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interviewC dans l'air· 3 janvier 2026 10 min

L'IA : révolution militaire dans l'armée française

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

pour répondre à des besoins d'agriculteurs. Ce n'est pas sûr que les Etats-Unis ou la Chine soient gagnants à l'avenir. - S.Brakhlia: Si on devait citer un autre domaine où l'IA mène sa révolution, c'est la défense.

A quoi vont ressembler les guerres du futur? - C'est une fiction apocalyptique. - Notre monde est marqué par d'incessantes menaces balistiques. - Il y a un 2e impact... - Imaginée par des auteurs de science-fiction et des chercheurs, pour permettre à l'armée française de se préparer au pire. - Il y avait des essaims de drones comme on n'avait jamais vu.

C'était le chaos. - Un scénario catastrophe, mais est-il vraiment possible? L'IA peut-elle changer le visage de la guerre?

Que faut-il craindre dans les prochaines années? Nous sommes allés poser ces questions à B.Rondepierre, en charge de la gestion de l'intelligence artificielle au sein du ministère des Armées.

Il tient à nous rappeler que l'IA est déjà utilisée par les militaires, notamment ukrainiens. - Les militaires ont cette boucle "observer, orienter, agir". Quand vous accélérez cette boucle, que vous êtes capable de la faire Que votre adversaire, ça vous donne une supériorité. - Toutes les grandes nations s'y mettent.

Les Etats-Unis, avec ce puissant drone de combat, Israël, avec ce tank basé sur l'IA...

De nouvelles armes plus puissantes et des modifications à prévoir comme cet essaim de drones, déjà intégré dans les exercices militaires sud-coréens. - Quand on envoie quelques drones en mission, demain, dans des échelles industrielles, on peut imaginer des essaims avec 100 ou 1000 drones. C'est une mutation.

On est sur beaucoup d'objets technologiquement compliqués. Demain, je pense qu'on sera sur de la masse, avec des objets moins complexes, moins coûteux, mais massifiés. Pour réfléchir à l'avenir, je pars d'un principe qui me semble clé: tout ce qui peut se passer va se passer. - Que va-t-il se passer, alors?

Des chiens robots guidés par l'IA sont déjà testés par l'armée britannique pour désamorcer les bombes. Ils sont aussi équipés, aux Etats-Unis, de fusils. Peut-on aussi envisager des robots boostés par l'IA, qui agiraient à la place des soldats? - On parle d'arme autonome.

Avec un fusil sur un robot, on va avoir un robot qui tire sur tout ce qui bouge. On est déjà sur quelque chose d'horrible sans même y mettre de l'IA. Demain, avec de l'IA, ce seront probablement des choses du même acabit.

Nous, en tant qu'armée française, qu'est-ce qu'on fait pour s'y préparer et y faire face? - L'IA, c'est aussi les deepfakes, ces vidéos créées de toutes pièces dans lesquelles la voix et l'aspect d'une personne sont parfaitement imités, comme ici, avec le président ukrainien. ... - Une arme redoutable pour manipuler l'opinion publique. - Il y a un enjeu sur les deepfakes.

Il faut faire la part entre le vrai et le faux. C'est déjà le cas aujourd'hui. Ca continuera demain.

Ca rentre dans cette réflexion de comment on fait face. - L'enjeu pour l'armée française est de ne pas se faire distancer. - Si les compétiteurs se mettent à avoir des capacités avec des drones, des essaims de 1000 drones, et qu'on n'est pas capables d'y faire face, parce qu'on n'aurait pas développé l'autonomie, de la commande à grande échelle, ça veut dire que sur le terrain, on perd notre supériorité.

Donc on est vulnérables. Sur le terrain, ça se traduit par perdre la guerre, si je schématise. - S.Brakhlia: Question. - E.Duteil: C'est déjà assez impressionnant.

Malheureusement, à cause de la guerre en Ukraine...

On aurait aimé que ce conflit n'ait jamais lieu. Elle a généré une accélération totalement folle. On n'est pas trop mauvais.

On a une pépite franco-allemande...

Plutôt allemande que française. C'est Helsing. L'IA doit permettre de moins tirer mais de tirer mieux.

On devrait être capables...

Celui qui maîtrisera la technologie demain...

Celui qui maîtrisera les données et saura les calculer le plus rapidement possible...

E.Musk a donné accès aux données Internet Starlink en Ukraine, qui a permis d'avoir un mur, qui permettait d'utiliser rapidement les données. On est loin d'être à la ramasse.

Les Israéliens sont très en pointe. Les Américains aussi. Les Chinois, on n'en a aucune idée.

On sait qu'ils font des drones intelligents. On sait que les Turcs sont en avance en la matière. Pendant la guerre avec Israël, ils n'avaient pas un matériel très efficace.

Il y a quelques pays qui utilisent très bien l'IA pour faire progresser... - S.Brakhlia: Je voulais vous montrer un clip diffusé par l'armée chinoise au moment de cet exercice militaire de grande ampleur autour de Taïwan.

On voyait ces animaux se transformer en armes ultra puissantes et modernes. Il y a un enjeu d'image et de communication pour dire: "Regardez, on est les plus modernes du monde. On peut frapper, et très vite." - N.Bouzou: C'est un sujet énorme pour tous les états-majors qui ont de l'argent à investir.

Regardez ce qu'il s'est passé en 4 ans sur le front ukrainien...

On est passé d'une guerre d'artillerie, quasiment la Première Guerre mondiale, à une guerre de drones. Malheureusement, la mutation, on l'a vue sous nos yeux. Les états-majors se posent des questions fondamentales sur où on investit l'argent.

Est-ce qu'on investit encore dans l'artillerie, dans des chars, ou massivement dans des technologies qui sont complètement nouvelles? C'est un débat qui a existé avec le porte-avions... - S.Brakhlia: On va investir 10 milliards d'euros pour un nouveau porte-avions.

Est-ce que cet investissement est le meilleur? - E.Duteil: Il en faut pour tirer des drones. - S.Brakhlia: C'est un support pour ces nouvelles technologies? - E.Duteil: Potentiellement.

La grande question, c'est si on a besoin de drones qui valent des millions d'euros à être construits et qui vont mettre 10 secondes à être détruits. On a des drones améliorés grâce à l'IA. On sait que ça va tomber en quelques minutes sur le front ukrainien.

Eux-mêmes ont développé de façon assez rapide en faisant tomber le bateau tanker fantôme de la flotte russe...

Ils l'ont fait couler avec des sous-marins dopés à l'IA. Il a été encerclé par ces drones sous-marins ukrainiens. - S.Brakhlia: Question qui fait peur: est-ce qu'on peut arriver à des armes autonomes qui vont être pilotées par on ne sait qui? - I.Ryl: La doctrine française est de garder un humain dans la décision. - S.Brakhlia: C'est la doctrine française. - I.Ryl: Et de ses alliés.

Elle a porté cette voix à l'ONU depuis 2013, si je me souviens bien. Ca a encore été discuté fin 2024. Il y a des tentatives d'établir des règles internationales du bon usage des armes, comme on interdit les armes biologiques.

Le problème, c'est si celui d'en face ne les respecte pas. Ca va être la difficulté. La conviction que j'ai et que certains chercheurs ont, c'est qu'il y a une différence entre l'usage et la technologie.

On peut s'interdire d'utiliser une technologie, mais ne pas la posséder, c'est dramatique. Si vous vous retrouvez face à un adversaire qui la possède... - S.Brakhlia: C'est de la dissuasion. - I.Ryl: De la dissuasion et la connaissance.

Vous ne pouvez pas vous prémunir de quelque chose dont vous ne connaissez pas le fonctionnement. Ca nécessite des fonctionnements importants. L'armée utilise l'IA, comme toutes les entreprises, pour améliorer les chaînes logistiques, les précisions...

On n'est pas dans le ChatGPT.