Dati, Municipales à Paris, Cambriolage du Louvre | Ian Brossat
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De retour sur le plateau du Média avec l'actualité française, les municipales à Paris, c'est déjà la grande bataille. La succession d'Anne Hidalgo ouvre une période d'incertitude et de recomposition. La gauche tente de s'unir derrière Emmanuel Grégoire et David Béliard, mais les négociations restent délicates. A droite, le tableau est encore plus complexe. Rachida Dati, ministre de la Culture, reste populaire et en tête des sondages. Mais le parti Renaissance, dirigé par Gabriel Attal, a choisi de soutenir Pierre-Yves Bournazel, cadre du parti Horizon d'Edouard Philippe.
Cette décision a provoqué de vives tensions internes avec des élus macronistes déçus et des alliances locales qui pourraient redistribuer les cartes du scrutin. A cela s'ajoutent les affaires judiciaires de Rachida Dati, actuellement auditionnées pour corruption et trafic d'influence. Et ça pèse sur la campagne. Entre divisions internes, enjeux municipaux cruciaux et personnalisation politique, Paris s'apprête à vivre une campagne électorale intense et imprévisible. Avec nous ce soir pour en parler Yann Brossat, sénateur, coprésident du groupe communiste au Conseil de Paris et candidat à la mairie de Paris. Bonsoir Yann Brossat. Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir.
Pierre-Yves Bournazel, soutenu par Renaissance, souffre d'un déficit de notoriété par rapport à Rachida Dati. Qu'a l'impact selon vous et pensez-vous que ces divisions entre le centre droit auront sur le scrutin ?
En réalité, Mme Dati nous expliquait depuis maintenant des mois qu'elle réussirait à unir son camp. Sauf que la réalité en tout cas, c'est que son camp n'est pas unique, il est divisé. On sent déjà qu'il y aura des fractures importantes, parfois j'imagine violentes. Mais surtout, tout cela est en réalité lié au fait que Mme Dati est confrontée à un certain nombre de problèmes. Vous l'avez d'ailleurs dit vous-même. Elle est renvoyée devant le tribunal correctionnel au mois de novembre pour corruption et trafic d'influence.
Et donc, il y a une question qui va inévitablement se poser pendant la campagne électorale, qui est de se dire qu'au fond, si demain elle est élu maire, si elle est élu maire au mois de mars, il y a le risque qu'en réalité, elle finisse son mandat, non pas à l'hôtel de ville, mais en prison. Et on sait désormais qu'avec l'exécution provisoire, c'est une perspective qui est tout à fait possible. Et donc, cette perspective-là étant dans la tête de tout le monde, un certain nombre de gens, y compris du côté des macronistes, ont fini par se dire qu'elle était infréquentable et qu'elle ne pouvait pas être leur candidate à la mairie de Paris.
C'est pour ça que nous en sommes là aujourd'hui et c'est pour ça que la droite est aujourd'hui divisée.
Et est-ce que vous pensez justement que la personnalisation des candidatures à droite, donc entre Dati et Bournazel, pourrait redistribuer les cartes ? Et donc, est-ce selon vous aussi une opportunité pour les autres camps ?
Moi, ce que je souhaite, c'est évidemment que la gauche soit unie. On est dans une ville, Paris, qui est dirigée par la gauche depuis 2001. Il y a évidemment des choses à améliorer, mais en tout cas, moi, je vois très concrètement que depuis 20 ans, ce sont les chiffres qui parlent d'eux-mêmes. Nous avons, par exemple, doublé la proportion de logements sociaux. Nous sommes passés de 13% à 25% de logements sociaux, c'est-à-dire qu'un quart des logements à Paris échappent aux logiques de spéculation immobilière. Et ça, c'est le fruit de notre politique municipale. Je vois aussi que nous avons divisé par deux le niveau de la pollution grâce à une politique volontariste.
Tout ça, ce sont des faits. Tout ça, ce sont des résultats. Et donc, moi, je pense qu'on a une obligation à gauche qui est une obligation de s'unir. Et moi, je souhaite vraiment mettre toute mon énergie à ce que la gauche puisse se rassembler, puisse s'unir. Je pense que c'est ce que les électeurs de gauche souhaitent, à Paris comme ailleurs. Et donc, c'est ce chemin-là que nous devons emprunter. Parce que ce n'est pas uniquement une bagarre de personnalité, c'est une bagarre de projet. Est-ce qu'on continue à faire du logement social ou pas ? Est-ce qu'on encadre les loyers du secteur privé ou pas ? Est-ce qu'on laisse la spéculation immobilière libre de faire ce qu'elle veut ou pas ?
Est-ce qu'on continue à lutter contre la pollution atmosphérique ? Ce sont autant de questions qui se posent. Évidemment, selon qu'on est de gauche ou de droite, on n'y répond pas de la même manière.
Et justement, il y a plusieurs élus macronistes qui continuent de soutenir Rachida Dati, malgré le choix officiel de leur parti, comme Aurore Berger, hier, sur le plateau de France Info. On écoute.
Disons que je n'aime pas la manière de découvrir dans la presse une décision sur laquelle nous n'avons pas encore été consultés et associés. Mais de manière générale, c'est-à-dire qu'on ne peut pas plaider pour les instances et le faire que quand ça nous arrange. Ensuite, il se passe quoi sur les élections municipales ? Il faut qu'on ait des alliances partout où c'est pertinent. On a des candidats de talent, que ce soit Violette Spilbout à Lille, que ce soit Thomas Cazenave à Bordeaux, que ce soit Antoine Armand à Annecy, qui ont permis l'union pour garantir l'alternance.
On a Jean-Michel Aulas et moi, je souhaite que nous puissions soutenir la seule candidate qui peut gagner à Paris et permettre l'alternance, qui est Rachida Dati.
Et avant de vous donner la parole, Yann Brossin, en réaction, Rachida Dati s'en est prise à Gabriel Attal et c'était ce matin au micro de LCI.
Qu'est-ce que vous dites à Gabriel Attal et Pierre-Yves Bournazel aujourd'hui ? Vous tendez la main ? Revenez ?
Non, nous on tend la main à tout le monde. On est open partout. Je vais vous dire, je n'ai jamais contraint personne à faire campagne avec moi. Je n'ai jamais contraint personne à être obligé d'être avec moi. Est-ce qu'ils ont envie de gagner Paris ou pas ? Est-ce qu'ils ont envie de changer Paris ou pas ? C'est le seul mot d'ordre. Voilà, s'agissant de la décision de Gabriel Attal, je vais vous dire, il disait lui-même qu'il ne comprenait pas les décisions du président de la République. Alors je suis peut-être d'accord avec lui sur une décision. Moi je n'ai pas compris pourquoi il avait nommé Premier ministre pour être dans ce comportement aujourd'hui.
Voilà, c'est tout ce que j'ai à lui dire. Nous on va faire campagne. Il faudra qu'il s'explique devant les Parisiennes et les Parisiens pourquoi à un moment donné il s'allie à quelqu'un qui appelle à la démission du président de la République, qui effectivement est dans l'opposition au président de la République. Gabriel Attal doit tout à Emmanuel Macron. Voilà, c'est jeudi juste ça. Pour le reste, ce qui nous apporte Parisiennes, les Parisiens, le cadre de vie, qu'on puisse remettre de la lumière dans cette ville.
Est-ce que vous voyez justement cette fracture comme un facteur décisif dans la campagne ?
C'est un élément qui va compter, mais il y a plusieurs choses qui me frappent dans les extraits que vous avez diffusés. D'abord, très honnêtement, quand je vois les soutiens à Mme Dati, quand je vois Aurore Berger, quand je vois Sylvain Maillard, vous savez Sylvain Maillard, c'est ce député macroniste qui expliquait il y a quelques années que si on a des SDF, ce sont des gens qui le sont parfois. Vous voyez, quand on entend ça, franchement, si c'est ça, c'est soutien, ça ne fait pas envie et ça ne traduit pas une grande connexion à la réalité. Et puis deuxièmement, quand j'entends Mme Dati dire qu'il faut remettre de la lumière à Paris, de quoi est-ce qu'elle veut parler ?
Vous savez, moi je vois Mme Dati au Conseil de Paris, je vois quels sont ses votes, elle s'oppose systématiquement à la production de logements sociaux, elle s'oppose systématiquement à la création de centres d'hébergement d'urgence, justement pour loger des personnes qui sont sans abri. Son groupe est allé jusqu'au tribunal pour contester une délibération que nous avons fait voter, qui vise à subventionner SOS Méditerranée, vous savez, c'est cette association qui vient au secours des migrants en mer. Voilà qui est Mme Dati, voilà quels sont ses votes.
Et donc une fois de plus, moi ce que je souhaite, c'est qu'à l'occasion de cette élection municipale, on ait une confrontation de projets, qu'on sorte de la politique politicienne, qu'on dise quels sont les projets que les uns et les autres soutiennent. Et bien très concrètement, le projet de Mme Dati, c'est le musée des horreurs, c'est-à-dire revenir dans un Paris où il n'y a pas de logement social, où il n'y a que les plus riches qui peuvent habiter, un Paris qui ressemble au fond à son arrondissement, le 7ème, dans lequel on a 3% de logements sociaux. Moi ce n'est pas le Paris que je veux.
Je pense que ce qui fait la force de Paris, c'est d'être bien sûr une ville magnifique, visitée par des touristes qui viennent du monde entier, mais c'est surtout une ville dans laquelle on garde malgré tout une forme de mixité sociale. Moi je ne souhaite pas créer un petit paradis réservé uniquement aux plus riches. Moi je souhaite que Paris reste une ville de brassage, parce que c'est aussi ça qui fait la richesse de notre ville. C'est la grande différence que j'ai, que nous avons avec ce que propose Rachida Dati et ses soutiens.
Et justement pour continuer sur les réalités locales à Paris, est-ce que vous pensez que la stratégie du bloc présidentiel, donc basée sur la notoriété et les tractations nationales, est adaptée finalement à ce que vous venez de dire aux réalités locales à Paris ?
Non, moi je pense que ces gens raisonnent casting avant de raisonner scénario, et ils imaginent que parce qu'ils ont une tête de gondole qui est connue, connue d'ailleurs et aussi très décriée, ils vont remporter le morceau. Ça ne marche pas comme ça une campagne municipale. Une campagne municipale, c'est d'abord des convictions, un projet, une vision qu'on défend pour sa ville. Quelle est la vision que Mme Dati défend pour sa ville, à part de défendre une ville dans laquelle les classes moyennes n'auraient plus la possibilité d'habiter ? Une fois de plus, moi je crois aux idées, aux convictions, et par ailleurs, bien sûr qu'il y a un contexte national. Et ce contexte national, il dit quoi ?
Il dit que partout en France, on a une montée des idées d'extrême droite, des idées racistes, des idées xénophobes. Moi je ne veux pas ça pour Paris. Moi je veux que Paris soit un pôle de résistance à ces vents mauvais, qui soufflent un peu partout et qui nous renvoient à un air réactionnaire. Et donc c'est ça le choix que les Parisiens vont devoir faire. Est-ce qu'ils souhaitent que Paris épouse ce mouvement national qui porte l'extrême droite, ou est-ce qu'ils veulent au contraire que Paris résiste à ça, que Paris ça reste une ville qui porte des valeurs progressistes, écolos, de justice sociale ?
Ce que nous portons depuis plusieurs années maintenant, ce qu'on doit encore accélérer parce que la situation est encore plus difficile. Mais c'est ça le débat qui doit avoir lieu devant les Parisiens. Et c'est ça que les Parisiens, je crois, attendent bien plus que des petites querelles entre forces politiques, comme Mme Dati s'y livre très régulièrement.
Justement, pour rappel à nos téléspectateurs, Rachida Dati est confrontée à plusieurs obstacles. Le Renaissance a indiqué donc qu'il soutiendra un autre candidat à Paris. Elle fait face aussi à des affaires judiciaires. Dernièrement aussi, le vol de bijoux au misé du Louvre, qui est rapidement devenu un point de critique politique majeure dans la course à la mairie de Paris. Donc, on peut dire que tout ceci éclabousse sa candidature. Et vous, vous avez publiquement demandé la démission de Mme Dati à la suite du spectaculaire vol de bijoux au misé du Louvre, qualifiant sa réaction aussi de campagne médiatique plutôt que de responsabilité ministérielle.
Est-ce que vous pouvez expliciter ce que vous attendez justement concrètement d'un ministre de la Culture à ce moment clé ? Et pourquoi vous jugez que Mme Dati ne répond pas à ses attentes ?
Bien sûr, parce qu'elle est ministre. Et donc, quand un événement comme celui-là se produit, il y a évidemment une responsabilité de la ministre. A fortiori, lorsque des salariés, j'ai reçu d'ailleurs la CGT du Louvre la semaine dernière, ont tiré la sonnette d'alarme pendant des mois sur le manque de personnel, sur le manque de personnel, notamment en matière de sécurité, sur le manque d'équipement, de sécurité. Ils l'ont dit, ils ont alerté. Certains d'ailleurs se sont mis en grève, ont débrayé. Et la ministre ne les a jamais entendues, malgré l'ensemble de leurs signaux d'alerte. Donc oui, bien sûr, il y a une responsabilité de la ministre.
Et il y a une autre responsabilité, qui est qu'elle-même a contribué à baisser les budgets de l'entretien du patrimoine, et notamment le budget du Louvre, qui devait encore baisser pour l'année 2026. Donc oui, elle a une forme de responsabilité. Et je suis choqué par le fait que, alors même que cette question est mise sur la place publique, la seule réaction de Mme Dati, c'est d'elle expliquer que la ville de Paris aurait dû financer plus de vidéosurveillantes. Elle oublie au passage que l'axe François Mitterrand, celui sur lequel le vol a été commis, est en réalité un axe qui dépend de la préfecture de police.
Et par ailleurs, le plan de vidéosurveillance à Paris dépend intégralement de la préfecture de police. Donc il y a deux hypothèses. Soit elle est complètement incompétente et elle n'est pas au courant, soit elle ment. Mais dans tous les cas, elle n'est pas digne d'être ministre. Et quand on se comporte de cette manière-là, avec cette désinvolture-là, oui, je pense qu'on ne peut pas être ministre. C'était déjà une hérésie de la nommée ministre, alors même qu'elle était renvoyée devant le tribunal pour corruption et trafic d'influence.
C'est encore plus choquant de la garde des ministres, alors qu'un tel fiasco a pu se produire au lourd, qui n'est quand même pas n'importe quel musée, vous l'admettrez.
Et justement, la ministre de la Culture a évoqué hier, lors d'une audition au Sénat, la création d'un fonds dédié à la sécurité des musées. Est-ce que, selon vous, c'est suffisant pour se racheter ?
Mieux vaut tard que jamais, en tout cas. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il va falloir des moyens derrière. Ce n'est pas gratuit, puisqu'elle parle elle-même d'un fonds de sécurisation des musées, le Louvre et d'autres qui auraient pu être concernés. Donc oui, bien sûr, mais quel temps perdu et quel dommage qu'elle n'ait pas entendu les personnels. Une fois de plus, on a des personnels qui ont débrayé, non pas pour demander des augmentations de salaire, mais simplement parce qu'ils étaient inquiets, bien sûr, de leurs conditions de travail, mais surtout de la sécurité de l'établissement dans lequel ils travaillaient.
Et donc, je pense que s'il y a un fonds qui se met en place, tant mieux, mais il faudra, un, des moyens, et deux, une prise en compte du personnel, des salariés, beaucoup plus importante que ça n'a été le cas ces dernières années. Et je pense que le mépris que la ministre a eu pour le personnel, nous le payons avec ce qui s'est passé au Louvre il y a un peu plus d'une semaine maintenant.
Et donc, Rachida Dati sera en procès du 16 au 28 septembre 2026, soit après les municipales pour corruption et trafic d'influence. Et dans la perspective, justement, des municipales à Paris, selon vous, comment cette affaire, donc cette affaire Dati, va affecter, selon vous, la crédibilité globale de la droite parisienne et du bloc aussi présidentiel auprès des électeurs ?
C'est un peu l'éléphant au milieu de la pièce. Effectivement, savoir qu'une candidate à la mairie de Paris, une prétendante à l'hôtel de ville, va se retrouver au tribunal en septembre, c'est-à-dire six mois après les élections municipales, avec la possibilité d'être condamnée, y compris d'ailleurs à une peine de prison, y compris la possibilité qu'elle soit inéligible. Tout ça, c'est quand même pas un événement qui est totalement neutre.
Moi, je regrette, en tout cas, que ce procès ait lieu après les élections municipales parce que les Parisiens ne pourront pas voter en connaissance de cause et ils ne sauront pas si Mme Dati est susceptible d'être maire jusqu'au bout du mandat ou si son mandat risque de s'interrompre parce qu'elle aura été condamnée. Donc oui, ça pose bien sûr un certain nombre de questions. Et puis Paris est une ville qui, avant 2001, avant la victoire de la gauche, a connu des équipes qui passaient plus de temps au tribunal que dans l'hôtel de ville. Et donc oui, bien sûr, ce sera une question qui se posera et une question que les Parisiens se poseront.
Est-ce que le projet de Mme Dati, c'est de transférer le Conseil de Paris à la prison de la Santé ? Bien sûr que ce sera une question, une question que nous nous poserons, mais une question que les Parisiens se poseront eux-mêmes parce que ça n'est pas neutre d'avoir une candidate qui est renvoyée au tribunal pour des affaires pareilles.
Et vous aussi, vous êtes candidat à la mairie de Paris. Quelle est votre stratégie, justement ? Parce que peut-être aussi, je pense, que les Français en ont un peu marre de ce remue-ménage continuel entre ce qui se passe avec les chamboulements, les ministres qui changent et là encore, tout un remue-ménage avec les municipales à Paris ?
Moi, je souhaite que la gauche fasse très vite l'Union, qu'on puisse partir ensemble à la bataille. Une fois de plus, je l'ai dit tout à l'heure, on voit bien le contexte international. On a Trump aux États-Unis, on a Mélanie en Italie, on a les fascistes qui gagnent du terrain partout. Et nous, à Paris, il faudrait quand même qu'on soit capable de prendre nos responsabilités, de nous unir. On peut avoir des chamailleries à l'échelle nationale, mais il faut au moins, de mon point de vue, que dans nos villes, notamment à Paris qui est la ville capitale, on prenne nos responsabilités et on s'unisse.
Et pour le reste, cette union, elle doit se faire sur un programme qui doit être extrêmement clair. Je vous parlais tout à l'heure des enjeux du logement. Moi, je pense qu'on a encore besoin de multiplier les initiatives pour rendre Paris plus vivable, plus abordable pour les classes populaires et pour les classes moyennes. Enfin, on ne peut pas continuer à avoir des niveaux de loyer délirants comme on continue d'en avoir. On a besoin d'encadrer les loyers de manière plus ferme. On a besoin de sanctionner les propriétaires qui abusent.
Moi, je propose dans le cadre de cette campagne une police du logement, c'est-à-dire qu'on ait des effectifs de terrain qui aillent contrôler le niveau des loyers, qui aillent sanctionner les propriétaires qui ne respectent pas les lois. On a besoin, par exemple, en matière de logement, de sortir d'une forme d'impunité qu'on a encore aujourd'hui où des propriétaires, des multipropriétaires, se sentent libres de faire n'importe quoi et de maltraiter leurs locataires. Donc, oui, on a besoin de mettre la seconde et on a besoin que Paris soit une ville qui reste une ville solidaire et pas une ville dans laquelle c'est chacun pour soi qui domine.
C'est vraiment l'un des grands sujets qui nous opposera à la droite. Vous savez, moi, je l'ai vécu comme adjoint à la maire de Paris en charge du logement pendant neuf ans. Je le vis aujourd'hui comme sénateur sur un sujet comme le logement. La droite et la gauche, ce n'est pas la même chose, ce n'est pas le même projet. Eux considèrent qu'il faut laisser le marché libre de faire n'importe quoi, pas nous. C'est l'un des sujets que les Parisiennes, les Parisiens devront trancher en mars prochain en votant aux élections municipales.
Et justement, comment est-ce que votre fraction politique communiste va se positionner pour construire ce projet collectif ? Parce qu'on a l'impression aussi aujourd'hui que les politiques ont du mal à avoir un programme collectif à s'unir.
D'abord, s'unir, c'est indispensable, une fois de plus parce que la menace, le risque de basculement à droite, à l'extrême droite est trop important. Donc bien sûr, il faut qu'on s'unisse. Mais une fois de plus, il faut qu'on s'unisse non pas sur une affaire de place, il faut qu'on s'unisse avec du contenu, avec des propositions qui donnent aux Parisiens envie de voter pour nous. Une fois de plus, rendre Paris plus abordable, faire en sorte que Paris soit une ville moins chère, c'est, je crois, absolument fondamental. Vous savez, je suis avec intérêt la campagne de Zoran Mandani à New York. Je vois ce qu'il dit, je vois ce qu'il propose.
Toute sa campagne, il l'amène comme nous autour de l'idée que sa ville doit être une ville plus abordable, moins chère, une ville dans laquelle on est du brassage social. Moi, je veux que Paris soit cette ville-là. Je ne veux surtout pas que Paris soit une citadelle réservée aux privilégiés. Et ça, c'est de mon point de vue l'un des grands sujets de campagne. Alors évidemment, Madame Dati ne voudra pas parler de ça parce que ce n'est pas ça qui l'intéresse, mais c'est là-dessus que la campagne doit porter. Donc notre projet, on doit le concevoir en égoûtant les Parisiens.
Vous savez, quand on tient une permanence d'élus, la première raison pour laquelle les Parisiens viennent vous voir, ce sont les enjeux de logement, ce sont les enjeux de pouvoir d'achat. Donc c'est là-dessus que doit porter la campagne et c'est à nous de faire en sorte qu'elle porte là-dessus pour répondre aux aspirations des habitants.
Justement, on l'a évoqué un peu plus tôt dans notre point d'actualité sur le média concernant aussi le budget. On voit qu'il y a un remue-ménage justement autour de cette question du budget. Peut-être un dernier mot pour conclure cette interview ?
Pour l'instant, le budget est très mauvais parce que la copie telle qu'elle est ressortie de le corps nu, elle est abominable. C'est un budget qui va se traduire par des coûts portés aux classes populaires et aux classes moyennes, le doublement des franchises médicales, le gel de toute une série d'allocations, de prestations sociales. C'est extrêmement mauvais pour notre pays et pour ceux qui sont déjà les plus modestes. Moi, je souhaite qu'on ait un combat commun des parlementaires de gauche pour que ce budget ne ressemble pas à ça.
Et si, inévitablement, les choses continuent comme ça, il faudra sanctionner ce gouvernement, le censurer parce qu'on ne peut pas accepter que les Français soient punis de cette manière-là.
Merci beaucoup. C'est moi qui vous remercie. Merci beaucoup. Merci d'avoir été avec nous sur ce plateau.
Ian Brossat