Elsa Guedj, pour la pièce “Dolorosa et la série “Le sens des choses” - "Nouvelles têtes"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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Ça se prépare comment ?
- 1:35OuverteRéponse directe
Comment est-ce qu'elle va trouver une place dans son style à elle, qui est aussi celui d'être une femme ?
- 1:55FerméeRéponse partielle
C'est important pour vous que cette femme rabbine de 28 ans, elle soit charnelle, qu'elle soit un peu comme ça, coquine.
- 3:14OuverteRéponse directe
Comment est-ce que, finalement, on a construit avec ce personnage de rabbin un psy ?
- 4:09OuverteRéponse directe
Est-ce que ça a résonné aussi avec votre travail que vous faites en ce moment sur scène aussi ?
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Macha, c'est votre personnage ?
Temps de parole
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Les nouvelles têtes, Mathilde Serrel, ce matin votre invitée à 35 ans et un premier rôle principal dans l'une des séries les plus attendues de l'année. La comédienne Elsa Gedge est dans notre studio. Bonjour Elsa Gedge. Bonjour. Cette petite musique signée Flora Fauna, c'est celle du générique d'une série existentielle, drôle, tendre, ça s'appelle Le sens des choses. Elle débarque le 28 mars sur HBO Max, adaptée du best-seller de la rabbine Delphine Horvillère, Vivre avec les morts. Pour votre premier rôle, vous devenez une femme rabbin. Ça se prépare comment ?
Comment ? J'ai eu, enfin j'ai, pardon, je suis en fait stressée. J'ai reçu le scénario. J'ai reçu, non mais j'ai reçu le scénario, non mais d'abord, enfin... J'ai lu le livre. Pardon, je ne sais pas par où je dois commencer. Non, j'ai lu le livre, j'ai lu le scénario et ensuite, oui, j'ai fait un petit travail avec une coach, enfin une spécialiste du judaïsme qui s'appelle Faustine Sigal, avec qui j'ai eu plein de rendez-vous, qui étaient surtout des conversations pour apprendre des choses que j'ignorais sur le judaïsme et la profession de rabbin. Et puis j'ai fréquenté la synagogue.
Et vous avez réfléchi aussi, parce qu'on sent que la question que se pose Delphine Orvilleur à cet âge-là, alors qu'elle devient une des rares femmes rabbins de France, c'est comment est-ce qu'on devient une femme rabbin ? C'est-à-dire comment est-ce qu'on incarne par une forme de féminité cet office religieux ? Comment est-ce qu'elle va trouver une place dans son style à elle, qui est aussi celui d'être une femme ? Oui, exactement. Et vous, vous l'avez amenée dans votre personnage, vous lui avez amené son piquant, son côté sexy presque, qu'on a découvert dans le rôle avec votre personnage d'Apolline.
C'est important pour vous que cette femme rabbine de 28 ans, elle soit charnelle, qu'elle soit un peu comme ça, coquine.
Oui, oui, enfin, coquine, ce n'était pas exactement le mot que j'avais en tête, mais enfin, en tout cas, que ce soit une jeune femme qui vit sa vraie vie de jeune femme aujourd'hui, et qui parallèlement à ça, a choisi de faire cette profession.
Ce qu'elle était, puisqu'elle a commencé comme mannequin, Delphine Orvilleur 1, elle était coquinette.
C'est ça qui était intéressant, que ce ne soit pas un personnage un peu spirituel désincarné, mais plutôt une jeune femme d'aujourd'hui.
Et donc, elle a un père, cette jeune femme, qui s'appelle Eric Elmosnino, dans la série, qui est excellent. Lui, c'est vraiment terrible pour lui que sa fille devienne rabbin. Il dit « ma fille se prend pour ton camillo ». Donc, c'est un peu ça l'ambiance. Et elle travaille dans une synagogue qui a été achetée par un entrepreneur qui voudrait redonner un petit peu de sens à sa vie, le fabuleux Manu Payet, qui vit entouré de jeunes femmes, enfin, de sa fille et de sa femme qui sont passionnés par Instagram et le monde bling-bling. Et puis, son fils qui pense que tout va s'effondrer, qui lit les rapports du GIEC et à qui vous devez organiser une bar mitzvah.
Oui, voilà.
Tous ces personnages sont extraordinaires. Mais comment est-ce que, finalement, on a construit avec ce personnage de rabbin un psy ? Un psy du quotidien, de ses grands passages, de ses grands rites ?
Oui, c'est ça. En fait, c'est à peu près la fonction du rabbin, d'accompagner les gens. C'est un chef de communauté, mais aussi quelqu'un qui accompagne les gens dans les moments importants de la vie, qui sont la naissance, le mariage, la mort, la bar mitzvah. Enfin, et aussi, traditionnellement, une personne à qui on peut aller raconter ses problèmes et demander conseil. Et donc, en ça, c'est, oui, comme un psy, un peu.
Et d'ailleurs, c'est conçu au sein de la production chez Fédération qui avait fait la série En Thérapie. Donc, on y retrouve ce signe-là. C'est créé par les scénaristes de Parlement, Noé Debré et Benjamin Charbi, qui ont fait un travail extraordinaire sur, justement, ce climat en thérapie, puisqu'elle doit résoudre un problème existentiel à chaque fois, cette femme rabbin. Est-ce que ça a résonné aussi avec votre travail que vous faites en ce moment sur scène aussi ? Vous êtes dans une adaptation des trois sœurs de Tchékov qui s'appelle Dolorosa, mais version contemporaine de Rebecca Kricheldorf. C'est la question de trouver sa place dans la vie, de trouver un sens et une place dans sa vie.
Oui, c'est vrai que c'est tout à fait la même question. Après, dans la pièce, c'est résolu plutôt de façon hyper cynique et désespérante. Enfin, c'est quand même une comédie, mais je pense que les personnages ne trouvent pas l'issue, alors que dans la série, au contraire, à la fin de chaque épisode, il y a un peu une issue positive qui est trouvée. Mais dans la pièce, c'est moins le cas, les personnages sont plutôt en train de s'enliser.
Macha, c'est votre personnage ? C'est mis en scène par Marcel Diffanzobo, ça va débarquer à Paris, donc vous pouvez prendre vos places. Et votre personnage, lui, oui, il estime par exemple que quand on est écrivain, tant qu'on n'a pas gagné d'argent avec un roman, c'est pas un travail.
Oui, c'est ça, en fait, c'est des personnages qui, peut-être, effectivement, ils auraient besoin d'un rabbin pour les aider à trouver leur place, mais qui sont comme coincés, comment dire, des personnages pour qui le fait d'avoir eu de l'aisance financière, une éducation, et d'être intelligent a été plutôt une entrave qu'une aide dans leur vie. Ils se sentent complètement étouffés, en fait, par leur chance et leur capacité. Parce qu'ils ont eu des parents snobs, cultureux.
C'est ce que dit votre personnage, qui leur ont donné des noms de personnages de la pièce de Chekhov. Donc, il y a un petit peu plus de cynisme. Mais votre personnage, par exemple, de drôle, il résonne avec ce parcours-là. C'était une jeune femme d'un milieu aisé qui se lance dans le stand-up, et ça résonne aussi avec le vôtre. Vous avez été cette jeune femme, fille de pédiatre, dans un milieu plutôt aisé, qui s'aventure dans une profession artistique ?
Oui, c'est vrai. Après, c'est un peu l'histoire de tout le monde aussi, de trouver sa place dans un monde, dans un contexte. Et aussi des jeunes femmes, de prendre sa place dans un monde qui n'est pas toujours très accueillant. Pour moi, ça va, mais voilà. Vous l'avez trouvée ? Je suis en train de la trouver, je l'espère. On sent qu'il y a un petit peu de stress.
En tout cas, vous êtes absolument hilarante, il faut le dire, dans Drôle aussi. Vous aviez écrit vos propres sketchs, donc vos passages de comics sur scène.
Pas seule, je me les étais appropriés. J'avais fait des ajouts, mais enfin, il y avait quand même des auteurs.
Oui, mais vous aviez quand même chacun joué votre potentiel comique à fond, poussé par Fanny Réros, dans cette série. Donc si vous voulez à la fois de l'humour, des grands vertiges existentiels, et aussi un peu de coquinerie. Vous devez absolument voir Elsa Gage dans Le sens des choses, donc ce sera à la fin du mois de mars, diffusé sur HBO Max. Et puis on vous suit aussi dans Dolorosa de Rebecca Krischeldorf, mis en scène par Martial Diffonsobo. Ce sera Théâtre du Rond-Point à Paris à partir du 5 mars. Merci. Merci beaucoup. Merci Mathilde. Merci à tous.