Invité : Nicolas Dupont-Aignan - Parlement hebdo (09/12/2016)
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Bonjour à tous, bienvenue, c'est l'heure de Parlement et on va refaire toute l'actualité politique et parlementaire. Bonjour Katia.
Bonjour Mickaël. Et notre invité cette semaine, Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour.
Bonjour.
Vous êtes président de Debout la France et candidat à l'élection présidentielle. Vous avez présenté votre programme cette semaine. On y reviendra.
On va dérouler avec vous le fil de l'actualité. Ça commence par un début de semaine de Manuel Valls, parti de Manetignon. Il a débuté sa campagne par un meeting dans le Doubs. Il espère être l'homme du rassemblement.
Bernard Cazeneuve, lui, a passé sa première séance de questions au gouvernement à l'Assemblée. L'opposition n'a pas ménagé le nouveau Premier ministre, le mettant face à son bilan.
Et puis ce vote surprise du Sénat sur l'IVG. Les sénateurs ont adopté la proposition de loi qui a été votée à l'Assemblée nationale et qui pénalise les sites d'information sur l'avortement.
Et commençons par l'actualité politique avec... C'est parti pour Manuel Valls. Il s'est donc lancé dans la course en début de semaine. Il a choisi Odincourt dans le Doubs pour faire sa première réunion publique de candidats à l'élection présidentielle. Elsa Mondingava et Sophia Rousseau. Premier déplacement de campagne pour Manuel Valls. Visite d'entreprise et d'une coopérative dans le Doubs. Une circonscription que l'ancien Premier ministre n'a pas choisie au hasard. Il était déjà venu début 2015 dans le cadre d'une législative partielle très compliquée pour la gauche.
Je vous promets une chose, c'est qu'après la primaire, si je la gagne, je viendrai ici de nouveau dans le Doubs. Parce que c'est un fil conducteur qui est celui des victoires. Je suis venu ici soutenir deux fois Frédéric Barbier en janvier 2015. Et ça marchait.
Manuel Valls qui affirme qu'il est le seul à pouvoir rassembler contre le Front National et la droite, même s'il reconnaît avoir pu ne pas faire l'unanimité dans son camp.
On me dit, Manuel Valls, vous avez changé, non ? J'ai toujours voulu rassembler, dans la clarté. Bien sûr, j'ai participé au débat. Parfois, j'ai pu avoir des mots durs susciter des incompréhensions, comme chacun d'entre nous. Mais j'évolue, je change, j'ai une mission, bien évidemment, aujourd'hui comme candidat à la présidence de la République. Mais j'ai toujours voulu rassembler.
Mais le travail commence pour l'ancien Premier ministre, qui a un mois et demi pour convaincre des militants encore frileux.
Vous serez l'élu d'une gauche. Il y aura face à vous Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Vous avez dit que vous vouliez vous dépasser, alors prouvez-le. Vous parlez tout le temps de rassembler ? Eh bien, rassembler. Faites une seule primaire avec les trois. C'est à vous de les convaincre. Arrêtez de jouer comme des gamins.
A une probable candidature de Vincent Péion, Manuel Valls n'a pas souhaité répondre. Mais pour lui, le tout-sauve-valls ne peut pas être un motif de rassemblement au Parti Socialiste. Est-ce que vous pensez, Nicolas Dupont-Aignan, que Manuel Valls peut assurer une présence de la gauche au second tour de l'élection présidentielle ?
Moi, je pense être, comme tous les Français, très lassé de ces grands cinémas. Je pense surtout que Manuel Valls a été le Premier ministre de François Hollande, avec un quinquennat catastrophique. On a l'impression que ce sont des images comme ça qui passent. Mais derrière, il y a un bilan, il y a des millions de chômeurs, il y a un mépris du peuple, il y a une soumission à Bruxelles, il y a une faillite.
Donc la candidature n'est pas légitime pour vous ?
Mais en tout cas, je la combattrai parce que je veux combattre ce socialisme qui a abîmé la France. Et c'est insupportable pour tous les Français qui souffrent de voir ce jeu politicien. Et cette femme, elle a exprimé le ridicule de ces images. Mais il n'y a aucun examen de conscience chez ces gens-là. Aucun examen de conscience. Vous pensez que la gauche sera au deuxième tour de l'élection présidentielle ? Mais je n'en sais rien. Moi, je me battrais pour un projet différent. Et je crois que les Français aspirent à un grand coup de balai, un vrai ménage. Un vrai ménage. Ce n'est pas parce que l'emballage est différent que le contenu est différent, c'est le même contenu.
C'est la même politique depuis 20 ans qui a épuisé le pays. Il est temps d'en changer. Est-ce que vous prendriez les mêmes mots que Marine Le Pen cette semaine ? Est-ce que ce sont des doublures ? Oui, bien sûr que ce sont des doublures. Mais je peux prendre les mêmes mots que tous les Français. Après, ça ne veut pas dire que je veux Marine Le Pen. Justement, je me présente pour offrir un patriotisme différent. Mais là, c'est le mot doublure par rapport à Emmanuel Macron, par rapport à Emmanuel Valls, par rapport à plein d'autres. A François Fillon.
Mais c'est des gens qui gouvernent depuis 30 ans, qui ont fait exploser la dette, qui ont été responsables du matraquage fiscal, qui sont responsables de l'immigration massive, de la fiscalité. Bref, le bilan est accablant. Et on nous recycle le jeu politicien des primaires. Fait qu'on veut faire passer pour neuf ce qui est vieux. Alors, de grâce, parlons d'autre chose.
Alors, parlons notamment de Michel Alliou-Marie qui a déclaré sa candidature à l'élection présidentielle et qui se présente comme gaulliste. Finalement, elle marche un peu sur vos plans.
Non, mais écoutez, je ne ferai aucun commentaire sur les uns les autres. D'abord, qui sera candidat vraiment ? Michel Alliou-Marie avait déjà été candidate et puis il n'y avait plus été. Je respecte cette femme. Mais je pense qu'on ne peut pas se dire gaulliste si on ne revoit pas nos rapports avec l'Union européenne et avec la politique étrangère de la France pour restaurer l'indépendance du pays, seule condition pour traiter la cause des problèmes du chômage massif, de l'immigration, de la pauvreté de masse qu'il y a dans notre pays. Moi, j'ai fait un engagement. J'ai quitté l'UMP en 2007. Pas parce que je n'aimais pas mes anciens collègues, parce que j'étais en désaccord fondamental.
Et malheureusement pour le pays, tout ce que j'ai dit s'est avéré juste. Quand on ne maîtrise pas ses frontières, on ne contrôle pas son immigration. Quand on ne lutte pas contre la concurrence déloyale du monde entier, on ne peut pas aider nos PME. Moi, je veux traiter la cause des problèmes et je présente aux Français le seul projet qui permettra de sortir le pays de la crise. Ça, c'est important. Beaucoup plus important que tout le reste.
Il y a des symboles. Quand vous dites qu'être gaulliste aujourd'hui, c'est par rapport notamment à la démarcation sur l'Union européenne.
Est-ce que vous estimez qu'un François Fillon n'est pas un gaulliste ? Mais je n'ai pas à donner des leçons, soyons clairs. Je n'ai pas à donner des leçons des brevets de gaullisme. Est-ce que vous êtes le seul héritier du gaullisme dans cette élection présidentielle ? Je n'ai pas cette prétention, parce que c'est aux Français de s'en rendre compte. Mais en revanche, ce que je dis, c'est qu'il y a des leçons. Et la leçon, c'est quand on a la moitié des lois françaises qui sont décidées par des technocrates à Bruxelles. Quand on ne contrôle pas ses frontières, quand on a une politique étrangère et qu'on a réintégré l'OTAN... Et ça, c'est le gaullisme.
Excusez-moi, c'est exactement l'inverse de ce que voulait le général de Gaulle. Pourquoi la France... Essayons de reprendre les choses à plein. Pourquoi la France s'en est sortie sous de Gaulle ? Ce n'est pas parce que c'était de Gaulle. Moi, je ne suis pas pour la nostalgie. Je suis pour qu'on... Regarde les recettes qui marchent. Quand on défend les intérêts du pays, il y a des conséquences sur l'emploi, sur la relance, sur le niveau de vie. Moi, je veux être président de la République pour qu'à l'Elysée, il y ait quelqu'un qui défende les intérêts des Français. Le gaulliste, c'est ça ? Oui, je pense. Vous êtes le seul gaulliste de cette élection.
En tout cas, je défendrais une vision de la France qui veut rendre aux Français le pouvoir. Si vous n'avez pas le pouvoir, vous êtes une marionnette. Et ça fait 30 ans qu'on a des marionnettes. On va passer sur un autre sujet. Cette semaine, donc, Manuel Valls a démissionné. Ça veut dire qu'il y a eu un nouveau gouvernement. Bernard Cazeneuve a été nommé Premier ministre. C'était le baptême du feu pour lui lors des questions d'actualité résumées par Stéphanie Despierre.
Dans l'hémicycle, sur les bancs du gouvernement, Bernard Cazeneuve a changé de place. Et il est désormais en première ligne. Dès la première question d'actualité, l'opposition attaque le tout nouveau Premier ministre. Les Français savent que vous ne ferez rien, ou presque dans les quelques semaines, qui nous séparent de l'élection présidentielle. Quelle est votre légitimité politique pour gérer les affaires courantes ? Avez-vous ici, dans cet hémicycle, une majorité ? Réponse immédiate du chef du gouvernement.
Vous me demandez d'où je tire ma légitimité, mais je la tirerai, bien entendu, monsieur le président Jacob, du Parlement, parce que le Conseil des ministres se réunira samedi, qu'il aura à traiter de la question de l'état d'urgence, qu'il aura à traiter de ma déclaration de politique générale et du vote qui s'en suivra, et qui permettra, soyez-en sûrs, de vous garantir que je dispose dans cet hémicycle d'une large majorité pour poursuivre l'action dont le pays a besoin. Après une longue ovation, à la sortie des questions d'actualité, les socialistes saluent la compétence de Bernard Cazeneuve. Vous avez vu comment il était à la hauteur ? Vous avez vu comment il a répondu ?
Vous avez vu comment il connaissait les dossiers ? Vous avez vu comment il était pointu ? Moi, je trouve que c'est un très bon et un excellent Premier ministre. Il n'y a rien à dire, au contraire, et je suis persuadé que le groupe majoritaire va être derrière lui. L'opposition, elle, attend le discours de politique générale prévu mardi. Moi, j'attends de Bernard Cazeneuve que les fameux 138 jours qui nous séparent du premier tour des présidentielles soient efficaces. Si M. Cazeneuve doit continuer la politique catastrophique que M. Hollande a mis en place pour le pays et que M. Valls a très bien servi, ça ne changera rien.
Mardi, l'opposition ne devrait pas voter la confiance au nouveau gouvernement.
Débat de politique général. Mardi, vote de confiance, vous voterez quoi ? Je ne la voterai pas. Mais attendez, si un martien débarquait dans l'hémicycle, il se dirait « mais les Français sont dingues ». Au-delà de la personnalité de Bernard Cazeneuve, c'est quand même l'homme d'un échec sidérant. Des centaines de morts sur le sol français, des policiers dans la rue, une insécurité incroyable, des frontières pas contrôlées, des migrants à qui on donne plus d'avantages que des Français qui travaillent depuis 40 ans. Il n'a pas été un bon ministre de l'Intérieur ? Mais ça a été le ministre de l'Intérieur avec le gouvernement, mais d'un drame national. Et tout ce petit monde...
Vous lui a imputé ce drame ? Mais il n'a pas pris les mesures qui s'imposaient. Ce n'est pas lui spécifiquement d'ailleurs. Mais qu'est-ce qu'il aurait pu faire de plus ? C'est François Hollande. Oh, il y en avait beaucoup. J'avais proposé 25 mesures. Notamment d'arrêter les djihadistes qui reviennent de Syrie. Et sur l'attentat de Nice, il y a beaucoup à dire. Mais on n'est plus une démocratie. Mais vous ne verriez jamais cela dans un pays anglo-saxon. La promotion de l'échec. Et tous les autres qui applaudissent... C'est la promotion de l'échec. Et tous les autres qui applaudissent comme des pantins. Mais on est où ? On vit où ? On vit dans quel pays ?
Mais les Français, à juste titre, je leur dis, réveillez-vous ! Mais revenez sur Terre ! Il n'y a pas une entreprise, il n'y a pas une association, il n'y a pas une télévision où quelqu'un qui a échoué autant sur le plan de la sécurité osent pour être Premier ministre. Enfin, c'est à une chance ce qui se passe. Donc il n'est pas légitime, selon vous. Mais c'est la décrédibilisation totale de l'action publique. Mais à la rigueur, ce qui est tragique, c'est que les Français s'en fichent complètement puisque c'est pour quelques semaines. Et que la vraie question, c'est qu'est-ce qu'on fait après ?
Parce que si après, c'est pour revoir une mauvaise droite qui fait revenir la gauche et c'est l'essuie-glace depuis 20 ans, la mauvaise gauche, la mauvaise droite, la mauvaise droite, la mauvaise gauche, eh bien moi je me bats et je suis candidat pour ça. C'est quand même ça l'essentiel. Et il nous reste peu de temps. Il reste peu de temps. Il reste quelques mois. Quelques mois pour éviter 5 ans. On va revivre 5 ans de droite comme on a eu 5 ans de gauche ? C'est ça la vraie question.
La France est sous état d'urgence. Il y a un nouveau gouvernement, donc cet état d'urgence est caduque de fait. Il faut re-voter l'état d'urgence.
Très bien, on va re-voter l'état d'urgence, mais ça ne suffit pas.
Ça ne suffit pas, donc vous voulez...
Tant qu'on ne contrôlera pas nos frontières, je le voterai, c'est à moi le remal.
Mais contrôler les frontières, c'est déjà un peu le cas avec l'état d'urgence.
Mais non, mais attendez, j'ai été à la frontière belge il n'y a pas longtemps. Il n'y a aucun contrôle. Tant qu'on ne recrutera pas les policiers et les militaires, je propose le recrutement de 50 000 militaires pour revenir au niveau d'avant 2007. Je ne demande pas la lune. Nos frontières ne sont pas contrôlées, ça veut dire que le gouvernement ne dit pas la vérité sur ce qui passe. Mais bien évidemment, nos frontières ne sont pas contrôlées. Nos armées n'ont pas les moyens de leurs tâches. Et on les envoie, on a des militaires exceptionnels qui font un travail remarquable. Il y a eu des moyens aussi qui ont été déployés, il y a eu des moyens financiers et humains.
À la marge, il faut retrouver les effectifs de 2007. Nicolas Sarkozy, François Fillon, les socialistes ont supprimé 60 000 postes de militaires. Alors, il faut arrêter le mensonge collectif. Il faut arrêter l'hypocrisie. Il faut maintenant mettre carte sur table. Moi je propose un plan de redéploiement de la fonction publique pour recruter les 90 000, 60 000 militaires, 30 000 forces de l'ordre interne. Et vous ne supprimez pas de fonction publique ? Vous ne supprimez pas de fonctionnaire ? Je redéploie. Je garde le même niveau. Je ne supprime pas. Je redéploie. C'est-à-dire que comme il me faut 90 000 fonctionnaires pour assurer la protection des Français, je les prends ailleurs.
Je redéploie. Parce que supprimer 510 fonctionnaires...
Tous militaires et tous surveillants.
Non. Policiers, gendarmes, police de l'air et des frontières, douaniers, militaires. Mais pas pour avoir... Mais vous les prenez où, excusez-moi ? Eh bien sur les autres effectifs. Ils sont tous capables aujourd'hui de faire ce travail-là. Mais non, je ne prends pas les mêmes. Il y a des départs en retraite et je recrute davantage de militaires pour remplacer ailleurs. Je pense qu'on ne peut supprimer que 90 000 postes et je recrute des militaires en plus. Je ne pense pas qu'on puisse aller au-delà d'environ 90 000, c'est-à-dire ce sont les gaspillages ici ou là. 500 000, c'est une folie.
Qu'est-ce qu'on fait de mal nos policiers, nos infirmières, nos fonctionnaires pour mériter tant de mépris de la part de la droite ? Tant de mépris nos enseignants. Est-ce qu'on va supprimer les enseignants dans les classes ? François Fillon, c'est une folie ? C'est une folie, son programme est un contresens économique. Et je dis aux gens de droite qui me regardent que si on casse la croissance... Vous savez, François Fillon, c'est celui qui, avec Nicolas Sarkozy, a augmenté de 11 milliards les impôts en 2011, en pleine crise, ce qui a freiné. Et puis après Hollande, ce qui a freiné, il ne fallait surtout pas le faire.
Et c'est François Hollande qui a rajouté 40 milliards, le matraquage fiscal. Et là, François Fillon nous dit, on va augmenter de 2 points la TVA. Ah, vous savez, vous pouvez baisser les charges des entreprises, et je veux les baisser, mais à la différence de François Fillon, uniquement sur les entreprises qui investissent en France. Mais vous ne pouvez être efficace que s'il y a de la consommation. Si vous mettez la croissance à l'arrêt, les chefs d'entreprise n'auront pas de commande. Donc moi, je veux un programme de relance économique et de production en France. C'est la seule condition pour être compétitif et relancer l'économie. C'est ce que propose François Fillon, la compétition.
Sur le plan économique, oui, parce que c'est un vrai débat. On va passer sur un autre sujet.
Une autre image a marqué la semaine. Jérôme Cahuzac, condamné à 3 ans de prison ferme sans aménagement de peine. L'ex-ministre du Budget a décidé de faire appel de sa condamnation. Il a été reconnu coupable de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale. Est-ce qu'il prend des risques, selon vous, en faisant appel ? Est-ce que cette peine est suffisamment exemplaire pour vous ?
Je n'ai pas commenté les décisions de justice, mais comme auteur d'un rapport parlementaire sur les paradis fiscaux... Les voleurs de la République. Les voleurs de la République. Je me réjouis qu'enfin, il y a des peines de prison ferme. Et je demande qu'on fasse sauter le verrou de Bercy, ce que je réclame depuis des années. Ça veut dire quoi ? Vous savez qu'en France, nous sommes l'un des seuls pays au monde où c'est le ministre des Finances qui décide s'il y a des poursuites pénales face à un fraudeur fiscal. Et cette affaire, la condamnation qui vient là, prouve que quand la justice s'en mêle, elle peut punir sévèrement. Et je trouve ça bien.
Il y aura un avant, un après à faire Cahuzac pour vous ?
Attendez de voir si le verrou de Bercy saute. Parce que ce n'est pas passé loin de l'oubli, cette affaire. D'accord. Vous vous souvenez ? Vous dites ça. Je dis ça parce que M. Cahuzac était ministre des Finances et qu'il a tout fait pour éviter. Et s'il n'y avait pas eu un lanceur d'alerte courageux, on n'en serait pas là. Donc, il y a encore beaucoup de fraudeurs fiscaux. Il y a encore à la tête de l'oligarchie française beaucoup de gens qui trichent, qui volent. Alors que les pauvres français, eux, on ne les loupe pas quand il manque 50 euros. Et moi, j'ai dans ma ville des personnes qui ont fait des procès pour 50 euros, alors que vous avez des grands fraudeurs fiscaux.
Donc, il faut que la justice passe. Il faut qu'il y ait des sanctions implacables. Nicolas Dupont-Aignan, on va passer à l'actualité parlementaire. Au Sénat, on parlait de l'IVG.
Sanctionner les sites, notamment les sites internet, qui prônent l'anti-IVG, c'était le débat qui a eu lieu à l'Assemblée nationale la semaine dernière. Ce débat s'est retrouvé au Sénat cette semaine. Le vote a été une surprise. Regardez ce reportage.
Début des discussions. A gauche comme à droite, personne ne remet en cause le droit à l'IVG, ni celui d'exprimer son désaccord contre la pratique. Des points de convergence donc, mais la droite sénatoriale votera finalement contre le texte.
Ce texte, objectivement, ne résoudra rien. Il ne sert qu'une fois de plus à réactiver les plaies. Vous voulez sanctuariser par la loi des sanctions contre des agissements minoritaires et ce faisant, une partie de notre société se sent stigmatisée.
On s'achemine alors vers un rejet du texte. Alors que la veille en commission, les sénateurs de droite avaient décidé de ne pas prendre part au vote. La majorité sénatoriale est toutefois divisée.
Certaines interventions empreintent d'émotion. Imaginez que vous êtes une jeune femme entre 16 et 25 ans. Vous venez de découvrir votre grossesse non désirée. Vous n'osez en parler ni à vos parents, ni à vos proches, ni peut-être à votre amie. Le temps court et il vous reste quelques semaines ou peut-être quelques jours et vous cherchez de l'info. Ce que nous ne pouvons pas accepter, c'est l'idée de tromper ces jeunes femmes en avançant de manière masquée, je parle de ces sites. Puis c'est la surprise, le texte est adopté à 173 voix contre 126.
Une version édulcorée, les sites internet ne sont plus mentionnés. Le délit d'entrave à l'IVG est étendu à tous ceux qui, par tout moyen, cherchent à dissuader d'avoir recours à la pratique. Une modification qui pourrait avoir convaincu certains sénateurs de droite, jusque-là réticents.
Nicolas Dupont-Légan, qu'est-ce que vous aviez voté la semaine dernière à l'Assemblée ? Je suis contre cette proposition, cette projet de loi. Le droit à l'avortement est un droit dans notre société et je ne suis pas du tout hostile, j'y suis favorable. En revanche, je pense que la liberté d'expression est aussi un droit et je ne vois pas au nom de quoi on peut commencer à créer des délits d'entrave. La désinformation, qui va décider de la désinformation ? Ça devient une société totalitaire et j'estime qu'on met la main dans un engrenage. Je ne suis pas d'accord avec Mme Keller, je comprends ce qu'elle dit, la douleur, c'est des situations très délicates.
Mais il y a plein de sites d'information qui expliquent très bien ce que c'est l'IVG de manière très correcte. Et toute personne peut s'informer. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on va commencer à voter des lois qui créent des oucases où on n'a pas le droit de regarder tel site ou tel site ?
Donc vous pensez que le droit à l'avortement n'est pas menacé en France ? Et vous ne redoutez pas que certains candidats veuillent y revenir ?
Non, en tout cas je pense que c'est un droit reconnu de tous. Et là il faudra se battre s'il y avait le danger. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on vote des lois d'opinion ? C'est une loi d'opinion ? C'est une loi d'interdiction d'opinion. Et on va aller jusqu'où ? Alors après il y aura un autre sujet. Je suis pour le droit à l'avortement, bien évidemment. J'aurais toujours voté ces lois. Mais pour autant il y a le droit à la liberté d'expression dans notre pays. Et je pense que c'est une très grave dérive. Est-ce que vous toucherez par exemple aux subventions des associations ? Sur toutes ces questions, je pense qu'on a trouvé un équilibre dans notre société.
Et j'aimerais qu'on renforce en revanche les sites d'information pour la contraception. Parce qu'un avortement est toujours douloureux. Et je pense qu'il y a un droit. Mais qu'il faut aussi favoriser l'information, notamment des jeunes, dans les lycées, sur tous les sujets qui concernent l'intimité. C'est l'honneur d'une société. Excusez-moi de faire ce parallèle, mais cette semaine Marion Maréchal-Le Pen a eu des opinions. Je ne suis pas en accord avec elle.
Voilà. Vous dites aujourd'hui, vous n'êtes pas en accord avec ce qu'elle dit.
J'ai parti à une droite gaulliste, ou un gaullisme au-delà de la droite et de la gauche, qui a toujours fait de la tolérance, de la tolérance, sa marque de fabrique. Voilà. Donc Marion Maréchal-Le Pen, c'est de l'intolérance ? Mais je n'ai pas dit ça. Elle exprime ses convictions. Est-ce que dans notre pays, on peut laisser les hommes politiques et les femmes politiques exprimer leurs convictions ? Et puis les Français jugent. Moi, je suis sur une position équilibrée.
Alors, je vous propose, Nicolas Dupont-Aignan, d'accueillir maintenant notre partenaire du Figaro.fr, Jim Jarassé, qui va décorter votre actualité notamment. Bonjour Jim, c'est à vous.
Bonjour Katia, bonjour Michael, bonjour Nicolas Dupont-Aignan.
On vient de parler de la position de Marion Maréchal-Le Pen sur l'IVG. Elle a provoqué une controverse au sein même du Front National avec sa tante Marine Le Pen. Marine Le Pen, hier, justement, a tenté un peu de se relancer, de sortir de ces sujets en proposant une proposition choc, qui est de restreindre l'accès à l'école gratuite aux enfants d'étrangers. Qu'est-ce que vous pensez de cette proposition ? Je n'ai pas commenté les propositions de Madame Le Pen. Je suis candidat à la présidence de la République, ça ne m'intéresse pas. Est-ce que c'est une façon, j'en ai, de se relancer ? Je viens peu souvent chez vous, alors posez-moi des questions sur mon projet.
Je ne vais pas pourquoi me poser une question sur...
Est-ce que vous êtes derrière ce genre de propositions ? J'ai un projet différent, voilà. D'accord. Est-ce que vous n'avez pas, justement, la sensation d'être un peu coincé entre François Fillon et Marine Le Pen ? C'est absurde. Si vous étiez venu à mon meeting... On l'a suivi. Vous l'avez suivi. Vous auriez vu la force des gens, leur conviction. Meeting interactif dans toute la France. Nous sommes des gaullistes. Nous croyons en l'effort collectif de la France, son indépendance et en même temps le partage social. Et plus que jamais, avec le programme de François Fillon, il y a la place, au contraire, pour une alternative politique. Ce que j'appelle l'autre politique.
Vous savez, je me suis engagé auprès de Philippe Séguin il y a 20 ans. C'était le rassemblement des jeunes, le rassemblement pour l'autre politique. C'était déjà, je me souviens, Philippe Séguin, qui avait écrit une tribune magnifique dans le Figaro, ou dans le Monde, c'était peut-être le Monde, si je peux finir ma phrase, sur le Munich social. Munich social, c'était des paroles très fortes à l'égard de Baladur. Eh bien, ironie du sort, 20 ans après, on n'a pas changé. François Fillon, c'est un Munich social. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que c'est une politique déflationniste, de matraquage fiscal, qui va tuer l'entreprise. Sous prétexte de l'aider, il va la tuer.
C'est le chemin de la Grèce, de la déflation cumulative, qui aboutit, en fin de compte, à des déficits plus importants. Vous avez peut-être suivi mon meeting, vous avez vu que je propose un programme économique très original. Je veux baisser massivement les charges, uniquement sur les entreprises qui produisent en France, les PME, en divisant par deux l'impôt sur les sociétés, mais uniquement celles qui produisent sur le sol français. J'en ai marre des baisses de charges pour des entreprises qui délocalisent. Je finis juste. Et je veux relancer le pouvoir d'achat en récupérant l'argent qu'on verse à Bruxelles et le donner aux retraités.
Avec moi, 6 millions de retraités auront 100 euros de plus par mois, sans que ça coûte un centime à l'État. Comment les 8 milliards qu'on donne à Bruxelles pour financer nos concurrents, qui viennent nous piquer nos emplois, eh bien, je les rends aux retraités français pour qu'ils vivent dans la dignité. Et je relance le pouvoir d'achat. Je relance l'économie locale. On entend bien vos propositions. Ça, c'est un changement majeur. On entend bien vos propositions. Ça vaut bien plus que les propositions de X ou Y, pour faire du buzz.
On entend vos propositions, mais sur votre créneau, et sur votre façon de présenter François Fillon comme le candidat de l'ultralibéralisme, vous avez les mêmes mots que Marine Le Pen. Est-ce que ce n'est pas un problème pour se démarquer ? Mais pourquoi ? C'est drôle, mais je ne vous en veux pas. La politique, ce n'est pas des créneaux. On n'est pas dans des marques de yaourt. On est dans l'avenir de la France. Moi, je vous dis une chose. Si François Fillon ou Manuel Valls sont élus, on repart pour 5 ans d'une politique suicidaire de régression sociale et de déclin économique imposé par l'Union Européenne. Ça veut dire que je dis aux Français qui me regardent, faites gaffe.
Si vous repartez pour 5 ans, il ne faudra pas venir vous plaindre. Et je suis le seul à proposer une politique alternative, sérieuse, sans les excès du Front National ou de M. Mélenchon. Il y a trois antisystèmes en France, réels. Il y a M. Mélenchon, il y a Mme Le Pen et il y a moi. Je suis moins connu que les autres, mais j'ai le programme le plus sérieux avec des gens équilibrés qui sont élus localement. Et je défends une autre politique économique et une politique à l'aménagement du territoire. Vous pensez que vous pouvez battre Marine Le Pen ? Oui.
Je suis convaincu que les médias et le petit système politique français, PS, républicain, adorent Mme Le Pen, en fait, parce que ça leur permet, au dernier moment, de toujours gagner. On l'a vu au moment des régionales. Et je pense que le jour où il y a un patriotisme serein, sérieux, avec des gens équilibrés, qui ont des propositions concrètes qui émergent, eh bien les Français se diront, enfin, on peut se débarrasser de ceux qui nous font du mal. Et on ne va pas continuer éternellement à voter pour des gens qui nous font du mal. Sans pour autant passer au Front National. Vous êtes le vote utile. Oui, je suis le vote utile. C'est la première alternative patriotique, sérieuse, immédiate.
Vous pensez que vous serez au second tour face à un candidat du système, entre guillemets ? Je vais me battre pour être au second tour. Et je répète à tous les Français qui nous rencontrent, arrêtez de voter pour des gens qui vous font du mal. Ça fait 30 ans que vous votez pour des gens qui vous font du mal. Quand est-ce que vous allez arrêter ? Et je vous propose un projet qui va nous redonner de l'espérance. J'ai un programme, par exemple, scientifique. Peut-être que les gens regardent aussi qui est derrière vous, avec qui vous pouvez gouverner. Oh oui, c'est beaucoup mieux que ceux qui ont gouverné depuis 20 ans. D'accord, vous gouvernez avec qui ?
Oui, avec des élus locaux qui sont réélus, c'est curieux, eux, à 80% des voix régulièrement. Oui, ils font des groupes parlementaires. Et alors, oui, ils seront élus députés. Vous ne croyez pas qu'il y a besoin de ménage ? Il y a besoin de changer un peu ? Tous ceux qui succèdent et qui ont ruiné le pays ? Qui serait votre Premier ministre si jamais vous étiez élu président de la République ? Vous l'avez déjà anticipé, vous avez choisi ? C'est l'embarras du choix. Une minute, dernière question. Dernière question, une actualité de la semaine, c'est le référendum italien porté par Matteo Renzi qui a été rejeté. Vous avez félicité BP Grillo. Oui, mon ami BP Grillo.
C'est votre ami, est-ce qu'il ferait un bon Premier ministre pour l'Italie ? Oui, et je serais heureux. Vous savez, il y a une photo amusante et prémonitoire, je pense. Nous étions à Bruxelles avec BP Grillo, avec Nigel Farage il y a quelques années. On nous regardait de haut et il y a cette photo. Et je pense que les peuples européens n'en peuvent plus d'une mauvaise Europe qui nous tue. Quand on voit les Américains qui choisissent leur destin, qui vont relancer leur économie, qui vont protéger vis-à-vis de la Chine, et nous on se vend à la Chine, on se vend, mais on va arrêter de vendre notre pays par morceaux. Et il va falloir en finir avec cette mauvaise Europe.
En revanche, ça veut dire qu'il va falloir reconstruire une Europe, parce que moi je ne veux pas le Frexit. Je veux renégocier les traités. Je veux des beaux traités. Ce qu'on a fait avec Airbus, on peut le faire pour la lutte contre le cancer, l'Europe des nations et des projets. Projets à peu de pays. Et là, vous ferez aimer l'Europe. Une France libre et une Europe utile.
On va se quitter sur ces mots, Nicolas Diffon-Agnan. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Nous on se retrouve la semaine prochaine.
Bonne semaine à tous. Merci.
Nicolas Dupont-Aignan