Comment reconnaître l'anxiété de séparation chez les chiens et les chats ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Il est 6h23 Sud Radio et vous ce matin, nous sommes avec notre vétérinaire du petit matin, Anne-Laure Bramie, vétérinaire à la clinique des Coquelicots de Saint-Germain-en-Laye. Bonjour Anne-Laure. Bonjour. Et merci d'être avec nous. On va parler aujourd'hui d'un sujet qui touche tous ceux qui ont un animal de compagnie, c'est l'anxiété de séparation qui touche aussi bien les chiens que les chats. En général, on a tendance à l'associer à la peur de se retrouver seul, d'être abandonné par son maître, mais c'est beaucoup plus large que ça. Déjà, comment on peut définir cette anxiété de séparation, Anne-Laure ?
C'est tout animal qui présente des vocalisations, qui peut présenter de la malpropoté, des troubles digestifs, les chiens qui se mettent à manger de l'herbe parce qu'ils ont de l'anxiété et qu'ils ont mal à l'estomac, et puis également la destruction qui peut arriver quand on s'absente de chez soi.
Quand on retrouve effectivement son logement sans dessus-dessous, parce que le chien a bordu les coussins. Et alors ça, c'est les symptômes, d'une certaine manière, qu'on peut observer, qui doivent nous alerter. Qu'est-ce qui va provoquer cette anxiété de séparation ? Je disais, ce n'est pas forcément parce qu'on va partir à un moment, on va quitter son chien ou son chat pour un petit moment.
Oui, alors ça, ça peut arriver effectivement que ça arrive de manière plus chronique avec le temps, parce que ça va toujours s'accentuer à chaque fois qu'on va leur faire la fête, quand on rentre à la maison ou que nous font la fête, qu'ils sont excités et qu'on les caresse, on les récompense, on leur demande de recommencer. A l'inverse, ce qui peut arriver également, c'est si vous avez tendance à déménager ou quand vous partez en vacances, un de vos enfants également s'absente pour partir à la fac ou à l'inverse l'arrivée d'un bébé, le départ d'un congénère ou l'arrivée d'un congénère.
Donc on a d'autres situations qui peuvent survenir également de façon un peu plus subtile, un peu plus discrète et qui influencent le quotidien, le nôtre et le leur également.
Donc des situations un peu critiques pour l'animal de compagnie. Même le fait d'être soi-même stressé, c'est communicatif et donc ça va créer une forme d'anxiété aussi pour son chien ou son chat.
Oui voilà, faites attention, c'est vrai qu'on a tendance même des fois à se culpabiliser en disant est-ce que j'en fais assez, est-ce que j'en fais trop, est-ce que je pourrais en faire plus ? Finalement on se crée nous-mêmes une anxiété, vous allez à ce moment-là effectivement créer de l'anxiété sur votre animal. C'est comme les enfants, il faut vraiment partir du principe que c'est un membre supérieur de notre famille et donc effectivement on dit toujours tel maître, tel chien ou tel parent, tel enfant parce qu'effectivement on influence sur l'anxiété. Donc moi je vois effectivement, je dis toujours à mes patients, mes propriétaires, etc.
de ne pas se culpabiliser, de ne pas trop regarder leur animal. S'ils ont tendance eux-mêmes à demander à être demandeurs, tant que vous rentrez à la maison vous ignorez un petit peu et dès que le cap de la grande fête est passé, là vous caressez comme ça votre animal va se dire qu'il est remercié de son calme et du coup c'est ça qu'on souhaite pour lui, pour éviter les troubles digestifs, les cystites de stress. Il y a quand même des impacts sur leur santé en dehors d'un phénomène d'anxiété qui peut de façon chronique gêner leur santé aussi.
Ce n'est pas juste un simple mal-être, véritablement il peut y avoir des conséquences en termes de santé, notamment vous le dites, troubles digestifs.
Voilà, c'est-à-dire qu'au départ ça va être un mal-être peut-être un peu régulier, un peu discret, puis un jour vous allez consulter pour des troubles digestifs, voire des ulcères perforés avec des hémorragies et là à ce moment-là vous allez vous dire d'où ça vient et en fait c'est comme nous, ça arrive sur plusieurs années, plusieurs mois, ça ne se revient pas du jour au lendemain.
Repérez donc les changements qui ont pu affecter son animal de compagnie notamment. Qu'est-ce qu'on peut mettre en place pour casser cette dynamique, cette anxiété de séparation Adelaide ?
Alors les chats par exemple ils peuvent s'ennuyer en appartement ou quand vous partez en vacances, donc il ne faut pas hésiter à multiplier les zones de jeu, les espaces, même parfois maintenant il y a des gens qui suspendent des arbres à chins en hauteur mureaux, c'est très rigolo et c'est assez ludique. Et puis effectivement comme je vous expliquais, au moment où vous rentrez chez vous, plutôt évitez de faire la fête à l'animal même si lui est présent, qu'il est demandeur, plutôt au contraire réserver ça pour une situation de calme au moment où vous caressez, donc de façon à induire vraiment une adaptation à la solitude.
Et puis si vous voyez que votre animal a tendance à détruire un peu, plutôt commencez, déjà effectivement même à avoir un comportementaliste tout de suite, n'hésitez pas, mais sinon s'habituer à faire des petites absences, à aller faire des courses, s'absenter de plus en plus régulièrement pour l'adapter aussi progressivement à une absence plus importante.
Parce qu'ils ont une notion du temps, les chiens, les chats, on a tendance à penser l'inverse.
Je pense que quand on fait les choses de façon régulière, finalement ils s'adaptent mieux, donc c'est quelque chose qui va s'installer de façon insidieuse avec le temps et qu'il va falloir aussi, derrière, adapter avec le temps. Moi ce que j'explique, c'est que dès que vous avez un jeune chat, un jeune chiot, tout de suite il faut les habituer tout petits, l'individu petit s'adapte beaucoup plus vite, comme pour nous, pour les enfants. Et après adulte, il faut s'armer d'un peu de patience et grosso modo, si on est assidu, c'est deux mois pour casser une habitude.
D'accord, deux mois effectivement, donc ça prend un peu de temps. Ça prend un peu de temps. Mais quand on a vos conseils en tout cas, on peut y arriver. On termine tout de même Anne-Laure avec un autre sujet, c'est la chaleur, la canicule. En ce moment, quels sont les petits conseils finalement à suivre pour que nos animaux de compagnie ne souffrent pas trop de cette canicule ?
Alors naturellement, votre animal a une température entre 38 et 39, et comme nous, dès 40, ça abîme le cerveau, donc il y a des risques de convulsion. Et on ne va pas s'en rendre compte tout de suite. Donc évitez de les exposer aux chaleurs de journée. Plutôt les sortir très tôt le matin, très tard le soir. Ne pas hésiter à humidifier les pièces avec des saladiers d'eau ou des choses effectivement pour augmenter l'hygrométrie. Et faire attention au fait qu'eux ne vont pas transpirer comme nous, donc avoir une déperdition de chaleur. Et puis on avait dit de faire attention à l'eau trop froide pour se baigner, ensuite sortir avec des températures trop chaudes.
Hier, on a eu un cas d'hydrocution sur un chien à la clinique. Donc effectivement, voilà.
Attention à ça et puis les balades, plutôt tôt le matin et plus tard le soir. Adaptez effectivement aussi à ça.
Et si vous habitez dans le sud de la France, attention aux moustiques le soir, à la lèche maniose. Donc n'hésitez pas à vacciner. Il existe un vaccin pour ça.
Merci pour tous ces conseils, Anne-Laure Bramille. Je rappelle, vétérinaire à la clinique des Coquelicots à Saint-Germain-en-Laye. Merci pour tous ces conseils. Je vous souhaite une très belle journée. A la semaine prochaine.
Merci, bonne journée.