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interviewLe Média — Podcasts· 27 octobre 2023 27 min

Gérald Darmanin : Cet homme est dangereux

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Invité

J'ai trouvé irresponsable le comportement de Gérald Darmanin. S'en suit un feuilleton délirant où on nous explique qu'il est proche des frères musulmans. Ça me fait hurler. Il cherche sa présidentielle, mais il ne l'aura pas. C'est Nicolas Sarkozy sans le talent, vraiment Gérald Darmanin.

0:18
Présentateur

Salut à toutes et à tous, vous êtes sur le Média et vous nous regardez sur le canal 350 de la Freebox, sur notre site internet ou sur notre chaîne YouTube. Vous vous préparez à regarder le quatrième épisode de Sans langue de bois, la chronique politique de Françoise Degoy, une chronique hebdomadaire de décryptage politique qui entend aller plus loin que la seule énumération des faits d'actualité. Salut Françoise.

0:42
Invité

Salut Théophile.

0:43
Présentateur

S'il y a un événement international qui a véritablement bouleversé la scène politique française depuis de nombreuses années, c'est l'attaque meurtrière du Hamas en terre israélienne le 7 octobre dernier et la plongée dans la guerre chaude qui a suivi. On a beaucoup parlé de l'éclatement de la NUPES liée au désaccord de fond sur la question, mais on a un peu moins parlé des effets de cette montée de mercure au Proche-Orient sur le pouvoir qui en profite manifestement pour accentuer une forme de dérive autoritaire et diaboliser ses adversaires. Je voudrais qu'on commence par évoquer la star de la semaine, Gérald Darmanin. On regarde un petit magnéto.

1:17
Gérald Darmanin

Nous avons, depuis que je suis ministre de l'Intérieur, expulsé 922, jamais la France n'avait fait ça, étrangers radicalisés. Nous avons fermé 1100 établissements islamistes. Et depuis quelques semaines, je m'intéresse particulièrement, M. Benzema est en lien, on le sait tous, notoire, avec les frères musulmans. Nous attaquons à une hydre qui sont les frères musulmans parce qu'ils donnent un djihadisme d'atmosphère, comme le disait Gilles Keppel.

1:41
Invité

M. le ministre, est-ce que vous maintenez vos propos ce soir et sur quoi vous fondez-vous pour dire qu'il a effectivement des liens notoires avec les frères musulmans ?

1:49
Gérald Darmanin

C'est une enquête, enfin c'est une accusation judiciaire, je me laissais plutôt à la réponse à la justice. Je constate qu'il n'a toujours pas fait un tweet pour l'assassinat de ce professeur Aras. Je constate qu'il n'a pas fait de tweet non plus pour les bébés décapités, pour les femmes violées, pour les 1300 massacrés du terroriste islamiste en Israël.

2:09
Invité

Alors moi je n'ai pas de problème à dire que les actes commis sont des actes terroristes et par ailleurs le Hamas est une organisation fanatique, islamiste, obscurantiste et qui dans son projet a la fin de l'état d'Israël et en aucun cas le Hamas sert les intérêts des Palestiniens. Et il y a une condamnation unanime de tous les insoumis du Hamas. Il n'y a rien qui justifie et je pense que toute la France insoumise est d'accord pour dire que la fin ne justifie pas les moyens. Et l'attaque du Hamas est inacceptable, intolérable. Et d'ailleurs c'est des crimes de guerre qu'il faudra poursuivre dans la Cour internationale de justice.

2:52
Présentateur

Alors Françoise, pendant qu'à gauche on discuta avec une passion compréhensible en fonction des différentes affinités sur ce conflit vieux de plusieurs décennies quand même qui refait la lune de l'actu mondial, on constate que Gérald Darmanin et la Macronie en général essayent d'en profiter pour en finir avec leurs adversaires politiques.

3:09
Invité

– Écoutez, moi je ne sais pas à quoi joue Gérald Darmanin, mais j'ai été extrêmement heurté par le comportement de Gérald Darmanin. Je l'ai déjà dit ici, vous connaissez mon point de vue sur le Hamas, organisation terroriste, etc. Mais ce n'est pas pour ça que je vais donner un blanc-seing à Gérald Darmanin et laisser le ministre de l'Intérieur faire édire à peu près n'importe quoi. – Je pense d'abord que Daniel Obono fait une faute morale et politique quand elle qualifie le Hamas de mouvement de résistance, mais je pense que…

3:36
Présentateur

– Après une insistance forte de Bourdin qui… – Écoutez, c'est une grande fille, Daniel Obono. – Non mais qui a aplati les nuances, parce qu'il y avait quand même des nuances à son propos.

3:44
Invité

– Daniel Obono est une grande fille, si elle ne veut pas le dire, elle ne le dit pas, donc je ne pense pas du tout qu'elle a parlé sous la torture. Donc ça c'est le premier point. Le deuxième point, ce n'est pas une raison pour tout de suite courir derrière à la Darmanin et dire je l'attaque pour l'archologie du terrorisme. Daniel Obono, si elle a qualifié le Hamas de mouvement terroriste, n'a jamais dit qu'elle était d'accord avec les crimes du Hamas, si elle a qualifié de mouvement de résistance. Elle ne dit pas dans cette interview et jamais qu'elle est d'accord avec les crimes terroristes de ce mouvement.

Je crois que ce qui m'a le plus choqué, ce n'est pas Daniel Obono, c'est une grande fille, elle est politique, elle sait très bien ce qu'elle fait. C'est vraiment Karine Benzema. Vraiment, honnêtement, la folie qui s'est emparée même de l'ensemble de la classe politique. Valérie Boyer, députée des Républicains des Bouches-du-Rhône, qui demande sa déchéance de nationalité. Qu'est-ce qu'il a fait Karine Benzema ? Il a juste fait un tweet en expliquant qu'il pensait aux enfants de Gaza. Il a le droit de le faire. Il a le droit de le faire. Même si moi je fais partie des gens qui pensent qu'il aurait pu aussi dire je pense aux victimes d'Israël, mais il a le droit de ne pas le faire.

Et il a le droit de faire ce qu'il fait. Et là, s'en suit un feuilleton délirant où on nous explique qu'il est proche des frères musulmans, il est de notoriété publique. J'ai horreur de cette expression. Vous savez, la notoriété publique, on dirait les vieilles bonnes femmes à la sortie de la messe le dimanche. Alors, il est de notoriété publique, il a une maîtresse, etc. C'est insupportable. Est-ce que vous avez des preuves ? Oui ? Non ? Est-ce que ce que vous dites, vous l'avancez ? Comment vous l'avancez ?

5:11
Présentateur

Quand c'est le ministre de l'Intérieur, on a l'impression que...

5:13
Invité

Alors, on se dit, il a des rangs humains. Il n'a rien du tout, en réalité. Et en plus de ça, c'est complètement fou, parce que Karim Benzema, en plus, joue en Arabie Saoudite. Karim Benzema, en plus, joue pour un pays qui a reconnu les frères musulmans comme organisation terroriste quasiment au même moment que l'Égypte. Donc, on est dans un... Non, mais on est dans quelque chose de dangereux.

5:33
Présentateur

Mais surtout, Karim Benzema, c'est un des Français qui a le plus de visibilité, et qui représente, entre guillemets, sur lequel il y a quand même beaucoup de polémiques. Et du coup, quelque part, ça n'améliore pas le vivre ensemble, de s'attaquer à lui comme ça. Je pense que c'est extrêmement dangereux.

5:49
Invité

Karim Benzema, c'est une idole et à juste titre. Pour des milliers de petits gars et de petites filles des banlieues, Karim Benzema, c'est la réussite. Karim Benzema, c'est un footballeur exceptionnel. Moi, j'ai... Ok, l'histoire de la cassette, mais enfin, si on commençait à choper tous les footballeurs qui ont des histoires et des problèmes, on n'en sentirait plus. Pourquoi toujours, sur Karim Benzema, les choses s'expriment de cette manière ? Oui, mais... Donc, c'est ce qu'on appelle véritablement, au sens littéraire du terme, le procès d'intention. C'est-à-dire qu'on suppose que vous avez l'intention d'eux...

C'est-à-dire que non seulement, maintenant, on condamne les gens pour les tweets qu'ils font, mais on les condamne pour les tweets qu'ils ne font pas. Donc, j'ai trouvé irresponsable le comportement de Gérald Darmanin ce dernier.

6:29
Présentateur

Alors, Gérald Darmanin est un politique. Il sait ce qu'il fait. Qu'est-ce qu'il cherche ?

6:33
Invité

Il cherche sa présidentielle, mais il ne l'aura pas. Comment est-ce que vous voulez que... Ah, c'est pas sûr. Mais, je sais, Théo, tu es comme ça. Tu dis, je suis pas sûr. Quand on regarde les sondages, et quand on regarde, plus important que les sondages, ce qu'on appelle les calis, pas les quantis, c'est-à-dire, genre, combien de personnes l'aiment, mais les calis. Moi, j'en ai vu des calis sur Gérald Darmanin. Non, je sais pas. J'aurais des calis comme ça. Je plie les gueules. Alors, vraiment, je sais bien que la politique, c'est de ne jamais renoncer. Mais, objectivement, est-ce qu'on accuse Mélenchon...

7:01
Présentateur

Disons, pour passer au premier tour, il faut cliver, même si au second tour, il faut réunir. Mais pour imprimer dans la tête des gens, il faut cliver. Chaque jour, on parle de lui. C'est le meilleur élève de Nicolas Sarkozy.

7:13
Invité

Oui, mais vous savez, c'est Nicolas Sarkozy sans le talent, vraiment, Gérald Darmanin. Nicolas Sarkozy, il fait une campagne de 2007 exemplaire. Je peux d'autant le dire que je pense que la candidate socialiste, ma grande amie Ségolène Royal, l'a fait aussi. Et c'est une magnifique campagne, parce que c'est deux personnalités très puissantes, avec le troisième, la Ronce, et évidemment Bayrou. Mais je vois bien ce qu'il fait en 2007, Nicolas Sarkozy. Il grenade pas en permanence le débat. Il prend des idées de gauche, de droite. Gérald Darmanin, ça n'est absolument pas ça. Il marche sur une seule travée, la travée du Rassemblement National.

Et vous croyez vraiment que c'est en tapant sur Karim Benzema, en étant plus à droite que la droite, que vous allez réussir à passer la barre du premier tour. Mais enfin, il faut être sérieux.

7:55
Présentateur

Il se dit peut-être que la France a changé depuis 2007 et que les clivages se sont accentués. Par ailleurs, on sait que ce pouvoir a un problème avec la liberté d'expression, de manifestation, et a même essayé d'empêcher le fait de filmer les policiers. Il faut toujours se rappeler les débats d'époque.

8:09
Invité

Il faut se rappeler. Moi, j'oublie pas les gilets jaunes non plus.

8:11
Présentateur

Et là, il interdit pendant des semaines les manifestations pro-palestiniennes, ce qui rajoute de l'attention à l'attention et qui donne l'impression, disons… Il ne les a pas interdites longtemps parce que le conseil d'État l'a retoqué.

8:25
Invité

Mais moi, sur la question des manifestations palestiniennes, c'est très clair. Je ne vais à aucune manifestation ni israélienne ni palestinienne. Je pense qu'on n'a pas à le faire. Chacun est libre de penser ce qu'il veut. Et puis voilà, on est des personnages publics, soit politiques, soit médiatiques. Et c'est très important de rester tranquillement à sa place. Mais je pense qu'on ne doit pas interdire les manifestations pro-palestiniennes. C'est la France, hein, dira un pays démocratique. Les gens ont le droit de manifester leur soutien à la Palestine. C'est quand même le minimum. Nous sommes une grande démocratie.

Je pense que la République, elle est puissante, contrairement à ce qu'on veut nous faire croire. En gros, on nous explique qu'elle est malade pour être le médecin qui va la soigner. Donc, quand vous voyez les remèdes de Le Pen ou de Darmanin, vous n'avez pas du tout envie d'être soigné par ces gens-là. Mais là, moi, je dis depuis tout le temps, la République, elle est forte. Ce n'est pas une petite chose fragile. La République, elle peut complètement englober ce genre de manifestation avec des policiers qui répriment sévèrement les dérapages au lieu d'aller foutre de l'eau à tout le monde sans aucune distinction, comme je vois comment ça s'est passé.

Tous les gens qui sont dans les manifs pour la Palestine ne sont pas des adeptes du Hamas, ne crient pas « Vive le Hezbollah ! ». Voilà, je pense quand même... La nuance encore, hein, toujours la nuance. Donc, voilà, il ne faut pas interdire ces manifestations.

9:47
Présentateur

Peut-être que la nuance ne mène plus au pouvoir en France. On verra en 2027, hein, on verra en 2027. Emmanuel Macron, il se rend en Israël à la suite d'une délégation parlementaire avec la satelle Yael Brown-Pivé, la présidente de l'Assemblée nationale et dans sa composition Éric Ciotti, et Meir Habib, qui est très proche de l'extrême droite israélienne.

10:06
Invité

Le peuple juif respecte la vie. D'ailleurs, vous verrez très peu de photos de personnes massacrées parce qu'à la différence du peuple palestinien qui exhibe et qui ment. Ce qui est important, c'est que les populations civiles qui sont aujourd'hui à Gaza soient évidemment le moins possible victimes de ce conflit. Mais on sait aujourd'hui qu'elles servent souvent de boucliers humains et qu'il faut les préserver, bien sûr, mais que rien ne doit empêcher Israël de se défendre. Il y a, comme sur d'autres conflits, un attaquant et des attaqués.

10:45
Présentateur

Pas sûr, Françoise, que Macron partage à 100% cette ligne, Yael Brown-Pivé, mais peut-il vraiment peser sur le cours des choses au Proche-Orient aujourd'hui alors qu'il y est ?

10:56
Invité

D'abord, sur Yael Brown-Pivé, évidemment qu'elle part en Israël avec les faucons. C'est comme ça qu'on peut les appeler Éric Ciotti et Meyar Habib. Vous savez, que ce soit les colériques des cadres de la France insoumise ou les colériques de la droite, je pense que le Proche-Orient se passe. Et les Palestiniens et les Israéliens se passent parfaitement de ces colères-là. On n'a pas besoin de ce genre d'attitude dans cette situation. On peut exprimer, mais je pense que pour ramener tout le monde un jour autour de la table, il faudra vraiment...

11:22
Présentateur

On est dans le premier temps, mais là, nous sommes dans le deuxième temps.

11:23
Invité

On est dans le deuxième temps, donc entre les rages de Jean-Luc Mélenchon sur Twitter, plus Quatennin, je vois tout le monde, et les rages de Meyar Habib, etc., ça, on n'en veut pas, en fait. Je pense que ce conflit n'a pas besoin de ça.

11:36
Présentateur

Mais Meyar Habib est quand même beaucoup lié structurellement à un camp en Israël.

11:39
Invité

Moi, oui, mais oui, une partie des insoumis est très liée structurellement à un autre camp. Donc, ce n'est pas ça le sujet. Moi, je ne renvoie pas la balle au sang.

11:46
Présentateur

Non, non, il y a un point historique, c'est-à-dire une partie des insoumis est historiquement proche de la cause palestinienne. Pas spécifiquement de ceux qui l'incarnent aujourd'hui, parce que le vide a aussi été fait structurellement par qui on sait. Ce n'est pas simplement ça. Mais Meyar Habib, c'est quand même son identité politique.

12:01
Invité

Mais bien sûr, comme une partie des gens qui souviennent à Palestine, c'est du trotskisme pur. Toutes les luttes sont bonnes, puisqu'elles sont impérialistes, et quels que soient les moyens de lutter, on les utilise. Donc, vous savez, on peut se renvoyer ça au visage pendant 20 ans. Moi, ça ne m'intéresse pas. Sur Yann Brunpivet, je pense que sa démarche, ce n'est pas à elle de dire « je soutiens de façon absolue », etc. Sa déclaration, elle m'a vraiment heurtée. Par contre, moi, ce qui me heurte, c'est ce qu'elle reçoit. Yann Brunpivet, elle est juive. Elle reçoit des menaces de mort tous les jours.

Ça me fait penser, vous savez, pendant le mariage pour tous, personne ne s'en souvient, mais moi, je m'en souviens, j'étais au gouvernement à l'époque, où Christiane Taubirin et Najat Vallaud-Belkafem, on en était à un tel point de menace qu'elles avaient ce qu'on appelle des policiers portières, c'est-à-dire des motards qui surveillaient même les portières pour qu'elles ne se fassent pas agresser. Je ne sais pas si vous voyez le niveau de haine, et je trouve que ce n'est pas bien de la clouer comme ça au pilori. Je pense qu'encore une fois, le tweet de Mélenchon, il est complètement, il est tordu, elle campe à Tel Aviv, etc. Je ne fais pas de la police.

Elle campe à Tel Aviv, ça veut dire que c'est le campisme, c'est ça qui parle. Ce n'est pas les camps de concentration, quand même. J'ai bien compris, mais écoutez, moi, c'est pas ça mon sujet. Mon sujet, c'est que je pense qu'elle a, elle, vraiment, à mon avis, outrepassé sa fonction. Vraiment, je le pense vraiment. Mais je pense qu'aussi, il faut protéger une femme politique. Elle est présidente de l'Assemblée nationale, elle est juive, elle est sous le feu des critiques. On ne peut pas accrocher des cibles dans le dos comme ça de tout le monde.

13:34
Présentateur

Oui, mais ce qui m'embête un peu dans ce que tu dis, c'est que, bon, tu dis qu'elle est juive, mais dans l'autre cas, quand c'est quelqu'un qui...

13:41
Invité

Je dirais pareil si elle était musulmane,

13:43
Présentateur

franchement, tu sais, moi j'ai sous... Je ne parle pas de toi, mais d'autres personnes l'accuseraient de communautarisme, mais aggraveraient son cas.

13:51
Invité

Je ne crois pas, elle n'est pas communautariste,

13:52
Présentateur

elle n'est pas pratiquante, mais bien sûr...

13:55
Invité

Oui, mais moi, Najat Vallaud-Belkacen, on l'a toujours soutenue, elle est communautariste comme je suis archevac, Najat Vallaud-Belkacen. Il faut faire attention.

14:04
Présentateur

Le conflit étant tendu, étant ce qu'il est, les paroles peuvent attirer la haine, et les haineux, tordus existent.

14:14
Invité

Tu vois, mais théophile, si tu vas dans le sens de ce que je te dis...

14:16
Présentateur

Mais quand on est politique, par exemple, on a parlé de Daniel Obonot, qui s'est pris des vêtres, des pas mûres, qui est menacée de mort aussi, tu dis, c'est une grande fille, elle...

14:24
Invité

Mais je ne suis pas d'accord pour qu'elle soit menacée de mort. Moi, Daniel Obonot, ce n'est pas ma cam, mais quand elle est dessinée en esclave, elle a une de valeur actuelle, ça me fait hurler. Tu vois, non mais... Moi, je ne suis pas exceptionnel. Je pense que les millions de Français, ils pensent comme moi, vraiment. Ils essaient de trouver un équilibre.

14:40
Présentateur

Ce que j'essaie de dire, c'est que, dès lors que, par exemple, dans la grande famille de la gauche, de la social-démocratie jusqu'à la gauche radicale, quand on sait qui nous sommes, qui ils sont, en tout cas depuis des décennies, on peut ne pas faire le procès de vouloir utiliser des expressions antisémites, alors que c'est une expression qui peut ne pas l'être, comme si, en fait, on avait affaire à des Le Pen.

15:02
Invité

Oui, mais attention, parce que moi, je veux bien, moi, j'ai toujours défendu Mélenchon en disant qu'il n'est absolument pas antisémite et je pense que c'est vrai, etc. Mais ce qui se passe avec Jean-Luc Mélenchon depuis le 7 octobre et avec les cadres, une partie des cadres de la France insoumise, c'est ulcérant pour moi. Il suffit juste qu'ils disent organisation terroriste. Et là, il y a un enfermage. Mais si on en est là, mais bien sûr qu'on en est là, mais moi, je n'ai pas envie de dire que ça passera comme ça. Et d'ailleurs, personne ne dit que ça passera comme ça.

15:29
Présentateur

Ce que je veux dire, c'est que les positions sont connues aujourd'hui et en fait, personne ne défend le Hamas dans le spectre politique français.

15:37
Invité

Non, non, mais il y avait des petites tendances. Il y avait des gens qui avaient... Chez les Verts, il y avait des gens qui...

15:43
Présentateur

De manière assez marginale, finalement. Et là, aujourd'hui, on est dans la phase 2 de ce conflit.

15:48
Invité

On ne peut pas se comporter comme se comporte Jean-Luc Mélenchon avec la colère. Ce ne sont que des tweets de colère. Je ne sais pas si tu vois, depuis une semaine, il aligne tous ses partenaires de gauche. Ce n'est pas possible. Tu comprends ce que je veux dire ? Moi, je suis d'autant mieux placée que j'ai toujours défendu contre Vence et Marais-Mélenchon parce que j'ai trouvé qu'il était démonisé à un moment donné. C'était insupportable.

16:10
Présentateur

Mais ça continue, la démonisation.

16:11
Invité

Non, non, non, mais là, il a coupé les verges pour se faire battre. Pardonne-moi de te le dire. Là, à ce stade-là, Jean-Luc Mélenchon, si la NUPES n'est rien sans LFI, LFI n'est rien sans la NUPES, tu sais. Ça veut dire que, je t'explique juste, que si demain, il y a des élections législatives et qu'on revote et que les éputés LFI ne peuvent pas mettre le macaron NUPES, eh bien, ils finiront à 17 ou à 20. Tu verras. C'est écrit. Moi, j'ai repris tous les trucs. Je me dis, mais il faut quand même arrêter. La NUPES, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon. On n'est pas condamné à marcher au son de son tambour. Et il doit accepter les différences. Il doit accepter les différences.

Il doit accepter les différences des uns et des autres. Ça a commencé avec les émeutes. Ça a continué avec les européennes. Maintenant, c'est le Proche-Orient. On va vivre comme ça combien de temps ? Ce n'est pas possible. Il a autant besoin de nous que nous avons besoin de lui.

17:00
Présentateur

Peut-être qu'on en est au point où quasiment plus personne ne se souvient des bienfaits de la NUPES. C'est devenu fait établi.

17:06
Invité

Moi, je suis pour la NUPES. Ce n'est pas vrai.

17:08
Présentateur

Je parle dans le spectre politique pur et dur. On essaie de s'en emparer en se disant que de toute façon...

17:13
Invité

Personne ne veut s'en emparer. Déophile, moi, je pense que c'est une mauvaise lecture. Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon pense qu'il est le boss de la NUPES. Depuis un an, c'est comme ça. Et c'est normal, il a fait 22%. C'est magnifique. Mais quand on est le boss, ou qu'on pense l'être, en tout cas symboliquement, qu'on est la personne centrale à gauche, on a un devoir. On n'a pas que des droits. Et le devoir, c'est d'élargir. C'est de fédérer. C'est d'ouvrir sans jamais se renier. Il n'a jamais fait ça. Pas une minute. Que ce soit sur les retraites. Écoute, moi, j'ai tout vécu de l'intérieur. Je suis la première défendresse de Jean-Luc Mélenchon.

Mais depuis un an, le comportement, ça ne va pas. Ça ne va pas, ça ne va pas. Et le summum, excuse-moi, moi, je n'accepte pas sa ligne sur le planche-orient.

17:50
Présentateur

Mais de l'autre côté, les anti-NUPES du PS, ils profitent du sang, du chaos et des larmes. Ils ne profitent de rien du tout.

17:59
Invité

Théophile, je peux te dire, ils ne profitent de rien du tout. Quelque part, ils restent coincés à 1,5%. Ils n'ont aucun avenir politique et présidentiel. Notre sujet, Théophile, c'est quoi, à la gauche ? Tous les gens qui nous regardent, c'est de gagner. Ça ne veut pas dire de gagner n'importe comment. Mais c'est de gagner en 2027. Et ce pays, il se gagne... Alors, le premier tour, évidemment, chacun est au deuxième tour. On élimine. Ce pays se gagne au centre. Ce pays, il se gagne toujours. Le deuxième tour, c'est... Mais c'est quoi, le centre ? Mais alors, c'est ces 4, 5, 6% de Français qui sont humanistes.

Mais le centre, si je reprends Mitterrand, disait, il n'est ni de gauche ni de gauche. Ok, d'accord. Mais ce pays se gagne, à un moment donné, sur une forme d'équilibre à la fin. Tu comprends ? C'est impossible de penser qu'en grenadant le débat sur des sujets aussi fondamentaux, un jour, tu pourras gagner au centre. Jamais. Donc, nous, il faut qu'on gagne. Moi, je ne suis pas en train de me dire, de te dire, allez, on jette le bébé avec l'eau du bain. Ce n'est pas ce que je te dis. Ce que je te dis, c'est qu'on peut gagner.

Quand tu vois que la France, c'est un tiers, un tiers, un tiers, même si les listes européennes, les sondages qu'on a, si tu veux, nous mettent à 8, 10% chaque formation de gauche. La réalité, c'est que le total gauche, il est très au-dessus du Rassemblement National. Et alors, n'en parlons pas de Renaissance. Donc, il y a un tiers de gens dans ce pays. Il y a 30 ou 35% de Français qui veulent gagner en 2027. Voilà. Et si Jean-Luc Mélenchon pense que son score de 22%, c'est un score sur sa personne absolue, pas du tout. Il y a la moitié de ce score qui est du vote utile. Jean-Luc Mélenchon, tout seul, il est comme les copains. Il pèse 10%.

Donc, nous sommes condamnés à nous unir et à trouver...

19:42
Présentateur

Sauf que c'est toujours lui qu'on choisit pour aller au-dessus.

19:45
Invité

Le problème, c'est que... En 2017, en 2022, c'est toujours lui qu'on choisit. Et ça ne sera jamais deux seuls.

19:49
Présentateur

Il y a aussi une équation personnelle.

19:50
Invité

Non, mais l'équation personnelle, c'est toujours la même. On le connaît. Il est fait pour les campagnes présidentielles. Je le connais par cœur. Tu sais, il est fait pour les campagnes présidentielles. Là, d'un seul coup, il se radoucit. C'est sans élection. Et toute la France insoumise est construite pour la présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Mais ça, c'est terminé. Ça, c'était avant le 7 octobre. Je pense que ce qui s'est passé bouleverse profondément les schémas à venir. Et cette fois-ci, autant la République, c'est moi, je pensais que ça s'oublierait et ça s'est oublié. Autant ça, ça ne s'oubliera pas.

20:18
Présentateur

On verra. Une chose est sûre, pendant qu'on polémique, les lois antisociales font leur petit bout de chemin, quasiment sans protestation. Notamment la loi plein emploi, qui est le bébé de la Macronie et la droite, en freestyle. Tranquille. Pendant que les gauchos s'invectaient sur X.

20:32
Invité

Alors après, c'est vrai que tu as raison sur les gauchos qui s'invectaient. C'est très drôle ce que tu dis. Enfin, ce n'est pas drôle, mais c'est la réalité. Après, qu'est-ce que tu veux ? On ne peut pas empêcher cette loi de passer. J'ai adoré, évidemment, vous allez comprendre tout le sens de la moquerie. J'ai adoré Olivier Dussopt qui dit que le meilleur moyen de lutter contre la pauvreté, c'est de travailler. Donc, on a trouvé le type qui enfonce les portes ouvertes. Vraiment, le champion du monde de l'enfonçage, si je puis m'exprimer, de portes ouvertes, c'est Olivier Dussopt. C'est d'un cynisme absolu. Voilà. La pauvreté, travailler. Bien sûr. Évidemment.

Tous les gens qui ne travaillent pas sont des feignasses, adorent se repaître de la pauvreté et des aides sociales. C'est quand même ça, le climat général. Donc, ça, c'est un vrai sujet. Comment est-ce qu'on lutte contre ça ? Ça, c'est hyper important. Donc, on verra comment le travail parlementaire pourra reprendre. À mon avis, il n'est pas prêt de reprendre de sitôt le travail parlementaire. Parce qu'il va falloir... Et puis, on verra surtout ce que fait Manel Macron en Israël aussi. Parce que s'il obtient un cessez-le-feu humanitaire, on pourra dire qu'il a réussi son voyage. Je pense qu'il va essayer de recadrer... Voilà. Est-ce qu'il rencontre un chef d'État arabe ? Je ne sais pas.

Du monde arabe. Mais s'il arrive à trouver une solution pour les otages et obtenir un cessez-le-feu humanitaire, parce que c'est quand même ça le sujet maintenant. Ce n'est pas parce que vous avez 20 camions qui sont rentrés samedi par Rafa, hier ou avant-hier, 6 camions-citernes. Ce n'est pas comme ça que vous allez, comment dirais-je, non seulement sauver la vie des Palestiniens, mais améliorer leur quotidien. Donc, il faut un cessez-le-feu humanitaire. Ça devient absolument crucial. Si Manel Macron est arrivé à l'obtenir, tu sais ce que je ferais.

22:14
Présentateur

Bravo. Alors, on a aussi le budget, d'ailleurs, qui est passé via le 49-3. Oui, mais ça, c'est écrit. C'est vraiment l'atmosphère du moment. Alors, pour finir, Françoise, tu as un coup de gueule, et il concerne le président tunisien Kaïs Saïed.

22:26
Invité

Oui, parce que je suis très triste pour la Tunisie. Moi, c'est un pays que j'adore. Et puis, tu sais bien, tu te souviens à quel point ils avaient donné le signal du printemps arabe, avec beaucoup de courage, d'ailleurs. Voilà. Eh bien, les Tunisiens, il est élu, donc il n'y a rien à dire. Une partie des Tunisiens a décidé de mettre au pouvoir ce monsieur, Kaïs Saïed.

22:43
Présentateur

On n'en savait pas grand-chose.

22:44
Invité

Alors, je suis d'accord avec toi. C'est-à-dire que même au début, je me souviens, il fallait qu'on fasse des papiers, on réfléchissait, mais qu'est-ce que c'est ? On ne savait pas grand-chose. Maintenant, on sait. Maintenant, on sait que cet homme, d'abord, est un raciste pur, c'est-à-dire qu'il expulse tous les migrants d'Afrique noire qui arrivent et qui transitent de manière criminelle vers le désert de Libye, à la frontière, c'est-à-dire les laisse mourir de faim, de soif, au prétexte que sa population n'en veut pas parce que sa population a peur du grand remplacement.

Sous toutes les latitudes, Zemmour en France, extension du domaine de l'extrême droite, voilà, le grand remplacement, en gros, attention populations arabes, vous allez être grand remplacé par les Noirs, c'est affreux. Et donc, il théorie ça, et c'est un raciste pur, et c'est un antisémite pur. Voilà quelqu'un qui, en septembre dernier, a dit, s'est insurgé contre le complot sioniste qui voulait que la tempête qui a balayé la Libye soit nommée Daniel. Voilà, imaginez un peu la folie, et Daniel, c'est sioniste. Donc, bien sûr, Daniel n'est pas un prénom, non, c'est un prénom sioniste.

Il a fait une grande déclaration à la presse en disant, regardez, c'est encore la preuve de l'affluence du sioniste. Donc, je pense que maintenant, tout le monde flippe. J'ai vu que la dernière, il l'avait nommée Bernard, parce que tout le monde se dit, oh là là. Imaginez un peu la folie dans laquelle on se trouve. Bernard, un complot marcé, Bernard Tapie, le complot marcé, mais on est toujours le complot de quelqu'un. Mais je suis très...

24:07
Présentateur

Est-ce que ce n'est pas, au fond, qu'Aïssa Hed n'est pas le révélateur de l'impasse économique d'un pays comme la Tunisie, où il y a une population éduquée et jeune, mais où elle ne parvient pas à construire un modèle industriel solide ? Et sur cette base de frustration...

24:26
Invité

Tu as parfaitement raison dans ce que tu dis. Tu as parfaitement raison dans ce que tu dis.

24:30
Présentateur

Les Tunisiens, ils ont fait ce qu'il fallait pour arriver à la modernité, entre guillemets. Depuis Bourguiba, ils ont fait tout ce qu'il fallait. Il y en a tout le monde, bien avant même le Maroc, bien sûr. Et ça ne marche pas. Ça ne marche pas, et donc, quelque part...

24:41
Invité

Oui, d'accord. Mais j'ai très bien compris. Donc, je ne suis pas dans l'idée qu'il faut dissoudre le peuple parce qu'il vote mal. Je m'interroge. En plus, les gens qui ont porté Caïs Saïd au pouvoir, c'est l'élite. C'est la jeunesse, en plus. C'est un vote jeune, cultivé.

24:56
Présentateur

Parce que les Tunisiens ont quand même essayé, depuis le printemps arabe... Bon, ils ont essayé la dictature. Ils ont essayé les modernistes, les progressistes à la gauche. Ils ont essayé Enhada, les islamistes. Ça ne marchait pas. Et donc, ils ont pris une figure qui n'était rien de tout cela.

25:10
Invité

Tu as raison dans ce que tu dis, mais je dis que c'est intéressant de voir que c'est l'élite et la jeunesse, la jeunesse éduquée, qui a voté en majorité pour cet homme. Donc, posons-nous les bonnes questions. Tu as raison. Après, il a rejeté toutes les aides de l'Europe parce qu'il ne veut pas être, comment dirais-je, le transiteur de l'Europe par rapport aux migrants. Qu'est-ce qu'on crée, nous, aussi ? Tu comprends ce que je veux dire ? Moi, je ne vais pas encore faire mon discours anticodonialiste, mais pas loin. Qu'est-ce que nous, nous faisons, l'Europe ? Qu'est-ce que nous faisons pour le co-développement ? Honnêtement, l'Afrique, c'est notre avenir.

Le mot, il a l'air complètement dépassé. Non, mais tu vois, oui, alors, vive les bisounours. L'Afrique, c'est notre avenir. Moi, si tu dis ça, alors, lors d'une conversation, tout le monde te regarde. Mais oui, mais l'Afrique est notre avenir. L'Afrique est notre avenir et nous devons absolument avoir un comportement, une attitude dans le développement, le co-développement, considérer que nous avons en face de nous des partenaires et pas des dominés. Nous avons des partenaires. Et là, alors là, là, si tu veux, on rentre un peu dans le néant de la pensée d'une partie de la classe politique française. Mais moi, je ressens ça.

C'est notre changement de comportement, ne serait-ce qu'un changement de comportement. Rien que ça, dans la façon dont nous nous adressons à nos amis africains, je pense que ça changerait beaucoup de choses.

26:23
Présentateur

Merci, Françoise. Merci à vous de nous avoir regardés. Maintenez votre télé sur le canal 350 de la Freebox pour rester au contact d'une info différente. Bien entendu, nous serons toujours disponibles sur les canaux habituels, notre site Internet et YouTube. Abonnez-vous, mettez des pouces bleus. Soutenez, si vous êtes sur YouTube, soutenez-nous sur la campagne KissKissBankBank qui se poursuit et sur soutenez.lemédiatv.fr. Quant à moi, je vous dis à plus. Merci.

26:49
Locuteur

Merci. Merci. Merci.