Commission de la défense : audition d'Arthur Banga, Gilles Yabi et Karim Bitar - Cycle Afrique
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après avoir lancé ce matin le cyclearique avec l'audition de du professeur membé nous accueillons pour cette seconde audition monsieur Arthur Branca docteur en histoire et maître de conférence à l'Université oufouette boan que je remercie pour sa présence à nos côté et toutes les couleurs qu'il nous apportent ma ma veste paraî bien uniforme à ses côtés en visioconférence nous accueillons également monsieur Gill Yabi chercheur et président fondateur de wati qui est un un f tank citoyen de l'Afrique de de l'Ouest ainsi que Monsieur Karim bitard qui est professeur à l'École normale supérieure de Lyon et de et à l'Université de Saint-Joseph à à beyouth le thème reste le même les sociétés africaines leur transformation leur relations avec le pouvoir et et l'extérieur et j'espère que vous pourrez chacun revenir selon vos prismes respectifs sur les évolutions intrinsèques aux États africains aux société africaine et notamment sur le rôle joué par les sociétés civiles dans les grandes transformations qui sont à l' œuvre monsieur banga donc qui a à mes côté vos recherches portent particulièrement sur les relations sur les questions de défense en en Afrique l'armée ivoirienne bien sûr et sur les relations afro-fançaises mais je sais également qu'au-delà de ces travaux vous menez des réflexions sur plusieurs questions d'ordre général dans le débat public et vous êtes notamment l'un des chroniqueurs médias les plus suivis en en Côte d'Ivoire monsieur Gilles Yabi qui est en en visioconférence vous êtes président fondateur de de watti mais également analyse politique et docteur en économie du du développement vous intervenez régulièrement dans les médias internationaux sur les questions de paix de sécurité de gouvernance politique et économique en Afrique de l'Ouest et j'imagine que vous aurez notamment accord de nous présenter votre fingtan qui je crois ce qu'oit comme une plateforme ouverte de de production et d'échange d'idées de connaissance et de formulation de pistes d'action pour transformer les sociétés W ouest africaines mais également pour nous livrer votre regard sur la consolidation démocratique en Afrique de l'Ouest à l'heure où les coups d'État se sont succédés dans la région et enfin Monsieur Karim Bitar ancienne élève de l'école national d'administration vous êtes également chercheur associé à l'IRIS spécialiste du Moyen-Orient et de la politique étrangère des États-Unis nous serions notamment heureux de vous entendre et d'échanger avec vous sur les dynamiques propres aux sociétés du Maghreb ainsi Messieurs je vous laisse la parole sur tous ces points et bien entendu sur l'ensemble des sujets que vous souhaiteriez aborder si vous le souhaitez on peut commencer par Monsieur banga vous avez la parole ok d'accord bonjour monsieur le Président et bonjour chers honorables députés je suis très content d'être avec vous ce matin pouvoir euh aborder la question qui nous qui nous réunit ce jour dans cette commission de défense déjà je me réjouis que euh même s'il y a une vieille tradition de rapport parlementair sur les relations entre Afrique et la France mais je me réjouis que que cette question sorte du précaré présidentiel et retombe à l'Assemblée nationale donc devant le peuple puisque vous êtes représentant de ce peuple là et et donc c'est c'est vraiment intéressant que la question aujourd'hui des relations entre la France et l'Afrique soit abordé par le bas et par les représentants du peuple plutôt que de rester de façon très institutionnelle et très présidentielle bien euh la réflexion que je vais vous proposer va passer en partie sur la sociétés civiles africaine leur transformation leur regard et aussi leur leurs attentes hein face au pouvoir et surtout face aux relations de extérieur de l'Afrique euh en gros les les sociétés civiles africaines à l'image hein de des sociétés générales en Afrique sont en pleine transformation transformation euh liée à la jeunesse du continent on a un continent qui a un peu plus de près de 3 cas de sa population euh en dessous de 35 ans euh et donc une jeunesse beaucoup plus euh éduqué instruite éduqué et surtout beaucoup plus connecté ça c'est très important de telle sorte que tous les changement ou ou tout ce qui se passe dans le monde aujourd'hui euh se retrouve très facilement euh euh et même souvent dans les coins les plus reculés que vous pouvez d'Imagine d'Afrique donc c'est un grand changement euh par rapport aux années passées où il fallait attendre je pense tout le monde avec il fallait attendre que l'information tombe et chez des experts et tout et donc cette ouverture de la jeunesse africaine et des sociétés civile africaine en général fait qu'elle est très au courant et qu'elle s'intéresse de plus en plus aux questions internationales au rapport que le continent peut avoir avec d'autres acteurs notamment l'acteur les acteurs africains alors qu'il y a quelques années c'était des questions d'experts ou des questions de diaspora de gens qui s'intéressaient aujourd'hui parler de de la France en Afrique parler des États-Unis en Afrique parler de la Russie en Afrique ça se retrouve on en parle partout dans le continent et c'est c'est assez intéressant de de de voir ce changement on parle aussi des jeunesses mais aussi des femmes hein qui qui font une bonne moitié de la population qui aussi qui ont été longtemps euh loin de ces questions et qui commencent à s'y intéresser parce que éducation formation connexion au monde entraîne cette transformations qu'on peut avoir dans la société africaine et donc on est donc sur une vraie transformation de la société africaine hein des sociétés africaines j'ai envie de dire chacun avec ses attentes une transformation qui s'accompagne qui qui s'inspire des transformations mondiales et des ruptures mondiales et une transformation qui permet justement au au continent africain de voir tous ces changements et toutes ces ruptures géopolitiques d'un point de vue mondial aujourd'hui vous allez ouvrir tomber dans un quartier d'Abidjan on vous parlera de ce qui se passe en Israël on vous parlera de ce qui se passe en Ukraine voilà et donc ça c'est ce changement assez important et finalement cette cette société civile elle va s'organiser elle va se structurer euh déjà par rapport au pouvoir en Afrique hein même euh même s'il y a une partie de cette de cette société civile qui peut être inféodé en quelque sorte au au aux différents pouvoirs qu'on peut avoir hein il y a une bataille de sociétés civil souvent dans les espaces publicques africains entre les sociétés civiles proches du pouvoir qui vont essentiellement essayer de de redonner ou d'amplifier les idées les pensées euh des pouvoirs mais il y a une société civile euh au sens propre de ce thème qui s qui s'attache à des questions qui s'attachent à la transformation de la société et qui s'attache de plus en plus à la vie internationale au rapports internationaux qu'on peut avoir sur le continent euh malheureusement elle peut être souvent persécuté hein dans dans dans sa façon de voir et dans sa façon de de s'exprimer et quand elle est persécutée elle peut elle peut porter la responsabilité de cette persécution d'abord au pouvoir qu'on peut avoir en Afrique mais aussi à ceux qui sont vus comme des partenaire de ce pouvoir et ça assez intéressant pour pour comprendre la suite de mon propos qui va arriver et donc mon propos va se va se va se cibler maintenant sur l'essentiel de de de notre de notre discussion je pense comment cette société civile au-delà la société africaine perçoit aujourd'hui ses relations avec le monde extérieur et et et avec la France et l'Europe et comme je l'ai dit au début de mon propos à l'enterme de mon propos c'est des questions qui deviennent de plus en plus présentes de plus en plus présentes parce que euh il y a cette transformation de la société don que j'ai évoqué mais il y a aussi cette connexion entre des problèmes j'ai envie de dire nationaux qui peuvent avoir des ou des interprétations internationales je prends l'exemple par des des des 3è mandat sur sur le plan démocratique par exemple on voit très bien que c'est une question nationale mais qui va toucher tout de suite parce que les positions les rapports que que l'extérieur peut avoir avec un président ou avec un régime qui va poursuivre son mandat ou avec un régime qui va être dictatorial peut un peu alimenter la réflexion c'est-à-dire on peut aller au-delà d'un régime dictatorial d'un régime qui qui qui prolonge euh son temps au pouvoir pour dire que pour pour arriver à la conclusion de se dire il le fait parce qu'il a des soutiens il le fait parce que le la communauté internationale ou parce que dans ses relations internationales il a du poids et donc finalement cette contestation interne va avoir une bonne part de son explication externe euh aussi sur le plan social parce que face à la face à la pauvreté face aux difficultés on va chercher des ressorts des ressorts par exemple dans le franc CFA pour pour ce qui est du monde francophone expliquer que tous ces frein de développement peuvent s'expliquer par euh par par cette monnaie en partie ou par le poids important que vont prendre des entreprises internationales hein dans le système économique local donc voyez des questions euh qu'on pourrait penser nationales mais qui sont très bien interprété très bien discuté sur le plan euh des des rapports que l'Afrique peut avoir la même chose sur la question de la sécurité hein notamment dans la lutte contre le terrorisme euh quand on voit par exemple euh que après des années d'intervention ne trouve pas de changement par exemple on l' vu avec la présence de Serval et de barkanan par moment au Mali ça pose des questions de de de cette de cette relation qu'on peut avoir avec l'extérieur sans oublier le poids de l'histoire d'une histoire très compliquée he par par ses ombres et par ses lumières et surtout des regards et des perceptions qu'on peut avoir sur cette histoire hein comment les autres perçoivent ces relations donc tout ça sont des questions qui qui qui sont posées par cette société civile africaine euh euh en attendant de rentrer dans le fond du débat je pense aujourd'hui il y a principalement avec la France il y a des questions qui sont posées notamment j'ai parlé de la question du Fran CFA la question du soutien au démocratie la question des présences militaires et et de l'usage militaire la question d'une d'une sorte de euh j'ai envie de dire d'un héritage euh qui qui met en position de dominant et de dominer et souvent même de priorité je me rappelle quand quand l'ambassadeur LGBT devait arriver au Cameroun il y a une un petit TW qui a été assez intéressant assez repris pr les Chinois nous emmènent des infrastructures les Russes de la sécurité les Français nous envoient des homosexuels parce que c'est pas c'est pas la priorité du moment en quelque sorte on a l'impression que les agendas internationaux sont des agendas qui sont imposés et finalement cette société civile je pense doit avoir un rôle beaucoup plus important et c'est là qu'il faut saluer l'initiative de Montpellier mais au-delà l'initiative que vous avez aujourd'hui de parler je suppose que les chercheurs représentent aussi un parti cette société civile je pense qu'il faut continuer à travailler avec elle c'est par elle que peut venir une bonne partie de la transformation bien sûr il faut continuer avec le monde politique avec les les gouverns mais il faut continuer avec cette société civile l'accompagner dans cette transformation dans sa formation dans son résutage lui donner des outils et d'ailleurs c'est pour ça je que que je salue l'initiative de de Montpellier qui était de mettre en place la fondation de l'innovation pour la démocratie qui de qui doit normalement résauter accompagner toute cette société civile qui s'engage sur ces questions de démocratie si c question question d'écologie hein mais sur d'autres questions aussi et donc ce sont ces soutiens je pense elle doit prendre une place beaucoup plus importante dans la construction de de cette relation justement la construction à mon avis doit balancer sur le thème que j'emprunte souvent de coconstruction parce que justement coconstruction on doit pouvoir aborder ensemble et à tous les niveaux les problèmes qui seront commun voilà euh construction entre les dirigeants mais queonstruction aussi avec le peuple hein avec les sociétés civiles avec la diplomatie parlementaire que vous pouvez faire de votre côté mais il faut que ce soit ensemble que des projets soient montés en entendant en entendant les les les les remarques les critiques et tout ce qu'on peut avoir de négatif mais c'est ce bloc là qui pourra donner un avenir à à cette relation afro-française pour me terminer parce que je vois qu'il me reste à peu près 30 secondes euh les sociétés civiles africaines sont en pleine transformation en en pleine rupture et ça peut se voir et souvent comme toute rupture ça peut paraître brutal ça peut paraître abrut mais c'est nécessaire et la voie la voie pour construire l'avenir de nos relations et pour mieux prendre en compte un la place de l'Afrique dans cette dans cette relation c'est justement associer ces sociétés civiles à la construction d'un avenir afro-français voilà présenter en 10 minutes peut-être un peu un peu moins mon mon propos liminire en attendant d'avoir des discussions en profondeur merci cher arur pour ce cette présentation complète et dynamique j' l'IS presque dire inspirante sur ce qu'on peut faire ensemble et notamment avec les sociétés civiles effectivement on est aujourd'hui dans une démarche d'écoute et d'humilité vous entendre c'est pour nous extrêmement important la parole est désormais à gilab qui est en visionférence est-ce que vous nous entendez oui je vous entends très bien très bien vous avez la parole merci beaucoup alors par contre j'ai un écho mais j'espère qu'il ne va pas trop déranger j'ai un retour alors ça devra mieux il y avait un micro qui était resté allumé merciou oui ça va beaucoup mieux merci beaucoup euh mesdames messieurs les députés de la de la commission Défense de l'Assemblée nationale française euh c'est un un plaisir d'avoir cet échange avec avec vous ce matin depuis depuis Dakar au Sénégal où je suis basé euh et c'est évidemment aussi un plaisir de de retrouver d'écouter Arthur banga qui est un ami et et un collègue euh alors je pense que j'ai je je vais quand même dire deux mots sur sur watti euh bon j'ai été présenté comme président fondateur c'est vrai que ça rappelle un peu une chronique euh sur RFI d'un humoriste nigérien sur la République du gondouana qui n'est pas tout à fait démocratique et donc c'est vrai que le le dème de président fondateur n'est peut-être pas le plus approprié euh pour euh porter justement l'idée de l'idée de de de démocratie effective euh deux mots sur watti euh parce que je pense qu'il est important de situer la perspective à partir de laquelle je m'exprime euh c'est la perspective d'un thing tank ouestaricain qui est basé à Dakar qui est ancré dans dans la région euh et qui essaie de mettre au service justement de cette région euh une plateforme forme de euh de production et de circulation de connaissances et d'idées et d'animation de débat public sur toutes les questions qui nous sembl être les plus importantes pour le présent et l'avenir de la région ouestafricaine sachant que les frontières de cette région ne sont pas euh très précisément fixé pour nous c'est travailler sur l'Afrique de l'Ouest en donnant aussi le le signal que nous nous tenons compte de l'extrême diversité du continent africain que déjà dans l'espace ouestaricain il y a déjà beaucoup de diversité et qu'on ne prétend pas nécessairement avoir une connaissance suffisante euh de l'Afrique de l'Est de l'Afrique australe ou de de la Corne de l'Afrique ou de ou de l'Afrique du Nord mais la perspective elle est aussi panafricaine parce qu'il y a évidemment des leçons à apprendre de de euh des des uns des autres euh alors je en 10 minutes je vais essayer de ne pas reprendre ce qui a été euh dit très clairement par Arthur banga sur euh l'état des sociétés civil africaines et et leur rapport à la France je vais peut-être parler de manière un peu plus générale du regard euh déjà du monde sur l'Afrique en ce moment et et du regard des Africains sur eux-mêmes et un peu du regard des des Africains dans leur diversité sur la France euh et je vais commencer je ne suis pas sûr que ce soit le le bon moyen de de m'attirer de la sympathie par la citation d'un article de la presse des États-Unis un article du New York Times publié euh le 28 octobre donc il y a vraiment quelques semaines dont les titrre était the world is becoming more African euh donc le monde devient de plus en plus africain dans cet article on peut lire notamment en introduction ce ce ce ce ce texte des changements étonnants sont en cours en Afrique où la population devrait presque doubler pour atteindre 2,5 milliards d'habitants au cours du prochain quart de siècle une are qui non seulement transformera de nombreux pays africains selon les experts mais qui remodèlera aussi radicalement les relations avec le reste du monde les taux de natalité chutent dans les pays riches ce qui suscite des inquiétudes quant à la manière de prendre soin de leur société vieillissante et d'en assurer le financement mais le baby boom africain se poursuit à un rythme soutenu alimentant la population la plus jeune et la plus dynamique de la planète en 195 les Africains représentaient 8 % de la population mondiale un siècle plus tard il représent teront un/art de l'humanité et au moins un tiers de tous les jeunes âgés de 15 à 24 ans selon les prévisions des nations- Unies l'âge médian sur le continent africain est de 19 ans en Inde le pays le plus peuplé du monde il est de 28 ans en Chine et aux États-Unis il est de 38 ans fin de citation on retrouvera d'ailleurs cette données démographique dans le rapport d'information sur la relation la France et l'Afrique de vos collègues de la Commission des Affaires étrangères rapport qui a aussi été discuté très très récemment euh je cite aussi un autre article il y a quelques mois en mai dernier toujours des États-Unis du magazine Foreign Affairs euh et dont le titre traduit disait de l'économie mondiale dépend de l'Afrique un article de Goldstone et de John may euh et là aussi un rappelle que l'économie mondiale au cours des dernières décennies euh sa croissance a été bâtie de manièreès très forte sur la croissance de la Chine et que cette croissance de la Chine était très liée aussi au poids démographique de la Chine et au fait qui avait une main d'œuvre disponible et qui pouvait donc de manière très forte accélérer la la productivité en Chine et donc c'est la croissance chinoise qui a tiré d'une certaine manière une grande partie de la croissance mondiale et que ben maintenant on voit bien s'épuiser finalement les ressorts en tout cas démographiques de ces croissant chinoises et l'article mettait en évidence le fait que le seul réservoir de main d'œuvre aujourd'hui pour le monde c'est l'Afrique euh c'est elle qui fournira la très grande majorité c'est près de 90 % de la croissance nette de la main- d'œuvre dans le monde entre maintenant et 2040 ce qui me semble être particulièrement intéressant dans dans l'article du New York Times auquel je reviens c'est qu'il ne parle pas seulement de la démographie et de ce que cela implique sur le plan économique et notamment sur la main d'œuvre qui va être qui va être importante venant du du continent africain il met aussi en lumière bien sûr les dynamiques d'urbanisation mais aussi l'influence culturelle de de l'Afrique à travers notamment ses artistes ses musiciens et je suis sûr que vous êtes un certain nombre ou en tout cas peut-être vos vos enfants à connaître bernaboy Rema avant eux Angeli Kido pionnaire un peu de de de ces artistes africains qui euh se produisent partout dans le monde qui circulent partout dans le monde et qui aujourd'hui euh parlent en fait et atteignent la jeunesse euh en Europe en Amérique et même jusqu'en jusqu'en Asie et je crois que cette influence culturelle est aussi un élément très important euh justement de cette de cette proposition que le monde est en train de devenir de plus en plus africain et je crois que c'est un tourné historique euh c'est un tourné historique d'avoir un monde qui devient de plus en plus africain lorsqu'on connaît l'histoire de ce continent euh notamment les le dernier siècle et demi qui est quand même essentiellement un siècle de euh de domination de marginalisation euh d'exploitation euh de du du continent africain alors le continent africain n'est pas le seul à avoir connu évidemment euh ce ce type de de de de d'épisode historique euh mais c'est très clair qu'effectivement euh la période la plus récente est quand même celle d'une marginalisation du continent ce n'est pas celle d'une forte influence du du continent dans les affaires mondiales bien au bien au contraire donc ce qui est en train de se passer qui est d'abord lié clairement à la démographie et à la la différence re la démografie en Afrique et tout ce qui se passe partout ailleurs dans le monde avec soit de la décroissance de la population soit un ralentissement très clair de la croissance de la population partout ailleurs euh c'est c'est c'est historique et euh et ça va avoir effectivement des impacts importants sur les rapports de l'Afrique avec le monde mais aussi sur le regard des Africains sur eux-mêmes et je pense qu'on en est déjà là Arthur banga a beaucoup insisté sur le côté connecté euh de la jeunesse africaine et je pense que c'est un élément important euh à force de se concentrer sur euh les dégâts réel et important de la désinformation et de la mésinformation des manipulations diverses euh parle d'un très grand nombre d'acteurs euh internationaux euh on oublie peut-être aussi que l'Internet et la téléphonie mobilees euh ont fondamentalement apporté une diversité de perspectives une diversité de sources d'information pour les populations africaines en particulier et que ça ça aussi induit une forme de de relecture de l'histoire africaine de l'histoire de du rapport des pays africains avec les anciennes puissances euh colon colonisatrices et que cela aussi aujourd'hui participe un peu euh du changement dans la psychologie dans la perception notamment que les jeunes africains ont de en deux même de leur propre pays de leur propre culture de leurs identités multiples mais aussi de leurs rapport avec avec la France et avec tous les autres tous les autres acteurs internationaux h je crois que cela ne veut pas dire que les les défis ne sont pas monstrueux hein les défis lié à la démographie notamment du continent sur le plan euh sanitaire éducatif économique sont absolument colossaux et donc le fait d'avoir une population en croissance d'être le le réservoir de main d'œuvre du monde ne signifie pas que les les conditions de vie en Afrique vont nécessairement s'améliorer de manière significative tout dépendra bien sûr des choix politiques qui seront fait et de la capacité qu'on aura à redresser ce qu'on n pas fait en terme de politique publique pendant des décennies et à changé aussi le rapport au reste du monde euh ce qui me semblait important peut-être de souligner par rapport à la France en particulier euh c'est que euh on peut voir aujourd'hui en Afrique de l'Ouest et au Sahel euh un rejet alors pas un rejet de la France ce terme de sentiment anti-rançais euh très présent dans les médias je pense qu'il est il ne décrit pas la réalité parce que je n'ai pas connaissance d'actes ciblés sur des individus français dans qu'une capitale ouest-africaine euh même dans les pays saéliens où les relations diplomatiques sont les plus difficiles il y a un rejet une contestation de l'influence politique militaire et économique française telle qu'elle est perçue là aussi que cette perception soit exagérée et s tout à fait établie dans certains cas mais c'est une perception qui est aussi bâtie parfois sur des sur des faits et qui est bâtie surtout sur une histoire réelle effectivement de colonisation et de décolonisation et de prolongement de cette influence euh par euh par les des mécanismes que que tout le monde connaît aujourd'hui et qui ne sont pas spécifiques d'ailleurs hein à la France on a euh toutes les puissance grande et moyen dans le monde essaient de défendre leurs intérêts et le font euh voilà avec les moyens et la supériorité dont il dispose mais je crois qu'on a aussi aujourd'hui euh au-delà de de la situation dans le Sahel hein sur laquelle on pourra revenir on a ailleurs où il y a pas cette présence militaire française il y a pas eu des interventions euh militaires il y a aussi euh simplement la réalisation disons de la nécessité de passer à autre chose de tourner vraiment la page un peu de la de la de la décolonisation et des mécanismes qui ont été mis en place après cette c'est les indépendances formelles pour arriver à ce que les Ivoiriens appelai pendant la crise une deuxième indépendance pendant longtemps je trouvais ce terme pas approprié mais au fond lorsque je le réexamine aujourd'hui oui il y a un véritable sentiment de désir de deuxème indépendance euh qui traduit voilà l'état d'esprit d'une nouvelle d'une nouvelle génération euh qui euh même si elle n'a pas connu la colonisation et les et ce qu'on appelle communément la francearique euh évidemment elle lit elle s'informe peut-être pas toujours très bien mais elle a une une connaissance de ce passé et effectivement cela euh la pousse à demander une forme de de rupture je crois que euh j'ai déjà fait mes mes 10 minutes alors je vais essayer de conclure j'avais beaucoup d'autres éléments mais je pense que la les échanges les les questions permettront d'aller d'aller d'aller plus loin euh mais je je deux choses pour terminer la première c'est que je crois que du côté français il y a en particulier de besoin de de réaliser que à nouveau l'histoire coloniale et et encore plus l'histoire de l'influence française après les indépendances elle est extrêmement récente lorsqu'on considère la longue durée des états on parle de quelque chose d'extrêmement récent euh et donc on peut pas s'attendre à ce que cela ne compte pas et les effets politique économique symbolique de cette influence française sont encore présents et donc je crois que il est vraiment important de réaliser qu'il faut passer à autre chose euh et qu'il faut pas nier la nécessité le besoin pour euh les les jeunesses africaines euh bah de dire nous connaissons cette histoire et euh nous souhaitons maintenant avoir de nouvelles relations qui soient simplement au fond les mêmes qu'avec les autres partenaires euh dans le monde et le deuxième élément et je crois que ça aussi ça a été souligné dans le rapport d'information euh de vos collègues députés de la commission des affaires étrangères lorsqu'on regarde la perception de la France dans la région on voit bien que euh elle est euh très différente euh en Afrique de l'Ouest lorsqu'on compare à l'Afrique australe et et et et à l'Afrique de l'Est et on voit bien qu'évidemment c'est là où la France a été politiquement militairement économiquement très présence dans ses anciennes colonies que cette perception est la plus négative euh c'est tout tout à fait là aussi normal et je pense que c'est ce qu'on vit aujourd'hui c'est une forme de transition c'est une transition qui de mon point de vue est est naturel et sincrit dans la dans la dans la dans la longue durée et et enfin regardez simplement les chiffres à nouveau démographique la France et l'Allemagne lorsque vous combinez les populations de la France et de l'Allemagne en 2023 peut-être encore davantage lorsque vous regardez les prévisions pour 2050 et vous les comparez à la population du seul Nigéria vous comprenez qu'effectivement les poids démographiques ont changé et que c'est tout à fait naturel qui a aussi une demande de changement dans la forme et dans le fond de ces relations je vais m'arrêter là et je m'excuse d'avoir été un peu plus long que les le temps qui m'était imparti merci beaucoup bien et ben écoutez merci cher gilabi pour ce ce ce propos et merci d'ailleurs de nous montrer également qu'à Dakar il y a de la bonne connectivité réseau puisque précédemment on avait le professeur memb mais c'était plus un problème local qu'il avait sur son ordinateur qui faisait que la vio n'était pas de très bonne qualité alors que là vous nous avez montré que les conditions techniques étaient parfaitement réunies alors pour terminer ces ces introductions je vais désormais donner la parole à Gill Yabi est-ce que vous nous entendez euh pardon à autant pour moi à à Karim bitard autant pour moi Karim Bitar est-ce que vous nous entendez bonjour monsieur le Président oui je vous entends très bien je suis à Beyou côté un pays où parfois des problèmes de technologie peuvent également survenir compte tenu de la décpitude des infrastructures et bien pour l'instant la visionférence est de bonne qualité écoutez nous nous vous avez la parole euh donc merci monsieur le Président Mesdames et Messieurs les Députés donc je m'adresse à vous depuis beyouth et je faisais allusion au fait que ce pays traverse une véritable crise existentielle aujourd'hui encore plus fragilisé par la guerre en cours depuis les massacres du 7 octobre le pogrom qui a coûté la vie à plus de 1200 civils israéliens et la réaction euh des mesures mesuré de l'armée israélienne qui a déjà provoqué plus de 12000 morts donc ce que cette question vient rappeler à tous c'est la persistance de la question palestinienne euh sa centralité et son universalité et cela me permet d'aborder les question de l'Afrique du Nord et du Maghreb parce que euh c'est l'une des régions où l'on sent euh un sentiment de solidarité envers ce qui se passe à Gaza qui est particulièrement marqué on est en train de réaliser jour après jours jusqu'à quel point le monde dans lequel on vit est marqué par une stupéfiante interdépendance qu'il y a une charge émotionnelle extrêmement lourde et que ce qui se passe sous nos yeux est un conflit global qui n'est pas qui n'est pas possible de restreindre à une seule zone ce n'est pas un conflit de basse intensité ce n'est pas un conflit mineur ça se répercute à Tunis à Alger à Rabat et ailleurs euh donc pour évoquer les sociétés de l'Afrique du Nord et du Maghreb aujourd'hui je pense qu'il est indispensable de revenir 12 ans en arrière en 2011 ce à quoi nous avons assisté était une véritable rupture épistémologique avec la révolte de vaste frange de la jeunesse tunisienne qui a permis la chute de Monsieur Benali le 14 janvier 2011 nous avons vu pour la première prère fois des êtres humains de chair et de sang dans cette partie du monde qui avaient enfin la capacité de se faire entendre par les opinions publiques occidentales car l'Occident a longtemps perçu cette partie du monde l'Afrique et le monde arabo-musulman en particulier à travers certains prismes déformants des prismes ethnocentriques des prismes orientaliste et on voyait uniquement ce fameux triptique d'un côté l'idée qu'il y a un despote oriental qui est au pouvoir et Kaddafi était la parfaite illustration de ce despote oriental quelque chose qu'on appelait l'islam sans tenir compte de l'extraordinaire spécificité euh de l'extraordinaire diversité à l'intérieur de cette ère civilisationnelle qui regroupe des dizaines de pays des dizaines de langues des dizaines de mouvances religieuses et idéologiques et on voyait derrière le despote oriental derrière euh ce qu'on appelle l'islam dans en utilisant une expression englobante qui ne veut plus dire grand-chose il y avait aussi la question des ressources énergétiques bien évidemment donc derrière ce triptique despot oriental Islam ressource on ne voulait pas voir où on occultait les êtres humains de cher et de sang les populations les sociétés civiles qui se sont révoltés massivement c'était essentiellement des révolutions de la dignité ont réclamé le pain et la liberté mais surtout la dignité euh l'expérience tunisienne a montré qu'on a pu avoir pendant une période d'une décennie une transition démocratique qui malgré son incapacité à résoudre tous les problèmes sociaux et économiques ont quand même a quand même montré qu'il était possible de conjuguer un espace de liberté et une alternance au pouvoir puisqu'il y a euant plusieurs alternances malheureusement nous sommes revenu aujourd'hui à la case départ dans la quasittalité des pays de la région la contre révolution l'a emporté un peu partout et plus spécifiquement en Tunisie depuis que le Président actuel Kais said enseignant en droit constitutionnel a suspendu la Constitution commencer à emprisonner et à persécuter tous ses opposants les dissidents il incarne un phénomène de plus en plus répandu aujourd'hui à l'échelle mondiale un retour d'un national populisme d'un autoritarisme matiné d'une forte dose de conspirationnisme également vous avez peut-être vu récemment sa déclaration assez hallucinante où il évoquait l'ouragan Daniel en disant que c'était un complot parce que Daniel était le nom d'un prophète hébraïque donc vous voyez ce mélange de nationalisme d'antisémitisme de complotisme de populisme qui est de retour au pouvoir en Tunisie alors même que l'on espérait que ce pays allait donner un modèle pour une évolution démocratique libérale et progressiste pour tous les pays euh d'Afrique du Nord et également euh dans le reste du monde arabe donc retour à la ce départ en Tunisie et je me dois de pointer devant vous une certaine responsabilité française européenne occidentale en général dans le retour de cet autoritarisme on a le sentiment parfois vu du Sud global qu'il peut y avoir une préférence occidentale pour l'autoritarisme c'est-à-dire qu'on voit les dirigeants de la région essentiellement comme des gardes frontières comme ceux qui vont empêcher des vagues migratoires de déferler sur l'Europe et on a tendance à fermer les yeux sur leur dériv autoritaire liberticide et on gagne ainsi une stabilité à très court terme en plantant les germes d'une instabilité de plus long terme qui risque d'affecter non seulement l'Afrique du Nord mais également d'affecter l'Europe donc ce qui pass en Tunisie est particulièrement préoccupant on ironise là-bas en disant qu'à l'époque de Benali on avait un peu de développement économique on avait le pain mais on avait pas la possibilité de s'exprimer librement donc aucune liberté pendant la période de la transition démocratique qui a eu une certaines liberté d'expression mais la crise économique s'est aggravée donc pas de pain et aujourd'hui il y a plus ni pain ni liberté on est véritablement revenu à une période qui est infiniment plus inquiétante que celle que euh n'ont pu connaître les régimes les plus autoritaires du monde arabe pendant ces quatre dernières décennies euh en Algérie euh la situation est également préoccupante on a le sentiment notamment quand on étudie les relations franco-algériennes que la cicatrisation mémoriale n'a pas encore pu se faire que le passé reste extrêmement présent euh 60 ans après l'indépendance de l'Algérie a encore beaucoup de récrimination le passé n'est jamais mort il n'est jamais passé disait l'écrivain américain William fulkner et cela est particulièrement vrai dans les relations entre l'Algérie et la France on a le sentiment que des événements qui se sont produit il y a plusieurs décennies reste aujourd'hui capable de susciter des émotions à fleur de peau on voit parfois le président tboun utilisé d'une certaine rhtorique pour mobiliser son opinion publique contre la France on a également le sentiment que le Hirak le mouvement de protestation des démocrates et des libéraux algériens euh n'a pas eu le soutien qu'il aurait pu mériter de la part de l'Europe et du reste du monde euh donc il y a une sorte de consolidation autoritaire qui est toujours en cours dans la région le Maroc nous offre une situation un peu plus singulière le Maroc est confronté certes à des problèmes sociaux et économiques véritablement considérables il y a également certaines atteintes aux libertés publiques notamment au droits des journalistes qui doivent être signalés mais le a réussi quelque peu mieux à juguler cette colère populaire née en 2011 en réformant sa constitution et à offrir un certain modèle de respect du pluralisme le Maroc est l'un des pays de la région où il y a une communauté juive particulièrement présente qui a été protégée pendant la Seconde Guerre mondiale alors que certains pays européens persécutter les Juifs aujourd'hui le Maroc est l'un des pays qui sera affecté par ce qui se passe en Israël et à Gaza euh parce que c'est un pays qui avait euh joué le jeu des accords d'Abraham s'était rapproché d'Israël et on a vu que les opinions publiques n'étaient pas sur la même longueur d'ondte que les dirigeants et ça c'est un point commun de toutes les sociétés de la région une rupture entre les opinions publiques et les dirigeants qui ne sont plus représentatifs donc on en a eu euh un exemple au moment de la coupe du monde de football au Qatar lorsque l'équipe marocaine a commencé à gagner plusieurs matchs euh les joueurs sans référer à leurs autorités politiques ont brandi le drapeau palestinien et sont devenus un peu des symboles de l'Atlantique jusqu'au golf de cette persistance de la question palestiniennes les opinions publiques restent très sensibles aux injustices subies par les Palestiniens et c'est sans doute ces images-là qui ont conduit le prince héritier saoudien l'émire du Qatar les émiratis à réalisé que les opinion publique n'était pas encore prête à une normalisation à un processus de paix avec Israël tant que les droits des Palestiniens n'auront pas été respecté c'est sans doute cela qui a conduit à mettre un peu à ralentir ce processus notamment dans le cas de l'Arabie Saoudite donc les autorités marocaines doivent aujourd'hui s'efforcer de maintenir un jeu d'équilibriste de tenir compte de la colère de leur population colère légitime contre tenue du carnage qui se déroule à Gaza mais aussi de maintenir ce respect du pluralisme qui a historiquement marqué le Maroc et cette capacité d'être un intermédiaire le cas de la Libye illustre également une certaine faillite de l'interventionnisme débridé on a réussi à faire tomber l'atroce dictature de Monsieur Kaddafi qui était resté 41 ans au pouvoir de 1969 à 2011 mais le fait que la chute de Kaddafi est été la conséquence d'une intervention militaire des pays de l'OTAN et euh que d'innombrables milices locales a pu émerger font que la Libye se retrouve aujourd'hui 12 ans après dans l'incapacité d'avoir un état qui a le monopole sur la violence légitime euh et euh de contrôler les milices et les armes qui prolifèrent ce qui rend la situation encore plus compliquée c'est que la situation en Libye est devenu à bien des égards une guerre par procuration entre des puissances régionales nous nous en avons l'habitude au levant le Liban a beaucoup connu des guerres par procuration sur son territoire mais aujourd'hui ce sont euh certains États en Afrique du Nord notamment la Libye où se jouent ces rivalités entre le Qatar les Émirats arabes unis beaucoup d'autres puissances la Russie est également présente et se sert parfois de des maladresses occidentales et de certaines hypocrisie occidental pour essayer de prendre pied aussi bien en Afrique du Nord qu'en Afrique subsaharienne donc il me semble aujourd'hui plus que jamais indispensable que l'Europe et la France en particulier restent fidèles à ses valeurs euh de libéralisme de démocratie de respect du pluralisme de respect des droits de l'homme et qu'on ne revienne pas au schéma d'avant 2011 qui nous faisait croire qu'en soutenant certains régimes autoritaires nous allions gagner en stabilité nous allions gagner euh en évitant que des vagues migratoires ne nous euh ne touchent les frontières européennes mais nous ne faisons que retarder le problème nous ne faisons que gagner un répi temporaire et nous suscitons une colère de plus en plus vive il est absolument indispensable que l'Afrique du Nord puisse aujourd'hui trouver les voies d'un nouveau développement économique d'un nouveau contrat social et puisse conjuguer libéralisme politique et justice sociale et développement économique je voudrais vraiment m'inscrire en faux contre cette idée qui revient en force dans le débat public selon lequel qu il y a un exceptionnalisme arabe que les pays de la région de l'Afrique du Nord ou du Moyen-Orient ont besoin d'avoir à leur tête des hommes forts des dictateurs qui maintiennent l'ordre qui évitent la montée des mouvements terroristes qui empêchent l'migration je pense que c'est là une logique profondément erronée les masses qu'on a vu manifester en 2011 étaient là pour montrer qu'il y avait une troisième voix dans cette partie du monde entre les régimes autoritaires nationalistes militaristes et les mouvements islamistes radicaux il y a aussi énormément de libéraux de démocrates de progressistes dans le monde arabe qui souhaitent se faire entendre en Afrique du Nord et dans le reste des pays de la région mais ils sont ils ont souvent le sentiment de ne pas trouver d'oreille attentiv de l'autre côté de la Méditerranée ils ont le sentiment que les Européens les ont quelque peu abandonné à leur sort et sont revenus à ce vieux réflexe qui consiste à soutenir les régimes autoritaires donc derrière cette façade de consolidation autoritaire il il y a toujours une colère qui bouille il y a toujours des sociétés qui bouillonnent des sociétés extrêmement vivaces avec une scène culturelle artistique très présente une volonté d'émancipation mais ces libéraux et ces démocrates euh berbères ou arabes en Afrique du Nord euh chrétiens et musulmans au Liban et ailleurs tous nous sommes tous devenus minoritaires d'une certaine façon dans un monde marqué par une interdépendance et cette euh hybridité que Curel ne pourra être géré que dans le cadre d'une émergence de la citoyenneté d'une égalité des droits et des devoirs entre tous les citoyens mais aussi il faut espérer que le gouvernement français les autres gouvernements européens feront preuve de beaucoup plus de sévérité envers certains dirigeants qui ont repris les vieilles habitudes de l'autoritarisme de la répression car cela créer les conditions qui vont permettre l'émergence peut-être dans 10 ans peut-être dans 20 ans d'une nouvelle vague d'une nouvelle génération de mouvements terroristes et de vagues d'émigration encore plus importantes que celle qu'onnaissit aujourd'hui péniblement de jugulé donc au-delà de ce qui se passe dans la région il y a également une responsabilité française européenne et occidentale et ce n'est que par un partenariat entre l'Occident et les sociétés civiles monde arabe qu'on pourra évoluer vers une démocratisation et qui pourrait être pérenne et non pas uniquement temporaire comme ce fut le cas dans la Tun dans l'exemple tunisien je vous remercie mesdames et messieurs et je suis disposé à répondre à toutes vos questions merci pour ce panorama très complet de la situation dans les pays du Maghreb et se pldoyer d'une certaine manière pour le développement démocratique et économique qui seul pe apporter des solutions de de long terme nous allons prendre les différentes interventions des orateurs de groupe en commençant par le groupe rassemblement national la parole est à José Gonzales merci merci monsieur le Président messieurs les chercheurs merci pour vos interventions engissantes nous sommes ravi de vous accueillir ce matin en audition votre expertise et votre éclairage sur des sujets aussi vastes et complexes que la question des sociétés africaine permettra coup sûr d'affiner nos travaux parlementaires le continent africain continent de la démograie continent de la démographie dépassera les 4,5 milliards d'habitants en 2100 et devra donc répondre à de multiples défis un défi économique car il est confronté à de multiples chocs tels que les effets de la pandémie de covid-19 les perturbations des chaînes d'approvisionnement exacerbé par l'invasion de l'Ukraine et le resserrement des conditions financières mondiales ces chocs qui ont entraîné une réduction du taux de croissance réelle de 4,8 % 2021 à 3,8 % 2022 mais ont également permis de démontrer la résilience des économies africaines un défi sécuritaire et démocratique nous assistons en effet à une aggravation de l'instabilité des sous-régions fragiles comme le Sahel miné par les mouvements djihadistes tant au sein des pays anglophones tels que le Nigéria le Cameroun que dans des régions francophones du Sahel où la France a d'ailleurs acté la fin de l'opération barcane nous assistons également à un regain des tensions entre États notamment au sein de la Corne de l'Afrique où la fragile Somalie cohabite avec un Soudan instable confronté à un gain de violence et une Éthiopie secouée par le conflit du Tigré à cela s'ajoute enfin le défi climatique car l'Afrique subit les conséquences du réchauffement climatique Haus de température sècheresse érosion des côtes risque d'affassement des sols et inondations les défis sont immenses et les moyens limités les perspectives économiques soulignent en ce sens l'urgence d'accélérer l'action climatique et les transition verte pour stimuler le développement inclusif et durable du continent afin de répondre au besoin besoin de financement climatique du continent estimé à 2,8 à pardon à 2800 milliards de dollars sur la période 2020-2030 ces défis auront des conséquences importantes sur les populations concernées et un impact direct sur la crise migratoire aujourd'hui d'ors et déjà si aigu en Méditerranée nous sommes intéressés par votre regard sur ces questions sur les perspectives pour les pays africains concernés les solutions politiques adopt la résilience démocratique de ces états et sur le rôle que pourront jouer la France l'Occident et le monde pour soutenir les pays africains et enrayer la crise migratoire aujourd'hui synonyme de tragédie et de marchandisation de l'humain quel regard également sur l'aide au développement et ses effets sur ce continent cuid de l'aide au développement bilatéral je vous remercie merci alors je vous propose de prendre les question par groupe de 3 pour avoir une réponse consolidée pour le groupe la France insoumise la parole est à François pckman oui merci monsieur le président ainsi qu'à aux trois intervenants alors il est vrai que la France fait face à une forte contestation de sa présence en Afrique sur beaucoup de plans pour autant il est important de rappeler que ce n'est pas la France en elle-même qui est contesté mais peut-être davantage une certaine idée de la France après des années de politique néocoloniale et de la France-Afrique qu'on a connu ces dernières décennies aussi aije deux questions en parti parulier dans quelle mesure est-ce que selon vous les positions tenues par la France sur les différents coups d'État et leur dénonciation à géométries variable par nos élites politiques ont influencé les ressentis des populations aussi bien envers leurs propres élites politiques que les gouvernant et que la France seconde question sur la question du dénigrement de l'image de la France on entend souvent que les populations sur place sont influencé par des puissances extérieures notamment la Chine et la Russie alors nous pensons que si des puissances ont pu utiliser effectivement ce ressenti s'en servir à l'encontre de l'image de la France et potentiellement de ses intérêts celle-ci porte une grande responsabilité dans ce déficit d'image Hut égard aux déclarations de certains de ces dirigeants à des prises de position officielles il est donc intéressant de voir dans quelle mesure les personnes auditionnées en l'occurrence vous sont en accord ou non avec cette position et enfin troisième question puisque nous avions àchil bembeé précédemment il parlait des différentes postures que pouvait avoir la France et il a eu cette notion assez intéressante de juste distance euh j'aimerais savoir ce que vous vous en pensez quels seraient les chemins à trouver pour que la France retrouve un langage commun avec les pays les pays africains et peut-être sur la question écologique et et de la défense du vivant je vous remercie merci pour le groupe les républicains la parole est à Jean-Louis tiierot merci monsieur le Président merci messieurs de de vos apports très très enrichissants la première question que je souhaiterais vous poser concerne le champ des perceptions je souhaiterais selon vous est-ce que les difficulté de perception que nous connaissons pour la France concerne spécifiquement la France ou que par exemple d'ancienne puissance coloniale type les Britanniques subissent le la même problèm de perception est-ce que les histoires coloniales différentes ont aussi des des conséquences différentes dans les perceptions deuxème question toujours dans la perception est-ce que c'est la France qui est spécifiquement visé ou c'est perçu comme l'Occident en général West versus the rest comme on l'entend et enfin dernier point toujours dans les perceptions est-ce que Les Afriques et j'emploie volontairement le terme Les Afriques parce que je crois qu'on ne peut pas en faire un seul ensemble ont le sentiment d'appartenir au sud global est-ce que le sud global pour eux veut dire pour elle pour Les Afriques veut dire quelque chose enfin dernière question qui se porte plutôt sur l'intervention de Monsieur bitard je crois qu'ici nous souhaitons tous que le vœux d'une libéralisation générale notamment de l'Afrique du Nord se met en place mais est-ce que vous ne croyez pas que c'est quand même dans le monde général avec le populisme qui se développe partout une forme de vœux pieux et notamment une inquiétude en Algérie nous avons tous entendu le président de la République française quand il avait parler de rente mémorielle on sait à quel point la mémoire des événements de la décolonisation sont aujourd'hui un outil de justification du maintien au pouvoir du FLN donc quels sont les espoirs et quelle est la réalité d'une opposition démocratique en Algérie merci à vous alors merci au collègues pour cette première série de de questions je vous propose d'y répondre en prenant environ 5 minutes chacun dans le même ordre que l'ordre initial et pour la prochaine série on pourra inverser l'ordre si vous le souhaitez et et essayer dans vos réponses si possible de d'essayer de complément d'être complémentaire pour pas aborder plusieurs fois le le même sujet Arthur BR vous avez la parole bien je vais je vais commencer j'ai le choix je vais commencer par par l'idée de de globalement ce que j'appelle la cohérence dans la politique étrangère il y a trop de cohérence d'incohérence dans la politique étrangère et ça s'est vu sur le coups d'État euh on a eu par exemple un Zè très fort sur le sur le Mali sur le Niger par exemple on a eu une sorte de de de kitus donné au Tchad on a une sorte d'hésitation même limite d'acceptation au Gabon ça donne pas une clarté de la position je pense que la PR première chose c'est d'avoir une clarteté de la position voilà elle est claire après euh avoir un principe est-ce qu'on condamne un coups d'État si oui on les condamne est-ce que on les condamne jusqu'à quel niveau il faut il faut tenir ça après peut-être dans le temps avec des négociation avec l'évolution de la situation bougé mais quand on a l'impression que au Niger ou au Mali les gens ont commis un crime à travers un coup d'état alors qu' au Tchad c'est pas le cas au Gabon c'est accepté c'est incohérent et cette incohérence est un est un vrai problème pour la politique étrangère française on comprend qu'il peut y avoir des intérêts on comprend qu'il peut y avoir des choses mais il faut un minimum de cohérence parce que quand il y a pas ce minimum de cohérence ça devient inaudible tout ce que vous allez prendre comme initiative et encore plus quand vous allez parler de démocratie on va vous rappeler he ces incohérences en politique étrangère il faut de la cohérence dans cette dans cette politique étrangère je vais revenir aussi rapidement sur la notion de de perception euh euh perception entre la France et les autres en fait faut comprendre que la France est le est le seul pays qui a une véritable politique africaine au lendemain de de de de la des indépendances pour les Anglais un peu moins pour les autres mais de Gaul dans sa conception de puissant d'ailleurs l'ouvrage de Maurice Weiss la grandeur dans la politique étrangère du général de GA est assez intéressant on voit que sa politique étrangère ça est une politique de grandeur de puissance sur deux pieds le pied européen avec la construction franco-allemande et toute l'Union européenne mais a le pays africain qui s'appuie sur ses colonies et donc c'est la France qui a qui est le pays qui a plus une une sorte de de politique de cette volonté de maintenir des liien à travers le les liens militaires les bases militaires les liens économiques et tout ça qui peut se comprendre en certains moments mais la conséquence c'est qu'aujourd'hui c'est le pays qui est plus en pointe même si on l' vu dans la dernière visite de de Charles I au Kenya dans certains pays pays on peut encore revendiquer des choses en Namibie ils ont revendiqué euh euh reconnaissance plus dédommagement mais la France a une vraie politique africaine et donc il y a une conséquence aujourd'hui ce qui fait que la perception est beaucoup plus forte quand il s'agit de France et finalement pour répondre au à France ou Occident ça devient de plus en plus Occident euh c'est lié à l'environnement mondial parce que la guerre en Ukraine les positions sur la crise palestinienne euh même des positions face à certains coups d'État donne l'impression qu'il y a il y a une voix occidentale et donc la contestation française devient de plus en plus une contestation occidentale euh euh dans dans dans l'analyse dans et dans la perception des choses euh oui la question de de la juste distance euh oui oui il faut il faut euh avoir cette juste distance mais le problème c'est juste à quel moment on on a une juste distance est-ce que on ferme les yeux cont au Niger par exemple un président élu démocratiquement qui engage des réformes et qui bénéficie de l'assistance française est renversé par un PCH le plus incompréhensible est-ce qu'on se tait au nom de la juste distance voilà il faut trouver la place en cohérence et juste distance mais il y a les sujets de toute façon sur lesquels on peut vous on peut pas être distant sur les sujets d'écologie sur les sujets de démocratie sur les sujet de pauvreté parce que cette distance on la paye le le le collègue libana par d'interdépendance voilà après je pense que le meilleur mécanisme dans dans cette histoire de juste distance pour moi c'est de de faire confiance aux organisations régionales africaines d'essayer de de s'allier aux décisions qu'elles prendront d'essayer de leur donner plus de moyens et surtout sur le plan militaire cette juste distance passe pour moi par la non intervention moi je suis très clair euh les interventions militaire alimente euh derrière tout parce qu'il y a une tradition d'intervention militaire qui a été pendant longtemps des interventions politiques et aujourd'hui cette intervention n'a plus sa place d'un point de vue militaire donc juste distance sur le plan militaire oui en se concentrant par exemple sur la montée en puissance sur des sur sur de la formation he sur de l'équipement juste distance aussi sur la monnaie hein parce que je pense qu'il est le temps il est temps aujourd'hui de tourner la page du franc CFA le discours de 2019 à Abidjan était assez intéressant en terme de réforme mais depuis 2019 on a un statut qu voilà il faut trouver des mécanismes pour être moins Mo présent et je pense qu'en étant moins présent on va je dirais pas banaliser normaliser la relation afro-française et tirer de cette relation tout ce qu'il y a de de positif d'autant plus qu'il y a des atouts qui sont uniques dans dans cette dans cette relationre Afrique et notamment c'est c'est c'est ces colonies ces anciennes colonies notamment les diasporas la langue la culture les les échanges universitaires les jeunesses voici voici des éléments assez importants sur lesquels on peut construire le soutien à la démocratie par exemple et et mon collègue de de de de de du Maghreb en a parlé la France aujourd'hui autant en 90 le discours de la B a donné un un coup d'accélérateur aux démocratie aux partisans de la démocratie aujourd'hui il n'y a pas ce coup d'accélérateur et les partisans de la démocratie les partisans de la liberté manquent souvent de cette de cette de ce soutien français bon euh je pense que j'ai mis une minute en plus et je vais je vais m'arrêter là en permettant à mes collègues de de compléter mes réponse merci la parole est à gilieabit toujours pour continuer à tenter de répondre aux questions qui ont été posées oui merci merci beaucoup et et merci pour pour toutes ces questions qui sont toutes très intéressante et très difficile euh je vais peut-être commencer par la les différences peut-être de de perception euh la la France et et d'autres euh anciens pays européens colonisateur comme comme le le le les Britanniques et je pense que peut-être la la la notion de distance est peut-être la la bonne manière de répondre à cela euh euh et je crois qu'il y a eu beaucoup plus de distance euh de la part de euh voilà du Royaume-Uni par exemple lorsqu'on compare avec la France quant aux relations qui se sont établies après euh les indépendances je pense que c'est c'est c'est très clair et et je pense qu'il y a un élément peut-être qui euh qui ne revient pas souvent qu'on nexplore pas comme étant l'une des explications de cette absence de distance de cette proximité politique qui s'est établie entre la France et des et beaucoup de pays d'Afrique de l'Ouest et du Centre anciennees colonies c'est le système politique lui-même c'est qu'on a en France un système politique qui lui-même est est quand même très incarné par par la le le président de la République et et au fond ce qu'on reproche beaucoup ce que beaucoup d'Africains en réalité reprochent à la France c'est le fait d'avoir des relations politiques au plus haut niveau directement entre chefs d'État et au fond de se servir de ces relations politiques privilégiés pour avoir des avantages économiques notamment pour la pour la France et donc ça euh on voit bien que ça a un lien avec le système politique lui-même et je crois que dans les systèmes qui sont notamment parlementaires euh ou simplement avec un peu plus de un peu plus de de de de contrepouvoir ou en tout cas d'implication de différents pôles dans le débat public et dans lesc ion de politique extérieure on a quand même je crois un un élément très important de d'explication de cette de cette différence un peu un peu française et ça renvoie à la nécessité peut-être aussi de réfléchir je pense en tout cas du côté des pays euh euh francophones à des réformes institutionnelles profondes pour justement réduire significativement la la personnalisation du pouvoir et la la présidentialisation euh une remarque je pense sur ce le le le le premier le premier commentaire qui a été fait sur les les défis colossaux du du continent je pense que je l'ai mentionné hein dans la dans la dans dans le propos liminaire les défis sont sont immenses éducatif sanitaires économique lorsqu'on prend en compte aussi le changement climatique et la croissance démographique euh mais mais je crois que je pense que le le le député qui s'est exprimé a commencer par mentionner covid euh le resserrement des conditions financières internationales la crise en Ukraine bon ce sont des éléments importants ce sont des éléments qui ont affecté le continent africain mais je pense très honnêtement que ce sont des éléments très conjoncturels et que ce qui fait la différence au niveau de l'amélioration des conditions de vie des populations c'est pas la croissance sur un an ou sur 2 ans c'est la croissance sur deux décennies ou trois décennies c'est la transformation économique et sociale et ça ça ne demande pas simplement d'avoir à nouveau de bon taux de croissance sur quelques années donc la vraie question c'est qu'est-ce pourquoi est-ce qu'on n' pas eu une transformation économique euh comparable à ce qu'on a pu voir dans d'autres parties du monde en Asie évidemment mais pas seulement et qui aurait permis d'avoir aujourd'hui des conditions de vie d'accès à l'énergie qui soit qui soit pas aussi aussi mauvaise lorsqu'on regarde les indicateurs aujourd'hui d'accès à l'électricité dans beaucoup de pays du continent il y a une grande diversité mais quand même on a des pays où les les taux sont extrêmement bas et avec ça on peut pas avoir du véritable développement économique et et et social donc je pense qu'il faut on peut pas mettre en avant des facteurs qui sont récents et qui sont conurelle pour expliquer des dynamiques de longue durée la question stratégique sur le plan économique de mon point de vue c'est c'est la question des ressources naturelles de leur transformation locale et il faut qu'on mette dans la discussion et compris dans les relations avec les partenaires extérieurs les vraies questions économiques bah ce qui va changer c'est la possibilité d'avoir localement de la transformation de l'industrialisation de la création de valeur et ça induit effectivement aussi une remise en cause d'un certain nombre de de conditions dans la dans la dans la le commerce des des des ressources des ressources naturelles euh un un dernier point euh parce que je pense qu'à nouveau comme il faut être très très bref euh sur la question de de la Chine de la Russie des manipulations de la désinformation je crois que c'est un fait il y a des c'est factuel on peut on peut on peut montrer qu'il y a des entreprises de de manipulation les les les grands réseaux sociaux de temps en temps supprime des dizaines voir des centaines de comptes euh et qui montrent effectivement et bien qu'il y a de la de la manipulation la désinformation euh par la Russie mais pas seulement je crois que c'est important aussi de mentionner par exemple qu'il y a quand même eu beaucoup de de journalistes qui ont fait du travail qui ont montré que derrière ces manipulations on a parfois eu des entreprises de sécurité israélienne notamment qui offr aussi des des services de de de de d'organisation de la de la manipulation de l'information euh donc c'est une réalité mais je crois qu'évidemment le on peut pas expliquer le le rejet de la politique française essentiellement par par ces ces ces manipulations par par les réseaux russes et et d'autres euh je crois que c'est ce sera une lecture très très réductrice c'est de l'opportunisme en particulier lorsqu'on regarde l'action de la Russie République centrafricaine Mali ce sont quand même deux pays sur lesquels on peut montrer de manière très précise quelles ont été les décisions françaises qui ont créé les conditions d'un affaiblissement de la de l'image de la France et les conditions de renversement d'alliance dans dans ces pays là et et et dernier point sur la Chine euh là aussi souvent et je pense que dans le rapport d'information sur la relation la France et l'Afrique on mentionne encore beaucoup le fait que la Chine est prédatrice et cetera bon oui euh bien sûr la Chine est prédatrice mais à nouveau les Africains vous répondront que ce ne sont pas les seuls et que historiquement la Belgique en République démocratique du Congo la France dans des pays d'Afrique centrale et d'Afrique de l'Ouest on peut aussi quand même estimer qui a eu de la prédation donc je crois que aujourd'hui les Africains réalisent que dans ces relations il faut euh qui définissent un espace de défense de leurs propres intérêts qui sont très faibles dans la capacité à défendre ses intérêts mais qu'il faut aujourd'hui quand même essayer de défendre au mieux euh les intérêts des des des des pays africains et que par rapport à la Chine on peut pas remettre en cause le fait que la croissance de la Chine ses besoins a joué un rôle important également dans le le progrès euh aujourd'hui des infrastructures dans beaucoup de pays africains on est conscient des des des grands travers de de de l'investissement chinois euh mais mais à nouveau on peut pas remettre en cause le fait que sur 20 sur les 20 dernières années ou les 15 dernières années l'entrée de la Chine a joué un rôle important aussi dans l'amélioration des conditions économiques sur le continent à travers les infrastructures et à travers également la hausse des prix des des matières premières merci la parole est à Karim Bitar merci monsieur le Président je voudrais rebondir à sur plusieurs remarques il y en a deux qui me semblent très intéressantes et qui sont complémentaires l'une de l'autre le représentant de la France insoumise s'est demandé si c'était un ressentiment contre la France elle-même ou contre certaines politiques menées par la France et le représentant des républicains a posé une question également très pertinente à savoir si c'était l'Occident qui était globalement contesté s'il y avait un ressentiment particulier contre la France ah je crois qu'on vous a perdu à à Beyrouth euh h alors bon on me signalera quand on vous aura retrouvé et peut-être qu'on va donc passer directement aux questions suivantes sauf si le le lien est coupé hein donc ok donc on on va prendre la la question suivante donc pour le groupe démocrate la parole est à Sabine Tiley oui ah non non allez B vas-y c'était pas comm bon ben merci beaucoup pour vos interventions on a on a beaucoup parlé en fait ma question rejoint un petitu peu aussi la question de mon collègue JeanLouis tiriot on a beaucoup parlé de la relation la France avec Les Afriques on peut j'ai envie de dire ça aussi mais pas particulièrement de la relation Union européenne pays africain est-ce qu'il y a une différence comment est vu dans les différentes parties de l'Afrique l'Union européenne en tant que tel euh par rapport à son positionnement quand même de l'aide au développement mais aussi maintenant par rapport à des questions de sécurité et surtout aussi par rapport aux questions de l'immigration merci merci chers collègu que alors on me dit que Monsieur bar est r on a bien voilà on a bien noté la question de notre collègue concernant le la relation entre l'Union européenne et l'Afrique alors on revient juste précédemment maintenant qu'on vous a retrouvé donc pour les réponses aux précédentes questions oui pour clôturer sur cette question je dirais que si le ressentiment de la France semble plus élevé c'est précisément parce qu'il y avait des attentes qui étaient très forte parce que la France nous avait donné l'habitude à travers son histoire de faire entendre un son de cloche discordant par rapport à ce qu'on appelle aujourd'hui l'Occident collectif la voix de la France celle qui avait été portée par le général de Gaulle consistait justement à prendre en considération les aspiration non pas uniquement des Occidentaux mais du reste du monde en 2003 lorsque la France de jaces shirac et Dominique de Villepin se sont élevés contre la guerre l'invasion illégale de l'Irak jamais le soft power de la France n'a été aussi euh fort aussi présent en Afrique en Asie au Moyen-Orient et même chez une grande partie des citoyens américains et aujourd'hui on note que même aussi bien monsieur Trump au au parti républicain que l'écrasante majorité des démocrates sont d'accord pour dire que la France avait su jouer le le rôle qui devait être le sien de rappeler l'importance du multilatéralisme de refuser que l'on déclenche des guerres et des interventions de façon débridée sans prendre la vie du Conseil de sécurité des Nations unies donc quand la France ne met pas son drapeau dans sa poche quand elle est fidèle aux valeurs qui sont les siennes la France est acceptée et au contraire il y a une demande de France il y a un désir de France par contre dès lors que la France semble s'éloigner de cette mission des grands idéau de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen il est naturel que les opinions publiques dans le Sud se montrent particulièrement critique car ils ont le sentiment qu'il y a une sorte d'hypocrisie que la France trahit ses propres valeurs donc ce n'est pas tant la réelle politique qui pourrait faire perdre ce n'est pas tant les grands principes qui pourrait faire perdre à la France son rôle et sa présence dans le sud global c'est au contraire lorsqu'au nom de certains intérêts géopolitiques mal compris elle s'éloigne de ses grands idéaux ça me permet de rebondir sur la question très pertinente du représentant des républicains qui se demandait si ce n'était pas un vœux pieux aujourd'hui de continuer de parler de démocratie et de libéralisation alors en effet le contexte international euh montre à l'échelle planétaire un retour des nationalismes autoritaires un euh refus des valeurs des lumières un retour il y a même certains sociologues qui ont théorisé l'idée qu'il y a une demande despotique une soif d'autoritarisme mais je pense que nous sommes là dans une vague liée aux angoisses suscité par la mondialisation que cette vague ne sera que temporaire et que si l'on souhaite véritablement ancrer une relation solide entre la France et les pays du Sud de la Méditerranée ce n'est qu'en poussant malgré toutes les difficultés actuelles au maintien de la démocratie et des idéos libéraux que l'on pourra être fidèle à notre mission historique et si même dans un pays comme la tun Tunisie qui dispose de classe moyenne aussi forte aussi éduquée de syndicats de travailleurs de féministes d'avocats on a été incapable de préserver cette transition démocratique ce n'est pas parce qu'il y avait dans la société tunisienne une aspiration à au retour à la dictature c'est aussi parce que quand il y a eu ces dérives du président actuel il n'y a pas eu suffisamment de voix en Europe et en Occident pour lui faire comprendre que les temps avaient changé et qu'on ne pouvait plus revenir à la px période des années 60 70 où un pouvoir personnel totalement arbitraire pouvait s'exercer donc c'est un effort qui doit être fait des deux côtés certes les défis sont innombrables certes le nationalisme autoritaire a le vent en poupe mais si l'on crée cet effet de levier cette jonction entre les jeunesses assoifffé de changement du Sud et des politique européennees qui resteraient fidèle à leurs principes aux valeurs françaises à la ligne golomérandienne et aussi aux valeurs de l'Union européenne qui sont elles aussi bafoué parfois de jour en jour quand on entend certaines déclaration de Madame vanon derleen par exemple si on restait fidèle à nos principes issus de la Révolution française des idéos des droits de l'homme et des valeurs européennes il n'y a aucune raison pour que ce ressentiment français ne se tasse pas s'il y a un dépit vis-à-vis de la France c'est un dépits amoureux c'est parce qu'on aime la France qu'on croit dans les valeurs qui ont été portées par des intellectuel français et qu'on a le sentiment parfois que même en France même en Europe certains pensent que cela n'est plus à l'ordre du jour et on revient à la pensée qui a précédé les lumières on accepte de nouveau l'inacceptable au nom euh de la réale politique de la géopolitique et des intérêts économiques mal compris je pense pour préserver la stabilité de ces sociétés et le développement économique à long terme il est indispensable de pousser également pour une certaine dose de libéralisme politique car on ne peut que tempement que temporairement concilier l'autoritarisme et le développement économique c'est possible ça a été possible en Amérique latine pendant une dizaine une vingtaine d'années mais à long terme le développement économique ne peut-être péren que s'il se conjugue avec une justice sociale et avec un libéralisme politique bien merci pour cette réponse on a bien noté la première question la 2uxè salle de notre collègue Sabine til concernant la relation entre l'Union européenne et l'Afrique et comme monsieur c'est vous qui commencerz à répondre comme on inverse l'ordre pourvez nous dire finalement quelle articulation entre cette volonté d'une voix singulière de la France et en même temps la nécessité de développer cette relation entre l'Europe et et l'Afrique et et comment on fait pour que tout ça soit complémentaire et pas contradictoire pour la deuxième question pour le groupe socialiste la parole est à Mélanie tomin merci monsieur le Président merci messieurs pour votre exposé chers collègues avec le groupe socialiste nous avons reçu le 12 juillet dernier les on composant le collectif France Sael qui nous alertait déjà 2 semaines avant le coup d'État au Niger sur les risques d'une présence et d'une coopération uniquement militaire de la France au Sahel ils évoquaient le fait qu'une présence physique de la France uniquement incarné par des militaires d'abord dans le cadre de l'opération barkane puis sans aucun cadre à la fin de celle-ci créer une défiance certaines chez les populations civiles à notre égard il demandait au contraire que soit développé rapidement de Solid programme de coopération internationale en lien avec la société civile autour de l'aide au développement bien sûr mais pas uniquement il devait aussi concerner tous les autres domaines comme la culture les arts la science la francophonie l'économie le sport également et bien d'autres sujets encore pour construire des relations d'égal à égal entre la France et les pays du Sahel je sais que vous avez déjà répondu en partie à cette question mais je souhaitais connaître vos opinions à ce sujet et en particulier la vôtre monsieur monsieur Yabi qui représentait la société civile avec votre s tank je souhaitais aussi savoir comment construire aujourd'hui des relations plus équilibré entre la France et le Sahel dans un contexte postcoup d'État au Niger et puis j'aimerais appuyer la question qu'a posé tout à l'heure mon collègue notamment sur la question des des partenariats économiques avec la Chine par exemple mais aussi avec la Russie et je voulais tout particulièrement appuyer sur la question du rapport à la ressource et au bien commun euh est-ce que ce rapport à la ressource évolue au sein des pays africains quel regard la société civile porte-t-elle sur l'exploitation de ces ressources par les puissances économiques étrangères je vous remercie merci pour le groupe horison la parole est à Anne leenonf merci monsieur le Président merci messieur pour vos propos introductifs très très intéressants euh comme cela a été évoqué donc notre commission débute aujourd'hui ainsi que d'audition dédié à l'Afrique et cela tombe bien si je peux m'exprimer ainsi puisque mardi prochain en séance publique à à l'Assemblée nationale aura lieu une une déclaration du gouvernement relative au partenariat renouvelé entre la France et les pays africains suivi d'un débat j'aurai l'honneur d'ailleurs à cette occasion de m'exprimer au nom du groupe horizon le président de la République dans son discours du 27 février dernier a appelé à l'humilité et à la responsabilité en dressant un bilan de l'action française vis-à-vis des pays africains à cette occasion il a également tenté de définir une nouvelle approche de la politique africaine de la France davantage axé sur un partenariat avec l'ensemble du continent partenariat qui se déclinerait dans divers secteurs tels que l'économie la culture le sport ou encore les questions sécuritaires on le sait il nous faut construire une nouvelle relation équilibrée réciproque responsable avec les pays africains et la stratégie annoncée repose sur trois piliers la présence militaire les partenariat renouvelés et la jeunesse vous l'avez également noté lors de votre intervention monsieur banga la diplomatie parlementaire faire jouera j'en suis absolument convaincu un rôle essentiel c'est pourquoi un groupe de parlementaires d'ailleurs souhaitant s'investir sur ce sujet s'est engagé dans un groupe spécifique dédié aux relations avec l'Afrique dont je fais partie j'en suis ravi je suis très confiante pour ma part en notre capacité à proposer des actions et une nouvelle voie d'être et de faire nous en avons l'envie la première question que je vais vous poser c'est peut-être la plus difficile pour d'y répondre ce sera mais est-ce réciproque en avez-vous envie aussi est-ce que vous pensez que c'est envisageable ou est-ce que l'envie n'est pas partagé ça c'est ma première question et la deuxième ce sera sur les partenariats en tant que tel quels sont selon vous les partenariats prioritaires sur quoi pouvons-nous finalement avancer en priorité afin de nous faire gagner du temps de le faire bien plutôt que de nous disperser et quels en sont les enjeux les obstacles éventuellement et s'il y en a si vous pouvez les part partager avec nous ce serait sympathique merci alors je vous propose de prendre les deux questions complémentaires pour que vous ayez plus de temps pour répondre la parole est à Giselle lelouis merci monsieur le Président messieur merci de vous exposé sur la situation actuelle en Afrique par vos exposés vous avez en partie répondu à nos préoccupations ma question vous est adressé à tous les trois devant cette commission le chef d'état-major des armées françaises appelé à voir totalement la politique de la France en Afrique notre pays est confronté à un sentiment hostile voire une haine qui semble croissante sur le continent notamment dans les pays francophones cette hostilité n'est pas le seul fait de la propagande étrangère notamment russe le président Macron qui entendait renouveler les relations avec le continent est dans une impasse et les retraits successifs des troupes françaises attestent de son échec criayant aussi nous sommes très intéressés par vos regard sur la perception de la politique de la France dans les pays francophones pouvez-vous nous détailler les raisons de ce sentiment antifrançais dans les sociétés civiles comme au sein de régime désormais hostiles par quel chemin selon vous la France pourra-t-elle renouveler en profondeur et N et pas et non pas seulement en façade sa politique en Afrique je vous remercie merci la parole est à Delphine ingeman merci monsieur le Président euh comme ce cette audition est consacrée aux sociétés en Afrique je voudrais moi vous parler des femmes des femmes africaines qui représentent la moitié de la population du continent elles jouent un rôle central dans le développement de l'Afrique elles ont également un impact significatif dans de nombreux domaines tels que l'éducation les soins de santé l'agriculture l'entrepreneuriat ou encore la politique euh toutefois elles sont encore confrontés un de nombreux obstacles euh qui les empêchent d'être pleinement impliqués d'avoir un impact sur le développement de la Afrique sur le volet d' l'éducation les hommes et les femmes ne sont toujours pas euh égaux en Afrique sur le volet du développement économique les femmes africaines stimulent la croissance économique crée des opportunités d'emploi encourage l'innovation mais peu sont à des fonctions de direction de gouvernance au sein des entreprises autre enjeu la santé des femmes qui représente un un aspect essentiel du développement de l'Afrique l'amélioration de l'accès à des services de santé de qualité et notamment au droit en matière de procréation aux soins de santé maternelle est essentiel pour le bien-être des femmes et le progrès sociétal en en général et enfin la participation à la vie politique des femmes à la vie politique est-elles aussi est-elle aussi cruciale pour favoriser des processus décisionnels inclusifs et un développement durable alors membres de la délégation aux droits des femmes j'aimerais recueillir votre analyse sur la place des femmes en Afrique leur contribution au développement de leur pays sur la diversité des situations selon les zones du continent africain et une dernière question un petit peu plus peut-être spécifique quel rôle selon vous joue la religion sur cette place des femmes au sein des sociétés africaines et dernière question selon vous comment la France peut-elle accompagner au mieux les femmes à prendre toute leur place au sein des sociétés africaines je vous remercie et bien merci à toutes les cinq pour ces cinq questions donc pour y répondre on a euh une trentaine de minutes donc si vous le souhaitez vous pouvez y répondre en prenant jusqu'à 10 minutes et on va prendre donc l'ordre inverse et donc la parole est à Karim bitard qui est notamment attendu sur l'articulation entre ce que peut faire l'Union européenne et aussi l'attente d'une voie singulière de de la France comment conjuguer les deux euh merci monsieur le Président cette question est véritablement extrêmement pertinente je pense qu'il y a un désir de France et qu'il y a un désir d'Europe nous n sommes dans un monde qui est marqué par une hégémonie américaine et une montée en puissance de la Chine donc face à ce G2 face à ce monde américanoch-chinois qui est en train de se dessiner pour que la France puisse faire entendre cette voix il faut qu'elle s'exprime à travers euh ses relations privilégiées avec les autres pays européens et éventuellement aussi en bâtissant des ponts avec les pays au sud de la Méditerranée et en Afrique mais à mes yeux le préalable à ce que cette voix de la France puisse se faire entendre en Europe et dans le reste du monde c'est que cette voix de la France ne devienne pas la réplique exacte des autres discours occidentaux depuis le début de la guerre à Gaza beaucoup d'intellectuels du Maghreb jusqu'au golf ont le sentiment que plus rien ne distingue la voie de la France de la voie d'un autre pays occidental la Grande Bretagne les États-Unis ou les autres et cela est quelque chose de véritablement nouveau il y avait cette endance qui avait commencé il y a une dizaine d'années depuis 2007 plus précisément mais aujourd'hui ça devient euh véritablement difficile de euh euh remarquer les nuances entre la position française et les autres celles des autres pays occidentaux même si le président Macron a quelque peu marqué une inflexion dans ces deux dernières interventions en disant qu'il fallait commencer à œuvrer pour un cesser le feu en dénonçant les bombardements contre les femmes et les enfants mais ce qui a marqué notre partie du monde ce qu'on appelle aujourd'hui le sud global et quelqu'un la personne qui a dit que c'était une expression à prendre avec des pincettes avait tout à fait raison mais on se comprend on parle du sud de l'Afrique de l'Amérique latine de l'Asie du Sud-Est ce qui a fait euh la force de la diplomatie dans la dans le passé de la diplomatie française c'est qu'on ont donnit l'impression d'avoir entendu les voies du Sud le général de Gaulle était un allié fidèle des États-Unis ce qui ne l'a pas empêché de de s'opposer à eux fermement dans son discours de Pnom Pen en dénonçant par exemple la politique au Vietnam en 1967 lors de la guerre des 6 jours le général de Gaulle avait eu des propos prophétiques il avait dit que l'occupation de territoire l'annexion de territoire par la force allait créer une occupation cette occupation allait faire naître une résistance résistance qu' allait être qualifié de terrorisme et que on nallait pas sortir de ce cercle vicieux si on acceptait ce principe d'annexion de territoire par la force si on ne revenait pas au principe fondateur du droit international donc cette voix je sais bien que les temps ont changé depuis 1967 je sais bien que le monde est infiniment plus complexe mais euh il y a quand même un capital de sympathie que la France avait accumulé au f au fil des ans depuis les positions du général de Gaulle jusqu'à celle du refus de la guerre en Irak et il ne faut pas laisser ce capital de sympathie stiolé donc une fois qu'on aura fait entendre à mes yeux un son de cloche pas forcément en opposition avec celui de la famille occidentale mais un tout petit peu discordant c'est-à-dire d'introduire les nuances nécessaires de prendre en considération le ressenti des peuples du Sud le facteur de l'humiliation le facteur euh historique la France est un pays qui a produit tellement d'intellectuels tellement d'historiens et la mieux placé pour pour contextualiser les événements ce qui se passe au Moyen-Orient n'a pas commencé le 7 octobre il y a des décennies qui ont précédé marqué par des répressions brutales des occupations des colonisations donc c'est le rôle de la France que de revenir à cette ligne historique qui a été marqué par le tournant Gauliste dans les années 60 mais qui s'est prolongé dans une large mesure avec Valérie giscardestin avec François mitteran de faire entendre un son de cloche discordant et ensuite de chercher des partenariats avec les pays européens qui sont plus ou moins sur la même ligne et ensemble la France et l'Europe pourront véritablement influer à ce moment-là sur les États-Unis d'Amérique car les États-Unis d'Amérique ont eux aussi besoin d'intermédiairees puissant construire des ponts avec le reste du monde euh donc à mes yeux ce sentiment anti-rançais n'est en rien dû à un rejet des idéaux de la France à un rejet de ce que la France représente c'est au contraire une déception de voir la France être parfois elle-même infidèle à certains grands principes au nom de la protection d'intérêt économique au nom de la nécessité de maintenir une stabilité à court terme d'éviter des vagues migratoires et cetera donc si la France ne met pas son drapeau dans sa poche si elle continue à faire entendre sa voix lorsque les circonstances l'exigent elle se retrouvera considérablement renforcée au sein même de l'Europe et particulièrement elle trouvera énormément d'éch favorbl en Afrique et ailleurs l'autre question très importante c'est celle du rôle des femmes et lorsqu'on parle de l'Afrique du Nord c'est quelque chose de véritablement décisif si ces révolutions arabes de 2011 ont pu être aussi marquantes ont pu être un véritable tournant ont pu marquer une rupture épistémologique c'est parce qu'elles étaient en grande partie des révolutions menées avec ou pas des femmes ce sont des mouvements syndicalistes des mouvements féministes tunisiens des universitaires femmes qui ont été à l'avant-garde de ce mouvement et ce qui était significatif c'est que ces femmes s'efforcé de conjuguer le combat nationaliste le combat contre les régimes autoritaires et dictatoriaux avec le combat pour une émancipation sociale et économique et une émancipation notamment des femmes la Tunisie avait av un long historique c'est l'un des premiers pays à avoir euh donné à la femme la pilule contreceptive 10 ans avant la France c'est également un pays qui a autorisé l'avortement dès 1965 en Tunisie Habib bourgiba donc 10 ans avant la loi veê en France donc il y a un long une longue histoire un héritage de qui consiste à donner le pouvoir aux femmes mais lorsque les femmes prennent ce pouvoir elles peuvent faire basculer ces sociétés il y a un risque parfois cela dit à prendre en considération c'est celui de la mise en place d'une sorte de féminisme d'État c'est-à-dire où on dirait la l'épouse du président de la République madame Benali va elle-même patronner la question des droits des femmes et cetera et là ça peut-être extraordinairement contreproductif le modèle auquel il faut revenir c'est le modèle qui a émergé en Égypte dans dans les années 20 lorsqu'une femme admirable qui s'appelait Hoda sharaoui euh s'est installée sur la place Tahrir du CER en 1923 a arraché son voile elle a dit je veux être féministe je veux être journaliste elle a créé et contribué à au lancement de plusieurs grands journaux notamment de langue française elle a créé l'Union des femmes arabes on était 5 ans avant la naissance des Frères musulmans si les Frères musulmans sont montés en puissance c'est parce qu'ils étaient en train de réagir à la percée de ces mouvements libéraux démocratiques féministes progressistes dans cette partie du monde donc il y a un historique extrêmement important dans lequel on pourrait puiser l'historique de ce qu'on appelle la Nahda la Renaissance arabe dès la moitié du 19e siècle le milieu du 19e siècle de grands intellectuels hommes et femmes ont mis cette question au centre la question de la citoyenneté et de l'égalité des droits entre les hommes et les femmes bout Rossel Boustani était un grand intellectuel libanais qui a dit que c'est par la citoyenneté et par l'émancipation des femmes que viendrait le libéralisme et la démocratie dans le monde arabe donc c'est un effet à travers ce levier que doit se mener le combat politique à condition d'éviter toutes sortes de de de récupération politique et vous avez ajouté une question subsidiaire qui est très importante et quel est le rôle de la religion alors en est effet on a tendance en Occident à percevoir ces sociétés comme étant monolithique à penser que parce qu'il y a des courants islamoonservateur très présent le rôle des femmes sera par définition marginal or on peut s'appuyer sur l'histoire pour dire qu'il y a à côté de ces courants islamo-conservateurs des courants libéraux et progressistes qui ont insister sur le rôle que doivent jouer les femmes et à l'intérieur même des mouvements islamo conservateur il y a des femmes qui se servent de certaines interprétations du Coran pour dire aux hommes euh la vision matchiste patriarcal que vous nous imposez elle ne vient pas des textes religieux eux-mêmes au contraire les textes religieux étaient une avancée par rapport à ce qu'il y avait avant c'est vous les hommes et notamment l'interprétation qu'on a donné à certains versets du Coran et à certains hadiths qui vous ont permis de perpétuer la domination masculine donc aujourd'hui si on s'appuie à la fois sur celle qui issu du contexte islamoconservateur lutte pour une émancipation des femmes en s'appuyant sur certains versets plus progressiste euh du Coran ou sur certains hadis favorbles à l'émancipation des femmes et d'un autre côté dans le camp laïque surtout les progressistes et les libéraux je pense que nous pourrons construire une sorte de courant assez significatif qui ne sera pas majoritaire pour être honnête nous n'aurons pas 50 % de la population aujourd'hui dans les pays d'Afrique du Nord qui serait entièrement favorable à ce qui avaiit été voté en Tunisie une constitution permettant l'égalité totale des droits et des devoirs qui reconnaissaiit l'égalité et non pas la complémentarité les islamistes avaient initialement essayé de remplacer le mot égalité homme-femme par le mot complémentarité le parti islamo-conservateur en Nahda mais parce qu'il y a eu une forte mobilisation de la société civiles des féministes ils ont finalement accepté et la Constitution qui avait été votée en Tunisie était l'une des plus libérales euh instaurer la liberté de conscience le droit de changer de religion l'égalité hommees-femme et c'est donc c'est un peu pour ça que je disais tout à l'heure que ce fut une grande erreur que d'accepter un peu trop facilement ce retour en arrière et de permettre à Monsieur Kais said l'actuel président tunisien de revenir sur ces énormes acquis qui furent ceux de la décennie d'ouverture démocratique cette transition qui a été tumultueuse mais qui a quand même é une parenthèse dans laquelle on pourra puiser à l'avenir merci beaucoup pour cette cette intervention et cette réponse très très complète je vais passer la parole désormais à à gilabi qui va notamment nous dire si pour répondre à notre collègue Leen si il y a une envie également des des Africains de de d'accentuer de renouveler cette cette coopération merci beaucoup pour les pour les nouvelles questions alors je vais peut-être commencer par par celle-là effectivement est-ce qu'il y a une envie d'abord je pense qu'on on l'a dit mais peut-être pas suffisamment vraiment tenir compte de la diversité des pays africains dont on parle évidemment la relation de la France avec les pays euh qui furent ses anciennes colonies est très différente de celle de la France avec les les autres pays africains et d'ailleurs depuis de nombreuses années et je dirais c'est de bonne guerre côté français il y a une diversif iication de ces partenariats euh un investissement plus important vers des pays comme l'Afrique du Sud bon le Nigéria depuis très longtemps mais aussi le Mozambique où il y a aussi des ressources naturelles importantes donc euh euh je crois que si on se ressemble sur la relation avec les les pays qui ont eu des relations particulières au cours des dernières décennies où on a une phase de de de tension euh oui je pense qu'il y a une envie de de de de continuer et de changer les les les partenariats mais je crois qu'il y a élément quand même où il y a deux éléments importants euh à souigner le premier c'est que euh il faut tenir compte des de la hiérarchisation des des priorités euh du côté du côté africain on a euh lorsqu'on regarde les statistiques de développement économique et social des statistiques d'accès à l'énergie que je mentionnais tout à l'heure euh et lorsqu'on regarde la capacité des États en terme de fonctionnairees en terme de budget euh euh il y a des choix prioritaires qui doivent être faits euh euh et y compris euh dans le temps qu'on va accorder à la discussion la négociation des partenariats extérieur et le temps qu'on doit consacrer au renforcement des bases institutionnelles économiques sociales des des pays africains euh et donc d'une certaine manière lorsqu'on regarde juste le flux de réunions international diverses euh et varié euh en fait le ce que cela coûte en terme de temps pour les ressources humaines euh de cette des pays africains est beaucoup plus important que c que ce que cela coûte euh pour un pays comme la France ou pour l'Union européenne avec ces ces milliers de de de fonctionnaires et je crois que c'est un élément peut-être qui semble euh anecdotique mais en fait qui est absolument central euh on a besoin de réussir à se concentrer sur les priorités euh structurelles des pays africains de définir des les l'espace qui implique des partenariats extérieurs et le deuxième élément c'est que ces partenariats extérieurs ils sont divers aujourd'hui le monde a changé donc euh il y a une volonté de maintenir d'approfondir des partenariats avec la France comme avec l'Allemagne comme avec d'autres pays européens mais comme avec la Chine avec les les pays du golf et cetera exactement comme la France le fait et comme toutes les grandes les moyennes et les petites puissances et les nonpuissances le font également donc je crois que le peut-être le risque c'est de considérer que le fait pour les pays africains de diversifier leurs parten arat consiste nécessairement à à à à donner un message négatif à la France il s'agit simplement à nouveau d'une nouvelle phase historique euh sur le le le Sahel également spécifiquement je pense que euh madame la députée a a mentionné justement ces relations tendues avec le le le Sahel euh et les pays qui ont connu des coups d'État récemment je voudrais juste dire que euh il y a un élément sur les les coups d'État euh euh qui qui qui est qui est très clair lorsqu'on regarde l'exemple du nigère tout récent euh on voit quand même que une chose est de dénoncer des coups d'État militairees et c'est tout à fait normal c'est conforme cette dénonciation est conforme aux règles au protocoles que la région ouest-aricaine notamment s'est donné les protocoles de la CDAO euh mais en même temps une autre chose est de décider de quelle sanction on met en place et de décidé de menacer d'une intervention militaire euh dans ce cas on a quand même eu des déclarations au plus haut niveau français sur le soutien à une éventuelle intervention militaire de la CDAO et je cite quand elle le décidera et je crois que ce type de message euh extrêmement dévastateur pour la perception euh des des sahéliens et des Africains de manière générale sur euh justement aujourd'hui la lecture de la France du du rapport qu'elle doit avoir dans le fond et dans la forme euh une intervention militaire au Niger qu'on soit contre le coup d'état euh je pense que lorsqu'on connaît la région on ne peut pas soutenir on pouvait pas soutenir l'idée d'une intervention militaire au Niger euh parce qu'évidemment c'est trop risqué qu'on a eu beaucoup d'interventions qui ont quand même produit des résultats catastrophiques pour l'ensemble de la région et je crois que ce type de positionnement a réellement desservi euh et peut-être de manière assez durable justement la perception de la de la politique française dans cette régionlà qui mais cette relation peut être construite euh elle va être construite notamment euh si on a aussi un changement à nouveau dans le fond et dans la forme euh euh lorsqu'on s'adresse au aux pays africains euh sur la la question euh peut-être de de l'Europe euh de la perception européenne euh là aussi euh deux ou trois points le premier c'est que oui les les Africains enfin la parti euh qui est très minoritaire en réalité qui s'intéresse à ce type de de question euh ben voit l'action de l'Union européenne en tant qu'acteur de financement du développement euh des infrastructures et et dans beaucoup d'autres domaines mais elle voit aussi beaucoup euh le débat continue sur la migration la question de la migration je pense est centrale aussi euh dans la la formation euh de la vision que les les beaucoup d'Africains ont de de de l'Europe et cette vision c'est celle d'une Europe qui euh considère que sa priorité absolue c'est la lutte contre l'immigration régulière et que euh et au fond euh il y a pas vraiment de problème pour avoir des dispositifs de sélection des des talents lorsqu'on a des penuies dans le domaine des personnels de santé dans les pays pas seulement européens d'ailleurs aux États-Unis c'est la même chose on met en place des mécanismes pour pouvoir attirer des médecins des infirmiers et cetera euh mais en même temps euh au fond on veut on veut on veut trier on veut sélectionner et et je crois que euh cette euh cette cette perception est est forcément négative parce qu'elle ne tient pas compte de la longue histoire des migrations qui ont concerné aussi l'Europe pendant très longtemps et le le le l'autre élément par rapport à la migration c'est que même des fingank européen nous hawati on collabore avec l'Institut Jacques de l'or on a organisé des discussions sur cette question migratoire euh cet institut a publié l'année dernière un rapport avec des pistes précises sur des visas de circulation des visas de travail qui permettrai de Ben de d'ouvrir beaucoup plus de voies pour des migrations régulières qui sont d'ailleurs souvent des migrations temporaires de circulation et donc lorsqu'on regarde les milliers de morts en Méditerranée il y a une responsabilité de la part des pays de départ sur le manque d'amélioration des conditions économiques des jeunes mais en même temps il y a aussi une responsabilité de la part des politiques qui ferment en fait les voies les voies les voies légales lorsque les jeunes ont la certitude qu'ils ne peuvent pas avoir de visa ils n'auront pas de visa lorsqu'ils déposeront leur dossier évidemment ils n'envisagent même pas la possibilité d'une migration qui soit qui soit légal qui soit qui soit régulière donc je pense que cette question migratoire reste probablement l'élément déterminant minant dans la vision assez négative que beaucoup d'Africains ont de de de l'Union européenne le dernier élément par rapport à l'Europe c'est que euh aujourd'hui je crois que la la il y a une polarisation sur la France et une distinction entre la France et les autres pays européens et on voit d'ailleurs aussi qu'il y a une forme d'autonomisation de l'Allemagne et de quelques autres pays européens dans leur lecture de la situation en Afrique de l'Ouest et dans le Sahel euh et le sentiment ben que justement euh il est important aujourd'hui d'avoir une politique de l'Union européenne qui ne se réduisent pas à celle de des États-membres et de quelques États-membres et il y a aussi de la part des États-membres à nouveau chacun défend ses intérêts et et et l'Allemagne est beaucoup plus présente aujourd'hui dans la région sahélienne également dernier dernier il y avait une question sur les sur les femmes alors de derniers points je penseil me reste quelqu une minute et demi euh sur les sur les femmes c'est question extrêmement importante je dois dire que d'abord nous nous au niveau du Fing tank que que que que que que nous animons euh ça fait partie des questions centrales la question de la participation économique de la participation politique de la place des femmes dans la société de la vision de la place des femmes dans les sociétés notamment ouestafricaines euh les questions de système de santé sont importantes vous avez mentionné la question des soins de santé maternel toutes ces questions sont fondamental mais de mon point de vue elle doit faire l'objet d'abord de débat public interne dans les sociétés euh euh africaine euh sur des questions de société et la question de la place de la femme c'est une question de société importante euh je crois que on ne peut pas décider que lorsqu'on a un progrès ou en tout cas un changement important euh décidé par le Parlement français ou par un parlement d'un autre d'un autre pays européen que tout de suite cela doivent s'imposer euh dans des pays africains il y a pas de raison à cela parce parce qu'au fond l'évolution sur ces sujets-là partout elle est le résultat de bataillees internes de de de parfois féocce de point de vue différents donc sur la ces questions de société ces sujets de société en Afrique aussi on a besoin de débat public informé sérieux constructif sur ces questions-là euh mais je voudrais souligner qu'il y a vraiment aussi euh des progrès importants sur la paration politique les pays africains quelques pays africains sont aujourd'hui parmi les tous premiers au niveau mondial en terme de représentation des femmes dans les parlements le Rwanda bien sûr mais au Sénégal où je suis il y a quand même une loi sur la parité qui automatiquement a a induit non pas une véritable 5 50 % 50 % mais presque euh dans à l'Assemblée nationale on a aussi des progrès dans des pays comme le Bénin où des côas ont été mise en place donc il y a quand même eu vraiment des changements dans beaucoup de pays africains pour améliorer la représentation des femmes dans l'espace politique et sur le plan économique aussi il y a une multiplicité d'initiatives parfois d'entrepreneurs femmes NOTAM notamment pour accompagner d'autres femmes financer des des initiatives et je pense que ce que la France peut faire c'est de manière réaliste et avec une certaine humilité accompagner lesistant accompagner les initiatives de personnes qui font déjà des choses et dans dans dans ces domaineslà à nouveau mais en respectant la nécessité je le disais déjà de débat public interne qui vont faire évoluer ces sociétés sur sur la la la place des des des femmes tout dernier tout dernier toute dernière mention en une minute parce qu'elle est importante pour moi c'est la question de la démocratie le soutien à la démocratie oui mais je crois que aujourd'hui lorsqu'on regarde les sondages 66 % entre 66 et 70 % des Africains sont systématiquement en faveur de la démocratie comme étant le meilleur système de gouvernement la question ce n'est pas donc une remise en cause du principe démocratique c'est une dénonciation que les démocraties non effectiv en fait qui sont des démocraties factices ben ne produisent aucun résultat sur le plan sécuritaire sur sur le plan de l'amélioration du bien-être économique et social donc l'enjeu ce n'est pas démocratie ou pas de démocratie l'enjeu c'est quel type de démocratie comment est-ce qu'on construit des démocraties substantielles et comment est-ce qu'on construit des états efficaces et je pense que ces deux questions elles sont liées mais elles ne sont pas identiques on a besoin d'État on a besoin de politique publi et on a besoin aussi de légitimité politique passant par une démocratie qui ne se réduiseent pas au processus électorauuxx merci beaucoup bien merci pour cette réponse et maintenant on a une dernière réponse de Arthur manga qui a la tâche difficile de répondre parce qu'il y a déjà eu beaucoup de réponses et en plus peut-être qu'on pourrait vous demander un mot de de conclusion sur finalement comment également de votre côté vous avez ressenti cette cette audition cet échange et quelles sont les attentes finalement que vous pouvez avoir sur nos travaux sur notre cycle que que l'on va mener dans les dans les prochaines semaines d'accord bah euh déjà bon pour pour un peu changer pour nous mettre un peu dans l'ambiance de l'Assemblée nationale il y a quand même quelques divergences entre Gil et moi sur certains points par exemple sur le point de l'intervention militaire moi je soutenais que la France aide à l'intervention militaire à partir du moment où c'est la CDAO c'est une décision africaine qui est prise et qu'on peut soutenir parce que ce ce discours de dit on est contre coup d'taille on fait rien pour qu'il se multiplie en Afrique moi je suis contre et donc au bout d'un moment si ça passe par une intervention militaire ciblée qui peut être efficace par la supériorité du feu justement euh oui c'était bienvenu et malheureusement il y a eu des hésitations et des atémoirements aujourd'hui on a on a au Niger une jeunte pour moi indigne qui s'installe et et qui qui enracine la pratique des coups d'État et souvent les intellectuels africain ne sont pas assez durs avec les jeunes sont plutôt forts dans expliquer dans d'en trouver pourquoi on peut l'entendre mais pour moi euh non je pense que justement tant que la réponse euh est harmonisée avec les institutions africaines bah les soutiens sont sont bienvenus euh dans ce et je pense aussi qu'il faut pas pas négliger hein he la remise en cause même de la démocratie je je pense qu'elle se remet en cause euh ja dit tout à l'heure je suis d'accord avec lui surtout en niouveau intellectuel ça se pose pas trop comme question mais dans la société ça se pose de plus en plus en revanche là je suis d'accord avec eu c'est sur les raisons de cette remise en cause il a une remise en cause de la démocratie parce que justement certains par la mauvaise application de la démocratie ne trouve pas euh euh euh des résultats euh euh effent et donc remettre en Cuse ce principe c'est pour ça qu'aujourd'hui le soutien à la démocratie le soutien aux initiatives démocratiques est quelque chose d'important et j'ai envie de dire c'est un devoir pour la France qui qui se positionne comme le pays de la liberté le pays des droits de l'homme et ça doit être le pays pour moi d'un point de vue de de de de la conception de de l'idéal et de l'idéologie qui doit soutenir bien plus que ça euh les démocraties les initiatives démocratiques et les réformes démocratiques qui sont pris sur le continent pour qu'on aille plus loin euh je vais revenir maintenant aux questions à à quelquesun d' lui il y a la il y a personnellement il y a la réciprocité sinon je pense qu'on on on ne serait pas pour moi par exemple avir faire 6000 km pour je je pense quand même que c'est c'est parce qu'on le souhaite et et avec les autres maintenant euh c'est clair que il y a toujours des extrémistes qui vont vous dire non on n veut pas mais même si non on nen veut pas je je pense pas qu'il faut il soit profond euh il y a une volonté il y a une réciprocité de construire quelque chose avec avec tout le monde d'abord avec tout le monde et donc avec la France voilà et ça je pense que tout le monde là et et même les gens les plus les plus dures vous diront toujours à la fin il faut qu'on discute il faut qu'on construise et et le collègue libana avait parlé d'interdépendance du monde aujourd'hui on peut pas construire un monde avec certains acteurs donc sans l'Afrique sans la France c'est pas possible faut construire des choses ensemble en revanche oui il y a des il y a des faiblesses dans dans notre projet commun eu la première faiblesse c'est notre histoire notre histoire longue commune partagée qui a aussi des ombres et souvent j'ai envie de dire la position face à ces ombres on entend des choses souvent sur la colonisation quand vous êtes africain que vous les entendez vous vous dites mais vraiment de quoi on parle on parle de gens qui ont été privés qui ont été privés de droit spolier et et face à ces questions par exemple et d'autant plus que ce ce modèle a réussi à raffermir quelque peu les relations avec des pays comme le Rwanda et donc faut une mémoire commune assumer ce qui s'est passé entre nous c'est quelque chose d'assez important et de cette histoire commune peut tomber sur certains imaginaires qui sont mal construits de partes et d'autres j'ai lu un livre assez intéressant pourquoi l'Afrique est rentré dans l'histoire sans nous dans lequel on voit très bien que les imaginaires sur l'Afrique que ce soit dans la à la télévision au journal télévisé dans les chansons on a toujours des imag négatifs qui déconstruisent donc l'Afrique et c'est pour ça je pense dans les recommandations du du somau de monpé il y avait la la la la question de la construction de la maison des monde africain des diaspora pour mieux faire apparaître mais de l'autre côté aussi on on on on construit mal cet imaginaire commun et et ça a des ça a des conséquences je pense qu' il est temps aussi de tenu compte euh des changements euh de voir l'Afrique comme un véritable espace géopolitique et plus comme un précaré je parle surtout de l'Afrique francophone un précaré ce serait un coin qui nous est acquis dans lequel toute concurrence est perçu comme rivalité alors qu'il faut comprendre qu'on est d'un véritable espace géopolitique voilà où les rivalités les concurrences les les coopérations vont se construire en fonction de de des nécessités des besoins voilà et justement euh euh il faut donc en France qu'on accepte cette concurrence qu'on accepte qu'il y a un véritable que l'Afrique aujourd'hui un véritable enjeu géopolitique sur quel il faut se battre comme vous vous battez pour avoir des marchés en Chine et même souvent de vous en Allemagne mais il faut cette même bataille avec les autres acteurs sans sans ressentiment supérieur avec des atouts avec des atouts que que vous avez que nous avons ensemble dans cette histoire il il y a du dur mais il y a des atouts les diasporas hein la culture la langue sont des atouts sur lesquels on peut jouer pour construire notre notre relation et quels sont les domaines qui qui vont venir pour moi il y a des écueils à balancer tout de suite j'ai dit les deux principaux liens historiquement de cette présence C attachement en Afrique sont la monnaie et la présenceitaire par le franc CFA qui a réussi certaines choses qui par exemple permet aux économies de Lie mois de mieux résister aux crises d'avoir plus de confiance mais il est temps de passer un autre modèle qui soit accepté tout en conservant justement les réussites de de ce qui a été déjà fait et et il faut avancer depuis Abidjan 2019 ça fait 4 ans il y a pas beaucoup de chos que avancer sur ce domaine il y a des réflexions qui soit assez intéressante sur la présence militaire parce que on parle de juste distance donc pas de disparition donc faut faut comprendre que la transformation des bases militaires euh euh pour avoir plus de formation plus de monté en puissance à Abidjan on a le modèle de l'Académie Internationale de lut contre terorisme qui est un modèle assez intéressant voilà qui sont des choses après tout ce qui est autour du du du vivant et surtout des humanités j'appelle par humanité euh les questions de jeunesse les échanges entre étudiants entre de recherche les questions de culture moi quand j'étais plus jeune dans mon lycée avait un club Molière dans lequel on apprenait la culture un peu de culture française mais ça n'existe plus alors que vous avez de plus en plus d'institut confissus de club Canadiens donc faut revivre par ça faut revivre par par ces moyens qui par la culture par les jeunesses par les échanges euh qui vont permettre justement de de revivre et de et de réarmer réarmer cette pensée faut vivre par les sociétés civiles et c'est très bien je vais garder ça peut-être pour la fin mais c'est très intéressant de de d'impliquer ces sociétés civil et tout ça dans dans la réforme dans la pensée il faudrait pas que ce soit une pensée c'est pour ça qu'on parle de construction de cette pensée coconstruction de cet avenir AFR frrançais qu'il faut la question de l'aide est une question assez importante parce que l'aide d'abord le mot aide pour moi il est il est un peu gênant parce qu'il ramène à de la domination déjà euh à à à une sorte de magnanimité ou voilà donc il faut déjà le bannir mais il faut rechercher aussi de l'efficacité voilà euh de l'efficacité par par définir ensemble les priorités par vérifier l'efficacité ou ou les résultats qu'on doit obtenir dans dans dans ces partenariats qu'on peut avoir c'est très important parce que certains mettent moins j'ai envie de dire et gagnneent plus en terme d'image et en terme de résultat par rapport eu au Paris qu'on peut mettre dans dans cette collaboration les jeunesses les femmes les femmes oui euh je l'a bien dit il y a des progrès assez intéressants euh euh dans dans nos pays mais reste encore des défis importants sur la scolarisation des femmes sur leur santé sur les mises en place sur les les ce que font nos sociétés civiles et d'ailleurs les relations entre les différentes sociétés civiles les partages expérience Nord sudud ou même sud- sudud que ce soit même en démocratie il y a des modèles de démocratie Sud qui sont assez important hein que qui peuvent être qui peuvent être euh euh mis ensemble donc regarder de face en commun notre histoire en l'assumant en assumant dans ses dans ses ombres dans ses lumières euh revenir ce qui l'humanité qui peut nous accompagner revenir sur la place des sociétés civiles et essayer au mieux de transformer en fonction des attentes mais euh avec des valeurs claires les valeurs de la liberté les valeurs de la démocratie elles sont trop souvent noyées par les intérêts géopolitiques par les intérêts économiques aujourd'hui on réfléchit par deux fois avant de prendre une déclaration on réfléchit par trois fois avant d'apporter son soutien et enfin il faut de la cohérence je je reviens sur la cohérence c'est très important c'est très important de savoir que euh il y a un cap sur qu'on suit dans cette relation pour boucler et ça ma présence ici et celle de Gil de Karim par par vision c'est ce que nous souhaitons pour deux raisons je luai dit en début la meilleure représentation du peuple c'est l'Assemblée nationale finalement et donc quand l'Assemblée nationale se saisit de ces débats ça signifie que le peuple français sen saisit et quand elle invite des chercheurs des représentants de la société civile c'est-à-dire qu'elle elle va chercher le peuple hors mur et c'est là qui doit être la force c'est ça qui doit être notre différence c'est ça qui va permettre de reconstruire parce que trop longtemps la relation affro française a été une relation personnelle entre nos chefs d'État qui ont pris des décisions plus dans les intérêts des chefs d'État dans les intérêts de certaines entreprises que dans les intérêts des peuples il est important que les peuples et les humanités retrouvent leur place à la fois dans l'intérêt mais dans le processus de décision je le dis moi par exemple quand je parle avec les gens du poste d'Abidjan à sé de temps en temps dans dans les débats les sociétés civiles les entrepreneurs si qu'est-ce qu'est-ce qu'il faut faire de par exemple du contrat de désendettement il faut pas tout faire avec l'État oui il y a l'état qui a qui a qui a qui a la meilleure légitimité mais aussi il y a d'autres acteurs qu'il faut privilégier qu'il faut encourager je pense que euh les acteurs africains la société civile les chercheurs sont à disposition la preuve Gile est là je suis là mais à chaque fois que vous sererez sur des terrains africains je pense que les gens prendront beaucoup de plaisir à parler avec vous et à dire avec peut-être beaucoup plus de de de de désinvolture au sens positif du thème que nous par exemple en les trouvant chez eux mais il faut qu'on le sente je suis tout à fait content qu'aujourd'hui la question devienne nationale à travers sa représentation et j'espère que vos travaux j'ai dit il y a une longue tradition de rapport euh quand même de l'Assemblée nationale et finalement c'est assez livra c'est assez intéressant mais j'espère que vos travaux vont permett d'aller plus loin que sur des rapports de paiser réellement c'est vrai que pour les questions de défense et de et de relations internationales sont bâtis comme des du précarré présidentiel mais on voit depuis des années que l'Assemblée nationale essaie de grignoter essayez encore d'en grignoter c'est c'est tant mieux pour nous et puis essayer surtout de paiser essayer surtout de piser de prendre des décisions qui seront positives et et pour l'ensemble de nos peuples je pense qu'il y a un avenir je suis tout à fait d'accord avec vous moi je suis confiance dans l'avenir de nos relations on a une phase de rupture qui peut avoir ses turpitudes qui peut avoir ces dangers je pense quand même que on a on a beaucoup de lien par nos diaspora par notre langue par par la beauté de nos continents voilà et et et tout ça par des gens qui qui sont issus de nos de cet amour issus de cette culture qui feront tout pour que vivent une meilleure relation afro-française une relation plus équilibré qui va permettre à l'Afrique et à la France de continuer leur long cheminement mais cette fois dans un intérieur réciproque et dans le winwin dansun vrai gagnant gagnant je vous remercie c'est un plaisir pour moi je pense pour mes deux collègues de pouvoir échanger avec vous euh jour bien mais écoutez merci à tous les trois pour ce moment d'échange très riche qui permet de lancer nos nos travaux et j'espère qu'on arrivera chacun un peu plus aiguisé pour le débat qui aura lieu mardi prochain dans dans l'hémicycle dans le cadre de de ce partenariat et nous continuerons dès mercredi en élargissant nos travaux à la commission des finances sur la partie coopération monétaire endettement et ensuite avec la section française de la PF notamment pour tous ces sujets culturels et de francophonie donc vraiment encore une fois merci à à tous les trois et donc euh on continue nos nos travaux très bonne journée à tous merci bientôt
Else Joseph