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interviewBLAST· 18 juillet 2021 15 min

JAMAIS UN PRÉSIDENT N'A AUTANT PRIS LES FRANÇAIS POUR DES CONS

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

“Ceux qui peuvent renoncer à la liberté essentielle pour obtenir un peu de sécurité temporaire, ne méritent ni la liberté ni la sécurité.” Benjamin Franklin Le week-end dernier, en préparation aux Jeux olympiques tokyoïte où, je vous le rappelle, nous avancerons masqués et sans public, la team USA de Basket s’était branchée sur un match facile. Le Nigéria.

C’était une bonne mise en jambe pour la star Kevin Durant et ses amis vedettes de la NBA. La partie avait lieu à Vegas, haut lieu du strass et du stress, temple du capitalisme et du faux semblant. Mais passons.

J’aurais bien lâché un billet pour voir ce match dont le scénario était écrit d’avance. Un peu comme une élection française ou une finale des chiffres et des lettres opposant un agrégé en math et un agriculteur bio. Neuf lettres.

Avec “enculages” au pluriel. Oui, je sais. C’est pas terrible.

Lors de leur dernière confrontation, aux JO de Londres en 2012, les US avaient normalement écrasé les nigérians 156 à 73 : 83 points d’avance. Les Ricains ont commencé mollement. Et puis bon, la mécanique s’est mise en branle.

Les commentateurs étaient normalement condescendants. Jamais les US ne pouvaient perdre ce match. Tout roulait.

Les frères africains déroulaient pourtant un jeu léché et rapide, shootant anormalement bien à trois points. Plusieurs joueurs nigérians arpentent aussi les parquets de NBA, c’était normal qu’ils aient appris… un peu… mais pas trop quand même… Et puis, il y a eu un fait de jeu très improbable… Kevin Durant s’est fait contrer. Regardez l’image.

Le rebond de la mort signé Precious Achiuwa, un petit gars de Port Harcourt. 2 mètres 03 quand même. Boum… La machine ricaine s’est grippée.

Bon, je ne vais pas faire durer le suspense. Les nigérians ont gagné de trois points. Personne, sauf un Yoruba sous acide, n’aurait parié un kobo sur la victoire des plus faibles… Et pourtant.

La glorieuse incertitude du sport offre une jolie métaphore. Peut-on croire en une glorieuse incertitude de la vie politique ? Qui va contrer la team Macron, Le Pen, Bolloré, Drahi, Zemmour qui encombre nos écrans depuis des mois.

Ce match de basket et cette improbable victoire, est pour moi la meilleure nouvelle de la semaine écoulée. Il n’y en a pas eu d’autres. Le reste était absolument merdique.

Emmanuel Macron nous a menacés en imposant sa réforme des retraites qu’il veut privatiser ou BlackRockiser. Ce qu’il ne dit jamais mais qui est son principal dessein. Nous devrons engager, dès que les conditions sanitaires seront réunies, la réforme des retraites.

J’ai toujours tenu un langage de vérité. Il a également balancé froidement qu’il voulait quand même sa réforme de l’assurance chômage, retoquée par le Conseil d’État car trop inégalitaire. La réforme de l’assurance chômage sera pleinement mise en œuvre dès le 1er octobre.

Pas de pause, chez le RoboCop de la glose libérale. Il veut surtout nous imposer la vaccination. Faites-vous vacciner.

Faites-vous vacciner. Vacciner. Vacciner.

Il commence par le personnel médical, puis va enchaîner avec les enfants à partir de douze ans, malgré toutes les promesses passées… Quand on parlait du pass sanitaire, nous nous souhaitons le réserver aux grands événements. Certains pays ont fait d’autres choix. J’ai déposé moi-même un amendement qui a été voté pour justement inscrire très clairement dans la loi qu’un restaurateur, un cinéma, un théâtre ne pourraient pas demander le pass sanitaire pour conditionner l’accès du public.

C’est très important, ça n’est vraiment pas ce choix que nous avons fait. Je ne vais pas épiloguer sur le sujet. Tout le monde en parle et se déchire.

Je suis vacciné, mais imposer la vaccination de force, surtout après la politique menée en matière de santé depuis le début du quinquennat, me semble être une hérésie. Donc malgré tout, et ça reste éminemment mystérieux, Macron grimpe dans des sondages taillés sur mesure. Il grimpe aussi grâce à Éric Zemmour qui continue chaque soir à prêcher sur CNEWS.

J’allais dire à hanter nos écrans tel le Nosferatu de Murnau. Zemmour qui louvoie et la météo qui nous foudroie. La France vit son quatrième début d’été le plus pluvieux depuis l’apparition des données météo.

Certaines villes battent des records. A Rennes par exemple, il est tombé 182 millimètres depuis le 1er juin, du jamais vu. Le prix du gaz qui en fait de même, sans que nous bronchions… Nous sommes un peuple soumis.

Semaine merdique où les ours blancs continuent à en baver sur une banquise de plus en plus rétrécie et chaude. Les Belges eux, érigent des monuments à la gloire des waffen SS. Quoi ?

Vous ne me croyez pas. Lisez ce papier paru dans le Standaard et repris par Courrier International. Un écrivain américain, Lev Golinkin, a dénoncé le scandale enfoui sous des tonnes de mauvaise foi.

En 2018, tenez-vous bien, la ville de Zedelgem a sciemment érigé un monument à la gloire des nazis. La ruche de la liberté. C’est assez moche.

Moins que la Harley de Johnny Hallyday que veut nous refourguer en douce la ville de Paris. Mais bon, Johnny n’était pas un Waffen SS. Vaut-il mieux un monument moche et nazi ou un monument moche ?

Quand même, si on n’est pas vigilant, tout est possible. Surtout le pire. Bon, sinon ?

Ben, le variant delta nous épie et n’est pas prêt de nous lâcher… La Chine nous épie et n’est pas prête de se lâcher. Le Luxembourg ne nous épie pas, mais nous pille avec constance. 42 800 millionnaires y habitent quand même.

Prenez deux secondes pour réfléchir. 600 000 habitants, 15% de la population millionnaire… En France, on a dix millions de pauvres. Soit pareil mais dans l’autre sens. 15% des Français vivent sous le seuil de pauvreté.

Je sais que vous êtes bombardés de chiffres et que plus grand monde ne réagit, endormis que nous sommes par des élections bidonnées par l’abstention. Et pas que… Mais réfléchissez aussi à cette manchette du magazine Challenges. Là, on ne parle plus des super riches Les Arnault, Pinault, Bolloré, Drahi et Compagnie.

Non, il s’agit des 500 premières fortunes françaises qui ont pris 30% de bénéfice pendant le Covid. Le ruissellement fonctionne à donf chez les millionnaires. Mais il s’arrête là.

Elle n’est pas belle la vie sous Macron ? Et ce ne sont pas les 15% de taxe des multinationales encensés par Bruno Lemaire au dernier G20 qui vont la rendre moins belle. A ce propos, et pour faire court, je m’en remets à Thomas Piketty.

Il faut taxer beaucoup plus pour que le système fonctionne et qu’un peu de richesse soit redistribuée… Comme l’a démontré l’Observatoire européen de la fiscalité : Si vous avez été attentifs. J’ai glissé une petite perfidie. Là, juste avant.

Bidonnées par l’abstention et pas que. Et pas que. Pourquoi ai-je fait cette allusion ?

A Blast, nous avons beaucoup travaillé, depuis l’incroyable fiasco des dernières élections, sur le dossier Adrexo. Les mensonges proférés par les dirigeants de la boîte de distribution de prospectus publicitaires. Mais aussi par les politiques venus à leur rescousse.

Je vous rappelle qu’enquêter prend du temps et coûte cher. Nous prenons pas mal de risques à pratiquer, un peu seuls, ce journalisme de combat. Si vous voulez qu’on continue, merci de nous soutenir.

Plusieurs salariés ou anciens dirigeants d’Adrexo nous ont parlé. L’affaire est autrement plus grave que ce que le pouvoir ou les médias dominants le disent. Ou plutôt le taisent.

Au total environ 21 000 électeurs qui n’ont pas reçu la propagande. C’est 21 000 électeurs de trop. Et bien sûr, nous sommes scandalisés par ce fait, et c’est pourquoi nous convoquons Adrexo pour qu’il rende des comptes.

Et nous verrons ce qu’il se passe pour le second tour. Bien évidemment s’il y a des sanctions. Le gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir pour que chacun ait les informations sur ces élections et puisse se rendre aux urnes librement dans le respect de la démocratie.

D’abord, on le sait aujourd’hui, ce n’est pas 21 000 prospectus comme le soufflait Marlène Schiappa qui n’ont pas été distribués, mais pas loin de 20 millions si l’on prend en compte les professions de foi des départementales et des régionales. Sept régions et plus de 50 départements sont affectés par la gabegie Adrexo. Le Figaro l’annonce. 11 millions d’électeurs français ont au minimum été affectés. 11 millions, sur 48 millions.

Au minimum. 23% du corps électoral. Ce n’est pas une mince affaire.

C’est un sabotage. Le pire dans cette hallucinante saga en train de naître, ce sont les dénégations des emmarcheurs au plus haut sommet de l’Etat. Ils ont délibérément choisi cette société bancale pour organiser le scrutin.

Et, c’est un fait majeur, ils ont fait ce choix eux aussi sciemment. J’accuse ici tranquillement. Nous l’avons suffisamment documenté, et nous le documenterons encore Gérald Darmanin, mais aussi Bruno Le Maire et bien sûr en tête de gondole, Emmanuel Macron de nous prendre pour des cons, des naïfs, des décérébrés.

Ils nous mentent éhontément. Et même si personne ne l’ouvre. Nous, on est vénère.

Le silence gêné qui entoure cette affaire révèle d’une hypocrisie crasse. Tous trois, Macron, Le Maire, Darmanin, connaissaient la société Adrexo et ses dirigeants. Et ses difficultés financières.

Et son incapacité à répondre à l’appel d’offre public. Et depuis longtemps. Près de dix ans pour Emmanuel Macron.

Dès 2012, alors qu’il était banquier chez Rothschild, il s’est occupé de la vente d’une partie d’Adrexo qui appartenait alors au groupe Ouest France. Pourquoi personne ne s’en étonne ? Il s’est à nouveau occupé de ce dossier, plus indirectement, en 2016 alors qu’il était ministre de l’Economie, avant de passer le relai à Gérald Darmanin son ministre du Budget puis à Bruno Le Maire.

Tous trois qui gardent le silence pour l’instant, vont justifier cette protection d’Adrexo par le CIRI, le Comité Interministériel de Restructuration Industrielle, en raison du sauvetage de l’emploi. Pas loin de 20 000 CDI, dont une majorité de temps partiels quand même, étaient en jeu. Placé sous perfusion d’argent public, Macron, Darmanin, Le Maire ont persévéré.

Jusqu’au bouquet final. Pas grave, si les salariés d’Adrexo, esclaves modernes de la distribution gratuite, étaient sous-payés. Pas grave si les dirigeants d’Adrexo avaient déjà été condamnés pour travail dissimulé ou s’ils se prenaient des salaires de nababs.

Pas grave si les plis n’étaient pas distribués. Il fallait bien faire des marges. Et les marges, dans ce milieu, se font grâce à la non distribution.

Qui va vérifier ? Personne. Difficile de ne pas mettre en rapport ce choix illogique d’Adrexo et cette volonté farouche chez Emmanuel Macron de retarder les élections régionales.

Il craignait une déroute et un mauvais signe avant la présidentielle. Là, on ne peut pas lui donner tort. avait alors fustigé Xavier Bertrand fatigué de voir l’Elysée intriguer pour retarder ces régionales.

Il est tard et j’ai promis à Thomas que je ne dépasserai pas les 15 minutes. Je sais que c’est râpé, mais Thomas, on s’en fout. Le sujet est important.

Je crois que ce pouvoir aux abois qui survit grâce aux sondages et à une propagande effrénée, mais perd des voix à chaque élection a fait de l’abstention sa principale stratégie. Emmanuel Macron représente ces nouveaux riches, cette classe dite dominante pour qui le peuple doit s’abstenir de voter. Les jeunes surtout.

Car si le peuple votait et était informé, il ne mettrait aucun bulletin dans l’urne pour ceux qui défendent les intérêts de ces nouveaux riches. Ceux qui font la une de Challenges ou vont se planquer au Luxembourg. 30% de bénéfice pour les 500 premières fortunes de France.

Je le rappelle. Si le peuple était informé, il ne voterait pas pour des partis qui défendent les intérêts de ces nantis. Cette stratégie de l’abstention a été mise en œuvre aux États-Unis.

Ils ont élu Trump et créent aujourd’hui des camps retranchés pour milliardaires. L’affaire Adrexo vient bizarrement nous réveiller. Les fake news lâchées jusqu’au Sénat sont trop énormes.

Les mensonges proférés par les chantres de la Macronie et tous ses supporters dans des médias complices et complaisants, tous ces relais, ne suffisent plus. On est quelques-uns à résister. Et ce qu’on dénonce est implacable.

Je ne fais pas d’idéologie ici, mais du journalisme. J’insiste sur ce point. A ce propos, l’été va être long, merci de vous abonner.

Y compris à Youtube, mais aussi sur notre site. Et de partager nos contenus. Bref, comme dirait mon copain et avocat, Bertrand Mertz : Le dissuader d’aller voter est donc l’ultime moyen de garder le pouvoir.

Le pouvoir économique, la classe dominante le détient de toute façon. Et puis, si toutes ces stratégies échouent, il restera la carte de l’extrême droite à laquelle elle, cette classe dominante représentée par Emmanuel Macron, va pouvoir recourir. Même si l’argument sent le moisi.

La politique sécuritaire menée par notre président et sa garde rapprochée se confond trop avec celle du Rassemblement national. Madame Le Pen, ne nomme pas l’ennemi. Je trouve en effet que vous êtes plus molle.

Molle. Molle. Molle.

Molle. Molle. Voilà j’ai fini.

Je vais me reposer un peu cet été pour préparer la rentrée. Je vais continuer à regarder des matchs de basket, à rêver de Precious Achiuwa, à faire des émissions, des entretiens au long cours. Et un édito si je suis énervé.

Blast ne vit que grâce à vos dons et vos soutiens. Vous pouvez cliquer là. Ou pas.

Allez bonnes vacances. Salut !