Sur le plateau de Léa Salamé : Bruno Le Maire à encore menti
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« J'aimerais faire ne pas mentir aux gens et leur dire pourquoi est-ce qu'on a une explosion des prix ? Mais parce que vous avez eu la guerre en Ukraine, qu'il y a moins de blé sur les marchés, que le prix a flambé. »
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« Le mensonge de Bruno Le Maire, il est évident. Il est statistiquement montré. C'est-à-dire que l'inflation n'a pas commencé avec la guerre en Ukraine. »
- 3:01InvitéFait
« La reprise inflationniste a commencé dès 2021, avec la hausse des prix d'énergie, avec les problèmes d'approvisionnement, les chaînes de valeur qui avaient été coupées suite à la crise Covid. »
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« La cause de l'inflation, c'est la hausse des marges et des profits des entreprises, c'est-à-dire que les grandes entreprises, les grandes multinationales, ont profité de la situation pour augmenter leurs marges et leurs profits et avoir ce que l'on a appelé les super-profits. »
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« Le gouvernement refuse d'indexer les salaires sur l'inflation. Du coup, évidemment, ça pénalise les ménages, dont on a vu que les salaires réels diminuaient en 2022 de l'ordre de 2%. »
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« Le président de la FED, Jérôme Powell, avait même dit l'an dernier qu'il fallait une petite récession pour régler le problème inflationniste. »
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Chers auditeurs du Média, vous aimez nous écouter ? Vous êtes la garantie de notre liberté et de notre indépendance et nous avons besoin de vous pour continuer. Devenez sociaux et abonnez-vous sur lemédiatv.fr. Bruno Le Maire, ministre de l'économie du gouvernement Macron-Borne, était sur le plateau de Léa Salamé sur France 2 samedi dernier. Et le moins qu'on puisse dire est qu'il a fait le buzz. Le buzz sur son dernier livre très hot, Fugue américaine, dont Christophe de Chavannes a lu de larges extraits torrides, ce qui a provoqué évidemment des fous rires et du rire gras.
Je sentis monter le long d'une épine dorsale un frémissement infini. Et là j'ai l'impression qu'on est dans le chic du S.A.S. Un goût de métal m'envergne la bouche, un frisson d'effroi me parcourut les Chines.
Où est-ce que vous êtes ? Vous connaissiez Bruno Le Maire, amant exalté. Et bien dans l'émission Quelle époque ? On le découvre papa angoissé par le montant de la facture à la caisse de Lidl.
J'ai moi-même une famille nombreuse. J'ai quatre enfants à nourrir et je paye beaucoup de prix de paquets de pâtes. Et je sais parfaitement à quel point ces prix sont devenus insupportables pour les Français. Pauvre chou.
Enfin, chou peut-être, pauvre non. Le patron de Bercy gagne 11 000 euros brut par mois.
Enfin, pardon. J'ai ces 7 450 euros net par mois une fois les impôts déduits.
Admettez qu'avec 445 000 euros de patrimoine, notre ministre écrivain est l'un des membres du gouvernement les plus fauchés. Mais plus sérieusement, au-delà du buzz, Bruno Le Maire a choqué un grand nombre d'économistes par des explications assez spécieuses sur les causes de l'inflation. Interrogé sur les raisons des spectaculaires hausses de prix au rayon alimentaire qui amènent un nombre important de Français à se priver de nourriture, voici ce qu'a répondu Bruno Le Maire.
J'aimerais faire ne pas mentir aux gens et leur dire pourquoi est-ce qu'on a une explosion des prix ? Mais parce que vous avez eu la guerre en Ukraine, qu'il y a moins de blé sur les marchés, que le prix a flambé.
Ah ouais, même Léa Salamé, qui n'est pas d'un naturel très dubitatif face aux grands de ce monde, a tiqué.
Leclerc, il dit la guerre d'Ukraine, elle a bon dos. Il dit, il parle des profiteurs de crise. Il parle de toutes ces entreprises qui mettent sur le dos de la guerre en Ukraine la hausse des prix.
De nombreux économistes sont tombés de leur chaise en écoutant les explications de Bruno Le Maire. Parmi eux, Éric Baire, maître de conférence à l'université de Bordeaux, membre des économistes atterrés et co-animateurs du département d'économie de l'Institut La Boétie. Pour Éric Baire, la cause est entendue. Bruno Le Maire raconte n'importe quoi.
Le mensonge de Bruno Le Maire, il est évident. Il est statistiquement montré. C'est-à-dire que l'inflation n'a pas commencé avec la guerre en Ukraine. C'est-à-dire que la reprise inflationniste a commencé dès 2021, avec la hausse des prix d'énergie, avec les problèmes d'approvisionnement, les chaînes de valeur qui avaient été coupées suite à la crise Covid. Donc la demande qui repartait un peu et l'offre qui avait du mal à suivre. Donc voilà, l'inflation a démarré avant. Alors c'est vrai que la crise, que la guerre en Ukraine a amplifié les choses, mais ce n'est pas la guerre en Ukraine et la hausse du prix du blé qui expliquent l'inflation.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le prix des matières premières, le prix du blé notamment diminue. Et ce n'est pas pour ça que les consommateurs voient pour autant les prix diminués, les prix de l'alimentaire diminués, bien au contraire actuellement.
Forcément, on se pose une question. Mais pourquoi Bruno Le Maire raconte n'importe quoi au risque de se faire attraper la veste une fois de plus ?
Ce n'est pas dans la tête de Bruno Le Maire. Ce gouvernement nous habitue tellement à être dans des réalités alternatives ou à mentir tout simplement que je ne sais pas s'il le fait sciemment ou s'il est convaincu de ce qu'il raconte. Mais déjà, je ne vois pas l'intérêt d'énoncer un tel mensonge qu'il suffit de regarder n'importe quelle publication de l'INSEE notamment pour constater que c'est faux. Alors peut-être qu'il avance ça pour se dédouaner en disant. Voilà, on n'est pour rien dans l'inflation.
Que nous apprennent les nombreuses données disponibles sur les vraies causes de l'inflation ? Eric Baer et l'Institut Laboessi ont planché sur le sujet et rendu leurs conclusions, notamment dans un rapport intitulé « Inflation, la lutte des classes par les prix ». Et les conclusions de ce rapport, qui sont partagées par un grand nombre d'institutions, y compris à l'international, expliquent peut-être les raisons du flou artistique entretenu par Bruno Le Maire.
Ce que Bruno Le Maire occulte par son discours, c'est le fait que ce qui est la cause principale et ce qui est maintenant montré, alors ce que nous on avait montré dans deux notes au sein de l'Institut Laboessi, mais qui a été repris depuis et qui est maintenant validé, que ce soit par l'Union Européenne, par la BCE, par tout un tas d'autres institutions internationales, c'est que la cause de l'inflation, c'est la hausse des marges et des profits des entreprises, c'est-à-dire que les grandes entreprises, les grandes multinationales, ont profité de la situation pour augmenter leurs marges et leurs profits et avoir ce que l'on a appelé les super-profits, ce dont Bruno Le Maire ignorait l'existence jusqu'à il y a peu encore.
Souvenons-nous, en effet. Vous avez bien sûr entendu parler de cette polémique aussi sur les super-profits. Non. Vous n'étiez pas là cet été, alors ? Non, mais je ne sais pas ce que c'est que super-profit. Donc non, je ne l'ai pas entendu. Je sais que les entreprises doivent être profitables, c'est tout ce que je sais.
On est loin du désarroi du père de famille nombreuse qui pleure devant son caddie, n'est-ce pas ? De fait, le locataire de Bercy ne brille pas par son empressement à mettre au pas les entreprises qui profitent de l'aubaine de l'inflation ambiante pour faire exploser leur prix et donc leur marge.
On ne peut pas dire qu'il prend cette question des super-profits à bras-le-corps. Puisque là, dans l'émission en question de samedi dernier, qu'est-ce qu'il avance comme idée ? C'est qu'il demande aux grands groupes internationaux de l'agroalimentaire de se réunir pour rediscuter de l'éventualité de baisse des prix. On a connu le gouvernement beaucoup plus intransigeant, notamment quand il s'agit de conditionner le RSA des plus pauvres à une activité. Ou par exemple, et pour d'autres mesures, on est toujours dans la même logique. C'est-à-dire, ce gouvernement est très fort avec les faibles, mais très faible avec les forts.
L'attitude laxiste ou complice de Bruno Le Maire est d'autant plus révoltante quand on examine le mécanisme d'aubaine via lequel les grandes entreprises, notamment dans le secteur alimentaire, se servent d'un certain niveau d'inflation pour faire exploser les prix de manière inconsidérée.
L'inflation, elle est partie de la hausse des coûts. Donc, hausse des coûts de l'énergie, hausse des coûts du transport. C'est ça qui a alimenté dans un premier temps l'inflation. Comme il y a une hausse des coûts de production pour les entreprises, si elles veulent maintenir leur marge de profit, elles vont répercuter cette hausse des coûts dans leur prix de vente. D'où l'inflation. Mais ce que l'on a constaté, c'est que les entreprises ne se sont pas contentées de répercuter la hausse des coûts sur la hausse des prix. Elles ont profité de cette hausse des coûts pour augmenter bien plus les prix et pour donc en profiter de cette situation pour accroître leur marge bénéficiaire.
Donc, c'est ça. C'est qu'elles ont pris prétexte d'une chose qui était bien réelle, l'augmentation des coûts, pour se servir de ça, pour profiter. C'est pour ça qu'on parle de super profit. Les super profits, c'est vous réalisez des profits, non pas parce que vous avez pris un risque, vous avez investi et votre investissement s'est révélé très rentable et donc vous faites du profit, c'est normal. Mais là, ce sont des profits induits. Vous profitez d'une situation dans laquelle vous n'y êtes pour rien pour augmenter vos marges. Là, on est dans une inflation qui est un rapport social parce que l'inflation, selon qui la supporte, elle fait peser la contrainte sur telle catégorie ou telle autre.
Par exemple, le gouvernement refuse d'indexer les salaires sur l'inflation. Du coup, évidemment, ça pénalise les ménages, dont on a vu que les salaires réels diminuaient en 2022 de l'ordre de 2%. En revanche, les entreprises qui peuvent augmenter leurs marges, elles ne supportent pas le poids de l'inflation.
Selon Eric Baer, les solutions pour sortir de cet engrenage existent, mais le gouvernement refuse de les mettre en œuvre et sous de faux prétextes.
On pourrait avoir une politique inverse, ce qui serait de dire qu'on indexe les salaires sur les prix. Ce que le gouvernement se refusait à faire au prétexte qu'il y aurait une spirale prix-salaire, c'est-à-dire que si on augmente les salaires, ça augmente les coûts des entreprises, donc ça augmente les prix et il y a un phénomène comme ça. Mais ce que l'on constate, c'est qu'il n'y a pas ça aujourd'hui. Et pourquoi il n'y a pas ça ? Parce que contrairement à ce phénomène qui a pu exister dans les années 70, à la suite des chocs pétroliers, le pouvoir de négociation des ménages, via les organisations syndicales, était beaucoup plus fort.
Et donc, il n'y avait plus à voir ces augmentations de salaires qui ont alimenté en partie l'inflation. Mais aujourd'hui, le pouvoir de négociation est tellement plus favorable au capital qu'au travail, qu'il n'y a pas de risque de ce type-là. En revanche, ce que l'on a pu montrer, c'est qu'il y a bel et bien une spirale prix-profit, et non pas prix-salaire.
L'inflation frappe surtout les classes laborieuses, et ce sont elles qui sont sommées de payer le prix des politiques qui consistent soi-disant à la juguler, notamment la baisse des taux d'intérêt, pratiquée aussi bien en Europe qu'aux États-Unis.
Le président de la FED, Jérôme Powell, avait même dit l'an dernier qu'il fallait une petite récession pour régler le problème inflationniste. Donc, c'est intériorisé par les banquiers centraux, c'est-à-dire qu'on provoque un ralentissement économique, et donc potentiellement, on va provoquer du chômage, etc., pour lutter contre l'inflation. Donc, c'est clairement assumé. C'est le logiciel économique néolibéral, pour faire simple, qui considère qu'il faut effectivement privilégier, protéger le capital, et donc l'inflation, c'est un problème pour le capital, et pour l'épargne de manière générale, parce que ça rogne le capital, ça rogne la valeur du capital et de l'épargne.
Donc, d'où cette idée de lutter contre l'inflation, de mettre l'inflation comme étant le problème numéro un contre lequel il faut lutter. On voit dans la vraie vie que ça a des conséquences économiques et sociales importantes sur les classes les plus populaires, les moins favorisées, voire même sur les classes moyennes.
Au bout de ce développement, on comprend pourquoi Bruno Le Maire préfère éluder par une pirouette, par un mensonge, les vraies raisons de l'inflation qui le dévoilent comme un complice d'une très grande bourgeoisie violemment accaparatrice. Et puis, il peut se dire qu'au fond, la majorité de ses compatriotes n'ira pas vérifier, s'informer à l'autre source, lire les rapports précis qui le démasquent. A-t-il vraiment tort ? Nous, ce qu'on vous propose, c'est de partager cette vidéo après l'avoir likée, de vous abonner à la chaîne Le Média et d'activer toutes les notifications, de rester connecté au Média. à la chaîne Le Média,
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