Axios, ce média si bien informé sur les coulisses de la Maison-Blanche
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
D.Trump s'appuie depuis le début du conflit sur un site d'information, Axios. Scoops, plan de bataille, comptes rendus détaillés, discussions entre D.Trump et son allié B.Nétanyahou...
Quelles sont les sources de ce média dont vous entendez parler régulièrement sur ce plateau? Est-il manipulé? C'est une question qui est posée aux Etats-Unis. - C'est un média dont les informations sont reprises dans le monde entier. - Infos de dernière minute, révélations immédiates d'Axios. - Un article révèle les insultes lancées par D.Trump à B.Nétanyahou. - Le site américain Axios, fondé en 2016, fait régulièrement la une pour ses articles bien informés sur la gestion de la guerre par l'administration Trump.
Il y a quelques semaines, il révèle le plan en 14 points au coeur des négociations avec l'Iran, les préparatifs en cours au Pentagone pour un éventuel envoi de soldats au sol ou, plus récemment, cet appel téléphonique tendu entre D.Trump et B.Nétanyahou. - Axios indique que vous vous seriez mis en colère en disant: "T'es complètement taré, qu'est-ce que tu fous?" C'est vrai? - D.Trump: Oui, j'ai dit ça. - Derrière ces scoops, des sources toujours anonymes.
Alors, qui parle à Axios? On a posé la question à leur correspondant à la Maison-Blanche. - Je ne sais pas comment répondre à cette question sans trahir le secret des sources, mais on parle à des personnes très bien placées pour savoir des choses.
Mais cela demande de la vigilance. Dans l'administration Trump, il y a différents clans. On reçoit beaucoup d'informations qui sont en réalité orientées. - Lancé il y a 10 ans grâce à des levées de fonds auprès de riches philanthropes, Axios est rapidement devenu un média de référence dans les sphères économiques et politiques américaines, avec des articles au format court assumé, façon liste de courses. - Les gens s'informent de plus en plus avec ça, leur smartphone.
Il faut des formats courts. Les gens scannent l'écran avec leurs yeux. Ils sautent parfois des infos.
On fait ces listes avec quelques points-clés. - Et un contenu tout aussi brut. Ici, pas d'analyses, mais des révélations quasiment instantanées sur des échanges entre dirigeants.
Des scoops qui ne vieillissent pas toujours très bien. - Pourquoi on a sorti cette info? C'est notre travail.
Pourquoi ne devrait-on pas rapporter à nos lecteurs ce que l'administration Trump fait dans cette période cruciale? Ce sont des adeptes de la pensée positive qui répètent qu'on est proches d'un accord. Parfois, on n'est pas proches du tout. - Le mois dernier, le régulateur américain des marchés financiers a aussi ouvert une enquête après la vente de milliers d'actifs pétroliers en Bourse, juste avant l'article du site parlant d'un accord à portée de main. ... - Le ministère de la Justice ouvre une enquête sur cette série de ventes au timing suspicieux. - Alors, les journalistes d'Axios ont-ils pu être utilisés par certains conseillers qui auraient fait fuiter l'info pour s'enrichir en Bourse? - Ce genre d'information finit par sortir d'une manière ou d'une autre.
Des gens peuvent ou pas en tirer profit. Nous ne sommes que des reporters qui révélons ce que l'administration est en train de préparer. Si d'autres personnes font un mauvais usage de ces informations, c'est à elles de rendre des comptes, pas à nous. - Les lecteurs restent en tout cas au rendez-vous.
Depuis ses débuts, le le site Axios est passé de 6 millions de visiteurs par mois à 50 millions aujourd'hui. - C.Roux: Dans ce conflit, la Maison-Blanche ressemble à une passoire.
Quand on a dans le menu le détail de la conversation et des insultes que D.Trump a proférées à son allié B.Nétanyahou, on se dit que soit certains ont de l'intérêt dans l'entourage de Trump, soit ces journalistes font très bien leur travail. - C.Ockrent: Les 2.
Regardez ce qu'il se passe chez nous. Imaginez cela à l'échelle des Etats-Unis, de leur puissance financière. Et ce, dans une administration où la corruption est à ciel ouvert.
A partir de ce moment-là, ces gens, 3 anciens de Politico, qui ont créé Axios, ils ont des leviers et ils jouent manifestement un camp contre l'autre très habilement. Ils ont l'honnêteté de reconnaître quand ils lâchent un scoop et que ça s'avère faux. Ils disent: "Finalement, on s'est trompés." - C.Roux: Ca met rarement D.Trump en colère alors qu'il a la dent très dure contre d'autres médias américains.
On va avoir une séquence incroyable où il s'en prend ouvertement à une journaliste. Il n'y a pas eu de propos très désagréables de l'administration américaine vis-à-vis d'Axios qui révèlent tout ce qui se passe dans le bureau Ovale. - C.Ockrent: Ce n'est pas une télé ni une radio.
Ce n'est pas un format traditionnel auquel D.Trump voue une détestation. Il ne les voit pas, ou alors, c'est pour s'en servir. - C.Roux: Puisqu'on parle des révélations sur les tensions avec B.Nétanyahou, le fait que B.Nétanyahou n'ait pas entendu les mises en garde de D.Trump et ait répliqué aux frappes de l'Iran pour venir en soutien, d'une certaine manière, au Hezbollah, est-ce que ça raconte que B.Nétanyahou est en roue libre, qu'il n'écoute plus ce que dit son grand frère américain? - G.Lagane: Je pense que dans les dissensions qu'Axios a rapportées sur la relation B.Nétanyahou-D.Trump, il y a probablement quelque chose de vrai.
Trump montre par ses déclarations vis-à-vis de Nétanyahou qu'il n'est pas dépendant de l'opinion d'Israël. L'opinion, c'est un sujet de débat pour certains. Il y a parfois des accusations teintées d'antisémitisme.
En réalité, il s'aligne sur les positions israéliennes qui considèrent que le cessez-le-feu n'a jamais été une bonne option. On en revient toujours à la même situation. Si on les laisse en paix, ils se réarment, se remilitarisent.
C'est une guerre qui reprend. - C.Roux: Toujours avec des frappes d'Israël sur Tyr, en Iran.
Un cessez-le-feu qui n'existe plus...
Chacun continue à cibler l'adversaire. - I.Lasserre: Côté israélien, contrairement au côté américain, il y a une stratégie qui est de débarrasser la région de la menace iranienne, du nucléaire, du régime, des proxys.
Les missiles balistiques...
C'est là que la divergence est apparue. D.Trump n'a pas suivi cette volonté jusqu'au-boutiste israélienne.
Quand on parle aux responsables israéliens aujourd'hui, ils disent que ça a en partie marché pour eux. Israël n'a jamais été dans une position sécuritaire aussi forte. Il n'y a plus de menace existentielle iranienne contre Israël aujourd'hui.
Ca ne veut pas dire qu'elles ne resurgiront pas dans 6 mois, qu'il ne faudra pas aller encore frapper, mais il n'y en a plus. Il faut aussi rajouter, et cette histoire ne peut pas se rajouter sans la dimension de politique intérieure...
Jean-Pierre Bataille