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interviewSud Radio· 25 février 2025 10 min

Entretien exclusif | Catherine Vautrin et ses annonces pour le RSA et le handicap

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bien, bonjour Catherine Votrin. Bonjour. Vous êtes ministre du Travail, des Solidarités Sociales et de la Famille. En ce 1er mars 2025, vous annoncez la généralisation d'une expérimentation que vous avez faite sur 5 départements, sur finalement la déclaration des ressources de solidarité automatisée, aussi appelée solidarité à la source, pour les bénéficiaires du RSA et de la prime d'activité. Et qu'est-ce qu'il en est exactement de cette généralisation ce 1er mars ?

0:32
Catherine Vautrin

Alors vous avez effectivement tout dit. Depuis le mois d'octobre 2024, les services de la Caisse Nationale des Familles, la CNAF, ont en fait expérimenté dans l'Aube, en Vendée, dans l'Hérault, les Alpes-Maritimes et les Pyrénées-Atlantiques, un phénomène qui est que les assurés qui bénéficient soit du RSA, soit de la prime d'activité, soit des deux, ont maintenant chaque trimestre une feuille de déclaration qui est pré-remplie. En d'autres termes, jusqu'à maintenant, chaque bénéficiaire du RSA, tous les trimestres, doit déclarer les revenus qui sont les siens. Ces revenus peuvent être pluriels, il peut y avoir du revenu d'activité, il peut y avoir de l'indemnité journalière.

Donc chaque trimestre, il faut faire cette déclaration et ceux qui bénéficient en parallèle de la prime d'activité doivent également faire une déclaration pour la prime d'activité, bien s'ils n'ont que la prime d'activité, ils font une déclaration pour la prime d'activité. Le principe, il est assez simple, c'est le même principe que celui de la feuille d'impôt sur les revenus. En d'autres termes, c'est l'administration qui vous envoie votre document pré-rempli.

1:38
Présentateur

Et je corrige si ça ne me va pas.

1:39
Catherine Vautrin

Et vous corrigez si ça ne vous convient pas. Donc si vous voulez l'intérêt, c'est que c'est beaucoup plus simple, vous n'avez qu'à vérifier si cela vous convient. Alors que jusqu'à maintenant, il y avait de nombreuses sources d'erreurs entre le revenu brut, le revenu net. Et donc il fallait à chaque fois non seulement vérifier, mais quelquefois demander de rembourser les indus, ce qui n'est pas du tout évident si vous avez un budget qui est un budget à 600, 700, 800 euros et qu'on vous demande un indus de 100 euros, c'est compliqué. Alors que là, c'est vraiment une réforme d'équité envers ce que l'on doit vous reverser en fonction de votre situation.

2:16
Présentateur

Mais c'est juste une manière d'éviter les erreurs ou c'est aussi une manière d'éviter les fraudes ?

2:20
Catherine Vautrin

C'est une façon d'éviter les erreurs, d'éviter les fraudes, vous avez raison. Et c'est une mesure de... On parle tout le temps de la simplification administrative. Vous voyez ce que ça représentait, des gens qui saisissaient, d'autres qui vérifiaient. Mais là, on voit bien le recul que l'on a sur les cinq départements. Le premier trimestre, ça a été effectivement un petit peu long en termes d'erreurs. Et puis les gens prennent l'habitude. La machine a les bonnes informations et il y a de moins en moins d'indus. Donc ce qui veut dire qu'on est vraiment dans une réforme de simplification. Et ça concerne quand même 6 millions de Français.

Donc c'est vraiment quelque chose de tout à fait important.

3:00
Présentateur

Alors justement, il y a des inquiétudes que des associations expriment sur le fait que ce système pourrait être le début d'une contraction des deux aides, à la fois RSA et prime d'activité. Est-ce qu'ils font fausse route ? Qu'est-ce que vous avez envie de leur dire ?

3:15
Catherine Vautrin

Alors ils font effectivement fausse route. C'est absolument pas le sujet. Le sujet, c'est celui d'une part de la simplification administrative, d'autre part du juste droit, donc une réforme d'équité. Mais il n'y a pas de volonté de fusionner ces deux aides ou de supprimer l'une des deux.

3:32
Présentateur

Bien. On va parler maintenant handicap, si vous le voulez bien. Bien sûr. Il y a quelques semaines, vous avez organisé une rencontre au Handilab, qui est un dispositif situé dans la Seine-Saint-Denis. Un nouveau quartier très dynamique avec un bâtiment consacré à l'innovation, les initiatives pour le handicap. Vous avez, avec d'autres ministres, accueilli ces rails du handicap. Certains pensent que c'était une opération de communication pour édulcorer finalement les problèmes réels qui sont rencontrés. Vous-même, vous avez déclaré que bien des choses ont été faites, parfois bonnes ou parfois moins. Quels sont les efforts, selon vous, qui sont à formuler pour que ça change ?

4:16
Catherine Vautrin

Alors, si vous voulez bien, je vais vous répondre sur les deux. Le premier élément, c'était, nous le savons tous, 11 février 2025, la loi voulue par le président Jacques Chirac à 20 ans. Pour autant, ce n'est pas parce qu'on a 20 ans que tout est absolument réussi. Il y a un virage qui a été effectué. Si je regarde, par exemple, la scolarisation des élèves, on a multiplié par 4 le nombre d'élèves scolarisés en école primaire et au collège et au lycée. Si je regarde l'enseignement supérieur, on a multiplié par 9, mais vous pouvez me dire qu'on est parti de loin. Donc, multiplier par 9, ce n'est pas étonnant.

Au moment où je vous parle, on a à peu près 68 000 étudiants qui sont en situation de handicap.

4:59
Présentateur

Et combien d'AESH, d'auxiliaires aux élèves en situation de handicap ?

5:03
Catherine Vautrin

Vous avez raison, ça fait partie des sujets sur lesquels il faut aller plus loin. L'année dernière, je donne un exemple très simple. L'année dernière, on a fait un progrès. On a enfin prévu d'avoir des accompagnons pendant l'heure du déjeuner. C'était une initiative parlementaire avec avis.

5:16
Présentateur

Il était temps de pause méridien.

5:17
Catherine Vautrin

Oui, il était temps. Ce n'était pas fait. Ça s'est fait l'année dernière. C'est une initiative parlementaire que je salue. Après, quand je...

5:23
Présentateur

Il y a une précarité néanmoins sur ces personnes.

5:25
Catherine Vautrin

Il y a un sujet de fidélisation. Il y a un sujet de revenu. Vous avez raison. On a aussi un autre domaine qui doit être amélioré. C'est celui de l'accessibilité. Aujourd'hui, on a effectivement des gares qui sont plus accessibles. Ce n'est pas le cas du métro parisien. Pour être très concrète, on a des sujets très lourds dans ce domaine-là. Si je regarde le chômage, on peut se dire qu'en 20 ans, le nombre de demandeurs d'emploi, il est aujourd'hui à 12... Le pourcentage de demandeurs d'emploi est aujourd'hui d'autres chômages. En situation de handicap, 12%. En situation de handicap, il est à 12%.

5:56
Présentateur

Et probablement plus cette année.

5:58
Catherine Vautrin

Mais je rappelle qu'il est plus élevé, par exemple, que le taux de chômage moyen en France. Donc on voit bien qu'là-dessus, il y a un travail important à mener. De nombreuses entreprises n'ont pas encore atteint les 6%. Maintenant, si on arrive maintenant sur votre question sur le Handilab. Alors le Handilab, ce n'était pas du tout une opération bonne conscience. Il s'avère que les 10 et les 11 février, c'était, comme vous le savez, le sommet de l'intelligence artificielle à Paris. Et que dans les initiatives qui sont portées, il y a des initiatives qui apportent des réponses dans le domaine du handicap, la reconnaissance vocale, la synthèse vocale.

Moi, j'ai vu effectivement des initiatives extrêmement intéressantes, notamment de sous-titrage, qui étaient très intéressantes. Il y avait plusieurs opérations de gens qui ont développé des applications. Et c'est d'autant plus important que, évidemment, ça apporte des réponses très concrètes pour les personnes en situation de handicap. Ça apporte des réponses aux personnes en perte d'autonomie. Donc on a là des initiatives qui sont des initiatives qui poursuivent le même but, qui est quand même le but, l'essence même du projet de loi, de la loi qui avait été voulue par Jacques Chirac. Je veux parler d'inclusion dans la vie personnelle comme dans la vie professionnelle.

Et plus on a capacité à trouver des dispositifs qui facilitent l'autonomie, je crois plus on progressera.

7:20
Présentateur

Mais comment le gouvernement, aujourd'hui, peut finalement mettre en application cette loi où les personnes en situation de handicap trouvent que le compte n'y est pas du tout ? C'est pas pour rien qu'il y a 3000 personnes qui sont allées manifester place de la République le 10 février.

7:32
Catherine Vautrin

C'est la raison pour laquelle nous n'allons pas plus tard que le 6 mars prochain mettre en place un comité interministériel du handicap. Le but de la manœuvre, c'est non seulement d'entendre les associations, les demandes des associations, les propositions que l'on peut faire pour s'engager dans une programmation qui permette d'aller plus loin. Prenez un autre exemple, le sujet des fauteuils roulants. C'était un engagement du président de la République. Moi, quand je suis arrivé l'année dernière, au mois de janvier, le président de la République disait, il faut absolument qu'on sorte les fauteuils roulants.

J'ai personnellement rencontré les fournisseurs pas plus tard qu'au début de cette année, au premier semestre. Bon, là, ça y est, on est sortis sur le sujet avec des réponses qui se sont voulues les plus complètes possibles. Et je prends un exemple qui a été très important, qui a été celui des JOP, parce que les JOP ont mis en avant l'importance du sport et on est allé plus loin sur la prise en charge des fauteuils roulants, y compris avec, par exemple, des fauteuils roulants pour les sportifs.

8:25
Présentateur

– L'association, la PHPP, de son côté, suite à l'annonce du CIH, minite encore pour qu'il y ait des annonces faites en faveur d'une proportionnelle, des quotas de personnes en situation de handicap dans les assemblées plénières, type Assemblée nationale, Sénat, etc. Vous y êtes favorable ?

8:43
Catherine Vautrin

– Vous savez, moi, je suis élue d'une ville, la ville de Reims, qui a parmi, nous avons très précisément, 16 adjoints maires. Je suis en train de vérifier, pour ne pas vous dire de bêtises, au moins je réfléchis. L'une de ces adjointes est une de mes collègues en fauteuil roulant. Elle est là depuis le dernier mandat, elle fait son job. Et moi, je pense que c'est important. Alors, les quotas, on peut discuter sur le phénomène des quotas. Moi, je me souviens, dans un autre domaine, du sujet des quotas pour les femmes. Ce que l'on voit, c'est que, d'une manière ou d'une autre, l'intérêt du quota, c'est que, d'un côté, il stigmatise, mais de l'autre côté, il fait avancer les causes.

9:19
Présentateur

– Les quotas, justement, peut-être que vous, vous-même bénéficiez en tant que femme dans la vie politique.

9:23
Catherine Vautrin

– Écoutez, non, parce que, pour tout vous dire, moi, je me suis présentée sans investiture, parce que, justement, je n'avais pas eu l'investiture comme femme. Donc, vous voyez, ça ne marche pas à tous les coups.

9:30
Présentateur

– Voilà. Et donc, finalement, ces quotas de 6% instaurés par la loi de 87 ne marchent pas non plus.

9:37
Catherine Vautrin

– Alors, on est à 5,6% dans la fonction publique, pour être précise.

9:40
Présentateur

– Oui, il y a 3,6% dans le privé.

9:41
Catherine Vautrin

– Et il y a un vrai sujet dans le privé. Moi, je peux vous dire que, comme présidente d'un exécutif, puisque j'étais présidente de la communauté urbaine du Grand-Rince jusqu'au 11 janvier 2024, j'ai toujours vérifié que nous soyons au-dessus des 6%, parce que je pense que c'est une responsabilité citoyenne que de le faire.

9:59
Présentateur

– Et alors, vous serez peut-être candidate en 2027 ?

10:01
Catherine Vautrin

– À côté, ce n'est pas le sujet.

10:02
Présentateur

– Pourquoi pas ?

10:04
Catherine Vautrin

– Parce que franchement, moi, vous savez, je suis occupée par la responsabilité qui est la mienne aujourd'hui. Vous l'avez rappelé tout à l'heure, je suis en charge avec des ministres auprès de moi, du travail, de la santé, des solidarités et des familles. J'ai largement de quoi m'occuper et beaucoup de domaines dans lesquels nous sommes très attendus.

10:20
Présentateur

– Merci, Catherine.

10:21
Catherine Vautrin

– Merci à vous. – Merci à vous.

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