L'invité de Bourdin Direct : Gabriel Attal - 03/11
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Jean-Jacques Bourdin. Gabriel Attal, bonjour. Bonjour. Porte-parole du gouvernement. Quatre morts à Vienne en Autriche. Plusieurs blessés, dont certains très graves. Terrorisme islamiste. Nous ne cèderons rien, a déclaré Emmanuel Macron. Nos ennemis doivent savoir à qui ils ont affaire. Nous attendons, nous attendons face au terrorisme, une vraie politique européenne, Gabriel Attal. Est-ce qu'il y a solidarité entre les différents pays d'Europe contre le terrorisme ?
La solidarité, évidemment, oui. Le président de la République s'est exprimé dès hier soir. Et moi, je veux redire ce matin à votre micro que je pense aujourd'hui aux Autrichiens. C'est terrible ce qui s'est passé hier soir à Vienne. Et les scènes qu'on peut voir sur les images rappellent ce qui s'est passé en France en novembre 2015. Des attaques à des terrasses avec des personnes qui étaient en train de passer un bon moment. La veille du confinement en plus, pour ce qui est de Vienne. Donc il y a une solidarité. Mais vous avez raison, il faut aller plus loin, il faut des actes. Et depuis 2017, Emmanuel Macron, il défend une nouvelle étape en Europe dans la lutte contre le terrorisme.
Mais quelle étape ? Quels actes ? Je vais vous dire, d'abord, il a souhaité, il a proposé, il a poussé un collège européen du renseignement. Pour que nos services de renseignement partagent mieux leurs pratiques, partagent mieux leurs informations. Ce collège européen du renseignement, il a vu le jour il y a quelques mois. C'est-à-dire que le Président de la République l'a poussé dès 2017 dans son discours de la Sorbonne. C'est maintenant du concret. Ensuite, un règlement européen pour que les contenus terroristes sur Internet soient plus rapidement retirés. Vous vous souvenez de ce qui s'était passé à Christchurch en Nouvelle-Zélande.
Avec ce drame absolument terrible et cette vidéo qui avait tourné sur les réseaux sociaux, il faut pouvoir plus facilement retirer les contenus. Ce règlement qu'a poussé le Président de la République, il est aujourd'hui en discussion et il va aboutir. Il y a deux sujets sur lesquels il faut qu'on avance plus rapidement. Il y a la question de la régulation des contenus de N en ligne sur les plateformes. Un peu ce qu'on a voulu faire avec la fameuse loi Avia en France, il faut le faire au niveau européen. Là-dessus, le commissaire européen Thierry Breton va faire des propositions le 2 décembre sur le sujet du numérique en général.
Et la France pousse, souhaite qu'il y ait des mesures très fortes sur ce sujet-là. Quel genre de mesures ? Des mesures qui imposent aux plateformes, au niveau européen, de réguler les contenus, d'avoir une modération des contenus qui appellent à la haine contre des personnes, contre des communautés. Et puis, il y a un chantier sur lequel on veut avancer, la France. C'est que le parquet européen voit ses compétences étendues à la lutte contre le terrorisme. Vous savez, il y a un parquet européen qui, là, est en train de voir le jour. Aujourd'hui, ses compétences, elles sont limitées, entre guillemets, aux questions de fraude à la TVA, etc.
Et nous, on pousse, depuis le début, le président de la République l'a toujours dit, pour que ses compétences soient étendues à la question du terrorisme. Ça permettrait qu'il y ait une meilleure coopération dans les enquêtes, qu'il y ait un meilleur partage d'informations, que ce parquet européen puisse lui-même lancer des investigations sur des affaires terroristes. Et là-dessus, il faut qu'on avance et qu'il y ait une nouvelle étape.
Bien, Gabriel Attal, donc des initiatives prises, très bien. Mais il va falloir resserrer peut-être les contrôles aux frontières de Schengen. Et puis, Gabriel Attal, la solidarité européenne, parlons-en. Où était l'Allemagne, lorsque Emmanuel Macron était insulté par M. Erdogan ? Où était l'Allemagne ?
Les Allemands, enfin la chancelière allemande, comme les chefs d'État européens, ont apporté leur soutien et leur solidarité au président de la République. Timidement ? Je ne dirais pas ça. Moi, je vais vous dire, l'important pour moi, c'est que les chefs d'État... On n'a pas senti l'Europe très unie face à Erdogan. Franchement, il y a eu une quasi-unanimité des chefs d'État européens pour apporter leur soutien au président de la République. Moi, c'est ça que je retiens.
Bien. L'armée française a tué 50 islamistes à la frontière du Mali et du Burkina Faso. Est-ce que vous avez des précisions ?
Je n'ai pas plus de précisions à vous donner que cette information. Ça montre aussi que notre lutte contre le terrorisme, elle a lieu évidemment en France, elle a lieu en Europe, mais elle a lieu aussi sur tous les théâtres d'opération.
Parlons de la Covid ou du Covid, comme on voudra, 418 morts ces dernières 24 heures, plus de 3500 personnes en réanimation. Confinement ? Deuxième confinement ? J'emploie volontairement le mot deuxième et pas second. Confinement, deuxième, ça veut dire qu'il y en aura d'autres. Vous attendez à ce qu'il y ait d'autres reconfinements ? Est-ce que vous attendez à ce qu'il y ait plusieurs vagues successives ? C'est ce que dit le Conseil scientifique.
L'enjeu, c'est déjà de réussir ce confinement et de faire en sorte que cette deuxième vague qui est devant nous, elle soit la moins haute possible pour qu'elle ne nous submerge pas, qu'elle ne submerge pas nos services hospitaliers. C'est pour ça qu'on prend ces mesures, qui sont des mesures difficiles, qui ont des effets difficiles sur certains secteurs économiques. On pourra en reparler, ce qui nous apparaît d'autres mesures. C'est ça l'enjeu aujourd'hui, Jean-Jacques Bourdin. On a une situation qui est grave, qui est grave dans nos hôpitaux, avec, vous l'avez dit, des services de réanimation qui continuent de se remplir, qui risquent, à la mi-novembre, d'être à la quasi-saturation.
Et donc, la mobilisation que nous portons aujourd'hui, elle vise justement à faire en sorte que cette saturation ne nous pousse pas et ne nous oblige pas à devoir trier des patients pour leur prise en charge à l'hôpital dans quelques semaines.
Est-ce que nous mesurons déjà l'impact du reconfinement ? Est-ce qu'on peut déjà mesurer quelques jours après ?
Sur la situation sanitaire, tous les épidémiologistes, les spécialistes, qui ont toujours dit qu'il fallait attendre un peu pour mesurer l'impact ?
Bien. Vous n'avez donc aucune mesure sur l'impact du confinement ?
Je vous dis, c'est un peu tôt, puisque c'est à moins d'une semaine. Est-ce que ce confinement est respecté ? Écoutez, moi, je pense que dans la grande majorité, oui. Ce qui est perturbant, je pense, pour peut-être des Français, moi j'entends les messages qui me sont envoyés, etc. C'est que, par définition...
Ce matin, l'ERR était plein.
Sur la fréquentation des transports, les chiffres qu'on a sur la première journée du confinement hier montrent plutôt qu'il y a une très forte baisse. Sur le réseau ferré au total, c'est une baisse quand vous prenez les métros et les réseaux ferrés en Ile-de-France avant 7h du matin. Baisse de 50%, donc de moitié. De fréquentation. De fréquentation. Sur 50%, parce que vous avez des personnes qui vont travailler avant 7h du matin, qu'il faut rendre hommage, qui sont des personnes qui peuvent moins télétravailler que les autres, puisque c'est plutôt des agents d'entretien et des personnes qui ne télétravaillent pas.
Ensuite, entre 7h et 9h, vous avez une baisse qui va entre 25 et 40% selon les lignes. Donc, on voit qu'il y a une baisse très forte par rapport à la fréquentation normale, parce qu'il y a cette mesure de confinement, parce que le télétravail se développe beaucoup et s'est beaucoup développé. Maintenant, il y a par principe plus de personnes qui sortent de chez elles dans ce confinement que dans le confinement de mars.
Parce qu'il y a des écoliers, des lycéens qui vont dans leurs établissements scolaires, parce qu'il y a des personnes qui vont travailler, ce qui n'était pas le cas dans le premier confinement, parce que nous n'avions pas de protocole sanitaire et que les personnes restaient chez elles et ne sortaient pas.
Je vais revenir sur les contrôles effectués, mais puisque vous parliez de l'école, est-ce que si ça continue à empirer, il faudra fermer les écoles, les collèges, les lycées ?
Je suis porte-parole du gouvernement et dans cette crise, j'ai appris à ne jamais rien exclure par principe, pour l'avenir. Donc ce n'est pas exclu ? On n'exclut jamais rien par principe. Moi, je n'exclue jamais rien par principe, parce qu'en général, quand on dit « ça, ça n'arrivera pas », on peut toujours avoir une situation où ça arrivera. Ce que je dis, c'est qu'on a mis en place un protocole sanitaire strict dans l'établissement scolaire pour qu'il puisse rouvrir, pour que les élèves puissent avoir accès à l'enseignement. Et on garde le masque à la maison ? On garde le masque à la maison quand vous allez voir des parents, des grands-parents qui sont âgés et qui sont à risque.
Les familles ? Je dis ça parce que j'ai vu ou j'ai entendu un ancien directeur général de la santé dire qu'il faut absolument que les enfants gardent le masque. Vous imaginez les enfants qui gardent le masque à la maison ?
Pour ce qui est du gouvernement, ce qu'on a toujours dit, ce qu'a dit ministre de la Santé, c'est que quand vous êtes dans des situations où vous êtes avec des personnes vulnérables, des personnes à risque, oui, il faut garder le masque à la maison. Maintenant, quand vous allez vous coucher dans votre lit le soir tout seul, ou même accompagné, vous ne mettez pas votre masque.
Les contrôles, Gabriel Attal, où en est-on ?
Il y a eu ce week-end, donc les chiffres ont été arrêtés dimanche soir à 20h, 100 000 contrôles. Sur ces 100 000 contrôles,
il y a eu 14 000 verbalisations. 5 000, nous disait hier matin le ministre de l'Intérieur, vous en êtes à 14 000.
Oui, parce que le chiffre a été réactualisé. 14 000 verbalisations. Il y a un certain nombre de verbalisations sur des personnes qui se déplaçaient alors qu'elles n'avaient pas vocation à se déplacer. Il y a des verbalisations sur des lieux qui ont accueilli des personnes alors qu'elles n'auraient pas dû les accueillir. On a par exemple, je vous donne un exemple, à Paris, une arrière-cour dans le 17ème arrondissement, il y avait 100 personnes qui faisaient la fête. On a à Évry-Courcouronne, je crois, un bar qui était censé être fermé, qui a accueilli des personnes pour une soirée.
Puisque vous parlez de Paris-Ile-de-France, est-ce que vous allez prendre de nouvelles mesures à Paris, en Ile-de-France ?
Au regard de ces situations qui ont été observées, nous allons réinstaurer un couvre-feu sur Paris, peut-être l'Ile-de-France. C'est le ministre de l'Intérieur qui le précisera dans la journée. Un arrêté va sortir précisément pour limiter... Un couvre-feu à Paris, à quelle heure ? Comme il y a eu avant que le confinement soit mis en place. En plus de ce nouveau confinement ?
A quelle heure, le couvre-feu ?
A 21h, je crois, comme le couvre-feu qu'il y avait eu avant le confinement. Parce qu'il faut bien se rendre compte qu'on met en place des mesures difficiles pour les Français. Et moi, ce que je vois, ce qui m'est rapporté, ce qui m'est dit, c'est que même si la majorité, la grande majorité des Français respectent, c'est insupportable pour beaucoup de Français qui respectent les règles, de voir d'autres Français qui ne respectent pas les règles et d'avoir le sentiment qu'il y a une forme de laisser-faire. Et donc, il faut prendre toutes les mesures pour lutter contre l'épidémie et pour protéger les Français.
Donc, un nouveau couvre-feu à Paris, en Ile-de-France, dans d'autres villes de France,
d'autres grandes villes ? Les préfets d'autres territoires pourront décider s'ils jugent que la situation le nécessite.
Le nécessite. Ce qui veut dire que les Français, notamment les Parisiens et les Franciliens, ne respectent pas totalement ce nouveau confinement. Ce qui veut dire,
c'est qu'il faut mettre en place toutes les mesures qui permettent de lutter contre l'épidémie et donc de limiter les déplacements aux dérogations qui sont prévues.
Est-ce que ce matin, vous dites comme Anne Hidalgo, n'achetez pas sur Amazon ?
Moi, je dis que c'est toujours mieux d'acheter chez un commerçant de sa commune que sur Amazon. Évidemment. Maintenant, moi, je vais vous dire, j'ai changé hier avec des soignants d'hôpitaux parisiens. Ils étaient, pour la plupart, abasourdis par l'attitude d'Anne Hidalgo ces derniers jours. Je le dis très sincèrement.
C'est-à-dire ?
On va atteindre aujourd'hui les 1000 patients en réanimation dans les hôpitaux franciliens qui sont en quasi débordement. Et on entend depuis quelques jours Mme Hidalgo se préoccuper la question des commerces, dire qu'il faut tout rouvrir, il faut rouvrir les commerces, il faut rouvrir les établissements recevant du public, les musées, les piscines. C'est ça qu'elle a dit dimanche dans le journal du dimanche. Je veux dire, elle est aussi présidente de l'assistance publique hôpitaux de Paris, de l'APHP. Qu'elle aille aussi tenir ce discours aux soignants qui se battent, qui sont débordés et qui ont peur de ne pas pouvoir accueillir tous les patients dans les jours qui viennent.
Moi, j'entends que des élus aient envie de défendre leur ville, la vie économique de leur ville. Évidemment, moi-même, je suis élu local dans une ville moins importante en nombre et en taille d'Île-de-France. C'est un crève-cœur de voir les commerçants de ma commune qui ne peuvent pas ouvrir. Un crève-cœur. Mais il faut quand même, je pense, avoir un peu de responsabilité face à la situation. Vous savez, Jean-Jacques Bourdin, il y a quelques semaines sur votre antenne, il y avait le maire de Saint-Étienne. Je crois que c'était le 9 octobre.
Monsieur Perdriot.
Oui, pour se plaindre et regretter et critiquer le fait qu'à l'époque, on fermait les bars. Et qu'on fermait les bars dans sa commune. Aujourd'hui, le maire de Saint-Étienne, quand il vient sur votre plateau, il demande des moyens supplémentaires à un hôpital militaire, parfois l'armée, pour venir aider face à la situation dramatique sanitaire. Je peux vous dire qu'à Saint-Étienne, les commerces, ils ont baissé le rideau et pas de gaieté de cœur, mais avec la responsabilité parce qu'ils voient la situation. Le maire de Saint-Étienne, il n'a pas dit qu'il faut rouvrir les commerces. Ces maires sont irresponsables ? Je vais vous dire, je fais la différence.
C'est ce que dit Bruno Le Maire. Est-ce que ces maires qui prennent des arrêtés sont irresponsables ?
Je fais la différence entre un maire qui regrette, qui a les boules, comme on dit, de voir les commerces de sa commune fermée. Un maire qui prend un arrêté pour envoyer un signal, un message au gouvernement. Il y a 71 maires qui l'ont fait sur 36 000. Il y en a 16 qui les ont retirés d'eux-mêmes. Il y en a 48 qui sont aujourd'hui déférés devant les tribunaux pour être annulés. Voilà, ce n'est pas très responsable. Un responsable politique, surtout d'une grande collectivité qui est en grande difficulté. La responsabilité, c'est aussi d'avoir ce discours sur le sanitaire. Puisqu'on parle
de ces commerces qui restent ouverts, certains commerçants restent ouverts, malgré l'interdiction d'ouvrir. Est-ce que ces commerçants risquent une fermeture administrative définitive ? Je vous pose la question. Il risque en tout cas
une amende.
Et donc, rien que pour ça, ils sont dans des difficultés.
S'ils continuent à rester ouverts ? Je n'ai pas la réponse juridique à cette question, mais j'imagine que dans l'échelle des sanctions, si un commerce qui doit rester fermé ou un lieu qui doit rester fermé continue à ouvrir malgré la fermeture, j'imagine qu'il y a des sanctions plus fortes. Est-ce que les librairies
vont rouvrir dans les jours qui viennent ? Oui ou non ?
Jean-Jacques Bourdin, on a annoncé des mesures qui sont difficiles. Parce qu'il faut redire à quoi ça sert un confinement. Un confinement, ça sert à limiter le plus possible le rassemblement de Français, que ce soit à l'extérieur ou dans des domiciles, notamment sans masque et des rassemblements qui entraînent des contaminations. Ce n'est évidemment pas le cas dans un petit commerce ou dans une librairie où il y a eu des protocoles sanitaires. Mais si on veut limiter ces rassemblements, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut contrôler pourquoi est-ce que les gens se déplacent, pourquoi les gens sont dans la rue.
Si on veut pouvoir contrôler pourquoi les gens sont dans la rue, ça veut dire qu'il faut qu'il y ait des forces de l'ordre qui puissent leur demander pourquoi est-ce que vous sortez, regardez leur attestation. Si vous dites tout est ouvert, tous les commerces, l'établissement recevant du public, mais qu'est-ce qui va se passer ? Vous aurez mécaniquement beaucoup plus de gens dans les rues et donc on sait très bien que les forces de l'ordre auront beaucoup plus de mal à contrôler et que donc peut-être que mécaniquement les gens vont recommencer à se réunir par la force des choses. Donc oui, il faut limiter le plus possible Donc les librairies ne rouvriront pas dans les jours qui viennent.
Ce qu'a dit le Président, c'est qu'il y aurait une réévaluation au regard de la situation sanitaire 15 jours après ces annonces. Donc au 12 novembre, je crois, il y aura une réévaluation. Mais dès à présent, je peux vous dire que les libraires sont en échange avec le gouvernement, Roselyne Bachelot, Bruno Le Maire, les petits commerces aussi pour préparer cette échéance, voir quelles mesures peuvent être proposées et si, je dis bien si, En France, la librairie n'est pas essentielle,
en Belgique, elle l'est. Vous avez vu la différence entre les deux pays ? J'entends parfaitement.
D'ailleurs, moi je ne dis pas la librairie.
Vous achetez d'ailleurs, vous achetez, où est-ce que vous achetez vos livres ? Je ne dis pas
la librairie Amazon ? Non. D'ailleurs, moi j'avais appelé sur une autre antenne le jour du confinement de la fermeture des commerces. J'avais dit si tous les gens, avant de rentrer chez eux ce soir, peuvent passer chez leur libraire acheter un livre. J'avais été dans un libraire près de mon ministère acheter un livre. Mais Jean-Jacques Bourdin, je le redis une nouvelle fois, on ne dit pas que le livre n'est pas essentiel. Moi j'entends la confusion qu'il y a pu y avoir parce que c'est un terme juridique de dire les produits essentiels et produits non essentiels. Peut-être qu'il faut parler de produits de première nécessité.
Les Français ne comprennent pas. Ça c'est du langage technologique, technocratique, technologique, technocratique, que vous employez vous, politique. Je vais vous dire, peut-être qu'il faut parler de produits de première nécessité. Il faut parler, il faut parler comme parler français. Je vous le dis, parce que moi je comprends qu'on peut être heurté. Où est-ce que vous allez acheter vos chaussettes ? Où Gabriel Attal ? Vous allez acheter vos chaussettes ? Je ne vais peut-être pas rentrer dans des magasins.
Mais où ? Dans quel magasin ? Dans des magasins qui vendent des vêtements. Jean-Jacques Bourdin, je n'ai pas donné les adresses ici, sinon on va m'y affronter. Je ne m'achète pas de chaussettes en ce moment.
Je ne sais pas quoi vous dire d'autre. Je ne sais pas si ça passionne tout le monde. Ça paraît dérisoire et pourtant c'est la réalité du quotidien.
J'entends que c'est la réalité du quotidien. Vous savez, on ne vit pas dans un autre monde. On a par ailleurs des proches. J'ai des commerçants dans mes proches, j'ai des restaurateurs dans mes proches qui tirent la langue, qui sont flippés sur l'avenir. Je l'entends parfaitement. C'est pour ça qu'on met en place des aides massives pour les accompagner. Je vais vous dire, ce qui est encore plus un crève-cœur, c'est qu'ils doivent fermer. On met en place des aides qui vont leur permettre de survivre. Moi, je n'ai pas de doute là-dessus.
Avec toute la mobilisation qu'on met en place, les 10 000 euros de compensation du chiffre d'affaires, les exonérations de charges sociales, la prise en charge du chômage partiel, les gestes sur les loyers qu'on fait maintenant, ils vont survivre. Mais on parle de personnes qui ont envie de travailler, qui n'ont pas envie de vivre grâce à des aides. Ils ont envie de travailler et c'est pour ça que c'est encore plus un crève-cœur et on espère qu'on va en sortir le plus rapidement possible.
Quelle pagaille. Au début, on a parlé de commerce essentiel, non essentiel, puis on a oublié qu'il y avait des grandes surfaces qui vendaient de l'essentiel et du non-essentiel. Donc, on est obligé de revenir avec les grandes surfaces, de fermer certains rayons dans les grandes surfaces. Vous avez la liste d'ailleurs ? Ce qu'on pourra acheter et de ce qu'on ne pourra pas acheter
en grandes surfaces. Je crois que le décret vient de paraître quelques minutes avant que je rentre sur votre plateau. Mais si on veut donner une règle pour que les Français comprennent.
Oui.
Si vous voulez savoir si le produit que vous recherchez sera vendu dans une grande surface, vous posez une question simple. Est-ce que ce produit-là peut être vendu par un petit commerce de proximité près de chez vous ? Ou est-ce que ce petit commerce de proximité qui habituellement vend ses produits est fermé ou pas ? Alors, c'est ça la règle. Si vous cherchez un produit qui a un commerce de proximité qui normalement le vend, qu'aujourd'hui il ne peut pas ouvrir, c'est que ce produit, vous ne pourrez pas le trouver dans une grande surface de plus de 400 mètres carrés.
Est-ce qu'il n'y avait pas moyen d'apprendre à commercer avec le virus ? Je vous pose cette question parce que beaucoup se la posent. Je ne sais pas comment. En ouvrant 7 jours sur 7, par exemple, le dimanche, les commerces, en n'ouvrant que quelques heures, en limitant drastiquement le nombre de clients dans les magasins, est-ce qu'il n'y avait pas cette solution ? Franchement.
Je vais vous dire, mon sentiment, c'est que c'est ce qu'on a fait depuis cet été, quand on a mis en place des protocoles sanitaires très stricts dans les commerces. Il y a beaucoup de commerçants d'ailleurs qui ont investi, qui ont mis en place des plexiglas, qui ont acheté du gel, qui ont mis en place des mesures très fortes. C'est ce qu'on a fait. C'est le fameux vivre avec le virus. Mais vient un niveau de circulation du virus où vous devez mettre un coup de frein brutal pour une durée limitée et on souhaite qu'elle soit la plus limitée possible pour revenir à un niveau de contamination qui permet à nos hôpitaux de le gérer. C'est ça qu'il faut avoir en tête.
C'est qu'on a des soignants matin, midi et soir et la nuit qui se battent sur le front du virus et c'est à eux qu'on doit penser quand on prend des mesures difficiles.
Mais Gabriel Attal, pensons aussi à Noël. À Noël, l'e-commerce va mettre main basse, va faire main basse sur les achats de les cadeaux de Noël. Vous le savez bien, c'est le risque. Moi, je ne veux pas. Alors, moi, j'ai une question. En avril, vous avez interdit la vente de produits non essentiels sur Amazon et le e-commerce. Est-ce que vous allez faire la même chose ?
Je n'ai pas la réponse à cette question. Par définition, je vous ai dit qu'il y a des discussions permanentes avec les acteurs économiques français. Merci pour regarder C'est une solution, une bonne solution qui a été unie et une solution qui a été appliquée au mois d'avril. Je vais vous dire quelque chose. Je vais vous dire une chose. Allez-y. Moi, j'entends cette crainte, cette émotion sur les géants du numérique qui pourrait remplacer nos commerçants que ce soit d'ailleurs les petits commerces ou les grandes surfaces. Moi, je ne veux pas céder à la fatalité. D'abord, parce qu'il y a des alternatives pour acheter. Depuis tout à l'heure, on parle de commerce fermé.
On oublie de dire qu'il y a du click and collect. Je n'aime pas trop ce terme. Commander et récupérer. On peut trouver un terme français. Commander et récupérer.
Je pense que c'est pas mal. Récupérer, c'est pas mal.
Voilà. Qui continuent à vendre. Aujourd'hui, vous allez sur des sites... Cliquer et récupérer. Oui, cliquer et récupérer. Vous allez sur des sites Actualité.fr, etc. Vous pouvez voir la carte des librairies en click and commerce, en click and collect, en commandé et récupéré, qui sont ouverts. Je veux dire, il y a des plateformes. Si on reprend l'exemple des livres et des librairies, il y a des plateformes qui vous permettent de commander en ligne et qui utilisent des livres, qui expédient des livres qui viennent de nos librairies indépendantes. Je pense à la librairie.com, à les libraires indépendants.fr. Il y a aussi ces alternatives.
Et puis enfin, je vais dire, on voit, les Français, ils savent qu'on est dans une situation qui est évidemment très particulière et très difficile. Je pense que les Français ont aussi un attachement très fort à leur commerce de proximité. Et donc, moi, j'ai la conviction que les Français, quand ils commencent à réfléchir à leurs cadeaux de Noël, à des achats qui ne sont pas de première nécessité qu'ils pourraient faire aujourd'hui, peut-être qu'ils vont se dire, en tout cas, moi, c'est mon cas, j'imagine votre cas aussi, on va attendre quelques semaines et les faire à un moment où les magasins auront pu rouvrir.
Alors, j'ai trois questions, deux questions très précises. Précises, je préfère, très précises, c'est un pléonase. Je pense aux routiers, réouverture des relais routiers parce que leur situation, je les imagine sur la route. Bien sûr. Seuls. Ils ne peuvent plus aller se laver. Ils ne peuvent plus manger chaud. Je me mets à leur place. Vous aussi ?
Bien sûr, mais évidemment, c'est très difficile quand on est routier de ne pas pouvoir... Alors, je crois qu'il y a déjà des clarifications qui ont pu être rapportées sur le fait qu'ils pouvaient évidemment acheter de la nourriture à emporter parce que les salles ne sont pas ouvertes comme pour tous les restaurants. Oui, c'est du froid. Et il y a les discussions qui se poursuivent et qui, je crois, vont aboutir avec le ministère chargé des Transports sur les autres questions et notamment cette question absolument centrale qui est celle de l'hygiène même si je crois que des progrès ont eu lieu récemment.
Alors, des auditeurs et des auditrices m'ont demandé de vous poser aussi cette question. Est-ce que les associations accueillant de jeunes enfants autistes pourront continuer à les accueillir ?
Alors, il me semble que oui. Il y a une attention toute particulière pour les personnes en situation de handicap y compris pour la question des services à domicile par exemple. Vous savez que là aussi pour éviter les distorsions de concurrence le décret qui a été publié ce matin limite les cas dans lesquels des professionnels peuvent intermedire au domicile. Je pense aux coiffeurs à domicile, aux esthéticiens, aux coachs sportifs. Pour ce qui est des personnes en situation de handicap évidemment tous les services à domicile peuvent leur être apportés. Donc, j'imagine je demanderai à ma collègue Sophie Cluzel la précision que c'est aussi le cas pour les gens.
Parce que les associations attendent ces précisions. J'ai deux dernières questions. Une dernière question finalement. Report des élections régionales
Jean-Louis Debré va nous remettre les conclusions de sa concertation dans les semaines qui viennent. Donc, ce n'est pas à moi de dire à l'avance sinon ça n'aurait pas eu de sens. Si la question que vous me posez c'est de savoir si je considère que dans le contexte actuel on pourrait tenir une campagne pour des élections départementales et régionales j'en doute beaucoup. Là aujourd'hui moi je ne me vois pas aller faire un meeting d'ailleurs c'est interdit. Distribuer un tract on essaye d'éviter les contacts faire du porte-à-porte on ne va pas chez les gens. Donc, je vois assez peu comment on peut tenir une campagne aujourd'hui.
est menacé ? Ah non, ça je ne crois pas. J'ai lu ça, entendu ça. Je ne l'ai pas du tout entendu ça. Merci à Gavriel Attal d'être venu nous voir porte-parole du gouvernement sur RMC BFM TV 8h55.
Gabriel Attal