ÉCOLE, TRAVAIL, APPRENTISSAGE : le regard du PATRONAT sur les JEUNES
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:03OuverteRéponse partielle
Pourquoi la jeunesse est-elle une population martyrisée selon vous ?
- 1:28OuverteRéponse directe
Votre livre est-il un pamphlet ou un appel à des solutions ?
- 2:12RelanceRéponse directe
Les jeunes sont-ils maltraités par les adultes ou mal accompagnés ?
- 4:11OuverteRéponse directe
Les entreprises demandent-elles trop d'expérience aux jeunes ?
- 4:55OuverteRéponse directe
Pourquoi les entreprises privées accueillent-elles 98 % des apprentis ?
- 6:15OuverteRéponse directe
Les entreprises sont-elles responsables de la mauvaise orientation des jeunes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:29Patrick MartinFait
« On parle beaucoup des retraites et il le faut mais comparativement on n'est pas assez focalisé sur la jeunesse qui par définition incarne l'avenir de notre pays. »
- 4:55Patrick MartinChiffre
« 98 % de ces apprentis sont dans les entreprises privées alors même qu'elles ne représentent que 75 % de l'emploi. »
- 5:36Patrick MartinFait
« En Grande-Bretagne, j'ai évoqué la Suisse, on pourrait parler de l'Allemagne, c'est-à-dire éclairer les jeunes, éclairer les enseignants aussi pour qui j'ai beaucoup de de respect. »
- 6:57Patrick MartinChiffre
« On a 1500000 nits, ces jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en étude, ni en formation. Parmi eux, il y a plus de 20 % de diplômés de l'enseignement supérieur. »
- 7:35Patrick MartinChiffre
« En Suisse, vous avez des les deux tiers de chaque classe d'âge qui passent par l'apprentissage. »
- 9:36Patrick MartinChiffre
« On a dorénavant moins de 25 % de femmes dans nos écoles d'ingénieur. C'est aberrant et ça baisse. »
- 11:36Patrick MartinFait
« Il faut arrêter de les égarer, de les couper du monde d'une certaine manière comme on le fait animé par de bonnes intentions pour les protéger. »
- 12:17Patrick MartinFait
« Là où je ne suis pas du tout d'accord. C'est avec les violences, hein. J'évoquéis tout à l'heure le sort des enseignants, mais c'est vrai des pompiers, c'est vrai des forces de l'ordre. »
- 13:39Patrick MartinChiffre
« 22 % de chômage chez les 15 24 ans et un problème de santé mentale, vous en parler 20 % des jeunes ont des pensées suicidaires. »
- 15:42Patrick MartinFait
« On a trois grands défis. On a le défi climatique qui n'est pas neutre hein, il est existentiel. On a le défi du digital et de l'intelligence artificielle. On a le défi démographique. »
- 19:03Patrick MartinFait
« À certains égards, l'extrême droite nous fait peur. »
- 21:05Patrick MartinFait
« La préférence nationale, moi j'ai toujours pas bien compris ce que c'était. »
- 26:33Patrick MartinChiffre
« La France emprunte à 10 ans à 5 %. »
- 33:54Patrick MartinFait
« Un rapport sénatorial qui est sorti il y a 15 jours qui confirme que les entreprises françaises sont parmi les plus taxées au monde. »
- 35:16Patrick MartinFait
« Ce qu'on appelle le partage de la valeur ajoutée est en France un des plus équitables au monde. »
- 36:30Patrick MartinChiffre
« 95 % de mon patrimoine est dans mon entreprise. »
- 38:33Patrick MartinChiffre
« 20 milliards de taxations supplémentaires sur les entreprises. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Les matins de France Culture. Guillaume Erner. Bonjour Patrick Martin. Bonjour. Vous êtes chef d'entreprise et patron des patrons. Vous publiez Génération en pêché. C'est un livre charge sur la condition de la jeunesse de France. Il est sous-titré pourquoi la jeunesse doit être une grande cause nationale ? Parce que vous considérez que la jeunesse est aujourd'hui en France population martyrisée. On va revenir là-dessus. Vous dirigez une quincaillerie Martin Belezou. C'est une entreprise familiale fondée en 1829 à Bouran en Bress. Alors, je dis une quincaillerie, c'est une grosse quincaillerie hein. Elle fait et un peu
plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires. On y trouve notamment tous les produits qu'il faut pour la salle de bain, le chauffage, la climatisation et donc c'est à la fois en tant que chef d'entreprise et également dirigeant du MEDEF que vous exprimez. Cette révolte lycéenne, on entendait il y a quelques instants ma camarade Marie Maeux évoquer la manière dont les étrangers la voyaient. Les étrangers voient la France d'une manière générale, pas seulement ce mouvement lycéen avec une forme de d'inquiétude, de curiosité pour certains, d'amusement pour ceux qui nous aiment pas. Il y en a quelques-uns. Mais oui, ça ne contribue pas à la bonne image de la France. Bon, ça n'enlève
rien à la réalité. Ce mouvement existe. Alors, mon livre, je me permets de nuancer un petit peu vos propos. Je je ne parte pas de d'une jeunesse martyrisée. Et ça n'est pas un livre charge, c'est au contraire un livre qui dessine des solutions parce que je considère que dans les politiques publiques françaises, dans l'imaginaire collectif, dans les actions de la nation, la jeunesse n'est pas suffisamment prise en considération alors qu'elle le mérite infiniment. Bon, je peux vous citer quelques phrases de vos livres. Vous considérez par exemple que on fait aux jeunes des promesses mensongères, que un certain nombre de protections qui jadis pouvait être considéré comme légitime deviennent aujourd'hui des verrous qui bloquent leur entrée dans la vie adulte. Alors,
jeunesse martyrisée, on on peut discuter du mot, mais en tout cas, vous vous considérez que cette jeunesse, elle est maltraitée par les adultes. Elle n'est pas suffisamment considérée, elle n'est pas suffisamment aidée, elle n'est pas suffisamment accompagnée. Alors, je précise que c'est pas une lubie que j'ai eu récemment, il y a des années déjà que je travaille ce sujet-là. Le MEDF Ronalp dont j'ai été président, mais par exemple lancé les semaines écoleentreprise. Le MEDF globalement accueille à ce titre 200000 lycéens chaque année dans nos nos entreprises. J'avais il y a maintenant un peu plus d'un an fait des propositions sur l'orientation. Mes vœux 2026, je les je les ai prononcé avec des jeunes. Donc voilà, j'ai de la suite dans les idées et j'ai commis j'ai
commis ce livre là. Pourquoi ? Parce que tout le monde en est pas suffisamment conscient. Il y a une profonde anomalie française he quand on compare le taux d'emploi ou le taux de chômage des jeunes de la France avec des pays immédiatement voisins. Je prends un exemple. Sep fois moins de jeunes au chômage en Suisse en proportion de la population bien sûr trois fois plus de jeunes en emploi aux Pays-Bas que qu'en France. Tout ça devrait pardon nous péter à la figure euh pour les jeunes eux-mêmes mais pour le pays parce que si on règle ce sujet de la jeunesse, on règle en définitive beaucoup des problèmes sociétaux, financiers, économiques, sociaux, territoriaux de notre pays. En tout cas, vous écrivez donc que ces jeunes ne sont pas suffisamment considérés. Vous avez des enfants et des
petits enfants. Qu'est-ce qu'ils font ? Comment justement les choses se sont passées pour eux ? Patrick Martin ? Alors, j'ai trois filles qui ont des profils très variés. une sociologue qui en particulier s'est occupée de d'insertion et d'inclusion en Guyane. Vaste sujet, une qui travaille dans un cinéma associatif et puis la dernière qui est avocate et qui a rejoint mon entreprise. Elle est une des 3000 salariées de mon entreprise. Donc c'est aussi en tant que que père et puis d'orina avant grand-père que je m'intéresse comme tout le monde devrait le faire à cette jeunesse. Il y a une il y a une distorsion de traitement si vous voulez entre cette jeunesse et les seigneurs dont on doit s'occuper. On parle beaucoup des retraites et il le faut mais comparativement on n'est pas
assez focalisé sur la jeunesse qui par définition incarne l'avenir de notre pays. Alors cette jeunesse, elle incarne l'avenir de notre pays. Écrivez-vous. Mais alors vous dites par exemple que on demande en France à des jeunes de choisir à 15 ans la vie qu'ils veulent mener. Or bien sûr à 15 ans, on ne sait pas comment le monde est fait. Mais est-ce que ça n'est pas justement la la faute des entreprises ? Parce que quand on regarde les offres d'emploi, Patrick Martin, on se rend compte que bien souvent dans les offres d'emploi, on demande des gens évidemment jeunes, évidemment diplômés avec évidemment 30 ans d'expérience dans le poste. Bon, je parlerai pas de faute he je me situe pas sur un champ moral à l'égard de qui que ce soit hein. Non, je je crois que c'est tout
l'inverse. les entreprises sont très demandeuses d'une meilleure collaboration entre le monde de l'enseignement dans toutes ses formes et à tous les niveaux et précisément le monde de l'entreprise. Je vais juste vous dire vous citer cet exemple là. Où sont les apprentis ? On a eu un grand succès sur l'apprentissage, j'allais dire enfin euh et bien 98 % de ces apprentis sont dans les entreprises privées alors même qu'elles ne représentent que 75 % de l'emploi. À contrario, les fonctions publiques n'ont pas accueilli les apprentis. Euh quand le ministre de l'enseignement de l'éducation nationale de l'époque a souhaité que euh les élèves de seconde soient accueillis dans les entreprises en stage, séance tenant, j'ai donné mon aval, séance tenant, on a mis en place
les dispositifs, séance tenant dès la première année, on a accueilli là aussi 200000 lycéens dans nos entreprises. Donc nous, notre propos, c'est de dire que il faut s'inspirer en définitive de ce qui marche dans d'autres pays. En Grande-Bretagne, j'ai évoqué la Suisse, on pourrait parler de l'Allemagne, c'est-à-dire éclairer les jeunes, éclairer les enseignants aussi pour qui j'ai beaucoup de de respect, singulièrement pour ceux qui subissent des violences, on l'a encore vu cruellement hier, éclairer donc les uns et les autres sur ce que ce qu'est l'entreprise, ce qu'est l'économie parce qu'effectivement demander à des jeunes de 15 ans un choix d'orientation alors même qu'ils ont une vision très abstraite et très lointaine de la réalité de l'entreprise qui est quand
même le gros pourvoyeur d'emploi, et ben on ne les aide Bon, mais Patrick Martin enfin sans jeter la pierre aux uns ou ce sont aussi les entreprises qui demandent justement des gens spécialisés. C'est bien connu qu'en France on n pas véritablement le droit à une seconde ou à une troisième chance. Mais c'est précisément ce que je vous dis. Le fait qu'on accueille le plus tôt possible des jeunes, des enseignants, c'est c'est un moyen de leur montrer ce que sont les entreprises, ce que sont les secteurs d'activité. Le vrai problème qu'on a actuellement, c'est qu'il y a beaucoup d'orientations par défaut et il y a une espèce de de mythologie euh qui voudrait que euh plus on poursuit des études, plus on se rapproche de l'emploi. Moi, je suis très frappé par ça. On a 1500000 nits, ces
jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en étude, ni en formation. Parmi eux, il y a plus de 20 % de diplômés de l'enseignement supérieur. Ce sont des gens qui qui ont fait des efforts, leurs familles ont fait des efforts pour poursuivre des des études longues mais dans des formations qui n'ont pas en tout cas pas suffisamment de déboucher. Donc voilà, c'est une meilleure intelligence collective que j'appelle de mes vœux et ça marche quand c'est en place. J'évoqué le cas de la Suisse où on a 3,2 % de taux de chômage des jeunes versus 21 à 22 % en France. En Suisse, vous avez des les deux tiers de chaque classe d'âge qui passent par l'apprentissage. Donc il faut il faut balayer ces espèces de de prévention de procès d'intention réciproque d'ailleurs entre l'entreprise et l'enseignement
parce qu'à la fin des fins, ce qui compte pour les jeunes, c'est d'avoir un avenir et de pouvoir faire des choix éclairés. Bon, alors euh par exemple, vous êtes pas d'accord avec euh la secrétaire générale de la CFDT, Marilise Léon, qui a appelé euh les entreprises il y a quelques jours sur France Info à faire, je cite, plus confiance aux jeunes. Mais je fais totalement confiance aux jeunes. Vous, oui, mais les autres patrons, mais où sont 98 % de d'apprentis dans les entreprises ? C'est combien ? 800000 jeunes qui sont en apprentissage dans les entreprises. Quand quand vous avez, je parle là en tant qu'entrepreneur, quand vous avez un apprenti dans votre entreprise, vous vous en occuper, vous le mentorez, vous l'accompagnez. C'est un investissement réel donc faut pas
nous faire dire des contrevérités. Non, les les apprentis, c'est c'est très bien. Mais je prenais par exemple le cas du Vietnam. au Vietnam, donc pays de 100 millions d'habitants, donc plus que que la France, il y a une politique qui vise à créer 50000 ingénieurs processeurs par an. En France, vous avez 80000 ingénieurs en tout et et donc évidemment une absence de planification et une incapacité à se projeter dans l'avenir. Patrick Martin, tout le monde ne peut pas être apprenti, il faut aussi des gens qui fassent des études longues par exemple pour fabriquer des processeurs. Est-ce que vous n'avez pas besoin, vous chef d'entreprise mais nous français de
d'un d'études longues qui permettent aux jeunes de fabriquer des objets qui sont des objets techniques complexes ? Mais c'est très intéressant ce que vous dites parce que implicitement vous signifiez que l'apprentissage n'existe pas dans l'enseignement supérieur. C'est précisément le segment d'étude où l'apprentissage s le plus développé. Donc ça existe, y compris pour des études d'ingénieur, des études de commerce, des études euh longues d'une manière générale. Euh là où on a un vrai problème, c'est qu'on regarde une économie qui mute de plus en plus vite, qui est de plus en plus technologique. On a effectivement un manque de de d'effectif de formation dans les dans les formations scientifiques et techniques. Comment répondre à ça ? D'abord, il faut qu'on réhausse notre
niveau PISA parce queon voit qu'on se déclasse singulièrement dans les matières scientifiques et les mathématiques. C'est quand même la base de tout. Ensuite, j'évoqué l'imaginaire collectif tout à l'heure, il faut casser un certain nombre de stéréotypes. On a mis en place au MEDF ce qu'on appelle code F qui est une plateforme qui interface des femmes qui ayant suivi des études scientifiques et techniques euh occupent de Rénvant des postes très intéressants dans les entreprises et qui deviennent des référentes pour des jeunes femmes, des jeunes filles qui elles-mêmes par conformisme euh ne considèrent ne pas être faite pour ça. Elle passe à côté d'opportunités très intéressantes pour elle. est bien nécessaire pour notre pays. On a dorénavant moins de 25 % de femmes dans
nos écoles d'ingénieur. C'est aberrant et ça baisse. Vous allez au Maroc où il y a d'excellentes écoles d'ingénieurs. Il y a 49 % de femmes parce que le travail a été fait pour casser ces stéréotypes et pour inciter encourager en tout cas les les jeunes femmes à s'orienter vers ces formations. Donc on se rejoint complètement. Euh il faut parce que l'économie en a besoin, parce que ce sont de belles opportunités professionnelles, encourager les jeunes à s'orienter vers ces métiers scientifiques et techniques et singulièrement les femmes. Tous les journaux évidemment reviennent sur euh la question donc euh de la révolte lycéenne. Les uns insistant sur leur revendication, les autres sur la montée des violences. Est-ce que vous soutenez les lycéens ? Patrick Martin,
je comprends à vrai dire, j'étais un peu en avance de phase en écrivant ce ce livre, je les comprends. Euh alors, il y a il y a des enjeux, il y a des mots d'ordre, il y a des revendications sur le les installations. Bon, j'avoue que c'est pas tellement mon propos. J'ai pas d'avis éclairé là-dessus. En revanche, je les rejoins totalement. Alors, il y a des vidéos qui sont assez différent. Je suis pas un spécialiste de l'immobilier, des lycées, des collèges, hein. Euh, il doit y avoir des des sujets, même si les régions ont beaucoup investi sur les lycées en particulier. [grognement] Non, là où je les rejoins, c'est précisément quant au fait que on ne leur donne pas de suffisamment de visibilité quant à leur avenir. Or, il y a un avenir dans ce pays. Moi, je crois comme
faire à la réussite de la France. Et donc, il faut arrêter de les égarer, de les couper du monde d'une certaine manière comme on le fait animé par de bonnes intentions pour les protéger. Mais à trop vouloir les protéger, en définitive, on les fragilise. Vous revenez làdus, vous revenez là-dessus souvent dans dans ce livre Génération. Paron, là où je ne suis pas du tout d'accord. C'est avec les violences, hein. J'évoquéis tout à l'heure le sort des enseignants, mais c'est vrai des pompiers, c'est vrai des forces de l'ordre. Là, on dépasse les limite. C'est le fait d'une minorité qui est parfois instrumentalisée ou récupérée, c'est inadmissible. Par qui ? Par certains mouvements politiques extrémistes qui qui mettent en péril en fait la cohésion nationale et qui
égarent ces jeunes, qui les exposent, y compris physiquement. Ça c'est inadmissible. Donc, je distingue bien un fondement que je partage en partie de de contestation parce qu'il faut redonner des perspective d'avenir à ces jeunes et des expressions qui sont horriblement dangereuses. Mais alors et Patrick Martin, justement, vous revenez souvent sur le fait que les jeunes en France sont trop protégés, qu'il y a effectivement un certain nombre de dispositions qui ont été faites pour leur bien-être, dites-vous, mais qui aujourd'hui et bien constituent de véritables boulets qu'on leur a mis au pied. C'est de quoi parlez-vous ? Par exemple, [grognement] quand on prend des jeunes en stage ou en apprentissage, il y a un certain nombre de tâches qu'on ne peut pas leur
confier. Alors ça les prive d'une certaine expérience, ça prive l'entreprise de sa capacité à apprécier le le talent de de ces jeunes. Donc on va on va trop loin dans une espèce de de surprotection. Alors je ne m'éconnais pas qu'il y a des périls dans la société actuelle, mais il y a toujours eu des périls dans la société. Il faut être attentif à ce que les jeunes il soient pas exposés. Mais on les coupe du monde. On les coupe du monde. Il faut que les jeunes puissent faire plus de sport. euh il faut qu'ils puissent être plus souvent à l'extérieur de leurs établissements scolaires. Il faut qu'ils puissent être beaucoup plus en contact avec les entreprises parce qu'il y a des jeunes qui de par leur origine sociale euh ou l'origine professionnelle de leurs parents à Forceurie quand les
parents sont au chômage qui n'ont pas conscience de la réalité du monde et se prive à partir de là de beaucoup d'opportunités. Bon, mais c'est un peu paradoxal ce que vous dites parce que des jeunes protégés mais à la fois, vous le dites hein, vous en êtes évidemment conscient, 22 % de chômage chez les 15 24 ans et un problème de santé mentale, vous en parler 20 % des jeunes ont des pensées suicidaires, ils sont pas très protégés quand même. Mais alors je suis pas psychanalyste ou psychologue he moi je suis un praticien avant toute chose. en tant que chef d'entreprise, en tant que président def, en tant que père, connaissez les êtres humains puisque un chef d'entreprise a l'habitude de de parler avec beaucoup de gens. Mais il me semble, je vais être très
prudent et très modeste, il me semble qu'une des raisons pour lesquelles cette jeunesse éprouve des problèmes de santé mentale, mais pas que, c'est précisément qu'on lui donne pas de perspective. C'est pas très engageant de devoir faire des études sans savoir sur quoi elles vont déboucher, si on aura un épanouissement, un accomplissement personnel et puis si on pourra assumer un certain train de vie. Les difficultés de logement des jeunes par exemple sont absolument scandaleuses. Donc c'est un horizon un peu bouché et le fait qu'il y a une meilleure collaboration entre toutes les parties prenantes dont les entreprises et le monde de l'enseignement, ça débloquerait beaucoup de choses. Il y a un certain nombre de précédents à travers la planète qui le démontrent. Il faut casser ces espèces
de barrières qui existent encore trop, même si progressivement elles tombent. Moi, j'ai signé par exemple une très belle convention avec France université, tous les présidents de l'université. C'est très concret, c'est opérationnel, on avance. Mais il faut accélérer. Nous avions déjà beaucoup de problèmes mais alors en plus maintenant on a l'intelligence artificielle [raclement de gorge] et pour un grand nombre de jeunes qui voulaient être je ne sais pas par exemple traducteur, faire un certain nombre d'emplois probablement même aussi dans le domaine de la comptabilité. Bref, des tâches qui sont particulièrement exposées à l'intelligence artificielle. Vous imaginez leur détresse ? Et j'imagine que ça c'est des sujets très importants pour vous au MEDF bien sûr d'une manière générale pour
l'emploi pas spécifiquement pour les jeunes mais c'est une raison supplémentaire pour que on élabore ensemble des cartes des formations. Je prends le cas des lycées professionnels qui est un sujet absolument passionnant et là aussi un peu un scandale français. Et bien le fait que les entreprises ne soient pas associées à la carte des formations qui décident de l'offre de formation dans ces lycées professionnels, c'est une erreur fondamentale. Je ne dis pas que les entreprises détiennent la vérité révélée, mais sur l'intelligence artificielle, on a une compréhension des choses, un éclairage notamment parce qu'on est très ouvert sur le monde qui permettrait d'optimiser l'orientation des jeunes, là où parfois on les égare encore dans des formations qui n'ont plus de déboucher.
Mais vous vous trouvez ça change tous les 3 mois. Ça change tous les 3 mois. Je suis frappé comment des tâches qui a 1 an et demi demandaient par exemple un développement en code sont aujourd'hui intégrés dans n'importe quel logiciel LLM. Mais figure c'est un grand défi. On a trois grands défis. On a le défi climatique qui n'est pas neutre hein, il est existentiel. On a le défi du digital et de l'intelligence artificielle. On a le défi démographique. J'ai proposé au syndicat il y a maintenant 2 ans et demi qu'on travaille ensemble sur ces sujets-là. Et ben je peux vous dire qu'on avance pas très vite et moi je veux avancer vite. On en reparle dans quelques minutes. Patrick Martin génération empêchée. Pourquoi la jeunesse doit être une grande cause nationale. Vous êtes le
dirigeant du MEDEF. Votre livre est publié aux éditions de l'observatoire. On va évoquer avec vous dans quelques minutes de la politique. Vous nous direz pour qui vous allez voter. Vous m'a dit que vous alliez me le dire. Et puis vous allez également évoquer la dette de la France puisqu'il paraît qu'on est endetté. et Patrick Martin 8h sur France Culture. Les matins de France Culture Guillaume Erner 8h21 nous sommes avec vous Patrick Martin. Vous dirigez le MEDF. Vous publiez Génération empêché aux éditions de l'observatoire où vous plaidez pour une meilleure prise en compte de la jeunesse dans notre pays. Mon camarade Jean les Marie vient de consacrer son billet politique à ce livre de Davet
Elom qui vient d'être publié qui parle beaucoup apparemment de d'un autre patron. Vincent Boloré. C'est un patron comme les autres pour vous ? Je ne l'ai jamais rencontré, mais à vrai dire, si je le rencontrais, je je discuterai avec lui comme avec qui que ce soit, hein. Non, je j'ai bien entendu he la la chronique euh et je vais lire le livre. Euh quelle est la part de marché du groupe Bolloré dans les médias ? Euh moi je pense que ce qui est important pour notre pays, il y a un certain nombre de menaces, celle-là, mais peut-être d'autres, c'est qu'on a une pluralité de l'information. Je crois pas beaucoup me tromper en disant que la part de marché donc dans les différents médias de Bolloré, c'est quelques pourc. On peut dire c'est trop euh il y a toutes les
sensibilités. Il y a pas que le quantitatif, il y a aussi la guerre culturelle. Et cette guerre culturel, elle est menée de manière particulièrement agressive par le groupe Boloré. Je pense qu'il y a d'une manière générale une agressivité dans le débat public qui augmente et c'est très préoccupant. Alors est-ce que c'est du fait des des médias du groupe Boloré ? Je ne le dirai pas comme ça, mais plus généralement quand on en arrive à à des menaces personnelles sur certains personnages de l'État, je pense à ce qui a été dit par exemple sur le gouverneur de la Banque de France, tout ça est extrêmement grave pour la démocratie alors que les médias sont forcément des caisses de résonance pour ces ces expressions là mais nous on appelle à beaucoup de d'abord du respect et
beaucoup plus de modération dans les expressions. Est-ce que l'extrême droite vous vous fait peur Patrick Martin ? À certains égards, l'extrême droite nous fait peur. Effectivement, nous on est pour d'abord, on est pour l'Europe, on est pour la liberté d'une manière générale. Euh on est très décalé des des positions de l'extrême droite, par exemple sur l'immigration économique choisie, hein, j'insiste économique choisie. Et puis euh euh on est on est libéraux en toute chose. Euh les positions de d'une certaine extrême droite sont très étatiste et on pense que ça va à contresens les intérêts du pays. Mais alors justement [rires] Jordan Bardella apparemment avait essayé de vous séduire d'ailleurs vous-même personnellement Patrick Martin. Il vous a convaincu Jordan Bardella ?
Non, il a pas essayé de me séduire personnellement mais il a essayé de faire en sorte que le MEDDF soit convaincu de son orthodoxie. Mais qu'il a essayé, c'est une bonne guerre, je dirais. Et d'autres ont essayé aussi hein. Euh c'est dans l'ordre des choses, qu'il y soit parvenu. Non. Et d'ailleurs moi je Pourquoi ? Qu'est-ce qui qu'est-ce qui vous rend sceptique dans la démocrat ? C'est les les points que je viens d'évoquer, hein. La sincérité de l'engagement européen du Rassemblement national, son libéralisme ou son étatisme. Nous, nous sommes libéraux, ils sont encore largement étatistes et puis un certain nombre d'autres sujets qui sont très sensibles y compris sur le plan des valeurs. Jean les Marie, au cœur du projet du Rassemblement national et de Marine Le Pen, il y a la
préférence nationale ou priorité nationale. Qu'est-ce que ça signifie pour vous ? Alors, je vais commencer par vous dire queon ne se lève pas tous les matins en pensant au Rassemblement national, pas plus d'ailleurs qu'à LFI ou à qui que ce soit d'autres parce que notre préoccupation numéro 1 en ce moment, c'est la croissance, l'emploi et la compétition internationale. C'est à travers cette grille de lecture qu'on apprécie les les uns et les autres. Euh la préférence nationale, moi j'ai toujours pas bien compris ce que c'était. Je viens de m'exprimer à l'instant sur l'immigration économique choisie parce que la démographie fait que le le le manque de d'efficacité qu'on a pour offrir des débouchés professionnels aux jeunes fait que donc tout ça sur le plan du principe et sur
le plan de l'opérationnalité nous nous interroge à tout le moins nous interroge. Vous évoquez là le Rassemblement national mais c'est à propos d'une déclaration sur Jean-Luc Mélenchon. Encore une fois que vous avez suscité des commentaires récemment Patrick Martin en expliquant que si euh LFI était au pouvoir, vous fuiriez le pays. Euh si le Rassemblement national accède au pouvoir, fui-vous le pays ? Alors d'abord, je ne me livre jamais à [raclement de gorge] des attaques personnelles. C'est pas à Jean-Luc Mélenchon que je m'en suis pris, je ne me le permettrai pas, pas plus que à qui que ce soit d'autre. Jordan Bardella y compris. C'est terrible que dans notre pays on en soit là. Ça rappelle d'ailleurs un petit peu ce qui se passe aux États-Unis et que certains dénoncent
en faisant la même chose chez nous. Bon, quand à l'époque monsieur Trump a accablé le président de la réserve fédérale, qui est la Banque des États-Unis et que je vois aujourd'hui que le gouverneur de la Banque de France est nominativement pris à partie et menacé de poursuite, je trouve ça effrayant. Effrayant. Donc je n'attaque pas les personnes. Ensuite Lille qui est très habile, très habile a tronqué une de mes déclarations de la semaine dernière où je disais que oui, en réponse à une question d'un auditeur, que oui, certains chefs d'entreprise pourraient être tentés de quitter la France, ça ne serait pas mon cas, mais que comme d'autres, par nécessité, je serais très attentiste en matière d'investissement et en matière d'embauche. C'est une évidence. Que voulez-vous quand on vous
accable, quand on vous stigmatise, quand on ne prend pas en compte le fait que ce sont des entreprises qui tirent le pays ? Enfin, j'évoquais tout à l'heure le fait que 75 % des emplois, et ça n'est d'ailleurs pas assez, se trouvent dans les entreprises privées et qu'on vient canarder les entreprises privées. Je trouve ça incompréhensible et sans prendre à ma personne, c'est d'une facilité, j'allais dire, c'est d'une lâcheté extraordinaire. Alors, il y a Sophie en dénaturant mes propos, il y a Sophie Binet justement qui qui n'est pas contente de vous. C'est la secrétaire générale de la CGT. Elle s'exprime longuement aujourd'hui dans Libération. Dans Libé, on lui dit Patrick Martin donc vous-même s'inquiète de voir la CGT politiser à Outrance. Je cite et elle répond. J'ai été scandalisé
par cette déclaration. Patrick Martin n'est pas mon patron. Nous n'avons pas de lien de subordination avec le MEDF. Il n'a pas à dire qui ce qui peut s'inscrire pardon dans la démocratie sociale ou pas. Alors, je jamais eu ni la prétention ni l'ambition d'être le patron de ce fibinet. Mais la réciproque est vraie hein. Chacun est à sa place, chacun est dans son rôle. Mais alors, apparemment vous vous considériez que la CGT n'était pas à sa place. Non. Alors, d'abord, il y a rien de personnel. Elle s'en prend à moi nominativement. Enfin, ça devient une manie, hein. Ah, vous êtes le patron des patrons. Oui, mais enfin moi je je ne prends pas à partie ce fibinet avec qui on travaille. on a des désaccords de fonds objectifs, c'est dans l'ordre des choses. Ça a toujours été le cas avec la
CGT. C'est pas nécessaire de de monter dans les tours ainsi. Non, moi ce que ce dont je me suis ému, c'est du fait que certains certaines organisations syndicales qui pour des raisons qui leur appartiennent et que je ne juge pas sont très focussés sur le le politique par voie de conséquence soit un peu moins engagé en matière de démocratie sociale. Or, moi je pense que la démocratie sociale est plus que jamais nécessaire. précisément au regard d'une forme de dérive du débat politique à proprement parler. Et donc si nous partenaires sociaux, nous n'assumons pas nos responsabilités, j'évoqué tout à l'heure les grands chantiers du dérèglement climatique, de l'intelligence artificielle, de la démographie, d'autres le feront à notre place et les premiers à s'en plaindre le jour venu,
ce seront les syndicats qui n'auront pas pleinement assumé leur rôle de démocrates sociaux. Patrick Martin, pour en terminer avec la politique, presque la politique politicienne, vous allez voter Raphaël Gluxman ? Non, je n'ai pas voté ni Raphaël Cluxman, ni qui que ce soit dans cette primaire. Et à la présidentielle ? Ah ben je vote à la présidentiel. C'est un choix personnel et pour tout vous dire à ce jour, il n'est pas fixé. Pas fixé. Vous hésitez entre qui et qui ? Vous pouvez nous dire entre nous ? Oui, on est entre nous. Ça ne sortira pas d'ici. Non, enfin il y a une offre qui n'est pas stabilisée, c'est moins qu'on puisse dire. Il y aura peut-être de nouvelles candidatures qui émergeront. Non. Euh mais plus fondamentalement, ce qui me préoccupe à titre individuel, mais en tant que
président du MEDF, euh c'est qu'on a une meilleure prise en compte de la réalité de la situation et en particulier de la brutalité, de la violence de la compétition internationale, y compris sur le plan économique. Je suis très choqué, très choqué et très inquièbrre de voir qu'on a un débat politique français qui est très autocentré. Or, y compris par rapport à des pays directement voisins, je pense à l'Espagne où j'étais il y a une semaine, on est en train de décrocher. On ne règlera pas les problèmes d'emploi et de pouvoir d'achat si on ne génère pas de la croissance. Qui parle de croissance ? J'en Marie. Et à cet égard, je reviens, c'est monopisme à la politique. Encore une fois, dans le programme du Rassemblement national, vous voyez Patrick Martin à la
fois du bon et du mauvais. Y a-t-il une attraction fatale vers le Rassemblement national au sein du MEDEF aujourd'hui ? Aucune Aucune. Alors, je vous cache pas que certains de nos adhérents par défaut pourrait s'orienter vers le Rassemblement national de peur que LFI accède au pouvoir. Je l'assume, je le dis, je l'ai je l'ai dit la semaine dernière, je le redis ici et en insistant sur le fait que les filles a déformé mes propos, ça devient une manie chez eux. Mais il y a pas il y a pas un engouement, je dirais pour pour le RN. D'abord, on attend tous de voir quelle sera l'offre politique à ce moment-là. J'ai simplement signalé que sur les impôts de production, une profonde anomalie française qui pénalise notre compétitivité, qui pénalise notre
croissance, qui pénalise l'emploi, il y a une avancée du Rassemblement national qui va dans le sens de ce que demande le MEDEV depuis plus de 10 ans. Alors justement Patrick Martin, on va parler de la situation économique de la France avec la question de la dette, une dette qui pèse de plus en plus lourd. Et alors peut-être faut-il l'expliquer au aux auditeurs. Donc la France emprunte à 10 ans à 5 %. C'est un chiffre qui peut paraître assez abstrait. C'est moins abstrait quand on est chef d'entreprise et qu'on emprunte de l'argent. Vous empruntez à quel taux vous ? Bon, ça dépend des on a toute une série dans mon entreprise, on voulait dire hein euh on a on est sur des taux variables, la BCE augmenté ses taux euh et puis il y a les
marges des banques empreinte à 3,5 4 et demi selon les tranches d'emprunt que qu'on a pu contracter. Justement 4 et demi c'est déjà élevé. Jusqu'à quand ? puisqu'il y a un lien évident entre le taux d'endettement de la France et le taux auquel les entreprises par exemple souscrivent des prêts. Jusqu'à quand on considère que ces taux sont soutenables ? Ben d'ors et déjà, ils ont un effet très négatif sur l'ensemble de l'économie. On parle de la dette publique qui est quelque chose d'assez abstrait en définitive et les montants même sont assez abstraits quand on arrive à des milliers de milliards. Mais ça impacte dans et déjà les particuliers à travers le crédit à la consommation, le crédit immobilier, les entreprises sur leur crédit d'investissement et leur crédit de
trésorerie. Donc il y a un phénomène d'étouffement à la fois de la sphère publique et de la sphère privée. Raison supplémentaire pour qu'on mette bon ordre dans les finances publiques qui sont en pleine dérive. Alors, qu'est-ce qu'il faut faire ? Mais il faut faire des économies pour commencer, hein. On on est rattrapé par la patrouille actuellement, par les taux d'intérêt. Moi, je je ne pronontique pas le l'arrivée du FMI, de la BCE dans les mois qui viennent. Bah, si économiste le le fait pour vous, j'ai la couverture sur la crise obligatoire. Alors, je m'incline. Euh non, mais le le Non, vous pouvez ne pas vous incliner devant économiste, mais il faut que vous m'expliquiez pourquoi pour vous euh les taux vont baisser si vous considérez que je ne dis pas que non, mais il y a une
composante internationale dont on n'est pas maître qui notamment au prix des hydrocarbures. Bon, tout ça, on le subit comme tout un chacun, mais il y a une composante spécifiquement française qui est extrêmement grave et sur laquelle on a la main. Donc à un moment donné, il faut prendre acte du fait que nous avons des politiques et notamment des politiques sociales dont on n plus les moyens. Je ne m'en réjouis pas, c'est un état de fête. Le creusement des déficits et de la dette tient essentiellement à nos régimes sociaux. Alors, on peut euh on peut se dire que rien ne nous arrivera jamais. On peut imaginer qu'on va effacer la dette, ce qui est une vue de l'esprit. À un moment donné, il faut prendre acte de ceci et faire des choix courageux. Mais faire des choix
courageux, c'est surtout se mettre en perspective. Je reviens à ce que je disais sur la jeunesse tout à l'heure. Il faut donner un projet à ce pays qui à un moment donné et pour les entreprises y compris un moment plus difficile parce que il va falloir remettre de l'ordre dans nos finances publiques comme tous les autres pays l'ont fait. J'étais en Espagne donc la semaine dernière. Les Espagnols nous regardent avec une forme de condescendance mais ils ont porté l'âge de départ en retraite. Les socialistes ont porté l'âge de départ en retraite à 66 ans. L'Espagne cette année va avoir un taux de croissance six fois supérieur au nôtre. Et là, on a moins de problème de pouvoir d'achat. Là, on a moins de problème d'emploi. Monter monter l'âge de la retraite à 66 ans ?
Mais certains ont proposé 65 ans. Euh donc vous vous proposez quoi Patrick Mar ? Alors, je commence par dire que c'est pas un sujet directement pour les entreprises. Moi j'ai des adhérents qui me disent vous avez des vous avez des opinions ? Non. Alors, je je vais y venir mais j'ai beaucoup d'allérent on se fout du sujet des retraites. C'est pas notre sujet direct. Non, mais c'est le sujet mais alors je complète et je corrige. Euh c'est un sujet macroéconomique précisément lié au fait que le déficit chronique habissal et croissant des retraites pèse sur les finances publiques, pèse donc sur les taux d'intérêt, pèse sur la solvabilité de la France. C'est en cela que ça intéresse les entreprises. Une fois que j'ai dit ça, il y a un autre une autre dimension,
c'est que le fait qu'on travaille plus dans ce pays, les jeunes pour commencer, je réinsiste là-dessus, mais également les seniors, ben ça génère de la richesse et à la fin des fins, c'est la quadrature du cercle si vous voulez. Si on veut pas travailler plus, faut pas s'étonner que le pouvoir d'achat souffre, ce qui est terrible bien sûr pour les les particuliers, mais pour le pays d'une manière générale. Faut pas s'étonner que la compétitivité de la France se dégrade. Tout ça, c'est le bé àabas de l'économie. à un moment donné, ça serait peut-être bien que nos politiques parlent d'économie et au passage parlent d'entreprise. Mais alors justement hier, il y a eu le prix Nobel d'économie qui a été attribué à deux Américains Hall et Woodford. Leurs travaux portent notamment sur la
manière dont le discours des banques centrales et des États peut être performatif, donc peut avoir une conséquence sur la réalité. Aujourd'hui, pour faire baisser les taux, on attend un discours qui qui ne reste pas uniquement que discursif, hein, de la puissance publique qui euh bon peut-être évoquerait une forme d'austérité et de rigueur. Donc concrètement, il y a le levier de l'âge de la retraite et il y en a 1000 autres, hein. Et si on considère d'évoquer, si on veut d'abord évoquer les dépenses, on va parler aussi des économies, mais pour les dépenses, elles vont dans les retraites, dans la branche maladie de la sécurité sociale. Donc le chômage, il faut couper dans quoi ? Le chômage. Non, vous les coupez dans le chômage, il faut il faudra
avec 22 % des jeunes au chômage. Mais j'ai commencé par là, cher monsieur. Je je m'en souviens par dire il faudrait qu'on ait plus de gens qui soient au travail et donc si on a des jeunes mieux formés, mieux orientés, il y aura plus de jeunes au travail et ça contribuera pour partie. Non, mais ça peut aller assez vite. Moi moi mon mon objectif et mon engagement, c'est qu'on divise par de le taux de chômage des jeunes qui est de 22 %, c'est-à-dire le double de la moyenne européenne dans les 5 ans. Bon, c'est ambitieux mais c'est pas irréaliste. Donc, si on a plus de gens qui travaillent, on équilibre mieux nos régimes sociaux et on crée de la richesse. Dans la réforme des retraites proposées par madame Borne et malheureusement suspendu, le principal rendement, il était pas sur l'équilibre
direct du régime, il était dans la création de richesse et d'emploi. Donc, il faut se mettre ça en tête. Ça plaît, ça ne plaît pas. C'est une réalité. Mais la préoccupation des Français, la première préoccupation des Français, quelle est-elle ? Le pouvoir d'achat. Il faut générer de la richesse. Et pour générer la richesse, il faut deux choses. Travailler plus, travailler mieux par ailleurs et par ailleurs, attirer et faire s'investir des capitaux. On prend pas exactement cette direction actuellement. Alors, moi, je vais vous proposer des pistes d'économie. Euh le CICE, les entreprises sont très aidées. On pourrait par exemple diminuer le CICE, diminuer le pacte du trail. Alors et c'est un peu technique mais le pact du trail, il partait d'une intention qui était d'aider la transmission
d'entreprise et puis il a été largement ou en partie détourné de son utilisation. On est trop généreux vis-à-vis des entreprises en France. Patrick Martin. Alors, je vous invite à prendre connaissance si vous l'avez pas déjà fait d'un rapport sénatorial qui est sorti il y a 15 jours qui confirme que les entreprises françaises sont parmi les plus taxées au monde. Alors alors sur le pacte du trail, je pense que tout le monde reconnaît aujourd'hui qu'il y a eu un dévoiement du processus. Mais regardez le nombre de pays où il y a pas de droits de succession sur les entreprises. Et je vous parle pas de pays exotiques, je vous parle de pays européens Suède qui est un pays exemplaire et emblématique. Donc on peut discuter de faire bien qu'on rentre dans un débat
technique mais vous savez bien que je veux qu' un débat technique. Typiquement le CICE n'existe plus. On a en face des allègements de charge. Très bien. Qu'est-ce que fait le gouvernement ? Qu'est-ce que prévoit le gouvernement pour 2027 ? qu'il prévoit à travers le rabotage de ces allègements de charge et à travers un transfert au complémentaires santé de dépenses de santé, donc un transfert aux entreprises et aux salariés, un renchérissement du coût du travail de plus de 12 milliards d'euros. Au même moment où à bon droit les salariés nous demandent des augmentations de salaires au regard de l'inflation, au regard en particulier du prix du carburant. Quand vous amputez les marges de manœuvre des entreprises de 12 milliards d'euros, c'est autant d'argent qui est plus disponible. Je
finis là-dessus en vous disant que je ne comprends pas que certaines formations politiques, certains syndicats se réjouissent de la réduction des allègement de charge alors que précisément il demande des revalorisations salariales. à un moment donné 1 € reste 1 € tout simplement parce que le disons que la libération des bénéfices entre le capital et le travail s'est fait au détriment du travail depuis de nombreuses années et c'est ça en fait qu'il demande de rééquilibrer. Je ne sais pas d'où vous sortez ce chiffre. Alors je vais vous donner un autre exemple. Non non mais non mais je développe. Non je développe. Très intéressant cette discussion. Elle est même elle est fondamentale si si je peux me permettre. Vous pouvez prendre des chiffres dans tous les sens. Ce qu'on
appelle le partage de la valeur ajoutée est en France un des plus équitables au monde. On en a pris acte avec les organisations syndicales. Ça a d'ailleurs donné lieu à un accord national interprofessionnel. [souffle coupé] Bien, non seulement c'est un des plus équitables au monde, mais il ne s'est pas déformé au détriment des salariés et au bénéfices des actionnaires sur les dernières décennies. Donc à un moment donné, bien sûr qu'il peut y avoir des comportements individuels qu'on peut apprécier diversement. Voilà, c'était à ça que je voulais vous entraîner. Je Mais moi faire d'acc individuel une généralité alors que la généralité n'est pas celle-là. Moi, je veux crever cette baudruche. Ça n'est pas vrai que les entreprises françaises sont inéquitables, je dirais, dans la
répartition de la valeur ajoutée. Non, ce que ce que je voulais évoquer avec vous, c'est le comportement. Alors évidemment, on n'est pas dans le cadre des PME, on est dans le cadre des grandes entreprises, mais vous le savez fort bien, en matière de taxation en France, il vaut mieux être milliardaire plutôt que d'être salarié. Mais on parle de quoi ? Des entreprises ou des actionnaires ? Non, là on parle des actionnaires et de ceux qui possèdent les moyens de production. Par je parler des entreprises, je ne suis pas d'accord avec vous parce que il y a mais c'est délibéré, il y a cet amalgame qui est fait entre les patrimoines et les revenus. Moi je vais prendre un cas que je connais bien les inégalités elles sont beaucoup plus de patrimoine je vais prendre le cas de mon entreprise qui
apparaît-il d'une certaine valeur elle est pas à vendre elle est 100 % un milliard de elle fait un milliard de chiffres d'affaires. Ouais elle elle apparaît-il d'une certaine valeur ? Elle est pas à vendre elle est 100 % familiale. Nous en sommes à la 8e génération je l'assume et je le revendique et je n'ai pas prévu de quitter la France. Bien donc cette entreprise a une certaine valeur théorique. Il faudrait en application de ce raisonnement que je paye chaque année prenons à taxe Zutman 2 % 6 7 8 millions d'euros. Ça tombe mal. Je ne me distribue pas de dividende. Je suis l'actionnaire majoritaire. Quelle serait la solution ? D'abord que l'entreprise arrête d'investir ensuite que je la vende bien c'est pas du tout mon projet. Quoi qu'il en soit, on appauvrirait l'entreprise et
moi je n'aurais pas les moyens de payer ça. Voyez, je vais pas chercher ça dans les livres, c'est mon cas. Siè à la bourresse depuis 1829. Donc si on va avoir la démonstration inconcrito que ce raisonnement est absurde, la voilà. Mais vous savez bien qu'aujourd'hui les inégalités de patrimoine, je Mais c'est quoi une inégalité de patrimoine ? Nu, moi 95 % je sais pas, on peut demander à Bernard Arnaud ce que c'est. Moi 95 % de mon patrimoine est dans mon entreprise. Je viens de vous [raclement de gorge] dire que je ne me distribuais pas de dividend. Mais je parle pas de vous connais pas les choses personnellement. Mais si parce que c'est la vraie vie. Moi j'ai pas besoin de parler de Berin Arnaud pour un vraie vie. Enfin mais mais je suis je suis le premier
président du MDAF d'origine provinciale à la tête d'une entreprise familiale intégralement depuis une génération. Cons vous considérez vous-même que vous êtes une singularité à cet égard ? Mais non mais non. Au MDAF, nous avons 240000 entreprises adhérentes, donc beaucoup de petites de moyennes entreprises. 95 % de ces entreprises sont des entreprises patrimoniales, familiales. 95 % on sonore d'avoir d'autres entreprises, mais c'est ça la réalité du tissu économique français. Donc si vous voulez dissuader l'entrepreneuriat, vous appliquez ce genre de taxe. Patrick Martin, est-ce que ça veut dire que dans le cadre si la dette doit être résolue, il faudra que les Français fassent des efforts ? Nous dit-on. Est-ce que vous êtes en train de me dire que les entrepreneurs ne feront pas
d'efforts, ne prendront pas part à cette politique de rigueur si elle survient l'année prochaine 20 milliards 20 milliards de taxations supplémentaires sur les entreprises. On nous raconte beaucoup de choses derrière. Je parle pas des entreprises, je parlais des entrepreneurs, autrement dit des personnes physiques qui possèdent les moyens de production pour parler en bon mar. Il y a un certain nombre de de mesures qui ont été adoptées il y a déjà un an ou deux sur la taxation des hauts revenus et il y a un resserrement du dispositif du trail. Je parlais pas des revenus, je parlais des patrimoines. Je vous parle du du du trail. Ça concerne les patrimoines. Donc à la fin des fins, est-ce que ça va générer 1 € de richesse de plus dans ce pays ? Non mais là l'idée c'est pas de de générer
des richesses, c'est de générer euh de l'argent pour payer les déficit. Moi, si vous voulez, chacun sa grille de lecture, moi, mon objectif, c'est que ce pays soit plus prospère. Voilà. Et pour qu'il soit plus prospère, il faut générer plus de richesse. Comment peut-on générer plus de richesse ? Est-ce que c'est dans en piquant systématiquement dans la poche de l'un pour mettre dans la poche de l'autre ? Ça ne créera pas 1 € de richesse de plus. Pas de croissance, pas d'emploi, au contraire, il y a des gens qui lèveront le pied. Patrick Martin, génération empêchée. Pourquoi la jeunesse doit être une grande cause national ? éditions de l'observatoire. Une certaine jeunesse se met en place dans ce studio. Lucile Como, François Saltiel et Anne Lorchin pour le journal dans quelques instants.