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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 17 septembre 2020 25 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalSantéImmigration & asileNumérique

Clément Beaune sur le Brexit : "Je suis inquiet mais je crois qu’un accord est encore possible"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 20 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:54OuverteRéponse directe

    Comment avez-vous reçu ce discours sur l'état de l'Union ?

  • 2:57OuverteRéponse directe

    Pensez-vous qu'un accord sur le Brexit est encore possible ?

  • 4:37OuverteRéponse directe

    À quoi joue Boris Johnson en ce moment ?

  • 6:05RelanceRéponse partielle

    Pourquoi ne pas harmoniser les règles sanitaires face au Covid ?

  • 8:19RelanceRéponse directe

    Les dotations santé du budget européen sont passées de 9 à 1,7 milliard : est-ce trop bas ?

  • 10:27OuverteRéponse directe

    L'UE doit réduire ses émissions de CO2 de 55% d'ici 2030 : est-ce réaliste ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:07Invité politiqueFait
    « Je suis inquiet, oui, mais je crois qu'un accord est encore possible. »
  • 6:14Invité politiqueFait
    « C'est une vaste confusion, il faut être honnête. »
  • 7:01Invité politiqueFait
    « C'est une inefficacité européenne. »
  • 8:39PrésentateurChiffre
    « Les dotations santé du dernier budget européen sont passées en juillet, malgré le Covid, de plus de 9 milliards à 1,7 milliard d'euros sur 7 ans. »
  • 8:41Invité politiqueFait
    « Les 9 milliards, ils n'ont jamais existé. C'était une proposition de la Commission européenne. »
  • 9:04Invité politiqueFait
    « Je trouve ça trop bas, je le dis, mais par rapport à aujourd'hui, il y a une augmentation du budget de l'Europe sur la santé. »
  • 11:33Invité politiqueFait
    « La coordination européenne, c'est nous qui l'avons souhaitée avec l'Allemagne. »
  • 13:12Invité politiqueFait
    « Ces accords ne marchent pas. »
  • 24:52Invité politiqueFait
    « le plan de relance européen il y a trois mois on pensait que c'était impossible »
  • 25:00Invité politiqueFait
    « comme les billets en euros »
  • 25:05Invité politiqueFait
    « moi j'assume d'avoir un petit tropisme »

Temps de parole

  • Clément Beaune62 %
  • Présentateur16 %
  • Présentateur 214 %
  • ?4 %
  • Auditeur2 %

21,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9, le secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes. Question, réaction amis auditeurs, au 01 45 24 7000, le standard vous attend. Clément Beaune, bonjour. Bonjour. Devant les députés européens réunis à Bruxelles hier, la présidente de la commission, Pierre Aski en parlait, Ursula von der Leyen a prononcé donc pendant plusieurs heures son premier discours sur l'état de l'Union Européenne, projet d'une Union Européenne de la Santé, lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, tension avec la Turquie, question des migrations, du racisme, le Brexit.

Le discours était dense et on va évidemment en décliner les points principaux avec vous. Mais dites-nous, pour commencer, vous qui incarnez le gouvernement français, comment avez-vous reçu ce discours ? Comment l'avez-vous trouvé ? Comment le qualifiez-vous ce matin ? Merci beaucoup d'en

1:00
Clément Beaune

parler d'abord, parce que ce que je regrette c'est qu'on en ait peu parlé. Nos chaînes de télévision, nos chaînes d'information continue, on peut trouver de temps pour un sujet qui était pourtant, qui est pourtant majeur. Et il

1:11
Locuteur

y

1:11
Clément Beaune

a, vous l'avez dit, on va y revenir, beaucoup d'annonces, beaucoup de projets. Et c'est un discours qui va se traduire par des législations, par des mesures concrètes, par un budget, par un plan de relance européen aussi. Tout ça, il faut en parler, parce que ce n

1:22
Locuteur

'est

1:22
Clément Beaune

pas des affaires étrangères ou des affaires lointaines, c'est des politiques dont on peut débattre, être pour ou contre, mais c'est un sujet extrêmement politique dont je crois qu

1:29
Locuteur

'il

1:29
Clément Beaune

faut que chacun ait conscience.

1:31
Locuteur

Comment vous

1:31
Présentateur

l'avez trouvé, vous

1:32
Locuteur

? Alors moi je l'ai

1:33
Clément Beaune

trouvé, c

1:33
Locuteur

'est

1:33
Clément Beaune

un discours, c

1:33
Locuteur

'est

1:33
Clément Beaune

le premier discours qu'on appelle État de l'Union, c'est

1:35
Locuteur

1:35
Clément Beaune

-dire qui donne les grandes perspectives européennes pour l'année, qu'a prononcé Madame von der Leyen.

1:39
Locuteur

C

1:39
Clément Beaune

'est un très bon discours, je trouve, de vision.

1:41
Locuteur

Et

1:42
Clément Beaune

c'est un discours d'une Europe qui se réveille, parce que Madame von der Leyen a osé aborder d'abord les grands thèmes,

1:48
Locuteur

je

1:48
Clément Beaune

dirais, de souveraineté européenne, d'ambition européenne, le climat, les droits de l'homme, a défendu les valeurs européennes aussi. Donc je crois que c

1:55
Locuteur

'est

1:55
Clément Beaune

un discours qui est long, mais que chacun doit écouter au moins un petit morceau, parce qu'il y

2:00
Locuteur

a

2:00
Clément Beaune

beaucoup de choses sur le climat, vous l'avez dit, sur l'Europe de la santé.

2:03
Locuteur

C'est vrai

2:03
Présentateur

qu'elle a dit « réveillez-vous » en gros, comme Marine Le Pen sans parallèle, c'est le nouveau mot d'ordre de cette rentrée, j'ai l'impression, « réveillez-vous, vous êtes endormi, réveillez-vous », c'est

2:12
Locuteur

ça ? Moi je n'ai pas de problème avec

2:13
Clément Beaune

le parallèle, parce que je crois que si on veut se réveiller en tant que puissance, dans le monde, on le voit face aux grandes crises internationales, Russie, Turquie, face à la Chine, etc. le réveil doit être européen. Et moi je n'oppose pas les deux, je ne reprends

2:26
Locuteur

évidemment

2:26
Clément Beaune

pas les slogans, les thèmes de Mme Le Pen, mais je n'ai aucun problème à ce que projet contre projet, vision contre vision, sur l'Europe notamment, on dise que c'est par l'Europe que nous nous affirmerons.

2:37
Présentateur

Alors commençons, beaucoup de sujets, on l'a dit, discours long et dense. Commençons par le commencement, en tout cas l'un des commencements possibles, le Brexit. Chaque jour qui passe voit vraiment faiblir les chances de conclure un accord avec le Royaume-Uni, a dit hier Ursula von der Leyen, l'accord, je le rappelle, doit être trouvé d'ici la fin de l'année. Dites-nous si vous pensez qu'un accord est encore possible, ou si ce matin, Clément Beaune, vous êtes clairement pessimiste, on va vers le no deal.

3:06
Locuteur

Je

3:07
Présentateur

suis inquiet, oui,

3:08
Clément Beaune

mais je crois qu'un accord est encore possible, on veut le trouver, et il

3:12
Locuteur

y

3:12
Clément Beaune

a encore des semaines de négociations qui sont devant nous avec Michel Barnier, qui négocie pour les Européens.

3:17
Locuteur

Il

3:17
Clément Beaune

faut être clair, une absence d'accord est une mauvaise nouvelle, serait une mauvaise nouvelle, ce qu

3:22
Locuteur

'on

3:22
Clément Beaune

appelle le no deal. Pas d'accord à la fin de l'année, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a des droits de douane, des contrôles stricts à nos frontières, pour les marchandises britanniques, etc. Ce n

3:30
Locuteur

'est

3:30
Clément Beaune

pas une bonne nouvelle pour nos pêcheurs, pour le tourisme en France, pour toute une série d'échanges commerciaux, et pour certaines régions, dans la France en particulier. Donc ce n

3:38
Locuteur

'est

3:38
Clément Beaune

pas ça qu

3:39
Locuteur

'on

3:39
Clément Beaune

souhaite.

3:39
Locuteur

Mais

3:40
Clément Beaune

je veux dire aussi, d'abord on s'y prépare. Il y aura encore des préparatifs, des financements, des mesures de soutien, au cas où, qu'on va préparer avec le gouvernement dans les semaines qui viennent, notamment pour la pêche. Mais je veux dire aussi qu

3:51
Locuteur

'un

3:52
Clément Beaune

mauvais accord, c'est-à-dire un accord qui céderait trop aux Britanniques, qui leur donnerait, pour faire simple, l'accès à notre marché, sans respecter nos règles, sanitaires, climatiques, etc. Ce serait bien pire. Ce serait bien pire parce que tout ce qu'on vient de se dire, j'ai une Europe qui s'affirme, tomberait. Ce serait la preuve que, finalement, l'Europe ne défend pas ses intérêts, ne défend pas ses citoyens, ne défend pas ses entreprises. Et moi je ne veux pas de ça, parce que c'est destructeur, et ça n'est pas l'intérêt de la France.

4:16
Présentateur

Vous pensez, vous êtes encore confiant ce matin, mais inquiet sur la possibilité d'un accord. Le Royaume-Uni est en train de dénoncer le premier accord signé qui définissait déjà les modalités du divorce. Ils ont signé le texte et ils sont en train de casser ce texte. Cet accord ne peut pas être modifié, négligé ou écarté unilatéralement à rappeler hier Van der Leyen. Pouvez-vous nous dire à quoi joue Boris Johnson en ce moment

4:40
Locuteur

?

4:40
Clément Beaune

Écoutez, seul lui peut le dire, pour être franc. Si c'est une tactique,

4:45
Locuteur

parfois

4:46
Clément Beaune

ce qu'on appelle dans une négociation la stratégie du fou, vous jetez tous les pions et puis vous faites peur à l'adversaire, ça ne marchera pas. Parce qu'à chaque fois, on le sait depuis trois ans, les Britanniques ont été tentés régulièrement par cette stratégie

4:56
Locuteur

agressive

4:57
Clément Beaune

ou provocatrice. Ça n'a jamais marché. D'ailleurs, je crois que c'est la force de l'Europe. Dans cette crise, parce que c'est une crise, le Brexit, elle a montré son unité. Ce n

5:05
Locuteur

'était

5:05
Clément Beaune

pas évident. Elle a montré son unité, même s'il y a des différences, des divergences, des nuances. Elle a montré son unité. Donc, je dis aux Britanniques, simplement, ça ne marchera pas. C'est une tactique arrêtée. Si c'est une volonté de quitter l'Europe sans accord, d

5:17
Locuteur

'aller

5:18
Clément Beaune

son chemin, c'est une mauvaise chose, mais il faut nous le dire. On est des amis, on est des alliés, il faut nous le dire. Et à ce moment-là,

5:24
Locuteur

on

5:25
Clément Beaune

se prépare, on organise les choses, on essaie de limiter les dégâts.

5:28
Locuteur

Mais

5:28
Clément Beaune

j'espère d'une certaine façon que c'est une tactique et que ça va cesser.

5:32
Locuteur

Parce

5:33
Clément Beaune

que c'est une mauvaise tactique et la démonstration a été faite la semaine dernière que nous n'étions pas divisés et nous n'étions pas faibles. Et je crois que c'est ça qui se joue dans le Brexit.

5:41
Présentateur

Alors, avant de parler de l'Union européenne, de la santé, qui est un projet devant nous, il y

5:46
Locuteur

a

5:46
Présentateur

des problèmes très précis de santé avec l'épidémie de Covid. Au Royaume-Uni, il existe une quatorzaine obligatoire pour ceux qui entrent dans le pays. En Espagne, pas de restrictions aux frontières. Pour l'Italie, obligation de test pour les ressortissants de certains pays, mais pas pour tous, pas pour d'autres. Belgique, test, quarantaine en fonction de votre point de départ. Est-ce que vous comprenez qu'on n'y comprenne rien, Clément Beaune ? Oui. C'est si difficile d'harmoniser des règles face à un même péril ? Alors, objectivement,

6:14
Clément Beaune

c'est une vaste confusion, il faut être honnête. Moi, je ne défends pas l'Europe en disant que tout va bien quand les choses ne vont pas bien. Donc, si vous

6:21
Locuteur

l'avez dit... Mais pourquoi

6:22
Présentateur

vous n'y arrivez pas ?

6:22
Locuteur

Vous êtes d'accord ? Non, non,

6:24
Clément Beaune

attendez, j'y viens. On essaie de faire un certain nombre de choses. D'abord, il est normal qu'il y

6:28
Locuteur

ait

6:28
Clément Beaune

des mesures différenciées, si je puis

6:30
Locuteur

dire.

6:30
Clément Beaune

Parce que c'est vrai aussi à l'intérieur des pays. D'une région à l'autre en Allemagne, d'un département à l'autre en France, ce ne

6:36
Locuteur

sont

6:36
Clément Beaune

pas les mêmes mesures. Pourquoi ? Parce que dans cette remontée de l'épidémie, on ne veut pas utiliser des mesures générales, confinement généralisé, etc. Donc, c'est normal qu'il

6:43
Locuteur

y ait

6:43
Clément Beaune

un effet un petit peu patchwork, si vous me permettez l'expression. Je crois qu'il faut le dire aussi, parce qu'il n

6:48
Locuteur

'y

6:48
Clément Beaune

aura jamais une carte d'Europe où ce sera les mêmes mesures partout. Ce n'est pas possible, ce n'est pas souhaitable. Maintenant, le fait que face au même sujet, au même problème, on n

6:56
Locuteur

'ait

6:56
Clément Beaune

pas les mêmes mesures, ça, c'est une énorme confusion. Et c'est une inefficacité européenne. Concrètement, ce qu'on fait, c'est à court terme, on essaie de limiter les problèmes. Donc, avec tous nos pays frontaliers, avec le Luxembourg, la Belgique, l'Allemagne, on fait en sorte que, par exemple, tous ceux qui travaillent, qui gagnent leur pain en allant traverser la frontière, en général, ils ne savent même plus qu'il

7:14
Locuteur

y a

7:14
Clément Beaune

une frontière, en Alsace, au Luxembourg, etc., de l'autre côté, qu'ils puissent y aller tous les jours. Et ça, c'est garanti, ça se fait aujourd'hui. Et puis, on essaye d'avoir les mêmes critères

7:23
Locuteur

pour

7:24
Clément Beaune

qu'une zone rouge, ça soit une zone rouge avec les mêmes critères dans toute l'Europe. Parce que, parfois, ce n

7:28
Locuteur

'est

7:28
Clément Beaune

pas les mêmes seuils, etc., vous l'avez décrit.

7:29
Présentateur

Ce sera

7:30
Locuteur

fait quand, ça

7:30
Clément Beaune

? La semaine prochaine, il

7:32
Locuteur

y a

7:32
Clément Beaune

une réunion que j'ai demandé des ministres d'affaires européennes sur ce sujet. J'espère qu'on aura un accord dès la semaine prochaine pour harmoniser ces critères.

7:39
Locuteur

Et

7:39
Clément Beaune

ça limitera ce que vous décrivez, M. Demorand, c'est-à-dire une forme

7:42
Locuteur

de

7:43
Clément Beaune

confusion européenne qui n'est pas souhaitable, évidemment. Mais, vous l'avez dit, l'Europe de la santé, s'il

7:48
Locuteur

y

7:48
Clément Beaune

a six mois, on était allé à Bruxelles en disant, les amis, on a une idée, on va faire l'Europe de la santé, on va harmoniser les critères face à une épidémie.

7:55
Locuteur

Il y

7:55
Clément Beaune

a neuf mois avant le Covid, tout le monde aurait ricané. Et vous m'auriez dit à ce micro, vous n'avez rien d'autre à faire que l'Europe de la santé. Parce que ce n'était pas l'urgence. Donc, face à la crise, on renforce l'Europe sur des sujets dans lesquels elle n'avait pas de compétences. Et je crois qu

8:07
Locuteur

'on

8:07
Clément Beaune

progresse.

8:08
Présentateur

Bof, bof. Pardon,

8:10
Locuteur

bof,

8:10
Présentateur

bof. Si on regarde, vous dites, il

8:12
Locuteur

y

8:12
Présentateur

a six mois, je serais allé en dix ans en faisant une Europe de la santé, on m'aurait rionné parce que ce n'était pas l'urgence. Même quand c'est l'urgence, en juillet dernier, c'est-à-dire on est en pleine crise du Covid, eh bien, je ne

8:22
Locuteur

sais

8:22
Présentateur

pas si on vous rionné, mais en tout cas, ça ne marche toujours pas puisque les dotations santé du dernier budget européen sont passées en juillet, malgré le Covid, de plus de 9 milliards à 1,7 milliard d'euros sur 7 ans. L'union de la santé vantée hier par Ursula von der Leyen, pardonnez-moi, on est loin, non ?

8:39
Clément Beaune

Alors là, c'est faux, pardon, il faut être précis. Parce que les 9 milliards, ils n'ont jamais existé. C'était une proposition de la Commission européenne.

8:46
Locuteur

Ah, oui. Ah, pardon.

8:48
Présentateur

Donc, c'était une proposition

8:49
Clément Beaune

de

8:49
Présentateur

la

8:49
Locuteur

Commission européenne qui,

8:50
Présentateur

finalement, s'est vue réduire à 1,7 milliard.

8:53
Locuteur

Je

8:53
Clément Beaune

ne rentre pas dans le détail, mais il

8:54
Locuteur

y

8:54
Clément Beaune

a des propositions de la Commission européenne, c'est négociation budgétaire, et donc la Commission européenne part toujours de haut parce qu'elle sait bien qu'après, c'est compliqué.

9:01
Locuteur

Enfin,

9:02
Présentateur

descendre si bas,

9:02
Locuteur

vous ne trouvez pas ça

9:03
Présentateur

trop bas ?

9:04
Locuteur

Je

9:04
Clément Beaune

trouve ça trop bas, je le dis, mais par rapport à aujourd'hui, il

9:06
Locuteur

y

9:06
Clément Beaune

a une augmentation du budget de l'Europe sur la santé. Il y a ce qu'on appelle aussi un mécanisme de protection civile. Ça paraît compliqué. C'est quoi ? C'est avoir des stocks communs, de masques, de tests, d'équipements de protection, de respirateurs. On va créer ça aussi.

9:19
Locuteur

Il

9:19
Clément Beaune

y

9:19
Locuteur

a

9:19
Clément Beaune

plusieurs milliards d'euros dans le plan de relance européen pour cela. Donc, c'est mieux qu'aujourd'hui, je veux quand même qu

9:23
Locuteur

'on

9:23
Clément Beaune

le dise, c'est plus qu'aujourd'hui en matière de santé. Et l'Europe de la santé,

9:26
Locuteur

c

9:26
Clément Beaune

'est de l'argent, mais c'est aussi ce qu'on évoquait, avoir les mêmes critères. C'est aussi, et c'est très important, on l'a fait en urgence, ça progresse vite les vaccins. Aujourd'hui, l'Europe signe en commun, au nom des 27, des contrats avec tous les grands laboratoires publics ou privés qui cherchent des vaccins pour que le jour où il y

9:42
Locuteur

a

9:42
Clément Beaune

un vaccin, on ait toutes les doses, plusieurs centaines de millions, pour tous les Européens, dans les premiers, pour ne

9:48
Locuteur

pas

9:48
Clément Beaune

qu

9:48
Locuteur

'on

9:48
Clément Beaune

soit à la traîne parce que les Américains ou les Chinois...

9:50
Présentateur

Il n'y

9:50
Locuteur

aura

9:50
Présentateur

pas de nationalisme sur...

9:51
Locuteur

Il n'y aura pas

9:51
Clément Beaune

de nationalisme exactement

9:53
Locuteur

sur les vaccins.

9:54
Clément Beaune

Il n'y

9:54
Locuteur

aura

9:54
Clément Beaune

pas de nationalisme des vaccins.

9:55
Présentateur

C'est-à

9:55
Locuteur

-dire

9:55
Présentateur

que s'il

9:55
Locuteur

y a

9:55
Présentateur

un laboratoire français qui trouve le vaccin, la France ne sera pas servie en premier.

9:59
Clément Beaune

L'Europe sera servie en premier et les Français seront servis en premier, mais pas au détriment des autres, ce sera en même temps parce que dans ces contrats, nous réservons les centaines de millions de doses. Il y

10:08
Locuteur

a

10:08
Clément Beaune

un premier qui a été signé, c'est 400 millions de doses qui ont été réservées par l'Europe, donc ça permet de couvrir les Français, les Allemands et les autres.

10:14
Locuteur

N

10:15
Clément Beaune

'opposons pas les uns aux autres. Grâce justement à cette action européenne,

10:18
Locuteur

on

10:19
Clément Beaune

va être servis en même temps. Si on l'avait fait que les Français ou que les Allemands, vous m'auriez dit il n

10:22
Locuteur

'y a

10:22
Clément Beaune

pas d'Europe

10:23
Présentateur

et vous auriez raison. Madame von der Leyen a fixé un objectif. L'UE doit être capable de diminuer d'au moins 55% et non plus seulement 40% ses émissions de CO2 d'ici 2030. Est-ce faisable, réaliste ou est-ce un vœu pieux, Clément Bonne

10:40
Locuteur

?

10:40
Présentateur

Je crois

10:40
Locuteur

que

10:41
Clément Beaune

c'est faisable et cette ambition d'augmenter notre cible, vous avez dit qu

10:44
Locuteur

'on

10:44
Clément Beaune

est aujourd'hui à moins 40% comme objectif pour 2030. La France le soutient de longue date. Concrètement, il

10:51
Locuteur

y a

10:51
Clément Beaune

aujourd'hui une étude d'impact qui va expliquer comment ça marche. Il faut être précis, secteur par secteur, les mesures qu'il faut prendre pour atteindre l'objectif qu'a présenté Madame von der Leyen, de moins 55%. Je souhaite qu

11:01
Locuteur

'on

11:01
Clément Beaune

puisse y arriver et ce sera une décision que prendront les chefs d'État et

11:04
Locuteur

de

11:04
Clément Beaune

gouvernement collectivement mi-octobre.

11:06
Locuteur

Sur

11:07
Présentateur

les migrants, la présidente de la Commission européenne rappelle les États membres à leur responsabilité et demande à chacun d'en prendre leur part. Angela Merkel prévoit d'accueillir en Allemagne environ 1500 migrants actuellement sur les îles de la Grèce après les incendies du camp de Moréa à Lesbos. La chancelière regrette que d'autres pays, notamment la France, n'en accueillent qu'une centaine. La France ne va accueillir qu'une centaine de mineurs isolés de Lesbos. C'est à peu près l'ordre de grandeur que vous avez annoncé, n'est-ce pas trop peu

11:32
Locuteur

?

11:33
Clément Beaune

Je tiens à signaler que la coordination européenne, c'est nous qui l'avons souhaitée avec l'Allemagne. Et je rappelle aussi que depuis le début de l'année, à trois reprises, la Grèce a sollicité notre solidarité et nous avons été présents. Au total, ce sont près de 1000 personnes, mineures notamment, qui, des îles grecques vers la France, parce qu'elles ont le droit à la protection, elles ont le droit à l'asile, seront accueillies par la France. Donc nous faisons un effort tout à fait comparable, j'y insiste, à l'Allemagne et nous l'avons coordonné.

La centaine que j'évoquais, c'est un supplément que nous sommes prêts à faire en réponse à la demande grecque pour les mineurs de Lesbos et du camp de Moréa. Je tiens à le dire, c'est très important. Depuis 2018, vous avez eu les cas aussi d'urgence des bateaux qui ont débarqué en Méditerranée, nous avons toujours une ligne constante.

12:16
Locuteur

Pas

12:16
Clément Beaune

de débarquement du bateau trop loin, parce que ça n'est pas la bonne réponse humanitaire. On ne

12:22
Locuteur

va

12:22
Clément Beaune

pas faire faire quatre jours de mer à des gens qui sont en détresse et qui risquent leur vie. Et donc,

12:27
Locuteur

c

12:27
Clément Beaune

'est pour ça que nous

12:27
Locuteur

sommes... Vous voulez dire

12:27
Présentateur

depuis que vous n'avez pas accueilli l'Aquarius ?

12:29
Clément Beaune

Mais oui, et je le dis parce que nous avons trouvé des solutions plus proches, mais la France a toujours dit qu'à chaque fois, elle prenait sa part pour la Grèce, pour l'Italie, pour Malte, de solidarité européenne et nous sommes le pays qui depuis 2018, dans ses cas d'urgence, a avec l'Allemagne le plus accueilli de personnes en détresse. C

12:49
Locuteur

'est l

12:49
Clément Beaune

'honneur de la France et nous l'avons fait, je tiens à le dire.

12:52
Présentateur

Ursula von der Leyen a proposé d'abolir le règlement de Dublin qui confie la demande d'asile au premier pays dans lequel le migrant est arrivé pour la Grèce et l'Italie. qui, par exemple, c'est intenable en raison de la géographie. Là, ce sont les cartes qui parlent d'elles-mêmes. Dublin sera remplacé par quoi, Clément Beaune ? Je ne

13:11
Locuteur

sais

13:11
Présentateur

pas s'il y aura un nom,

13:12
Clément Beaune

mais c'est vrai que ces accords ne marchent pas.

13:14
Locuteur

Il

13:14
Clément Beaune

faut être clair. Pour les auditeurs qui ne sont peut-être pas familiers, qu'est-ce que c'est en deux mots ? C'est ce que vous décriviez, c'est que le pays qui, par sa géographie est le plus proche, par l'Italie, la Grèce, des côtes de débarquement, prendrait toute la charge de l'accueil. Ça, ce n

13:26
Locuteur

'est

13:26
Clément Beaune

pas acceptable. On parlait des cas d'urgence. Il faut maintenant un mécanisme permanent. Nous le défendons. Et donc, nous disons qu'il faut que le pays d'accueil reçoive les gens qui débarquent

13:35
Locuteur

parce

13:36
Clément Beaune

que c'est le plus urgent et qu'ensuite, à chaque fois, tous les pays européens prennent leur part de l'accueil des réfugiés.

13:44
Locuteur

On

13:45
Présentateur

va filer au standard. Nombreuses questions ce matin. Commençons avec Didier. Bonjour et bienvenue sur Inter.

13:52
Auditeur

Bonjour, merci de prendre ma question.

13:54
Locuteur

Je

13:54
Auditeur

vous en prie. C'est la suivante. Je voudrais savoir pourquoi il n

13:56
Locuteur

'y a

13:56
Auditeur

pas de consensus européen par rapport aux tensions en Mitterrandée avec Erdogan. Et auparavant, je voudrais faire une petite parenthèse. Moi, j'ai vécu 10 ans aux Pays-Bas.

14:07
Locuteur

Je

14:07
Auditeur

voudrais souligner combien nos cultures sont différentes,

14:12
Locuteur

combien

14:12
Auditeur

les pays du Nord protestants fonctionnent très différemment de la France

14:18
Locuteur

et

14:18
Auditeur

pourquoi les militaires se retrouvent souvent tous seuls en France. On a l'impression que ces pays ne veulent jamais intervenir

14:24
Locuteur

parce

14:24
Auditeur

qu'ils ont peur que la France prennent un leadership par rapport à l'histoire, par rapport à l

14:29
Locuteur

'Intérieur

14:29
Auditeur

qui leur a laissé de très mauvais souvenirs. Moi, je crois qu'en toile de fond, ça existe tout ça.

14:35
Présentateur

Merci Didier pour cette question. Alors, précise sur la Turquie avec son arrière-plan historique et analytique. Clément Beaune vous répond.

14:43
Locuteur

Je

14:43
Clément Beaune

veux quand même dire un mot de l'arrière-plan parce qu'il est très intéressant. On parlait de puissance, on parlait d'unité européenne. à chaque fois,

14:48
Locuteur

c

14:48
Clément Beaune

'est un miracle

14:49
Locuteur

qu

14:50
Clément Beaune

'on arrive à s'entendre sur des sujets comme le Brexit. Je vais y revenir dans un instant sur la Turquie, etc. Nos histoires sont si différentes. On s'est entretués, on s'est entredichirés, on a des cultures littéraires, religieuses, politiques extrêmement différentes.

15:02
Locuteur

Et

15:02
Clément Beaune

donc, n'oublions pas cela aussi parce que parfois, ça explique pourquoi c'est compliqué de nous mettre d'accord et nous y arrivons quand même. C'est quand même ça, le miracle avec toutes

15:11
Locuteur

les

15:12
Clément Beaune

imperfections.

15:13
Locuteur

Sur la Turquie,

15:15
Présentateur

parce qu'on a l'impression pour reprendre ce que dit notre ami auditeur, l'Allemagne et les Européens du Nord ont l'air de beaucoup plus craindre au fond la Russie de Poutine que la Turquie d'Erdogan. N'êtes-vous pas un peu seul, Emmanuel Macron ? Pourquoi ce surinvestissement d'Emmanuel Macron contre Erdogan ? Est-ce que c'est une guerre ? Est-ce que c'est un affrontement Grèce-Turquie ? Ou est

15:32
Locuteur

-ce

15:32
Présentateur

que c'est un affrontement Macron-Erdogan

15:35
Locuteur

?

15:35
Clément Beaune

Non, on a un principe simple. On parle de souveraineté européenne,

15:38
Locuteur

on

15:38
Clément Beaune

parle de puissance européenne, il faut être cohérent. Quand vous avez un pays,

15:45
Locuteur

menacent

15:45
Clément Beaune

les chypriotes, les grecs, par des bateaux qui sont dans leurs eaux territoriales, par des survols du territoire, etc. Ils nous menacent parfois sur le plan migratoire, utilisent des migrants pour faire pression. Ça a été le cas en février à la frontière grecque. Tout cela, c'est une atteinte à la souveraineté européenne.

16:00
Locuteur

Qu

16:01
Clément Beaune

'est-ce que c'est que ce club européen si quand deux pays sont menacés par un voisin, deux pays membres de

16:05
Locuteur

l

16:05
Clément Beaune

'Union Européenne, on dit ça ne nous intéresse pas, discutons, dialogons. Donc c'est ça la logique du président de

16:10
Locuteur

la

16:10
Clément Beaune

République. C'est de dire fermeté, unité. Et tous les pays européens, vous l'avez dit, ne sont pas sur cette ligne parce qu'ils n

16:16
Locuteur

'ont

16:16
Clément Beaune

pas le même rapport à la puissance. Parfois aussi, pas le même rapport à la Turquie. Mais je crois qu'on s'est rapproché énormément. L'exercice militaire qu'on a mené en Méditerranée cet été, nous l'avons fait avec la Grèce et Chypre, avec l'Italie aussi. Nous avons un consensus européen pour dire que tant que la Turquie se comporte ainsi, nous ne pourrons pas avancer sur des coopérations en matière migratoire, en matière énergétique, etc. Et peut-être même qu'il y

16:38
Locuteur

aura

16:38
Clément Beaune

des sanctions de nouveau, il y

16:39
Locuteur

en

16:39
Clément Beaune

a déjà eu dans le passé, contre la Turquie si elle continue. Quand

16:42
Locuteur

?

16:42
Clément Beaune

Ça peut être dans les prochains jours. Nous verrons comment se comporte la Turquie avec des bateaux qui sont aujourd'hui dans les eaux chypriotes dans les prochains jours. Et il y a un Conseil européen qui réunit le président Macron et ses collègues la semaine prochaine. Ça pourrait être une des mesures si la Turquie continue sa provocation. On file au standard. Laurent, bonjour.

17:00
Présentateur

Bonjour.

17:01
Locuteur

Vous nous appelez de Paris. Oui, tout

17:02
Auditeur

à fait. Je vous en prie, allez-y. Une question très concrète pour le quotidien des Français. C

17:07
Locuteur

'est

17:07
Auditeur

quand arrivera-t

17:08
Locuteur

-on

17:08
Auditeur

à une majorité qualifiée pour tout ce qui a lieu de fiscalité et empêcher les paradis fiscaux que sont l'Irlande, le Luxembourg pour ne pas les citer

17:17
Locuteur

?

17:17
Présentateur

Merci Laurent. Clément Beaune vous répond.

17:20
Locuteur

C

17:20
Présentateur

'est

17:20
Clément Beaune

un vrai sujet. C'est un scandale européen.

17:23
Locuteur

Pour

17:23
Clément Beaune

être honnête.

17:24
Locuteur

C

17:24
Clément Beaune

'est un scandale européen parce qu'aujourd'hui l'unanimité en matière fiscale c'est une aberration. C'était un domaine de souveraineté absolue des États. Maintenant, quand on a la même monnaie, quand on a le même budget en partie, quand on coordonne nos politiques, etc., on ne

17:36
Locuteur

peut

17:36
Clément Beaune

pas avoir des blocages d'un ou deux pays sur la fiscalité. Donc on vit avec cette règle de l'unanimité. Je pense qu'il faut la changer. C'est clair. Nous l'avons dit. Mais en attendant, il faut qu

17:45
Locuteur

'on

17:45
Clément Beaune

progresse dans le cadre actuel. Et je prends le numérique. Il y a trois ans, on était tout seuls à dire qu

17:51
Locuteur

'il

17:51
Clément Beaune

faut une fiscalité du numérique. Maintenant,

17:53
Locuteur

il

17:53
Clément Beaune

y a 25 pays sur 27 qui sont prêts à avoir une fiscalité des grandes entreprises du numérique. Et j'espère qu'on pourra la voir dans les prochains mois. C'est d'ailleurs hier, il y

18:00
Locuteur

a

18:00
Clément Beaune

eu un vote important au Parlement européen

18:06
Locuteur

d

18:06
Clément Beaune

'une taxe européenne sur les GAFA.

18:07
Présentateur

Clément Beaune, beaucoup, beaucoup, beaucoup de questions sur l'appli inter, sur les réseaux sociaux, sur l'amour au temps du coronavirus. Pouvez-vous, Cécile, pouvez-vous parler des couples binationaux auxquels Clément Beaune et son collègue Jean-Baptiste Lemoyne ont promis un laissé-passer SVP ? Ce laissé-passer a été annoncé le 8 août et zéro délivré après près de 40 jours. Sarah, des milliers de couples binationaux non mariés demeurent dans l'impossibilité de se rejoindre en raison des restrictions de voyage imposées par certains pays en pleine pandémie. Le gouvernement a promis début août une solution dédiée. Toujours rien, il y

18:37
Locuteur

en

18:37
Présentateur

a plein comme ça. Lisa, au standard, membre du collectif Love is not tourism, exactement sur le même sujet. Son compagnon est colombien et vous n'avez pas respecté deux fois la promesse de créer un laissé-passer pour que les amoureux puissent se retrouver. Clément Beaune. Alors,

18:52
Clément Beaune

c'est effectivement un sujet qui est suivi par mon collègue Jean-Baptiste Lemoyne. Ce sont des couples qui sont séparés par le Covid parce que les frontières hors Europe

18:57
Locuteur

sont

18:58
Clément Beaune

fermées et qui n'arrivent pas à se retrouver parfois depuis des semaines et des mois. Je sais que ce sont des situations très douloureuses, très concrètes. On essaie de les traiter. Il

19:06
Locuteur

y a

19:06
Clément Beaune

une procédure qui a été mise en place début août. Elle n'est pas satisfaisante. C'est ça qu'ils disent tous. Elle n'est pas satisfaisante parce qu'elle est trop lente et elle n

19:14
Locuteur

'a

19:14
Clément Beaune

pas permis de répondre à ces problèmes. Donc, on a fait quelque chose de simple.

19:17
Locuteur

C

19:17
Clément Beaune

'est qu'il y avait plusieurs étages administratifs.

19:18
Locuteur

C

19:18
Clément Beaune

'était beaucoup trop compliqué. On a supprimé ça. Et j'espère qu'en fin de semaine, début de semaine prochaine, nous aurons les premiers laissés-passer. Je sais que c'est compliqué parce

19:26
Locuteur

qu'on n'a pas... Donc, vous

19:26
Présentateur

prenez l'engagement. Il vous écoute ce matin.

19:28
Locuteur

Fin de semaine, les premiers laissés-passer. avec mon

19:30
Clément Beaune

collègue Jean-Baptiste Lemoyne qui suit ce sujet et nous sommes engagés à accélérer cette procédure parce que ça a duré trop longtemps. Je le sais, je le comprends et nous faisons tout pour accélérer les délais.

19:40
Présentateur

À ce micro, l'eurodéputé écologiste Yannick Jadot a dit sur la 5G, je le cite, qu'il ne voulait pas de Huawei en Europe. Il y a un problème de sécurité de nos données qui est immense. À partir du moment où Huawei est une entreprise chinoise qui va construire les tuyaux et rendre compte en permanence à l'État chinois. Fin de citation. Que lui répondez-vous ?

20:02
Locuteur

Il

20:02
Clément Beaune

a raison d'avoir une méfiance à l'égard des entreprises chinoises notamment de Huawei. Et c'est ce que nous avons dit. D'ailleurs, là, il y

20:09
Locuteur

a

20:09
Clément Beaune

eu un consensus européen qui s'est forgé progressivement sous l'impulsion de la France et de

20:13
Locuteur

l

20:13
Clément Beaune

'Allemagne pour que le cœur de nos réseaux, ce qui sera la sécurité de demain pour les administrations publiques, pour les données des Français, des Européens, ne soient pas confiées à des opérateurs extérieurs, non-européens, qui portent atteinte à notre souveraineté. Je crois qu

20:28
Locuteur

'il

20:28
Clément Beaune

y a, en revanche, un raccourci qu'il ne

20:30
Locuteur

faut

20:30
Clément Beaune

pas faire. Ce n

20:31
Locuteur

'est

20:31
Clément Beaune

pas la 5G Huawei ou pas de 5G. On peut faire la 5G et protéger nos réseaux et nous protéger de Huawei. Donc, il ne

20:38
Locuteur

faut

20:38
Clément Beaune

pas utiliser l'argument de la souveraineté qu'on est les premiers à défendre

20:40
Locuteur

et

20:41
Clément Beaune

avant que M. Jadou en parle pour dire pas de 5G parce que ça,

20:44
Locuteur

ce

20:44
Clément Beaune

serait une erreur de souveraineté, de

20:46
Locuteur

stratégie. Mais sur

20:46
Présentateur

Huawei, vous êtes favorable à

20:48
Locuteur

ce

20:48
Présentateur

que Huawei...

20:49
Locuteur

On

20:49
Clément Beaune

a dit, on ne cible pas un opérateur ou un autre parce qu'il peut y avoir des problèmes avec d'autres opérateurs. Mais on a dit, pour la 5G en France, le cœur du réseau, ce qui porte atteinte à notre sécurité, protection des données, sécurité nationale, ne sera pas accessible à des opérateurs que nous ne validons pas et potentiellement Huawei.

21:07
Présentateur

Sur la Chine, Mike Pompeo, qui était à ce micro il y a deux jours, qui est le secrétaire d'État américain, a estimé que la répression des Ouïghours par les Chinois est la plus grande tâche sur les droits humains. Hier, la présidente de la Commission européenne a tancé les pays membres sur leur difficulté à prendre clairement position sur des cas flagrants d'atteinte aux droits de l'homme et à nos valeurs. Elle accuse les pays membres d'être trop frileux sur la question de la Chine, parfois de la Russie. Est-ce que vous êtes d'accord avec elle

21:31
Locuteur

?

21:32
Clément Beaune

Alors, qu'on soit frileux, que l'Europe habituellement soit frileuse en général, je l'ai dit, c'est malheureusement, ça a été trop longtemps le cas.

21:38
Présentateur

Est-ce que la France est trop frileuse

21:40
Locuteur

sur la question des

21:40
Clément Beaune

Ouïghours

21:41
Locuteur

?

21:41
Clément Beaune

Je ne crois pas, le président a eu des mots forts la semaine dernière encore et il y

21:45
Locuteur

a

21:45
Clément Beaune

eu un sommet Union européenne-Chine lundi dernier pour la première fois l'Europe, y compris publiquement, ça a été dit dans le communiqué que nous avons publié, a dénoncé ensemble, les 27 Unis, ce scandale humain, ces atteintes dramatiques, des cas de torture, des sévices insupportables contre les Ouïghours, nous l'avons dit haut et fort en européen. Et d'ailleurs, je crois que ça a été commenté, y compris par les Chinois, c'est la première fois que l'Union européenne, ensemble, a eu des mots sur le commerce mais aussi bien sûr sur les droits de l'homme, aussi clairs et aussi fermes vis-à-vis de la Chine.

Je crois que le temps d'une naïveté ou d'une complaisance vis-à-vis des grandes puissances qui nous

22:19
Présentateur

entourent est révolu en Europe. Daniel Kohn-Bendit plaide pour une fédération progressive franco-allemande et un siège franco-allemand partagé à l'ONU. C'était un texte publié par le quotidien Le Monde. Il rêve de voir 150 millions de Français et d'Allemands avoir la double nationalité. Vous lui dites quoi Daniel Kohn-Bendit ? Chiche

22:39
Locuteur

!

22:40
Clément Beaune

Non, je lui dis moi, je n'aime pas les mots de fédération parce que je crois que c'est compliqué que ça fait peur etc.

22:46
Locuteur

Vous voyez l

22:47
Clément Beaune

'idée ? Oui,

22:48
Locuteur

je

22:48
Clément Beaune

vois très bien l'idée et si c'est le rapprochement franco-allemand j'y suis extrêmement favorable. Moi, je ne crois pas en revanche que ce soit dans une forme de dilution du même passeport etc. qu'on fasse les choses. Je rejoins complètement Daniel Kohn-Bendit sur le fait qu'on doit faire des échanges culturels on doit apprendre la langue de l'autre on doit aller voyager travailler dans l'autre pays notamment en Allemagne etc. et nous l'encourageons mais je crois plus à ça qu'une espèce de grande fusion qui n'est pas mon approche de la diversité européenne.

23:14
Présentateur

Et le siège franco-allemand à l'ONU ?

23:15
Clément Beaune

Ça, je ne suis pas favorable à court terme pour être très clair parce que je crois que les choses marchent dans l'autre sens. C'est quand vous avez unifié vos politiques extérieures que vous avez une représentation commune sur un sujet aussi sensible. Si on fait ça aujourd'hui je crois que c'est un immense cadeau à l'extrême droite parce que ça sera instrumentalisé pour dire vous voyez ces gens-là ce sont les européens naïfs ils n'aiment pas la France ils veulent diluer tout ça ça n'est pas ma conception de l'Europe moi je crois à la force de l'Europe parce que ça renforce l'indépendance de la France.

23:40
Présentateur

Dans un grand texte dans la revue politique étrangère Clément Beaune vous proposez de mettre des visages de grands européens et de grandes européennes sur les billets de banque au lieu des représentations abstraites qui s'y trouvent quel visage ? Quel grand nom européen mérite son visage

23:54
Locuteur

sur

23:54
Présentateur

un billet

23:55
Locuteur

?

23:55
Clément Beaune

Alors d'abord je pense que ça serait une grande avancée parce que l'Europe est trop belle pour être représentée par de tristes fenêtres ou ponts qui ne parlent à personne sur nos billets.

24:04
Locuteur

Alors qui

24:04
Clément Beaune

? On pourrait imaginer Simone Veil on pourrait imaginer Erasme puisque nous parlions de déplacement Erasmus c'est quand même une des belles réalisations européennes et je pense que même des contemporains pourraient aussi donner un éclairage concret Jacques Delors qui est vivant qui est un grand européen pourrait aussi être un visage qui réunit et je pense qu'il faut que ça ne

24:25
Locuteur

soit

24:25
Clément Beaune

pas seulement des responsables politiques d'ailleurs des philosophes des intellectuels parce que l'Europe on n'y va pas par l'économie on n'y va pas par le marché on y va par la culture par

24:34
Locuteur

l'art On verra ces

24:35
Présentateur

nouveaux billets de banque de notre vivant ou pas ? Écoutez j

24:38
Locuteur

'espère mais vous

24:38
Clément Beaune

savez monsieur Demorand c

24:39
Présentateur

'est un

24:39
Locuteur

combat permanent non

24:41
Clément Beaune

mais moi je ne suis pas ni dans le cynisme ni dans la résignation il

24:43
Locuteur

y a trois mois je

24:44
Présentateur

suis dans la curiosité

24:45
Locuteur

en vous demandant ça je

24:46
Clément Beaune

ne

24:46
Locuteur

sais

24:46
Clément Beaune

pas vous que je fais ce reproche moi cette idée enseigné par l'âge bien sûr nous

24:50
Locuteur

ne

24:50
Clément Beaune

sommes pas si loin mais vous savez le plan de relance européen il

24:53
Locuteur

y

24:53
Clément Beaune

a trois mois on pensait que c'était impossible et certains se réjouissaient presque de cette impossibilité moi je crois qu'on doit mener ces combats y compris les plus concrets comme les billets en euros

25:02
Locuteur

On

25:02
Présentateur

note qu'il a cité deux français quand même

25:04
Locuteur

sur

25:05
Clément Beaune

trois Oui parce que moi j'assume d'avoir un petit

25:08
Locuteur

tropisme L'Europe c'est pas

25:10
Clément Beaune

je le dis encore la diffusion de la France mais il y en a plein d'autres Erasme n'était pas complètement français J

25:15
Présentateur

'ai dit deux français sur trois Je

25:16
Locuteur

sais encore

25:19
Présentateur

Clément Beaune merci beaucoup d'avoir été au micro d'Inter secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes il est 8h48 Merci d

25:26
Locuteur

'avoir regardé cette vidéo