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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 21 mai 2022 19 min

Yaël Braun-Pivet, nouvelle ministre des Outre-mer : "Je mesure la complexité de la tâche"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

On vous propose deux invités ce matin dans le grand entretien pour continuer de découvrir, de commenter, d'analyser le nouveau gouvernement. Deux invités qui vont se succéder au micro de France Inter. Le politologue Bruno Cotteres qui nous éclairera sur les choix faits par ce nouvel exécutif aux alentours de 8h30. Mais d'abord place à l'une des nouvelles ministres de ce gouvernement. Elle a accepté un portefeuille plutôt compliqué. On va bien sûr en parler, celui des Outre-mer. Bonjour Yael Brune-Pivé. Bonjour. Vous êtes l'une des très rares ministres à accepter de vous exprimer et on vous en remercie. Qui vous a appris votre nomination ? Comment ça s'est passé ?

Et est-ce que vous y attendiez ?

0:40
Yaël Braun-Pivet

C'est Madame la Première Ministre qui m'a appelée pour me dire qu'elle et le Président de la République souhaitaient me confier cette mission aux Outre-mer. Et c'est forcément une proposition qui ne se refuse pas tellement elle est enthousiasmante sur le fond et sur la forme. Mais on réagit comment ? On a peur ? Ou on se dit super on va y aller ? C'est vertigineux quand même. C'est vertigineux mais en fait c'est l'engagement pour les autres et c'est l'engagement politique qui est vertigineux parce que l'on sait que l'on endosse de lourdes responsabilités et qu'on a un vrai pouvoir d'action et que maintenant il va falloir œuvrer 24h sur 24 pour faire au mieux et faire bien.

1:27
Présentateur

Alors il y a 5 ans vous ne faisiez pas de politique, Yael Brunpivet, vous dirigez l'un des grands centres des Restos du Coeur en Ile-de-France. Et puis vous êtes devenue députée, puis présidente de la très influente commission des lois. Du coup ça vous fait quoi aujourd'hui de devenir ministre de la République ? Pour une macroniste est-ce que c'est juste finalement la suite logique ?

1:48
Yaël Braun-Pivet

Alors déjà ça fait quelque chose à titre personnel. Moi comme vous le savez je suis issue d'une immigration juive polonaise et allemande. Mes grands-parents, mon grand-père ne savait pas ni lire ni écrire et il aimait la France plus que tout. Et donc je crois qu'aujourd'hui là où il est il doit être terriblement fier de sa petite-fille qui devient ministre de la République qu'il aimait tant. Donc il y a déjà cette émotion personnelle du parcours républicain qui me touche.

2:18
Présentateur

Mais après avec les macronistes ça va toujours plus vite ?

2:20
Yaël Braun-Pivet

Et avec les macronistes, écoutez je crois que le président de la République en 2017 voulait que la politique ne soit plus l'affaire de quelques-uns, quelques professionnels, mais que les citoyens s'engagent à nouveau. Et c'est cela que j'ai réussi à porter, mais comme beaucoup d'autres. Et c'est cela que nous incarnons et que ma nomination effectivement peut-être symbolise.

2:41
Présentateur

Alors vous devenez la nouvelle ministre des Outre-mer, pas forcément un portefeuille facile comme je le disais en introduction, avec beaucoup de colère dans plusieurs dômes contre Emmanuel Macron. Est-ce que vous mesurez bien cette situation ?

2:56
Yaël Braun-Pivet

Alors oui je la mesure parce que pendant 5 ans, la présidence de la commission des lois, je me suis rendue dans quasiment tous les territoires d'Outre-mer. J'ai conduit des missions parlementaires accompagnées de deux de mes vice-présidents pour montrer à quel point les Outre-mer étaient importants pour le Parlement, pour la représentation nationale. Et à chacun de nos déplacements, nous avons pu mesurer la complexité de chacun des territoires, leur singularité aussi, aucun n'est égal à son voisin. Et nous avons, et je mesure aujourd'hui, la complexité de la tâche, mais je sais que sur place, il y a beaucoup de bonne volonté.

L'ensemble des messages que je reçois depuis hier me montrent que tout le monde est prêt à se retrousser les manches à mes côtés pour que nous puissions avancer et faire en sorte que les Outre-mer révèlent toute leur capacité.

3:49
Présentateur

Mais tout de même, on va rappeler les choses au premier tour de cette dernière présidentielle. Globalement, les DOM ont voté très massivement au premier tour donc pour Jean-Luc Mélenchon. Et au second tour, c'est tout aussi massivement qu'ils ont voté cette fois pour Marine Le Pen. J'imagine que vous avez évidemment ça en tête. C'est ce qui s'appelle quand même du tout sauf Macron. Alors après les gilets jaunes qui se sont sentis méprisés sur place et après la vaccination qui n'a pas été très bien acceptée,

4:15
Yaël Braun-Pivet

comment est-ce que vous pensez réussir à recoller les morceaux ? En dialoguant, en écoutant, en échangeant, en étant près de ces territoires, près des gens, près des élus évidemment, mais pas seulement, près des citoyens. La méthode que le président de la République a déclinée pendant la campagne présidentielle, le fameux « avec vous », plus que jamais, il faut le mettre en avant sur les territoires. Mais il n'a pas très bien réussi quand même dans les DOM sont « avec vous ». Mais « avec vous », c'est maintenant que nous allons le mettre en œuvre, durant les cinq prochaines années. C'est une nouvelle méthode faite de peut-être plus d'écoute, plus de proximité.

Il faut prendre le temps de construire l'avenir avec les gens et c'est ce que je ferai sur chacun de ces territoires.

4:54
Présentateur

Et donc, ça veut dire beaucoup de déplacements ? Vous songez déjà à un premier déplacement ? Et si oui, quel est le premier département que vous avez envie de cibler ?

5:01
Yaël Braun-Pivet

Alors, je suis en train de l'organiser. Il y a, comme vous le savez, la période de réserve qui commence lundi. Et puis, moi, je suis également engagée sur les élections législatives dans les Yvelines et je vais continuer ma campagne. Mais je suis en train de réfléchir sur ce qu'il est possible de faire pour faire un déplacement, effectivement, très rapidement, avant l'été. Je souhaiterais me rendre sur place, bien sûr.

5:24
Présentateur

Yael Broun-Pivet, vous n'aviez pas caché vos ambitions. Après les prochaines élections législatives, vous en parliez, vous envisagiez d'être candidate à la présidence de l'Assemblée nationale. Vous vous prépariez à affronter le sortant. Richard Ferrand, fidèle parmi les fidèles du président Macron, est-ce que vous avez été nommée ministre pour éviter que vous ne postuliez ?

5:46
Yaël Braun-Pivet

Je crois que cette question est... Sans réponse ? Alors, si, si, si. Ou elle est évidente ? Il y a une réponse. La réponse est évidente. C'est que l'important, c'est de servir son pays et de servir ses concitoyens. Moi, vraiment, le portefeuille des Outre-mer est le plus beau portefeuille qui soit. Moi, j'ai appris à les aimer. Je souhaite réussir à révéler toutes leurs pleines capacités, leurs potentialités et peut-être également les faire mieux connaître à nos concitoyens. Parfois, ils ont une image des Outre-mer qui n'est pas conforme à la réalité. Donc, en aucun cas, mais en aucun cas, un portefeuille ministériel peut être un lot de consolation.

En tout cas, moi, je ne peux pas concevoir que ça puisse être possible.

6:33
Présentateur

Et je sais que ça ne l'est pas. Mais quand même, si le camp présidentiel gagnait ses élections législatives, est-ce qu'il y aura une femme à la tête de l'Assemblée nationale ? Écoutez, on voit qu'il y a aujourd'hui... Ça reste compliqué, la parité, chez les Macronistes.

6:45
Yaël Braun-Pivet

Alors, ça ne reste pas compliqué. Ce n'est pas vrai. La République En Marche a mené et a permis d'avoir un groupe paritaire à l'Assemblée nationale. Vous nous dites toujours ça, mais je pense que c'est la vérité. Les hauts postes à responsabilité, ça reste masculin quand même. Les hauts postes restent également féminins. Quand on a fait la parité à l'Assemblée nationale pour les commissions, les commissions régaliennes ont été occupées par des femmes. Moi, à la commission des lois et ma collègue Françoise Dumas, à la commission de la défense nationale, ça montre que les postes régaliens peuvent être occupés par des femmes.

Il en était de même au gouvernement avec Florence Parly et auparavant Nicole Belloubet. Donc, ça n'est pas du tout une parité de façade. C'est une vraie parité. Et j'espère bien que nous continuerons. En tout cas, nous montrons l'exemple. Et j'invite les partis politiques à faire de même. Tous les partis politiques ? Tous les partis politiques à faire de même. Est-ce que vous attendiez quand même à un peu plus de renouvellement dans ce nouveau gouvernement ? Il y a beaucoup de renouvellement. Après, il est important que certains ministres puissent poursuivre leur mission. Je pense à Gérald Darmanin qui a préparé la loi de programmation du ministère de l'Intérieur.

Il est normal qu'il puisse défendre et porter sa loi pour la mettre en œuvre. De même pour Éric Dupond-Moretti, qu'il puisse mettre en œuvre les états généraux de la justice qu'il avait lancé.

8:02
Présentateur

Oui, on retrouve Bruno Lemaire, Attal, Fénaud, Lecornu, Véran. Il n'y a quand même pas beaucoup de changements pour un nouveau mandat du nouveau président.

8:08
Yaël Braun-Pivet

Mais vous savez, il ne faut pas faire table rase du passé. Je crois en l'alliance des anciens et des nouveaux, de l'expérience et de la nouveauté. Je crois que ce nouveau gouvernement allie bien les deux. Je suis absolument très enthousiasmée de faire partie de cette très belle équipe qui, j'espère, nous mènera loin et mènera loin les Français et la France.

8:33
Présentateur

Et malgré tout, je continue quand même, je persiste, si peu de renouvellement. Vous avez compris pourquoi ça avait pris autant de temps ? 26 jours, presque un mois.

8:40
Yaël Braun-Pivet

La composition du gouvernement n'a pas pris autant de temps. Elle a pris trois jours. C'est plutôt rapide. Et donc, en tout cas, moi, je crois qu'aujourd'hui, l'important, c'est qu'on se retrouve tous les manches. On se retrouvera lundi pour un premier conseil des ministres. Et on est tous déjà au travail dans nos ministères.

8:57
Présentateur

Merci, Yael Brunpivet. On entend l'enthousiasme de la nouvelle ministre des Outre-mer. Je vous souhaite une excellente journée. Merci à vous. On accueille à présent notre second et dernier invité, le politologue Bruno Cotteres. Bonjour. Bonjour. Alors, premier constat, on en parlait à l'instant, à la lecture de ce nouveau gouvernement, c'est quand même... Il y a très peu de changements.

9:18
Intervenant

Oui, c'est vrai qu'il y a peu de changements. C'est surtout le fait qu'un certain nombre de ministres emblématiques du premier mandat d'Emmanuel Macron à des postes très importants, les postes régaliens en particulier, restent exactement au même poste. Et qu'il y a aussi beaucoup de membres du précédent gouvernement, du gouvernement Castex, qui, eux, changent de portefeuille ministériel, mais restent là. Alors, c'est vrai qu'il y a en même temps pas mal de ministres qui ont quitté la scène. Sur l'ancienne équipe de Jean Castex, il y a quand même 22 ministres ou secrétaires d'État qui n'ont pas été reconduits à leur fonction et des personnalités très emblématiques.

Du début d'Emmanuel Macron, Marlène Schiappa, Jean-Michel Blanquer, Julien Normandie, Jean-Yves Le Drian, ou des personnalités qui étaient rentrées au gouvernement plus récemment. On peut penser à Florence Parly, Barbara Pompili, par exemple.

10:09
Présentateur

Oui, c'est vrai. Mais ça donne quand même l'impression d'un second mandat pour le président Macron qui commence un peu sur la défensive, non ?

10:18
Intervenant

Oui, en tout cas, c'est vrai que l'idée de reprendre une charnière centrale, on va dire principalement autour de Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Éric Dupond-Moretti ou d'autres ministres qui ont fortement marqué, par exemple sur la question de l'écologie, avec Amélie de Montchalin et Agnès Pagny-Runacher, qui sont des ministres qui sont issus de la précédente équipe. On aurait pu s'attendre à ce qu'une nouvelle personnalité vienne pour incarner cette priorité sur l'écologie. C'est vrai que ça donne un peu le sentiment d'une équipe qui est resserrée sur des personnalités qu'Emmanuel Macron connaît bien. Premier titre, évidemment, Elisabeth Borne, la première ministre.

10:58
Présentateur

Deuxième constat qu'on va faire ensemble, Bruno Cotteresse, j'ai envie de parler de la quasi-absence de virage écologiste. On est passé très très loin, on a complètement oublié l'ambition d'Emmanuel Macron, qui l'avait largement affichée pendant l'entre-deux-tours au moment de l'élection présidentielle. Est-ce qu'on peut aller jusqu'à dire qu'elle a disparu, cette ambition écologiste ?

11:20
Intervenant

Non, ça serait aller vite en besogne, évidemment. On a quand même deux ministères qui sont chargés de la transition écologique et de la transition énergétique.

11:29
Présentateur

Dont un qui est très très bas dans le protocole, quand même.

11:34
Intervenant

Et par ailleurs, c'est vrai que la surprise pour moi, c'est qu'on aurait pu s'attendre à ce que le périmètre des ministères, l'intitulé même des ministères, traduise cette omniprésence de l'écologie, dont Elisabeth Borne nous a dit qu'elle allait irriguer toutes les dimensions de l'action publique. Donc de ce point de vue-là, c'est vrai qu'on attend un peu au tournant. La nouvelle équipe, il faut voir aussi qu'on part d'un constat, on va dire, de déception sur la convention citoyenne sur le climat. On ne sait pas très bien aujourd'hui où en sont les conclusions de cette convention citoyenne. Est-ce que les deux ministres vont reprendre des éléments de cette convention citoyenne ?

Est-ce qu'on va s'y prendre différemment ? Donc là, de ce point de vue-là, il reste à la nouvelle équipe à fortement et rapidement surtout incarner cette priorité sur l'écologie.

12:16
Présentateur

Mais Emmanuel Macron a choisi deux femmes d'entreprise, Amélie de Montchalin, Agnès Pannier-Runacher. On a le sentiment quand même que ça veut dire qu'Emmanuel Macron n'a pas parvenu à attirer, parce qu'il devait sans doute chercher des profils écologistes.

12:30
Intervenant

Et oui, sans doute aussi marqué par l'échec d'avoir fait venir au gouvernement Nicolas Hulot, une personnalité qui était vraiment emblématique. Et là, on n'a pas du tout joué effectivement le même casting de ce point de vue-là. C'est à la fois des éléments de continuité, aussi de ministres qui sont réputés pour leur capacité technique, qui ont un profil effectivement plutôt de personnalité qui aime traiter des dossiers, profil assez technocrate, assez technique. Et donc effectivement, on n'a pas une personnalité emblématique qui, aux yeux des Français, incarnerait tout de suite cette priorité de l'écologie.

13:08
Présentateur

Alors, troisième constat, Bruno Coteres, très peu de nominations, je dirais, audacieuses. Il y en avait beaucoup plus lors de son premier gouvernement, dans son premier quinquennat. Vous en parliez au tout début. La nomination, malgré tout, de Papendiaï à l'Éducation nationale. Est-ce qu'on peut parler d'audace ou est-ce que c'est même un peu dangereux, finalement, vu les réactions immédiates qu'on a à cette nomination ?

13:32
Intervenant

Alors, c'est vrai que c'est assez audacieux. D'abord, il est toujours un peu audacieux de faire venir au gouvernement, sur une fonction très politique et très exposée politiquement, quelqu'un qui a un profil universitaire et académique. La culture universitaire et académique, c'est une culture qui est plutôt celle de la critique. Et c'est vrai que la solidarité gouvernementale, la solidarité avec le Premier ministre, avec le Président de la République, n'est peut-être pas le premier réflexe de quelqu'un qui a un profil qui est, au fond, un profil très académique. Mais c'est vrai que Papendiaï constitue incontestablement la surprise, un peu l'audace, effectivement, de ce nouveau gouvernement.

Il a du pain sur la planche. Il va falloir renouer le dialogue avec les enseignants. Et de ce point de vue-là, il y a beaucoup à faire. Il a rendu un hommage hier, au moment de la passation des pouvoirs, au travail de Jean-Michel Blanquer, la consolidation des savoirs fondamentaux. Mais on voit bien aussi, et il l'a dit dans son discours hier, que renouer le dialogue avec les enseignants va être sans doute une des priorités.

14:30
Présentateur

Oui, et en plus, il va être beaucoup attaqué. En tout cas, il est d'ores et déjà, il va avoir du mal à avancer.

14:36
Intervenant

Alors, c'est sûr qu'on a vu hier déjà un tir de barrage contre lui. Il a été tout de suite taxé d'indigénistes, wokistes, etc. Alors que sur ces dossiers, Papendiaï a toujours pris des positions qui étaient à la fois de dire qu'il partageait un certain nombre des causes, au fond, portées par cette idéologie, mais qu'il n'en approuvait pas, le discours moralisateur ou sectaire. Il a rendu un vibrant image hier, au modèle républicain. Il a dit qu'il était un pur produit de la méritocratie républicaine, dont l'école est le pilier. Il a rendu hommage à Samuel Paty hier.

Et donc, on voit qu'il s'inscrit dans une gamme de communications qu'on peut attendre, effectivement, du ministre de l'Éducation, l'école pilier de l'intégration et de la méritocratie républicaine.

15:24
Présentateur

Alors, ce qui est très surprenant, Bruno Cotteres, ce sera mon quatrième constat, il y a peu de place qui a été laissée aux vrais macronistes, ceux de la première heure. Qu'est-ce que ça veut dire ?

15:34
Intervenant

Alors, c'est vrai qu'il y a tout un tas de personnalités qui ont été des personnalités de première heure de la macronique qui ne sont plus là. On dit que Julien de Normandie souhaitait quitter le gouvernement pour des motifs personnels. mais c'est vrai qu'on a beaucoup moins de personnalités qui ont été dans l'équipe qui a fondé En Marche avec Emmanuel Macron. Je note néanmoins que si on regarde des choses d'un peu plus près, prenons par exemple le déplacement, le premier déplacement de la première ministre au Mureau la veille de l'annonce du gouvernement, on voit commencer à apparaître un retour vers des thèmes macronistes fondamentaux.

Vous savez, la société de la deuxième chance, la non-assignation à résidence et aux statuts sociaux, ce déplacement de la première ministre me semblait assez emblématique. Et quand on voit aussi la nomination de Papendiaï, on voit que ça commence à s'inscrire dans peut-être un retour sur un certain nombre des fondamentaux du macronisme de départ.

16:28
Présentateur

Intéressant. C'est un gouvernement qui penche plutôt à droite ou plutôt à gauche ?

16:33
Intervenant

Alors, quand on regarde le compte, et vous savez, c'est toujours difficile de faire ce décompte parce qu'on va décompter des personnalités à gauche ou à droite, mais qui ne siègent plus dans des formations politiques de gauche ou de droite depuis de nombreuses années pour certains d'entre eux. Mais c'est vrai qu'on voit se répéter qu'il y a un relatif équilibre entre gauche et droite, mais que les portefeuilles ministériels les plus fondamentaux vont plutôt un peu à droite qu'à gauche.

16:57
Présentateur

C'est ça. Est-ce que vous réussissez à percevoir la touche Elisabeth Borne ? Est-ce qu'elle a réussi à imprimer un peu sa marque quelque part ?

17:06
Intervenant

Alors, pour le moment, c'est un peu tôt pour le dire. On voit que les deux personnalités qui vont devoir gérer la réforme des retraites sont deux personnalités qui viennent soit de la gauche, Olivier Dussopt, soit qui viennent de la droite, mais côté un peu, on va dire, elle gauche de la droite, Damien Abad en particulier. Donc, on voit qu'on va confier cette mission, mener à terme la réforme de retraite, à des personnalités qui ont plutôt une sensibilité aux questions sociales et aux questions de solidarité.

17:40
Présentateur

Allez-y.

17:41
Intervenant

On imagine que ça, c'est un peu la touche d'Elisabeth Borne.

17:44
Présentateur

Dernière question, Bono Cotteresse. On a attendu presque un mois ce nouveau gouvernement, qui présente quand même globalement assez peu de changements. Ça aura quel impact sur les élections législatives, tout ça ? Est-ce qu'il a marqué des points, le président Macron, ou très peu ?

18:00
Intervenant

Ça aura peu d'impact. D'abord parce que les Français ne sont pour le moment pas tellement dans ces élections législatives. Le niveau d'intérêt pour ces élections législatives, le niveau d'attention et de suivi à la campagne est assez bas, en fait, aujourd'hui. Donc, je ne pense pas que ça aura un gros impact. Il faut surveiller néanmoins les premiers pas du gouvernement et de ces nouvelles personnalités un peu emblématiques pour voir si ça va donner une certaine tonalité. Pour le moment, il n'y a pas vraiment... On peut même dire qu'il n'y a pas du tout de campagne législative pour le moment.

18:30
Présentateur

Ce n'est pas faux. Merci beaucoup, Bono Cotteresse. Merci pour la clarté de votre analyse. Je vous souhaite une excellente journée.

Yaël Braun-Pivet, nouvelle ministre des Outre-mer : "Je mesure la complexité de la tâche" — Yaël Braun-Pivet · Pourquijevote