Aleksandar Nikolic : "La France est la grande perdante de cet accord commercial !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 65 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08OuverteRéponse directe
Est-ce que la France aurait pu, et l'Europe, aurait pu faire mieux déjà dans ces négociations ?
- 1:56RelanceRéponse directe
Mais qu'est-ce qu'on avait alors comme levier pour négocier face à lui ?
- 3:01OuverteRéponse directe
Alors on a quoi comme levier concrètement face à Donald Trump ?
- 3:52OuverteRéponse partielle
Est-ce que la France a vraiment autant de poids que cela pour faire pression sur Ursula von der Leyen et sur Donald Trump ?
- 8:36OuverteÉludée
Est-ce que pour vous, c'est un bon message envoyé par le gouvernement de dire on vous reçoit tous, on va essayer de vous rassurer et de trouver des solutions ?
- 23:57OuverteRéponse partielle
On a l'impression qu'on n'en sait pas vraiment plus après la prise de parole d'Annie Gennevard. Elle le dit, cet accord n'est pas signé.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Ah ben ça c'est sûr qu'on aurait pu faire mieux. »
- 0:27Invité politiqueFait
« Là on voit que nos intérêts ne sont absolument pas défendus parce que le grand perdant, globalement l'Union Européenne est perdante face aux Etats-Unis là dans cet accord. »
- 0:37Invité politiqueFait
« Quand vous avez un accord sur les achats d'armes américaines alors que nous on est le deuxième pays exportateur d'armes, et bien c'est la France qui est pénalisée. »
- 0:44Invité politiqueChiffre
« Quand vous avez l'achat de produits énergétiques obligatoires, et notamment du pétrole et du GNL, du gaz liquéfié, qui va arriver sur le territoire européen et qui va coûter 4 à 5 fois plus cher que ce qu'il est vendu aux Etats-Unis, ce qui va encore plus pénaliser notre industrie, et bien là aussi c'est la France qui est la plus pénalisée. »
- 0:52Invité politiqueChiffre
« Et puis quand vous avez également des investissements obligatoires aux Etats-Unis, 600 milliards d'euros, mais on sait qu'il y avait déjà des investissements, et d'ailleurs qui avaient largement augmenté aux Etats-Unis, qui est malheureusement plus attractif parce que nous on a des choses qui nous pénalisent pour l'attractivité. »
- 2:11Invité politiqueFait
« ils auraient pu voter par exemple la motion de censure récente parce que les intérêts français ne sont pas défendus »
- 3:37Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui on perd 10 milliards par an, la France, entre ce qu'on donne et ce qu'on reçoit pour être de moins en moins bien défendu par l'Union Européenne ? »
- 6:05Invité politiqueFait
« Et c'était quasi acquis que ça allait être 25 %. »
- 9:11Locuteur 2Chiffre
« On est à près de 100 milliards de déficit commercial globalement. »
- 15:19Locuteur 2Chiffre
« nous exportons à peu près 5 milliards de produits aux Etats-Unis issus de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire »
- 15:29Locuteur 2Chiffre
« c'est presque 4 milliards pour les vins et les spiritueux et puis un autre milliard pour la filière des produits laitiers et des produits d'épicerie »
- 15:42Locuteur 2Chiffre
« si nous appliquons 15% à l'ensemble de ces productions, c'est possiblement plus de 800 millions qui peuvent affecter la consommation locale »
- 18:16Locuteur 2Chiffre
« pour la filière agricole agroalimentaire, c'est 5 milliards de production, 5 milliards d'exportation »
- 20:40Locuteur 2Fait
« les états ont délégué à l'union européenne à la commission la responsabilité de conclure des accords »
- 22:51Locuteur 2Fait
« on a évité l'escalade des mesures de rétorsion qu'on aurait pu avoir sur le soja par exemple »
- 29:25Locuteur 5Fait
« nous ne sommes pas craints politiquement mais nous ne sommes surtout pas craints économiquement et financièrement »
- 29:42Locuteur 5Chiffre
« 3000 milliards de dettes »
- 29:49Locuteur 5Chiffre
« 600 milliards d'investissement aux Etats-Unis »
- 29:53Locuteur 5Chiffre
« 40 milliards pour financer l'hôpital français »
- 31:01Locuteur 7Chiffre
« droits de douane de 15% »
- 31:23Locuteur 7Fait
« le 1er août sera un grand jour pour l'Amérique »
- 31:59Locuteur 7Fait
« il leur manque un nombre assez considérable d'informations »
- 32:52Locuteur 7Chiffre
« 450 millions d'habitants »
- 35:21Invité politiqueFait
« aujourd'hui on est des herbivores face à des carnivores »
- 35:26Invité politiqueFait
« soyons des omnivores »
- 38:47Invité politiqueChiffre
« aujourd'hui 10 milliards, c'est-à-dire qu'on contribue de plus en plus à l'Union Européenne »
Temps de parole
- Aleksandar Nikolic27 %
- Locuteur 221 %
- Locuteur 513 %
- Locuteur 713 %
- Présentateur10 %
- Locuteur 15 %
- Locuteur 35 %
- Locuteur 84 %
≈ 1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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– Alexander Nikolic, nous n'en resterons pas là, ce sont les mots aujourd'hui d'Emmanuel Macron en Conseil des ministres. Déjà ça vous fait visiblement sourire. Est-ce que la France aurait pu, et l'Europe, aurait pu faire mieux déjà dans ces négociations ? Est-ce qu'il y a aussi une marge de négo à venir pour eux ?
– Ah ben ça c'est sûr qu'on aurait pu faire mieux. Après, qu'est-ce qu'il met derrière ? Il faut qu'on soit craint. Parce qu'Emmanuel Macron avait dit qu'il ne voulait pas que Mme Van der Leyen signe l'accord sur le Mercosur, elle l'a signé. Là on voit que nos intérêts ne sont absolument pas défendus parce que le grand perdant, globalement l'Union Européenne est perdante face aux Etats-Unis là dans cet accord. Mais la France l'est encore plus. Quand vous avez un accord sur les achats d'armes américaines alors que nous on est le deuxième pays exportateur d'armes, et bien c'est la France qui est pénalisée.
Quand vous avez l'achat de produits énergétiques obligatoires, et notamment du pétrole et du GNL, du gaz liquéfié, qui va arriver sur le territoire européen et qui va coûter 4 à 5 fois plus cher que ce qu'il est vendu aux Etats-Unis, ce qui va encore plus pénaliser notre industrie, et bien là aussi c'est la France qui est la plus pénalisée parce que nous on avait justement une énergie moins chère avec le nucléaire, alors que là on va obliger justement d'acheter des produits énergétiques américains.
Et puis quand vous avez également des investissements obligatoires aux Etats-Unis, 600 milliards d'euros, mais on sait qu'il y avait déjà des investissements, et d'ailleurs qui avaient largement augmenté aux Etats-Unis, qui est malheureusement plus attractif parce que nous on a des choses qui nous pénalisent pour l'attractivité, mais le politique devrait inciter à investir en France et en Europe pour qu'on puisse s'adapter justement à la robotisation.
– Il n'y a pas réussi à imposer 15% de cette douane, plus le fait qu'il n'y a pas de rentrée d'argent.
– Mais plus ce que je viens de citer, parce qu'on a beaucoup parlé de ces 15% de droits d'argent, mais vous vous rendez compte l'aberration, c'est-à-dire que nous mettons 15% de droits de douane et nous en contrepartie, il n'y a pas de droits de douane sur ce qui arrive. Non seulement ça pénalise nos filières, mais en plus c'est un manque de rentrée d'argent.
– Mais qu'est-ce qu'on avait alors comme levier pour négocier face à lui ?
– Mais surtout il fallait qu'on mette la pression sur Mme Van der Leyen, non seulement il ne fallait pas la soutenir comme le font les macronistes, LR, le PS, ELV et qui maintenant se plaignent de ce que peut faire Mme Van der Leyen, ils auraient pu voter par exemple la motion de censure récente parce que les intérêts français ne sont pas défendus, mais il faut peut-être aussi arrêter de donner toujours plus en termes de contribution à une Union européenne qui ne nous défend pas. Je vais juste rappeler qu'en 2000…
– On peut aussi dire que si, à l'origine c'était 30% la menace de Donald Trump, finalement on est à 15%, c'est peut-être un moins droits.
– Mais attendez, dans ce cas il aurait dit 50%, on négociait à 30%, c'est-à-dire que… – À c'est pour ça une négociation, on ne peut pas dire 30% puis passer à 30%. – Non mais la négociation de Trump, c'est placer la barre très haute, ça pénalise presque toutes les filières françaises et européennes, et nous on a quoi en échange ? – Donc ça veut dire qu'on est obligé de leur acheter produits énergétiques ? – Dire non c'est comme ça, on va arrêter de négocier ?
– On doit avantager les armes américaines, on doit faire des investissements pour nos entreprises là-bas alors qu'on en manque ici, et en plus sur les mêmes filières, vous avez 15% de droits de douane pour les produits français et européens qui arrivent aux Etats-Unis, sans contrepartie avec des droits de douane similaires, enfin c'est quoi cette négociation ?
– Alors on a quoi comme levier concrètement face à Donald Trump ?
– Je le disais, déjà il faut mettre la pression, parce qu'il dit qu'il faut qu'on soit craint, bah oui il faut qu'on soit craint dans des négociations, si la France doit négocier elle-même aussi avec Donald Trump, on est un grand pays, mais l'Union Européenne globalement c'est un marché de 450 millions d'habitants, avec des grands cerveaux, avec un continent qui est riche, et bien oui on a des leviers possibles, mais pour ça, pour que les intérêts français soient écoutés, il fallait mettre la pression sur l'Union Européenne, je le disais, je le citais tout à l'heure Madame Van der Leyen, est-ce qu'il est normal qu'aujourd'hui on donne de plus en plus à l'Union Européenne, c'est-à-dire qu'en 2000, entre ce qu'on perd et ce qu'on reçoit en termes de contribution, c'était 0,49 milliard, aujourd'hui on perd 10 milliards par an, la France, entre ce qu'on donne et ce qu'on reçoit pour être de moins en moins bien défendu par l'Union Européenne ?
Bah oui, le levier c'est l'argent en fait, et à un moment de dire, notre contribution baissera, si les intérêts français ne sont pas défendus, juste dire, il faut qu'on soit craint, c'est que des mots.
Jean-Marc Sylvestre, est-ce que la France a vraiment autant de poids que cela pour faire pression sur Ursula von der Leyen et sur Donald Trump ?
Non, je ne pense pas qu'elle ait ce poids dont vous parlez, parce qu'en fait, elle a donné mandat à Ursula von der Leyen, elle a signé le mandat, la France comme l'ensemble des 27 pays, et si la France peut avoir une influence demain, ça va être dans la ratification du texte. Moi, je suis frappé, c'est qu'on insiste à un débat qui est un peu surréaliste, qui part un peu dans tous les sens, sur un texte qui n'existe pas, parce qu'il n'existe pas. On ne sait pas ce qu'il y a dans l'accord. L'accord, il est très flou au niveau de son contenu.
On sait que la plupart des produits seront taxés à 15%, on ne sait pas à quel niveau ils seront taxés, d'ailleurs, est-ce qu'ils seront taxés au niveau du producteur ou au niveau de l'importateur ? Est-ce que c'est l'importateur américain qui va prendre en charge les 15% et les répartir entre le consommateur américain et son fournisseur ? On ne sait pas. On sait qu'il y a beaucoup d'exemptions, et notamment dans l'aéronautique, dans l'agricole, un peu dans la pharmacie, et ça se discute. Et on sait encore qu'il y a encore beaucoup de discussions amenées, notamment dans les vins et les spiritueux, où les choses ne sont pas calées.
Moi, je constate que le monde des affaires ne panique pas actuellement. Il est en train de regarder, il a une visibilité qui est sans doute plus grande qu'auparavant, mais je crois qu'il attend la suite de la négociation. Et la négociation, ça va être de mettre noir sur blanc ce dont on parle, et d'obtenir une ratification. Ratification, donc, je rappelle qu'elle se fait à la majorité qualifiée, c'est-à-dire des deux tiers. On ne peut pas opposer son veto et être seul dans ça. Ce que je constate aussi, c'est que les pays européens ne s'entendent pas là-dessus. Ils ne s'entendent pas là-dessus. L'Allemagne est plutôt satisfaite de la situation. L'Italie est plutôt satisfaite. L'Espagne aussi.
Pourquoi l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne sont plus satisfaites que nous ? Parce qu'ils sont plus puissants économiquement. Ils n'ont pas 3 000 milliards de dettes et de dépenses publiques et sociales sur le dos à traîner.
Non, mais ils sont contents parce qu'on sait que... Non, ils ne sont pas contents. Ils ne sont pas contents. Non, mais sur l'industrie automobile allemande, on sait que c'est à 15 %, alors qu'ils envisageaient 25 %. Et c'était quasi acquis que ça allait être 25 %. Donc, eux, ils s'estiment gagnants. Et comme on sait que nous, on exporte moins de véhicules, l'industrie automobile allemande, qui est la base de l'industrie en Allemagne, se dit qu'on sort vainqueur. Et donc, le PPE allemand et Mme von der Leyen, qui défend surtout les intérêts allemands, on a l'impression, dans cette histoire, se dit que nous, on limite plus la casse. Mais qui défend, encore une fois, les intérêts français ?
Et si je peux me permettre de vous parler des droits de douane ? On oublie trop souvent que les droits de douane, c'est aussi des recettes. Vous savez, en 1985, un tiers du gel de l'Union européenne venait des droits de douane, justement. Les recettes de l'Union européenne, ça venait des droits de douane parce que quand vous avez des produits qui arrivent et que les gens doivent payer, eh bien, ce sont des recettes supplémentaires. Ça, ça doit être compensé par de la contribution pour les pays de manière supplémentaire. Là, ce que met en place Donald Trump va favoriser aussi les États-Unis, le Trésor public américain qui va gagner de l'argent via ses droits de douane.
Et nous, en contrepartie, nous ne gagnerons pas cet argent en plus de voir ces filières pénalisées.
Attendez, le Trésor américain en profitera si le consommateur américain achète les produits. Oui, mais... Parce qu'il n'est pas du tout certain que le consommateur américain achète le produit. S'il est plus cher. Parce qu'il va être plus cher et il va subir l'inflation. Il va y avoir un ralentissement qui a déjà démarré, d'ailleurs, économique sur le marché américain.
L'objectif, c'est quoi ? C'est justement de faire en sorte pour eux d'installer de plus en plus d'industries aux États-Unis, pour produire aux États-Unis, pour qu'il n'y ait pas ces droits de douane. Et donc, l'Europe, qui devrait avoir cette vision pour produire en Europe, ne le fait pas. Et juste, si je peux me permettre, on a une Union européenne qui nous dit, peu importe si on produit moins, au final, on met des mesures avec le Green Deal, par exemple, qui pénalise notre industrie et notre agriculture, parce que le plus important, c'est d'émettre moins de gaz à effet de serre.
Et on signe un accord de 250 milliards d'euros d'achats de produits énergétiques américains avec du gaz liquéfié qui va polluer énormément en arrivant et qui va ensuite polluer en le liquéfiant, justement. C'est-à-dire que ce n'est pas une priorité l'industrie européenne, parce que les émissions de gaz à effet de serre, c'est plus important. Par contre, c'est une priorité de favoriser des produits énergétiques américains qui vont faire qu'on aura un prix de l'énergie qui va en plus augmenter et qui va entraîner beaucoup plus d'émissions de gaz à effet de serre que ce qu'on peut produire comme gaz à effet de serre avec l'industrie européenne. Il faudra voir dans les détails
comment seront négociés secteur par secteur. Il y a quand même un mot sur cette réunion qui est en cours à Bercy entre les acteurs de l'économie française et huit ministres qui sont présents. Il y a notamment Éric Lombard, ministre de l'économie. Est-ce que pour vous, Alexandre Dernier-Colich, c'est un bon message envoyé par le gouvernement de dire on vous reçoit tous, on va essayer de vous rassurer et de trouver des solutions ?
Mais le meilleur message qui devrait être envoyé, c'est de vraiment négocier justement et de faire plier Donald Trump sur ces filières-là. Ce n'est pas de rencontrer les filières en leur disant écoutez, on est désolé parce que c'est ça qui est en train de se passer. Même si vous le disiez, on ne sait pas encore exactement à quel montant vont être ces droits de douane sur peut-être certaines filières. Ça peut rester encore flou mais globalement, c'est un accord à 15%. Donc, ça inquiète évidemment les acteurs français et surtout ceux qui restaient excédentaires parce que vous savez, on a un problème global. On est à près de 100 milliards de déficit commercial globalement.
Donc, les filières qu'on doit sauver, eh bien finalement, il les rend compte pour les rassurer mais sans pouvoir rien leur promettre à part de dire je suis désolé, on va essayer de se battre, on doit se faire respecter mais dire on doit se faire respecter ce ne sont que des mots. l'argent, faire peser justement ce que peut représenter la France diplomatiquement ou autre, eh bien c'est le moyen de justement obtenir gain de cause sur certaines filières. C'est ce que fait Donald Trump, c'est ce que font tous les pays qui sont dans ce rapport de force. Nous, je constate que dans ce rapport de force, on est systématiquement affaibli avec Emmanuel Macron.
Merci beaucoup Alexandre Arnico-Lichet et Jean-Marc Sylvestre. On va évidemment y revenir dans le prochain journal. Nous suivrons d'ici peu la fin de cette réunion au sommet à Bercy, 8 ministres, évidemment les professions qui sont réunies, les différents secteurs qui ne savent pas encore s'ils vont être touchés ou pas. Il y aura une prise de parole des ministres à la fin de cette réunion. Nous la suivrons en direct sur BFMTV. Bien sûr, le débrief à venir avec tous nos spécialistes.
Et on continue de parler Donald Trump mais cette fois concernant la guerre en Ukraine. Le président des Etats-Unis lance un ultimatum à Vladimir Poutine. Il lui laisse 10 jours pour mettre fin à la guerre.
Sinon, les Etats-Unis imposeront des sanctions à Moscou, notamment des droits de douane, dit Trump. Et on va approfondir cela avec Milane Argelas. Milane, de quels moyens de pression dispose Donald Trump ?
Donald Trump peut décider d'activer plusieurs leviers. D'abord, les droits de douane. Le 14 juillet dernier, Donald Trump évoquait la possibilité d'imposer la Russie à 100%. Mais le président américain envisage également des sanctions secondaires, autrement dit, des sanctions qui toucheraient les pays qui achètent des produits russes comme les hydrocarbures par exemple. Aux Etats-Unis, une proposition de loi portée par un sénateur républicain préconise la possibilité d'imposer des droits de douane allant jusqu'à 500% aux pays qui achètent des produits russes. La Chine, le Brésil ou encore l'Inde pourraient être concernés.
Des pays pour certains qui ne critiquent pas l'action de Vladimir Poutine en Ukraine. Précisons tout de même que cela reste encore très hypothétique à ce stade. La deuxième menace potentielle concerne le pétrole russe. Le prix du baril de pétrole russe est actuellement plafonné à 60 dollars. Ce plafond avait été introduit en décembre 2022 par le G7 à l'initiative de Joe Biden. Donald Trump pourrait bien décider d'abaisser encore plus ce plafond avec l'objectif d'affaiblir la Russie. Selon le ministère des Finances russes, la part des revenus pétroliers et gaziers est représentée un tiers du PIB russe en 2023.
Les Etats-Unis peuvent agir également en livrant des armes supplémentaires à l'Ukraine. Le 14 juillet dernier, Donald Trump annonçait le renforcement du soutien américain à Kiev avec des équipements militaires d'une valeur de plusieurs milliards de dollars selon le président américain. Le secrétaire général de l'OTAN, Marc Ruth, parle de matériel de défense aérienne, de missiles ou encore de munitions. La livraison d'armes supplémentaires pourrait potentiellement s'ajouter à un nouveau paquet de sanctions si jamais l'ultimatum lancé par Donald Trump n'était pas respecté par Vladimir Poutine. Le compte à rebours établi par Donald Trump est donc lancé.
10 à 12 jours, cela nous emmène entre le 8 et le 10 août prochain.
Merci beaucoup, Milan. On continue d'en parler avec vous, Thierry Arnaud. Vous êtes éditorialiste politique et internationale de BFM TV. Est-ce que ce coup de pression, cet ultime coup de pression mis par Donald Trump, c'est de nature à peut-être inquiéter Vladimir Poutine ou pas ?
Écoutez, on ne va pas tarder à le savoir parce qu'il va être mis en œuvre. Ça ne fait absolument aucun doute. Et d'ailleurs, ça va être le cas non pas à l'échéance de cet ultimatum mais sans doute avant puisque aujourd'hui, Donald Trump annonce un certain nombre de mesures qui concernent l'Inde. L'Inde, vous savez que c'est un pays avec lequel les États-Unis enregistrent un déficit commercial important mais c'est aussi l'un des principaux clients de la Russie pour son pétrole. Or, vous savez que ce que menace de faire Donald Trump, c'est de mettre en place des sanctions douanières indirectes, c'est-à-dire d'appliquer des taxes douanières à ceux qui achètent le pétrole russe.
Et il annonce aujourd'hui sur ce réseau social trousse qu'au-delà d'un droit de douane généralisé de 25% appliqué à l'Inde, il y aura une taxe supplémentaire relative à tous les achats de pétrole russe et donc on voit progressivement cet ultimatum se mettre en place on pourrait presque dire dès maintenant en tout cas à partir du 1er août s'agissant de l'Inde et l'Inde c'est très important puisqu'on considère qu'aujourd'hui elles sont difficiles à mesurer ces exportations pétrolières de la Russie parce qu'elles sont évidemment en partie occultes en raison de l'embargo mais on considère globalement que allez, la Chine achète 40% du pétrole russe aujourd'hui et l'Inde à peu près 30% vous voyez que c'est près d'un tiers c'est considérable et donc dès aujourd'hui encore une fois le président américain annonce qu'il va sanctionner l'Inde avec ses tarifs douaniers indirects parce qu'elle achète du pétrole à la Russie
Merci beaucoup Thierry Arnaud pour toutes ces précisions dans l'actualité également cela faisait 73 ans que la terre n'avait pas tremblé aussi fort en Russie cette nuit un séisme de magnitude 8.8 sur l'échelle de Richter a été détecté cela s'est passé au large de la péninsule de Kamchatka
Alors immédiatement une alerte au tsunami a été déclenchée dans tout le Pacifique des vagues de 4 mètres sont redoutées actuellement en Polynésie française sur les îles Marquise les dernières images commentées et rassemblées par Pierre Desmits
Les murs et les meubles tremblent sous les yeux des habitants de cet appartement de l'extrême-orient russe quelques kilomètres plus au nord ces médecins tentent de contenir leurs instruments chirurgicaux en plein milieu d'une opération le tremblement
Et nous allons tout de suite à Bercy puisqu'Annie Gennevar la ministre est en train de s'exprimer
qui s'ajoute à une situation nationale fragile crise climatique crise sanitaire donc on a là tous les ferments de déséquilibres profonds qui sont inquiétants Alors cet accord il est encore largement méconnu dans ses détails dans ses modalités d'application ce que l'on sait c'est que il y a plusieurs secteurs qui sont possiblement exposés nous exportons à peu près 5 milliards de produits aux Etats-Unis issus de l'agriculture et de l'industrie agroalimentaire c'est presque 4 milliards pour les vins et les spiritueux et puis un autre milliard pour la filière des produits laitiers et des produits d'épicerie si nous appliquons 15% à l'ensemble de ces productions c'est possiblement plus de 800 millions qui peuvent affecter la consommation locale dans les pays où nous exportons donc le niveau d'inquiétude naturellement est maximal donc les filières nous ont dit leurs préoccupations leurs attentes notamment dans le secteur des vins et des spiritueux où l'on espère vivement un accord zéro pour zéro je veux rappeler que évidemment ce contexte est défavorable pour nos filières mais il l'est aussi pour les américains eux-mêmes et donc j'espère que en tout état de cause 15% ça n'ira pas au-delà que c'est véritablement un plafond et que pour certaines des filières nous serons à zéro pour zéro parce qu'il en va de la pérennité véritablement de certaines filières qui sont déjà impactées par les taxes chinoises et qui connaissent des difficultés structurelles je pense à la filière viticole qui connaît un problème de volume de production un problème de déconsommation donc vous voyez qu'il y a encore beaucoup d'incertitudes et nous sommes naturellement en attente de connaître la configuration exacte de ce projet c'est d'accord c'est pas si oui on parle de quelques jours je ne peux pas vous répondre précisément
alors d'abord
un accord qui est déséquilibré car il est déséquilibré aujourd'hui doit susciter une d'intenses négociations envie de le rééquilibrer précisément l'action doit être diplomatique et l'union européenne doit prendre toute la mesure des conséquences que cela emporterait sur nos filières avant de parler d'aide il faut déjà travailler au terme de cet accord maintenant vous le savez l'État ne s'est jamais dérobé dans son soutien aux filières mais vu l'ampleur que cela suppose puisque je le rappelle pour la filière agricole agroalimentaire c'est 5 milliards de production 5 milliards d'exportation c'est considérable une attente très forte du secteur concerne également la simplification et l'amélioration de la compétitivité ça ne compensera pas forcément complètement mais c'est une attente extrêmement forte et je pense qu'on ne peut pas s'y dérober c'est le sens de ce que nous défendons aussi à l'union européenne et je crois pouvoir dire que le commissaire Hansen comme commissaire à l'agriculture comme du reste le commissaire en charge du commerce sont bien dans cette trajectoire de simplification et d'amélioration de la compétitivité de nos entreprises en tout cas il y a une chose qui a été dite très clairement et par toutes les filières on ne peut pas ne pas exiger des américains une réciprocité des normes c'est un point tout à fait tout à fait important ce qu'on exige de nos propres producteurs doit être de même exigé de la part des pays qui exporteraient vers le continent vers l'union européenne pardon en tout cas il vaut mieux prévenir en la matière c'est du reste la règle absolue que nous devrions avoir avec tout accord de libre échange bon là on l'espèce bien sûr avec les américains ce projet d'accord qui nous est en quelque sorte imposé personne n'a voulu de cette augmentation des droits de douane qui je le rappelle sera préjudiciable pour nous pour nos propres producteurs nos propres industriels mais préjudiciable pour l'ensemble de l'économie européenne et pour l'économie américaine j'en suis convaincue ça n'est pas signé à date ce n'est pas signé il y a eu un accord facialement une volonté de toper sur un projet d'accord mais on voit bien qu'il y a encore beaucoup d'incertitudes qui planent et qui méritent d'être absolument éclaircies
les états
ont délégué à l'union européenne à la commission la responsabilité de conclure des accords c'est ainsi on peut le déplorer mais c'est la règle aujourd'hui qui prévaut et bien entendu avoir la délégation des états pour conclure des accords n'exclut pas que l'on échange entre états membres pour savoir si cet accord et ses échanges se font et auront lieu singulièrement sur ce projet d'accord en tout cas c'est indispensable et nous le demandons moi j'en suis réduite à un niveau d'information qui n'est pas loin du vôtre c'est à dire qu'on nous dit que selon toute probabilité il pourrait y avoir un accord zéro pour zéro pour les spiritueux pour les vins nous n'en savons rien vous voyez donc tout cela en réalité ce que cela veut dire c'est que tout est encore ouvert à la négociation et c'est cette négociation qui doit être conduite très fermement pour protéger nos intérêts c'est le devoir de l'Union Européenne que de protéger les intérêts des producteurs parce qu'il en va de la souveraineté alimentaire de l'Union Européenne tout comme celle de la France bonjour
c'est une question
qui se pose vous la poserez sans doute à ma collègue en charge de ce domaine
bon
on a évité l'escalade c'est-à-dire que dans les mesures qu'on aurait pu opposer il y avait on le sait des chiffons rouges pour les Américains on a évité l'escalade des mesures de rétorsion qu'on aurait pu avoir sur le soja par exemple qui est une grosse production américaine mais qui aurait renchéri le coût des aliments pour nos éleveurs donc il faut calibrer quand même les réponses vous le savez ce n'est un mystère pour personne la France avait une position plus dure que la commission européenne nous sommes au sein nous sommes membres de l'Union Européenne et il faut pouvoir naturellement marcher de concert voilà je vous remercie
la prise de parole d'Annie Gennevard la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire à la sortie de cette réunion au sommet à Bercy on vous le rappelle 8 ministres réunis au total une cinquantaine de personnes évidemment les professionnels du secteur de secteurs qui peuvent être touchés qui seront touchés imagiciens en direct du ministère de l'économie on attend bien sûr d'autres prises de parole notamment celle d'Eric Lombard le ministre de l'économie on va suivre évidemment tout cela en direct sur BFM TV pour en parler tous nos invités sur ce plateau on commence avec vous Anthony Lobos on a l'impression qu'on n'en sait pas vraiment plus après la prise de parole d'Annie Gennevard elle le dit cet accord n'est pas signé les contours ne sont pas encore vraiment dessinés on ne sait pas encore qui vraiment sera touché ou pas
on n'a pas appris grand chose de cette prise de parole de la ministre de l'agriculture Annie Gennevard qui dit qu'elle dispose des mêmes informations que la presse alors Sophie Prima la porte-parole du gouvernement tout à l'heure juste après le conseil des ministres lors de son compte-rendu disait la même chose on n'a pas tous les éléments on n'a pas tous les contours il faudra encore attendre un peu Alors qu'est-ce qu'ils ont pu dire
aux représentants des secteurs ?
C'est une vraie question vraisemblablement les filières et les acteurs économiques ont pu quand même formuler quelques demandes quelques alertes dire au gouvernement qu'elles seraient selon eux les potentielles pertes que ces secteurs-là pourraient avoir et subir à court, moyen et long terme mais c'est vrai qu'on a l'impression que le gouvernement ne connaît toujours pas les contours de cet accord elle répète simplement les mêmes choses que l'on a pu voir et lire dans les réactions des membres du gouvernement c'est-à-dire qu'il faut rééquilibrer cet accord très bien les ministres du gouvernement ses collègues l'ont déjà dit niveau d'alerte maximale dit-elle également en disant que ce projet d'accord nous est imposé parce qu'elle rappelle effectivement que seule la commission européenne a la compétence de négocier les accords commerciaux
Et pourtant Anthony on apprenait ce matin que pendant le conseil des ministres Emmanuel Macron disait nous n'en resterons pas là on n'a pas vraiment l'impression d'avoir le même discours
sur les deux plans là C'est vrai qu'avant cette prise de parole cette réaction du président de la République il y avait une cacophonie gouvernementale parce que d'un côté vous aviez François Bayrou qui parlait d'un jour sombre qui disait que l'Europe se résout à la soumission et puis d'un autre côté vous aviez le ministre de l'économie et des finances Eric Lombard qui disait ce matin chez nos confrères d'RTL que ce compromis était le meilleur possible pour notre économie que dans quelques mois peut-être quelques années les américains allaient faire marche arrière parce qu'il y aurait évidemment aussi des conséquences sur l'économie
Il disait il y a un impact mais il est mesuré
Il est mesuré voilà il disait effectivement cela donc finalement cacophonie gouvernementale le président de la République a voulu rappeler la ligne fermeté de la part de la France même si la France n'a pas été écoutée au niveau européen parce qu'elle plaidait pour un bras de fer un rapport de force un peu plus dur avec les Etats-Unis quand d'autres pays eux justement plaidaient une forme d'apaisement dans les relations commerciales avec les Etats-Unis là franchement cette communication gouvernementale est un peu hasardeuse
On continue d'en parler évidemment Alexandre Nicolich avec vous Annie Gennevard nous dit 15% ce sera un plafond bon déjà on est rassuré parce qu'on a du mal à imaginer que ça puisse augmenter en reprenant les négociations ça n'ira pas au-delà voilà ça pourrait paraître bizarre de voir le plafond repartir à la hausse maintenant elle parle d'accord déséquilibré c'est évidemment un terme qu'on a beaucoup entendu dans la bouche des membres du gouvernement et elle dit aussi on a évité l'escalade on a l'impression finalement c'est pas si mal c'est pas super mais on s'en sort pas si mal
mais elle dit
elle est pas très combative comme Emmanuel Macron
non c'est sûr qu'elle n'est pas très combative elle dit elle dit qu'elle n'en sait rien d'ailleurs c'est à dire que la ministre de l'agriculture française n'est absolument pas associée on ne lui dit absolument pas les infos qu'il peut y avoir pour les agriculteurs français elle dit qu'on espère qu'il y aura que ce sera à zéro parce que en tout cas elle espère un accord zéro pour zéro les denrées agricoles américaines elles elles vont arriver à zéro avec des phytosanitaires qui sont autorisés chez eux et pas chez nous avec des normes des règles qui ne sont pas les mêmes mais bon voilà et en plus nous on devrait avoir 15% normalement de droits de douane sur cette agriculture française et elle-même ne sait pas elle dit j'espère que ce sera zéro en tout cas ça ne devrait pas être plus de 15 j'espère que ça ne sera pas plus de 15 que ce soit là ou que ce soit sur l'accord du Mercosur très récemment elle est ministre de l'agriculture on voit à quel point la France n'a pas pesé je rappelle juste un truc on est passé sur les droits de douane par exemple sur la filière bovine de 40 à 7,5% non seulement ça fait évidemment une concurrence déloyale en Amérique du Sud donc là je reviens sur le Mercosur mais en plus c'est un manque à gagner parce que quand vous avez 40% de droits de douane c'est des rentrées d'argent supplémentaires et là à chaque fois la France et Mme Gennevard est absente pour défendre l'agriculture française on comprend mieux pourquoi on est passé deuxième pays exportateur en 2000 à sixième aujourd'hui et qu'on est en passe de passé septième et malheureusement que nos agriculteurs soient tellement en difficulté
Jean-Marc Alexandre Négovic on a bien compris que la ministre ne vous avait pas rassuré le problème Jean-Marc Sylvestre c'est qu'en fait nous ne savons pas ce qu'il y a dans cet accord ce n'est pas encore clair et elle le rappelle la ministre de l'Agriculture
Ah non c'est le moins qu'on puisse dire je trouve même qu'elle en rajoute sur le flou on avait auparavant non il y a un flou sur le contenu c'est évident il y a un flou juridique aussi dont elle ne parle pas c'est qu'on ne sait pas exactement qui va ratifier comment on va le ratifier et comment on peut revenir quand Emmanuel Macron dit on ne va pas en rester là on ne sait pas par quelle voie et moyen il va pouvoir intervenir au sein de la commission ou directement vis-à-vis des Etats-Unis et puis il faut le dire aussi on a un flou politique il y a un flou politique parce qu'il y a un flou politique au niveau des 27 les 27 ne sont pas d'accord totalement ils se sont mis d'accord sur une plateforme commune pour pouvoir limiter les dégâts mais on sait très bien que l'Allemagne l'Italie l'Espagne sont plus favorables à trouver des accords avec les Américains que la France qui est en position de faiblesse parce que nous ne sommes pas craints politiquement mais nous ne sommes surtout pas craints économiquement et financièrement je rappelle encore quand même qu'il y a 15 jours on était en train de dresser c'était le premier ministre qui le faisait un tableau un peu apocalyptique mais correspondant à la réalité d'une situation économique budgétaire française catastrophique 3000 milliards de dettes il va falloir les trouver alors quand on en vient à penser qu'on a signé un accord pour investir 600 milliards d'investissement aux Etats-Unis alors qu'on a du mal à trouver 40 milliards pour financer l'hôpital français ça doit il y a quelque chose qui ne va pas
on attend évidemment d'autres prises de parole ici en direct du ministère de l'économie Annie Gennevard a été la première à s'exprimer on attend évidemment le ministre de l'économie Eric Combar on suivra tout cela en direct sur BFM TV Thierry Arnaud ça paraît un peu bizarre Annie Gennevard le dit, le répète ne s'en cache pas elle n'a pas vraiment d'informations l'accord n'est pas signé plein de choses ne sont pas décidées tout est encore flou alors pourquoi faire une réunion au sommet convoquer les secteurs concernés pour leur dire quoi finalement à part leur dire bon on va essayer de continuer de discuter ça paraît bizarre finalement
un peu bizarre je vous félicite pour votre sens de l'éphémisme il y a une contradiction fondamentale dans ce qu'on nous dit parce que lorsqu'on veut regarder ce qu'il y a de positif dans cet accord on nous explique qu'il a donné davantage de visibilité et on nous explique en même temps que cet accord n'est pas connu j'allais dire dans ces détails mais évidemment ce sont plus que des détails et par ailleurs qu'il va falloir continuer à négocier or si on continue à négocier on prend le risque évidemment que les termes de l'accord y compris ces droits de douane de 15% soient remis en cause par ailleurs du côté de l'Europe et de la France les choses sont confuses c'est le moins qu'on puisse dire du côté des Etats-Unis et de Donald Trump elles sont parfaitement claires je vous invite à aller regarder le compte du président américain sur son réseau social favori tous ces choses aujourd'hui il écrit en lettres majuscules le 1er août sera un grand jour pour l'Amérique pourquoi ?
parce que de son point de vue c'est clair à partir du 1er août cet accord s'applique les droits de douane s'appliquent et les droits de douane de 15% s'appliquent sur à peu près il n'y a plus de discussion
il n'y a plus de négociation
donc on discute avec qui alors ? Pour lui le deal est conclu donc on voit bien qu'il y a quand même un décalage assez spectaculaire entre ce qui se dit à Washington la perception du président américain de cet accord qui pour lui est un deal qui est fait qui est signé qui s'applique à partir du 1er août et les européens notamment les français qui expliquent que 1.
il leur manque un nombre assez considérable d'informations sur des sujets qui ne sont pas des petits sujets et pour reprendre la formule du président de la république au conseil des ministres tout à l'heure nous n'en resterons pas là ça veut dire que il y a encore des choses qui du point de vue de Paris sont à négocier donc on voit que manifestement il y a de la friture sur la ligne entre les deux continents
le problème Thierry Arnaud c'est bien ce qu'on expliquait tout à l'heure c'est que la France toute seule ne peut pas aller dire à Donald Trump on change tout il faut avoir l'accord dès 27
mais c'est tout le problème en fait c'est que j'entendais tout à l'heure l'un de vos invités dire que la France était un an économique et politique face aux Etats-Unis ce qui factuellement est faux l'Union Européenne c'est 20 000 milliards de dollars ou d'euros à peu près comme vous voulez de produits intérieurs bruts c'est moins que les Etats-Unis qui sont à peu près à 30 000 mais c'est quand même beaucoup c'est 450 millions d'habitants quel est le problème de l'Europe c'est que en fait c'est sa dissonance c'est son désaccord et c'est le fait que lorsque Ursula von der Leyen négocie au nom de l'Europe elle n'est pas capable de capitaliser sur ce poids économique qui est absolument considérable on pourrait presque dire vital pour l'économie américaine parce qu'elle est porteuse de ces divergences de ces dissonances et de l'incapacité à se mettre à corps sur un agenda économique et en l'occurrence un programme de négociation et des modalités de négociation qui sont communes qui sont claires et qui sont puissantes
Thierry a raison j'ajoute une chose c'est que nous avons un volume d'importations américaines sur lesquelles on ne peut pas agir parce que riposter à l'offensive américaine avec les droits de douane sur nos produits que nous exportons c'est une chose riposter en tapant dans les services parce que nous nous importons principalement des services et nous n'avons pas de solution alternative les américains ne vont peut-être pas manger de fromage français mais ils trouveront du fromage qui remplacera le fromage français si le fromage français leur paraît trop cher mais nous on a quand même du digital on a des logiciels des services essentiels à notre fonctionnement qui sont absolument indispensables à notre fonctionnement on ne peut pas imaginer la vie de l'Union Européenne sans le système de cybersécurité le système de communication le système d'orientation l'iPhone la télécommunication tout ça est bloqué non et non c'est impossible c'est pour ça que Gabriel Attal dans sa menace auprès de l'Assemblée dans son tweet c'est un peu surréaliste ce qu'il demande parce que c'est pas possible
c'était la ligne rouge
à ne pas dépasser
mais je trouve que ce que vous dites ça montre un aveu de faiblesse totale oui absolument je pense qu'on doit croire en la France et l'Europe comme un territoire puissant et une grande puissance mais comment faire ce que je veux dire c'est que là vous parlez de certains secteurs mais justement c'est peut-être l'occasion de produire en France en Europe de créer pour qu'on soit justement souverain lisez le rapport et l'autonome mais le problème c'est qu'on a une Union Européenne qui n'a pas cette vision de puissance par elle-même pour reprendre d'ailleurs
pour qu'on fasse davantage entre nous entre les 27
monsieur a évoqué tout à l'heure les dissonances mais il y a aussi cette volonté de puissance intérieure de l'Union Européenne pour être dominant dans tous les secteurs avec une vraie projection c'était Emmanuel Macron qui disait aujourd'hui on est des herbivores face à des carnivores soyons des omnivores mais oui commençons à être des omnivores qui se font respecter et là on est vous êtes d'accord
avec Emmanuel Macron c'est bien
non non mais sur ce point-là mais sauf que derrière il n'y a rien dire il faut se faire respecter et ne pas enclencher des choses pour se faire respecter que ce soit financièrement que ce soit d'enclencher un vrai rapport de force et bien c'est des mots qui sont juste prononcés comme ça en l'air moi j'ai vraiment le sentiment toujours pour paraphraser et reprendre des citations ça me fait penser à la citation de Churchill qui disait qu'une vraie proie c'est quelqu'un qui veut toujours donner à manger aux crocodiles pour espérer être le dernier à être mangé et bien aujourd'hui face à des crocodiles chinois, américains qui sont dans ce rapport de force économique on ne peut pas se dire on va toujours céder céder pour essayer de se faire le moins manger possible il faut exister et être craint comme il vient de le dire et ça ça doit nous amener à nous poser des questions pour être souverains exister, réindustrialiser et pas signer des accords pour investir aux Etats-Unis mais investir en France en Europe sur tous les domaines d'avenir pour qu'on se redevienne un continent puissant
comme on l'a toujours été vous avez totalement raison mais on n'a pas de lignes rouges sur lesquelles il faut qu'on se batte on en a quelques-unes mais par rapport les américains Donald Trump dont on dit qu'il dit n'importe quoi il a certaines lignes rouges qu'il ne dépasse pas quand il dépasse ces lignes rouges il sait très bien que le marché obligataire peut le bloquer c'est ce qui s'est passé en avril on a bloqué les chinois les chinois ont bloqué le marché obligataire et dans la nuit il a fallu qu'il fasse machinariat sur son projet et il sait très bien que sur les terres rares et bien il est dépendant il est dépendant et donc il joue avec leurs forces les chinois et nous non oui
est-ce qu'on a des lignes rouges il y a des sujets sur lesquels l'Europe est capable d'imposer un certain nombre de réglementations elle peut fermer la tour Eiffel aux touristes américains non je vous donne un exemple qui n'est pas du même poids économique que ce dont on est en train de parler mais qui concerne tout le monde à partir de la fin de 1000 cap l'Europe a imposé un chargeur universel pour tous les téléphones et les américains n'en voulaient pas parce qu'ils avaient chacun votre chargeur et la marque à la pomme dont vous évoquiez tout à l'heure avait une prise et donc quand l'Europe se tient sur un sujet et qu'elle parle d'une seule voix elle est capable aussi d'imposer un certain nombre de modifications y compris au gérant du numérique américain que vous évoquiez tout à l'heure il faut aussi qu'elle sache prendre conscience de sa puissance et de sa capacité à l'utiliser ce qui de l'aveu général aujourd'hui y compris celui du gouvernement français n'a pas été le cas en l'occurrence elle est en train de le faire
au niveau de l'intelligence artificielle il y a des initiatives franco-françaises européennes au niveau de l'intelligence artificielle qui pourraient nous donner un peu de souveraineté
Alexandre Nicolich quand Emmanuel Macron dit nous n'en resterons pas là comprenez il va continuer de se battre continuer une négociation mais lui il ne discute pas avec Donald Trump il va devoir demander à Ursula von der Leyen qui mène les négociations pour les 27 de dire il faut continuer de se battre
à laquelle il a apporté son soutien et c'est ce que je vous disais tout à l'heure c'est qu'aujourd'hui les intérêts français ne sont plus défendus par l'Union Européenne je le pense sincèrement et on a donné en fait on est dépendant d'Ursula von der Leyen le pouvoir de négocier mais ce n'est pas dans l'intérêt des français alors que la France ce que je disais tout à l'heure en 2000 on perdait entre ce qu'on donne et ce qu'on reçoit l'Union Européenne on perdait 0,49 milliards aujourd'hui 10 milliards c'est-à-dire qu'on contribue de plus en plus à l'Union Européenne pour être de moins en moins défendu et je vais juste donner un exemple concret on a vu Madame Gennevard tout à l'heure la PAC ne donne pas plus à l'agriculture française dans la nouvelle PAC et pourtant et on voit que l'Union Européenne a décidé de donner à des agriculteurs qui ne sont même pas dans l'Union Européenne à l'agriculture turque 1,4 milliard d'euros qui ont été donnés depuis 10 ans l'agriculture albanaise 171 millions et bien ça ce sont des concurrents pour les agriculteurs français l'Union Européenne se sert de l'argent des français pour financer une agriculture concurrente à l'agriculture française député européen vous êtes au et bien sûr
vous êtes au
Aleksandar Nikolic