Chevallier remonte le temps : De Gaulle-Kennedy, Versailles découvre les dîners d’État - 16/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC. On va remonter le temps comme chaque jour avec Arthur Chevalier. Arthur, Donald Trump est arrivé en France pour le G7 à Evian et demain, il sera invité à dîner par Emmanuel Macron, un dîner officiel au château de Versailles.
Oui, et Emmanuel Macron a précisé hier que ce dîner sera, je cite, notre moment de célébration de ses 250 ans d'indépendance. C'est évidemment une référence aux 250 ans de l'indépendance américaine qu'on célèbre cette année. Mais c'est aussi une façon de rappeler aux Américains que les armées françaises avaient joué un grand rôle à leur côté pendant leur guerre d'indépendance. Donc en fait, qu'ils nous doivent un petit peu quelque chose. Et ce dîner promet d'être spectaculaire, Apolline, puisqu'au programme, ça sera visite du château, dîner et feu d'artifice dans les jardins illuminés.
Cette soirée, elle vous fait penser à celle d'un autre président américain ?
Et oui, et pas n'importe quel président américain, c'était celle du président John Fitzgerald Kennedy en juin 1961. Kennedy venait d'être élu et c'était mais alors la coqueluche du monde entier à l'époque. Kennedy était jeune, beau, moderne, cool. C'était Barack Obama avant l'heure. En plus, il parlait français. Sa femme aussi parlait français. C'était une icône du glamour et du chic. Je parle bien sûr de l'éternel Jackie Kennedy. Pour toutes ces raisons, le général de Gaulle, qui était notre président, invite donc Kennedy pour quelques jours. Et le clou de sa visite, c'était un dîner d'exception au château de Versailles.
Un château où rien n'était prévu pour ce genre d'événement.
Et oui, puisqu'à l'époque, on ne donnait quasiment aucune réception à Versailles et surtout pas de dîner d'État. Donc le château n'était pas en état, tout simplement. Il a fallu tout refaire ou presque pour l'occasion. On installe l'éclairage électrique dans la galerie des glaces. Ça n'existait pas. Le dîner aura lieu dans cette galerie des glaces. On transforme la chambre de Louis XIV en entrepôt où on met toute la vaisselle pour le dîner. Et bien sûr, Apolline, qui dit dîner, dit cuisine. Sauf que c'est un vieux château, donc il n'y a pas de cuisine. Donc on fait carrément aménager une cuisine ouverte dans une des cours. Et forcément, il faut aussi des toilettes modernes.
Il n'y en avait pas non plus. Donc on met des toilettes d'appoint, des sortes de toilettes de chantier dans les salons d'oreille.
Extraordinaire ! Combien de personnes ont assisté à ce dîner ?
Beaucoup ! 174 pour être exact. Et forcément, la table du dîner était mais alors gigantesque. 15, 67 mètres de long et tout était calculé au millimètre. Les places étaient réparties en fonction des embrasures, des fenêtres. Pourquoi ? Et bien pour que tout le monde puisse avoir une vue sur les jardins. De Gaulle et Kennedy, eux, étaient au centre de la table, côte à côte en majesté, sans personne face à eux. Les verres étaient en cristal de baccarat. La vaisselle, c'était de la porcelaine de sèvres. Et la nappe était brodée avec du fil d'or. C'était plus qu'un dîner, Apolline. C'était une mise en scène du pouvoir et du raffinement à la française.
Ce dîner d'État, c'est le premier d'une longue série.
Exactement. Et Kennedy va adorer ce dîner à tel point que quand il rentre... Il en redemande. Il en redemande, exactement. Et quand il rentre, il encourage les Américains à faire des dons au château de Versailles. Rien que pour ça, ça a été très efficace. Quant à De Gaulle, lui aussi a été convaincu que ses réceptions étaient donc très utiles pour la diplomatie française. Il en fera beaucoup d'autres pour d'autres chefs d'État par la suite. Ses successeurs aussi, à noter qu'Emmanuel Macron est le président de la Ve République qui a le plus utilisé Versailles pour des réceptions officielles.
Merci Arthur. Merci d'avoir regardé cette vidéo.