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interviewRMC — Face à Face· 10 décembre 2025 18 min

Face à Face : Sébastien Chenu - 10/12

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin. Bonjour Sébastien Chenu, vous êtes député RN du Nord, vous êtes vice-président de l'Assemblée nationale. On va évidemment revenir sur ce budget qui a fini par être voté hier. Mais j'avoue être extrêmement surprise ce matin de découvrir la relation épistolaire que vous avez nouée avec Nicolas Sarkozy. Il vous consacre, Nicolas Sarkozy, deux pages dans son livre qui paraît aujourd'hui. Il dit de vous que vous lui avez écrit, que vous lui avez, je cite, adressé des courriers de soutien, que vous vous êtes même engagé à lui adresser un courrier de soutien chaque semaine, aussi longtemps que durerait mon incarcération, dit Nicolas Sarkozy.

Il parle de missives assez longues, bien loin des messages s'inspirant de textos habituels. Le contenu était sensible, personnel, humain. Il parle de vous comme d'une personnalité, je cite, sensible, capable de s'élever au-dessus des querelles politiciennes pour aller à l'essentiel des rapports humains. Je n'oublierai pas l'étonnement qui fut le mien et le bienfait que cela me procura. Pourquoi vous lui avez écrit ?

1:04
Sébastien Chenu

D'abord parce que Nicolas Sarkozy traversait une situation difficile et injuste. J'ai horreur de l'injustice. J'ai considéré que la mesure d'exécution provisoire qui lui était infligée alors qu'il était présumé innocent et qu'il devait continuer à batailler pour faire valoir cette innocence, et bien cette mesure d'exécution provisoire qui l'enfermait, qui l'incarcérait, était injuste et humiliante.

J'ai considéré que tout en ayant quitté la famille des Républicains il y a bien longtemps, c'était encore l'UMP lorsque je suis parti, et en ayant été très heureux de rejoindre Marine Le Pen, je n'ai pas oublié, parce que je pense que dans la vie il ne faut pas se renier, je n'ai pas oublié mes années de campagne auprès de Nicolas Sarkozy, et j'ai considéré que lorsqu'un homme a un genou à terre, c'était le cas de Nicolas Sarkozy, il est normal de lui adresser un message de soutien, c'est comme ça que je vois les choses dans la vie.

1:55
Présentateur

Il dit que vous l'avez invité à ne pas tourner le dos à la France et à la politique, c'est comme ça qu'il le dit, nous avons besoin de votre expérience, lui avez-vous dit ?

2:02
Sébastien Chenu

Oui c'est vrai, je crois que les déclarations de Nicolas Sarkozy, qui sont faites à la lumière de l'expérience qui est la sienne, ce qu'il dit aujourd'hui du Rassemblement National, de Marine Le Pen, de l'état du pays, de ce qu'a fait Emmanuel Macron de notre pays, montrent qu'il a le recul, l'expérience. Vous l'avez lu ? J'ai lu un certain nombre de pages, ce qu'on appelle les bonnes pages, je vais évidemment l'acheter, je crois qu'il sort aujourd'hui, je l'achèterai.

2:30
Présentateur

Il y a beaucoup de choses aussi sur l'ERN, et au-delà de ce qu'il dit de vous, je voudrais vous entendre sur ce qu'il dit au fond d'une union de fait, du côté au minimum des électeurs, et vous en êtes l'incarnation, vous qui, vous le rappeliez, êtes passés des Républicains au RN aujourd'hui, et semble-t-il, vous ne reniez pas aussi cette partie-là. Il dit, beaucoup d'actuels électeurs de Marine Le Pen ou Jordan Bardella étaient à mes côtés lorsque j'étais dans la politique active, jamais lorsque j'étais président de l'UMP, ni le père ni la fille n'ont été présents au second tour de l'élection présidentielle.

Insulter les dirigeants du RN, c'est insulter leurs électeurs, donc les nôtres, au moins potentiellement. Il estime qu'il y a une sorte de porosité au minimum dans vos électorats.

3:12
Sébastien Chenu

Oui, enfin le RN, je crois, n'est pas enfermable dans ce qu'on peut appeler la droite uniquement. Le RN touche et rassemble bien plus largement que des électeurs de droite ou que des électeurs déçus des LR. si nous avons tant de députés, si Marine Le Pen fait des scores tellement importants, si Jordan Bardella est en tête des élections, c'est parce que nous rassemblons des électeurs qui viennent d'univers politiques très différents. Mais je crois que Nicolas Sarkozy dit une chose qui est intéressante. Il dit que le RN est le centre de l'opposition dans le pays, que ça se fait autour de lui.

3:46
Présentateur

Enfin, il vous RPRise, si je puis me permettre d'expression. Il dit que lorsqu'il a pour la première fois rencontré Jordan Bardella, il m'a fait penser, dit-il, au RPR au temps de Jacques Chirac.

3:57
Sébastien Chenu

Oui, mais ce n'est pas désobligeant. D'ailleurs, c'était un mouvement en conquête. C'était un mouvement, le RPR, qui rassemblait à la fois les ouvriers, les patrons. C'était le gaullisme. C'était, je crois, comme le définissait, je crois que c'est Pompidou qui disait c'est le métro à 5 heures du soir. Eh bien, je pense que le RN, c'est un peu ça.

4:17
Présentateur

Est-ce qu'il est en train de vous adouber ? Et je ne sais pas dans quelle mesure, d'ailleurs, c'est une bonne nouvelle pour vous ou pas. Mais lorsqu'il dit que les exclures du champ républicain seraient une erreur et un contresens, tout autre comportement serait absolument incompréhensible pour des Français qui supportent de plus en plus difficilement les outrances de la France insoumise. Et le cordon sanitaire factice, et ça, il l'écrit entre guillemets, Nicolas Sarkozy, autour d'un rassemblement national qui ne constitue pas un danger pour la République.

4:42
Sébastien Chenu

Je crois qu'il a tout dit. Parce qu'il entend, il connaît le pays, Nicolas Sarkozy. Il voit ce que disent les électeurs. Les électeurs qui votent pour le rassemblement national sont de parfaits républicains. Les dirigeants du rassemblement national sont de parfaits républicains. Lorsqu'il rencontre Jordan-Anne Bardella, il voit, il comprend, il sait, et il comprend la mue.

5:03
Présentateur

Il dit qu'il y a deux RN. Il dit qu'il y a le RN de Jordan-Anne Bardella, et le RN, dit-il, canal historique, notamment autour de la figure de Marine Le Pen, dont on sent qu'ils n'ont pas du tout ses égards.

5:16
Sébastien Chenu

Non, mais Nicolas Sarkozy ne promeut pas le rassemblement national. Il reste un adversaire politique. Il reste quelqu'un qui défend une autre ligne politique. Mais en revanche, il est lucide. Il est lucide sur la mue qu'a entamée Marine Le Pen, ce qu'elle a fait du Front National en le transformant en rassemblement national. Il est lucide sur ce que nous sommes. Il est lucide sur la force que nous représentons.

5:38
Présentateur

C'est quoi la prochaine étape ? C'est en effet, vous avez longtemps dit que vous étiez contre l'union des droites. L'êtes-vous toujours ?

5:45
Sébastien Chenu

D'ailleurs, Nicolas Sarkozy ne parle pas d'union des droites. Il dit qu'il faut dépasser les clivages en empêchant le barrage républicain. Et c'est ça qui est intéressant. C'est qu'en fait, nous, on est pour le dépassement des clivages. Marine Le Pen l'a théorisé il y a bien longtemps. Et le barrage républicain n'est que simplement un retour, n'est que simplement une facilité que se donne le système pour conserver ses places. Mais il faut dépasser, évidemment, les droites.

6:09
Présentateur

Je vous interroge dans un instant sur le budget, mais encore un mot sur la situation de la France. Ça, c'est dans les colonnes du journal Le Point, que Nicolas Sarkozy dit que la situation est grave. Les conditions d'une explosion ont rarement été ainsi à ce point réunies. Réunies, il estime que la France est en danger.

6:30
Sébastien Chenu

Oui, la France est en danger. Elle peut basculer sur plusieurs points. Elle peut basculer parce qu'elle serait confrontée à une crise obligataire à un moment ou à un autre. On ne pourrait plus emprunter au tout auquel nous empruntons aujourd'hui. Et alors, ça veut dire que les pistes de sortie seraient très différentes et en tous les cas seraient très difficiles pour les Français. C'est le résultat des huit ans d'Emmanuel Macron. La France peut basculer sur des questions de sécurité et d'ordre public. C'est le résultat de la politique par Emmanuel Macron. Mais aussi tous ceux qu'il soutienne aujourd'hui. Les LR, les socialistes, on en parlera probablement avec cette histoire de budget.

Mais aujourd'hui, l'état du pays a été extrêmement abîmé par les huit ans d'Emmanuel Macron qui aura été le pire président de la République que nous ayons connu.

7:11
Présentateur

Sébastien Chenu, ce budget adopté pour vous, c'est pire que s'il n'y avait pas eu de budget ?

7:18
Sébastien Chenu

Ce budget est le pire. Budget, le pire PLFSS, en tous les cas, hors période de crise économique aiguë. C'est le pire, 25 milliards d'euros supplémentaires, effectivement, de déficit.

7:30
Présentateur

Alors ça, effectivement, c'est le chiffre que donne ce matin le ministre de l'économie, Roland Lescure, un chiffre qui n'est pas le même que celui qu'Amélie de Montchalin à ce même micro hier matin affirmait. Elle disait que ce sera en dessous de 20 milliards. Et ce matin, en effet, Roland Lescure parle d'un déficit de 24,5 milliards d'euros pour la sécu en 2026. En prenant en compte le refinancement de l'état de 4,5 milliards, c'est bien loin de l'objectif initial de 17 milliards d'euros.

7:59
Sébastien Chenu

Oui, mais ces gens-là, en fait, ne savent pas faire d'économie, ne savent qu'aller chercher de l'argent dans les poches des Français. Oui, mais ça n'aurait pas été pire. Non, ça n'aurait pas été pire.

8:07
Présentateur

Si il n'y avait pas de budget, il dit qu'on aurait été à 30 millions.

8:08
Sébastien Chenu

Non, non, non, non. Ça, c'est les inventions de Madame de Montchalin. D'ailleurs, vous voyez, elle n'est même pas d'accord avec son ministre des Finances. Ils ne sont même pas d'accord entre eux. Donc ça, c'est les délires de la Macronie qui sont quand même ce qu'il y a de pire en matière d'économie et de finances publiques. On les voit à l'œuvre depuis huit ans. On nous les avait présentés comme des Mozart, des Cador de la finance, etc. Ce sont des nullités absolues. Ils mettent le pays dans la... Ils sont nuls. Je ne sais pas comment on peut appeler ça. des gens qui nous mettent le déficit de la sécurité sociale le plus important que nous nous ayons connu depuis des années.

C'est leurs résultats. Ils ne font aucune économie, ils ne trouvent aucune piste, ils n'ont aucune idée pour le faire et qui, de toute façon, sont guidés par une seule chose. Durer. Durer, durer, durer. Ils ne veulent pas retourner devant les Français. Ils ont la trouille des Français. C'est Emmanuel Macron, d'ailleurs, le premier qui doit avoir la trouille des Français. Et donc, pour cela, ils sont prêts à sacrifier l'intérêt de notre nation, l'intérêt de notre pays pour durer.

9:01
Présentateur

Mais il y a dans ce budget des points que vous-même, vous avez votés. La suspension de la réforme des retraites, vous le souhaitiez, vous l'avez votée, ça y est, ça passe.

9:11
Sébastien Chenu

D'abord, ce n'est pas une suspension, Madame de Malère. C'est un décalage. Vous savez bien, la suspension, elle viendra, je pense, au moment des élections présidentielles, si Marine Le Pen est élue. Donc, il y a, bien entendu, dans la liste des dispositions qui existent dans ce PLFSS, dans ce budget de la Sécurité Sociale, des choses qu'on veut et qu'on vote. Mais à la fin, vous avez un ensemble. Il se trouve que l'ensemble, c'est que 25 milliards de déficit. Alors, ça a été, évidemment, préparé par Olivier Faure, tout ça, parce qu'à la base, c'est quand même le deal avec le Parti Socialiste. Ça a été servi par Sébastien Lecornu et ça a été avalé par LR.

Le grand parti qui nous disait, Laurent Wauquiez, nous disait, pas de hausse d'impôts, n'en est des gens sérieux, on votera jamais de hausse d'impôts. Ils viennent de voter des hausses d'impôts massives, puisqu'il y a 2 milliards et demi à peu près, de hausse d'impôts, la CSG, les mutuelles. Ça, c'est les Français qui vont les payer. Donc, LR, complice du PS, complice de la Macronie, c'est le système qu'on retrouve qui veut durer.

10:04
Présentateur

Il y a ensuite la discussion sur le budget global de la France qui va s'engager. Et le Premier ministre laisse déjà entendre qu'au fond, il pourrait repousser la date butoir, continuer des discussions probablement en janvier. Est-ce que ce budget de la France, ce sera la même bataille ? Est-ce que vous pourriez, vous, aller vers une motion de censure ? Dans quel état d'esprit vous êtes ?

10:24
Sébastien Chenu

Non mais nous, on ne s'empêche rien, mais ce sera la même magouille. On les a vus à l'œuvre. On a vus, sous l'égide de Sébastien Lecornu, le PS et LR, trahir leurs électeurs, trahir leurs engagements. Parce que je vous rappelle que ces gens-là ont été élus, ils se trouvent comme nous, sur des programmes. Nous, on n'a pas le même programme qu'eux, mais ils ont pris des engagements devant leurs électeurs. Ils les trahissent totalement. LR et son programme anti-impôt viennent d'en voter 2 milliards et demi. Je vous l'en dis, CSG et Mutuel, c'est les Français qui payent à la fin. Donc nous, on ne s'empêche rien. S'il faut déposer une motion de censure, on le fera.

Mais ce qu'on voit bien, c'est que Sébastien Lecornu, c'est l'as de la gaudille, c'est l'as du zigzag. C'est les pires pratiques de la vie politique, tout ça. C'est-à-dire qu'en fait, à la fin, les Français payent, à la fin, rien n'est résolu, à la fin, les finances publiques sont encore plus abîmées, mais à la fin, ils durent.

11:10
Présentateur

Sébastien Chenu, parmi les déclarations du ministre de l'économie ce matin, qui parle donc d'un déficit en effet de 24,5 milliards d'euros finalement pour ce budget de la Sécu. L'an dernier, le déficit était déjà de 23 milliards, donc on augmente finalement le déficit. Mais il précise aussi qu'il va falloir trouver 4,5 milliards de plus d'économies dans le budget de l'État pour tenir l'objectif de 5%. C'est-à-dire qu'en fait, il va y avoir une sorte de vase communiquant qu'il va falloir récupérer quelque part. Est-ce qu'au moins sur l'objectif, c'est-à-dire passer sous la barre des 5%, vous êtes d'accord ?

11:46
Sébastien Chenu

Mais la réalité, oui, on peut être d'accord sur des objectifs, mais on les atteint comment ces objectifs ? Eux, leur seule façon d'atteindre les objectifs qu'ils fixent, c'est d'aller chercher dans la poche des Français. On leur dit, pourquoi vous n'ouvrez pas le dossier tabou de l'immigration ? Pourquoi vous continuez à alimenter à ce point l'Union Européenne ? Pourquoi est-ce que vous continuez, par exemple sur la fraude, à ne pas mettre en place la carte vitale biométrique ? Ça fait trois ans qu'Elisabeth Borne l'avait promise, c'est toujours pas fait.

En réalité, ils ne savent pas, ils ne veulent pas ouvrir un certain nombre de dossiers qui pour eux sont des tabous absolus, qui permettraient tout simplement de ne pas aller ponctionner les Français. Moi, je crois que ce gouvernement, il a une logique qui est celle de la facilité, du manque de courage, de la volonté de durer, et encore une fois, sans rien résoudre, l'état des finances publiques n'aura jamais été aussi épouvantable que depuis ces huit ans d'Emmanuel Macron.

12:38
Présentateur

Sébastien Lecornu dit « L'état d'esprit du gouvernement ne changera pas, l'intérêt général d'abord, sans céder ni à la fébrilité ni aux agendas électoraux. Les Français en ont assez du désordre, ils veulent que l'on avance, que l'on décide, que l'on protège, c'est ce que nous continuerons à faire avec calme et détermination. » Exactement l'inverse de ce que vous dites.

12:56
Sébastien Chenu

Mais il se moque de qui ? Vous voyez l'état des comptes publics, c'est ça ce qu'il appelle l'ordre ? Vous voyez l'état sécuritaire du pays, c'est ça qu'il appelle l'ordre ? Mais c'est le désordre partout avec la Macronie. Mais le pire, c'est que les LR soutiennent ça. Les Républicains soutiennent le désordre économique, le désordre financier, le désordre sécuritaire. Je vous rappelle que Retailleau n'a strictement rien fait. Vous avez vu les chiffres de la sécurité qui sont sortis pour l'année qui s'écoule. Ils sont très mauvais. Donc en fait, c'est le désordre à tous les étages.

Et ils sont contents d'eux-mêmes parce qu'en fait, pendant ce temps-là, ils demeurent en place, ils restent et ils ne se confrontent pas aux électeurs. C'est ça qui leur fait le plus peur. C'est de se retrouver face aux Français parce qu'ils seront...

13:32
Présentateur

Et vous, le Rennes, vous n'êtes que spectateur.

13:35
Sébastien Chenu

Ah ben non, on a été quand même acteurs, vous l'avez dit vous-même.

13:37
Présentateur

Globalement, ça s'est passé hier, vous n'avez finalement pas eu les moyens de lutter.

13:41
Sébastien Chenu

Ah ben, nous ne sommes pas majoritaires. Dans cette assemblée où de toute façon personne n'est majoritaire, personne ne peut dire « j'ai fait cela tout seul ». Leur budget, ils l'ont fait passer avec le PS et les Républicains. Donc évidemment, personne n'étant majoritaire, personne n'obtient un résultat tout seul. Nous, on est contents de ne pas avoir obtenu ce résultat. Ce résultat, il est une honte pour le pays. Il est une honte pour les Français. Il est une honte pour les finances publiques. En fait, ces gens-là ne sont pas sérieux. Ces gens-là ne voient pas l'intérêt général du pays et ont peur des Français.

14:09
Présentateur

Sébastien Chenu, vous rencontrez, vous, des patrons, des membres du MEDEF ?

14:14
Sébastien Chenu

Je rencontre plutôt des patrons de PME et de TPE. Mais j'ai rencontré le président du MEDEF il y a quelque temps. Ça m'arrive, oui, bien sûr.

14:21
Présentateur

Parce que ce sont mes confrères du journal L'Opinion qui le racontent. Les rencontres entre patrons et RN se multiplient, écrivent-ils. Les rendez-vous se multiplient d'ici fin janvier. La moitié des patrons du CAC 40 auront rencontré Marine Le Pen et Jordan Bardella.

14:34
Sébastien Chenu

Oui, bien c'est très bien. Ça montre que non seulement nous ne faisons pas peur, mais qu'on nous donne de la crédibilité. Nous, on est pour la croissance. On est pour la création de richesses. Nous, on considère que notre pays, et c'est l'inverse d'ailleurs des politiques de gauche qui sont souvent des politiques de décroissance, eh bien on considère que l'intérêt du pays, c'est de créer de la richesse. Parce que quand on crée de la richesse, on peut mener d'autres politiques. On peut relancer une politique nataliste dans le pays. On peut lancer des politiques de soutien à ceux qui ont le moins. On peut avoir une fiscalité plus juste.

15:01
Présentateur

Il n'y a plus de réticence, de prudence de la part des patrons à vous rencontrer ?

15:06
Sébastien Chenu

C'est à eux qu'il faut poser la question. Mais nous, la porte a toujours été ouverte. Moi, j'avais rencontré en son temps le patron Michel-Edouard Leclerc, je l'ai rencontré de Michel Cher, je l'ai rencontré de Medef, et je rencontre des patrons de PME et TPE. Alors demande à la vôtre. Les deux, il y a eu les deux. Je pense que c'est les patrons de PME et TPE qui aujourd'hui créent de l'emploi. Donc c'est eux qu'il faut soutenir principalement. Et ça, ça reste notre boussole.

15:28
Présentateur

Les maisons closes. Vous l'aviez vu venir, vous, ça, la proposition de votre collègue, M. Tanguy, qui voudrait rouvrir les maisons closes.

15:37
Sébastien Chenu

Mais je ne vais pas vous dire que je n'ai pas vu venir parce qu'en fait, nous avons présidé avec Anaïs Sabatini, députée du Rassemblement National de Perpignan, un groupe d'études sur la prostitution pendant les deux années précédentes. Donc on s'est déjà intéressé à ces sujets-là. Emmanuel Taché, qui est notre représentant, qui est députée des Bouches-du-Rhône, mais à la délégation de droits des femmes, il est aussi favorable. Donc la réflexion, elle existait. Et Marine Le Pen y était favorable.

Que Jean-Philippe Tanguy propose ça sur un modèle très différent de celui qu'on connaît, c'est-à-dire plutôt des coopératifs qui seraient gérés par les intéressés pour les protéger des insécurités, pour leur donner aussi des droits sociaux, une retraite, je pense que c'est une façon mature et adulte d'affronter ce problème.

16:15
Présentateur

Ça pourrait être dans le programme présidentiel de 2027 ?

16:17
Sébastien Chenu

Le programme présidentiel, j'en sais rien en tous les cas, c'est une action parlementaire, c'est un acte de législateur, un acte de député que je soutiens pour ma part.

16:26
Présentateur

Vous avez pensé quoi, vous, des propos de Brigitte Macron, qui, alors qu'elle était dans les coulisses du spectacle d'Harry Habitant, a parlé à propos des militantes féministes qui avaient tenté la veille de faire annuler ce spectacle de Salcon ?

16:40
Sébastien Chenu

Je n'ai pas à commenter un propos privé, et je trouve qu'aller chercher, aller piéger, aller prendre un propos privé, qui n'est pas par définition un propos officiel de Mme Macron, pour en faire une polémique, me semble être très malsain. Si on met des micros partout, si on écoute les propos privés, des journalistes, des politiques, des chefs d'entreprise, etc., on ne va pas être déçu du voyage, parce que ce que tout le monde se raconte dans la vie n'a rien à voir forcément... Il n'y a pas une forme d'hypocrisie ? Non, il n'y a pas une forme d'hypocrisie, mais c'est-à-dire que lorsqu'on a un propos officiel, on met par exemple les formes qu'on ne met pas forcément dans un propos privé.

Mais sur le fond, pour parler, pour revenir à l'hypocrisie, Mme Macron, elle met le doigt sur quelque chose, c'est-à-dire que le comédien M. Habitant, il a bénéficié d'un non-lieu. La justice a décidé qu'il n'était donc pas coupable. Mais on ne peut pas remettre en cause et empêcher quelqu'un qui fait son métier de l'exercer, interrompre ses spectacles.

17:29
Présentateur

Donc il ne faut pas tenter d'interrompre ses spectacles ?

17:31
Sébastien Chenu

Non, puisque de toute façon, il n'est pas coupable. Donc au nom de quoi on vient empêcher quelqu'un ? Au nom d'une élucubration ? Au nom d'un fantasme ? Sincèrement, moi je suis toujours favorable à ce qu'on entende la parole des femmes victimes. Mais quand la justice s'est prononcée, je pense qu'effectivement, il faut laisser cela, sinon il n'y a plus de justice.

17:50
Présentateur

Merci Sébastien Chenu d'avoir répondu à mes questions ce matin. Vous êtes député RN du Nord, vice-président de l'Assemblée nationale.