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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 29 janvier 2025 22 min

David Lisnard : "Je ne voterais pas un budget qui augmente les prélèvements"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Nous recevons ce matin le maire LR de la ville de Cannes, président donc de l'AMF, l'Association des maires de France, et fondateur du parti Nouvelle Énergie. Question réaction au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. David Lysnard, bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter, on veut vous entendre sur vos ambitions nationales, puisque vous faites partie de ceux dont on dit qu'ils pourraient incarner la droite en 2027, mais on va d'abord évoquer l'explosion en France du narcotrafic, ce fléau que vous avez dénoncé comme président de l'AMF, qui touche désormais toutes les villes de France, des petites aux plus grandes.

François Mollins, l'ancien procureur de Paris, a eu des mots forts hier. Le narcotrafic constitue une menace peut-être plus importante que le terrorisme. « Il n'y a pas un département qui ne soit pas touché aujourd'hui », disait Mollins. Vous partagez son constat ?

1:03
David Lisnard

Je suis heureux qu'il le partage et que ce soit enfin partagé à l'échelle nationale et de façon transpartisane, parce que ce constat, nous le faisons depuis malheureusement trop longtemps. Moi, j'ai vu à la fois dans des communes, des villages où je suis allé, que j'ai connus quand j'étais gamin, où je suis retourné comme président de l'AMF, des points de deal dans des centres-bourgs, des trucs qui étaient impensables il y a 15 ans. Par exemple, j'arrive dans un village de l'Allier ou de la Loire, et vous avez des endroits avec des commerces fermés, des tables et des chaises à l'entrée du quartier, et des gens qui font du deal de façon ouverte.

Alors, les points de deal peuvent être physiques, ils sont aussi de plus en plus désormais numériques et en livraison, ce qu'on appelle Ubercheat dans notre langage. Dans ma commune, hier, il y a eu une très grosse opération de police, il y a eu 5 dealers présumés qui ont été interpellés. Il y a deux semaines, on a eu un mort à Cannes-la-Bocat, entre deux règlements de compte. Ça se traduit donc par des filtres dans les quartiers. Un ordre, c'est tout le paradoxe, c'est que parfois les dealers font régner un ordre. C'est extrêmement violent, règlement de compte, mais tiennent le quartier, ou tiennent le centre-bourg, etc.

2:13
Présentateur

Quand vous dites un filtre dans les quartiers...

2:15
David Lisnard

Par exemple, il y a une tour, moi, d'un quartier de Cannes, où on a intervenu hier, je sais qu'à partir du huitième étage, vous avez... Donc, il y a quelqu'un en bas au palier qui vous demande à quel étage vous allez. Très souvent, ils mettent l'ascenseur en panne, donc l'immense majorité des gens qui vivent là sont des gens bien, ils pâtissent déjà de cela. Et on vous demande où vous allez, qui vous allez voir, il y a des contrôles d'identité, etc. Alors, nous, on les fait péter, je veux dire, il n'y a pas... On y arrive, mais c'est très prégnant.

2:39
Locuteur non identifié

Et donc, à partir du huitième étage, de cette tour,

2:41
David Lisnard

vous n'allez plus librement, c'est pas que des points de deal, il y a aussi des vrais habitants, mais vous n'y allez pas sans avoir été filtré. Voilà, c'est des réalités. Ça se retrouve dans les rues. Moi, j'ai vu, moi, je sais, j'habite dans un quartier qui s'appelle le quartier République, où j'ai grandi à Cannes, qui est un quartier que j'adore, qui est un quartier très mixte, très populaire. On a vu des établissements apparaître il y a une quinzaine d'années, tout d'un coup, c'était des kebabs, puis ça a été des pizzerias, il y a eu des salons de coiffure ou des barbiers.

Alors, ça ne veut pas dire que tous les kebabs, les pizzerias, les barbiers sont des dealers, c'est une influx de minorité, mais on sait qu'ils déclarent des chiffres d'affaires très importants alors qu'ils sont vides, parce que ça fait partie d'un réseau de blanchiment. Et ça, c'est presque artisanal. Le blanchiment est bien plus structuré, maintenant, et bien plus dématérialisé, bien plus international, avec des plateformes à Dubaï, etc. Donc, c'est une vraie gangrène, parce que ça crée de la violence, du désordre. Ça déstructure la société dans le sens où ça éloigne du travail, du sens du travail, du sens de la rémunération légitime, du mérite.

3:40
Locuteur non identifié

Parce qu'ils gagnent tellement d'argent facilement.

3:42
David Lisnard

Oui, et ils finissent mal, c'est ce qu'il faut dire aux gamins. Mais un gamin de 14-15 ans, il ne faut pas qu'on oublie comment on était à 14-15 ans, on est ruptif, ils leur proposent 300 pour faire le chouche, pour surveiller, etc. C'est dramatique sur le plan humain, sur le plan sécuritaire, sur le plan social, et ça déstructure des économies locales.

4:05
Locuteur non identifié

Et ça touche toutes les villes, la capitale, les grandes villes, des villes comme Cannes, mais aussi Macon, Morlaix, Besançon, Le Creusot, partout.

4:13
David Lisnard

Et ça met en place des systèmes de corruption aussi, il faut faire très attention, on le voit très bien dans le milieu carcéral, je pense qu'on le verra de plus en plus dans la magistrature, dans la police, même dans la politique. Il faut faire très attention à cette gangrène très très fortunée du trafic de stupéfiants.

4:26
Locuteur non identifié

Quand vous entendez certains dire que la France est en train de devenir un narco-État, c'est une mexicanisation de la France, c'est exagéré là ?

4:34
David Lisnard

Ça fait partie de ces débats sémantiques qui peuvent éloigner de l'action, mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a une dérive potentielle. Quand on commence à avoir des enlèvements, des pressions, ça ressemble à ce qui a été constaté dans des pays d'Amérique latine. On a quand même un État qui reste indépendant, honnête, enfin il ne faut pas non plus... Mais il n'y a pas perdu la guerre. Elle commence à être attaquée par la corruption, notamment dans le milieu carcéral. Mais non, on n'a pas perdu la guerre. Ce qu'a fait Étienne Blanc avec son collègue socialiste, ses transpartisans, est très pertinent.

Et puis il faut bien comprendre que ce combat, il doit être judiciaire, mais il doit mobiliser non seulement Beauvau et la place Vendôme, mais aussi le ministère des Affaires étrangères, mais aussi le ministère des Finances. Le blanchiment, c'est fondamental. Quand on signale nos maires, des établissements dont on sait que c'est du blanchiment, il faut que derrière... Moi, j'ai été commerçant, j'ai eu des boutiques. J'avais sans arrêt, surtout quand j'ai été élu après, des contrôles fiscaux, des contrôles URSAF. Et donc, il faut que cette sévérité, elle s'applique aux établissements qu'on signale. Or, on n'a aucun retour là-dessus. Très rapidement, on sait qu'il y a des grands flux.

Moi, je l'ai vécu, je l'ai vu quand je suis allé en Guyane ou aux Antilles. On voit que la cocaïne entre sur le territoire national depuis l'Amérique latine par nos départements français ultramarins dans cette zone-là du monde. Donc, il faut un travail diplomatique très puissant contre les états d'émission. Le Maroc. Le Maroc est un allié de la France, on l'a vu récemment. Il faut arrêter l'hypocrisie. Le cannabis qui pousse au Maroc, ce n'est pas pour les besoins thérapeutiques du Maroc. Donc, il faut arrêter là aussi les hypocrisies. Il faut s'attaquer, il faut le dire, il faut qu'on se fasse beaucoup plus entendre.

6:21
Locuteur non identifié

Bruno Retailleau, ce que fait Gérald Darmanin, les annonces, construction d'une grande prison fermée à la manière du terrorisme pour enfermer les dealers, la proposition de loi transpartisane dont vous parliez, tout ça va dans le bon sens. Il y a une prise en compte de l'état.

6:38
David Lisnard

Mais déjà, le fait qu'on en parle sur vos ondes, c'est très important que la population ait bien conscience de l'enjeu. Mais ça nécessitera, et là, ça renvoie à des débats plus politiques, mais une réorganisation complète de l'état et une performance. Un état qui est endetté surfiscalisé face à des phénomènes... Juste, dernier point, il y a quelque chose qui n'est pas encore dans les écrans radars politiques et médiatiques, ce sont les drogues de synthèse. Moi, j'ai été frappé dans les saisies que fait la police municipale qui n'a pas l'autorité judiciaire mais on fait de la flagrance. Il y a toujours eu du shit, enfin, des dérivés du cannabis.

Maintenant, il y a de la cocaïne quasiment tout le temps. C'est-à-dire que la démocratisation, j'allais dire, de la cocaïne, mais ce qu'on a du mal à identifier sont les drogues de synthèse. Ces drogues de synthèse qui viennent... Il y a des labos qui se créent maintenant dans des villages en France. Ça, je l'ai vu. Il y en a beaucoup qui viennent du Benelux. Ça crame les cerveaux. Ce sont des drogues extrêmement destructrices et là, il va falloir qu'on s'arme pour identifier ces drogues et vraiment les sanctionner parce que ça va faire d'énormes dégâts quand vous voyez San Francisco aux Etats-Unis. Il ne faudrait pas qu'on ait San Francisco en France.

7:37
Locuteur non identifié

San Francisco, pour ceux qui n'ont pas la référence, aujourd'hui, San Francisco, c'est des quartiers de zombies où on voit des gens drogués qui sortent partout dans les rues.

7:47
David Lisnard

Exactement, et qui sont des zombies et avant cela, ils sont violents.

7:50
Présentateur

David Lysnard, venons-en au budget. La France n'en a toujours pas. Le projet de François Bayrou arrive jeudi en commission mixte paritaire à l'Assemblée nationale. Un effort est demandé aux plus riches et aux entreprises qui font des profits. Il y a une baisse du budget de la recherche. Il n'y aura pas de suppression de postes à l'éducation nationale ni de mise à contribution des retraités comme cela avait été à un moment imaginé. Ce budget, vous dites quoi maintenant ? Il faut le voter ? Vous appelez la gauche, la droite à prendre leurs responsabilités ? Allez-y !

8:24
David Lisnard

Alors moi, je n'ai pas cette prétention-là. Et puis, je me méfie du mantra en responsabilité, stabilité. Il ne faudrait pas que le terme stabilité soit le nouveau mantra d'un n'importe quoi qu'il en coûte. Ce que je veux dire, c'est que la stabilité, moi, dans la médiocrité et dans l'échec, ça ne m'intéresse pas.

8:43
Locuteur non identifié

Oui, d'accord. Mais là, vous voyez quoi sur la table ? C'est médiocre ?

8:46
David Lisnard

C'est-à-dire que quand vous augmentez dans le pays qui a les plus gros prélèvements obligatoires, impôts et charges, lorsque vous pensez que c'est l'augmentation des prélèvements obligatoires qui va vous permettre de rétablir les comptes publics, non seulement vous ne rétablirez pas les comptes publics, vous continuerez à détruire la compétitivité de la France au sein de la zone euro. Je rappelle que la zone euro est un pays déficitaire que la zone euro. Pourquoi ? Parce qu'on taxe plus la création, le travail, l'innovation, l'investissement qu'ailleurs.

Donc, je le dis très clairement, dans ce budget qui est un budget d'apnée, d'urgence, il y a des mesures qui sont des mesures qui vont amplifier les problèmes de la France. C'est des mesures récessives.

9:31
Locuteur non identifié

Donc, il ne faut pas les voter parce que vous êtes LR ?

9:33
David Lisnard

Moi, je ne vote.

9:35
Locuteur non identifié

Votre parti participe à ce gouvernement. Vous n'êtes pas député, donc vous ne votez pas. Mais qu'est-ce que vous feriez si vous étiez député ?

9:42
David Lisnard

Moi, je ne voterai pas un budget qui augmente les prélèvements et qui va faire perdre en compétitivité et qui fait que l'année prochaine, les comptes publics seront dégradés. C'est une conviction très forte chez moi.

9:52
Locuteur non identifié

Donc, vous ne le voteriez pas ?

9:53
David Lisnard

Moi, je ne le voteriez pas. Je ne le voterai pas. En l'état. Mais on va voir ce qui sort de la CMP, si vous voulez. La commission de justice paritaire, bien sûr qu'il faut un budget pour la France et je ne veux pas ajouter de la bordélisation au chaos.

10:06
Locuteur non identifié

Là, de l'une certaine manière, en disant qu'on ne vote pas à ce texte alors que ça fait 5 mois qu'on attend un budget.

10:12
David Lisnard

Oui, mais si c'est un budget qui fait que vous aurez moins de recettes l'année prochaine sur l'IS parce que vous allez alimenter un effet de... Si vous voulez, s'il suffisait d'augmenter les impôts pour avoir des comptes publics équilibrés, la France serait un pays de cocagne. Or, il faut bien comprendre que les entreprises sont mobiles, que les investisseurs ne sont pas stupides et que les pays qui arrivent à alimenter leurs services publics bien, à avoir des bons services publics, sont les pays qui se débureaucratisent, sont les pays qui n'alimentent pas un système, un puissant fond.

Or, là, ce qu'on nous dit, voilà un système qui ne fonctionne pas, voilà un système qui bride l'activité économique. Vous avez un moteur, une voiture, le réservoir est percé, le moteur est bridé et au lieu de boucher le réservoir et de débrider le moteur, vous allez encore plus brider le moteur de la création de richesse, de la création de valeur.

11:06
Locuteur non identifié

Donc, vous comprenez Bernard Arnault qui, hier, lors de ses voeux, a fait une menace en disant moi je rentre des Etats-Unis, il y a un vent d'optimisme, de libéralisme, on rentre en France, on est taxé, surtaxé, Donald Trump, il nous dit venez investir chez nous, moi je pense à délocaliser mes ateliers aux Etats-Unis.

11:24
David Lisnard

Vous comprenez qu'ils disent ça ? Je comprends toutes les chefs d'entreprise que je rencontre partout et qui aiment la France, qui investissent en France, et y compris les grands groupes qu'on dénigre bien, mais oui, bien sûr, je comprends ce qu'il dit. Bernard Arnault, il ne dit jamais rien. Je pense qu'il est tellement puissant que c'est rare qu'on l'entende parler et il faut faire très très attention, c'est-à-dire que quand vous entendez le patron de Michelin aussi, ce sont des patrons qui ont développé leurs entreprises en France, qui ont créé de l'emploi, qui ont créé de la richesse, qui ont créé de la valeur.

11:53
Locuteur non identifié

Bernard, l'impôt sur les sociétés, il a baissé énormément ces sept dernières années. Là, c'est une taxe qui est une taxe d'un an, d'un surplus de taxes pour des entreprises

12:02
David Lisnard

qui font des profits,

12:04
Locuteur non identifié

plusieurs milliards de profits.

12:05
David Lisnard

Je souhaite que... Est-ce qu'un idée

12:07
Locuteur non identifié

de solidarité nationale sur un an est entendable pour vous ou non ?

12:10
David Lisnard

Je souhaite qu'il y ait le maximum de profits en France, qu'on ait une flat tax qui a été une des meilleures mesures qu'avait prise Emmanuel Macron et qui s'applique et qui soit compétitive. Je rappelle que les impôts de production en France aujourd'hui sont toujours les plus élevés de la zone euro. Donc, si on veut créer du revenu, du pouvoir d'achat, notamment pour les salariés les plus modestes, il faut créer du revenu. En France, on pense que la distribution précède la création. On pense que la consommation doit précéder la production. C'est le contraire. Donc, si vous voulez plus de rentrée fiscale, il faut qu'il y ait plus de création de richesse.

On va brider un peu plus la création de richesse. il y avait plus de rentrée fiscale en France il y a 5-6 ans qu'aujourd'hui. Pourquoi ? Parce qu'on est sur une phase descendante de la courbe de l'affaire. Trop d'impôts tue l'impôt et on est en plein dedans. Donc, c'est mauvais pour le pays. Ce sont des mesures de posture morale. Ça fait 7 ans

13:03
Locuteur non identifié

qu'il n'augmente pas les impôts.

13:04
David Lisnard

Mais sauf que les autres pays sont plus compétitifs. Sauf qu'aujourd'hui, pour parler clair, les prélèvements obligatoires aujourd'hui en France, impôts et charges sont les plus élevés du monde. C'est 46%. Les prélèvements obligatoires n'ont pas diminué en France par rapport à la richesse produite. Plus vous réduisez le moteur de la richesse, plus le pourcentage de prélèvements obligatoires est élevé et plus les rentrées fiscales diminuent. Alors, c'est contre-intuitif mais c'est pourtant une réalité.

13:29
Présentateur

David Lissnard, Eric Ciotti, a dit sa fascination pour le président argentin Javier Milei et son projet de tailler dans les dépenses publiques à la tronçonneuse. Suppression d'une centaine d'agences de l'État, ministère de la Culture, idem, de l'éducation aussi, baisse de 120 milliards de dépenses publiques. Ces politiques-là, ce libéralisme-là, il faudrait qu'on s'en inspire, selon vous ?

13:59
David Lisnard

Je crois qu'on a notre propre voie à inventer. Ça fait des années que je comprends que ce que je dis puisse heurter mais ça fait des années que je crois profondément que la seule voie d'avenir et d'espérance pour la France, pour notre jeunesse, c'est de libéraliser le pays, de le libérer, de le déréglementer. Si on veut plus d'enseignants, moi je veux qu'il y ait plus d'enseignants, je veux qu'on mise sur le savoir, qu'il y ait plus de culture, qu'il y ait plus de soignants, mieux payés, plus de magistrats, ou moins de fonctionnaires ? Plus de magistrats, il faut qu'il y ait moins de bureaucrates.

Plus on a aujourd'hui, il y a 35% des agents de la fonction publique qui sont affectés en France, et c'est sourcé, on l'a vu pendant le Covid sur l'hôpital, uniquement à des tâches administratives. Il en faut des tâches administratives, mais c'est comme le cholestérol, il n'en faut pas trop. Là, il y en a trop. La moyenne européenne, des pays très administrés, fédéraux comme l'Allemagne, centraux comme le Danemark ou la Suède, sont à 24%. Cet écart de 10 points, tout est là. C'est-à-dire que moins vous aurez de bureaucrates qui généreront de la dépense, de la norme, de la contradiction. Il faut vivre ce que l'on vit quand on est soit chef d'entreprise ou quand on est maire.

N'importe quelle maire, de gauche, de droite, vous le dira. Pour mener un projet aujourd'hui, vous êtes obligés d'obtenir 7, 8, 9, 10 autorisations. Pour réutiliser les eaux usées traitées, pour faire un acte écologique, préserver le milieu en eau, pour nettoyer la voirie ou nettoyer des camions poubelles, il faut des arrêtés qui nécessitent des accords de l'ADREAL, Direction régionale de l'environnement, des accords de l'ARS. On est le seul pays à faire ça. Alors qu'il suffit de mettre une norme claire que l'État nous contrôle à posteriori. Mais en faisant péter cet excès de contraintes inutiles, on va redonner du sens pour ne payer les fonctionnaires.

15:31
Locuteur non identifié

Vous assumez une vision libérale que vous avez toujours assumée d'Alevi Gisnard et vous l'assumez encore ce matin. Tout à fait. Vous dites que c'est ça qui sauvera la France.

15:38
David Lisnard

Oui, et qui recréera

15:39
Locuteur non identifié

de la valeur et de la justice. Vous tapez où, si j'ose dire ? Puisque vous nous dites je veux plus d'enseignants, plus de policiers, plus de magistrats. Alors, vous allez chercher ou donnez-moi dans quelles agences de l'État il faut supprimer des agences. Parlons concret puisque Trump le fait. Concrètement, il annonce qu'il veut 10% de moins de fonctionnaires et il leur donne une semaine pour démissionner. C'est ce qu'il faut faire en France ?

16:01
David Lisnard

Ce n'est pas ma façon de faire mais je ne vous parle que concrètement. D'abord, pouvons-nous admettre qu'il n'y a jamais autant eu de poids du service public en France et pourtant, on a des fonctionnaires moins bien payés qu'ailleurs et de moins en moins de services de proximité ? Ça, il faut bien l'avoir à l'esprit. Premier élément. Donc, il faut déjà être d'accord sur ce constat. Ensuite, pouvons-nous admettre aussi qu'on n'a pas besoin d'avoir 8 agences environnementales payées avec nos impôts dont chacune peut vous planter un projet d'école, d'unité de valorisation des déchets ou d'usine mais dont aucune ne peut à elle seule vous valider votre projet.

Moi, je sais que dans ma commune qui est une commune qui a un taux de pauvreté élevé sur la moyenne nationale qui a d'énormes charges de centralité, qui a dû digérer les conséquences y compris financières des crues éclaires d'inondations dévastatrices, on a baissé la dette de 76 500 000 euros en 10 ans, on a pratiqué la sobriété fiscale. Pourquoi ? Parce qu'avec les agents, quand il y a un départ à leur tête, c'est eux qui choisissent. Si on ne renouvelle pas le collègue de bureau ou de service, eh bien, ils récupèrent la moitié de la rémunération de celui qui part. C'est eux qui choisissent.

Et parfois, ils me disent non, là on a besoin de lui, là on peut faire nous-mêmes et on a gagné en productivité. Donc, il est temps de diriger l'État, il est temps qu'il y ait un DRH de l'État, il est temps de redonner du sens aux missions on a une belle fonction publique en France. Parlez DRH de l'État,

17:19
Locuteur non identifié

vous parlez Startup Nation ? Non, non, pas du tout.

17:21
David Lisnard

Pourquoi ? Mais là aussi, c'est de l'association d'idées. Vous croyez qu'il faut pas...

17:25
Locuteur non identifié

Il faut gérer l'État comme une entreprise.

17:26
David Lisnard

Mais pas une start-up, c'est pas mon problème. Mais c'est évidemment qu'il faut de la performance. Évidemment que... Moi, j'ai beaucoup de fonctionnaires qui m'alimentent en note de réorganisation. Évidemment qu'il est temps de prendre le taureau par les cornes. Évidemment que les 434 agents... Alors, on ne sait pas s'il y en a 434 ou 1100 selon les sources. Agence ou direction régionale ou direction de l'État ou organismes qui ont recruté 480 000 personnes pour se contredire entre elles. Le code de l'environnement est passé de 100 000 mots en 2012 à 1 million de mots en 2022. Personne n'y comprend rien. Et on paye des cabinets conseils qui nous coûtent des fortunes.

Personne n'y comprend rien. Donc, oui, il faut mettre un terme à tout ça.

18:04
Présentateur

David Lissner, parlons de vous. Hier, lors de vos voeux, vous avez déclaré Cannes est mon bonheur, la France est mon devoir. C'est joli, hein ? J'ai été inspiré. Je ne sais pas si c'est un alexandrin. Êtes-vous donc officiellement candidat à la présidentielle ?

18:19
David Lisnard

Alors, je suis très officiellement très motivé à faire gagner une espérance pour libérer la société, pour diriger l'État, pour rétablir l'ordre et pour unir le pays par la justice, la culture. Ça s'appelle

18:35
Locuteur non identifié

être candidat. Oui, bien sûr. À ce micro, je suis candidat à l'action présidentielle.

18:39
David Lisnard

Je suis candidat à l'action présidentielle parce que la vie, moi, me l'a appris aussi bien dans le privé que dans le public. Il faut créer les conditions d'être efficace. Il ne s'agit pas de tomber dans un récit narcissique. Vous avez vu, les copains, je suis candidat à la présidentielle. Ce n'est pas du tout ça. C'est qu'à un moment donné, de ce que je vois sur le terrain, de tout ce que les maires me disent, de mon expérience, y compris dans le commerce, il me semble qu'aujourd'hui, on est à la fin d'un cycle, on est à la fin de 40 ans d'un cycle qui a consisté à toujours engager de la dépense et à planter nos enfants et nos petits-enfants.

On le voit très bien dans le débat sur les retraites. C'est-à-dire qu'on crée de l'égoïsme social, on peut en parler si vous le voulez. Et donc, qu'on a besoin, je pense, d'avoir cette proposition. Moi, je suis pour la démocratie. Je voudrais qu'il y ait des alternatives fortes. Nouvelle énergie, ce n'est pas une nuance. Comme je l'ai dit hier, c'est une couleur primaire ouverte. C'est-à-dire que c'est...

19:31
Locuteur non identifié

C'est une radicalité dans le libéralisme.

19:33
David Lisnard

Oui, c'est pas du tout. Pour éviter l'extrémisme qui est une démagogie absolue, je pense qu'il faut aller à la racine des choses. Comme l'ont fait De Gaulle-Ruef en 58, sauf qu'il n'y a pas De Gaulle, en tout cas, j'en ai pas le niveau, c'est pas moi. Comme ça a pu être fait à d'autres moments de l'histoire de France, il faut aller à la racine des choses. Et d'abord, le rôle d'un chef de l'État, c'est pas de cheffer la société, c'est pas de dire aux gens combien ils doivent bouffer de fruits et légumes par jour, c'est de cheffer l'État.

19:56
Locuteur non identifié

Donc vous êtes favorable à une grande primaire de la droite et du centre ?

19:59
David Lisnard

Oui, par défaut. Parce qu'il n'y a pas de... Aujourd'hui, il n'y a pas de leadership naturel.

20:03
Locuteur non identifié

Mais une grande primaire de la droite et du centre qui irait quoi ? D'Edouard Philippe à Éric Zemmour ?

20:09
David Lisnard

Oui, mais de ceux qui se ressentent là-dedans. C'est pas à moi de le dire. C'est-à-dire que ce qui est en train de se passer, c'est peut-être l'avantage de la période, c'est intéressant. On voit que dans le Parti Socialiste, il y a des débats. Peut-être qu'on peut retrouver une vraie alternative autour de principes forts, de projets forts et avec des personnalités nouvelles. Des gens qui sont plus dans l'égalitarisme ou qui pourraient incarner une nouvelle gauche. Et moi, je voudrais être plus dans le foisonnement de la création par la liberté qui, à mon avis, est la source de l'équité et de la justice. Et donc...

20:38
Locuteur non identifié

Mais ça pourrait aller jusqu'à Jordan Bardella, votre primaire ?

20:40
David Lisnard

Mais moi, sauf qu'ils ne le feront pas. D'abord, parce que le Rassemblement National, comme d'ailleurs historiquement tous les mouvements d'extrême droite se dit ni de droite ni de gauche. Vous les écoutez, il suffit de les entendre. Ensuite, ces notions de gauche et droite, c'est vrai qu'elles ont beaucoup évolué. Elles ne sont pas forcément opérationnelles, mais au moins, elles donnent une grille de lecture compréhensible. Et moi, je dis simplement, je porte mon projet. Je pense qu'il ne faut surtout pas édulcorer le projet. Donc, il faut qu'il y ait un leadership, qu'il y ait un éparpillement de l'offre politique aujourd'hui, forte et raisonnable. Donc, il faut la concentrer.

Et je crois à la compétition. C'est peut-être pour ça que je suis droite, d'ailleurs. Je pense que c'est la source de l'émulation et de la performance. Et je veux proposer ce projet, le faire entendre, parce qu'il n'est pas assez entendu aujourd'hui.

21:27
Locuteur non identifié

Donc, vous dites, Laurent Wauquiez ne s'impose pas.

21:29
David Lisnard

Mais ce n'est pas moi qui le dit. C'est la réalité. Je pense qu'il en est conscient. Moi-même, je ne m'impose pas. Il y a Bruno Retailleau aujourd'hui, quelqu'un pour qui j'ai beaucoup d'estime, qui a le vent en poupe.

21:41
Locuteur non identifié

Mais ça n'impose pas non plus ?

21:42
David Lisnard

Mais pas encore. Je ne sais pas. Et peut-être qu'il gagnerait. Mais vous voyez, proposons cela. Et ceux qui se sentent, qui sont capables de dire oui, moi, je veux bien porter ce projet, un projet de droite, ils y vont. Si Mélenchon le pense, je ne crois pas qu'il postule. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc, ce n'est pas à moi de le dire. Il faut que ce soit ouvert. Il faut que chacun puisse postuler. Et puis, qu'on confronte enfin les personnalités, les idées, qu'on retrouve une vie démocratique qui soit à la fois respectueuse, mais qui soit une vie de débat, de débat et de débat.

22:11
Présentateur

Merci, David Lissnard, d'avoir été au micro d'Inter ce matin.

David Lisnard : "Je ne voterais pas un budget qui augmente les prélèvements" — David Lisnard · Pourquijevote