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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 21 avril 2024 16 min

Aide américaine à l'Ukraine, discours d'Emmanuel Macron sur l'Europe, visite de Marine Le Pen à Mayotte... Le "8h30 franceinfo" de Loïc Signor

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Loïc Signor, porte-parole du parti Renaissance, à la une il y a ces 61 milliards de dollars d'aides américaines débloquées hier par la Chambre des représentants. Un premier pas reste au Sénat, majorité démocrate, et à Joe Biden d'aller dans le même sens pour le valider définitivement. Est-ce que vous pensez que ça peut être un tournant dans la guerre ?

0:23
Marine Le Pen

C'est un tournant, c'est un tournant, Volodymyr Zelensky l'a dit, et a remercié chaleureusement les Etats-Unis. Il y avait une inquiétude majeure sur le fait que cet argent ne soit pas un jour débloqué avec les tensions aussi nationales américaines et la pression faite par les républicains, et Donald Trump déjà, qui semble-t-il jouer un rôle majeur dans ce blocage du versement de cet argent. C'est un tournant majeur, c'est l'exemple que l'Europe doit suivre. Nous avons débloqué énormément de fonds pour l'Ukraine, mais cela va en complément évidemment.

3 milliards pour la France, 50 milliards pour l'Union européenne, il y a énormément d'argent qui a été débloqué, et Valérie Haïer, la candidate que je représente lors de ces élections européennes, a été en Ukraine il y a quelques semaines. Volodymyr Zelensky lui a dit que nous étions à un moment clé de cette guerre, et qu'il fallait absolument poursuivre le soutien financier, militaire, inconditionnel, et c'est ce que nous faisons, c'est ce que les Etats-Unis viennent de faire, c'est une bonne chose.

L'Ukraine est en danger, l'Ukraine est en danger face aux assauts répétés de la Russie, et surtout face à un certain nombre de personnalités dans le monde qui commencent à fléchir dans le soutien qui est accordé à l'Ukraine. Donc c'est un bon signal envoyé par les Etats-Unis.

1:39
Présentateur

Volodymyr Zelensky ne nous demande pas de continuer, il nous demande même d'augmenter. Oui bien sûr, il a raison. Non, nous avons des finances publiques en difficulté, est-ce que néanmoins on va continuer à augmenter les enveloppes et en débloquer de nouvelles ?

1:49
Marine Le Pen

Un chèque à l'Ukraine, c'est un chèque aux Français. Aujourd'hui vous voyez les conséquences de l'agression russe en Ukraine, sur les prix, sur les prix de l'énergie, sur les prix au supermarché, dans le caddie, dans les prix au restaurant. Nous avons utilisé des mécanismes pour amortir cette spirale inflationniste née de la guerre en Ukraine. Imaginez un seul instant que Vladimir Poutine l'emporte définitivement en Ukraine. C'est l'inflation au cube, c'est les prix de l'énergie au carré, c'est directement imputé sur la facture des Français. Et donc oui, il faut continuer à soutenir l'Ukraine, y compris financièrement.

2:23
Invité

Alors Loïc Signor de l'Ukraine, il en sera sans doute évidemment question jeudi. Emmanuel Macron prononcera un nouveau discours sur l'Europe. Le premier c'était à la Sorbonne juste après son élection en 2017. Est-ce qu'il va être là finalement votre programme pour les élections européennes ? Non, ce n'est pas un discours programmatique.

2:38
Marine Le Pen

C'est quand même un discours de campagne. C'est un discours de vision, c'est un discours où le président de la République va venir compléter celui qu'il avait déjà effectué en 2017 à la Sorbonne et qui, à l'aune de certaines crises, et il faut le reconnaître, s'est matérialisé sur l'Europe de la défense, sur le budget européen. C'est une vision, encore une fois, que le président de la République avait développée. Et quand vous allez dans les travées du Parlement européen, à Strasbourg ou à Bruxelles, les socialistes, la droite européenne vous disent quand est-ce que le président de la République va parler ?

Ce sont des opposants politiques avec lesquels on peut avoir des désaccords, des sensibilités, mais ils reconnaissent une chose. Il y a deux leaders aujourd'hui en Europe. Emmanuel Macron, d'un côté, pour la vision qu'il porte pour la construction européenne, et Viktor Orban, de l'autre, contre la construction européenne telle qu'on la connaît. Donc ce ne sera pas un discours programmatique en lien directement avec ce que nous allons proposer avec la liste « Besoins d'Europe », mais c'est une vision à l'échelle européenne telle qu'il l'avait développée en 2017.

3:33
Invité

Vous dites que le discours de la Sorbonne de 2017 s'est matérialisé, notamment sur l'Europe de la défense. Le chef de l'État proposait une force commune d'intervention européenne d'ici 2020, un budget de la défense commun, une doctrine commune pour agir. Pardon, mais on n'est pas tout à fait au rendez-vous, même si, effectivement, il avait parlé de défense dès lors, et à ce moment-là, il a eu raison. Mais sur le concret, ça ne s'est pas matérialisé.

3:54
Marine Le Pen

En 2017, on ne parlait pas d'Europe. Il était le seul à en parler. C'était démodé. C'était dangereux même d'arriver à une campagne présidentielle en parlant d'Europe. Parce qu'on se disait, oulala, attention, l'Europe, coupable et responsable de tous les maux des Français. On ne parlait plus de défense. Aller parler en 2017 aux Allemands de défense, qui ont changé totalement de paradigme sur la question, c'était quasiment insensé de les faire parler de défense. Aujourd'hui, nous reparlons de défense. Bien évidemment, nous sommes encore loin de la réalisation à 100% de ces objets.

Mais, encore une fois, c'est pour ça que je parle de vision, de cap, d'horizon qui avait été mis en place par le président de la République à l'époque et qui a changé la manière dont on aborde ce sujet, notamment de la défense. Il y a d'autres sujets qui ont été abordés, comme l'immigration, par exemple. Eh bien, il y a quelques jours à peine, le pacte asie-immigration, après des années de négociations, a vu le jour. Et on va se doter de moyens pour lutter contre l'immigration irrégulière au bon échelon, à l'échelon européen. Ça, c'était dans le discours de la Sordogne.

4:52
Invité

Sur la défense, ce n'est quand même pas l'OTAN, aujourd'hui, qui est la vraie défense européenne ? Eh mais regardez ce que dit Donald Trump.

4:59
Marine Le Pen

Regardez ce que disent Marine Le Pen et Jordan Bardella en 2022. Il faut que l'Europe se bouge, notamment sur l'Ukraine. Oui, mais il dit aussi qu'il peut aimer à tout moment mettre fin aux parapluies américains si l'Europe ne payait pas davantage aux Etats-Unis. Écoutez ce que dit Marine Le Pen. Écoutez ce que dit Jordan Bardella dans leur programme en 2022. Sortie du commandement intégré de l'OTAN. C'est ça, le vrai risque. Et donc Emmanuel Macron a fait bouger les... Ils ne veulent plus en sortir désormais, maintenant qu'il y a la guerre en Ukraine. C'est ce qu'ils disent, en tout cas.

C'est marrant parce qu'en 2022, il y avait déjà la guerre en Ukraine, quand ils développaient cette idée sur les plateaux de télévision. Le programme est paru un petit peu avant la campagne. Oui, d'accord. C'est comme le marché européen de l'énergie. Un jour c'est sorti, un jour c'est réforme, un jour on sort, un jour on ne sort plus. Bref, tout ça pour vous dire qu'Emmanuel Macron a eu raison de parler de la défense en Europe. Et vous avez raison de dire, oui, aujourd'hui, l'OTAN est le principal dispositif de défense des Européens. Et il faut soutenir l'OTAN. Et il faut se renforcer à la fois en Européen, mais également d'un point de vue otanien.

5:54
Invité

D'ailleurs, vous parliez du Rassemblement National. Jordan Bardella, il indique qu'il a été invité à ce discours du chef de l'État. Pourquoi ? Je n'ai pas cette information. D'accord. En tout cas, c'est une information qu'il a donnée ce matin à nos confrères du journal du dimanche.

6:06
Présentateur

Un mot sur la campagne, la campagne pour les élections européennes. Vous le savez, les sondages montrent qu'il y a une forme de campagne qui patine un peu de votre côté. Une campagne tiède, dit même Hervé Marseille, par exemple, de l'UDI, qui est un de vos alliés. Une fois de plus, est-ce que vous espérez que le discours, par exemple, d'Emmanuel Macron va changer la donne, va relancer la chose ? C'est aussi pour ça qu'il a lieu ?

6:31
Marine Le Pen

Ça fait partie des éléments qui peuvent effectivement nous permettre de faire passer le message du besoin d'Europe. J'en reviens à Marine Le Pen et à Jordan Bardella. Sans l'Europe, et avec nos adversaires qui sont aujourd'hui en tête, et c'est quelque chose que je regrette dans cette course aux européennes, nous aurions eu du vaccin russe, Spoutnik. Nous n'aurions pas eu le plan de relance qui a permis à temps...

6:53
Présentateur

Mais ça, il n'y a qu'Emmanuel Macron qui peut se faire entendre en le disant dans cette campagne.

6:55
Marine Le Pen

Écoutez, c'est le président de la République, et encore une fois, j'en reviens à ce que je disais, en 2017, il a eu le courage politique de dire « Il faut parler d'Europe, je vais vous parler d'Europe, je vais transformer et réformer cette Europe pour qu'elle profite aux Françaises et aux Français ». Donc oui, c'est constitutif, bien évidemment, de l'intérêt que les Français doivent avoir dans cette élection, sans doute la plus importante depuis que les députés européens sont élus au suffrage universel depuis 1979. Et le président de la République, je crois, a la capacité d'annoncer cette vision, de présenter ce cap aux Françaises et aux Français pour cette Europe dont ils ont besoin.

Et je le répète, sur le plan de relance que seul Valérie Ayet et Marie Toussaint, je dois le reconnaître parmi les têtes de liste, ont voté, ce plan de relance qui a permis aux commerces de rester ouverts pendant la pandémie, au chômage partiel. Je suis sûr qu'ici à Radio France, des milliers de salariés ont profité du chômage partiel. Ça, c'est pas Jordan Bardella, ça, c'est pas Raphaël Glucksmann, c'est Valérie Ayet, c'est le président de la République qui l'a négocié. Pardon, ils étaient députés européens. C'est aux députés européens de le voter. Ils n'ont pas voté le plan de relance. Donc ça, c'est important de le rappeler. Ça, c'est l'Europe. C'est l'Europe d'Emmanuel Macron.

7:57
Invité

Est-ce que, Loïc Signor, votre objectif aujourd'hui, c'est encore de battre le Rassemblement National ou vous avez compris que c'était impossible ?

8:02
Marine Le Pen

Non, rien n'est impossible. Sinon, on arrête de se battre. Je me porte en foule. Aucun esprit de défaitisme. Aucune fatalité. Il faut expliquer. Je le fais avec le plan de relance. C'est très intéressant le plan de relance. Il y a quand même des choses qui ne marchent pas dans votre campagne, de toute évidence. Une campagne, vous savez, ça se joue jusqu'à la fin. Et le passé récent nous l'a démontré. Rien n'est joué. Le président de la République a battu deux fois Marine Le Pen, qu'on annonçait à six mois de l'échéance, à chaque fois comme possible vainqueur, voire vainqueur de l'élection présidentielle. On l'annonce déjà vainqueur en 2027, d'ailleurs.

Je rappelle simplement que le Rassemblement National est le double vainqueur sortant de ces élections européennes. Ça fait dix ans qu'il gagne les élections européennes. 2014, avec Marine Le Pen et son père, Jean-Marie Le Pen, ça fait 40 ans que cette famille profite de l'argent du Parlement européen sans jamais rien y faire là-bas. Jordan Bardella a gagné en 2019. Il siège tout de même. Il y a quand même des propositions qui sont faites. Ah non, absolument pas. À part se satisfaire du Brexit dans l'hémicycle et saluer le départ des Anglais, ça, oui, c'est Marine Le Pen et Jordan Bardella au Parlement européen. Ça, c'est l'image qu'ils ne veulent plus voir.

Le Brexit salué par Jordan Bardella et Marine Le Pen il y a cinq ans, attention, on ne parle plus de Brexit, on ne parle plus de Frexit, on ne parle plus de sortie de l'euro, on ne parle plus de sortie de commandant intégré de l'OTAN. Ils changent de discours systématiquement. Merci de me donner le micro pour le rappeler aux auditeurs qui nous écoutent. Le Rassemblement National est inconséquent, est incohérent. Oui, ils font la course en tête avec des propositions simplistes. C'est du populisme, ils disent aux gens ce qu'ils veulent entendre.

Il est capable, Jordan Bardella, de dire oui au prix plancher à un agriculteur au salon et non cinq minutes derrière avec un autre agriculteur pour qui la mesure n'était pas intéressante. C'est du grand important.

9:34
Invité

Et toujours avec Loïc Signor, porte-parole du parti Renaissance, Marine Le Pen termine aujourd'hui un déplacement d'un peu plus de 24 heures à Mayotte. Département français touché par l'insécurité, par une migration difficilement contrôlée venue des Comores. En début de semaine, Gérald Darmanin a lancé une nouvelle opération, après Wambouchou, l'opération Place Net XXL, avec des arrestations, des casages. Qu'est-ce qui s'est passé ? Vous vouliez juste couper l'herbe sous le pied de Marine Le Pen ?

10:08
Marine Le Pen

Non, c'est une opération qui a été... On ne déploie pas 1700 forces d'intervention de police et de gendarmerie uniquement parce que la présidente ou la présidente du groupe Rassemblement National à l'Assemblée vient à Mayotte. C'est une opération réfléchie de long terme et qu'il faut mener à bien. C'est pas facile la situation à Mayotte. On le sait, il y a énormément de travail d'un point de vue sécuritaire à mettre en place. C'est Gérald Darmanin, mais toutes les forces qu'il peut mettre sur le terrain depuis son arrivée à Beauvau, comme ses prédécesseurs Christophe Castaner et Gérard Collomb.

La situation à Mayotte nécessite autre chose que du tourisme électoral réalisé par Marine Le Pen une fois par an pour dire, attention, rien ne va, le gouvernement est responsable de tous vos maux, ils sont coupables, l'Europe, parce qu'il faut toujours parler d'Europe là-bas pour Marine Le Pen, est responsable de tout ce qui vous arrive. Non, il faut trouver des solutions et nous sommes en responsabilité et essayons de trouver des solutions.

11:07
Invité

Une des solutions qui était d'ailleurs aussi prenée par Marine Le Pen et que vous avez finalement reprise, c'est la fin du droit du sol à Mayotte. Est-ce que vous nous confirmez que le projet de loi sur le sujet sera présenté bientôt ?

11:20
Marine Le Pen

C'est pas à moi de vous confirmer le timing d'un projet de loi. Moi, ce que je confirme, c'est la volonté politique d'adapter effectivement le droit du sol à Mayotte. Donc il existera ce projet de loi ? Écoutez, le ministre de l'Intérieur l'a annoncé, parce qu'il y a une particularité à Mayotte. On est quasiment dans une guerre migratoire qui nous est livrée par les Comores. Ils agissent contre les intérêts de la France en envoyant des pauvres gens sur l'île de Mayotte pour déstabiliser la France. Mais ça suppose autre chose que des grands discours lors de visites de tourisme électoral effectués chaque année par Marine Le Pen. Nous agissons, c'est ça la grande différence entre Marine Le Pen.

J'entends votre argument, mais vous dites, nous agissons.

12:00
Invité

Mais sur les Comores, qu'est-ce qui a été fait pour contraindre les Comores ces derniers mois, ces dernières années ?

12:06
Marine Le Pen

Marine Le Pen, précisément, dit que le bras de fer n'est pas engagé. Le bras de fer n'est pas engagé, mais que fait-elle, Marine Le Pen ? Rien. Elle n'est pas au pouvoir. Elle n'est pas au pouvoir, je vous l'accorde. Bien évidemment, c'est la grande différence entre elle et nous, et je m'en félicite. Nous sommes aux responsabilités, nous sommes au pouvoir. Il y a une volonté politique d'adapter nos règles à Mayotte. Et il y a un dialogue diplomatique qui est engagé depuis des mois, depuis des années, avec les Comores. Est-ce que les Comores ont intérêt à négocier, à trouver un accord avec la France ?

Vraisemblablement non, parce qu'ils continuent à déstabiliser les Mahorais, à déstabiliser l'État français, à déstabiliser Mayotte. Et donc, ce n'est pas simple, ce n'est pas avec des solutions simplistes, avec une baguette magique, que nous réglerons la situation à Mayotte. En revanche, adapter nos dispositifs, et ce n'est pas rien quand même, adapter le droit du sol sur le territoire national, ce n'est pas rien. C'est un changement de paradigme, c'est une volonté politique forte du président de la République et du ministre de l'Intérieur pour essayer de trouver des solutions pour les Mahorais sur place.

13:01
Présentateur

Loïc Signor, un mot de la France insoumise. La candidate LFI sur la liste pour les européennes, Rima Hassan, fervent soutien de la cause palestinienne, sera entendue par la police le 30 avril prochain, accusée d'apologie du terrorisme. Est-ce que vous savez ce qu'on lui reproche ? Non, je ne suis pas membre de la police judiciaire, je ne pourrais pas vous dire, je vois bien.

13:19
Marine Le Pen

Est-ce que vous comprenez qu'elle soit surprise ? Écoutez, quand on dit que l'action du Hamas le 7 octobre est une action légitime, il y a matière à s'interroger.

13:28
Invité

Ce n'est pas tout à fait ce qu'elle a dit, elle a dit que l'action du Hamas pouvait être légitime, elle n'a pas parlé spécifiquement du 7 octobre, en l'occurrence.

13:34
Marine Le Pen

Oui, bon, déjà, ça mérite sans doute des éclairages de sa part sur cette phrase, qui par ailleurs me choque profondément. Mais ce que je voulais vous dire sur Rima Hassan, c'est que... Ils n'ont pas pu débattre à Lille avec Jean-Luc Mélenchon, il y a eu plusieurs décisions de justice, par contre le débordement... Oui, mais ça les arrange, ça les arrange. Ils n'ont jamais eu autant d'audience et d'écho à leur séquence, à leur meeting, à leur prise de parole, que lorsque celle-ci a été annulée, toutes les caméras étaient là, tous les micros étaient là. Et c'est précisément ce que je souhaitais vous dire au sujet de Rima Hassan et plus largement de la France insoumise.

Personne ne connaît dans le pays Rima Hassan. Jean-Luc Mélenchon est en train d'en faire l'égérie, la nouvelle égérie de la France insoumise par sa radicalité et par des propositions qui n'ont strictement rien à voir avec l'élection qui nous concerne. Strictement rien à voir. Qui parle d'Europe à la France insoumise ? La pauvre Manon Aubry. Gaza, ça concerne quand même un peu l'Europe, puisqu'il y a des aides européennes également. Oui, mais je veux dire, l'Europe, et je le regrette d'ailleurs, il faudra aller plus fortement là-dessus, n'est pas une grande puissance diplomatique.

C'est une puissance monétaire, d'échange, de commerce, une puissance qui doit devenir une puissance de défense, une puissance qui va faire de ce continent le premier continent neutre en carbone d'ici 25 ans. Ça, oui, c'est des objets de campagne dont nous devons débattre. Et encore une fois, je le regrette, Manon Aubry, elle parle d'Europe, mais personne ne l'écoute, personne ne va lui tendre le micro. On tend le micro à Rima Hassan. C'est la stratégie de radicalisation de la France insoumise. Bien évidemment, elle n'était même pas invitée à Lille. Ce n'est pas la tête de liste qu'on met en avant, selon vous.

Ah non, c'est Rima Hassan, justement et précisément, dans l'intention de radicaliser le discours, de polariser, de cliver, et de fracturer la société sur ces questions-là. Fracturer la société, c'est le but de Jean-Luc Mélenchon, c'est l'objectif assumé de la France insoumise. Ça a d'ailleurs été théorisé un certain nombre de fois par Jean-Luc Mélenchon lui-même. Il le dit, j'ai lu ça dans un indiscret de vos confrères, il a même dit à Zemmour, il faut que tu sois plus radical, sinon on ne t'entendra pas.

15:26
Présentateur

Bon, le président de la République, on le rappelle, qui souhaitait que Jean-Luc Mélenchon, comme Éric Zemmour d'ailleurs, puissent s'exprimer quand ils sont invités.

15:31
Marine Le Pen

Mais bien sûr, mais il a raison, il faut s'exprimer, et il a pu s'exprimer. Simplement, ça l'arrange de s'exprimer plutôt dans la rue que dans une salle, et pour être le plus entendu possible.

15:39
Présentateur

Loïc Signor, porte-parole du parti Renaissance, merci d'avoir répondu à l'invitation de France Info dans ce 8.30 en ce dimanche.