Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingPublic Sénat (sur YouTube)· 20 janvier 2026 8 minActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & électionsSécurité

« Ce que nous observons est un aveu de fragilité de l’impérialisme américain »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Chiffre
    « Plus de 700 sites militaires dans près de 80 pays, plus de 220 bases permanentes à l'étranger. »
  • 7:00Fait
    « Le président des États-Unis a assumé une politique de déstabilisation directe allant jusqu'à l'enlèvement du président Maduro. »
  • 9:00Fait
    « Le Groenland consomme des ressources stratégiques majeures et que la fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes et de nouvelles possibilités d'extraction. »
  • 11:00Fait
    « L'Union européenne a fait le choix de déléguer l'essentiel de sa stratégie politique et sécuritaire aux États-Unis. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Je tiens tout d'abord à saluer l'organisation de ce débat. Un débat que j'ai solennellement demandé dès le 5 janvier dernier avec mon collègue Stéphane Peu, président du groupe GDR à l'Assemblée nationale, tant il nous paraissait indispensable que la représentation nationale se saisisse de ces enjeux majeurs. Ce dép ce débat répond à une exigence démocratique fondamentale.

Ne pas laisser s'installer dans le silence ou dans de fausses évidences des choix stratégiques engageant durablement notre pays, notre continent et les peuples du monde. Pourtant, l'absence du premier ministre ce soir et vos propos liminaires, madames et messieurs le ministre m'invite à douter du caractère partagé de cet objectif. Il ne peut y avoir d'excuses d'agenda.

Ce débat pouvait se tenir la semaine dernière ou se tenir la semaine prochaine. Les événements s'accélèrent et les certitudes d'hier, notamment sur le rôle des États-Unis comme garant ultime de la sécurité européenne se fissure sous nos yeux. Aux unies, ce que nous observons ne relève pas d'un simple durcissement politique.

Arrestation de grandes de grande ampleur sur les lieux de travail dans les transports, aux portes des écoles et des hôpitaux. Déplacement forcés de population migrantes. Discours ouvertement raciste, déshumanisant tenu au sommet même de l'État.

Dans les universités, la connaissance elle-même est attaquée entre le recul massif des financements publics et la réécriture autoritaire du réel par l'éviction de centaines de termes tels que femme, antiracisme, équité, oppression, changement climatique. C'est la liberté académique et scientifique qui est directement visée. La garde nationale est déployée à Los Angeles puis à Washington.

Les villes démocrates, les unes après les autres, voient les États-Unis se militariser. Le spectacle et la violence sont donc devenus le visage du pouvoir américain, le grotesque son incarnation. Et pas plus tard que ce matin, le président américain récidivé en s'adressant au Premier ministre norvégien.

Je le cite, "Étant donné que votre pays a décidé de ne pas me décerner le prix Nobel de la paix pour avoir empêché plus de 8 guerre, je ne me sens plus tenu de penser uniquement à la paix, bien qu'elle reste toujours ma priorité." Il me revient alors cette phrase de Michel Fouco. Le grotesque est l'un des procédés essentiels à la souveraineté arbitraire.

Ainsi, l'administration américaine nous habitue à l'anormalité permanente. Certes, l'impérialisme n'est pas une nouveauté. Depuis 1945, les États-Unis ont exercé une domination militaire globale de Cuba au Vietnam, à l'Amérique latine des années 70 et 80, de l'Irak à l'Afghanistan, au prix de millions de morts de déstabilisation durable.

Cette domination repose sur une force militaire sans équivalent. Plus de 700 sites militaires dans près de 80 pays, plus de 220 bases permanentes à l'étranger. Mais aujourd'hui, le vernis n'y craque.

Ce que nous observons n'est pas une démonstration de puissance, mais un aveu de fragilité. L'impérialisme américain est entré dans une crise aigue. Crise de l'accès aux ressources stratégiques, crise géopolitique face à la montée de la Chine, crise d'un modèle fondé sur un mode de vie proclamé non négociable.

La militarisation accrue, la désignation d'ennemis intérieur et extérieur, la remise en cause du multilatéralisme s'inscrivve dans une même logique préparer des guerres de ressources justifiées par le refus du déclin. Ce basculement autoritaire n'est pas un accident de l'histoire. Il est le produit d'un système qui incapable de se réformer, choisit la fuite en avant.

Quand la puissance vacille, elle se crispe, elle désigne des ennemis, elle brutalise le droit et normalise la violence. La situation du Venezuela en est une illustration éclatante. Le président des États-Unis a assumé une politique de déstabilisation directe allant jusqu'à l'enlèvement du président Maduro.

Il ne s'agit plus de sanction ou de pression diplomatique, mais d'une atteinte à la souveraineté d'un État en violation flagrante du droit international. Ce qui est puni, ce n'est pas un régime. Ce qui est puni, c'est une indépendance politique dans un pays disposant de ressources énergétique majeur et refusant l'alignement.

En tolérant cet acte, une partie de la communauté internationale accepte donc que la force se substitue au droit. L'objectif n'est ni démocratique, ni la lutte contre le narcotrafic, mais la simple main mise sur la mane pétrolière vénézuélienne. La France qui se réclame du multilatéralisme ne peut donc rester silencieuse face à une telle rupture.

C'est l'architecture même du droit international qui est ici fragilisée. Loin de la mascarade de paix vantée par les discours du président Trump, les États-Unis agissent aujourd'hui dans une logique de préemption violente. Le Groenland est à lui seul un révélateur.

Depuis plusieurs années, les États-Unis affichent leur volonté de contrôler ce territoire. Déclaration sur un possible rachat, pression diplomatique, présence militaire accrue. Pourquoi ?

Parce que le Groenland consomme des ressources stratégiques majeures et que la fonte des glaces ouvre de nouvelles routes maritimes et de nouvelles possibilités d'extraction. Nous sommes donc face à une logique de prédation. Le dérèglement climatique n'est pas combattu, il est alors exploité.

Et pourtant, le Groenland n'est pas une terre vide, c'est un peuple, des droits, une souveraineté. Le Groenland relève du Danemark et donc de l'Union européenne. Mais l'Europe, acceptant que la loi du plus fort l'emporte sur le droit, renonce de fait à défendre le principe même d'autodétermination des peuples.

Enfin, la situation en Ukraine appelle la même lucidité. L'Union européenne a fait le choix de déléguer l'essentiel de sa stratégie politique et sécuritaire aux États-Unis, acceptant une dépendance stratégique profonde. Comment prétendre défendre la souveraineté de l'Ukraine ? tout en envisageant de confier la garantie d'un cesser le feu aux États-Unis alors même que ceci discute directement avec Vladimir Poutine hors de tout casre multilatéral et sans mandat européen.

Cette situation est intenable. Nous ne pouvons être les spectateurs de discussions qui engagent notre avenir. Si l'Europe veut réellement défendre la paix, elle doit redevenir un acteur politique autonome fondé sur le droit international et la sécurité collective.

La question alors posée à la France est claire. Acceptons-nous cette politique de la force ou choisissons-nous la voix d'une indépendance nouvelle ? Acceptons-nous l'alignement atlantiste ou une autre construction européenne réellement souveraine impliquant notamment à nos yeux la sortie de l'OTAN ?

Combien de temps allons-nous garder le silence sur la diffusion en Europe et en France d'une révolution culturelle réactionnaire importé des États-Unis et qui nous menace un peu plus chaque jour ? Le premier ministre aime régulièrement à rappeler son attachement au gaolisme. Alors, permettez-moi de rappeler que la force de la France du général de Gaulle fut sa capacité à prendre toute sa place au sein de l'ONU. s'émancipant même de la logique du bloc contre bloc à l'époque.

En 2026, la France demeure le seul pays de l'Union européenne à être membre du Conseil de sécurité de l'ONU. Le seul pays de l'Union européenne à posséder ce qui doit rester plus que jamais une arme de dissuasion, à savoir l'arme nucléaire. Notre parole ou nos silences ne sont donc pas neutres.

En Iran, en Ukraine, au Groenlande comme au Venezuela. Notre voix doit être celle de la paix et non celle des compromis au nom d'intérêt politiciens. Madame la ministre, monsieur le ministre, mes chers collègues, face aux logiques de domination, d'exclusion et de violence, il nous faut résister.

Résister aujourd'hui comme hier, c'est refuser la soumission, défendre l'humanité commune et choisir le courage quand d'autres choisissent la peur.