Une drôle de rentrée numérique
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 39 %Attaque 10 %Défensif 51 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:10OuverteRéponse directe
Claude, vous êtes le premier, bonsoir
- 2:59OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous leur avez dit aux élèves ?
- 4:08OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez devancé l'appel dans votre lycée ?
- 6:15OuverteRéponse directe
Aurore Métennier, quand vous écoutez votre collègue, qu'est-ce que vous en dites ?
- 9:11OuverteRéponse directe
Anne Cordier, vous parlez de flou, mais cette histoire de téléphone, c'est soit on travaille avec eux, soit on travaille contre eux ?
- 12:25OuverteRéponse directe
Aurore Métennier, est-ce que vous avez le sentiment que parfois on demande aux établissements d'être ceux qui ont la main sur la limitation du temps d'écran ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57InvitéFait
« interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans »
- 1:01InvitéFait
« le conseil constitutionnel dit ben ça c'est pas possible »
- 1:34InvitéFait
« Meta et la justice américaine ont négocié une somme colossale dans le procès sur l'addiction que génère par exemple Instagram »
- 1:44InvitéFait
« une interdiction aux mineurs d'y scroller plus de deux heures par jour »
- 11:37InvitéChiffre
« l'étude Smart Schools qui a été menée en 2000 enfin qui a été publiée en 2025 en Angleterre auprès de plus de 1200 ados »
- 22:39InvitéFait
« un gros baromètre enfance et numérique en 2025 qui a été fait par la fondation pour l'enfance »
- 22:51InvitéChiffre
« 35% qui disent qu'ils aimeraient des moments sans écran à la maison »
- 27:13PrésentateurFait
« l'Union Européenne se trouve confortée dans ses choix »
- 30:56PrésentateurFait
« l'argument selon lequel la civilisation européenne serait outrageusement régulatrice, attentatrice aux libertés du marché, ne tient plus du tout »
- 32:08InvitéFait
« la décision qui a été prise par le Conseil constitutionnel a été une douche froide pour l'ensemble des communautés éducatives »
- 35:03InvitéFait
« on a surtout montré aux politiques qu'un autre choix que celui qu'il avait fait en France était possible »
- 37:09InvitéFait
« on s'est constaté que ce n'est pas particulièrement positif »
Temps de parole
- Invité30 %
- Invité 220 %
- Invité 318 %
- Invité 410 %
- Présentateur10 %
- Invité 56 %
- Présentateur 23 %
- Invité 63 %
≈ 2,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter France Inter Fabienne Sintès
Tous les coups c'est le sujet de conversation dans la cour du lycée comme dans la salle des profs d'ailleurs aussi chez vous probablement dès mardi jour de la rentrée alors ce téléphone on en fait quoi ?
Bah tu le mettra dans ton sac que tu verras bien ce que disent les profs est-ce que j'aurai le droit de l'utiliser par exemple à la cantine pourquoi pas j'en sais rien et pendant les intercours par exemple j'en sais trop rien non plus dans la salle des profs ça dit à peu près la même chose qu'est-ce qu'on leur dit aux élèves qu'est-ce qu'on fait avec ceux qui rechinent, qu'est-ce qu'on fait avec les élèves majeurs on va essayer de pas se cacher derrière notre petit doigt ce soir dans le téléphone sonne, le vrai problème il a traversé tout l'été c'est qu'on ne sait pas très bien quoi faire, on ne sait plus quoi faire pour éviter que les enfants, les jeunes adultes du lycée soient arrivés sur leur téléphone tout le temps toute la journée, tout le monde s'est séparé à la fin des cours en juin dernier souvenez-vous quand même sur une rapide interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans voilà que badaboom le conseil constitutionnel dit ben ça c'est pas possible et c'était il y a 15 jours tout le monde a le sentiment que le gouvernement a fait rentrer ce qu'il reste de sa loi par la fenêtre on interdit donc les portables y compris au lycée on sait que ça existe déjà au collège quand on sait bien que le vrai problème ça reste les plateformes, on ne sait pas faire on ne sait plus comment faire on interdit, on fait donc porter aux jeunes, aux profs, aux parents aussi la responsabilité de quelque chose qui incombe à Meta à TikTok et à tous les autres et voilà un autre badaboom et celui-ci il date d'hier et il est aussi au coeur de notre sujet Meta et la justice américaine ont négocié une somme colossale dans le procès sur l'addiction que génère par exemple Instagram et aussi une interdiction aux mineurs d'y scroller plus de deux heures par jour la question devient qu'est-ce qu'on fait à l'école, au collège et au lycée mais aussi par quel bout faut-il prendre ce satané portable et toutes les applis qui vont avec pour qu'il ne cesse jamais d'être un outil pédagogique parce qu'il l'est sans devenir un outil avilissant parce qu'il peut le devenir est-ce à l'éducation nationale d'en prendre le plus gros morceau aux parents, à la loi, à la justice c'est le téléphone sonne, soyez les bienvenus
Claude vous êtes le premier
et vous êtes le bienvenu, bonsoir ah la première, pardon Claude c'est pas grave, bonsoir je vous écoute nous dans notre établissement scolaire en Savoie, en lycée on a interdit les portables dans les couloirs dans les salles de classe sauf sauf usage pédagogique et en fait les élèves n'avaient le droit de l'utiliser que dans le hall et à l'extérieur ok et conclusion ? et conclusion, ma conclusion c'était un mois de... comment ?
un mois d'avertissement et puis au bout d'un mois au bout d'un mois les heures de colle ont commencé à tomber c'est-à-dire que si on les piquait avec le téléphone à la main sans motif valable ils avaient une heure de colle donc on leur prenait leur passe région et puis on allait à la vie scolaire donner la carte, le passe région à la vie scolaire et puis ils avaient une heure de colle il y a eu beaucoup d'heures de colle ou pas ? pas mal, oui, au premier semestre pas mal et puis après ça s'est un petit peu calmé mais c'était très très dur surtout avec les terminales et puis les post-pac et qu'est-ce que vous leur avez dit ?
parce que je pense que les enseignants qui vous écoutent et qui vont commencer maintenant dans les lycées et avec l'impréparation au fond que l'on sait pour que ça se passe bien au bout d'un moment et j'imagine quand même dans la plupart des cas qu'est-ce que vous leur avez dit aux élèves ? c'est quoi les arguments qui marchent ? ou alors est-ce que c'est qu'il n'y a que la coercition qui marche ? c'est-à-dire sinon ce sera une heure de colle fin de l'histoire ?
disons que ce qu'il y a eu c'est que de toute façon c'était obligé de passer par le conseil d'administration donc en fait ils ont comment contacté le CVL donc je ne me souviens jamais du nom donc c'est c'est vrai que le lycée et donc en fait c'était en accord ça a été aussi en accord avec les élèves et puis bon si vous voulez ce n'était pas l'interdiction totale c'est-à-dire que dans le hall ils avaient quand même le droit de l'utiliser mais est-ce que vous après je vous laisse Claude c'est promis est-ce que si vous avez devancé l'appel si j'ose dire dans votre lycée est-ce que c'est parce que en classe c'était infernal et que vous voyez bien même s'ils étaient censés les laisser dans leur sac ils les utilisaient quand même donc vous avez dit c'est bon on sévit différemment ou est-ce que ce que vous voyez aussi c'était les élèves en train de scroller toute la journée dans les couloirs etc et vous vous êtes dit on doit prendre notre part et éviter trop de scrolling le problème c'est que c'était des zombies dans les couloirs et puis ça a aussi limité ça a quand même limité la triche en classe parce qu'à partir du moment où ils ont l'habitude de l'avoir à la main tout le temps pour eux c'est automatique donc de toute façon à partir du moment où ils arrivent dans les couloirs dans les escaliers ils sont censés l'éteindre le mettre dans le fond du sac et pas le rallumer à part si le professeur d'une classe particulière utilise le portable dans un but pédagogique et l'utilisation dans le but pédagogique n'a pas souffert de l'interdiction en fait vous avez su faire la part entre l'un et l'autre facilement non non c'est à dire que si vous voulez on voyait quelques fois des élèves qui devaient envoyer des fichiers à des collègues donc ils nous expliquaient comment qu'ils envoyaient un fichier au collègue je demandais le nom du collègue et puis je me renseignais auprès du collègue pour savoir si c'était vrai ou pas parce qu'ils sont très très futés puis se cacher bien aussi au moment de la récréation dans les toilettes donc ils ont bien essayé de jouer mais n'ont pas toujours gagné bah écoutez tant mieux merci beaucoup Claude pour cette entrée en matière pour ce début de Téléfunson pour discuter de tout ça ensemble autour de la table il y a Aurore Métennier bonsoir bonsoir vous êtes professeure du lycée Camille Cest à Paris vous êtes membre du SNPDEN UNSA donc le syndicat des proviseurs et des directeurs d'établissements il y a Anne Cordier qui est avec nous bonsoir bonsoir vous êtes enseignante chercheuse en sciences de l'information et de la communication à l'université de Lorraine et des enfants des jeunes adultes aussi qui vous racontent leurs usages vous en rencontrez vous en voyez tous les jours bonsoir Aurélie Carrive
bonsoir
journaliste éducation à la rédaction de France Inter qui est avec nous également moi je voudrais savoir Aurore Métennier quand vous écoutez votre collègue Claude qui est enseignante qu'est-ce que vous en dites ?
je souscris entièrement à ces propos effectivement il est évident que les téléphones portables sont une véritable plaie dans les établissements scolaires au collège ça a été supprimé enfin l'interdiction du téléphone portable au collège est quand même relative enfin pas ancienne mais on a vu les bienfaits de cette interdiction et oui lorsque les lycéens n'ont pas leur téléphone portable dans les couloirs lors des interclasses etc il y a davantage de communication entre eux il y a davantage de communication entre les adultes et les lycéens et c'est un bienfait pour tous me semble-t-il les élèves zombies dont parlait notre ami Claude vous voyez ça aussi vous avez vu aussi ce que je veux dire c'est que et ce sera vraiment le coeur de notre sujet interdire les téléphones c'est pas seulement une histoire de triche une histoire d'inattention c'est aussi scroller en permanence sur les réseaux sur ces choses-là et vous prenez aussi votre part au fond tout à fait c'est essentiel que l'école prenne sa part on parle quand même de alors je pense que je vais me faire vilipender par les scientifiques mais bon d'addiction aux écrans on parle quand même de cyber harcèlement etc donc l'école doit nécessairement prendre sa part comme le reste de la société comme les parents comme les politiques publiques etc lorsqu'on parle d'élèves zombies alors ils ont des usages qui sont extrêmement divers certains écoutent de la musique d'autres effectivement répondent à leurs parents camarades etc ce qui est sûr c'est qu'ils ne regardent plus où ils vont lorsqu'ils sont dans les couloirs lorsqu'ils sont dans la cantine lorsque ce n'est pas interdit et ça donne effectivement ce sentiment d'avoir des zombies en face de nous donc c'est pas de la com' en fait c'est une vraie histoire de santé publique selon vous y compris au lycée alors c'est une vraie histoire de santé publique nous ce qui nous embête en tant que chef d'établissement c'est la temporalité de cette loi elle a été elle est sortie il y a quelques jours et grosso modo ça veut dire que les parents et les lycéens vont légitimement attendre que l'ensemble des lycées puissent mettre en oeuvre cette loi dès mardi la réalité est un petit peu différente et la collègue enseignante l'a bien mentionné lorsque c'est déjà le cas la question ne va pas se poser et il ne va pas y avoir de changement extrêmement important à partir de mardi lorsque ce n'était pas le cas dans les lycées ça ne se fait pas en un claquement de modifier un règlement intérieur voilà on doit travailler avec les fédérations des parents avec le conseil de la vie lycéenne avec les enseignants bien évidemment et on doit dialoguer parce que vous l'avez très justement dit tout à l'heure pour que ça fonctionne pour qu'un règlement intérieur fonctionne on ne peut pas être que dans la coercition et imposer aux lycéens ça sera comme ça et pas autrement non on discute avec eux voilà quels sont les endroits où on peut éventuellement laisser la possibilité d'utiliser le téléphone portable voilà il faut laisser la place et la parole aux lycéens c'est essentiel Anne Cordier moi ce que j'entends et j'allais dire malheureusement pour nous tous nous tous comme société c'est qu'au fond au point où nous en sommes là en introduction tout à l'heure je parlais de flou mais cette histoire de téléphone c'est soit on travaille avec eux soit on travaille contre eux mais c'est comme si au milieu on n'avait pas trouvé la clé en fait on ne savait pas faire donc on se réfugie sur une interdiction parce que finalement là quand on interdit non seulement on a l'attention en classe mais on a l'arrêt du scrolling sur Instagram ou sur Snapchat ou je ne sais quoi dans les couloirs etc donc c'est avec ou contre mais la bonne intelligence on n'a pas la clé en fait alors je crois que la bonne intelligence on l'a ceux qui l'ont c'est les enseignants déjà et les enseignantes les chefs d'établissement les conseillers principaux d'éducation qui quand même au quotidien ce que Claude racontait c'est en fait quelque chose qui est déjà là dans les établissements scolaires moi je ne suis jamais allée dans un lycée où il y avait un côté open bar au téléphone portable je crois qu'il faut sortir quand même aussi de ce fantasme de l'enseignant qui scrolle dans la classe avec ses élèves je n'ai pas le sentiment que c'est ce qui se passe en classe et alors juste je vais du coup répondre à votre question parce que le souci qu'on a en fait c'est qu'on a du mal à conjuguer éducation politique de santé publique et contrainte des premiers responsables qui ne sont pas ceux qui détiennent les téléphones mais ceux qui font les plateformes et en réalité là ce qu'on a c'est une règle scolaire qui va avoir une fonction scolaire évidente l'attention etc mais attention et je ne vais pas du tout vilipender madame Netenier parce que la recherche publique est l'allié de l'éducation et surtout l'addiction pour le coup elle est prouvée on est d'accord pas du tout alors absolument c'était sur le terme addiction que je risquais d'être vilipender non non alors en fait non il n'y a pas consensus pour parler d'addiction et l'organisation madame de la santé ne parle pas d'addiction il n'empêche qu'on va parler clairement d'usage problématique des réseaux sociaux d'usage problématique du numérique enfin personne ne remet évidemment en cause ces questions là par contre ce qui est important de voir c'est qu'il ne faut pas attribuer non plus à l'interdiction des bénéfices que la recherche ne retrouve pas ça c'est important c'est pas une politique de santé publique que de faire une interdiction dans les établissements scolaires je vais juste me permettre de faire ma scientifique mais ça me paraît important de vous citer une source c'est l'étude Smart Schools qui a été menée en 2000 enfin qui a été publiée en 2025 en Angleterre auprès de plus de 1200 ados et en fait ils ont comparé des établissements où il y avait une politique très restrictive du téléphone portable et des établissements où il y avait une politique beaucoup moins restrictive et en fait bien sûr qu'on a une petite différence dans le temps d'utilisation des téléphones portables et des réseaux sociaux en milieu scolaire entre les élèves et là c'est logique mais par contre et ça c'est très important ça n'impacte absolument pas sur le bien-être psychologique sur l'anxiété sur la dépression sur le sommeil parce que ça ça se passe en dehors de l'école ça veut dire que ce que j'entends et vous allez pouvoir y répondre toutes les deux Aurore Métainier peut-être d'abord c'est que est-ce que vous avez le sentiment parfois qu'on demande aux établissements avec l'interdiction d'être ceux qui ont la main sur la limitation du temps d'écran en quelque sorte alors que là pour le coup je ne sais pas si c'est votre rôle ou pas mais du coup c'est vous qui devez endosser la limitation du temps d'écran parce que par la loi en l'état on ne sait pas limiter le temps d'écran C'est exactement ça et c'est ça aussi qui nous pose nous des difficultés au chef d'établissement c'est qu'on demande à l'école de faire endosser un rôle qui n'est pas nécessairement le sien une fois encore il faut aussi remettre les parents au centre de la lutte contre le temps passé devant les écrans c'est pas une chose bien évidemment qui est aisée pour les parents mais je rebondis sur les propos de notre collègue madame Cordier l'interdiction du portable ne fait pas partie des préconisations qui ont été remises dans le rapport de la commission écran ce qui ne veut pas dire que c'est incompatible mais toujours est-il que ce n'était pas le coeur de l'ensemble des préconisations et toute la question et la collègue l'a bien dit c'est qu'est-ce qui se passe en dehors du lycée une fois encore les différents intervenants l'ont dit les élèves en classe n'ont jamais leur téléphone portable donc on est quand même près de 28 à 30 heures par semaine où il n'y a pas de téléphone portable donc cette loi c'est qu'est-ce qui se passe lors des intercours et qu'est-ce qui se passe effectivement lors de la cantine Aurélie Aurélie pardon
est-ce qu'on peut espérer que ce cadre qui est mis en place dans le lycée donne aussi des outils aux parents pour en instaurer un peu plus strict le soir je sais que j'étais en reportage dans un collège qui avait mis en place des pochettes verrouillées pour vraiment que les élèves n'aient pas accès à leur téléphone pendant la journée et la principale du collège me disait oui on a même des parents qui nous disent ah mais merci parce que du coup même cette pochette verrouillée on aimerait presque l'utiliser le soir chez nous aussi pour aller dans le prolongement de ce qui se fait la journée et oui mais du coup
ça nous questionne c'est-à-dire que les parents ont donc besoin impérativement d'une loi et de quelque chose de coercitif qui est porté par l'école pour assumer leur mission d'éducation voilà ça doit nous questionner là en termes de au niveau de la société globalement moi j'ai pas vu il se trouve que dans mon établissement le portable était déjà interdit donc voilà on a fait quelques modifications mais c'était interdit au niveau des lycéens je n'ai pas vu de changement concernant les lycéens par rapport au temps d'écran qu'ils passent en dehors du lycée et on a des parents qui viennent désemparés en nous disant écoutez garder le téléphone portable ça devient quand même un peu problématique on va retourner au standard mais on la retient cette question qui est en train de planer déjà dans cette émission la faute ou le rôle des parents la faute ou le rôle des enseignants la faute ou le rôle des plateformes on y vient dans un instant bonsoir Audrey bonsoir on vous écoute alors c'était juste pour faire une remarque alors j'ai deux enfants une au lycée un au collège dans les deux dans les deux établissements les portables sont interdits ce que je trouve très bien dans le lycée ils ont le droit de le prendre pendant la récré me semble-t-il mais uniquement ça même pas pendant l'heure du déjeuner dans le réceptoir c'est interdit après ce que je trouve un petit peu incohérent c'est qu'il y ait besoin d'une loi et que chaque établissement n'y ait pas pensé avant dans son règlement intérieur et deuxième chose mon fils qui par exemple est au collège tous les devoirs sont sur pronote il est assez accro au jeu on rentre tard le soir et on ne peut pas lui verrouiller son téléphone parce qu'il en a besoin pour ses devoirs donc je trouve que c'est un bon outil mais voilà cette année on n'y a pas acheté d'agenda par exemple aucun intérêt il n'écrit aucun devoir dedans tout passe par pronote donc le jour où son téléphone casse il est obligé de nous demander les devoirs mais quand on est au travail ou en voiture c'est pas possible
oui vous parlez de pronote mais on sait bien aujourd'hui que le smartphone sert aujourd'hui dans la vie quotidienne de l'établissement il y a un changement de salle les élèves reçoivent une notification un professeur absent donc il a toute sa part aujourd'hui dans le quotidien des élèves il va falloir trouver une autre façon de fonctionner pour nous
ça fait partie de ce qu'on considère être un usage pédagogique c'est à dire qu'effectivement aller dans la bonne salle au bon endroit au bon moment peut nécessiter un téléphone portable après une fois encore les lycéens comme les collégiens en principe ils suivent quand même le groupe de la troupe donc ils vont réussir à se retrouver dans une salle de classe même s'il n'y a pas pronote mais effectivement la maman a raison le travail que doit impérativement mener l'école c'est que fait-on des usages numériques qui sont propres à l'éducation nationale ça c'est une réalité Anne Cordier moi je voudrais revenir à cette question parce que la remarque d'Audrey nous y emmène aussi est-ce que c'est l'école ?
est-ce que c'est les parents ? est-ce que c'est les plateformes ? en gros quand on interdit dans les lycées est-ce qu'on se cache derrière notre petit doigt ou pas ? oui ça c'est la réponse non alors oui oui je voudrais m'inscrire parce qu'effectivement vous aviez demandé juste avant et Audrey a permis de répondre à cette question est-ce que c'est la faute ou le rôle des plateformes des profs ou des enseignants ?
c'est le rôle des enseignants c'est le rôle des profs enfin pardon c'est le rôle des profs c'est le rôle des élèves mais c'est la faute des plateformes mais c'est la faute des plateformes alors à un moment il va falloir quand même être très clair sur ce sujet si on pense que le problème vient de la captation de l'attention et on le pense on l'a bien dit que le diagnostic c'est que ben oui ils évoluent dans des environnements numériques nous évoluons d'ailleurs dans des environnements numériques qui sont parfois souvent délétères il faut regarder du côté de ceux qui organisent ce problème et puis il y a autre chose aussi que Audrey pointait bien et qui a été et qui m'a fait rire j'avoue repris par madame la proviseur c'est effectivement on est quand même aussi dans une totale contradiction c'est-à-dire qu'on nous dit il faut développer le numérique à l'école et à côté ah ben attention houpp on retire la chaise à ce moment-là le ministre de l'éducation nationale dans sa conférence de rentrée ose dire qu'il n'y a rien qui montre qu'il peut y avoir des usages pédagogiques du téléphone portable qui sont qui ont du sens alors qu'il a lui-même fait partie d'une équipe politique qui a favorisé en fait la mise en place de séances pédagogiques appuyées sur les appareils mobiles enfin on marche quand même clairement sur la tête et j'irai jusqu'à quand même cette question de l'imitation de l'exemple parce que quand on nous dit mais parce qu'effectivement le vrai sujet quand même c'est aussi les adultes en fait que font les adultes dans tout ça ils nous disent ah ben il faut pas qu'on y aille mais eux ils sont enfin c'est ça que disent les ados et une des choses que disent les adolescents que moi j'ai rencontré en mai-juin lorsqu'on discutait de cette loi d'interdiction qui était annoncée c'était quand même une des choses qu'ils nous disaient c'est quand même enfin ils nous disent ça mais ils sont sur X je voudrais qu'on écoute Brigitte parce que la remarque que vous faites Brigitte je vous salue merci beaucoup d'être là me semble extrêmement intéressante bonsoir à vous bonjour oui je suis à Saint-Mère en santé scolaire je suis sur deux lycées professionnelles avec des publics tout en fait comparable dans les villes de filière géographiquement à 3 km de l'autre un peu la même population comparable et avant j'étais en ce qu'on appelle les cités scolaires c'est pas très beau comme appellation mais dans deux lycées successivement deux lycées très prestigieux en région parisienne donc c'est ça pour dire que à mon avis c'est pas tellement une histoire de milieu socio-culturel oui oui
clairement
pour faire couter les stéréotypes sur la liste professionnelle ensuite cette loi est annoncée je me suis amusée à demander à la firmerie comme ça à beaucoup d'élèves qu'est-ce que t'entends de ce projet de loi voilà je suis pas prof je suis paternette qu'est-ce que t'en penses et bon souvent il y a un petit moment où ils font l'amour comme ça je me dis non mais vas-y franco moi c'en intéresse je n'ai pas ton âge j'ai pas de savoir ce que t'en penses ben en fait c'est pas super mais en fait c'est bien
je me dis
avant pourquoi c'est bien ben parce que on s'est souligné que sinon on ne bosse pas et surtout ce qu'on voudrait c'est que d'abord à la maison nos parents ils arrêtent de tirer les portables et j'ai une deuxième remarque excusez-moi ça vient de juste des choses dans un lycée il y a une très bonne ambiance dans l'autre il y a des problèmes parce qu'il y a eu un historique avec un chef des établissements qui pose des problèmes dans le lycée qui pose problème on entend une mouche boulée parce que le midi tout le monde est gestion portable et ça arrange tout le monde à commencer par la vie scolaire ça arrange tout le monde on n'entend rien ils ne s'engueulent pas ils ne font pas la dégare et voilà ils ne rient pas trop fort et voilà je pense que les élèves comme nous ils ont envie que dans les restaurants dans les bureaux quand on se dit bonjour on se regarde on se parle on s'écoute merci Brigitte il y a deux choses dans ce que dit Brigitte qui m'intéressent vraiment la première chose c'est pour vous Anne Cordier c'est au fond les jeunes même s'ils ne le formulent pas très directement même s'ils ne vont pas jusqu'à les dire merci beaucoup de m'empêcher d'utiliser mon portable parce que vraiment ma vie a changé mais on sent en creux qu'ils sont demandeurs sont-ils demandeurs d'une interdiction parce qu'ils sentent qu'ils n'y arrivent pas eux-mêmes sont-ils demandeurs au fond d'une meilleure régulation d'une meilleure explication parce qu'on a parfois le sentiment qu'interdire c'est aussi renoncer à agir donc en fait demandeurs de quoi ?
Ils sont demandeurs de régulation des plateformes ça clairement ils sont demandeurs de régulation aussi par les adultes ils insistent toujours sur le rôle des adultes enseignants ou parents à ce sujet-là ils le disent ils demandent d'ailleurs enfin vous voyez c'est tout bête mais il y a une enquête un gros baromètre enfance et numérique en 2025 qui a été fait par la fondation pour l'enfance et en fait ils ont interrogé près de 1000 enfants entre 8 et 15 ans et on en a quand même 35% qui disent qu'ils aimeraient des moments sans écran à la maison par exemple ça nous montre ce désir de partage de déconnexion de déconnexion choisie et de connexion choisie en fait leur problème c'est plutôt quand on leur parle de la loi d'interdiction c'est de pointer toutes les contradictions et il y a quand même aussi autre chose et je pense que c'est important que je vous le dise surtout ici c'est quand même de ne pas oublier qu'en dehors du fait que le portable peut être un outil pédagogique c'est aussi et surtout un outil d'accès à l'information et beaucoup de ces lycéens de ces adolescents de façon générale disent aussi mais moi je m'informe en fait ils ne sont pas dessus il faut aussi cesser de fantasmer peut-être parfois les usages derrière un téléphone il se passe plein de choses et justement c'est à ça qu'il faut qu'on s'intéresse et c'est pour ça que la limitation uniquement du temps n'a absolument aucun sens parce que vous pouvez passer une heure qui est délétère comme vous pouvez passer deux heures trente qui sont extrêmement fructueuses pour votre richesse intellectuelle votre curiosité etc sauf qu'on peut limiter le temps de certains certaines applis etc et pas toutes il y a une chose qui m'intéresse aussi dans ce que nous dit Brigitte l'oreille qui arrive et c'est même vous qui me l'avez raconté dans un de vos reportages précédents Brigitte elle nous dit quand ils sont tous sur leur portable il y a un vrai silence comme ça tout le monde est tranquille mais il y a aussi l'idée du coup qu'est-ce qu'on fait si on n'a plus le droit dans les intercours et si parfois même pendant je ne sais pas entre midi et deux quand ils ont le temps etc il n'y a plus le téléphone est-ce qu'il faut aussi réapprendre à réorganiser
la vie scolaire finalement oui exactement c'était une proviseure qui me disait ça elle se demandait mais si on leur enlève leur téléphone qu'est-ce qu'ils vont faire qu'est-ce qu'on leur propose à la place et c'est une question qui revient beaucoup on ne peut pas si on retire quelque chose il faut mettre en place alors elle se demandait s'il fallait réinstaurer des clubs quel type d'activité mais en tout cas combler ce vide que l'interdiction du téléphone portable va laisser est-ce que vous avez le sentiment
qu'il faut combler un vide on en est arrivé là Aurore Métennier il faut combler un vide pour les élèves je ne partage pas réellement mon expérience du terrain me fait dire que les lycéens déjà sont des jeunes gens qui sont brillants parce que là j'ai l'impression qu'on les dépeint aussi comme des geeks qui ne sont que sur leur portable c'est des gens qui sont à la fois brillants drôles inventifs etc et lorsqu'ils n'ont pas le téléphone portable soyez rassurés en tout cas moi dans les couloirs et dans les espaces de restauration ils trouvent tout type d'activité et je pense qu'ils le vivent plutôt pas trop mal on est en train de parler de téléphone portable au lycée dans le téléphone son avec Aurore Métennier qui est proviseur avec Anne Cordier qui est enseignante chercheuse avec Aurélie Carive aussi qui est la journaliste éducation de France Inter
France Inter le 18-20 01-45-24-7000
Avec vous aussi Jean Catan bonsoir Bonsoir On est content de vous parler parce que votre terrain à vous c'est vraiment la régulation et la raison pour laquelle je voulais vraiment vous parler c'est qu'on a déjà commencé à parler de régulation et même de souhaits de régulation que ce soit de la part des parents de la part des enseignants parfois de la part des élèves et ce qui s'est passé là hier nous a quand même beaucoup interpellé Meta donc a dû plier devant la justice américaine ou pour ne pas avoir un procès donc la somme est colossale et aussi une obligation de restreindre à deux heures l'utilisation de certains réseaux sociaux est-ce que ça veut dire qu'une entreprise comme Meta a plus peur du procès et de la mauvaise publicité que de 27 pays européens ensemble qui essayent de réguler l'usage des écrans
c'est sûr qu'il y a une force d'action tout à fait considérable quand ce sont les autorités du pays qui accueillent Meta qui sont à l'initiative donc il ne faut pas nier cette influence des autorités locales sur une entreprise américaine c'est certain maintenant cela ne veut pas dire non plus que Meta était resté complètement inerte face aux procédures européennes qui ont été lancées d'ailleurs il faut le préciser après que cette procédure américaine ait été lancée donc c'est assez intéressant et qui pourrait conduire à des changements systémiques de bien plus grande importance puisque aujourd'hui en réalité l'Union Européenne se trouve confortée dans ses choix
alors voilà Jean Caton pardon j'ai oublié de dire que vous étiez juriste et conseiller auprès de l'institut sur l'avenir des technologies c'est quand même dommage secrétaire général du conseil national du numérique ça dit d'où vous parlez et je comprends et j'entends ce que vous dites mais j'ai l'impression que le déclic qu'il fallait le verrou qui se débloque c'est pas l'Union Européenne c'est une classe action aux Etats-Unis qu'est-ce que ça nous raconte quand même ?
ça nous dit qu'on a besoin des deux côtés de la tenaille ça c'est certain et c'est toujours comme ça qu'on a construit la régulation même à l'époque des télécoms depuis les années 90 vous avez besoin d'actions de part et d'autre de l'Atlantique pour qu'elles soient efficientes ça c'est absolument sûr maintenant on peut aussi considérer que les avocats généraux américains ont emboîté le pas dans l'action européenne puisque aujourd'hui les remèdes disons auxquels Meta souscrit pour les 10 années à venir en fait sont directement calqués sur une partie des remèdes que nous nous imposons en Europe et ils sont totalement alignés donc on a un alignement avec différents moyens différentes forces de frappe il ne faut absolument pas le nier mais on a une consolidation en tous les cas de la démarche qui a été initiée en Europe comme par ses avocats généraux précédemment aux Etats-Unis
c'est vrai mais nous on n'a pas réussi à dire ce sera deux heures pour les mineurs et ce ne sera pas plus et ce ne sera pas la nuit ça pour le coup la justice américaine l'a fait
alors ça c'est très intéressant puisque précisément deux heures c'est plus que le temps moyen que les adolescents américains passent sur les réseaux de Facebook donc ça veut dire qu'en fait le plafond que Facebook s'est lui-même imposé à travers cet accord puisqu'il faut bien parler d'un accord il ne faut pas parler d'une sanction ou quoi que ce soit c'est supérieur au temps moyen passé par les adolescents donc en gros ce plafond il est un petit peu comme un tigre de papier déjà ça c'est une chose et c'est aussi ce qui incite à penser cet accord en lien avec l'action à venir de YouTube et TikTok puisque certaines obligations qui seront imposées à Facebook dépendront en réalité de ce que feront TikTok et YouTube où les adolescents passent deux fois deux heures voire encore plus donc si on pense qu'à l'échelle de méta c'est très peu et c'est là où encore une fois l'action européenne est intéressante parce qu'en réalité elle cible tous les réseaux sociaux et nous on mène des procédures contre tous les réseaux sociaux et comme ça a été précédemment rappelé très justement la question n'est pas tant celle du temps en réalité que ce que l'on y fait évidemment celle du temps est très importante mais ce que l'on y fait détermine aussi le temps que l'on y passe et l'interaction que l'on va avoir aussi en dehors des écrans donc en réalité il ne faut pas se leurrer il ne faut pas tomber dans certains pièges de cet accord ou se dire que nous sommes dans l'incapacité d'agir nous n'agissons pas seuls il ne faut pas il faut penser la diversité des actions de par le monde il faut penser comme une forme de consolidation des actions les unes par les autres mais ne pas se sentir dépossédé de moyens d'agir
alors est-ce que quand même ce sera ma dernière question parce que j'aimerais bien aussi que nos invités donnent leur avis là-dessus est-ce que quand même on a ouvert la boîte de Pandore et on sait que puisque en gros Meta a mis un pied dans la porte il faudra que TikTok mette un pied dans la porte et le Metra et les autres aussi est-ce qu'on peut se dire que ça c'est possible et on a déjà entendu des voix effectivement venir de l'Union Européenne aujourd'hui est-ce qu'on peut pardonnez-moi l'expression on appelle Meta et on dit dites donc ce qui s'impose dans les Etats américains ce serait bien que ça s'impose aussi en Europe est-ce que ça c'est la suite et c'est maintenant c'est dans quelques semaines quelques mois seulement
oui oui on peut tout à fait penser qu'il y aura une sorte de tâche d'huile en fait qui va se répandre sur le secteur et en tous les cas les institutions européennes sont plus armées que jamais pour affronter d'autres entreprises puisque maintenant l'argument selon lequel la civilisation européenne serait outrageusement régulatrice attentatrice aux libertés du marché ne tient plus du tout ça n'a jamais été une question de point de vue civilisationnel tout ça a toujours été un leurre maintenant rendez-vous épris par contre avec Ursula von Barleyen lors de son discours sur l'état de l'Union le 16 septembre pour savoir si maintenant que tous les voiles sont levés on va vraiment agir à la hauteur de ce que l'on peut faire en Europe qui est considérablement plus important que ce que les Etats-Unis peuvent faire aujourd'hui
Merci beaucoup Jean Catan pour ces explications est-ce qu'on a selon vous Aurore Métenier est-ce qu'on a effectivement débloqué un verrou avec cette histoire-là qui même peut vous aider vous en fait et qui va donc au-delà de l'interdiction qui pointe aussi une responsabilité des plateformes En tout cas on reste extrêmement positif quant à la suite de l'interdiction et des temps au niveau des réseaux sociaux C'est plus facile même de l'expliquer de le faire comprendre Tout à fait et une fois encore nous la difficulté c'est lorsque des élèves arrivent fatigués en classe le matin c'est qu'a priori et souvent ils ont passé une grande partie de la nuit à scroller sur les différents réseaux sociaux Donc oui et la décision qui a été prise par le Conseil constitutionnel a été une douche froide pour l'ensemble des communautés éducatives parce qu'on attendait beaucoup effectivement de cette interdiction Bonsoir Yael Oui bonsoir Soyez la bienvenue Bien merci On vous écoute Eh bien en fait moi je voulais juste donner un regard de parent J'ai ma fille qui est maintenant jeune majeure et en fait pendant toute sa scolarité à partir du moment où elle a eu un smartphone très rapidement j'ai eu besoin de lui installer une application de limitation de temps d'écran qui s'appelle Family Link mais je sais qu'il y en a plein d'autres et ça permettait de dire ben voilà à 11h enfin en fonction des âges à 11h le téléphone s'arrête à minuit le téléphone s'arrête pendant les vacances on change pendant les week-ends on change alors ça manquait parfois de souplesse mais en tout cas je trouve que ça allait dans le bon sens et puis surtout ça répondait à la difficulté d'avoir en effet j'ai eu la même difficulté qui a été soulevée tout à l'heure c'est-à-dire tout est sur les écrans les devoirs sont sur les écrans Pronote ou l'ENT les devoirs sont numérisés et donc je disais ben voilà l'ENT Pronote etc on a accès libre 100% par contre Instagram ben c'était 20 minutes par jour voyez et c'était pas inintéressant et surtout ce que je trouvais intéressant c'était que quand ma fille exagérait et m'expliquait qu'elle avait besoin de Youtube pour son travail pour regarder des vidéos de travail et que c'était n'importe quoi je coupais tout parce que je me fâchais je vous dis pas que ça enlève les conflits mais en revanche après ça ça donnait lieu à une discussion elle me disait ben voilà là c'est les vacances j'aimerais bien pouvoir un peu plus qu'est-ce que tu penses que et on s'asseyait et je dis ok qu'est-ce que tu en penses comment tu vois les choses etc et c'était pas c'était pas idiot donc je trouve que ces applis ont toute leur leur force et leur présence auprès des parents parce que sinon c'est des conflits mais sans cesse Yael je vous remercie beaucoup de votre intervention Anne Cordier quand on arrive à se parler quand on arrive à échanger quand on arrive à comprendre évidemment c'est comme ça que ça marche est-ce que malgré tout puisque de votre côté vous ce que vous dites c'est oui c'est la régulation qui finira par nous aider à mieux travailler est-ce que ce qui s'est passé aux Etats-Unis par exemple vous dit on a débloqué un verrou effectivement on va pouvoir travailler à partir de ça alors on a débloqué un verrou on a surtout montré aux politiques qu'un autre choix que celui qu'il avait fait en France était possible et ça c'est évidemment intéressant après attention il ne faut pas non plus faire trop d'illusions c'est-à-dire que malgré tout il reste la question de l'usage de ce que l'on fait avec qui on le fait dans quel contexte même si c'est deux heures qu'est-ce qui se passe pendant ces deux heures et donc il faut quand même s'attaquer clairement au modèle des plateformes parce que sinon on n'y arrivera pas la question de la limitation du temps elle est vraiment insuffisante et il ne faut pas non plus penser que parce qu'on va supprimer on va supprimer l'adolescence on aime les ados et on a du mal à aimer l'adolescence j'entends des parents qui disent dommage je les comprends bien mais il faut qu'ils aient conscience que grâce à eux ils auront des adultes qui sauront penser qui sauront s'opposer qui sauront grandir en fait et grandir connectés c'est aussi un enjeu aujourd'hui parce que nécessairement et en régime démocratique je crois que c'est important de le dire quand même ça veut dire être encadré ça veut dire être accompagné mais ça veut aussi dire être respecté et être respecté dans ses droits aussi et c'est vrai aussi j'ai le message d'Emmanuel sous les yeux qui dit concernant l'émission par rapport au téléphone portable je suis maman je trouve très très positif d'envisager de réguler les accès aux réseaux sociaux à Youtube etc aucun accès la nuit ne me semble essentiel et elle a raison notre ami Emmanuel dans ce genre de conditions là quand on sait que si c'est interdit et si c'est la loi qui l'interdit je comprends ce qui peut se passer la journée mais de fait on est d'accord autour de cette table est-ce que vous scrollez la nuit l'Aurélie Carive à partir de quelle heure commence la nuit c'est toute la question à partir de quand il fait nuit mais en tout cas bon courage vous avez commencé l'interdiction Aurore Métainier dans votre dans votre lycée dans votre établissement depuis combien de temps alors ça fait moi j'entame ma quatrième année dans mon établissement il se trouve que l'interdiction existait avant mon arrivée qu'on l'avait un petit peu assoupli l'année dernière grave erreur en se disant qu'on pouvait compter sur nos lycéens et on leur avait laissé davantage de liberté à la cantine et dans les couloirs on s'est constaté que ce n'est pas particulièrement positif donc on rétropédale à la rentrée à partir du premier il y a des confiscations oui oui il y a des confiscations mais qui ne sont pas très très importantes parce qu'il suffit d'arriver dans les couloirs et là bizarrement les portes à plurieuses ce que je trouve intéressant c'est que vous avez essayé vous vous s'est dit c'est bon où vous leur rendez le téléphone ils ne sont plus responsables ça raconte quand même une histoire non ?
ça dit au fond que c'est l'interdiction le fait d'interdire ça reste des mineurs fonctionne oui après c'est un peu triste c'est la vie c'est des ados le but de l'adolescence c'est quand même de contourner les règles ça c'est notre quotidien quel que soit le sujet vous m'étonnez je vous souhaite une bonne rentrée ce sera mardi enfin lundi pour vous j'imagine et puis mardi pour tout le monde on aura l'occasion évidemment d'en reparler merci de votre participation à cette émission merci à tous pour vos nombreuses questions la question là