L'interview "Savoir comprendre" : Bernard Sananès - 02/07
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteRéponse directe
Pourquoi l'opinion est à 57% derrière Édouard Philippe ?
- 0:59OuverteRéponse directe
Expliquez-nous pourquoi il y a 20 points d'écart entre les deux hommes ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Expliquez-moi autre chose : 36-37% d'opinions favorables pour Macron, et combien de maires ?
- 1:48OuverteRéponse directe
Expliquez-nous ce décalage.
- 2:31OuverteRéponse partielle
Les Verts ont réussi dans des grandes villes riches, avec un électorat proche de Macron ?
- 3:31OuverteRéponse directe
Crédibilité économique et sociale, c'est le gros problème des Verts.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:13PrésentateurChiffre
« L'opinion, aujourd'hui, est à 57% derrière Édouard Philippe. »
- 2:26InvitéFait
« En Marche a raté les municipales. »
- 2:01InvitéFait
« Les deux candidats qui arrivent en tête, c'est Macron et Le Pen. »
- 2:57InvitéFait
« Ils ont pris souvent le leadership de la gauche dans la ville où le sortant n'était pas de gauche. »
- 3:59InvitéChiffre
« Yannick Jadot décolle à peine. Il est en dessous de 10%. »
- 5:47PrésentateurChiffre
« 15% des Français n'ont jamais pris l'avion. »
Temps de parole
- Invité49 %
- Présentateur38 %
- Présentateur 213 %
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Vous écoutez RMC. RMC, 6h-9h. Vos d'indirect. Bernard Sananès, le président de l'Institut de Sondage et Lab, est donc avec nous. Vous observez les mouvements d'opinion. L'opinion, aujourd'hui, est à 57% derrière Édouard Philippe. Pourquoi ? Vous m'avez dit tout à l'heure. Parce qu'Édouard Philippe, c'est un peu le contrepoids à Emmanuel Macron. Ce qui pose un énorme problème, d'ailleurs, à Emmanuel Macron, pour prendre sa décision, dites-moi. A-t-il la garder ou pas ?
Évidemment, évidemment. Après, on peut se dire, ce n'est pas un sondage qui fait la décision du président de l'Archimulique. Évidemment, il y a d'autres critères de lecture. Évidemment, heureusement. C'est vrai que la crise a rebattu les cartes. J'allais dire, pendant trois ans, il n'y avait qu'une seule tête de l'exécutif pour les Français. Cette tête de l'exécutif, c'était Emmanuel Macron. Pendant la crise, les Français ont découvert qu'il y avait deux têtes de l'exécutif. Chacun à leur rôle, chacun à leur place. Mais c'est vrai que le Premier ministre était dans l'ombre et qu'il a un peu pris de la lumière. Il a pris de la lumière.
Bon, mais expliquez-nous pourquoi il y a 20 points d'écart entre les deux hommes ? On est à 20 points d'écart ? Un peu moins.
Un peu moins entre 15. Un peu moins. Mais par contre, sur un nombre de traits d'image, par exemple, ce n'est pas dans cette enquête-là. Dans d'autres, on voit bien que le Premier ministre est jugé plus rassembleur, plus courageux, plus sincère, plus rassurant que le président de la République. Plus rassembleur, plus courageux, plus sincère, plus rassurant. Ça fait beaucoup quand même. Ça fait beaucoup. Le président de la République garde pour lui le dynamisme qui reste sa qualité première. C'est-à-dire qu'on lui reconnaît sa capacité à faire.
Alors, expliquez-moi autre chose. 36, 37% d'opinions favorables pour Emmanuel Macron. Et combien de maires ? 146 maires pour la République en marche sur 26 000 communes ou 36 000 communes ? Quasiment pas dans les grandes villes et très peu dans les petites villes.
Expliquez-nous ce décalage. D'abord, le constat, c'est qu'En Marche a raté les municipales. Il y a deux parties qui ne sont pas renforcées. C'est En Marche et c'est le Rassemblement national. On oublie de le dire. C'est vrai. Et ce qui est paradoxal, c'est quand on fait, par exemple, comme aujourd'hui, un sondage de vote présidentiel, les deux candidats qui arrivent en tête, c'est Macron et Le Pen.
Et on assiste à quelque chose qu'on a rarement vu dans la vie politique française, qui est une décorrélation entre la vie politique nationale, qui reste pour le moment, on verra si ça change, marqué par cette polarisation très forte, Macron-Le Pen, on l'a vu aux Européennes, on le voit dans les sondages, et une vie politique locale qui a dit quoi dimanche ? Eh bien, les partis PS, LR, et en plus les Verts, c'est un phénomène nouveau, eux ont réussi, ont construit une implantation locale.
Sauf que les Verts, je vais mesurer tout cela, et j'en parlerai à Delphine Bateau, mon invité, tout à l'heure, les Verts ont réussi dans des grandes villes, et ont réussi dans des grandes villes riches, avec un électorat qui est peut-être celui qui était celui d'Emmanuel Macron à la présidentielle, non ? En partie, en partie.
Alors, les Verts étaient présents dans un nombre limité de candidatures, de villes, mais c'est vrai que là où ils ont investi des candidats, là où ils ont réussi à faire des alliances, ils ont rarement gagné seuls, ils ont recomposé aussi l'espace à gauche, ils ont pris souvent le leadership de la gauche dans la ville où le sortant n'était pas de gauche. À Nantes ou à Rennes, ils se sont alliés finalement avec le maire sortant. Maintenant, ils ont un enjeu. Bien sûr, cette poussée des Verts, c'est la traduction, ce n'est pas un mouvement politique, c'est la traduction d'une aspiration de la société dans son ensemble, à une vie plus écologique, plus respectueuse du climat, plus saine.
Mais ils ont devant eux la question de la crédibilité économique et sociale. Là-dessus, on le voit, ça reste la première urgence des Français.
Voilà, crédibilité économique et sociale, c'est le gros problème des Verts, qui ont un autre problème, c'est de trouver la personne, homme ou femme, qui va les conduire peut-être à la victoire, à la présidentielle de 2022. L'élection présidentielle dans le système politique français, c'est une question d'incarnation.
Évidemment. C'est vrai qu'aujourd'hui, ils ne sont pas encore... Qui ? Ils n'ont pas encore démarré, mais on a vu avec Emmanuel Macron que ça pouvait venir très tard. Mais c'est vrai que l'élection présidentielle n'a jamais été une bonne élection pour les Verts. Et même là, dans les enquêtes au lendemain des municipales, on voit bien que Yannick Jadot décolle à peine. Il est en dessous de 10%. Alors, ça va peut-être évoluer. Et puis, il y a autre chose. Les Français, dans certaines grandes villes, entre une vingtaine de villes de plus de 20 000 habitants, ont élu des maires écologistes. Ils vont aussi essayer de les tester. Ils vont voir ce qu'ils font concrètement.
Est-ce que ça a un résultat, un impact ? C'est vrai, Bernard Sanaès, mais il n'y a pas de leadership chez les Verts. Et les Verts qui veulent maintenant imposer le leadership à gauche. Tout à fait.
Un, il n'y a pas de leadership. Et il y aura, on l'a vu dans le passé, des primaires qui sont toujours compliquées. C'est les vieux démons des Verts, de la division. En tout cas, il n'y a pas aujourd'hui un leader qui s'impose. Il y en a une la dernière fois, vous vous en souvenez, Jean-Jacques. Et puis, il y aura, il ne faut pas se tromper, ça c'est le jeu politique. Il y aura la course du leadership à gauche entre France Insoumise et entre Europe Écologie et Europe Écologie-Les Verts.
Bien, et il y en a une qui, j'en suis persuadé, va se positionner. C'est mon invité de 8h35, Delphine Bateau, qui a été ministre de l'Écologie, qui est aujourd'hui dans un groupe, qui s'appelle comment d'ailleurs ? Parce que je ne retiens jamais Écologie, Démocratie, Solidarité. Il y a dix groupes à l'Assemblée. Voilà, c'est ça. Et qui pourrait faire la transition. On lui parlera. D'ailleurs, Delphine Bateau, qui propose une mesure qui va faire réagir, j'en suis certain, un quota carbone pour limiter les voyages en avion. C'est-à-dire que nous aurions un quota, nous pourrions parcourir un certain nombre de kilomètres, et puis ensuite, nous serions interdits de vol. C'est cela ?
C'est ça, Delphine Bateau ? Alors, sans compter les déplacements professionnels, sans compter la Corse et l'Outre-mer, qui seraient des exceptions, mais effectivement, c'est ça l'idée, mettre en place un système de quota carbone pour l'usage de l'avion. Chaque personne aurait un quota, un kilométrage, en fait, à ne pas dépasser. L'idée, effectivement, c'est de lutter contre ceux qui prennent un peu trop souvent l'avion pour des week-ends ou pour un voyage, par exemple, qui peut se faire un trajet, qui peut se faire en train. 15% des Français, 15% des Français n'ont jamais pris l'avion.
Ça, c'est un chiffre qu'il faut avoir en tête, un chiffre qui est donné par le site des voyages Last Minute. C'est plus que chez nos voisins européens, on est autour de 10% en Allemagne et en Italie. C'est encore moins en Espagne et en Grande-Bretagne, où là, quasiment toute la population a déjà pris l'avion au moins une fois dans sa vie. Et si on regarde à l'échelle de la planète, et bien là, on se retrouve avec un chiffre encore plus élevé. 80% de la population mondiale n'a jamais pris l'avion, selon les constructeurs Airbus et Boeing. Bien, merci beaucoup, merci Quentin, merci à vous, Bernard Salanès, pour toutes ces informations.