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Podcast / conversationRCF — L'Invité de la Matinale (sur Site radio)· 2 mars 2026 16 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalImmigration & asileÉconomie & entreprises

Quels sont les enjeux géopolitiques de la guerre en Iran ?

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:13OuverteRéponse directe

    L'Iran est désormais seul face au reste du monde ?

  • 1:56OuverteRéponse directe

    À quoi peut-on s'attendre ? À une guerre globale ?

  • 3:34RelanceRéponse directe

    Qu'est-ce qui a déclenché l'attaque de Donald Trump ?

  • 4:35OuverteRéponse directe

    Quelles sont les cibles des États-Unis en Iran ?

  • 5:25OuverteRéponse directe

    Le jour d'après, c'est quoi ?

  • 6:35OuverteRéponse directe

    Comment peuvent réagir les pays du Golfe, qui sont eux aussi la cible des attaques iraniennes désormais ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:49PrésentateurChiffre
    « L'opération baptisée Epic Fury, fureur épique par les Etats-Unis, doit durer 4 ou 5 semaines et doit s'intensifier encore. »
  • 0:56PrésentateurFait
    « Emmanuel Macron a annoncé renforcer l'arsenal nucléaire français et ordonner une augmentation du nombre de têtes nucléaires. »
  • 1:51PrésentateurChiffre
    « Le président américain parle d'un conflit de 4 à 5 semaines. »
  • 2:14InvitéFait
    « Le ministre de l'Intérieur a renforcé le dispositif de sécurité en France. »
  • 4:09InvitéFait
    « Un renseignement a permis de localiser de façon très certaine l'Ayatollah Khomeini et une partie de son entourage. »
  • 4:52InvitéFait
    « Trump avait déjà dit que toutes ces infrastructures ont été détruites lors des frappes déjà américano-israéliennes de l'été 2025. »
  • 7:37PrésentateurFait
    « « Notre dissuasion est robuste et efficace. Tous ceux qui auraient l'audace de s'en prendre à la France savent le prix insoutenable qu'il y aurait à payer. » »
  • 10:32PrésentateurChiffre
    « Les États-Unis appellent ces ressortissants à quitter la zone. L'appel concerne 14 pays, dont l'Égypte, Israël, l'Irak ou encore la Syrie. »

Temps de parole

  • Invité66 %
  • Présentateur32 %
  • Présentateur 22 %

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0:00
Présentateur

Ce programme est disponible grâce aux dons de nos auditeurs. Pour diffuser un message d'espérance, rendez-vous sur rcf.fr. On va essayer de comprendre, de décrypter ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient avec vous, Étienne Pépin. Et oui, Pierre-Hugues, la guerre et les affrontements s'intensifient. Tous les pays du Moyen-Orient sont désormais concernés en représailles à l'attaque des Etats-Unis et d'Israël. L'Iran cible les intérêts américains de la région. L'ambassade des Etats-Unis à Riyad, en Arabie Saoudite, a été touchée par des drones cette nuit. On va essayer de comprendre ce qui se joue ce matin.

Officiellement, l'opération militaire lancée par Donald Trump vise à renverser le régime des MOLA, désormais très fragilisé par la mort du guide suprême Ali Khamenei, à arrêter son programme nucléaire. L'opération baptisée Epic Fury, fureur épique par les Etats-Unis, doit durer 4 ou 5 semaines et doit s'intensifier encore. Dans le même temps, Emmanuel Macron a annoncé renforcer l'arsenal nucléaire français et ordonner une augmentation du nombre de têtes nucléaires. Et vous en parlez ce matin avec le géopolitologue Pascal Boniface, directeur de l'IRIS, l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques. Pascal Boniface, bonjour. Bonjour. Merci d'avoir accepté de répondre à nos questions.

L'Iran est désormais seul face au reste du monde ?

1:20
Invité

Oui, pratiquement, parce qu'à part l'Irak, le Pakistan, pas grand monde ne soutient l'Iran. Alors bien sûr, il y a la Russie et la Chine, mais qui sont des soutiens passifs. Ils sont opposés à ce que font les Etats-Unis, mais ils ne s'y opposent pas réellement, parce que l'Iran était pour la Chine un producteur de pétrole et un allié stratégique pour la Russie dans la guerre contre l'Ukraine. Mais sinon, finalement, les frappes auxquelles l'Iran a procédé dans les autres pays de la région sont venues solidifier le bloc autour des Etats-Unis et d'Israël.

1:51
Présentateur

Le président américain parle d'un conflit de 4 à 5 semaines. Il n'exclut pas l'envoi de troupes au sol. À quoi peut-on s'attendre ? À une guerre globale ?

2:00
Invité

Alors, guerre globale, en tout cas, dans la région. Une guerre régionale, pas au-delà du Golfe. Même si, effectivement, par la suite, on pourrait avoir des attentats. C'est pour ceci que le ministre de l'Intérieur a renforcé le dispositif de sécurité en France. Mais on ne sait pas combien de temps l'espoir américano-israélien était que les régimes s'effondrent rapidement et qu'une fois qu'il a été décapité avec la disparition, non seulement de l'Aïtola Raménie, mais aussi d'autres dirigeants, d'autres hauts responsables, tout s'effondre. Ça n'a pas été le cas et ça ne pouvait pas être le cas parce que l'Iran, ce n'est pas une monarchie.

C'est un système et des procédures de remplacement avaient déjà été faites. Et puis, en fait, aujourd'hui, bien sûr, Donald Trump appelle ainsi que Benjamin Netanyahou les Iraniens à se révolter contre le régime. Mais pour l'instant, les Iraniens pensent plutôt à échapper au bombardement plutôt qu'à se révolter. Et généralement, quand un pays est bombardé, ce n'est pas le moment de faire une révolution. Donc, le pari américano-israélien, c'est un effondrement rapide du régime. Trump se projette déjà maintenant sur quatre semaines. Ça va être long parce que des voix vont commencer à s'élever aux États-Unis en disant qu'on n'avait pas voté pour cela.

Quant aux troupes au sol, ça serait un risque vraiment considérable que Trump prendrait par rapport à sa propre base électorale, par rapport à ses propres engagements. Mais on voit qu'il est tenté par dire « je vais réussir ». On sait que Trump veut réussir là où les autres vont échouer. Et son objectif, là, parce qu'au début, il a parlé de démocratie, ensuite de mettre fin au programme nucléaire, dont il avait déjà dit qu'il avait été mis fin lors des frappes de l'été 2025. En fait, son but est, à mon sens, de renverser le régime iranien pour pouvoir dire qu'il a réussi là où tous ses prédécesseurs, depuis 1979, avaient échoué.

3:34
Présentateur

Qu'est-ce qui a déclenché l'attaque de Donald Trump ? Un peu seul, quand même, on peut le dire. Il avait annoncé des menaces iraniennes à destination des États-Unis, qui ciblaient les États-Unis à l'occasion de son discours sur l'État de l'Union la semaine dernière. Qu'est-ce qui a déclenché véritablement ces attaques ciblées de Donald Trump ?

3:56
Invité

On peut se le demander, parce qu'en fait, le ministre Omanet des Affaires étrangères disait que la veille des bombardements, on était sur le point de trouver un accord entre négociateurs américains et iraniens. Il semble qu'il y a eu une sorte d'effet d'opportunité. Un renseignement a permis de localiser de façon très certaine l'Ayatollah Khomeini et une partie de son entourage. Et que Trump s'est dit, c'est le moment où jamais, peut-être qu'il n'y aura pas d'autres opportunités de frapper ainsi. Et donc, la qualité du renseignement américain et la précision des frappes israéennes sont venues faire cela. C'est vraiment, en plus, je crois, uniquement un effet d'opportunité.

Mais sauf que le régime ne s'est pas effondré comme un château de cartes, comme l'espérait Donald Trump.

4:35
Présentateur

Quelles sont les cibles des États-Unis en Iran ? Le grand guide suprême, Ramenei, a été éliminé. Il reste désormais à éliminer toutes les infrastructures pour l'arme nucléaire ?

4:50
Invité

Oui, mais alors, ce qui est surprenant, c'est que Trump avait déjà dit que toutes ces infrastructures ont été détruites lors des frappes déjà américano-israéliennes de l'été 2025. Et donc, ils peuvent continuer. Ils peuvent, bien sûr, continuer à démolir des commissariats, des infrastructures de sécurité intérieure de l'Iran, viser peut-être aussi d'autres hauts responsables iraniens ou parier sur le fait qu'un nouveau pouvoir se dégage. Mais on voit, on se demande, en fait, Trump s'est lancé dans une guerre. C'est toujours facile de s'en sortir une guerre. C'est plus compliqué d'en sortir. Et on se demande si Trump a vraiment réfléchi au jour d'après.

5:25
Présentateur

C'est ça. Le jour d'après, c'est quoi ? C'est la chute du régime et un nouveau régime en place, différent, où les objectifs sont autres.

5:35
Invité

On voit bien le déroulé, le scénario rose pour certains. On le voit dans les commentaires. Le régime iranien s'effondre. Un régime démocratique, laïc, pro-occidental, pro-israélien se met en place. Du coup, il se rapproche d'Israël. Du coup, l'armée solide peut se rapprocher d'Israël. Et c'est la paix dans la région. On peut se demander si ce scénario ne relève pas plutôt du film de science-fiction que de la réalité. Ça peut survenir, mais les chances que ça se vienne sont beaucoup plus faibles que celles d'un chaos généralisé ou d'une guerre qui se prolonge. Parce qu'une fois encore, le régime est très affaibli, mais il tient encore.

Ceux qui ont les armes à l'intérieur, ce sont les forces de sécurité iraniennes, ce sont les passes d'Aran. Ce n'est pas la population, ce n'est pas ceux qui contestent. Et ceux qui contestent le régime sont majoritaires en nombre, mais inférieurs en termes d'équipement, de sécurité, d'équipement militaire. Et le scénario sur le fils du chat d'Iran, qui est régulièrement évoqué, il faut quand même aller l'amener à Téhéran pour qu'il soit au pouvoir. Et donc, ce n'est pas aussi facile que cela.

6:35
Présentateur

Comment peuvent réagir les pays du Golfe, qui sont eux aussi la cible des attaques iraniennes désormais ?

6:41
Invité

Ils ont averti que si les bombardements sur leur territoire et leur infrastructure continuaient, ils pourraient se mettre à leur tour à bombarder l'Iran. Les Émirats arabes unis ont été très fermes sur ce point. Les Iraniens, notamment l'un des hommes forts, M. Largini, dit que ce sont les bases américaines qui sont ciblées et non pas les infrastructures. Mais on voit bien quand même que l'espace aérien est totalement fermé. Donc, c'est un coup dur pour les économies du Golfe. Le trafic pétrolier aussi. Donc, en fait, bien sûr, ils subissent ces conséquences.

Et le pari iranien de dire qu'on va les frapper pour qu'ils fassent pression sur les États-Unis, pour qu'ils cessent leur gouvernement, me paraît être un pari un peu risqué, parce qu'ils peuvent, au contraire, consolider une alliance anti-iranienne de ce fait.

7:23
Présentateur

Et ce qui isole encore davantage l'Iran sur la scène internationale. Et la France, dans tout cela. Hier, Emmanuel Macron, dans son discours stratégique sur la base militaire de l'île Long, dans la Rade de Brest, était emprunt de gravité. Il a dit, je cite, « Notre dissuasion est robuste et efficace. Tous ceux qui auraient l'audace de s'en prendre à la France savent le prix insoutenable qu'il y aurait à payer. Est-ce qu'on est menacé ? Est-ce que nous sommes en guerre, Pascal Boniface ? »

7:50
Invité

Non, nous ne sommes pas en guerre, même si on a pris l'engagement de protéger nos alliés dans la région, la Jordanie ou les Émirats Arabes Unis, où nous avons une base militaire, qui d'ailleurs a été frappée. Mais le discours d'hier sur la dissuasion du président de l'impublique était prévue de longue date. C'est le discours. Il fait un discours sur les affaires nucléaires une fois par date.

8:10
Présentateur

Il est providentiel quand même. Il arrive là au bon moment, finalement.

8:15
Invité

Oui et non. C'est-à-dire qu'il a quand même tenu à délier les événements de la région avec le discours. Il n'était plus un discours destiné aux pays européens et non pas aux pays du Golfe. Et donc, l'idée de protection, de dissuasion avancée qu'il a voulu émettre s'adresse plus aux pays européens qu'aux pays du Golfe. Et disons que nous ne sommes pas menacés par d'éventuelles armes nucléaires iraniennes. Par contre, il y a un défi sécuritaire. Et c'est pour cela que des mesures de protection, de police, ont été prises par le ministère de l'Intérieur.

8:44
Présentateur

Le message d'Emmanuel Macron n'est pas du tout à destination des Iraniens ? Pas du tout ?

8:48
Invité

Non. Alors, disons qu'en général, la dissuasion française est une dissuasion tout azimut. Donc, toute personne qui voudrait s'attaquer à la France serait justiciable de la dissuasion. Mais il n'y a jamais eu de menace iranienne sur les intérêts français.

9:02
Présentateur

Parlons des conséquences de ce qui se passe actuellement en Iran. L'Iran qui fait pression sur la communauté internationale en menaçant de brûler tous les navires qui tenteraient de franchir le détroit d'Hormuz. C'est une artère vitale pour le commerce mondial. 20% du pétrole mondial passe par là. En plus de la guerre, c'est une crise pétrolière qui se prépare ?

9:20
Invité

Oui, tout à fait. Surtout qu'outre le détroit d'Hormuz, il y a le canal de Suez qui est déserté par les navires qui vont faire un long détour par le cap de Bonnestère en France pour rejoindre l'Europe et les marchés. Donc, il y a une crise du pétrole, il y a une crise du gaz, il y a une crise du secteur aérien du fait du blocage qui peut se continuer et qui peut déboucher sur une crise économique très forte. Si les prix du pétrole continuent à monter, comme ils ont commencé à le faire très rapidement, eh bien, on va tous souffrir des conséquences économiques de cette crise géopolitique.

9:55
Présentateur

C'est ça, les conséquences pour nous. Concrètement, c'est la hausse du prix du gaz, la hausse du prix de l'essence.

10:00
Invité

Oui, exactement. On a déjà quand même une facture énergétique qui était forte. Les prix du gaz et du pétrole avaient baissé, ce qui venait soulager à la fois la note que chacun d'entre nous paye, mais aussi à la pompe ou pour se chauffer, mais aussi la facture pour le pays. Et donc là, on voit qu'effectivement, on sait très bien que lorsqu'il y a une montée subite des cours de l'énergie, eh bien, l'ensemble des secteurs en souffrent.

10:23
Présentateur

Je voudrais qu'on parle des ressortissants occidentaux qui sont actuellement au Moyen-Orient et dans les pays du Golfe. Les États-Unis appellent ces ressortissants à quitter la zone. L'appel concerne 14 pays, dont l'Égypte, Israël, l'Irak ou encore la Syrie. En France, la question de l'évacuation des ressortissants est un sujet aussi. Le ministère des Affaires étrangères a publié des consignes pays par pays pour aider justement les ressortissants localement. Qu'est-ce qu'on fait de ces centaines de milliers de personnes qui sont coincées dans les pays du Golfe aujourd'hui ?

10:55
Invité

Il faut distinguer deux catégories. Il y a les citoyens français qui sont des résidents permanents dans les pays et qui restent. Certains ont subi... Enfin, ils ont peur, bien sûr, mais ils comptent rester, ils ne vont pas déménager. Il y a un autre problème, c'est tous les touristes qui étaient soit en transit, qui étaient en Asie et qui transitent par le Golfe pour revenir et qui sont bloqués soit dans leur destination de vacances, soit en transit ou des pays qui étaient dans... Les citoyens, pardon, qui étaient dans le Golfe et qui sont bloqués et donc là, qui sont en attente de pouvoir être acheminés et on ne sait pas quand le trafic aérien pourra reprendre un cours normal.

11:30
Présentateur

Quand on sait que la compagnie Air France a prolongé la suspension de ses desserts au Moyen-Orient jusqu'à au moins jeudi, est-ce que c'est une crise, non pas humanitaire, mais en tout cas logistique qui s'annonce ?

11:43
Invité

Oui, c'est une crise logistique. Disons que les gens sont quand même hébergés, il n'est pas nécessaire comme pendant le Covid-19 d'envoyer des avions, d'affrêter des avions pour rapatrier nos compatriotes. Si ça devait se prolonger, ce qui est quand même... C'est inconfortable quand ça dure une semaine, ça devient beaucoup plus grave lorsque ça dure plus longtemps.

12:01
Présentateur

Est-ce qu'ils peuvent être menacés sur place, ces Occidentaux, les Français en particulier ? Je pense à tous ceux

12:08
Invité

qui sont résidents dans la région ne sont pas menacés puisqu'ils vivent là-bas. Ils sont menacés comme les citoyens d'éventuelles retombées des bombardements. Et tous les gens qui habitent dans ces pays, qu'il s'agisse du Liban, d'Israël, qu'il s'agisse des pays du Golfe, peuvent être comme leurs voisins, être atteints par des effets indirects ou directs des bombardements.

12:32
Présentateur

C'est ça, mais ils ne sont pas directement en danger.

12:35
Invité

Ils ne sont pas menacés en tant que Français.

12:37
Présentateur

La protection policière des opposants au régime iranien en France va être renforcée par le ministère de l'Intérieur. Le gouvernement craint des répercussions du conflit au Moyen-Orient. En France, est-ce qu'il peut y avoir des conséquences pour la sécurité des Français eux-mêmes chez eux, ici, en France, dans l'Hexagone ?

12:53
Invité

Oui, forcément. On sait très bien que les événements du Proche-Orient peuvent susciter des métastases sur notre territoire. Le développement du terrorisme, on a vu après la guerre d'Irak, l'établissement de Daesh, le développement des attentats et donc c'est une crainte. Il y a deux choses. Il y a la protection des opposants iraniens pour que le régime ne vienne pas régler ses comptes sur notre territoire comme ça a pu se faire dans le passé et puis simplement empêcher des attentats qui pourraient être organisés de façon individuelle ou par des sous-groupes suite à ces événements. Il y a vraiment une crainte, effectivement.

13:29
Présentateur

Est-ce qu'on peut s'attendre désormais à une globalisation quand même de ce conflit et à une mondialisation ? Est-ce qu'on peut s'attendre à une troisième guerre mondiale avec cette attaque des États-Unis de l'Iran ?

13:44
Invité

Non, je ne crois pas. Il faut être vigilant. C'est très important. C'est très grave. Mais ce n'est pas grave à ce point. L'Amérique latine, l'Afrique, le reste de l'Asie n'est pas concerné par cela. S'il y a un élargissement, c'est dans le Golfe. Mais c'est déjà le cas. Bien sûr, sur Israël, le genre d'amis et les voisins. Mais on ne voit pas ce conflit s'élargir. Et puis, il n'y a pas deux blocs qui se font face à face. Une fois encore, les deux alliés ou partenaires de l'Iran qui sont la Russie et la Chine ne vont pas affronter les États-Unis pour soutenir l'Iran.

14:17
Présentateur

Est-ce que l'armée française quand même doit se tenir prête ?

14:21
Invité

Elle se tient prête dans la mesure où nous avons des intérêts en Jordanie. Nous avons une base militaire dans les Émirats arabes unis. Et donc, effectivement, il y a un dispositif qui est sous alerte puisqu'une fois encore, notre base française de l'Émirat a été touchée par un drone.

14:35
Présentateur

Un dernier mot pour conclure. Il nous reste encore deux minutes. Mais je voudrais qu'on évoque la place des chrétiens au Moyen-Orient. Ils sont minoritaires et pourtant, ils jouent un rôle essentiel dans certains pays pour l'éducation, pour la santé, en particulier dans les hôpitaux qui sont tenus dans certains pays en grande majorité par des chrétiens. Quel rôle peuvent-ils jouer dans ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient ?

15:01
Invité

Ils jouent le rôle que vous venez d'évoquer et qu'ils ont toujours l'air. Malheureusement, on peut dire que depuis le début de ce siècle, la place des chrétiens dans cette région qui est une place quand même multiséculaire, qui était une place centrale, qui était une place tout à fait acceptée, devient de plus en plus mise en danger et que les chrétiens d'Orient sont de plus en plus menacés et que lorsqu'il y a le développement des violences, ils peuvent en être les victimes à la fois innocentes et indirectes.

Et donc, effectivement, il y a une préoccupation supplémentaire, mais leur rôle comme pont, comme les gens qui apportent une parole à la fois et disons que le discours du pape, autant celui-ci que le précédent, est aussi une parole un peu de rencontre entre les différentes religions, un discours de paix entre les civilisations, ce qui, normalement, ne devrait pas faire désigner les chrétiens comme des boucs émissaires de ces événements tragiques.

15:58
Présentateur

En un mot, au-delà des appels à la paix répétés par le pape Léon XIV, est-ce qu'il peut jouer un rôle de négociateur ou est-ce que là, ce n'est vraiment pas sa place ?

16:08
Invité

Alors, ça serait sa place si elle était acceptée, mais je doute que le président Trump ou M. Benjamin Netanyahou ait envie de donner un quelconque espace à sa sainteté.

16:19
Présentateur

Merci infiniment d'avoir été notre invité ce matin sur RCF et Radio Notre-Dame. Pascal Boniface, géopolitologue, je rappelle que vous êtes le directeur de l'IRIS, l'Institut de Relations Internationales et Stratégiques. Merci de nous avoir aidé à comprendre la crise qui se joue actuellement en Iran. Merci.

16:37
Locuteur

Merci. Merci.