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interviewFrançois Ruffin· 23 mai 2018 12 min

PAYSANS, CE JEU FINIRA-T-IL BIENTÔT ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

monsieur le ministre nous connaissons tous cette gravure de l'ancien régime cette caricature des trois ordres le paysans courbés écrasé pourtant sur son dos la noblesse en bottines et que le clergé en habite soit épuisé le paysan s'exclamant légende il faut espérer que ce jeu là finira bientôt les chats jantel temps changent et courbet écrasé le paysan les deux nouveaux mais c'est aujourd'hui l'industrie agroalimentaire c'est aujourd'hui la grande distribution que le paysan porte c'est sur ses épaules avec par dessus la main invisible des marchés mondialisés invisible mais bien présente bien pressante cette image des statistiques l'illustrent en 2016 la moitié des agriculteurs ont gagné moins de 350 euros 4 euros par mois le métier gagné par la lassitude en ratant la moitié des exploitations ont disparu un découragement qui tourne souvent au drame un agriculteur en france où tu suscites tué trois jours al'inverse qu'on ouvre le dernier classement du magazine challenge en dix ans emmanuelle b snj et le pdg de lactalis a multiplié sa fortune par trois qui s'élève aujourd'hui à 8 milliards d'euros de même pour la famille fievet c'est à dire le fromager bel une forte emule type liés par trois là aussi en dix ans de même encore pour oak est le numéro 1 de l'amidon en europe par trois en dix ans sans oublier jean paul bigard le champion du steak +30 7% en une seule année de ce côté là tout va bien ni lassitude ni découragement tout va mieux encore pour les rois des supermarchés les naouri de casino les mulliez d'auchan les arnaud de carrefour voilà qui nos paysans portent sur leurs épaules mais ce jura finira t-il bientôt en ce moment c'est dur c'est très dur on serre les fesses il faut encore j'aille négocier avec ma banque c'est isabelle marleau une agricultrice de mon coin qui vous raconter ça elle est en gaec avec son frère pascal et sa fille marion 270 hectares sur toutes céréales et une soixantaine de vaches l'année dernière elle me raconte avec la chute des cours ça nous a fait 70 mille euros en moins tout l'argent de côté on l'a mangée en un an à cause des prix trop bas du blé et du lait on travaille en bretagne en normandie en auvergne chez les producteurs de lait de porc de céréales de vieux bovine vous avez tous ici j'en suis sûr recueillie le même témoignage et sans doute d'autres plus dramatique parce que partout la même cause produit les mêmes effets la chute des cours conduit à la misère d'où leur handball combat d'où les états généraux de l'alimentation une parenthèse ici monsieur le ministre je suis le rapporteur choisi d'états généraux de l'alimentation depuis les derniers dernier j'ai joué le jeu je me suis rendu à l'ouverture de grandes pompes à bercy j'ai assisté à l'état d'audition des tables rondes j'ai participé à à la classe verte des parlementaires au marché de rungis j'ai même reçu en bon élève les félicitations du président de la commission et dans cette assemblée il est rare que je reçois des félicitations pour mon comportement nous avons été comme ça des centaines des milliers à travers le pays a joué le jeu dès le début t'es bon peu importe on est payé pour mais surtout des paysans des syndicalistes agricoles des cadres de l'agroalimentaire des dirigeants de la distribution des représentants de consommateurs des défenseurs de l'environnement des militants du bien-être animal des centaines de personnes qui ont bloqué leur journée parfois leur nuit qui très concrètement surmonter à paris ont pris le tram ont dormi loin de leurs familles y ont consacré du temps à ces objets a alors que mille autres impératifs les appelait dans leurs fermes dans leur association dans leur entreprise pourquoi sont-elles venues parce qu'elle était muet mois avec parce que nous étions mû par un espoir par un double espoir 1 assurer un revenu digne aux agriculteurs et 2 transformer l'agriculture des centaines de personnes qui ont participé à des centaines de réunions à 35 mille heures de discussions 35 miller c'est olivier allain le le coanimateur de juger à qui inventaient siffler 35 miller et tout ça pour quoi tout ça pour ça la montagne de débats accouchent à peine du souris et le sentiment qu'on nous a pris pour des gogos du dialogue de la concertation du blabla parce que si c'était pour pondre ce machin sans souffle sans vision sans ambition ça servait à rien de déranger tous le monde ça servait à rien d'agiter pendant six mois le ban et l'arrière ban de campagne ça servait à rien de pour réclamer des états généraux comme pour une révolution on prenait trois experts dans un ministère et entre deux portes autour d'un bureau il rédige et rédiger ses mini mesure et nous on au réseau ses épaules car ce n'est pas à la hauteur ça n'est pas à la hauteur d'une attente ce n'est pas à la hauteur de l'urgence je le dis je le répète la cause du mal et connu la chute des cours conduit à la misère c'est simple la chute des cours conduit à lui misère contre ça que faire serge papa le pdg de système u qui a animé l'atelier des états généraux consacrés aux prix le réclamer devant notre commission si on veut sauver l'agriculture française l'a mené vers du plus qualitatif il faudrait des prix minimum garanti on a besoin dans ce pays de régulation et ça fait environ trente ans que l'agriculture est la variable d'ajustement à la guerre des prix c'est une évidence qui s'impose à tous les esprits c'est l'idée la plus simple la plus banale qui revient dans les échanges des prix planchers des prix planchers tout bêtement des prix planchers qui intègre un revenu digne pour l'asic lutteurs des prix plancher qu'on peut même énoncées ici au doigt mouillé 40 centimes le litre de lait un rush 50 le kilo de porc et l'interdiction donc pour les industriels pour les coopératives pour lactalis et bigard d'acheter ce ou ces prix plancher mais à la place de cette mesure cette mesure trop simple trop banal trop évidente à la place de quotas à la place de coefficient multiplicateur à la place d'outils de régulation qui ont fait leurs preuves durant des décennies vous avez bâti une usine à gaz législatives à base de contrats d' accord cadre qui je cite dans la détermination du prix doivent désormais prendre en compte un ou plusieurs indicateurs relatives aux coûts pertinente production d'agriculture ou à l'évolution de ses coûts un ou plusieurs indicateurs relatifs aux prix des produits agricoles et alimentaires charge ensuite à un médiateur de modifier ou supprimer des accords cadres qu'il estime abusif ou déséquilibrés si sa mission de médiation n'aboutit pas dans un délai d'un mois sera leur cerisier un juge pour arbitrage et cetera et cetera mais les indicateurs de prix une demeure de toute façon qu'indicatif au mieux incitatif et en aucun cas contraignant plutôt que cela pirate je vous ai interrogé en commission pourquoi n'avez vous pas opter tout bêtement tout simplement tout banalement pour des prix plancher parce qu'il ya la concurrence vous m'avez répondu parce que ce serait porter atteinte à la concurrence et ça on m'a bien expliqué la commission européenne n'aime pas du tout qu'on touche à la concurrence elle nous sanctionnerait 1 nous punir et du coup vous poursuivez bien le même but nous n'avons nous ne séparons passe sur le but nous séparons sur les moyens sur les moyens qu'on met en place pour la même fin mai vous le faites par mille détours avec 1000 trio tyran votre projet complètement gazeux et lisible inopérant en l'occurrence pourtant désobéir à bruxelles le jeu en valait la chandelle il s'agit d'hommes nos agriculteurs seront ils encore broyer demain il s'agit de nos terres de nos territoires il s'agit de nos assiettes il s'agit de notre environnement au nom de tout cela ça faisait de la matière quand même pour un temps mais un bras de fer pour affirmer que la concurrence n'est pas l'utopie l'universel que la france place bien d'autres valeurs humaines au dessus de cette sainte concurrence c'est tout votre ambiguïté sur ce projet vous êtes là avec ce projet de loi à contre-emploi le cul entre deux chaises parce que vous le voyez bien que les marchés mondialisés men l'agriculture dans le mur que les paysans sans titre anglais et en même temps ce libéralisme c'est tellement le vôtre cette concurrence libre et non faussée c'est tellement dans les gènes de votre majorité dans l'adn de votre président la libre concurrence appliquée au travail la libre concurrence appliquée aux rails la libre concurrence appliquées à l'université la libre concurrence appliquée au logement alors timidement avec mille précautions avec dirait mon président des députés heures de gazelle vous tendez de réguler un peu et en même temps vous signez le set avec le canada le mercosur avec la mairie du sud est encore un accord avec le mexique vous demandez aux agriculteurs de montée en gamme d'offrir une alimentation de qualité et en même temps vous ouvre élèves vannes au boeuf mexicain canadien argentat brésilien élevé aux farines animales aux activateur de croissance vous raté une belle occasion monsieur rapporteur monsieur le ministre une belle occasion d'abord d'assurer un revenu aux agriculteurs parce que les 35 mille heures de discussions avaient produit des effets mis autour de la table industriels et distributeurs et est ramollie cgt généraux c'est les avait conduit un autre tient à peu le seul peut leur seul profit il était prêt à des concessions et à l'arrivée le néant un projet famélique dominique voynet animé l'atelier consacré à la santé à l'arrivée elle dressé ce bilan dans le projet de loi il n'y a rien c'est un peu décevant pourquoi c'est décevant parce que les participants industriels transformateurs distributeurs qui n'étaient pas des poulets de l'année s'attendait à ce qu'on leur impose des choses ils ont négocié des compromis ils ont avancé parce qu'ils pensaient être battu bien plus comment est elle y arriver il n'y a rien alors forcément il respire il rigole vous avez raté une autre occasion monsieur rapporteur monsieur le ministre de transformer l'agriculture plein de paysans doute aujourd'hui quel chemin emprunter le bio le raisonner le durable alors que je visitais leur ferme isabelle et son frère pascal et sa fille marion péter tous les 3 contre les écolos puis elle me montre à quoi isabelle plus loin dans les pâtures elle mais pour épurer l'eau vous voyez là bas on a planté des roseaux ça marche bien ça filtre ça signifie que en pratique ils sont déjà en transition ils ont fait quelques pas et l'enjeu réside là pour moi d pascal d isabelle démarrions comment on les fait glisser pas forcément vers le bio mais vers une autre agriculture comment on rend ce changement socialement viable économiquement rentable elle est prolongée isabelle en disant on pouvait faire partir nos berthe à l'herbe mais il faudrait le double de surface si le consommateur veut des vaches en pâture on peut mais il faut que le prix du lait suivent c'est le moment c'est le moment de leur garantit un revenu comme un socle comme une assurance pour se projeter vers l'avenir voilà le premier étage de la fusée nécessaire indispensable mais c'est le moment aussi de leur dire voilà notre ambition sorties encadrées agriculteurs du productivisme de la chimie de la mécanique préserver l'eau l'air et la terre en finir avec les élevages en batterie avec les animaux qui ne voient ni la couleur de la terre ni la lumière du jour mieux traiter les ouvriers de l'agroalimentaire approvisionner nos régions notre pays d'abord ne pas valu ne pas ruiner les paysanneries d'ailleurs et surtout surtout offrir à tous une alimentation saine sans suspense tant ce qu'on chérit gêne sans perturbateurs endocriniens pour que nos enfants ne nous accusent pas surtout ça dans votre projet on atteint au vide à l'insignifiance on sait tous levé mercredi dernier dans cet hémicycle sur tous les bancs pour en appeler au sauvetage des abeilles c'est une unanimité touchante on s'était tous levés déjà un autre mercredi pour les oiseaux cette fois côté des grandes déclarations générales ça va mais au pied du mur dans le concret des projets de loi qu'il s'agisse de transport avec le nouveau pacte ferroviaire ou aujourd'hui d'agriculture et bien ces questions de réchauffement de pollution d'abeilles ces questions disparaissent et le ministre qui est supposé les portes et lui aussi disparaît où est passé monsieur hulot il a pris des vacances vous raté l'occasion monsieur le ministre vous raté l'occasion de laisser votre nom à une belle loi l'histoire ne retiendra pas la loi travers c'est juste une loi travers une le plus une loi molle une loi creuse et sur ses épaules après vous après nous apprennent au débat ici geôles tra je le redoute le paysan continuera de porter l'aristocratie la grande distribution le clergé de l'industrie et par dessus la main invisible inflexible des marchés je le crash de leur doutes ce paysan pourquoi continuer de se plaindre il faut espérer que ce jeu là finira bientôt je remercie [Applaudissements]