hollande parce que pour moi humainement ce n'était pas possible je me suis trompé
est-ce que c'est vous qui suggérez à François Hollande de le nommer à Bercy ministre de l'économie en 2014 ?
non c'est Jean-Pierre Jouillet qui a l'idée le secrétaire général de l'Elysée mais je l'ai appris assez vite et quand on m'a testé sur l'idée j'ai dit que ça était une excellente idée
et on vous voit toujours dans ce documentaire d'Yves Geland vous êtes assis sur les marches de l'escalier principal de l'Elysée Jean-Pierre Jouillet est sur le perron il dit la liste des ministres et vous faites un signe de victoire quand vous entendez le nom de votre ami Emmanuel Macron
j'étais très content pour lui c'est vrai c'est peut-être un peu trop démonstratif mais je ne savais pas que j'étais filmé à ce moment-là j'étais vraiment très content pour lui et puis très content pour le pays parce que je sentais qu'il y avait ce besoin de renouvellement d'air frais de sorties des arcanes classiques du parti socialiste et de ses apparatchiks
6 ans plus tard est-ce que vous diriez qu'Emmanuel Macron a une part de responsabilité dans le score du Rassemblement National ?
bien sûr évidemment en 2017 il avait dit que son de ses objectifs était de faire baisser le Rassemblement National celui-ci n'a cessé d'augmenter donc il n'est pas le seul responsable mais c'est aussi son échec
vous lui en voulez ?
c'est très difficile d'être président de la République donc c'est très difficile de le juger de l'extérieur comme ça assis dans un stade de radio mais non je pense qu'il a formulé beaucoup d'espoir pour le renouvellement de la vie politique et je pense qu'il y a eu beaucoup de nouveaux élus qui sont arrivés il y a eu le déplacement du clivage droite-gauche mais je pense que ses espoirs de renouvellement n'ont pas été satisfaits à ce stade et c'est regrettable il reste encore 3 ans donc peut-être qu'il peut rattraper les choses après il a fait des très bonnes choses sur le plan économique notamment il a fait baisser le chômage et c'est même exceptionnel et la France a tenu son rang au niveau international mais je pense que il y a encore 3 ans pour tenir la promesse du renouvellement politique et démocratique
pour revenir à l'extrait qu'on vient d'entendre François Hollande empêcher de se représenter est-ce que vous aviez commencé à préparer une campagne de réélection avec lui ?
en tout cas on était plusieurs à y réfléchir mais lui un peu comme le savon nous glissait entre les mains c'est ça qui m'a fait aussi penser que sa candidature n'allait pas de soi dans son esprit parce qu'à chaque fois qu'on discutait avec lui de campagne de pub de stratégie il était un peu dans l'évitement parce que je pense que psychologiquement il n'en pouvait plus après tous ces attentats et autres et que politiquement il voyait bien que les conditions n'étaient pas réunies et ça a été très courageux et responsable de sa part de ne pas aller à la candidature
Avez-vous essayé de le convaincre d'y aller quand même ?
Non pas du tout pas une seule seconde parce que quand j'ai vu que sa décision était prise j'ai vu qu'elle était ferme et définitive et en plus je voyais bien qu'il n'y avait plus d'espace politique pour porter une candidature et que plutôt que de s'obstiner tel le forcené c'était responsable et courageux et lucide de ne pas aller à la candidature
Vous dites à l'époque qu'Emmanuel Macron est un traître mais est-ce qu'en politique c'est pas comme ça qu'on gagne ?
Bah peut-être oui c'est vrai que François Hollande lui n'a jamais trahi personne pourtant il est devenu président de la République c'est peut-être une exception d'ailleurs dans l'histoire de la 5ème République non je pense qu'Emmanuel Macron a trahi François Hollande qui lui avait tout donné qui lui avait donné un poste de conseiller de secrétaire général adjoint qu'il a nommé à Bercy et Emmanuel Macron a manqué à François Hollande je pense qu'Emmanuel Macron aurait au moins dû attendre que François Hollande prenne sa décision sur sa candidature avant d'annoncer la sienne par exemple
Le jour de la victoire d'Emmanuel Macron en 2017 Emmanuel Macron vous envoie un texto merci à toi merci à lui c'était pour moi bouleversant je t'embrasse
oui c'est vrai de toute façon je conserve beaucoup d'amitié et d'affection pour Emmanuel Macron c'est paradoxal parce que je peux juger parfois de façon critique le président qui a fait des bonnes et des mauvaises choses je peux être sévère aussi sur la façon de lui s'en comporter avec François Hollande mais je lui conserve beaucoup d'amitié et d'affection parce que c'est l'amitié et l'affection liées à la jeunesse et aux années passées ensemble à l'ENA et après
pourquoi ne jamais avoir travaillé avec lui ?
parce qu'il ne me l'a pas proposé et je ne l'ai pas sollicité sur ce point non plus et puis moi il fallait que je passe à autre chose après 2017
Vous avez travaillé longtemps à la mairie de Paris Gaspard-Ganzor quel bilan tirez-vous des années Hidalgo ?
Il ne va pas être très bon le bilan j'ai cru que vous n'alliez me demander le bilan des années de la Noé donc je m'apprêtais à être dit On va en parler de l'année de la Noé vous dites de lui il est irrévérencieux
insolent
il est exceptionnel il est aussi parfois un peu difficile parce qu'il peut monter assez vite dans les tours mais il redescend tout aussi vite et c'est quelqu'un d'absolument exceptionnel je lui dois vraiment énormément et notamment d'avoir appris ce métier de conseiller politique de conseiller en communication Anne Hidalgo elle a fait des bonnes choses notamment pour le vélo mais honnêtement elle va laisser la ville dans un état difficile quand même sur le plan financier sur le plan du logement sur le plan de la sécurité de la propreté donc tout n'est pas à jeter honnêtement le bilan n'est pas très bon
Vous pensez que la ville est prête pour accueillir les Jeux Olympiques ?
Oui je pense on joue un peu à se faire peur sur les transports sur la sécurité etc mais les français et les parisiens sont un grand peuple et je suis sûr que ça va très bien se passer
Comment analysez-vous le retrait de la vie politique de Bertrand Delanoé ? A-t-il eu des rendez-vous ratés avec l'Action Nationale ?
Il y a un truc que j'adore avec Bertrand Delanoé c'est qu'il avait dit depuis le début qu'il ferait deux mandats à la mairie de Paris et pas autre chose personne ne le croyait et il l'a fait il croit en le respect de la parole donnée et je trouve que c'est absolument exceptionnel moi je pense qu'il aurait pu être un excellent ministre je pense même qu'il aurait pu être un excellent président de la République mais l'histoire ne l'a pas permis parce que dans la vie politique il faut du talent du travail mais il faut aussi de la chance peut-être que dans les moments décisifs il n'en a pas eu mais je pense que son destin c'était d'être un grand-mère de Paris et il l'a été
Pour un conseiller de l'ombre vous aimez beaucoup la lumière
En fait j'aime bien les médias pour tout vous dire je pense que je vais faire une confidence moi j'ai rêvé toute ma vie d'être journaliste j'adore les médias j'adore écrire j'adore lire j'adore aller à la télé j'adore aller à la radio j'adore donner mon avis donc j'aime bien le conseil dans l'ombre mais en même temps je ne peux pas m'empêcher d'ouvrir ma gueule et de dire ce que je pense
En septembre 2020 vous êtes même chroniqueur dans Balance ton poste l'émission de Cyril Hanouna sur C8 est-ce un regret ?
En fait j'ai dit oui tout de suite quand Cyril Hanouna m'a proposé je me suis dit que c'était quand même être amusant à faire et surtout pour comprendre comment ça se passait vraiment honnêtement je n'y suis pas resté longtemps je suis resté trois mois ça s'est toujours bien passé quand j'y étais et Cyril Hanouna a toujours été très correcte avec moi je n'ai pas toujours été très à l'aise parce que c'est vrai que l'émission était extrêmement clivante mais elle était quand même moins que ce qu'elle est devenue aujourd'hui non je ne le regrette pas parce que je pense que les regrets c'est vraiment pour les enfants il faut toujours être fier de ce qu'on a fait
Est-ce que vous conseilleriez à un politique aujourd'hui d'aller chez Cyril Hanouna ?
Non plus maintenant c'est une émission déjà il n'y a plus Balance ton poste c'est Touche pas à mon poste et je pense que c'est l'émission qui est aujourd'hui beaucoup tournée vers le débat de société parfois de façon très très radicale je pense qu'elle a un public avec lequel joue un rôle parce que compte tenu de la façon dont elle est organisée ce n'est pas une émission politique classique
Malgré les excellentes audiences ?
Elles sont même exceptionnelles les audiences mais je pense que le format de l'émission ne se prête plus pour l'instant peut-être que ça peut changer à l'interview politique
Question sur Instagram de Stanislas Quelles sont les principales différences entre communication politique et privée ?
La fidélité est déjà quand même très différente parce que d'un côté c'est l'intérêt général de l'autre côté c'est le développement d'un chiffre d'affaires et d'un bénéfice pour une entreprise mais le point commun c'est le besoin d'incarnation tant dans le privé que dans le public il faut qu'il y ait un visage un homme, une femme et puis par ailleurs le bain médiatique et numérique dans lequel on doit être qui est de plus en plus difficile à appréhender parce que tout va beaucoup plus vite et tout est beaucoup plus radical
C'est une tradition dans cette émission l'arrivée l'invité n'arrive jamais les mains vides vous êtes venu avec une archive on l'écoute on en parle juste après
Pourquoi cet extrait ?
Martin Luther King
Tout d'abord parce que j'adore l'histoire et que c'est un discours historique ensuite parce que j'aime le sujet la lutte contre les discriminations la lutte contre le racisme puis j'aime aussi cet extrait parce qu'il montre l'importance des discours moi je crois en la politique plus que dans la communication et le discours c'est la meilleure forme d'expression publique pas besoin d'être non un discours ce discours est très très court il dure quelques minutes 5 ou 6 minutes parfois les hommes politiques croient qu'il faut parler pendant des heures François Hollande accordait beaucoup beaucoup d'importance au discours et s'il n'était pas toujours très bon dans les médias il était excellent dans les discours on se souvient du discours du Bourget mais aussi moi je me souviens de tous ces discours en tant que premier secrétaire il savait emporter une foule et j'aime bien cette façon de s'exprimer c'est peut-être mon côté à l'ancienne
Qu'est-ce qu'il a encore à nous dire 60 ans plus tard Martin Luther King ?
Il doit nous dire que le combat pour l'égalité la reconnaissance de la différence et de la diversité ça doit plus que jamais être au cœur de tout le projet politique
Vous qui aimez la littérature quels livres vous ont servi lors de ces années à l'Elysée ?
Tous les livres parce qu'ils m'ont permis de m'échapper moi j'aime beaucoup les romans j'ai lu et relu Romain Garry quand j'étais à l'Elysée c'était ma récréation et notamment les livres qu'il a écrits sous le pseudonyme d'Émile Ajard qui sont les plus légers et ceux qu'il écrit à la fin de sa vie ça a toujours été des bons guides pour moi à la fois pour avoir de l'autodérision et regarder la vie avec autant de sourire que de licidité
Vous trouviez le temps de lire à l'Elysée ?
Oui parce qu'il y a beaucoup de temps de transport à l'Elysée voiture, avion, etc et même si je répondais souvent aux questions que le président pouvait me poser dans les avions il n'y avait pas de réseau téléphonique donc j'avais du temps pour lire
Quel est votre lieu de pouvoir préféré ?
De façon générale ou à l'Elysée ?
D'abord lieu de pouvoir mais vous pouvez dire l'Elysée
Lieu de pouvoir préféré ça c'est une très bonne question j'aime beaucoup le Louvre je trouve que c'est un magnifique c'est peut-être surprenant comme réponse mais c'est un magnifique lieu de pouvoir parce qu'il a été occupé par les rois de France mais aussi par Napoléon et c'est un lieu de pouvoir aussi à travers aujourd'hui la culture et je trouve que c'est incroyable parce qu'on a été magnifié par Paye et par Mitterrand avec la pyramide je trouve que c'est vraiment la plus belle incarnation du pouvoir en France plus que l'Elysée et à l'Elysée le lieu le plus important c'est le bureau du président ce qu'on appelle le salon doré mais moi mon lieu préféré c'était la salle de cinéma parce qu'il y a eu une salle de cinéma à l'Elysée et on adorait organiser des projections et c'était un vrai plaisir une récréation
la semaine prochaine nous recevrons Clément Léonard Doudzi si vous aviez une question ou deux à lui poser ce serait
ah alors la première c'est qu'as-tu appris d'Emmanuel Macron je peux savoir ce qu'il répondrait et la deuxième c'est tu préfères travailler avec Arthur Sadoun le patron de Publicis ou avec Emmanuel Macron
et bien on les lui posera pour vous merci beaucoup Gaspard Ganser d'avoir été l'invité de Sens Politique la semaine prochaine donc Clément Léonard Doudzi pour le dernier épisode de notre série consacrée aux conseillers de l'Elysée merci à toute l'équipe à la préparation Anne-Claire Bazin à la réalisation Daphné Leblon à la technique Noé Chaban à la vidéo Jordan Fuentes grâce à qui vous pouvez revoir tous les épisodes de cette série sur la chaîne YouTube de France Culture vous pouvez réécouter l'émission sur l'application Radio France et sur France Culture.fr merci de nous avoir suivis et à la semaine prochaine et à la semaine prochaine
et à la semaine prochaine