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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 7 juillet 2020 6 minComplaisantActualité / polémiqueJusticeInstitutions & électionsSolidarités & familleRetraites

Interview "Découverte" : Éric Dupond-Moretti nommé ministre de la Justice - 07/07

Source d'origine 1 locuteur

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteRéponse directe

    Surpris par la nomination d'Éric Dupond-Moretti ?

  • 0:27OuverteRéponse partielle

    Une décision risquée, non ?

  • 1:34OuverteRéponse directe

    Les écoutes des avocats sont-elles acceptables ?

  • 2:47OuverteRéponse directe

    Pourquoi les magistrats accueillent mal cette nomination ?

  • 4:50OuverteRéponse directe

    Vous allez être exigeant avec votre confrère garde des Sceaux ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:10PrésentateurChiffre
    « 80 avocats à Paris écoutés. »
  • 2:13PrésentateurFait
    « Géolocalisés, on suivait leurs téléphones, on savait ce qu'ils faisaient, les téléphones des clients, les téléphones des cabinets. »
  • 4:09PrésentateurFait
    « Il avait même envisagé la suppression de l'école nationale de la magistrature. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC 6h-9h. Bonne indirecte. Bien, avec nous, Maître Olivier Cousy, qui est bâtonnier de Paris. Maître Cousy, bonjour. Bonjour. Surpris par la nomination d'Éric Dupond-Moretti. Agréablement surpris. Agréablement surpris. Oui, c'est une bonne nouvelle parce que c'est une manière de remettre la justice au centre du débat. Je trouve que ça, c'est une décision courageuse de la part du gouvernement, du Premier ministre et du Président. Donc, je salue cette décision. Une décision risquée, non ? Connaissant la personnalité forte, je me méfie des a priori, vraiment, dans la vie. Oui, il faut. Il faut, oui, oui.

La personnalité forte d'Éric Dupond-Moretti que j'ai reçue, que je connais, que j'apprécie énormément d'ailleurs, qui est un personnage très intéressant parce que multiple et iconoclaste. Oui, puis c'est un parcours. C'est quelqu'un qui vient de Lille, qui a travaillé très jeune, qui vient de Régine Modeste. Il n'y a personne qui connaît aussi bien tous les tribunaux de France qu'Éric Dupond-Moretti. Donc, on a référé à quelqu'un qui va avoir une vraie connaissance. Un pénaliste. Un pénaliste qui connaît la justice au quotidien, qui sait ce que c'est que de défendre des situations dramatiques.

Et moi, je trouve que c'est une bonne chose parce qu'il permettra d'avoir une vision plus éclairée sur ce qui se passe dans les tribunaux et dans la réalité judiciaire. Oui, la liberté publique, les problématiques de liberté publique, il connaît le respect de l'État de droit. Il connaît, il s'est emporté à de nombreuses reprises, justement. Oui, oui. Pour nous, ce qui est important, c'est le secret professionnel. On est quand même dans une situation où tout ça est assez menacé. Il y a eu des découvertes assez récentes sur la question des écoutes des avocats. Il a retiré sa plainte d'ailleurs. Ça, c'est normal parce qu'il devient ministre. Oui, oui. C'est aussi mécanique. Oui, bien sûr.

Mais nous, d'ailleurs, on a envisagé une action. Mais la précédente garde des Sceaux, ce n'est pas lié à sa nomination. Mais nous, notre plainte, ou en tout cas notre action en justice qu'on avait engagée, on va la suspendre dans l'attente du résultat de l'enquête. Puisque Mme Bellouvet avait pris une décision, elle aussi courageuse, de faire une enquête de l'Inspection Générale des Services sur la manière dont cette procédure a été menée dans le cas des FADET. Oui, des avocats écoutés, c'est ça, pour résumer. 80 avocats à Paris écoutés. 80 avocats à Paris écoutés.

Géolocalisés, on suivait leurs téléphones, on savait ce qu'ils faisaient, les téléphones des clients, les téléphones des cabinets. Donc ça, c'est vraiment inacceptable. C'est inacceptable. Il s'était emporté contre cela. Maintenant, il est garde des Sceaux. Il va, j'imagine, être vigilant. Il va en tout cas mener l'enquête. Il va faire une enquête par les services. Oui, Maître Cousy, vous le connaissez, Éric Dupond-Moretti. Oui, mais l'Éric, parfois, il s'en porte. Il va falloir qu'il soit plus calme. Les magistrats accueillent très mal cette nomination. Pourquoi, selon vous ? Il faut qu'on sorte de cette posture et cette opposition. Il y a un travail de justice qui se fait à deux.

À trois avec les greffiers, à quatre avec les policiers. Donc tous les auxiliaires de justice peuvent travailler ensemble. Moi, je l'ai vu pendant le Covid. On a travaillé directement avec les chefs de juridiction. Il n'y a aucune raison de maintenir cette opposition de principe. Il y a eu des avocats garde des Sceaux qui ont été excellents. Il y a eu des magistrats qui ont été garde des Sceaux qui ont été excellents. Le vrai sujet, c'est est-ce qu'il aura les moyens ? Est-ce qu'il aura une marche de manœuvre ? Est-ce qu'il n'aura pas les mains liées au niveau du budget ? Oui, le parquet national financier qualifié de barbouze. Enfin, des méthodes de barbouze. C'est parce qu'il les a vécues.

Il les a vécues. Il les a subies lui-même. Oui, exactement, exactement. Ce qu'on peut dire maintenant, c'est que les magistrats vont l'écouter. Oui, les magistrats vont l'écouter. Il va falloir mettre en place le code de justice pénale des mineurs. Oui, tous les projets qui avaient été menés par Mme Belloubet doivent être continués. On a des situations des prisons qui ne sont pas acceptables. Éric les connaît bien. Mme Belloubet avait fait des actions tout à fait louables sur ces sujets, sur les mineurs, sur les prisons, sur un certain nombre de points de justice. La difficulté, c'est qu'elles n'étaient pas nécessairement suivies.

Donc là, il faut que Dupond-Moretti arrive à imposer un programme et à imposer des réformes. Oui, le droit pénal de l'environnement aussi. Il va falloir travailler. Le droit pénal de l'environnement. Il y a des grands projets sur l'organisation judiciaire, sur la question des fondations judiciaires, sur la question des cours criminels. Il avait même envisagé la suppression de l'école nationale de la magistrature. Il l'a dit. Il l'a dit, oui. Il l'a dit. Il l'a dit. Alors là, les magistrats sont vent debout. Et puis, une séparation entre les magistrats du siège et du parquet aussi. Oui, c'est pareil. Ça fait partie des débats. Mais il faut réformer les choses. On ne peut pas être...

La justice était au plus mal dans la situation actuelle. Elle est lente. Elle est difficile. Il y a des manques de confiance. Donc, je pense qu'on peut travailler ensemble. Moi, je suis très confiant. Sans oublier la réforme des retraites, je me souviens du nombre d'avocats qui avaient déposé leur robe et qui avaient protesté lors de la réforme des retraites. Il va falloir renouer le dialogue avec les avocats. Vous êtes bâtonnier. Vous allez être exigeant avec votre confrère garde des Sceaux. Ça va être peut-être le premier sujet sur lequel on va s'affronter. Je ne sais pas quelle va être la politique du gouvernement et si Eric va l'appliquer.

Mais c'est clair que si on remet sur le tapis cette réforme des retraites en l'état des cabinets aujourd'hui, la manière dont nous sommes dans une situation de fragilité économique, remettre la réforme en l'état telle qu'elle était, ça va nécessairement créer des conflits et on va redescendre dans la rue, c'est certain. Bien. Merci, Maître Cousy. Merci d'être venu nous voir. Merci. Et ça va être intéressant, vos discussions avec Eric. Oui, l'avantage, c'est qu'on... Parce que vous vous appelez par vos prénoms. L'avantage, c'est qu'on se connaît. Ça, vous connaissez bien. Oui, oui. Il connaît tous les avocats, c'est évident. Bien. Merci, Maître Cousy.