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interviewFrançois Ruffin· 31 mars 2026 6 min

Voir la France de l’industrie !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

François Ruffin est notre invité. Monsieur le député, bonjour. Bonjour.

Je suis ravie de vous accueillir sur ce plateau de Global Industrie TV. Euh pour rentrer un peu dans le sujet tranquillement, j'ai envie de vous poser une première question. Qu'est-ce que vous êtes venu voir ou comprendre ici au salon Global Industrie ?

Je suis venu rencontrer des gens. Vous savez, moi pour l'industrie, je suis presque un vétéran. Même si j'ai que 50 ans, j'ai déjà 30 ans de combat pour l'industrie dans mon coin, dans ma région en Picardie.

Et je suis venu rencontrer ici des gens, des personnes qui ont envie parce que se lancer se lancer dans l'industrie, c'est toujours une aventure. Et ce que j'ai vu, bah c'est trois ingénieurs qui pour lancer un produit ont mis 2000 € chacun de leur compte pour lancer ça. Bah, c'est des des gens qui sont fiers de de lancer des produits comme des exosquelettes qui vont faciliter la vie des salariés.

Donc moi, je viens voir la France qui a envie et je sais que dans notre pays, il y en a beaucoup. On a beaucoup parlé sur ce plateau depuis le début de la journée de reconnaissance, de mise en lumière. Il faut encore le faire ça pour l'industrie française.

On n'y est pas encore. Bah, vous savez la trajectoire de l'industrie française, il faut pas se la raconter, c'est quand même une trajectoire de déclin dans la longue durée. Pourquoi ?

Parce que aujourd'hui, la part du du PIB de l'industrie est passée sous les 10 %. On est à l'équivalent de la Grèce et ça continue de plonger. On sait qu'il y a plus de fermeture d'usine qu'il n'y a d'ouverture d'usine.

Vous l'expliquer cette désindustrialisation française ? Mais dans dans pendant longtemps, les dirigeants politiques et économiques de notre pays à partir des années 80, ils ont considéré que l'industrie c'était le passé, c'était dépassé, il fallait s'en débarrasser. Ils s'en sont débarrassés.

Ils ont été actifs pour s'en débarrasser. Fallait aller vers les services, la banque et la finance pour les uns et puis pour les autres, ça serait auxiliaire de vie, Caris et cetera. Mais et là je vois un changement dans les discours notamment depuis la crise Covid.

Depuis la crise Covid, ceux qui disaient auparavant "Bah c'est détruit, c'est pas grave, on créera dans autre chose." Maintenant il y a une prise de conscience qu'on peut pas être un grand pays sans avoir une grande industrie. Mais il nous faut il y a une condition essentielle.

Il y a une condition essentielle, c'est qu'on ne peut pas avoir de politique industrielle sans avoir une politique commerciale. Je vais vous donner un exemple. Je pendant la crise Covid à sa suite le président de la République décide de mettre des dizaines de millions d'euros sur les les usines de masque, ce symbole de la crise Covid.

Et de fait, il y a des usines qui surgissent un petit peu partout. Et moi, je reçois un mail du patron de la Fédération française de masque qui me dit "Monsieur Ruffin, venez chez nous à Frontignan, vous allez voir. Je me rends donc près de Montpellier, je visite son usine, les machines sont à l'arrêt." Pourquoi ? parce que 99,9 % des masques étaient d'importation chinoise.

Et pour la cement public, les hôpitaux, les pompiers et cetera, c'était 99,3 %. Ce qui fait quoi ? Ce qui fait que on a ouvert des usines mais un an après elle ferma parce que si on va voir une politique industrielle, faut faire pour industrialiser la France, comment on fait ?

Il y a, je vais porter trois leviers. Ouais. Il y a une question qui est la politique commerciale, d'autant plus à l'arrivée de Trump à la tête des États-Unis parce que c'était évident, moi je l'avais dit, je l'avais annoncé, je l'avais déclaré.

Qu'est-ce qui va se passer ? Il va y avoir la fermeture du marché américain. Du coup, les surcapacités chinoises qui vont se voir fermer ça vont rebasculer tout vers l'Europe.

Et c'est ce qui est en train de se produire avec une disparition des unes dans série. Donc si jamais on veut avoir de l'industrie sur notre continent, il y a pas de choix. Il nous faut des tarifs, il nous faut des barrières douanières, il nous faut des protections commerciales.

Il faut mettre ça en œuvre plutôt que de signer des des nouveaux accords de libre échange. Au niveau français, il faut un buy French act. Euh je je passais parce que partout où je passe, je visite les usines, le fil rouge à Marseille qui fabrique des t-shirts mais ils vendent alors auprès de Heineken un petit peu auprès de Decathlon un petit peu mais il y a pas de commande publique parce qu'on leur dit c'est pas possible d'avoir une commande publique similée sur le territoire national.

Si c'est possible, il faut la commande ciblée. Ensuite, il y a un levier qui est quand même les aides. Alors, vous savez 211 milliards d'euros d'aide, c'est le chiffre qui a été donné.

Mais surtout, moi, je dis que l'industrie a besoin d'aide. Qui a pas de doute là-dessus. L'industrie a besoin d'aide publique.

Par contre, ces aidesl elles doivent être ciblées. On soit se demander où on les met. Vers qui ?

Bah, notamment vers les PME. Ouais. Quand on donne 1 million d'euros à une PME, elle crée en moyenne 13 emplois.

Quand on donne 1 million d'euros à une multinationale, ça crée 06 emplois. On est dans un rapport de 1 à 20 et c'est normal qu'on le prend parce que quand on est naissant, qu'on nous arrose bien, bah c'est le moment où on pousse mais quand on est déjà très grand, même si on vous remet de l'eau par-dessus, vous allez vous avez cessé de pousser. Donc évidemment, il faut arroser les jeunes pousces, les pousses qui sont naissentes.

C'est là où il y aura le plus à la fois d'emploi et de valeurs ajoutées qui viendra se mettre. Et aujourd'hui, on a du coup un gigantesque gâchi d'être public parce qu'à la place de cibler, on arrose tous, on arrose à l'aveugle. On arrose par exemple la grande distribution qui a absolument pas besoin d'aide et on arrose des multinationales qui se débrouilleraient très bien sans et enfin le dernier point c'est quand même l'énergie.

Il nous faut une énergie à bas coup dans notre pays. Il faut que dans l'industrie ce qui passe encore par le gaz bascule vers l'électricité. Mais il faut une électricité où il y ait la garantie qu'elle soit à bas coup pour les industriels et à bas coup avec une stabilité dans la durée.

Or, on sait le yoyo du marché qui a mis dans la difficulté un certain nombre d'industriels dans notre pays. Quel message vous avez envie de faire passer aux industriels aujourd'hui du salon Global Industrie ? Ce sera ma dernière question. que nous avons un plan, nous avons un plan très clair dans la tête et vous savez ce plan c'est pas comme si je l'élaborais sur votre plateau aujourd'hui ou depuis les les 4 ans de la crise Covid.

Moi ça fait 25 ans que je dans ma tête je mets en place un plan. Pourquoi ? parce que malheureusement je vois le roi que ça laisse chez les salariés et dans les territoires quand il y a une disparition de l'industrie qui est comme la colonne vertébrale d'un pays.

Et notre colonne vertébrale aujourd'hui, elle a largement fichu le camp. Il est temps de la rétablir.