François Bayrou sait-il où il va ? ! - Sébastien Chenu (RTL)
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- 0:44OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça vous inspire comme réaction ?
- 1:52OuverteRéponse directe
À propos de la situation à Mayotte, est-ce que vous êtes à l'aise avec les propos de Bruno Retailleau ?
- 2:38OuverteRéponse directe
Il y aura donc un gouvernement avant Noël. Vous soutenez le fait qu'il y ait enfin un gouvernement avant Noël ?
- 2:50RelanceRéponse directe
C'est le con qui est François Bayrou si on vous suit ?
- 3:58FerméeRéponse directe
Est-ce que vous, RN, vous vous y engagez ou pas ?
- 4:52OuverteRéponse directe
Il ne veut pas la supprimer, l'abroger, mais il veut la reprendre sans la suspendre. C'est ça, sa formule ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09Invité politiqueChiffre
« Quand dans le PLF, le projet de loi de finances 2024, nous nous avions proposé qu'il y ait 50 millions d'euros pour les réseaux d'eau potable en Outre-mer, tous les partis politiques, les macronistes en tête, ont voté contre. »
- 2:02Invité politiqueFait
« Si vous voulez, quand j'entends le président de la République dire qu'on va faire une loi spéciale, ou une loi d'urgence plutôt, pourquoi pas ? »
- 2:11Invité politiqueFait
« Mais tant qu'on ne traite pas le problème de la submersion migratoire de Mayotte par les Comores, alors vous reviendrez au point de départ assez rapidement. »
- 3:23Invité politiqueFait
« Pour l'instant, c'est un peu, quand je l'entends, ça me rappelle évidemment le régime des partis de la quatrième. »
- 4:26Invité politiqueFait
« Si François Bayrou mène la même politique, qui n'est pas une politique de rupture avec le macronisme, un budget qui ressemble à celui de Michel Barnier, il en tirera les mêmes conséquences et nous en tirons nous aussi les mêmes conséquences. »
- 5:06Invité politiqueFait
« La reprendre sans la suspendre. »
- 6:06Invité politiqueFait
« M. Soto, j'ai compris qu'il nous prend pour des pigeons. »
- 6:59Invité politiqueFait
« Bruno Retailleau, c'est pour s'attaquer aux accords qui régissent le rapport avec l'Algérie depuis 1968. »
- 7:12Invité politiqueFait
« Depuis les élections européennes, ce n'est pas la censure, pas un texte n'a été voté dans ce pays. »
- 7:35Invité politiqueFait
« Quelqu'un qui vient du nouveau Front populaire n'a rien à faire dans un gouvernement. »
- 7:49Invité politiqueFait
« Xavier Bertrand, on a dit que comme Premier ministre, c'était absolument inacceptable. »
- 8:50PrésentateurFait
« pour tout don au RN supérieur à 50 euros, le parti offrait un exemplaire de « Ce que je cherche », le livre de Bardella. »
- 8:58PrésentateurFait
« un don donne droit à une réduction fiscale de 66%, mais en échange, on n'a pas le droit de faire un cadeau de cette valeur. »
Temps de parole
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Thomas, vous recevez aujourd'hui le vice-président du Rassemblement National, député du Nord, Sébastien Chenu.
Bonsoir et bienvenue sur RTL. Bonjour, pardon. Et bienvenue sur RTL, Sébastien Chenu. On a entendu Emmanuel Macron qui est à Mayotte et qui a été assez chahuté ces dernières heures. Écoutez ça.
N'opposez pas les gens. Si vous opposez les gens, on est foutus. Parce que vous êtes contents d'être en France. Parce que si c'était pas la France, vous vous direz que vous seriez des mille fois plus dans la mer. Il n'y a pas un endroit de l'océan Indien où l'aide autant les gens. C'est la réalité. Et donc, on ne peut pas vouloir être un département français et dire que ça ne marche pas dès que la France est en solidarité.
Si ce n'était pas la France, vous seriez dix mille fois plus dans la merde, a dit Emmanuel Macron, à des Mahorais visiblement fatigués, exaspérés. Qu'est-ce que ça vous inspire comme réaction ?
Je ne suis pas sûr que le président de la République trouve exactement les mots qui réconfortent nos compatriotes Mahorais qui, à travers ce genre d'expression, ont toujours le sentiment d'être traités à part. Moi, je crois qu'aujourd'hui, évidemment, Mahorais doit être le centre de nos préoccupations. On doit tourner nos pensées vers Mahorais, mais surtout, on doit agir. Je vous donne un exemple. Quand dans le PLF, le projet de loi de finances 2024, nous nous avions proposé qu'il y ait 50 millions d'euros pour les réseaux d'eau potable en Outre-mer, tous les partis politiques, les macronistes en tête, ont voté contre.
Donc, aujourd'hui, déplorer les effets d'une politique qui n'est pas menée depuis des années, structurer le réseau d'eau potable à Mayotte et en Outre-mer, d'ailleurs, est une nécessité. C'est un peu simple, ensuite, de dire aux gens, vous râlez beaucoup, etc. Les Mahorais ont raison de râler. Personne n'acceptérait...
On ne peut pas résumer sa visite à cet épisode.
Bien sûr, mais parce que vous me montrez cet extrait-là. Mais, voilà, les Mahorais ne sont pas traités comme nos autres compatriotes.
À propos de la situation à Mayotte, est-ce que vous êtes à l'aise avec les propos de Bruno Retailleau, qui a mis le sujet de l'immigration sur la table, si tôt arrivé à Mayotte le week-end dernier ? Est-ce que c'était le bon moment ?
Oui, c'est le bon moment, parce que, si vous voulez, quand j'entends le président de la République dire qu'on va faire une loi spéciale, ou une loi d'urgence plutôt, pourquoi pas ? Mais tant qu'on ne traite pas le problème de la submersion migratoire de Mayotte par les Comores, alors vous reviendrez au point de départ assez rapidement. Non, c'est un problème central. Ce n'est pas infamant que de le dire. Les Mahorais le disent eux-mêmes. Notre député Anchi Abamana, député du Rassemblement National de Mayotte, le dénonce depuis des années. Oui, il y a ce problème de submersion migratoire auquel il faut mettre un terme.
Revenons en métropole, si vous voulez bien Sébastien Chenu. Il y aura donc, François Bayrou, il a dit, un gouvernement avant Noël. Si on ne réussit pas, c'est la dernière station avant la falaise, a dit le Premier ministre hier soir sur France 2. C'est une bonne nouvelle. Vous soutenez le fait qu'il y ait enfin un gouvernement avant Noël ?
Bien sûr qu'il faut un gouvernement dans notre pays. Mais si vous voulez, c'est un peu la phrase du dîner de cons. Ce qui m'interroge, ce n'est pas la stratégie, mais c'est le stratège. C'est-à-dire que lorsque j'écoute François Bayrou, je ne sais pas où il va nous emmener.
C'est le con qui est François Bayrou si on vous suit ?
J'ai plutôt l'impression que c'est nous qui passons pour les cons de la politique qui est en train d'être menée, si vous voulez. Quelle est la stratégie, la feuille de route de François Bayrou ? Personne n'y comprend rien.
Pour l'instant, il consulte tout le monde pour essayer de l'étudier et que chacun s'y retrouve.
Pour l'instant, c'est un peu, quand je l'entends, ça me rappelle évidemment le régime des partis de la quatrième. C'est-à-dire qu'on consulte des chefs de partis politiques, on leur demande d'entrer dans un gouvernement, faisant fi d'ailleurs de leurs options politiques. Des communistes républicains, on se dit que tout ce petit monde-là peut bien travailler ensemble, quelles que soient leurs idées. Mais que le régime des partis, c'est quoi ? C'est de l'épicerie. Sauf qu'à la fin, François Bayrou, en faisant monter dans le même gouvernement tous ceux qui ont abîmé la France, tous les liquidateurs de la France, il va fermer l'épicerie. Donc moi, je trouve ça très inquiétant.
Je crois que François Bayrou ne sait pas où il va. Je crois qu'il n'a pas de méthode, pas de stratégie, pas d'idée. Pour l'instant, on lui demande de faire un gouvernement et un budget. Il faudrait peut-être un peu aussi se dépêcher de ce côté-là.
Ça dépend aussi de vous tous. À l'issue de la réunion d'hier, à Matignon, Laurent Wauquiez a demandé aux autres partis de ne pas renverser le gouvernement pendant six mois. Est-ce que vous, RN, vous vous y engagez ou pas ? Mais ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que c'est que ces histoires ?
Il ne faut plus faire de 49-3, il ne faut pas renverser le gouvernement. Mais ce sont les prérogatives du Parlement. C'est le Parlement qui ne contre-vente pas, il ne tombe pas de la planète Mars. Je trouve que c'est aberrant de dire aux parlementaires, vous n'allez pas bouger, vous n'allez pas toucher, vous n'allez plus voter. La loi ne convoquant plus le Parlement, comme ça, ça ira plus vite. Si vous le jugez nécessaire, François Bayrou connaîtra le même sort que Michel Barnier ?
Si François Bayrou mène la même politique, qui n'est pas une politique de rupture avec le macronisme, un budget qui ressemble à celui de Michel Barnier, il en tirera les mêmes conséquences et nous en tirons nous aussi les mêmes conséquences. C'est évident. J'ose espérer que François Bayrou ne va pas commettre ces erreurs-là. Sinon, à quoi bon s'embarquer dans cette aventure si c'est pour dupliquer ce qu'a fait Michel Barnier, que ce soit sur la forme ou sur le fond ?
Il a parlé d'un sujet sur lequel le Rassemblement National est particulièrement sensible, c'est la réforme des retraites. Il ne veut pas la supprimer, l'abroger, mais il veut la reprendre sans la suspendre. C'est ça, sa formule ?
En fait, on ne comprend rien, quoi. La reprendre sans la suspendre. Écoutez, nous, c'est simple, on avait proposé de l'abroger. Ni la gauche, ni les macronistes. Les macronistes, on peut comprendre pourquoi, mais la gauche n'a pas voulu voter l'abrogation de la réforme des retraites. Ils n'ont pas été capables d'ailleurs de faire passer leur propre texte d'abrogation quelques semaines avance. La première chose, c'est le budget. Prenons les choses dans l'ordre. La première chose, c'est le budget. Construire un budget pour notre pays.
Peut-être même construire avant, avec une loi d'urgence, un certain nombre de dispositions qui permettent de remettre sur la table rapidement quelques dispositions du PLF.
Mais la réforme des retraites, c'est une ligne rouge, comme on dit, ou pas ? Non, mais ça ne fait pas partie du budget. Si il n'y a pas abrogation, vous faites sauter le gouvernement ou pas ?
Les lignes rouges, elles sont dans le budget. Et c'est les mêmes ? Elles n'ont pas bougé ? Elles n'ont pas bougé, c'est toujours les mêmes. Pourquoi elles bougeraient ? Les Français ont les mêmes problèmes de pouvoir d'achat, donc nous avons les mêmes lignes rouges. Et puis après, il y a les grands sujets que François Béroux devra nous détailler dans sa politique, dans son discours de politique générale. Dans cela, une attente évidemment sur la réforme des retraites. Je ne comprends pas ce que François Béroux veut faire avec ce texte. Il dit « parlez-vous, parlons-nous jusqu'en septembre ». M. Soto, j'ai compris qu'il nous prend pour des pigeons.
Je veux dire, il est en train d'amener ça comme une carotte, pour dire « écoutez, si vous êtes gentil, si vous nous faites passer le budget, je veux bien réouvrir le dossier des retraites pour faire quoi ? On ne sait pas, pas pour abroger, c'est sûr. » Qu'est-ce que c'est que ce bricolage ? En fait, il nous dit « laissez-moi passer le budget, puis après on verra ensemble, on parlera des sujets que vous aimez bien, comme la réforme des retraites. » Ce n'est pas sérieux. D'abord, construire un budget qui protège les Français. Ensuite, s'attaquer aux grands chantiers. La loi immigration, la réforme des retraites, ça, c'est les grands chantiers du pays, après le budget.
Il a dit hier soir qu'il souhaitait que Bruno Retailleau reste au gouvernement, celui dont Laure Lavalette, du Rassemblement National, avait dit qu'il faisait un très bon porte-parole du Rassemblement National. Ça, ça vous va ?
Oui, oui, mais pour faire quoi ? C'est toujours pareil. Bruno Retailleau au gouvernement, c'est donc pour faire une loi immigration, c'est pour s'attaquer aux OQTF, c'est pour s'attaquer à la réforme de l'aide médicale d'État, oui, mais pour l'instant, Bruno Retailleau n'avait pas eu gain de cause dans les arbitrages. Bruno Retailleau, c'est pour s'attaquer aux accords qui régissent le rapport avec l'Algérie depuis 1968. Si Bruno Retailleau ne s'attaque pas à ça, on n'avance pas beaucoup. Mais on n'a plus personne qui met de la bonne volonté. Surtout depuis le 1er juin, on n'a pas voté une loi dans ce pays.
Depuis les élections européennes, ce n'est pas la censure, pas un texte n'a été voté dans ce pays. Or, l'aide médicale d'État, j'en parlais à l'instant, la nécessaire réforme des accords qui nous lient à l'Algérie, j'en parlais à l'instant, tout ça, c'est du boulot immédiat, nécessaire, sur lequel on attend le gouvernement.
Sébastien Chenu, est-ce qu'il y a des noms éliminatoires pour vous, des personnalités que vous ne voulez pas avoir au gouvernement ? Vous dites, si c'est ça, on censure.
Quelqu'un qui vient du nouveau Front populaire n'a rien à faire dans un gouvernement, j'allais dire, pour lesquels les Français ont... Ça, ça sera censure automatique ? Ce ne sera pas de politique de gauche. Après, c'est pas probable, ils n'ont pas l'intention d'en rendre... Xavier Bertrand, par exemple. Non, mais Xavier Bertrand, on a dit que comme Premier ministre, c'était absolument inacceptable. Maintenant, si Xavier Bertrand, demain, est secrétaire d'État au tourisme, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? C'est pour nous un très mauvais signal qui nous est envoyé. C'est une provocation, une façon de nous mépriser, que de nommer Xavier Bertrand.
Ce que vous dites est un peu méprisant pour lui, là. Mais oui, parce que Xavier Bertrand passe son temps à nous mépriser. Les discours de Xavier Bertrand, moi je suis élu du Conseil régional des Hauts-de-France, face aux élus du Rassemblement national, sont épouvantables depuis des années. Le mépris qu'il a pour les électeurs du Rassemblement national, ce qu'il pense... Mais vous ne trouvez pas que ça ?
Par rapport à la gravité de la situation, il y a un petit côté gna gna gna, il n'est pas gentil avec nous, on n'en veut pas.
C'est pour ça que je vous ai dit, c'est une ligne rouge, s'il est tête à Matignon, si demain il est dans un gouvernement, on trouvera que c'est une très mauvaise manière qui nous est faite. Ça ne déclenchera pas la censure automatique ? On a censuré, si on devait censurer, ce serait sur le fond du budget.
Vous avez fait vos cadeaux de Noël ou pas ?
À moitié.
Marine Le Pen suggère d'offrir le livre de Jordan Bardella, « Ce que je cherche », est-ce que vous l'avez lu ? Oui, je l'ai lu, je l'ai acheté, je l'ai lu. Le canard enchaîné de mercredi a révélé que depuis le 29 novembre, pour tout don au RN supérieur à 50 euros, le parti offrait un exemplaire de « Ce que je cherche », le livre de Bardella. Or, un don donne droit à une réduction fiscale de 66%, mais en échange, on n'a pas le droit de faire un cadeau de cette valeur. Ce qui revient en fait à financer une partie des recettes du livre par de l'argent public. Ça vous pose problème ou pas ?
Écoutez, moi, je n'avais pas réfléchi à ça, sincèrement, ce n'est pas du tout mes sujets. Moi non plus, mais je l'ai lu, donc... Voilà, je ne sais pas si c'est tout à fait exact, ce que dit le canard enchaîné.
Ça a l'air, c'était vérifié par l'agence France Presque.
S'il y a quelque chose qu'il faut corriger, on le corrigera, mais il n'y avait pas de mauvaise intention derrière. Oui, ce n'est pas l'argent public qui finance les royalties de Jordan Bardella. Non, mais vous savez, on n'a pas beaucoup d'argent public en ce qui nous concerne. Oh, quand même, vous avez pas mal d'élus maintenant.
Maintenant, mais... Vous êtes un peu Caliméro, là ?
Non, non, on est resté très longtemps, très pauvres. C'est fini, ça.
Ça va bien entre lui et vous, entre Bardella et Chenu ? Ça va, ça va, ça va. Vous allez réveillonner ensemble ?
Écoutez, il ne faut pas exagérer, chacun sa vie, quand même. On ne fait pas tout ensemble, on passe suffisamment de temps ensemble en politique pour ne pas mélanger nos vies privées. Voilà. Et vous, vous allez réveillonner avec qui ? Moi, je ne peux jamais réveillonner avec Amandine Bégaud, ça ne pose aucun problème. Donc, bon courage.
C'est très agréable. Vous êtes très en forme, Sébastien Chenu, vous allez rester avec Philippe Cabrivière. A tout de suite.
François Bayrou