La CGT du Cher et son secrétaire Sébastien Martineau réclament de meilleurs salaires pour compenser l'inflation
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Bonjour Sébastien Marcineau.
- 0:21OuverteRéponse directe
Votre syndicat prévoit un rassemblement ce matin à Bourges.
- 0:27RelanceRéponse directe
Ce n'est pas assez pour compenser la hausse des prix ?
- 0:55OuverteRéponse directe
Les entreprises peuvent encore augmenter les salaires selon vous ?
- 1:18OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous demandez à l'État ?
- 1:28RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous demandez à l'État ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Ils ont pourtant augmenté de 15% entre 2020 et 2025 d'après l'INSEE. »
- 0:44InvitéChiffre
« Quand vous avez par exemple l'énergie qui prend 39%, »
- 1:00InvitéChiffre
« quand on a 486 milliards de bénéfices ou de profits en 2024, »
- 1:26PrésentateurChiffre
« plus de 2,10 euros le litre d'essence en cette rentrée 2026, 2,30 euros le litre de gazole. »
- 2:51PrésentateurChiffre
« 33 milliards d'euros par an. »
- 4:12InvitéFait
« On les a pris sur la sécurité sociale. »
- 5:00InvitéPromesse
« demain, ça sera peut-être la cinquième semaine de congé payé. »
Temps de parole
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Ici Béry. Il est 7h45 et la CGT lance aujourd'hui un appel à la grève et à la mobilisation. De nombreuses professions prévoient de manifester pour faire part de leur mécontentement dans cette période d'austérité budgétaire. On en parle avec notre invité, le secrétaire général de la CGT du Cher. Bonjour Sébastien Marcineau.
Bonjour.
Votre syndicat prévoit un rassemblement ce matin à Bourges. Parmi les principales revendications, la hausse des salaires. Ils ont pourtant augmenté de 15% entre 2020 et 2025 d'après l'INSEE. Ce n
'est
pas assez pour compenser la hausse des prix
?
On l'a mis dans notre tract, une augmentation de 15%. Ça ne fait pas une augmentation de niveau de vie de 15% avec toute l'inflation sur les produits de première nécessité, sur l'énergie, sur les carburants, sur l'alimentaire et tout ça. Quand vous avez par exemple l'énergie qui prend 39%, vous voyez bien qu'un salaire à 15%, ça ne fait pas la nécessité pour pouvoir vivre.
Les entreprises peuvent encore augmenter les salaires selon vous ?
Jusqu'à quel point ?
Écoutez,
quand on a 486 milliards de bénéfices ou de profits en 2024, je pense qu'il y
a
une marge. Simplement, la répartition de la richesse, celle de l'éconne à côté, elle est sur les entreprises qui accumulent du taux de profit et on voit bien ce que ça donne. Ça donne des crises financières, ça donne tout un tas de choses comme ça. Simplement, les salaires ne suivent pas.
Vous parlez de cette inflation qui touche à la fois les produits alimentaires, on pense aussi au prix des carburants, plus de 2,10
euros
le litre d'essence en cette rentrée 2026, 2,30 euros le litre de gazole. Qu'est-ce que vous demandez à l'État
?
Alors déjà, ce qu'on va demander aux producteurs de pétrole, enfin aux producteurs de carburant, quand on prend le coût financier que Total a fait en début d'année, et qui continue, bien évidemment, on voit bien quand même qu'il y a un effet d'aubaine sur la spéculation sur le pétrole et les carburants. Ce qu'on demande à l'État, c'est d'imposer au patronat d'augmenter les salaires. La première chose, c'est vraiment de pouvoir vivre de notre salaire. Et là, pour l'instant, la plupart des gens essayent de survivre. Et il y
a
de plus en plus de pauvreté, il y a plus de 10 millions de pauvres. Donc on voit bien quand même
qu
'on a un problème dans ce pays sur la répartition de la valeur qui est dans un seul camp, c'est-à-dire le camp patronal.
Et par rapport à cette question des prix des carburants, est-ce qu'il faut bloquer les prix ? C'est possible selon vous
?
Alors, il me semble que c'est une revendication de la CGT dans un premier temps. C'est repris par plusieurs partis politiques. Mais on voit bien que le gouvernement s'est placé
du
côté des raffineurs et du côté des producteurs de carburants
et
qu'ils ne le font pas. Donc il y
a
bien une part de responsabilité. Alors oui, le patronat a une responsabilité, mais le gouvernement a la possibilité juridique de bloquer les prix et de les baisser. On voit bien dans quel camp ils sont.
Après, vous êtes conscient qu'il
y a
quand même cet énorme déficit aussi à combler pour l'État. 33 milliards d'euros par an. Est-ce que ce serait vraiment raisonnable, ce blocage des prix, sachant que les taxes sur les carburants
rapportent à 33 milliards d
'euros par an à l'État ?
Ce
qui serait raisonnable, c'est de remettre un tout petit peu la fiscalité comme elle a été encore quelques années. Il me semble que les cadeaux sont faits
toujours
aux mêmes. Il me semble que
toutes
les réductions d'impôts sur les sociétés, toutes les réductions d'impôts qui ont été faites sur les plus riches, et voire même sur d'autres, on voit le résultat. Ce n
'est
pas un problème de dépenses,
c
'est un problème de recettes. Moi, je ne
suis
pas un grand économiste, loin de là. Mais quand même, quand on regarde un peu le déficit de recettes qui est accumulé dans ce pays depuis des années, alors il y a Macron certes, mais il y avait Hollande, il y avait Sarkozy. Et puis demain, si c'est Le Pen, ce sera exactement la même chose. Les cadeaux sont faits aux plus riches et sont faits à la bourgeoisie. La bourgeoisie, on les connaît. Ils détiennent la propriété privée. Et c'est eux qui nous font la misère sur les salaires.
La défense de la sécurité sociale, c'est aussi un enjeu pour vous, pour la CGT. Vous redoutez le prochain projet de loi de finances de la sécurité sociale ?
Est
-ce que vous craignez une baisse de son financement
? Alors
vous allez me dire que je suis en boucle, mais si on augmente les salaires, on augmente forcément les recettes de sécurité sociale. Donc voilà, déjà ça, c
'est
un premier temps. Deuxième temps, ce n
'est
pas la variable d'ajustement du budget de l'État. Quand on prend 3 milliards pour les mettre... Voilà, très peu de temps. On a pris 3 milliards pour augmenter le budget militaire. On les a pris sur la sécurité sociale. Donc voilà.
C
'est quoi le plus important ? Soigner les gens, leur bien-être, leur bien-être en bonne santé, ou alors d'aller faire des missiles pour aller tuer des gens ? Voilà, c'est la grande question qu
'on
se pose, nous.
Parmi les professions qui manifestent aujourd'hui, il y a les électriciens et les gaziers qui défendent leurs tarifs préférentiels sur l'énergie. Jusqu'ici, ils payent en fait très peu cher leur électricité. Le gouvernement qui veut supprimer ce privilège, c'est pour ça que vous prévoyez de défiler jusqu'au site EDF, rue Louis-Mallet à Bourges
?
Alors évidemment,
on
va converger notre lutte avec la leur, puisqu'ils seront déjà avec nous. Mais on ne
peut
pas parler de privilège, on peut parler de conquis. Pourquoi à cette époque-là, il y a eu des tarifs dits préférentiels ? C'est que les salaires étaient très bas. Voilà, donc on a d'un côté des conquis qui nous sont rabotés systématiquement. Alors là, vous savez le tarif à jour, mais demain, ça sera peut-être la cinquième semaine de congé payé. Encore une fois, on est dans un combat de classe. Et le conquis des électriciens et gaziers sur leurs tarifs préférentiels, ce n'est qu'une petite partie
du
manque de salaire qu'ils ont eu. Voilà, il faut arrêter de les prendre pour des privilégiés. Alors si on n'est pas,
c
'est des travailleurs comme les autres.
Dernière question Sébastien Martineau, on voit plusieurs professions se mobiliser aujourd'hui. Est-ce que vous croyez à un retour des Gilets jaunes
? Est
-ce que vous êtes prêt à allumer l'étincelle en tout cas
?
Je ne sais pas. Écoutez, les Gilets jaunes, c'est un mouvement social qui nous paraissait très intéressant.
D
'ailleurs, à un moment, on a quand même pris fête et cause sur ces revendications-là, parce que c'était les nôtres aussi. Donc évidemment que s'il
y
a un mouvement social de ce type, et si on peut y participer ou si on peut l'alimenter, évidemment qu'on y sera.
Merci beaucoup Sébastien Martineau. Je rappelle que
vous êtes
le secrétaire général de la CGT du Cher. Bonne journée à vous.