Kate Winslet dans la peau d’une photographe de guerre - C à Vous - 03/10/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Elle a choisi de tracer sa propre voie. "Eternal Sunshine of the Spotless Mind", "Les Noces rebelles", autant de rôles complexes que lui destinait Hollywood. Ce n'est pas un hasard si elle incarne le 9 octobre une pionnière qui préférait prendre des clichés plutôt que d'en être un. - A.-E.Lemoine: K.Winslet prête ses traits à l'Américaine L.Miller, une femme mannequin, muse libre, opiniâtre, qui a bravé comme une grande photojournaliste du XXe siècle, témoin majeur des atrocités nazies.
K.Winslet est ce soir notre invitée. Hi.
Merci. Nous sommes ravis de faire votre connaissance. Mohamed, P.Lescure, P.Cohen...
Merci d'avoir accepté notre invitation. Avec ce film, le 1er long-métrage d'E.Kuras, merci de mettre en lumière le courage de cette femme très en avance sur son temps, dont on connaît certains clichés.
Le plus célèbre la représente nue dans une baignoire à Berlin. - K.Winslet: Tout à fait.
Pour moi, c'était très important de pouvoir raconter cette histoire qui raconte comme elle est devenue une femme qui a marqué son histoire. Cela redéfinit qui elle est pour un nouveau public qui n'a jamais entendu parler d'elle, à l'époque de sa vie. On disait que c'était la muse de Man Ray.
Elle faisait des couvertures de magazines. C'était une infime partie de sa vie, quand elle avait 20 ans. Elle était tellement plus que tout cela. la vérité de qui elle était et l'intégrité avec laquelle elle a vécu sa vie.
Et le plus important, c'est de pouvoir la résumer en tant que femme. Elle a tout défié dans un monde d'hommes. Elle est allée sur le front et elle est allée documenter ces vérités tellement cachées, toutes ces atrocités du régime nazi. - A.-E.Lemoine: Elle s'est vêtue en soldat, puisque les femmes n'étaient pas autorisées par les autorités britanniques d'aller sur le front, aux côtés de son confrère qu'elle a frôlé la mort à Saint-Malo... les femmes rasées, jusqu'à parvenir au front de l'Est et pénétrer dans les camps de Dachau et de Buchenwald.
En envoyant ces clichés de Dachau, elle écrit: "Je vous supplie de croire que c'est vrai." Elle avait peur que personne ne la croie et elle avait raison. - K.Winslet: Malheureusement, quand il y a des conflits, il y a beaucoup de choses qui sont inconnues.
Aujourd'hui, il y a des choses qui nous échappent. Le rôle de correspondant de guerre, que l'on appelle aujourd'hui photojournaliste, c'est tellement important pour raconter la vérité. Et c'était, ça, son travail. pour faire aussi bien que possible. - P.Cohen: Le travail de L.Miller est peu à peu tombé dans l'oubli après la guerre.
En 1977, son fils a montré l'immensité de son travail. Plusieurs hommages lui ont été rendus, à l'image de l'exposition à Saint-Malo. Elle a couvert la libération de la ville.
A.Penrose, le fils de L.Miller, s'est rendu pour l'occasion en Bretagne avec la petite-fille de la photographe. - Pour moi, le plus extraordinaire, c'est que c'était ma mère qui avait fait toutes ces choses.
Elle est entrée dans la bataille de Saint-Malo. - Les images qu'elle a vues dans les camps, les morts, les soldats qui ont été tués devant elle, ça ne s'oublie pas. - P.Cohen: L.Miller ne se remettra jamais de ce qu'elle a vu pendant la guerre et pendant ces périodes terribles que l'on voit dans le film.
On peut parler d'un traumatisme profond. On parlerait aujourd'hui d'un syndrome post-traumatique. - K.Winslet: Oui.
Je pense que c'est le syndrome de stress post-traumatique, comme beaucoup qui ont participé à la guerre, qui ont témoigné. Beaucoup de ces personnes Ont été traumatisées, et cela les a changées complètement, à vie. - M.Bouhafsi: Cela fait plus de 8 ans que vous travaillez sur ce projet de L.Miller.
Vous étiez très attentive aux dates, aux faits. Il y a quelque chose d'essentiel: le Rolleiflex à double objectif. Vous vous êtes rapprochée du meilleur spécialiste du Rolleiflex pour travailler avec lui quelques jours. - A.-E.Lemoine: A l'époque, il était maniable. - K.Winslet: La caméra Rolleiflex est assez singulière parce que l'on regarde par le haut.
Quand on voit l'image, c'est à l'envers. Donc ça n'est pas si facile. Si c'est un peu flou, l'image est ratée. - A.-E.Lemoine: C'est un vrai Rolleiflex et je viens de vous prendre en photo.
Pouvez-vous nous prendre en photo? - K.Winslet: Oui, mais la lumière n'est pas bonne.
Allons-y. Ca va être une mauvaise photo, je pense. En fait, c'est bloqué. - A.-E.Lemoine: Merci d'avoir essayé. - P.Lescure: Pour camper cette femme libre et opiniâtre qui se moquait du regard des autres, vous assumez des rides, des cernes pour montrer sa fatigue physique et psychique.
Vous vous dénudez sans dissimuler quelques rondeurs. des suggestions de l'équipe de tournage? - K.Winslet: Oui, tout pour l'authenticité.
Elle était très libre avec son corps, son amour, ses affections. C'était mon travail d'être aussi proche de qui elle était, aussi proche que possible. C'est très intéressant de poser cette question.
Est-ce que vous poseriez cette même question à un homme, à un comédien? C'est une conversation intéressante. Beaucoup de femmes veulent avoir cette conversation sur être véridique, authentique, exprimer un message positif. on poserait cette question à mes homologues masculins.
Mais c'est vrai que c'était très important pour moi. Ca comptait beaucoup de jouer Lee. C'était le privilège le plus important de ma vie, de pouvoir jouer un personnage avec autant de puissance et de magnitude.
Je voulais faire tout ce que je pouvais pour l'exprimer aussi sincèrement que possible et avec autant d'honnêteté que possible. - M.Bouhafsi: A seulement 21 ans, vous avez été un tourbillon incroyable provoqué par "Titanic".
Il a été longtemps le film le plus rentable de l'histoire, Avec L.DiCaprio, vous êtes un des couples les plus mythiques de l'histoire. Cela nous fait plaisir de regarder ces images. ... - K.Winslet: C'est marrant que vous choisissiez ce clip.
C'est le seul du film qui me fait rouler les yeux au ciel. Quand nous avons tourné, il a fallu tourner 2 ou 3 fois sur des jours différents, selon le coucher du soleil. Il n'y avait que 2 prises bien.
Quand la caméra était parfaite, le soleil était parfait et, en fait, Mais c'était notre meilleure prise. Quand je regarde ça, je me dis que c'était très technique. En plus, nous étions très en hauteur sur un petit bout de scène.
Quand vous allez vous embrasser, votre maquillage va couler. Leo avait son maquillage dans la poche, et moi, ici. Entre chaque prise, on se regardait pour réarranger.
On s'arrangeait. C'était très drôle! J'ai tellement d'histoires à vous raconter sur le tournage de "Titanic".
C'est un plaisir à raconter parce que les gens adorent. aurait pu sauver Jack de l'eau glacée. Vous avez donné votre avis sur le plateau d'un célèbre talk-show américain.
Rires. - K.Winslet: Je ne sais pas ce qui me passait par la tête.
C'était assez rigolo. Il y a eu beaucoup de conversationS. Mais à vrai dire, la forme de ce bout de bois était tellement irrégulière, un peu comme s'il manquait le bout d'une planche de surf ou de paddle.
Quand on enlève quelque chose au niveau de la stabilité, c'est ça qui pose problème. Ne commençons pas cette polémique. Parlons plutôt de "Lee Miller". - P.Cohen: Vous aimez la France et la France vous le rend bien.
Dans "Lee Miller", tout un casting français raconte le bonheur de Lee dans le sud de la France avant la guerre. Nous y voyons M.Cotillard, que vous aviez déjà croisée dans "Contagion" et, à vos côtés également, N.Merlant.
Nous avons un autre nom à vous soumettre. C'est un sociétaire de la Comédie-Française qui a eu la chance de jouer votre mari. C'était dans "The Regime".
Vous jouez une autocrate névrosée qui chante de temps en temps Nous l'avons aperçu. C'est G.Gallienne, qui nous a confié en mars qu'il pourrait tout faire pour vous: lui lire le bottin, lui faire la cuisine, ce qu'elle veut. - A.-E.Lemoine: Vous vous êtes bien entendus? - G.Gallienne: Oui.
Elle m'a dit que la production avait mis à disposition, pour elle, une maison. Elle m'a dit de venir pour ne pas rester à l'hôtel. Donc j'ai passé tout le tournage dans la maison avec elle. - K.Winslet: C'était tellement fantastique!
En fait, je suis à Paris pendant 48 heures. Je suis arrivée hier soir et, dès l'aéroport, je suis allée chez Guillaume, et il m'a fait à manger. Il a fait la cuisine.
Nous avons fait un repas magnifique avec sa femme et son fils. C'est la 1re fois que je rencontrais sa famille. C'était extraordinaire.
C'était incroyable de travailler avec lui. Il est tellement drôle! Vous ne pouvez pas vous imaginer.
Il y avait des moments où on tournait, mais je ne pouvais Si je le regardais une seconde, j'allais rire de manière hystérique. Je me sens vraiment bénie. J'ai de la chance de le connaître et de l'avoir dans ma vie.
C'est un cadeau. - P.Lescure: Nous l'aimons beaucoup aussi.
Vous êtes née en Angleterre dans le Berkshire. Vos grands-parents étaient comédiens, vos parents aussi. Votre père vous a donné un petit travail pour joindre les deux bouts.
Il vous a dit de faire de votre mieux. et vous avez pensé à votre maman. - K.Winslet: Ma mère était une cuisinière merveilleuse.
Elle nous a instauré l'envie de partager, de faire des festins. C'est comme cela que mon parcours a commencé pour découvrir L.Miller.
J'ai des amis qui travaillent aux enchères. J'adore faire la cuisine. Ils m'ont invitée à une table qui est arrivée aux enchères.
Ils ont dit: "Elle faisait la cuisine à cette table." J'ai acheté la table. C'était en 2015.
La table est arrivée chez moi, je l'ai touchée avec mes mains. 9 ans plus tard, je sais pourquoi. Sa vie était tellement remplie de choses, c'était un parcours long et fort de challenges.
Ca valait chaque seconde. - A.-E.Lemoine: Le film est une réussite absolue.
C'est signé E.Kuras. Il sera en salle le 9 octobre prochain, juste après votre anniversaire, le 5 octobre.
Mais c'est l'année prochaine que vous aurez 50 ans. Vous avez dit que pour vos 50 ans, vous vouliez réaliser 50 choses incroyables. Il y en a déjà eu une qui est arrivée, c'est Ca ne fait plus que 49.
Au top de la liste, il y a quoi dans ces 50 choses incroyables à réaliser? - K.Winslet: Je veux faire des choses qui, j'espère, vont contribuer à améliorer le monde.
Donc peut-être 50 gestes de bienveillance, ou marcher 50 miles pour des oeuvres caritatives, ou donner 50 articles de vêtements, ou faire 50 repas pour des personnes sans domicile, ce genre de choses. - A.-E.Lemoine: Ou revendre le cliché que vous avez pris de Pierre, de Mohamed et de Patrick. - K.Winslet: Je ne crois pas! de vous à l'instant. - K.Winslet: Ne touchez pas, appuyez sur le bouton. - A.-E.Lemoine: Pardon, excusez-moi.
Pardon de ne pas le faire à l'ancienne. C'est un sacrilège.
Laure Miller