L’énorme coup de gueule de Barbara sur le public et le privé : "On nous a foutus à poil !"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Moi, je trouve ça absolument scandaleux. Je pense que si les gens mettent leurs enfants dans les écoles privées, c'est qu'il y a une raison. Je suis enseignante dans l'enseignement public et j'en suis fier.
Et tout ce qu'on essaie de faire, c'est de garder nos élèves dans le public. C'est intéressant parce que en fait c'est une c'est une étude qui est qui est basée sur les perspectives de l'école à Paris dans 10 ans. Près de la moitié des élèves de 6e seront scolarisés dans l'enseignement privé.
La progression attendue du privé, en fait ça s'explique par la baisse des naissances. Baisse des naissances, moins d'effectif global, mais comme les gens mettent de plus en plus leurs enfants dans les écoles privées, si vous voulez, il va y avoir une espèce de déper bouger la proportion. Voilà, la proportion va bouger et ça va être concentré vraiment sur les écoles privées.
Vous savez qu'il y a des fermetures de classe du public qui sont d'ors et déjà prévu puisqu'il y a moins d'enfants. Et du coup les les autres il y a pas de fermeture de classe dans le privé, je peux vous dire. Et voilà, parce qu'il y a de plus en plus de familles qui mettent leurs enfants dans le privé.
Et donc les auteurs de ce de ce rapport disent il faut enrayer, écoutez bien, écoutez bien, il faut enrayer la dynamique ségrégative. Oh la vache ! tenir en un équilibre entre les écoles.
Et donc pour la fermeture du de trois écoles publiques de trois écoles trois classes publiques, il demande la fermeture aussi d'une classe ou d'une école privée. Ils veulent une péréquation sont les auteurs. C'est la fondation la fondation politique.
J'ai ma feuille est déchirée, ce qui fait que j'ai plus le nom. Attends, je vais chercher parce que donc ils veulent une péréquation. Ils disent il y a pas de raison, il y a pas de raison qu'on doctrine qu'on ait moins de personnes dans le public, plus de personnes dans le privé.
Qu'est-ce que vous en pensez ? Euh Didier écoute, moi je suis le mauvais exemple parce que j'ai jamais mis les pieds une journée de ma vie dans le public. Donc peux pas te décrire c'est quoi le parl j'ai fait maternel 3e dans le privé parce que mes parents avaient fait ce choix là euh au au d'ailleurs au détriment de leur pouvoir d'achat mais ils avaient fait ce choix là et après j'ai fait BPA BTS en en en privé.
Euh ce que je sais quand même, c'est que les gens aujourd'hui euh qui et mes enfants ont été dans le public, ils en ont marre quoi. Des profs absents, jamais remplacés des enfin, j'ai déjà donné cet exemple, mais quand mon fils a passé son bac de français, il a vu son premier prof de philo un mois et demi avant le bac, quoi. Voilà, il en avait jamais vu avant, quoi.
Et à un moment donné, les gens qui choisissent le privé, ils sont aussi par rapport enfin, c'est aussi une réaction par rapport à ça quoi. Et dire aujourd'hui, il faut faire une règle étatique qui lisse les deux, je trouve que c'est revenir en arrière sur le choix des gens quoi. L'Institut des politiques publiques, ça y est, j'ai retrouvé, qui a fait cette étude et qui dit "Aujourd'hui, voilà, on ne peut pas laisser le privé capter de plus en plus les élèves face à la fermeture des classes dans le public." Et bien on fait une péréquation si on ferme dans le public, il faut fermer aussi dans le privé même s'il y a du monde.
Barbara et Fatima. J'aimerais déjà bien savoir sur quelle base légale il se il se positionnent pour faire fermer alors peut-être sur la base des écoles sous contrat pour enrayer la dynamique ségrégative. Ou les écoles sous contrat.
Les écoles sous contrat. Non non mais moi je trouve ça absolument scandaleux. Je pense que si les gens mettent leurs enfants dans les écoles privées, c'est qu'il y a une raison.
Je suis enseignante dans l'enseignement public et j'en suis fière. Et tout ce qu'on essaie de faire, c'est de garder nos élèves dans le public. Tout ce qu'on avait pour les garder dans le public, madame Valallo Belcassem nous les a enlevé.
Ça s'appelait les classes européennes, ça s'appelait les classes internationales, ça s'appelait tout ce qui pouvait être des classes attractives. Oh, c'est ségrégationniste, c'est pas bien, c'est les classes de niveau. Oh, des classes de latiniste ou pas beau.
Non, on va étaler les latinistes en faisant du coup des emplois du temps pourri, hein. Parce que aujourd'hui, faire du latin, faire du grec dans certains collèges, c'est votre gamin, il va rester le soir, il va il va venir le matin à 8h parce que on peut pas mettre tous les latinistes dans une seule et même classe, ça ferait une bonne classe. C'est pas beau.
Non, on va prendre les latinistes, on va les étaler dans toutes les 4è par exemple, voyez. Et du coup, il faut aligner les emplois du temps. Donc c'est une pagaille pas possible.
Pourquoi ? Parce que c'est des ordres qui viennent du ministère, qui viennent du rectorat. On regroupe pas tous les élèves qui font classe euro, on regroupe pas tous les élèves qui font international, on regroupe pas tous les latinistes.
Faut pas les regrouper. Ça fait des petits clans de bons élèves. C'est pas bon.
Mais sauf que c'est grâce à ça que dans certaines EPES ou dans certaines écoles publiques, on gardait des bons élèves. Aujourd'hui, qu'est-ce qu'ils font depuis que madame Valelcassem, elle a foutu ça par terre et que Macron a a renforcé encore tout ça ? Et ben les gens, ils disent "Bah écoutez, nos enfants sont pas des cobails, ils vont dans le privé et on doit les comprendre." Et d'ailleurs, quelle est la seule ville, quel est le seul endroit en France où le le public, le privé pardon continue à progresser énormément ?
C'est Paris. H Paris, la ville des bobos qui vote à gauche, les beaux arrondissements qui votent LFI. Oh mais c'est marrant, ils mettent pas leur gosse dans le public.
Donc moi ça me fait bien marrer tout ça. Pour l'instant, il y a que 17 % des élèves qui sont dans le privé mais ça n'ira qu'en augmentant. Les professeurs, je vais vous le dire et j'ai pas honte de le dire, les professeurs les plus compétents, ils sont dans le public, ils sont pas dans le privé parce que dans le privé, il y a des contractuels.
Il y a des gens, vous savez même pas s'ils ont leur diplôme ou pas. Ils sont profs dans le privé. Les profs compétents, ils sont dans le public.
Mais seulement nous, on nous a déshabillé, on nous a mis à poil et on nous empêche de travailler pour réussir justement à attirer les bons élèves. Donc c'est l'administration, c'est nos rectorats et notre ministère qui depuis des années est responsable de ça et maintenant ils veulent nous dire "On va interdire les gens d'aller dans le privé." Mais on se fout de la gueule de qui ?
Je je je plus soi je rejoins ce que vient de dire Barbara. Je vais ajouter une chose. Ce n'est pas en parce que pendant longtemps, on a culpabilisé ses familles en disant "Ah mais pourquoi ?" Mais ce n'est pas en culpabilisant les gens qu'on va les empêcher de partir.
Il faut leur donner de bonnes raisons de rester. C'est ça la différence. Ce n'est pas non, tu as pas le droit de partir.
Ben non, vous vous rendez compte, il y a cette question sur la sécurité. Vous voyez bien que à chaque fois qu'il y a des attaques au couteau, tu as des parents qui ont peur. Moi, je vois les parents, c'est pas du tout, c'est des parents qui me disent, ils sont pas en train de faire de la politique, ils sont en train de faire de la protection.
Ils me posent des questions. Ça vient de se passer à La Rochelle. Tu vois, il y a 4 minutes, un collégien de 14 ans a poignardé à plusieurs reprises un de ses camarades dans un collège.
On vient de la prendre à l'instant. Voilà. Donc, tu as des parents qui ont qui ont peur et qui agissent en tant que parents.
Ils sont pas en train de faire de la politique et ils vont me dire "Ben voilà moi." Et qu'est-ce qu'ils font ? Il y a le collège de secteur, ils vont regarder, ils regardent comment ça se passe devant, ils regardent un petit peu et puis si c'est en sécurité, si les s'il y a pas trop de si justement une option qui est intéressante de bon cours, il se renseignent un peu là, ils le mettent, il y a pas de problème et il y a beaucoup de familles et pareil le mythe, on a l'impression que c'est que les familles riches qui vont mettre leurs enfants dans le privé.
Mais c'est pas ça du tout. Il y a plein de parents qui se saignent, qui font des sacrifices, qui renoncent à plein de choses pour eux parce qu'ils disent "Ben, je je mise sur mon enfance". Finalement, c'est ça.
C'est ça qui est terrible dans le constat qui est fait par l'Institut des politiques publiques, c'est de de vouloir faire une péréquation bête et méchante plutôt plutôt que de dire, tu vois, de dire, il faut fermer de l'autre plutôt que de dire effectivement qu'est-ce qu'on peut faire ? On a moins d'élèves et ça c'est la démographie. Donc à partir de cette donnée qui est une donnée intangible, il va y avoir moins d'enfants.
Donc comment est-ce qu'on peut-être plus de professeurs ? Comment on réparti les classes ? Et pourquoi est-ce que ça continue de filer vers le le le privé ?
On a vu, on est on est prof depuis 20 ans. Donc moi je peux vous le dire, je l'ai vu il y a 20 ans. Quand j'ai commencé, j'étais en zep.
J'étais dans des durs mais où il y avait des classes euros et les classes euros ça gardait des bons élèves, ça motivait aussi d'autres élèves pour venir dans la classe euro. Donc et ça et le jour où Naj Valobel Cassem par idéologie pure et simple a décidé qu'il fallait arrêter avec les classes d'élite. Mais quelle honte !
Les classes euros c'était pas des classes d'élite. C'était quelque chose où on proposait oui aux bons élèves d'être un peu plus d'avoir un petit truc en plus qui allait leur permettre justement d'aller au lycée en étant plus à l'aise et ça attirait les frateries, ça attirait les autres élèves pour aller dans la classe euro. Ça mettait une bonne ambiance dans le collège aussi parce que ne croyez pas les les élèves qui mettent la pagaille même en zep ou pas en zep, il y a quand même une bonne classe, on les on lève quand même la tête pour regarder les bons élèves.
Ben non, il fallait aller dans la médiocrité, dans le nivellement toujours le plus médiocre et après on s'étonne de l'image qu'on a nous. Il y a aussi une différence entre les deux sur le projet pédagogique que porte un établissement quoi. Ça ça change quand même un peu tout quoi.
On a Stéphanie qui veut intervenir pardon Stéphanie qui est dans les Alpes Maritime à Canne. Bonjour Stéphanie. Oui, bonjour les gens.
Vous avez entendu parler de de cette étude là sur le le public privé les enfants seront dans le privé à Paris là si on fait une perspective. Qu'est-ce que vous en dites ? Mais moi je pense qu'on devrait s'attaquer plus au problème au lieu de faire n'importe quoi comme on fait depuis des années.
Moi, j'ai eu un enfant dans le privé, un enfant dans le public. Dans le privé, jamais d'absence de professeur. Il y en avait un qui était manqué, il était remplacé dans la dans le lendemain, il y avait déjà quelqu'un qui remplaçait.
Le nombre d'élèves dans le public, ils étaient 34 36 élèves par classe. Dans le privé, vous êtes à 20 25 grands maximum. Après, le niveau, étant donné qu'il y a moins d'élèves, est beaucoup plus élevé dans le euh dans le privé.
Non, c'est le privé ne coûtait pas beaucoup plus cher que ne coûtait pas vraiment plus cher si vous laissez pas vos enfants à la cantine parce qu'en fait le privé coûte très cher si les enfants restent à la cantine. Oui, mais enfin le privé aussi peut sélectionner ses élèves. C'est-à-dire que vous avez quand même des écoles privées qui sont tellement demandées que ils font quand même un petit peu de tri sur le dossier scolaire. vous devez envoyer quand même les bulletins scolaires de votre enfant sur tr ou qu années.
Bah oui, ben ça permet de de sélectionner aussi les élèves. Donc et je veux dire et et on peut et on peut le comprendre et on a le droit et on a le droit de le comprendre même. Oui.
Mais la les profs qui sont tout le temps absents en permanence qui ne sont jamais remplacés dans le privé, vous le trouvez pas ça. Le nombre d'élèves, vous avez plus de 10 10 élèves en même temps dans les de moins dans le privé que dans le public. C'est énorme.
Oui, mais dans le public, moi je suis dans un collège où il y a énormément de de d'actions en demi-groupes, ce qu'on appelle les groupes de besoins et cetera, où c'est des tout petits groupes ou des profs et je vais vous dire honnêtement hein, moi en 20 ans de carrière, les absentéistes, les profs absentéistes dans un bahu c'est toujours quoi de trois c'est toujours les deux trois mêmes collègues. Le problème c'est leur impunité. Mais le reste des collègues, moi je peux vous dire des profs qui travaillent malades dans le public mais j'en connais des tonnes et je pourrais vous donner des des milliers d'exemples de profs qui viennent malades et qui d'ailleurs s'aggravent dans leur maladie en venant travailler.
Mais le problème c'est l'impunité des des 1% d'avoir été avec nous. Un dernier mot Fatima et sur le remplacement parce que pour par exemple une collègue enceinte, je me rappelle la collègue enceinte d'Espagnol, c'est prévu hein d'être enceinte. Elle l'avait dit et quand elle est partie, elle n'a pas été remplacée et jusqu'à la fin, elle est revenue et elle était inspectée le lendemain de revenu.
Jean-Pierre Bataille