Jean-Pierre Raffarin
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Questions et réponses
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- 0:13OuverteRéponse directe
Question sur la forme et sur le fond concernant l'intervention d'Emmanuel Macron.
- 1:14OuverteRéponse directe
Sur la forme, le fait de passer par la presse régionale plutôt que la télévision, ça vous étonne ou pas ?
- 1:46OuverteRéponse directe
Vous êtes toujours dans le même état d'esprit qu'en mars dernier concernant le chef de l'État ?
- 2:28OuverteRéponse partielle
Les chiffres sont plutôt mauvais, Jean-Pierre Raffarin.
- 3:03OuverteRéponse directe
La porte de sortie de cette crise sanitaire, c'est la vaccination. Faut-il l'élargir ?
- 3:57OuverteRéponse directe
Macron et le régalien, c'est pour vous l'un de ses points faibles aujourd'hui ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:22Invité politiqueFait
« Oui, parce que nous engageons ce que les Français attendent, c'est le déconfinement. »
- 0:28Invité politiqueFait
« Mais on a vu que le confinement est de moins en moins acceptable. »
- 2:30PrésentateurChiffre
« parce que les chiffres sont plutôt mauvais, Jean-Pierre Raffarin. »
- 2:30Invité politiqueChiffre
« On a le taux d'incidence le plus élevé en Europe. »
- 2:56PrésentateurChiffre
« Ils sont à 12 millions de vaccinés pour deux doses, mais on en est qu'à six. »
- 3:11Invité politiqueFait
« Moi, je suis assez favorable à cette idée. En tout cas, je n'accepte pas qu'on jette une dose. »
- 4:58Invité politiqueFait
« Le lien terrorisme-immigration n'est pas un lien réciproque. Les terroristes sont souvent des immigrés, c'est clair. »
- 5:09Invité politiqueFait
« Mais les immigrés sont au total rarement des terroristes. C'est ça la vérité. »
- 7:05Invité politiqueFait
« Je pense que l'armée est soumise à l'éthique de responsabilité plus qu'à l'éthique de conviction et que le devoir d'obéissance est un devoir militaire. »
- 8:18Invité politiqueFait
« Je pense que Valérie Pécresse, ce n'est pas aujourd'hui dans ses projets, mais elle peut avoir aussi et la dimension et la capacité. »
- 8:43Invité politiqueFait
« Il a toujours été au carrefour de ses deux droites. La droite plus conservatrice et la droite plus des initiatives. »
- 10:58Invité politiqueFait
« Vous voyez tous ceux qui ont été atteints. Je vois que Roselyne Bachelot qui nous dit qu'elle est passée très près de la mort. »
- 11:38Invité politiqueFait
« ils sont bien à la droite républicaine là aussi. »
- 12:04Invité politiqueFait
« Ces gens-là ils sont au centre de notre vie politique depuis longtemps, ils étaient UMP, ils sont en partie aujourd'hui Macron. »
- 14:23Invité politiqueFait
« mais bien sûr qu'il a raison et qu'il ne faut pas refaire de la politique en permanence avec l'histoire. »
Temps de parole
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- Présentateur22 %
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L'invité de Renaud Blanc avec le Figaro. Un ancien Premier ministre dans le studio de Radio Classique. Bonjour Jean-Pierre Raffarin. Bonjour, bonjour à tous. Vous venez d'écouter l'édito de Guillaume Tabard. Emmanuel Macron va donc s'exprimer demain dans la presse régionale. Question sur la forme et sur le fond. Emmanuel Macron doit absolument s'exprimer. C'est à lui de détailler les perspectives. C'est maintenant qu'il faut le faire ?
Oui, parce que nous engageons ce que les Français attendent, c'est le déconfinement. Mais on a vu que le confinement est de moins en moins acceptable. Donc le problème aujourd'hui est, en fonction de la situation sanitaire, d'organiser un déconfinement progressif, mais de telle manière qu'on n'est pas un jour à reconfiner. Ceux qui déconfinent trop vite risquent d'avoir à reculer. Et aujourd'hui, un recul sur le confinement serait dramatique. Donc il faut organiser les choses progressivement avec mesure. Pour ne pas avoir à reculer. Et donc là, c'est le président de la République qui est le garant de cette mesure.
Parce qu'au fond, c'est lui le garant de « je déconfine, mais je n'aurai pas à reconfiner ». Ce qui est quand même très difficile, parce que la caractéristique de cette pandémie, c'est l'imprévisibilité.
Sur la forme, le fait de passer, j'allais dire, par la presse régionale, plutôt que de s'adresser directement à tous les Français par la télévision, ça vous étonne ou pas ?
Non, non, vous voyez, ça vous fait parler, ça fait des photos. Donc il a raison, il vit la vie politique comme elle est. C'est-à-dire qu'il faut avoir des innovations, il faut avoir des surprises, il faut prendre les gens quelquefois à contre-pied. Donc il est clair qu'il est assez habile dans sa manière de communiquer.
Quand vous êtes venu en mars dernier sur notre antenne, vous n'avez pas caché votre sympathie pour le chef de l'État. Vous avez précisé qu'il fallait faire bloc vu la situation. Vous êtes toujours, Jean-Pierre Raffarin, dans le même état d'esprit ?
Oui, je suis toujours dans le même état d'esprit. Parce que pour moi, ce qui est essentiel aujourd'hui, c'est la sortie de crise. Et personne ne sait quand cette sortie de crise aura lieu. Je vous ai dit que l'important aujourd'hui, c'était cette forme d'imprévisibilité. Nous passons d'une nappe de brouillard à une autre nappe de brouillard. Et entre les deux nappes de brouillard, on a un peu de l'éclaircie. Mais globalement, personne ne sait comment va se passer la rentrée en septembre-octobre. Personne ne sait si on va avoir une sortie de crise ou si on va retomber avec des nouveaux variants, avec une fragilité des vaccins, avec je ne sais quelle situation.
Jusqu'à maintenant, on va de surprise en surprise. On voit que les médecins ne sont pas tous d'accord entre eux. Ils sont plutôt inquiets, les médecins,
parce que les chiffres sont plutôt mauvais, Jean-Pierre Raffarin.
On a le taux d'incidence le plus élevé en Europe. Oui, mais il semblerait quand même que depuis quelques jours, la tendance soit meilleure. Et puis méfions-nous, on a vu tellement de retournements. On a vu les Anglais tout rater, puis tout réussir, puis à nouveau avoir des difficultés. Méfions-nous et ne faisons pas, en fonction des autres, faisons en fonction de notre situation sanitaire, déconfinons progressivement sans avoir à y revenir.
Certes, mais vous parliez justement des Anglais. Ils sont à 12 millions de vaccinés pour deux doses, mais on en est qu'à six. La porte de sortie de cette crise sanitaire, c'est justement la vaccination. Est-ce qu'il faut, Jean-Pierre Raffarin, l'élargir comme le souhaitent de très nombreux politiques depuis quelques jours ?
Moi, je suis assez favorable à cette idée. En tout cas, je n'accepte pas qu'on jette une dose. Ça, c'est quelque chose d'inacceptable. Et donc, qu'on puisse s'organiser pour que les plus jeunes puissent avoir accès au vaccin en fonction des doses disponibles. Donc, il est inacceptable. Quand je vois que des rendez-vous ne sont pas aujourd'hui pris, ça veut dire qu'est-ce qu'on fait de ces doses-là ? Est-ce qu'on peut bien les conserver ? Mais si demain, on apprend qu'il y a des doses qui sont massivement mises de côté, là, c'est quelque chose qui serait inacceptable.
Donc, il faut mieux ouvrir et permettre à ceux qui sont exposés à la vie active, qui travaillent, qui ont des contacts, de les protéger eux aussi. Donc, l'élargissement, c'est l'objectif. Et dès qu'il est possible, il faut le faire.
Alors, on va changer de sujet avec la présentation hier en Conseil des ministres de la loi antiterroriste. C'est le 20e texte sur le sujet. Macron et le régalien, c'est pour vous l'un de ses points faibles aujourd'hui ?
Oh, je ne crois pas. Ce que je crois, son point faible, c'est globalement son organisation politique, c'est son parti, c'est qu'il a très peu de relais. Je dirais que sa fragilité, c'est sa solitude d'une certaine manière. Il a un gouvernement respectable, mais qui n'a pas une puissance exceptionnelle. Et puis, son organisation majoritaire, on ne voit pas la fédération de la majorité. Je pense que les élections territoriales vont être assez difficiles. La droite sortira renforcer des élections territoriales de juin. Ça me paraît assez évident.
Donc, je crois que la fragilité du président, c'est plutôt l'organisation de sa majorité que sa puissance personnelle, qui est, je crois, en grande partie reconnue.
Alors, on va parler de la droite dans un instant, mais sur cette question du terrorisme, beaucoup de leaders de votre camp, aujourd'hui, font le lien entre immigration et terrorisme. Est-ce que c'est aussi le cas de Jean-Pierre Raffarin ?
Le lien est évident. Le lien terrorisme-immigration n'est pas un lien réciproque. Les terroristes sont souvent des immigrés, c'est clair. Mais les immigrés sont au total rarement des terroristes. C'est ça la vérité. C'est-à-dire que l'immigration n'est pas la condition automatique, évidemment, du terrorisme. Et donc, il n'y a pas similitude, même s'il y a des convergences dans ces phénomènes. Donc, le lien n'est pas réciproque.
Lorsque vous entendez des leaders de la droite, j'allais dire classiques, parler de ce lien, est-ce que c'est encore une fois faire la course au Rassemblement National ?
Je pense qu'il faut faire très attention. En tout cas, il ne faut pas rendre le lien entre immigration et terrorisme un lien automatique. Ce lien n'est pas réciproque. C'est vrai que les terroristes sont le plus souvent des immigrés, mais au fond, les immigrés sont très rarement des terroristes. Et donc, il faut là avoir de la mesure, du discernement. Mais c'est ça un peu l'attitude qu'il faudrait avoir et que l'opposition n'a pas toujours, dans ses attaques toujours très frontales, c'est cette éthique de responsabilité et cette capacité à être des formations de gouvernement. ce qu'on attend d'une opposition, c'est qu'elle se prépare à gouverner.
Et donc là, par exemple, il faut avoir une nuance. Il y a un lien, mais ce lien n'est pas bi-univoque, comme on dit en mathématiques.
Puisqu'on parle de terrorisme, cet Italien, dont certains sont d'anciens membres des Brigades Rouges, ont été interpellés hier matin en France et devraient être extradés vers l'Italie qui les a condamnés. Évidemment, on pense à Battisti, mais on pense également à Paolo Pertichetti, extradé en 2002. Vous étiez le Premier ministre à l'époque, Jean-Pierre Raffarin.
Absolument, absolument. Je pense qu'on avait conscience de ce qu'était le terrorisme à cette époque. Il y avait eu en Allemagne, il y avait eu en Italie un certain nombre de phénomènes et nous avons joué avec Jacques Chirac, la solidarité européenne et je pense qu'il faut clairement assumer cette responsabilité.
Je ne sais pas si vous avez lu dans le Parisien l'interview du général Le Cointre, le chef d'état-major des armées qui annonce des sanctions contre les officiers qui avaient signé cette tribune dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles sur le délitement du pays. Il réclame des sanctions, notamment des radiations. Il a raison, Jean-Pierre Raffarin.
Je pense que l'armée est soumise à l'éthique de responsabilité plus qu'à l'éthique de conviction et que le devoir d'obéissance est un devoir militaire et que pousser aujourd'hui l'armée à s'engager politiquement, c'est une faute d'État. Je crois que les militaires, par définition, s'ils veulent être professionnels, ne doivent pas se tromper d'ennemis. Et les ennemis, aujourd'hui, nous en avons deux. C'est le terrorisme et le virus. Et ce n'est pas le gouvernement ou ce n'est pas la société politique pour un militaire. Un militaire, il doit aujourd'hui respecter cette éthique de responsabilité qui est l'éthique de l'État. Et c'est sa mission. Il doit naturellement la respecter.
Et il faut qu'il soit sanctionné s'il ne la respecte pas.
Vous avez parlé à plusieurs reprises, Jean-Pierre Raffarin, de la droite, pendant cette interview. Vous aviez dit sur notre antenne que vous voteriez à la présidentielle pour celui qui, à droite, pourrait rassembler votre famille politique. Et je reprends vos mots, les bonapartistes et les orléanistes. Xavier Bertrand, qui s'est déclaré il y a un mois, sa candidature vous intéresse ? Il pourrait être cet homme-là ?
Je pense que c'est une personnalité de qualité. C'est quelqu'un qui a un niveau, qui a des capacités évidentes. Il l'a montré dans ses fonctions ministérielles, notamment, mais aussi à la présidence de région. Mais je pense qu'il y a d'autres personnalités. Je pense que Valérie Pécresse, ce n'est pas aujourd'hui dans ses projets, mais elle peut avoir aussi et la dimension et la capacité.
Elle est candidate officiellement à la région Île-de-France. À la région Île-de-France.
C'est une personnalité qui a un très très bon bilan, qui a impressionné beaucoup de gens par sa détermination. Donc, il y a un certain nombre de personnalités. Michel Barnier dans Le Point aussi, qui a envie d'y aller. Oui, lui, il a aussi des atouts formidables, parce qu'il peut rassembler les deux droites. Il a toujours été au carrefour de ses deux droites. La droite plus conservatrice et la droite plus des initiatives.
Ce qui est clair aujourd'hui, c'est que nous avons deux droites et que pour que la droite ait une chance, deux droites républicaines, je parle de cette famille ex-RPR et ex-UDF, le centre d'un côté, la droite de l'autre, les orléanistes et les bonapartistes, ces deux familles-là, il faut les rassembler pour gagner. Donc, c'est vrai qu'il y a des personnalités qui peuvent le faire. Mais je pense que l'essentiel, c'est qu'il faut attendre l'automne. Nous sommes aujourd'hui dans la dernière, j'espère, grande nappe de brouillard. Nous n'avons pas de visibilité sur l'avenir. Nous ne savons pas comment sera notre automne. De deux choses l'une.
Ou nous sortons de la crise à partir du mois d'octobre-novembre. Et nous voyons la possibilité de la relance. Nous voyons la possibilité du redémarrage et un peu de la renaissance de notre société. Et à ce moment-là, je pense très franchement qu'Emmanuel Macron est en bonne position. Mais si nous sommes dans une situation encore d'incertitude, s'il nous faut reculer, c'est-à-dire revenir dans le confinement, si les Français sont perdus quant à l'avenir, s'il n'y a aucune visibilité, à ce moment-là, nous entrons dans une période d'aventure. Tout sera possible et il faudrait être extrêmement vigilant.
Donc, tant que nous n'avons pas traversé cette nappe de brouillard, nous ne verrons pas la situation de la présidentielle. Et ça, il faut avoir la patience d'attendre octobre. Moi, je ne veux pas me prononcer avant le mois d'octobre. Ce que je dis simplement en ce moment, c'est que la France me paraît extrêmement difficile comme tous les pays d'ailleurs à gouverner et qu'il faut respecter un peu ceux qui gouvernent parce que c'est d'une complexité terrible quand vous n'avez pas au fond cette visibilité. Quand même, vous voyez les grands experts, les grands médecins souvent avoir beaucoup de divergences, vous vous rendez compte combien tout ça est très difficile.
Et il peut se passer plein de choses avec ce virus. Pour moi, le virus est plus féroce que ne le pense la société. Nous sommes pourtant alertés par tous ceux qui ont été directement atteints par ce virus mais au total, notre réaction manque je dirais d'une certaine gravité. Je vois qu'une vérité me semble à nouveau complètement confirmée. L'expérience n'est pas transmissible et au fond, ceux qui ne sont pas atteints ne mesurent pas le danger de ce virus qui est quand même extraordinairement féroce. Vous voyez tous ceux qui ont été atteints. Je vois que Roselyne Bachelot qui nous dit qu'elle est passée très près de la mort.
Nous sommes dans une situation on devrait avoir conscience de la gravité de la situation et la gravité de la situation devrait nous faire un peu respecter ceux qui sont en combat pour notre santé. Vous me permettez tout de même de vous poser
deux questions sur votre famille politique. Vous imaginez donc aujourd'hui Jean-Pierre Raffarin un troisième revers d'affilée pour la droite républicaine. On est plus près de ce scénario que d'autres choses très franchement.
Oui mais enfin la droite républicaine je pense à Edouard Philippe qui est avec Emmanuel Macron je pense à beaucoup de ministres et notamment Bruno Le Maire ils ne sont pas à la gauche républicaine ils sont bien à la droite républicaine là aussi. Donc il faut admettre
Christian Jacob n'a pas tout à fait le même discours que vous sur cette question.
Oui mais ils peuvent dire ce qu'ils veulent mais ils sont là et moi je connais bien Bruno Le Maire et je connais bien Edouard Philippe par exemple ils ne sont pas passés à gauche parce qu'ils ont soutenu Macron. Donc il faut reconnaître et c'est la faille un peu du raisonnement aujourd'hui de LR c'est qu'il y a des gens de la droite républicaine qui soutiennent Macron. Ces gens-là ils sont au centre de notre vie politique depuis longtemps ils étaient UMP ils sont en partie aujourd'hui Macron. Est-ce que la droite peut les faire revenir ? Ça dépendra beaucoup de la situation sanitaire de notre pays à l'automne prochain.
Mais qu'est-ce qu'il manque à votre famille politique aujourd'hui ? Il manque une personnalité ou il manque des idées ? Ça va faire 10 ans que vous êtes dans l'opposition Jean-Pierre Raphaël ?
Il faut le rassemblement et donc il peut y avoir un jour une personnalité qui crée le rassemblement et il peut aussi y avoir un jour un programme qui crée le rassemblement.
Je pense que par exemple on parlait de terrorisme et immigration ce qu'il faut c'est un discours de responsabilité ce qui manque à la droite quelquefois c'est de sortir de ces attaques frontales en permanence le gouvernement dit quelque chose et tout de suite la droite fonce pour dire c'est un chiffon rouge et tel le taureau elle fonce dans la muletta et donc la question aujourd'hui c'est de montrer la capacité de gouvernement comment serait la France à 3 ans à 5 ans si la droite était au pouvoir c'est cette perspective cette longueur de vue qu'il faut aujourd'hui avec un esprit de responsabilité la situation c'est pas démolir celui qui est au pouvoir la situation c'est de le remplacer et pour le remplacer il faut un projet et des gens qui incarnent c'est vrai que un Nicolas Sarkozy avait une forme d'incarnation tellement puissante qu'il était d'une certaine manière une force de rassemblement mais quand on n'a pas ce type de personnalité à ce moment là il faut mettre le projet en avant et le projet doit être un projet de rassemblement la droite elle le sait depuis longtemps je connais ce sujet parce que j'ai été l'un des fondateurs de l'UMP et que la bataille a été très dure entre Chirakien et Giscardien vous savez moi quand j'ai rejoint Chirac
oui vous êtes une exception autant Chirac que Giscard c'est quand même assez rare
mais c'est extrêmement rare mais j'avais conscience que l'UDF sans le RPR ou le RPR sans l'UDF ne pouvaient pas gagner dans ce pays comme Mitterrand avait compris qu'il fallait que la gauche soit rassemblée et donc le rassemblement d'une famille politique c'est quelque chose d'essentiel et ça doit se faire par je dirais largement autant l'éthique de responsabilité que l'éthique de conviction
une dernière question juste un mot sur les 200 ans de la mort de Napoléon le 5 mai prochain Emmanuel Macron prononcera finalement un discours à l'Institut de France et déposera une gerbe de fleurs aux invalides sur son tombeau il a raison
mais bien sûr qu'il a raison et qu'il ne faut pas refaire de la politique en permanence avec l'histoire pensons à notre code civil pensons à nos lycées pensons à combien c'est difficile de faire un certain nombre de réformes pensons à ces départements dont on voit bien que cette dimension humaine est restée essentielle avec tous les adversaires qu'elle a pu reconnaître dans l'histoire et finalement elle a résisté à l'histoire donc Napoléon a apporté des choses essentielles pour notre pays personne n'est parfait pas ceux qui commentent aujourd'hui plus que ceux qui ont agi hier et donc il y a naturellement des débats qu'on peut avoir mais il ne faut pas avoir sur le regard de l'histoire en permanence le jugement de l'actualité d'aujourd'hui
merci Jean-Pierre merci Jean-Pierre afin d'avoir répondu à mes questions ce matin l'ancien premier ministre dans le studio de Radio Classique 8h29 très bonne journée à vous 8h29 dans un instant l'essentiel de l'actualité
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Jean-Pierre Raffarin