« Le projet de budget qui nous avait été présenté n’était ni responsable ni digne de confiance »
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« La France est un vieux pays qui ne sait plus parler à sa jeunesse. »
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« L'âge moyen de départ à la retraite dans les pays de l'OCDE s'établit aujourd'hui à 64,7 ans et passera à 66,4 ans. »
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« Le taux d'épargne des plus de 70 ans atteint même 25 % de leur revenus bruts disponibles. »
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« La France est l'un des pays où les plus de 65 ans sont les plus tributaires des transferts publics. »
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« Un français consacre aujourd'hui l'équivalent d'une semaine et demi de travail au paiement des intérêts de la dette. »
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« Ce couple PLF PLFSS que nous proposent les députés n'est pas neutre. C'est un budget d'arbitrage qui ne dit pas son nom. »
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« Nous avons rejeté le report de la réforme des retraites. Nous sommes revenus sur certains abattements. »
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« L'impôt finance le présent, seule la croissance finance l'avenir. »
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« Le coût de l'instabilité ou plutôt de l'incertitude dépasse largement celui d'une éventuelle dissolution. »
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Merci monsieur le président. Après le vote du PLFS à l'Assemblée mardi dernier, une éditorialiste a résumé en un titre les mots de notre pays. La sécurité sociale, cet octogénère qui dévore ses petits-enfants.
Jeudi 25 novembre, à cette même tribune, j'avais résumé ainsi la situation : "La France est un vieux pays qui ne sait plus parler à sa jeunesse." Comment la sécurité sociale, pilié du modèle de la République sociale française a pu-elle devenir un objet à ce point des voyé ? La réalité est sous nos yeux.
Objectivée par les travaux récents de l'INC et de l'OCDE. L'âge moyen de départ à la retraite dans les pays de l'OCDE s'établit aujourd'hui à 64,7 ans et passera à 66,4 ans. En France, les plus âgés épargnent le plus, quel que soit leur niveau de revenu.
Le taux d'épargne des plus de 70 ans atteint même 25 % de leur revenus bruts disponibles. Mais cet équilibre est fragile. La France est l'un des pays où les plus de 65 ans sont les plus tributaires des transferts publics. le bon sens aurait voulu qu'on poursuive la réforme de 2023 par une approche de refonde systémique plutôt que de la suspendre.
Quel gage allons-nous désormais donner à la Commission européenne pour justifier de revenir sous le seuil de 3 % en 7 ans et non pas au lieu de 4 ans ? Ce PLF aurait dû entamer un indispensable rééquilibrage entre les générations plutôt que de sacrifier la jeunesse au bénéfice des aînés. Et pourtant, si les dépenses sociales sont préservées au préjudice d'un déficit creusé de la sécurité sociale, les dépenses d'investissement comme l'éducation, la recherche ou la transition écologique sont mises à contribution.
Un français consacre aujourd'hui l'équivalent d'une semaine et demi de travail au paiement des intérêts de la dette. En l'absence d'ajustement, cela pourrait être le double dans 15 ans. Pour les jeunes générations, la charge de la dette et donc l'impôt, ce ne sera plus le financement de l'avenir, des infrastructures pour aménager le territoire, le soutien des technologies de rupture pour rester compétitif, mais ce sera le coût de l'héritage du passé.
Ce couple PLF PLFSS que nous proposent les députés n'est pas neutre. C'est un budget d'arbitrage qui ne dit pas son nom. Satisfaire le présent, sacrifier l'avenir.
Ce modèle n'est pas celui du groupe les républicains qu' peuvent en attester plusieurs de nos amendements. Nous avons rejeté le report de la réforme des retraites. Nous sommes revenus sur certains abattements.
Nous avons indexé uniquement les pensions les plus faibles. Nous n'avons pas modifié le barême de l'impôt sauf pour les plus modestes. Ce sont des choix responsables face à ceux qui pensent sur la gauche de cet hémicycle que la situation n'est pas grave car nous laissons à nos enfants un patrimoine plus important de la dette car la fiscalité va nous offrir une échappatoire que nous avons nous avons essayé au sein du groupe les républicains tout au long de ces 3 semaines de montrer qu'un autre modèle est possible en réformant l'État. réduction de l'emploi public non régalien, regroupement des structures publiques, rationalisation de la politique des chèqus ou des guichets.
Nous n'avons pas toujours trouvé une majorité pour nous suivre dans cette démarche. C'est regrettable. Ne pensons pas que notre incapacité à réformer et à adapter l'intervention publique trouvera sa solution dans une hausse infinie des recettes.
Les entreprises ou les ultra riches ne pourront pas financer notre incurie collective, notamment car notre croissance est fragile comme le rappel en début de semaine un groupe de réflexion pourtant orienté à gauche. Là encore, la réalité est sous nos yeux. Objectivé.
Vendredi, un quotidien titré en une, chef d'entreprise la tentation de l'exil. Mardi, le métier publié son 18e baromètre du financement des ETI. Les résultats ne prêtent guère à l'optimisme.
L'impôt finance le présent, seule la croissance finance l'avenir. Alors, dans quelques heures, au motif de ne pas contribuer à l'instabilité, on voudra nous enjindre non pas au compromis, mais à la compromission. Le groupe les républicains a toujours abordé les dépats budgétaires avec responsabilité, conscient des difficultés que l'actualité fait peser sur nos entreprises.
Trésorerie qui se dégradent, faiblesse de la demande, tension sur le financement. La responsabilité, oui, mais à quel prix et pourquoi ? L'instabilité ne disparaîtra pas avec le vote du PLF.
Le coût de l'instabilité ou plutôt de l'incertitude dépasse largement celui d'une éventuelle dissolution. L'incertitude, c'est aussi l'incapacité des acteurs privés à anticiper les niveaux de demande, les coûts de production, la fiscalité à venir ou encore les taux directeurs. Dans un tel contexte, qui peut sérieusement dire que la feuille de route qui se dessine est suffisamment cohérente et claire pour les années à venir ?
L'incertitude, c'est aussi l'absence de cap du gouvernement. doit-on comprendre, comme le suggérait le rapporteur général tout à l'heure, qu'il a déjà abandonné son objectif de de déficit révisé à 5 % alors que nous nous étions engagés en avril auprès de la Commission européenne à 4,6 %. C'est animé par la conviction que seule la croissance économique permettra d'offrir un avenir à notre jeunesse et de préparer les transitions que le groupe les républicains a contribué au débat budgétaire.
Plus que jamais, nous avons conscience de l'impératif de sortir notre pays du cercle vicieux où l'on compense la faible croissance par une hausse de la fiscalité pour continuer à financer notre modèle social sans le réformer. Nous voterons donc en responsabilité le projet de loi de finance cet après-midi. Mais c'est dans ce même esprit que nous participerons aux travaux de la commission mixte paritaire.
Nous aurons toujours à l'esprit que chaque impôt sans réforme est une dette morale transmise au aux jeunes générations. Nous ne pourrons pas apporter nos voix à une CMP qui viendrait mettre trop fortement à contribution les collectivités locales. Elles ne sont pas responsables de notre endettement chronique.
Elles soutiennent l'économie par leurs investissements. Une CMP qui viendrait augmenter la pression fiscale. [applaudissements] Une CMP qui n'engagerait pas les réformes les réformes nécessaires de l'action publique promise depuis 2017 et seul à même de freiner la progression relative des dépenses publiques.
La marée monte chez les patrons, elle monte aussi chez les agriculteurs dans le monde du BTP, chez toutes les forces vives de la nation qui, pour reprendre les mots du rapporteur général, n'en peuvent plus n'en peuvent plus d'une politique du jour le jour, sans courage vision. Le projet de budget qui nous avait été présenté n'était ni responsable ni digne de confiance. Être responsable, madame la ministre, monsieur le ministre, c'est refuser l'impôt réformé plutôt que taxer.
Voilà ce que signifie gouverner. [applaudissements] Merci. Amen.
Christine Lavarde