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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 14 mars 2017 8 minComplaisantFond programmatiqueTransportsÉconomie & entreprises

Jean-Pierre Farandou (Keolis) : "Les taux de rentabilité sont assez proches entre l’international et la France"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Peut-on rappeler le périmètre d'action de Keolis ?

  • 1:03OuverteRéponse directe

    Résultat en hausse en 2016 : +36% pour le bénéfice net à 45M€, CA de 5Md€. Pourquoi ça marche ?

  • 1:42OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette progression des résultats de Keolis ?

  • 2:19OuverteRéponse directe

    Vous parlez de l'activité en France. Quel est le volet international ?

  • 2:35OuverteRéponse directe

    Keolis profite-t-il de la mondialisation de l'économie ?

  • 3:15OuverteRéponse directe

    Le Brexit va-t-il impacter votre activité au Royaume-Uni ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:57InvitéChiffre
    « Nous avons presque la moitié de nos chiffres d'affaires maintenant à l'international. »
  • 1:24InvitéChiffre
    « Une progression significative du chiffre d'affaires, 1,4%. »
  • 1:28InvitéChiffre
    « Une très belle progression de la rentabilité à 313 millions d'euros de marge opérationnelle, soit 5,5%. »
  • 1:34InvitéChiffre
    « Un résultat net tout à fait conforme à nos objectifs avec 45 millions d'euros. »
  • 2:28InvitéChiffre
    « Sur 58 000 salariés, nous en avons 23 000 salariés à l'étranger. »
  • 2:32InvitéChiffre
    « 43% du chiffre d'affaires et bientôt la moitié se fait à l'international. »
  • 5:55InvitéFait
    « Keolis a lancé avec sa filiale Le Cab un service de VTC collectif à 5 euros la course. »
  • 6:13PrésentateurChiffre
    « À 5 euros, vous êtes rentable sur des transports de personnes ? »
  • 6:16InvitéFait
    « À 5 euros et à 3 personnes par VTC, nous sommes rentables. »
  • 6:33InvitéChiffre
    « On a embauché encore plus de 3000 personnes l'année dernière. »

Temps de parole

  • Invité66 %
  • Présentateur32 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:05
Présentateur

L'invité éco du 17-20, Emmanuel Cuny, vous recevez le patron de la filiale Transports Urbains et International de la SNCF. Bonsoir Jean-Pierre Farandou. Bonsoir. Vous êtes donc président directeur général de Keolis, la filiale Transports Urbains et à l'International de la SNCF. On va voir dans un instant vos résultats 2016 que vous avez présentés aujourd'hui. Ils sont bons. Peut-être auparavant, est-ce que vous pouvez nous rappeler le périmètre d'action de Keolis, donc cette filiale de la SNCF ?

0:32
Invité

Le métier de Keolis, c'est d'exploiter des réseaux urbains, donc on exploite des services de métro, de tramway, de bus. On est d'ailleurs leader mondial du métro automatique et du tramway, donc on est très en pointe sur ces modes-là. Et nous faisons ce métier en France, qui est notre territoire historique, dans des grandes villes comme Lyon, Bordeaux, Rennes ou Lille par exemple, mais aussi maintenant à l'international avec des beaux succès à Londres, à Stockholm, à Melbourne, à Shanghai, à Hyderabad, en Inde. Voilà, donc nous avons presque la moitié de nos chiffres d'affaires maintenant à l'international, donc effectivement, beaucoup d'activités dans le monde.

1:03
Présentateur

Alors résultat en hausse, je le disais en 2016, plus 36% pour le bénéfice net à 45 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 5 milliards. C'est le président de la SNCF, Guillaume Pépi, qui va être content parce que Keolis participe directement aux résultats du groupe.

1:16
Invité

Ah oui, tout à fait, nos résultats sont consolidés par le groupe SNCF, qui est notre actionnaire majoritaire. Donc oui, les résultats sont satisfaisants, ils sont solides. Une progression significative du chiffre d'affaires, 1,4%. Une très belle progression de la rentabilité à 313 millions d'euros de marge opérationnelle, soit 5,5%. Effectivement, un résultat net tout à fait conforme à nos objectifs avec 45 millions d'euros. Donc voilà, des résultats solides et une activité prometteuse pour l'avenir de l'entreprise.

1:42
Présentateur

Alors pourquoi ça marche ? Pourquoi cette progression des résultats de Keolis ?

1:46
Invité

Je pense que ça marche parce que nous savons être des pionniers de la mobilité. C'est un secteur qui bouge beaucoup. Donc à la fois, bien sûr, nous vous assurons les fondamentaux de nos métiers. Donc nous sommes, je pense, très bons sur l'exploitation de nos lignes de métro et de tramway, de bus, etc. Mais aussi, nous savons innover. Je crois que l'innovation, c'est important. Et l'année dernière, deux innovations significatives. Un nouveau système de navettes autonomes sans chauffeur à Lyon, sur le quartier de la Confluence, très innovant. Et puis aussi, le premier téléphérique urbain à Brest. Voilà, donc solide sur les fondamentaux, innovant et pionnier.

Je crois que c'est ça, les clés de la réussite de Keolis.

2:17
Présentateur

On va revenir sur ces nouveaux modes de transport. Mais là, vous parlez de l'activité en France. Il y a aussi un gros volet à l'international qui représente d'ailleurs une grosse partie de vos 58 000 salariés. C'est ça ? Vous avez combien à l'étranger ?

2:28
Invité

Oui, sur 58 000 salariés, nous en avons 23 000 salariés à l'étranger. Donc effectivement, 43% du chiffre d'affaires et bientôt la moitié se fait à l'international.

2:35
Présentateur

Donc, on peut dire concrètement que Keolis profite pleinement de la mondialisation de l'économie aujourd'hui ?

2:40
Invité

Ah oui, bien sûr. Nos savoir-faire, nous les avons acquis en France. Nous sommes en France depuis très longtemps. Par exemple, nous avons lancé le premier métro automatique en Lille en 1983. Donc, on voit l'antériorité. Grâce à ça, nous exportons. Nous exportons beaucoup d'activités. Nous avons, par exemple, l'année dernière, gagné le tramway de Manchester, un réseau intermodal avec plusieurs modes de transport à Newcastle en Australie. Nous allons ouvrir cette année, en 2017, le premier métro automatique à Hyderabad, au cœur de l'Inde. Et bien sûr, nous avons été choisis par le métro de Shanghai pour les aider à lancer un métro automatique en Chine.

Voilà donc beaucoup d'activités au grand export pour Keolis.

3:13
Présentateur

Vous citiez la Grande-Bretagne. L'actualité de la Grande-Bretagne, c'est bien sûr le Brexit qui va se réaliser maintenant très rapidement. Est-ce que ça va avoir un impact direct sur votre activité, votre présence au Royaume-Uni ?

3:25
Invité

La Grande-Bretagne est un pays important pour nous. On y est depuis longtemps, à travers un partenariat avec une entreprise britannique, Gohead. Donc ça fait plus de 20 ans qu'on est en Grande-Bretagne. C'est le marché aussi le plus ouvert en matière de mise en concurrence. Donc il y a un potentiel de business très fort. Alors le Brexit a eu un impact immédiat sur le change. Quand nos revenus en livres, quand la livre a baissé de pratiquement 20% par rapport à l'euro, on a donc encaissé, entre guillemets, ou plutôt décaissé un risque de change important. Sur le fond, ça ne se change pas. Nous croyons tout à fait, je crois personnellement, que l'économie anglaise va se relever.

Elle ne marche d'ailleurs pas si mal que ça. Et pour nous, la Grande-Bretagne restera un pays important où nous souhaiterons continuer à nous développer.

3:58
Présentateur

Jean-Pierre Farandou, que ce soit sur le terrain international ou en France, Keolis, évidemment, baigne dans ce grand bain de la concurrence. Une concurrence de plus en plus forte, de plus en plus féroce. Alors il y a la concurrence de Transdev, c'est l'autre opérateur public qui est filial de la Caisse des dépôts et consignations. Et puis il y a la concurrence de l'ubérisation. Pour rester sur la concurrence de Transdev, est-ce bon, est-ce sain que deux entreprises publiques se fassent concurrence sur le même secteur ? Est-ce que c'est le but du service public de céder, je dirais, aux sirènes du libéralisme ?

4:26
Invité

Je crois que c'est la logique même de la délégation de service public. Quand une collectivité décide de mettre en appel d'offres son réseau de transport, elle souhaite qu'il y ait de la concurrence. Voilà. Et en France, en fait, nous sommes trois opérateurs. Vous avez cité Transdev, mais il y a aussi la RATP avec sa filiale RATP-Dev. Donc si on veut de la concurrence, il faut plusieurs acteurs. Donc ça, je trouve que c'est sain. Le fait que nous appartenions de près ou de loin à la sphère publique n'est pas un problème. On l'a vu déjà par le passé.

4:48
Présentateur

On ne s'éloigne pas du service public quand on joue à plein la concurrence ?

4:52
Invité

Presque au contraire. Moi, je pourrais vous dire que grâce à la concurrence, c'est le meilleur service public en termes de qualité, au moindre coût pour la collectivité. Donc c'est une manière moderne de délivrer le service public. Croyez en tout cas que chez Keolis, les valeurs de service public, on les a chevillées au corps. Par exemple, l'accès au plus grand nombre est très important. Donc on peut tout à fait conjuguer performance économique d'une entreprise privée avec le sens du service public.

5:11
Présentateur

Alors l'ubérisation, là c'est l'autre phase de la concurrence. Il y a la voiture, le bus, l'autobus, vous en parliez tout à l'heure. Il y a les trams autonomes sans chauffeur. La cible, c'est évidemment le client final qui lui demande toujours de meilleurs services à un moindre coût. Jusqu'où ça peut aller, ce meilleur service au moindre coût ? Parce que derrière, il y a l'emploi, il y a quand même beaucoup de charges. Comment vous vous en sortez ? Comment vous réglez cette équation ?

5:35
Invité

Je crois que l'ubérisation, il faut le prendre au sérieux. D'ailleurs, Uber, quand on les écoute, il se définit quasiment comme un nouveau transport public. Donc il faut faire attention. C'est notre cœur de métier. Tout à coup, on voit l'irruption de nouveaux acteurs. On parle d'Uber, mais ça pourrait être Google ou les grands constructeurs de l'automobile qui arrivent dans notre secteur. Donc qu'est-ce qui se passe ? Bon, notre riposte par rapport à ça, c'est d'être inventif nous-mêmes. Et par exemple, au début de février, donc le mois dernier, Keolis a lancé avec sa filiale Le Cab un service de VTC collectif à 5 euros la course. C'est notre manière de riposter à Uber.

Nous aussi, nous sommes capables de faire du transport collectif à bas coût et de qualité. Nous le faisons en France. C'est notre niche à nous. Et je suis convaincu que ces modes de transport-là vont venir compléter la gamme des transports collectifs dans nos villes. À 5 euros, vous êtes rentable sur des transports de personnes ? À 5 euros et à 3 personnes par VTC, nous sommes rentables. Oui, oui, tout à fait.

6:20
Présentateur

Alors, comment est-ce qu'on règle, je le disais, la question de l'emploi tout à l'heure ? Parce que la filiale mobilité de la SNCF a quand même supprimé 1600 postes l'année dernière. Est-ce que ça va continuer ? Et encore une fois, comment vous réglez cette équation ?

6:31
Invité

Nous, chez Keolis, on embauche. On a embauché encore plus de 3000 personnes l'année dernière. Donc, il n'y a pas de problème. On a la chance d'être sur des réseaux qui se développent et des services qui se développent. Donc, à la fois dans nos métiers classiques, conducteurs de bus ou tramway, il y a des créations de lignes dont nous embauchons. Et dans tout type de public, en plus, on embauche des jeunes, des moins jeunes, des hommes, des femmes. Donc, on est vraiment très large dans notre aspect de recrutement. Et puis, ces nouveaux services, c'est pour le moment des nouveaux emplois. Donc, il n'y a pas de problème.

Donc, nous, en ce qui nous concerne chez Keolis, on est plutôt en train de faire de l'emploi.

6:58
Présentateur

Jean-Pierre Farandou, président directeur général de Keolis, filiale de la SNCF. Vous présidez également l'UTP, l'Union des Transports Publics. Vous avez rapidement des revendications dans le cadre de la campagne pour l'élection présidentielle. Que demandez-vous aux candidats ?

7:12
Invité

Ce qu'on demande, en fait, aux candidats, c'est de s'occuper de la mobilité. Enfin, la mobilité est très peu présente dans les discours de campagne. Ça commence à venir, d'ailleurs, grâce à notre action. La mobilité, elle est au cœur de grandes politiques. Il n'y a pas d'emploi si les gens ne peuvent pas aller bosser. Et on voit très bien qu'il y a des parties du territoire où il y a des difficultés de déplacement. C'est une filière industrielle. C'est bon pour le climat. C'est bon pour la santé publique. Pensez à la crise des particules. Seule la mobilité publique sera capable de relever ce challenge de santé publique.

Jean-Pierre Farandou, président directeur général de Keolis, filiale de la SNCF. Merci, monsieur. Bonsoir.

7:41
Présentateur

Merci beaucoup.