Fonderie de Bretagne : vers une liquidation judiciaire, l’avocat du CSE rappelle la "responsabilité morale" de Renault
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Questions et réponses
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- 0:04OuverteRéponse directe
Que vont-ils obtenir ? Quel avenir pour eux ?
- 0:33OuverteRéponse directe
Vous vous attendiez à ce qu'il n'y ait pas de repreneurs ou c'est un choc pour vous aussi ?
- 1:21OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui va se passer ensuite ? Quel est votre rôle à vous ?
- 2:40OuverteRéponse directe
Quels sont les scénarios maintenant ? Le pire, le meilleur ou le moins pire ?
- 3:52OuverteRéponse directe
On a une idée de la somme ?
- 5:29OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous attendez d'eux aujourd'hui à ces politiques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:44Invité politiqueFait
« Disons que les discussions, on savait qu'elles existaient, mais on avait quand même de l'espoir. »
- 0:53Invité politiqueFait
« Donc nous, ce qu'on espérait, c'était qu'effectivement qu'un repreneur industriel puisse se positionner. »
- 1:02Invité politiqueFait
« Mais on savait qu'il y aurait des licenciements. »
- 1:09Invité politiqueFait
« Quand on a appris effectivement que finalement le candidat le plus crédible se retirait, ça a été quand même la douche froide. »
- 1:35Invité politiqueFait
« Après, ça s'ouvre une période très courte. Dans les trois semaines qui vont suivre, on va devoir négocier, ce qui s'appelle bien malheureusement, un plan de sauvegarde de l'emploi. »
- 3:18Invité politiqueFait
« Renault a créé la fonderie en 1966, si je ne dis pas de mémoire. »
- 3:38Invité politiqueFait
« Renault avait préparé un certain nombre de fonds destinés à financer l'investissement sur la fonderie. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Ces fonds sont toujours disponibles aujourd'hui. »
- 4:09Invité politiqueFait
« Il n'y a pas qu'une histoire de responsabilité juridique. C'est un peu une histoire de responsabilité morale, de responsabilité politique de Renault à l'égard de la fonderie. »
- 4:25Invité politiqueFait
« Rappelons que l'État est quand même actionnaire de Renault pour que les salariés de la fonderie partent maintenant dans des conditions aussi dignes que possible. »
- 5:16Invité politiqueFait
« Cet argent revient à Renault. »
- 5:48Invité politiquePromesse
« On sera extrêmement vigilants sur le fait que l'outil fonderie reste préservé. »
Temps de parole
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- Présentateur36 %
- ?4 %
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On reparle de la fonderie de Bretagne, Sébastien Paour ce matin avec notre invité. Oui parce que sauf retournement improbable de dernière minute, c'est aujourd'hui que l'usine sera placée en liquidation judiciaire,
ça
veut dire licenciement économique pour les 244 salariés. Que vont-ils obtenir ? Quel avenir pour eux ? On en parle avec vous. Bonjour Franck Carpentier. Bonjour. Merci de prendre le temps pour être avec nous ce matin sur ICI Braizizel. Vous êtes l'avocat du comité social et économique de la fonderie de Bretagne.
C
'est vous qui défendez ces salariés depuis déjà plusieurs années. Avant de voir sur quoi vous allez vous battre pour eux, un mot peut-être sur cette liquidation qui sera donc officielle cet après-midi. Vous vous attendiez à ce qu'il n
'y ait
pas de repreneurs ou c'est un choc pour vous aussi
?
Disons que les discussions, on savait qu'elles existaient, mais on avait quand même de l'espoir. On sait qu'il y
a
eu des discussions très avancées, notamment avec un candidat. Donc nous, ce qu'on espérait, c'était qu'effectivement qu'un repreneur industriel puisse se positionner. Mais on savait qu'il y aurait des licenciements. Quand on a appris effectivement que finalement le candidat le plus crédible se retirait, ça a été quand même la douche froide.
Vous êtes tous sonnés comme les 244 salariés. Donc la liquidation, encore une fois sauf miracle, mais il y a vraiment peu de chances que ça arrive, va être prononcée aujourd'hui par le tribunal de commerce de Lorient. Qu'est-ce qui va se passer ensuite ? Quel est votre rôle à vous ? Qu'est
-ce
que vous allez faire pour ces 244 salariés
?
Comme vous l'avez dit, effectivement, il
y
a 99% de chances que la liquidation soit prononcée aujourd'hui, sauf un probable retournement de situation. Après, ça s'ouvre une période très courte. Dans les trois semaines qui vont suivre, on va devoir négocier, ce qui s'appelle bien malheureusement, un plan de sauvegarde de l'emploi, puisqu'il n
'y
a plus d'emploi à sauvegarder. Mais concrètement, ça va vouloir dire aller chercher notamment Renault, qui a une histoire quand même très liée à la fonderie de Bretagne,
pour
que les salariés, dont certains sont quand même fondeurs depuis 20 ou 30 ans, bénéficient d'indemnités, de licenciements au-delà du minimum légal, pour qu'ils puissent se retourner, anticiper l'avenir et construire un autre projet professionnel.
Mais
pour
l'instant, c'est Europlasma qui est encore leur employeur, entre guillemets, on est d'accord ?
Alors, la fonderie était en redressement avec un mandat particulièrement fort confié aux administrateurs, mais effectivement, Europlasma n'était pas totalement désaisi. Là, avec la liquidation, ça sonne de toute façon la fin de la fonderie, mais effectivement, c'est le groupe Europlasma qui reste à la tête. Donc les salariés, les
244, peuvent être reclassés chez Europlasma ou il n
'y a
pas de place ?
Il
n
'y a
pas de place.
Ils
vous
l'ont dit
?
Enfin,
on
a une certitude quasi absolue que de toute façon, les 244 ne trouveront pas de place sur Europlasma.
Alors, quels sont les scénarios maintenant ? Le pire, le meilleur ou le moins pire
?
Le pire, on y est quasiment aujourd'hui. Fermeture du site, licenciement sec de tous les salariés.
Les lettres
reçues d'ici trois
semaines
? C
'est ça. Le moins pire dans ces autres hypothèses, ce serait effectivement que maintenant des négociations très fermes interviennent avec Renault pour que Renault participe au financement du plan de sauvegarde de l'emploi et que les salariés licenciés repartent avec des indemnités à la hauteur de leur engagement depuis autant d'années.
Oui, parce que Renault a mis beaucoup d'argent dans cette affaire.
Oui,
Renault a créé la fonderie en 1966, si je ne dis pas de mémoire, pas de bêtises. Et Renault a désigné l'ancien propriétaire de la fonderie, enfin avait pesé pour un Calista turnaround.
Et
Calista, effectivement, avait fait des faillances. Et Renault reste un client très important. Et dans le cadre de la reprise par Europlasma, Renault avait préparé un certain nombre de fonds destinés à financer l'investissement sur la fonderie.
Ces
fonds sont toujours disponibles aujourd'hui.
Et
c'est ces fonds qu'on compte aujourd'hui mobiliser pour financer le plan de sauvegarde de l'emploi.
On a une idée de la somme
?
Plusieurs millions d'euros. Plusieurs millions d'euros. Et ça, vous voulez, vous, et vous allez essayer de faire en sorte que ces millions d'euros servent à aider les 244 salariés qui vont quitter l'usine.
C'est ça, exactement.
Il
n'y a pas qu'une histoire de responsabilité juridique. C'est un peu une histoire de responsabilité morale, de responsabilité politique de Renault à l'égard de la fonderie. Et après, il va appartenir aussi aux hommes et aux femmes d'État qui nous gouvernent de créer les conditions du rapport de force avec Renault. Rappelons que l'État est quand même actionnaire de Renault
pour
que les salariés de la fonderie partent maintenant dans des conditions aussi dignes que possible.
Parce
que l'argent que Renault avait mis de côté et investi pour Europlasma, comme le contrat n'a pas été rempli par Europlasma, ils peuvent récupérer leurs billes, Renault.
Techniquement parlant, Renault ne doit plus rien à la fonderie.
Donc comment les contraindre ? C
'est effectivement toute la problématique.
C
'est politique, c'est créer les conditions d'une discussion honnête qui rappelle aussi à Renault sa part de responsabilité à l'égard de l'État, de la fonderie aujourd'hui, à l'égard des salariés.
Mais
effectivement, si on est en juriste pur, l'argent qui existait,
qui
était placé dans des fiducies, dans des enveloppes, en gros confiées à la gestion des administrateurs, cet argent revient à Renault.
Le
maire de Codan, donc la commune sur laquelle se trouve l'usine, le président de l'Orient Agglomération, le président de la région, promettent tout ce qu'ils pèseront dans les discussions pour les salariés, pour l'avenir du site. Qu'est-ce que vous attendez d
'eux
? Qu'est-ce que vous leur dites aujourd'hui à ces politiques
? Je
leur dis de continuer en espérant que ce soit suffisant. Effectivement, on a besoin de tous les soutiens,
on
a besoin de tous les appuis
politiques,
juridiques, économiques, sociaux. On a besoin que tous les acteurs se mobilisent pour la sortie des salariés, mais aussi quand même pour préserver cet outil. On sera extrêmement vigilants sur le fait que l'outil fonderie reste préservé. Parce qu'effectivement, ce n
'est
pas parce que le fonderie FDB Industries est aujourd'hui liquidé que demain ou après-demain, on ne peut pas avoir une utilisation de ce site dans le cadre d'un autre projet industriel. Et il est vraiment très important que ce site reste préservé et qu
'il
ne soit pas vendu à la découpe.
24 ou 26 hectares avec des machines dont certaines valent plusieurs centaines de milliers d'euros, qui sont toutes récentes d'ailleurs. Donc effectivement,
il
y a aussi des actifs à potentiellement réutiliser. Merci beaucoup, Franck Carpentier, d'avoir été en ligne avec nous, avocat du Comité Social et Économique de la Fonderie de Bretagne, qui sera donc officiellement liquidé aujourd'hui. Bon réveil à 7h53. Vous écoutez ici Barry Giselle. Merci.