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interviewBFMTV· 23 janvier 2024 45 min

L'interview de Fabien Roussel en intégralité sur la mobilisation des agriculteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Fabien Roussel, merci d'avoir accepté notre invitation, secrétaire nationale du Parti communiste, merci d'être là ce soir. Et Guillaume Fard, consultant police-justice BFMTV, je voulais qu'on fasse un point quand même sur cet accident tragique qui a eu lieu ce matin du côté d'Ariège. Deux victimes donc, deux personnes décédées ce soir. Oui, effectivement, deux personnes décédées, vous le disiez Julie, la mère de famille qui était âgée d'une trentaine d'années. Et ce soir, on a appris que sa fille de 12 ans était également décédée. Quant au père qui se trouvait lui aussi sur les lieux, il a été très grièvement blessé. Donc c'est une tragédie familiale.

Une enquête qui est en cours, qui a été ouverte du chef d'homicide involontaire aggravé, blessure involontaire aggravée, pour déterminer les causes de cet accident. La piste accidentelle non intentionnelle, comme on pourrait dire, est privilégiée à ce stade. Mais reste à comprendre pourquoi ce véhicule a emprunté une route nationale qui ne devait pas être empruntée en raison précisément de la présence des agriculteurs qui campaient là. Et deuxièmement, pourquoi est-ce qu'il a quitté sa trajectoire, percuté ce mur de balots de paille avec une bâche pour terminer sa course dans un tracteur après avoir fauché trois personnes, dont deux mortellement. Et l'enquête va devoir le déterminer.

Que sait-on des occupants de la voiture ? On sait qu'ils sont au nombre de trois, le conducteur, deux passagers, qu'ils sont tous les trois étrangers, arméniens, en situation irrégulière sur notre territoire national, déboutés du droit d'asile en 2022, et qu'ils étaient visés par des OQT, des obligations de quitter le territoire français, qui leur avaient été notifiés, et qu'ils étaient en provenance de Toulouse, ils se rendaient en Andorre, ils n'ont pas d'antécédent judiciaire connu. Et ce que l'on sait également, nous dit le parquet de foie, c'est que le conducteur n'était pas positif, ni à l'alcool, ni au cannabis.

On avait tout à l'heure Jérôme Bail, qui est devenu l'une des figures du mouvement. Il est éleveur de bovins. C'était un proche, il connaissait, c'était un ami en tout cas, de cette agricultrice. Il connaissait la famille. Il a témoigné sur notre antenne tout à l'heure.

2:11
Fabien Roussel

Malheureusement le combat il continue, je l'ai dit, j'ai été me recueillir avec les agriculteurs arriégeois, parce que déjà j'avais prévu de leur rendre visite, mais pas une visite comme ça, j'avais prévu de leur rendre visite sur le barrage, parce qu'on communique beaucoup, ils sont venus chez nous, je vais chez eux, et là j'ai été pour un moment de recueillement très triste. Beaucoup de gens sont venus me voir, parce qu'ils m'ont entendu ce matin sur votre antenne, et dire que je ne suis pas habilisé beaucoup.

Ils m'ont dit, ce n'est pas de ta faute, mais par contre, continue à te battre pour nous, pour elle, pour la famille, et maintenant on va continuer à se battre pour sa petite fille qui est de 12 ans, aurait aimé avoir un avenir dans l'agriculture.

2:58
Présentateur

Voilà, on va continuer à se battre pour elle. Fabien Roussel, une réaction peut-être après l'annonce de ce bilan qui s'est donc alourdi ce soir ?

3:09
Fabien Roussel

D'abord, avoir une pensée pour la famille, pour toute la profession, parce que c'est toute une profession qui est endeuillée, mais c'est tout notre pays qui doit aujourd'hui pleurer la disparition de cette agricultrice, de sa fille, parce que mourir dans ces circonstances sur un barrage, donc en manifestant pour défendre son métier, sa passion, avec sa fille, c'est insupportable, c'est un drame insupportable. Donc je pense qu'on doit exprimer toute notre solidarité et tout notre soutien à l'ensemble de la profession.

3:47
Présentateur

Vous avez tweeté, après le décès de l'agricultrice ce matin, j'invite les Français à signifier leur soutien et leur aide aux paysans, que la nation soit à leur côté. Ça veut dire quoi concrètement ?

3:59
Fabien Roussel

Ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a toute une profession qui se bat tout simplement pour pouvoir vivre de leur travail. Ils nous nourrissent et ils veulent pouvoir vivre de ça. C'est quand même la moindre des choses. Ils sont indispensables pour que l'on puisse manger correctement, manger sainement. Or, ils souffrent depuis des années et des années. Ils le disent, ils tirent la sonnette d'alarme. Et année après année, les problèmes ne sont pas réglés, les traités de libre-échange sont signés, les importations se développent. Et il y a de moins en moins d'agriculteurs dans notre pays. Beaucoup, 46% je crois, dans les prochaines années vont partir en retraite.

Donc il y a la question de la succession. Mais il y a surtout la question...

4:46
Présentateur

Ils sont 400 000 dans le pays. Alors qu'il a effectivement...

4:49
Fabien Roussel

Nous avons besoin de 500 000 agriculteurs pour retrouver notre souveraineté alimentaire. Ce qui veut dire enrayer le déclin, arrêter de perdre des exploitations, mais en plus en reconquérir. Ça veut dire donner envie à des jeunes de s'installer, de se dire super, ça va être passionnant, je vais être accompagné. Ce n'est pas gagné là. Là, ce n'est vraiment pas gagné. Oui, mais c'est justement le défi qu'on a. Mais au lieu de poser cet objectif-là, aujourd'hui j'ai l'impression qu'on fait tout pour les entasser.

5:18
Invité

Mais ça arrange qui justement ces traités de libre-échange qui font que ces gens sont en train de mourir actuellement ? C'est ça que je voudrais savoir.

5:23
Fabien Roussel

D'abord, en agriculture, comme dans l'économie, il y a des gros et il y a des petits. Les gros s'en sortent, bénéficient d'ailleurs beaucoup des aides de la PAC. Comme dans beaucoup de secteurs des céréaliers, d'ailleurs. Les grands céréaliers, ils sont payés à la surface. Ils sont payés à la surface pour les céréaliers, à la tête de bétail pour les éleveurs. Donc, grosse exploitation, grosse surface, grosse suspension. Par contre, l'exploitation familiale, avec peu de tête, avec peu de surface, mais avec toujours autant de bras et d'hommes et de femmes, du matin jusqu'au soir et 7 jours sur 7. Et la qualité. Et la qualité ne sont pas forcément rémunérées. C'est la raison.

Par exemple, je vous le dis, nous proposons, avec André Chassaigne, qui est un député du Puy de Dôme, connu, historique, et qui se bat sur cette question-là à l'Assemblée nationale, nous demandons une réforme de la PAC pour qu'elle puisse être attribuée à la main d'œuvre, au nombre de salariés dans les exploitations, ce qui serait plus juste. C'est une des revendications qu'ils font, d'ailleurs. Qui paraît cohérente. Nous ne nous opposons pas à la PAC, comme Bardella. Nous demandons sa réforme pour qu'elle soit juste et qu'elle nous permette de faire cette transition, cette révolution écologique que tout le monde doit faire, y compris la profession.

Et je dis tout de suite que les professeurs, les agriculteurs, ne disent pas non à cette révolution, à cette transformation. Ils le font, ils se sont déjà transformés, souvent, plein de fois, mais ils ont besoin d'être accompagnés, ils ont besoin de temps, ils ont besoin...

6:59
Invité

Et qui va décider donc ça, ce que vous prenez ?

7:01
Fabien Roussel

Qui ? C'est le Parlement européen ? C'est les différents présidents qui vont se réunir ? Le Parlement européen, il est déterminant pour déterminer les politiques de la PAC par décession de 4-5 ans, et donc il y a des politiques définies, et donc...

7:14
Invité

La dernière PAC a été votée il y a peu de temps.

7:16
Fabien Roussel

La dernière PAC a été votée il y a peu de temps, il y avait un risque qu'elle soit diminuée, on aurait souhaité qu'elle soit légèrement augmentée, avec des normes...

7:26
Présentateur

La PAC, c'est 9 milliards d'euros par an pour la France, on le rappelle. C'est énorme. C'est la première politique européenne.

7:31
Fabien Roussel

C'est le premier budget de l'Europe. C'est le premier budget de l'Europe. Donc c'est déterminant, et on ne peut pas dire, on n'a plus besoin de la PAC, on va la renationaliser, on va décider nous-mêmes. Ça, c'est bidon de dire ça.

7:43
Invité

Oui, mais c'est pour prier du manque à gagner. C'est ça, c'est pas valorisant.

7:46
Fabien Roussel

Donc on a besoin, moi qui combat les traités européens, je dis qu'on a besoin d'une politique commune en la matière, pour faire cette révolution ensemble. Une demande. Mais la PAC doit être réformée pour mieux rémunérer l'huile de coude, les hommes et les femmes qui travaillent.

8:04
Invité

Une demande pour les paysans et pas pour les industriels de l'agriculture.

8:07
Fabien Roussel

Je ne veux même pas les opposer, mais je dis qu'elle soit plus juste. Plus juste pour mieux rémunérer les unités de main d'oeuvre, comme elles s'appellent dans le milieu, plus juste pour les rémunérer de cette manière-là.

8:18
Invité

Alors justement, Fabien Roussel... Il y a ceux qui accompagnent la transition écologique, les plus méritants et les plus courageux.

8:23
Présentateur

Fabien Roussel, vous avez eu des mots forts aujourd'hui. Vous appelez le gouvernement à rendre l'argent aux paysans.

8:29
Fabien Roussel

Oui, parce qu'on a un gouvernement incroyable. Et je suis à l'Assemblée, je les entends tous les jours. C'est des sacrés menteurs. Ils disent, on baisse les impôts des Français, on baisse les impôts des Français. Mais qu'est-ce qu'ils font là ? Ils augmentent le gazole non routier. Ils augmentent le prix de l'essence. Moins que l'Allemagne. Mais je m'en fous de l'Allemagne, je suis français, moi. Mais non, mais arrêtez avec ça. On dirait, M. Macron, je m'en fous. Mais non, non, c'est aussi... Non, mais c'est important. C'est important de montrer que la France, justement, Elisabeth Borne a tenté, justement...

Ils ont une politique, ils ont leur choix, ils ont une politique, ils ont une balance commerciale extérieure excédentaire. Ils ont sauvé leur industrie, ils nous ont fait payer la sortie du nucléaire. Bref, ils nous mettent à l'amende, les Allemands. Donc, moi, je voudrais défendre la France. Et je suis un député français. Et je dis que ce gouvernement augmente les impôts, les taxes des Français. Ils augmentent la taxe sur l'essence. Ils augmentent les franchises médicales. Ils augmentent le gazole non routier. Ils nous font les poches. Rendez-nous notre pognon. Et nous demandons, nous, je demande moi, à ce que le Premier ministre s'engage sur ces points très précis.

Que revendiquent aussi les agriculteurs. Et donc, c'est quoi votre solution ? Ils ne parlent pas que du gazole non routier. Ils parlent aussi de l'électricité. Ils sont impactés par ça. Et donc, au moins, ne leur alourdissons pas la charge. Donc, on abandonne toutes ces taxes. Et donc, on ne les augmente pas. On ne les augmente pas. Aujourd'hui, le gouvernement Attal, il vient d'arriver, avec son nez qui goûte, comme dit l'autre, il vient d'arriver. Il n'a même pas fait son discours de politique générale. Et il nous annonce déjà, on va augmenter les taxes sur les Français. Mais c'est honteux. C'est honteux. Donc, où il fait ? Il soumet au vote son discours de politique générale.

Je vois bien. S'il a le courage.

10:22
Présentateur

Ce qu'il ne le peut pas faire, a priori.

10:23
Fabien Roussel

Et s'il ne le fait pas, il y aura une motion de censure. Chaque député sera face à ses responsabilités. Parce que ne pas voter la motion de censure, ne pas censurer un gouvernement qui inflige ça aux Français, ça veut dire soutenir les hausses d'électricité. Si vous faites tomber le gouvernement par une motion de censure et qu'il s'en suit une dissolution, il y aura 40 jours de campagne législative, bon courage pour les agriculteurs, ça ne va pas les aider. Non, non, non, monsieur Barbier.

Autant vous pouvez exiger qu'il y ait des mesures rapides, concrètes, et vous avez raison, notamment sur les points que vous avez soulevés, autant provoquer une crise politique en plus de la crise sociale et économique. – Non, non, je ne suis pas pour ajouter de la crise à la crise. – Je vous propose quelque chose, Christian Converse, qui vous a proposé sur ce sujet. – Non, mais par contre, je vous le dis, je ne suis pas, il y a plus simple que ça. C'est le président de la République qui dicte la politique aujourd'hui. C'est lui qui a dit qu'on pouvait faire tout ça. – On est quoi, une démissionne ?

– Je demande, non, que le président de la République redise à son ministre, c'est bon, on recule, on n'augmente pas les taxes, et monsieur Attal, il peut venir discuter avec le Parlement. – Mais qu'il recule sur ses propositions. S'il ne recule pas, on le sanctionne, et on le dit dehors.

11:24
Invité

– Il faut refaire ce qu'il a fait sur les Gilets jaunes, le moment où il a dit, ok, on recule, et 7 milliards, c'est ça. Comment on paye ça ?

11:31
Fabien Roussel

– Oui, mais après, maintenant, si le débat, c'est où on va trouver l'argent, on va aller trouver l'argent.

11:36
Présentateur

– Oui, c'est une vraie question.

11:37
Fabien Roussel

– Mais bien sûr. Mais enfin, ça fait depuis 2017 que monsieur Macron est à l'Elysée, il y a eu une politique de baisse des impôts sur la fiscalité du capital. J'emploie mot pour mot, c'est qu'il explique monsieur Bruno Le Maire. – Et l'emploi s'en est porté très bien. – Pas, pas, pas, pas, pas. – Et l'emploi s'en est porté très bien. – La précarité s'en trouve très bien, les travailleurs pauvres s'en trouvent très bien, parce qu'il n'y en a jamais eu autant, et des smicards, il n'y en a jamais eu autant. – Mais il y a moins de chômeurs. – Il y a peut-être, il y a moins de chômeurs, mais les travailleurs sont pauvres.

Donc je vis dans un pays de travailleurs pauvres, je suis heureux, les agriculteurs sont en grève, les aides-soignantes démissionnent, et les professeurs se demandent comment ils vont finir leur fin de mois. Si c'est ça la République française, riche et grande puissance, je regrette, mais c'est un échec. Le bilan, il est là. Moi j'ai plus d'ambition pour mon pays que ça. J'ai l'ambition que l'on puisse donner à nos agriculteurs de vivre de leur travail. Donc on n'augmente pas leur essence, on n'augmente pas leur électricité, comme à tous les Français, et on fait en sorte qu'ils aient des prix rémunérateurs sur ce qu'ils produisent.

C'est-à-dire que ce qu'ils produisent, ils puissent le vendre, et que ça les rémunère de leur travail. – Égalim, c'était bien, mais il faut faire plus. – Égalim, c'est le but. – Égalim, la loi pour protéger le revenu, on rappelle. – Égalim, c'est ce qu'a expliqué mon collègue, il le dit très très bien. Il dit, on a vu que les marges étaient mal réparties, on a demandé une meilleure répartition. Mais demander sans moyens d'action, vous aviez soulevé, comment on fait ? – Sans contrainte. – Sans contrainte, ça ne marche pas. C'est Bruno Demande, c'est Bruno Le Maire qui demande, puis il n'obtient rien.

Nous, nous disons, Égalim, on observe, on a vu, et si les professionnels ne se mettent pas d'accord, l'État intervient et il dit, eh bien là, la marge qui existe de la fourche à la fourchette, on va la répartir de cette manière, et l'agriculteur sera rémunéré au temps. – Si on s'arrête. – L'État peut intervenir juste pour faire ça quand on n'arrive pas à trouver une sauture. – Si on s'arrête. – Donc nous, nous demandons à ce que l'État intervienne et régule la répartition des marges.

13:36
Présentateur

– Si on s'arrête déjà sur ce que vous proposez, ça, donc du coup, plus de contrôle sur la répartition des marges et sur la protection des revenus des agriculteurs et ne pas augmenter les taxes de l'électricité, du gazole non routier. Est-ce que ça, ce sont des mesures, selon vous, Christophe, qui êtes bien informés, qui pourraient être annoncées dans les prochains jours par le gouvernement ?

13:54
Fabien Roussel

– Une partie de ces mesures, au nom de l'urgence, pourraient être annoncées, ou plutôt reportées, si on donnera du temps, on décalera. Je pense notamment au GNR, mais pas tout, parce que le quoi qu'il en coûte, c'est fini. Et ça, ce qu'on propose là, autour de la table, c'est une sorte de quoi qu'il en coûte agricole, parce qu'on voit cette situation désespérée. Il y a d'autres mesures, peut-être moins coûteuses, mais intelligentes. Je pense par exemple à ce que demandait Christian Converse, il y a quelques minutes, assis à votre place, l'Europe dit qu'il faut doubler la surface cultivée en bio. Le marché du bio n'arrive déjà pas à trouver de consommateurs parce que c'est cher le bio.

Il dit, arrêtons ça, ne nous demandons pas de faire deux fois plus de bio. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui, ou est-ce qu'au nom de la transition écologique, il ne faut pas lâcher ? Il ne faut pas lâcher, mais on peut donner plus de temps. Oui, on peut donner plus de temps. Et les agriculteurs disent qu'ils sont prêts à modifier leur mode de production, qu'ils sont prêts à se remettre en cause. Mais donnons-leur le temps et les moyens de le faire. Un peu comme la betterave, le glyphosate.

14:46
Invité

La France, c'est le pays où l'agriculture a fait le plus d'efforts en Europe sur l'agroécologie. C'est exemplaire et ça ne se dit pas. Et pardon, mais pour le bio, on a quand même aussi planté cette filière. Aujourd'hui, c'est la filière qui est la moins aidée. Souvenez-vous quand même que c'est ce gouvernement qui a fait sauter les aides au maintien. C'est-à-dire que là aussi, il va falloir répartir de manière juste entre ce qui existait et ce qui est en train d'arriver sur la mer. Souvenez-vous de 2009, la grande manifestation qui a envahi Paris. Les parisiens disaient que les paysans se révoltent.

C'était les paysans céréaliers de la FNSEA qui protestaient contre le fait que Michel Barnier avait transféré des fonds de la PAC pour l'agriculture de montagne et bio. Les autres agriculteurs céréaliers...

15:24
Fabien Roussel

Ceux qui sont les mieux payés. Ceux qui récupèrent le plus de la PAC. On doit réussir à faire cette révolution, cette transition écologique où chacun est gagnant dans l'opération. On ne peut pas la faire si on demande aux gens de perdre. Que ce soit les agriculteurs ou les ménages. Vous savez, aujourd'hui, on dit aux ménages, rénover votre maison pour consommer moins d'électricité, c'est bien pour le climat, c'est bien pour le pouvoir d'achat. On le fait. Et au final, on le fait quand on a les moyens quand même d'y mettre le pognon qu'il faut, même quand il y a les aides. Et au final, qu'est-ce qui se passe ?

On consomme moins d'électricité, on a rempli le cahier des charges, mais on paye toujours autant, voire plus, parce que l'électricité a augmenté à côté. Et donc on se sent... J'allais dire un gros mot. On se fait avoir. Et donc on se dit, mais mince ! On voit bien le gros mot, là, on le voit. Non, non, on le sent. On veut dire niquer, quoi, même. Et c'est ça qui n'est pas juste. Moi, je dis que si on fait la rénovation de sa maison et qu'on dépense moins d'électricité, on doit voir sa facture baisser. Si un agriculteur fait les transformations, les efforts qu'il fait, il doit vivre mieux de son travail, il doit être mieux accompagné. Et donc, concrètement...

Sinon, on ne va jamais les inciter à le faire.

16:33
Présentateur

Fabien Roussel, vous dites, s'il n'y a pas ce genre de décision concrète qui sont prises dans les prochains jours, vous voulez faire tomber le gouvernement. Comment on s'y prend pour faire ? C'est quoi ?

16:41
Fabien Roussel

Ça sera une jacquille géante ? Moi, je ne suis pas... Non, non, je ne suis pas pour ça. Si M. Attal n'est pas capable de le faire, et s'il maintient ses décisions et qu'il s'arqueboute là-dessus, rien, rien, rien, eh bien, nous avons le pouvoir, nous, parlementaires, de ne pas voter, donc, la confiance, de voter une motion de censure, et il doit démissionner. Ça ne veut pas dire, derrière, législative, le président de la République se dira, bon, on est peut-être allé trop loin, on va renommer un gouvernement, on va redonner... Vous êtes un peu optimiste, visiblement, Fabien Roussel.

Vous le savez, même si c'était une motion de censure, le gouvernement qui n'a pas été suivi d'une dissolution... C'est bien pour ça que j'appelle aujourd'hui, j'appelle aujourd'hui les Français à interpeller leurs députés. Qu'est-ce que vous allez voter s'il y a une motion de censure ? Vous allez voter la hausse des taxes sur l'électricité ? Vous allez voter ça ? Mais vous vous souvenez de la pression qu'il y a eu sur les députés au moment de la motion de censure sur les retraites ? D'accord ? Eh bien, on en est au même... D'ailleurs, ils ont tellement eu peur qu'ils ont mis un 40%...

17:38
Invité

Mais justement, c'est ça que vous appelez de vos voeux, en fait, c'est une forme de convergence des luttes entre ceux qui étaient dehors pour les retraites, les gilets jaunes dont on sait que les colères sont aujourd'hui encore sourdes et pas véritablement calmées, loin de là. Et on a les bonnets jaunes, on avait les bonnets rouges il y a une dizaine d'années. C'est ça, c'est ce réveil-là que vous appelez ? C'est ça, se faire tomber le gouvernement ?

17:59
Fabien Roussel

Comment on se fait entendre dans ce pays ?

18:02
Invité

Ah ben, les manifestations, ça ne marche pas.

18:03
Fabien Roussel

Ben, j'espère que là, ça va marcher. Comment on se fait entendre ? Les retraites, ça n'a pas fonctionné. Moi, député, on m'a privé 23 fois... Les gilets jaunes, ça va marcher quand même. Ben oui. 17 milliards sur la table. On a fait reculer, on a fait retirer la taxe carbone. Moi, je veux qu'on fasse retirer la taxe, la détaxe sur le GNR, qu'il bénéficie du détaxe sur le GNR, le gazole non routier, et qu'on fasse reculer le gouvernement sur la hausse de la facture d'électricité. Moi, je demande qu'elle baisse la facture. Mais au moins, je demande à Gabriel Attal... Un minimum, oui. Je dis, je gèle des factures. L'augmentez pas. Laissez-nous respirer. Ne nous prenez pas plus d'argent.

Et vous ne pensez pas que cette colère-là, notamment agricole, elle va vers le Rassemblement National, maintenant ? Mais il n'y a pas que le Rassemblement National, aujourd'hui, qui est aux côtés des agriculteurs, et qui demande, aujourd'hui, à ne pas augmenter le gazole non routier et à ne pas augmenter la facture d'électricité. C'est pour ça que je...

18:54
Invité

Le premier qu'on a vu sur place, Fabien Houssel, c'est Jordan Bardella. Jordan Bardella.

18:56
Fabien Roussel

Mais vous savez, moi, je ne fais pas de récupération politique. Et je vais sur un barrage demain matin, parce que j'y suis invité. Je m'incruste...

19:04
Présentateur

Vous allez où ? A Beauvais, c'est ça ?

19:06
Fabien Roussel

Je m'en vais à Beauvais, oui, demain. Et entre nous, soit dit, sur l'agriculture, défendre le bistec, dans les deux sens du terme, des agriculteurs, le bien-vivre, le bien-manger, pendant la campagne présidentielle, je l'ai fait, et j'ai été assez critiqué et brocardé là-dessus. La viande et le fromage, et vous avez été insulté. J'ai été celui qui, pendant la campagne, a défendu notre agriculture, nos agriculteurs, parce que je les connais bien, ils sont chez moi. J'irai aussi voir ceux du Nord qui vont aussi se mettre en branche. C'est pour ça que je vous dis que ça va continuer à bouger.

Et effectivement, si le gouvernement ne bouge pas, j'appelle à une convergence des colères pour que ce gouvernement entende que la situation n'est plus tenable pour nous. Ce qui est juste. On travaille tous. Quand je fais les cérémonies de vœux en ce moment, dans les villages de ma circonscription, je parle comme ça aux gens. Et quand je dis que je vais rencontrer Gabriel Attal jeudi, après-demain, et que la première chose que je vais lui demander, c'est ça, gèle des factures d'électricité, c'est pas jusque-boutiste, les gens applaudissent. Ils demandent ça, dans la diversité de leur opinion. Et d'ailleurs, je le dis, M.

Attal, si vous ne voulez pas faire de vote de confiance, et si vous voulez avoir une majorité, engagez-vous là-dessus, il y a une majorité de députés qui veulent un gel des factures. Je dis qu'aujourd'hui, en France, il y a une majorité de députés qui sont contre la hausse des factures et qui sont pour le gel.

20:25
Présentateur

Donc, respecter la démocratie,

20:29
Fabien Roussel

respecter le Parlement,

20:30
Présentateur

respecter les Français. Vous allez faire quoi, Fabien Roussel, à Beauvais demain ?

20:36
Fabien Roussel

Je vais écouter, écouter, discuter, répondre à leurs interrogations, à leurs questions, s'ils en ont, et on se connaît, je fais tous les salons de l'agriculture, le sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand, mais il y a toujours des choses à apprendre, il y a toujours des choses à dire, et je serai à leur côté. J'étais d'ailleurs un des premiers, dès le mois de novembre, à dénoncer la hausse du GNR, du gazole non routier, je l'avais vu, c'était inscrit, on n'a pas pu en débattre parce qu'on a eu le 49-3. Je l'ai dit dans mes discours que j'ai prononcés à cette époque-là, c'était inaudible dans le concert, mais on a alerté là-dessus.

Après, c'est parce qu'il y a eu des dirigeants syndicaux qui ont négocié avec le gouvernement. Je me permets juste de vous dire, moi je suis d'accord avec tout ce que vous dites là. La seule chose, c'est qu'on se rend bien compte que le GNR uniquement, par exemple, s'il recule sur deux, trois choses, ça ne suffit pas. Il crevait déjà bien avant. Ce dont vous parlez, la précarité énergétique, on est plein à la connaître. Ça fait bien longtemps qu'il ne fait pas 19 dans un paquet de logements. C'est une refonte globale à un moment. Ce n'est pas des rustines sur un canot qui a déjà plus de rustines que toiles. Je suis bien d'accord. On est d'accord.

C'est bien pour ça que parfois, il m'arrive de parler de révolution globale. Vous voyez, en tout cas, sans parler forcément avec des piques, d'aller chercher des gens. de fonds en comble. Nous sommes face à des défis immenses.

21:52
Invité

Parce que, je me permets juste, on a l'impression qu'à Bercy ou ailleurs, ils ont des tableurs Excel. Effectivement, ils regardent pour ne pas avoir une dégradation de la note française avec les 3 000 milliards. Mais ce n'est pas comme ça qu'on a une vision pour un pays. Et ça, ce n'est pas nouveau. Ce que je veux dire, ça date de l'avenir de Gabriel Attal. Pour un an, c'est une très belle vision.

22:08
Fabien Roussel

Il ne faut pas dire n'importe quoi non plus. Si on n'arrive plus à emprunter sur les marchés, on ne paiera plus les fonctionnaires, on ne paiera plus les reprises. D'abord, je ne sais pas où va mon pays. Je ne sais pas quelle est la trajectoire de la fin. Il n'y en a pas. Je souhaite, moi, qu'on porte une ambition collective pour notre pays. Que l'on sache où on va, avec qui on va, et quels sont les efforts que l'on va demander à chacun. Aujourd'hui, non seulement je ne sais pas où va mon pays, mais je sais qu'on demande beaucoup d'efforts aux mêmes.

Qu'ils soient retraités, salariés, SMICA, c'est toujours les mêmes qui trinquent et à qui on a demandé de travailler deux ans de plus, d'accepter des hausses de factures sans augmentation de salaire. Les efforts, aujourd'hui, ne sont portés que par les mêmes. Mais on ne sait pas pour autant où on va. Moi, je veux, moi, je sais, j'ai un cap pour la France, pour relever le défi climatique, pour tenir compte du vieillissement de la population, pour s'attaquer à des phénomènes nouveaux que sont l'intelligence artificielle, le terrorisme islamiste qu'on ne connaissait pas il y a une vingtaine, trentaine d'années. On a des sujets majeurs comme ça, on doit les prendre ensemble.

On doit dire, on va aller de là à là, ensemble, et chacun va faire des efforts. Ça, c'est avoir une ambition collective pour son pays. Ça n'existe pas en France. On bricole. Aujourd'hui, on bricole avec des gouvernements de court terme et une valse ministérielle avec des ministres qui se succèdent. Oui, permanent. C'est insupportable. Même les entreprises ont besoin de lisibilité. Même les entreprises ont besoin de savoir combien elles vont payer de factures d'électricité dans les cinq ans qui viennent.

Il n'y a aucune planification sur des sujets qui sont majeurs alors que pourtant, nous pouvons, sur l'énergie, notamment moi, j'en fais un discours fort, sur l'énergie, nous avons un atout maître avec nos barrages hydrauliques, avec nos centrales nucléaires.

23:51
Invité

Pardon, il n'y a plus d'eau parce qu'il y a des sécheresses. Et par exemple, l'EPR de Finkley Point qui a été fourni par EDF, on vient encore d'apprendre qu'il serait retardé de deux ans, voire de quatre ans. Enfin, les centrales nucléaires que tout le monde appelle de ses voeux, elles ne sont pas pour demain.

24:05
Fabien Roussel

À un moment, l'énergie, elle coûte plus cher. Vous avez bien vu la crise en Ukraine. Celles qui existent aujourd'hui sont en capacité de produire encore dix ans et elles sont en capacité...

24:16
Invité

Elles étaient toutes en arrêt l'année dernière, 34 heures.

24:18
Fabien Roussel

Mais elles sont réparées. Elles sont réparées. Mais on est dans un parc abîmé. Non, regardez les chiffres de RTE sur la production, sur l'état de... Aujourd'hui, nous produisons suffisamment d'électricité dans notre pays quand on additionne tous les systèmes, l'air, éolien, hydraulique. On produit suffisamment d'électricité, même en cas de pic. Parfois, on exporte. Et on exporte. Alors là, dernièrement, on importe un peu. Oui, mais on importe parfois parce qu'on a des interconnexions et donc c'est entre paiements. Donc pour vous, on a les moyens

24:50
Invité

de baisser la facture ?

24:51
Fabien Roussel

Non seulement nous avons les moyens, mais nous avons les moyens de retrouver notre souveraineté, de dire, c'est un atout, on va donner à nos entreprises une électricité moins chère pendant tant d'années, ils vont pouvoir relocaliser, augmenter les salaires. On va pouvoir baisser les factures des Français, tant mieux pour eux, et des communes aussi. Et tout ça, tout ça, c'est largement finançable. Vous savez que l'argent a gagné beaucoup, l'État a gagné beaucoup d'argent sur l'électricité. Parce que la TVA sur une facture d'électricité, c'est 20%. Quand il y a deux ans, on payait 100 euros, on donnait 20 euros à l'État.

Mais avec la hausse des cours, quand on a payé 300 euros, on en a donné 60 à l'État. Mais une partie est revenue par le bouclier. Oui, oui, mais c'est pour ça que je dis que... Jusqu'à 1000 euros le kilowattheure. Mais c'est pour ça que quand on dit le bouclier, il a coûté une blinde, moi je veux savoir combien l'État a gagné. Combien l'État a gagné de TVA ? Combien... Avec ces hausses de factures d'électricité, ils se sont fait un connu de dingue. Alors, il faut arrêter. Il faut arrêter de passer les français pour les vaches à l'État. Mais on a quand même 3 000 milliards de dettes. Oui, mais d'accord. Mais enfin, mais... Mais c'est pas à nos dents non plus. Et c'est le quoi qu'il en coûte.

C'est parce qu'on a sauvé toutes ces entreprises et ces ménages pendant la COVID. Mais non, mais à chaque fois vous allez me dire 3 000 milliards. Moi, je vais vous dire, le jour où la France va faire 10 millions d'excédents dans son budget, qu'on va réussir à dégager 10 milliards... C'est plus arrivé depuis 1974. Je sais, je serai très heureux, je m'en féliciterai. C'est un objectif qu'on doit atteindre. Mais ça veut dire qu'à partir de ce jour-là, il nous faudra 300 ans pour rembourser la dette. Il ne s'agit pas de la rembourser. Il ne s'agit pas de la rembourser, Fabien Roussel. Il s'agit d'avoir une dette supportable pour qu'on continue à nous prêter ce dont on a besoin chaque mois.

Donc ça veut dire... Il faut faire attention. Donc ça veut dire qu'on doit avoir une gestion beaucoup plus rigoureuse des deniers publics. Oui, d'accord ?

26:32
Locuteur non identifié

Tout à fait. Ah oui, ah oui.

26:33
Fabien Roussel

Eh bien, donc on va arrêter de distribuer 160 milliards d'euros d'aides publiques à des... Non, parce que c'est bon pour l'emploi. On va peut-être regarder dans les services publics s'il n'y a pas des choses qui pourraient être mieux organisées. Non, non, non. On va regarder dans les allocations s'il n'y a pas un peu de gaspillage. Non, non, non. Eh oui, il faut faire une autre. Non, non, non. Je parle des entreprises du CAC 40 qui bénéficient d'aides publiques alors qu'elles distribuent des dividendes à leurs actionnaires. C'est comme si on faisait un chèque directement à ces actionnaires avec l'argent public, que l'argent des impôts. Non.

Quand une entreprise distribue des dividendes et qu'elle gagne suffisamment d'argent pour le faire, elle n'a pas besoin de percevoir des dividendes, des subventions et aide de toutes sortes de l'État. Je suis désolé, c'est mes impôts. Moi, je n'ai pas d'argent à donner à des LVMH, à des BNP, à des sociétés générales, etc. Mais ces actionnaires, c'est ce qui permet l'investissement. Non, non. Ils risquent leur capital pour qu'ils s'investissent. Vous êtes d'accord là-dessus au moins. Eh, je pense que... Vous savez que moi qui étais à la Commission des Finances les aides publiques versées aux entreprises sur 10 qu'on donne aux entreprises, sur 10 milliards qu'on donne aux entreprises.

Il y en a 6 qui sont versées aux très grosses, aux GE, aux grandes entreprises. Et il y en a 4 qui sont versées aux TPE et aux ETI, aux entreprises de taille internationale. Exactement ce qu'on entendait pour la PAC tout à l'heure. Exactement. Les gros, les gros touchent gros. Les petits touchent petits. Eh bien, moi, je veux l'inverse. Je veux que les gros touchent petits et que les petits touchent gros. Est-ce que Fabien Roussel... D'aider les petits et moins les gros. Est-ce qu'ils achètent des entreprises à l'étranger, ils conquièrent des parts de marché, ils ne sont pas inutiles ? Mais ils conquièrent des parts de marché à l'étranger. Je m'en fous. Je défends la France.

La France se défend aussi en achetant des parts de marché. Mais Christophe, ça ne les empêchera pas forcément de faire certaines acquisitions quand même. Tout peut se discuter. Mais attention, le gros méchant, c'est aussi la locomotive de la France. Comment ça se fait que les entreprises du CAC 40, en 2017, elles distribuent 47 milliards d'euros de dividendes et en 2022, 97 milliards d'euros de dividendes. Les dividendes versés aux entreprises du CAC 40 ont doublé pendant les 7 ans de Macron. Moi, mon salaire, elle n'a pas doublé. Celui des agriculteurs, elle n'a pas doublé. Donc la richesse que l'on produit, elle est bien captée entre les mains de ces grands groupes et pas chez nous.

Et pourtant, ces dividendes, ils viennent de où ? C'est quand même les ouvriers qui les produisent. Mais la question, c'est quand font-ils ? Quand font-ils ? S'ils réinvestissent dans de l'emploi, c'est bon. Mais enfin, Bernard Arnault, il a 200 milliards d'euros de patrimoine. Il crée des magasins, il crée des loisines. Madame Betancourt, elle a 100 milliards d'euros de patrimoine. D'ailleurs, entre les riches, même entre eux, il y a de l'inégalité de patrimoine, de femme,

28:55
Présentateur

est-ce que, Fabien Roussel, vous appelez ce soir aussi les Français à la responsabilité ? Est-ce que vous leur lancez aussi un message ? Eux qui, dans les supermarchés, vont plutôt, dans un contexte d'inflation, vers les produits importés

29:06
Fabien Roussel

moins chers ? On le fait de plus en plus et on le fait naturellement parce qu'on est soucieux de défendre notre économie. Donc on cherche les tickets pour acheter français, pour acheter local, pour acheter circuit. Vous êtes sûr que les gens ne regardent pas de plus en plus ? On le fait. Ceux qui peuvent le faire le fond. On le fait de plus en plus. On le fait de plus en plus et quand on peut...

29:26
Présentateur

Même dans ce contexte-là

29:27
Fabien Roussel

d'inflation ? Aujourd'hui, moi, j'ai lancé cet appel aux fédérations syndicales agricoles. C'est que dans ce mouvement qui est dur contre le gouvernement, soyons solidaires. Et s'ils lancent un appel à l'unité, à la solidarité, nous devons répondre présents. Et oui, j'appellerai, moi aussi, les Français à être solidaires et à ce que l'on soit nombreux sur ces barrages, sur ces points de rassemblement. Ils allumeront le barbecue, ils amèneront la viande, on apportera le vin et la bière. avec modération.

30:00
Présentateur

Effectivement, comme je l'entends, on va retrouver des espaces... Et des champignons pour les véganes,

30:05
Fabien Roussel

s'ils veulent. Exactement. Il y a même des merguez-véganes que j'ai goûtées à la fête de l'Huma. Et on va faire, encore une fois, renaître des espaces de solidarité, de fraternité, de chaleur humaine qu'on a besoin parce qu'on se sent chacun isolé face à nos difficultés, face à nos factures. Et c'est ça aussi que je retrouve comme je l'avais vécu sur les ronds-points des Gilets jaunes. C'est incroyable que notre peuple, il a autant besoin de fraternité, de solidarité, tellement, en gros, il en manque parce qu'on se sent chacun chez soi face à ses problèmes. Et cet entre-soi, il nous fait du mal. Et bien là, on a l'occasion de se retrouver en soi.

30:44
Présentateur

Certains disent, et on les a entendus là ce soir, si on n'obtient pas ce qu'on veut, on ira jusqu'à Paris et le mouvement va vraiment prendre de l'ampleur. Est-ce que vous appelez, vous qui, je le rappelle, vous dites demain je vais à Beauvais pour soutenir les manifestants. C'est pour ça que je vais écouter. Vous appelez-vous aussi à monter sur Paris si vous n'obtiez pas ce que vous voulez ?

31:01
Fabien Roussel

Moi, j'ai toujours été très respectueux des mouvements syndicaux, quels qu'ils soient. S'ils nous demandent et s'ils font appel aux Français de les accompagner, j'y répondrai de la même manière. Je ne vais pas prendre les devants et je ne vais pas faire à leur place. S'ils veulent rester entre agriculteurs, je respecterai aussi. Donc, je serai à l'écoute. C'est aussi la raison pour laquelle j'y vais demain, respectueux de leur choix et on avancera.

La première chose à faire, c'est que Gabriel Attal entende et l'émotion après le décès de cette maman et de sa fille et la colère qu'il recule sur ses projets de hausse de taxes et qu'on se remette sur la table pour discuter du reste et des mesures à prendre sur moyen et long terme.

31:49
Invité

Justement, dans ces mesures à prendre dans le moyen et long terme, Fabien Roussel, tout ceci nous parle de la PAC, de la politique agricole commune. On est en train de rentrer tranquillement dans une course aux européennes, une course sur laquelle vous avez justement aligné votre propre liste. Avec Léon Desfontaines. Exactement. Qu'est-ce que ça veut dire pour cette Europe où on annonce que typiquement dans beaucoup de pays européens, l'extrême droite va être très puissante potentiellement dans le prochain Parlement, potentiellement va détricoter tous ses acquis. Vous, vous vous situez où là-dedans ? Vous dites, moi je suis là pour protéger la France. Quel européen vous êtes là-dedans ?

Comment vous allez vous positionner ? Est-ce qu'il en faut plus ou est-ce qu'il en faut moins ?

32:27
Fabien Roussel

D'abord, au risque de vous heurter, je vais vous dire, mon problème, ce n'est pas le Rassemblement national. Mon problème, c'est la pauvreté, c'est le travail qui ne paye pas, c'est la précarité, c'est les factures qui augmentent. Donc moi, je ne pense qu'à ça. Donc je ne regarde pas Jordan Bardella, je regarde ce que les Français, je regarde leurs fiches de paye, leurs factures, etc.

32:46
Présentateur

Le problème, c'est que justement, leur voix porte plus que la vôtre.

32:49
Fabien Roussel

C'est pour ça que je suis là, j'espère qu'elle va porter. Je me bats, je me bats. Je me bats. Pour offrir une alternative, autre que le Rassemblement national, je souhaite offrir une autre alternative et donc de progrès, de justice sociale et de justice fiscale. Par exemple, nous proposons, nous, une réforme de la PAC, plus juste et qui tienne compte de la main-d'œuvre dans les exploitations plutôt que la surface. Donc nous ne demandons pas, contrairement au Rassemblement national, une renationalisation de la PAC et donc une sortie de la PAC. Ce serait mortifère pour notre agriculture. Nous demandons une deuxième chose.

Nous demandons que la Banque centrale européenne, la BCE, nous puissions reprendre la main dessus, l'ensemble des États, et que la BCE, elle, prête directement aux États à des taux zéros, voire négatifs, pour faire la transition écologique. L'Allemagne ne veut pas. Mais, oui, c'est un combat qu'on mène avec l'Allemagne. Et peut-être qu'on ne sera pas seul.

33:45
Invité

Non, non, il y a un débat en Allemagne. Il y a la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.

33:48
Fabien Roussel

Peut-être qu'on ne sera pas seul. Moi, j'irai voir les Espagnols, j'irai voir les Portugais, j'irai voir d'autres pays en disant, vous ne pensez pas qu'ensemble, on pourrait faire un front pour reprendre la main sur la BCE et que la BCE finance notre transition écologique, finance notre agriculture, beaucoup plus. Comme la Banque de France avant 73. Exactement, les taux d'intérêt étranglent les agriculteurs comme les entreprises. Mais comme la France, la France, elle paye 50 milliards d'euros par an de taux d'intérêt, M. Barbier. Ça ne vous écorche pas ? Pas du tout, on est en train de tester cet argent. Vous voyez, ça se paye.

Si on avait mieux sur les dépenses et si on avait moins gaspillé, on aurait moins en pensé. Moi, si je crée l'Union européenne, je crée une Union européenne avec une banque centrale qui prête à taux zéro pour répondre aux besoins des pays. Pas pour... On emprunte aux banques privées sous intérêt. Autrefois, on emprunte à la Banque de France. Et là, on emprunte aux Français. C'est les Français qui prêtaient à la France. Ils n'ont plus d'argent. Mais arrêtez ! Et si je voulais être très sévère, ça a commencé ce dérapage avec la gauche en 1981.

34:55
Locuteur non identifié

Pardon ?

34:56
Invité

N'insistons pas. Cela dit, les Italiens,

34:57
Fabien Roussel

par exemple, ont continué après la France. Ils ont plus d'où jusqu'à... Allez, pas tous en même temps. Une vraie banque centrale qui ait une stratégie politique non pas seulement de surveillance de l'inflation comme c'était le cas au début, mais qui soit un levier politique. Là, je suis tout à fait d'accord. Et le prêt à taux zéro pour les secteurs qui en ont besoin, c'est un vrai outil politique. Et là, je vous suis. Et la redéfinition politique de la mission de la Banque centrale,

35:18
Invité

elle doit être au cœur du prochain mandat parlementaire. On a été capable de lever collectivement des prêts pour financer la dette Covid. Mais exactement. Donc là-dessus, on a eu un moment comme ça où on en a pu le faire.

35:30
Fabien Roussel

Notamment parce qu'on n'avait plus les Britanniques. Je suis pour la liberté. Libérons l'économie européenne et les économies nationales de ces taux d'intérêt. Que la Banque centrale européenne prête aux États sur des critères écologiques et sociaux pour financer nos services publics et la transition écologique. C'est le cas. y compris à des taux zéro voire négatifs voire négatifs en se passant des banques et des marchés financiers directement aux États. Et si pas, on dit même, nous, communistes, qu'il est possible de créer un fonds européen dédié au financement de ces opérations par État. La BCE prête à ce fonds et le fonds prête aux États. La Grèce,

36:04
Invité

c'est ce que c'est que tu fais confiance à la BCE. C'est tout à fait possible.

36:07
Fabien Roussel

Ils ont payé très cher.

36:08
Invité

La Grèce a été sauvée par l'Europe.

36:10
Fabien Roussel

Tu verras. Elle serait sortie de l'euro, ça serait un pays du tiers-monde aujourd'hui. On leur a menti. L'Europe a sauvé la Grèce qui n'aurait jamais dû rentrer dans l'euro parce qu'elle avait triché sur les statistiques.

36:19
Invité

Même le FMI a fini par lire. On est en train de tuer le malade.

36:23
Fabien Roussel

La potion a été amère mais aujourd'hui, l'économie grecque a été sauvée par l'Europe.

36:28
Présentateur

J'aimerais qu'on aille juste retrouver nos équipes qui sont avec les manifestants ce soir. Laura Baquet, vous êtes du côté de la Haute-Garonne sur la 64 où les manifestations se poursuivent. Les blocages sont toujours en cours et les manifestants que vous rencontrez, les agriculteurs que vous rencontrez sont très touchés d'apprendre ce soir ce bilan qui s'est alourdi après l'accident qui a eu lieu du côté de Dariège ce matin. La fille de l'agricultrice a également perdu la vie. Elle avait 12 ans.

37:03
Locuteur non identifié

Oui, c'est cela. Toujours beaucoup d'émotion ici. Tout à l'heure, il y avait un discours pour rendre hommage à l'agricultrice de 35 ans décédée ce matin. un discours qui appelle quand même à ne rien lâcher car je cite Alexandra ne lâchez rien. Elle n'est pas morte pour rien me disait tout à l'heure un agriculteur. Alors évidemment derrière cette détermination il y a comme vous le disiez beaucoup d'émotions suite à ce second décès et je suis d'ailleurs avec Clémentine. Clémentine qui est là en soutien aux agriculteurs. Clémentine vous êtes fille d'agricultrice vous êtes compagne d'agriculteurs et vous êtes aussi maman je suppose que c'est une nouvelle qui vous affecte particulièrement.

Effectivement ce soir c'est une action qu'on mène avec le coeur depuis le départ ce matin on a commencé la journée avec le coeur meurtri et ce soir on l'a fini avec le coeur en miettes. Alexandra est partie Camille aussi on vient d'apprendre la nouvelle on mène une cause légitime on soutient nos agriculteurs parce qu'on les aime on n'aurait jamais imaginé que ça puisse continuer ou que ça puisse arriver ce soir c'est vraiment le coeur en miettes et tout le milieu agricole bien sûr pense à cette famille et à ces personnes disparues et en même temps on lâchera rien et je pense qu'elles ont juste donné encore plus de force et de signification à ce mouvement.

Merci beaucoup Clémentine pour ce témoignage vous l'entendez malgré la tristesse de la détermination sans faille pour continuer le mouvement une cagnotte en ligne devrait voir le jour dès demain pour venir en aide au mari d'Alexandra

38:41
Présentateur

Merci beaucoup Laura Baquet cette fille de 12 ans qui est décédée sa mère également et le papa qui se trouve actuellement dans un état grave on parlait du positionnement du Rassemblement National qui essaye de capitaliser sur cette colère des agriculteurs Jordan Bardella qui est un peu partout aussi on l'a vu ce week-end en Gironde on l'a revu aujourd'hui il était à l'Orient pour échanger avec des pêcheurs on écoute le patron du Rassemblement National

39:13
Invité

Les gens qui nous dirigent aujourd'hui ont abandonné l'agriculture et ils ont abandonné la pêche et que sous la folie normative de Bruxelles et de l'écologie punitive à outrance on est en train de menacer la souveraineté alimentaire de la France avec derrière des vies et des gens qui ne veulent plus vivre d'aide permanente mais qui veulent pouvoir vivre de leur travail et on aimerait que la voix de cette France du travail soit un peu plus entendue par les gens qui nous dirigent moi je refuse que la France devienne une sous-traitante de la mondialisation je pense qu'on a une grande puissance agricole je pense que notre modèle de pêche familiale artisanale locale a toujours été valorisé défendu reconnu dans le monde entier et je n'entends pas le laisser mourir et c'est aussi pour ça qu'on mène un combat au Parlement européen contre les accords de libre-échange pour le patriotisme économique contre la prolifération des normes

40:02
Présentateur

Jusque-là les agriculteurs ne votaient pas tellement pour le Rassemblement national mais les choses seraient en train de changer c'est Robert Ménard qu'il disait hier qu'ils sont en train de grignoter aussi sur cet électorat qu'est-ce qui explique selon vous qu'il y arrive et vous moins ?

40:19
Fabien Roussel

Mais quand j'écoute le discours de monsieur Bardella d'ailleurs c'est des discours qui surfe sur la colère qui exprime la colère légitime des agriculteurs mais c'est un discours quelles sont les propositions qu'il porte concrètement pour l'agriculture ou pour réindustrialiser la France qu'est-ce qu'il met sur la table et quand j'en discute avec les agriculteurs

40:43
Présentateur

Lui il veut une exception agriculturelle par exemple

40:46
Fabien Roussel

Oui mais c'est quoi ça ?

40:48
Présentateur

Sortir des traités

40:49
Fabien Roussel

C'est mettre fin à la PAC Des accords de libre-échange Il ne veut plus de la PAC et donc il appelle à renationaliser la politique agricole française c'est-à-dire on se débrouille tout seul et son projet à lui c'est il n'y a plus de PAC européenne et chaque pays se débrouille avec son propre budget pour défendre son agriculture ça veut dire que ça va être la guerre entre les pays européens chacun va se faisant concurrence entre nous sans politique commune mais c'est mortifère et nos agriculteurs ne suivront pas cela et quand j'étais l'année dernière au salon de l'agriculteur quand j'ai fait le sommet de l'élevage aussi j'en discutais avec eux ils ne veulent pas de ça les agriculteurs ils ne disent pas qu'ils ne veulent plus de PAC d'ailleurs ils en veulent plus et mieux Je rappelle à nouveau

41:40
Présentateur

ce chiffre c'est 9 milliards d'euros pour les agriculteurs français chaque année le discours

41:44
Fabien Roussel

il est peut-être il sonne peut-être bien aux oreilles mais en fond sur le fond dans les idées c'est mortifère pour nos agriculteurs c'est comme un bonbon qui est très sucré mais à l'intérieur c'est très amère et pourtant eux

41:57
Présentateur

ça a l'air de leur parler ça a l'air de leur parler

41:59
Fabien Roussel

oui mais il ne faut pas prendre les agriculteurs pour des bébêtes encore une fois ils savent très bien gérer leurs exploitations ils savent très bien ce que la PAC apporte ils savent très bien ce qui les pénalise aussi et je ne suis pas certain qu'ils vont se laisser leurrer par le discours de Jordan Bardella même si il y a une crise chez eux identitaire chez les agriculteurs on leur dit vous ne pourrez plus chasser on leur dit le loup est plus important que vos moutons on leur dit vous empoisonnez les gens avec les produits phytosanitaires vous êtes responsable de tout c'est aussi ça qui peut les pousser à un vote d'extrême droite parce qu'il y a aussi eu il y a aussi encore maintenant un discours anti-agriculture notamment sous prétexte de réforme écologique où moi j'ai entendu quand moi j'ai défendu la viande les élevages et l'élevage bovin en particulier ou l'élevage au vin je me suis fait critiquer par des écolos qui disent c'est fini il ne faut plus d'éleveurs pour sauver la planète il ne faut plus manger de viande je leur ai dit mais vous êtes tard

42:59
Invité

on va dire des véganes

43:00
Fabien Roussel

parce qu'il y a des écolos

43:00
Invité

si vous défendez la corrida et le foie gras des oies

43:03
Fabien Roussel

ça sera pire mais je défends l'art de vivre à la française ce qui est notre patrimoine culturel je respecte ces histoires là ça fait partie de notre patrimoine culturel c'est la France

43:14
Invité

on ne peut pas continuer à manger autant de viande et surtout de la viande apportée de Nouvelle-Zélande du Canada du Brésil peut-être s'il y a un acteur mais on est bien d'accord

43:24
Fabien Roussel

je suis mille fois d'accord là-dessus les français sont très majoritairement d'accord là-dessus ils préfèrent tout le monde le dit on mange moins de viande mais on mange de la française or aujourd'hui 26% du bœuf est importé 50% du poulet tout le monde les cite plus que ça plus que ça alors produisons en France ce que nous mangeons et nous verrons bien que eh bien on va bientôt plus avoir assez de bœuf en France pour nourrir les français donc il ne faut pas réduire l'élevage bovin il faut au moins le maintenir à ce qu'il est aujourd'hui la révolution et éviter de perdre des exploitations c'est ça qu'il faut faire et donc on peut faire cette transition écologique respecter le monde agricole défendre notre souveraineté alimentaire sans pénaliser qui que ce soit la révolution on essaie de manger moins de viande la révolution la révolution et les traditions c'est un peu votre et en même temps finalement oui bien sûr c'est respecter ce qu'est la France son identité culturelle son patrimoine son histoire tout en changeant les règles et économique en même temps on est face à des défis nouveaux et tout le monde va devoir des efforts mais on arrivera à faire ces efforts si on n'a pas le sentiment de perdre et d'y perdre à chaque fois et donc c'est pour ça qu'on doit être bien accompagné et