Les plus belles amitiés des nos invités - C à vous
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On célèbre vos 50 ans d'amitié qui correspondent à vos 54 ans de carrière, Marie-Paule. Votre carrière correspond avec votre amitié avec Serge. C'est un ami, Serge, depuis toujours, mais qui a d'abord été un formidable pygmalion pour vous, d'une incroyable générosité. -Extraordinaire.
Nous avons débuté tous les 2 dans un cabaret de la rive gauche qui s'appelait L'Ecluse, où avaient débuté Barbara et des grands noms de la chanson. Un jour, il y a eu une émission qui s'est tournée sur L'Ecluse, et Serge était là. On ne se connaissait pas.
On a fait connaissance. Eddy Marouani, qui était son impresario, m'a demandé sur la jonction de Serge de partir en tournée avec lui. De 75 à 81, j'ai tourné avec lui. -Elle a fait toutes les tournées. -A.-E.Lemoine: Vous êtes passée des salles de cabaret à des salles de concerts gigantesques. -De 80 personnes à 12 300 personnes.
J'allais pendant les répétitions en haut des gradins. Ca faisait comme la chèvre de monsieur Seguin. J'étais là, je me disais: "Mon Dieu, d'ici, ils vont me voir grand comme ça..." Il a été pygmalion parce que moi, à L'Ecluse, quand je chantais, si je vous regardais, j'allais chanter comme ça, faire friser l'oeil, comme vous faites exactement.
Ca, on ne peut pas le faire. Après, il faut faire: "Ah!" Il me disait: "Embrasse-les quand tu salues, tiens-les dans tes bras." Il m'empêchait de sortir de scène. -A.-E.Lemoine: Vous vouliez vous enfuir. -Je ne savais pas saluer.
Il se mettait comme ça, il me disait de recommencer. "Tu fais 1, 2, 3, à gauche, 1, 2, 3..." Il m'obligeait pour m'apprendre chaque chose. -A.-E.Lemoine: Vous l'avez obligée, Serge. -Oui.
Je l'ai obligée à faire une chose qui était en elle, mais elle avait tout compris dès le départ. Comme toujours, il y avait des ajustements à faire que moi j'avais fait. J'avais compris qu'il fallait penser large quand on se trouve devant des milliers de personnes, comme aux arènes de Béziers, par exemple...
Si on n'ouvre pas un peu large, ils ne vous voient pas. -L.Sénéchal: Est-ce que vos meilleurs copains sont venus vous voir? -Baptiste, oui. -L.Sénéchal: Ce n'est pas eux, vos meilleurs copains? -J'en ai d'autres.
Baptiste était là à la première. Jérémy est en tournage en ce moment de son 1er long métrage. Il n'a pas pu.
Il viendra avant la fin. -L.Sénéchal: C'est 2 de vos meilleurs copains.
Vous êtes même parti en tournée avec eux pour la "Tournée du Trio". Ce sera l'année prochaine. Ecoutez B.Lecaplain en parler ici même du trio, de la petite bande que vous formez. -C'est un bonheur d'être à 3.
Je vois ce que c'est, le kif qu'ont les groupes de musique de partir ensemble. On est trop excités à l'idée de partir ensemble. J'ai vraiment rencontré de chouettes mecs.
C'est une de mes plus belles rencontres dans ce métier. -L.Sénéchal: A.Tsamere, vous ne vous ressemblez pas du tout dans la vraie vie.
Il n'y a pas forcément de points communs entre vous. Pourtant, c'est une amitié qui dure? -Oui. -A.-E.Lemoine: Il veut des conseils parce que lui, ça ne dure pas, ses amitiés. -C'est peut-être cette complémentarité qui fait qu'on s'aime tant. -L.Sénéchal: Vous êtes qui, dans le trio? -Je suis celui qui a toujours les idées les plus stupides.
Evidemment, Jérémy, en bon gestionnaire des finances et producteur qu'il est, est contre au départ. C'est Baptiste qui finit par nous mettre d'accord. -A.-E.Lemoine: Une Victoire de la musique pour la révélation de l'année, une tournée incroyable en France et en Belgique et le 11 septembre 1998, Dany y était.
Le Stade de France avec Johnny devant 80 000 spectateurs pour chanter "Requiem pour un fou". -Johnny reprendra les succès tirés de l'ensemble de sa carrière. Beaucoup d'électricité, mais aussi une partie acoustique. -Je ne suis qu'un fou, un fou d'amour. -Rien qu'un fou. -Un pauvre fou... -Et puis, quelques cerises sur le gâteau.
Des duos avec, entre autres, L.Fabian, L.Richie, P.Bruel, F.Pagny, J.-J.Goldman. -A.-E.Lemoine: Souvenir de dingue? -Souvenir extraordinaire, inédit pour moi. 80 000 têtes, une icône, devant moi. -J'étais en haut à droite.
Tu m'as vu? -Evidemment. -C'était très beau.
La voix avec Johnny...
Il faut avoir une voix pour chanter avec Johnny. -A.-E.Lemoine: Et il vous avait dit quoi, Johnny, là-dessus?
Il ne vous avait pas dit "tu es moi en nana"? -Il a dit ça au press junket. Il ne l'a pas dit à moi.
Quand on lui a demandé pourquoi il m'avait invitée, il a répondu: "Parce que Lara, c'est moi en nana". J'avais 28 ans. C'est immense, pour moi.
A la répète, j'étais un peu timide. Il m'a attrapée. Il m'a dit: "Ecoute-moi bien, je vais te laisser la place.
Il va falloir que tu la prennes." J'ai dit: "D'accord compte sur moi". C'était une véritable invitation, avec sa générosité légendaire, surtout avec les femmes.
Il était particulièrement généreux, galant. J'ai vécu un moment d'étoile immense. -P.Cohen: Johnny...
Impossible de retracer votre carrière sans évoquer votre plus vieux pote du 9e arrondissement, J.Hallyday. Vous ne vous êtes jamais perdus de vue, avec Johnny, au point qu'aujourd'hui, vous dites dans votre livre que vous rêvez souvent de lui. -Oui.
Il vient m'enquiquiner, pour être poli. -P.Cohen: Il vous tire les pieds? -Oui.
Je suis en train de dormir. Il me fait: "Viens, il y a un bal costumé." Il est habillé en pirate, ou je ne sais pas quoi...
Il faut que je me lève. Je n'ai pas envie de me lever. Il me dit de venir.
Là, je me réveille. Ouf! Sinon, je me voyais mal parti pour la nuit, aller faire l'imbécile... -P.Cohen: Il est à ce point présent dans votre esprit qu'il vient même la nuit? -Oui. -A.-E.Lemoine: Vous parlez des paroles des chansons de Johnny.
Vous vous souvenez que quand il vous a montré les paroles de "Que je t'aime", vous lui avez expliqué que c'était impossible à chanter. Pourquoi? -Parce que quand on prend le texte, si on ne regarde que le texte, ce que je fais très souvent, "quand ton corps sur mon corps, lourd comme un cheval mort", c'est horrible.
Un cheval mort, ça sent mauvais. C'est dégueulasse. Sur son corps, un cheval mort, je n'en veux pas. -A.-E.Lemoine: C'est vrai. -Lui le fait passer.
Il avait cette force incroyable. Moi, je n'aurais jamais pu faire ça. -P.Cohen: Son souffle fait passer des choses qui seraient difficiles pour d'autres. -Oui.
Qui peut faire ça? -A.-E.Lemoine: C'est impossible.
Il y arrivait très bien. -P.Lescure: Pierre, que vous voyez à votre droite... -J'ai entendu...
Il a eu la chance de rencontrer... -P.Lescure: Il a rencontré Johnny.
Notamment en 1989, vous avez partagé avec Johnny votre participation à un festival de rock. -C'est vrai que j'ai passé beaucoup de temps avec lui. C'était ma période rock, Harley.
J'en avais une. C'est celui qui me l'avait achetée à Miami. Je l'avais retrouvé à Daytona.
J'étais à Daytona pendant 8 jours. Tous les harleytistes de toutes les régions d'Amérique, les bikers, étaient arrivés. Des types avec des cous comme ça...
Moi, avec mes épaules... -A.-E.Lemoine: On a l'image. -Il y avait toute sa bande.
Il avait P.Billon. On a passé 8 jours là-bas.
C'était étonnant. J'ai dû les quitter parce que lui, après, faisait le Colorado, la route... -La route 66. -Il m'a dit: "Ne t'inquiète pas pour la moto." J'ai dû rentrer pour tourner le film.
Il m'a dit qu'il me ramènerait ma moto. 1 mois après, il est arrivé. Il m'a rendu la moto. 2 mois après, dans une librairie, je vois "Ma Virée aux Etats-Unis".
Je l'achète et je le vois sur la 2e page, sur ma moto. Je dis: "Tiens, c'est bien. Je suis content qu'il soit sur ma moto".
Je continue. Il était dans les montagnes Rocheuses, toujours sur ma moto. Je continue, je vais encore plus loin.
Il était du côté du Montana, je ne sais pas où...
Toujours sur ma moto. Quand il me l'a rendue, il avait déjà fait 4500 km. -Vous étiez tranquille pour le rodage. -Là, c'était bien rodé! -M.Bouhafsi: Au bout d'un moment, vous en avez eu marre, Marc, qu'on vous colle une étiquette du chanteur romantique.
Ca revenait beaucoup trop souvent. Pour chanter "Qu'est-ce que t'es belle", en 1988, vous avez cherché une des chanteuses les plus déjantée de l'époque. Vous avez bien choisi.
C.Ringer, des Rita Mitsouko. Un des duos réenregistrés pour ce nouvel album. -Je ne me sens pas belle quand tu parles, tu parles de moi. -Qu'est-ce que tu es belle, quand tu as peur, tu as peur de toi. -Je ne me sens pas belle. -Qu'est-ce que tu es belle! -Tu crois? -Oui. -M.Bouhafsi: Vous dites: "C.Ringer a eu l'intelligence d'enregistrer ce duo avec moi alors qu'à l'époque, je passais pour un J.Iglesias hexagonal." -J'adore J.Iglesias.
Les gens me prenaient...
Ils ne croyaient pas que j'allais durer 40 ans. Elle, elle l'a vu tout de suite. Elle est venue danser avec moi.
C'était à Canal+, sur le plateau. Elle est venue danser. Ca a été un coup de coeur.
On s'est tenu la main. Elle tremblait, elle était vraiment mignonne. Elle était le contraire de ce que l'on pouvait imaginer.
Je lui ai demandé de chanter avec moi. Elle a dit oui. Fred a fait la photo.
On est allés enregistrer à Londres. On a fait le clip avec Mondino. Tout ce qu'elle m'a dit, elle l'a fait, depuis le début.
Quand elle est venue chanter pour le générique de T.Gatlif, on était tous les 2 face à la neige et on parlait comme ça. On ne se regardait pas.
On parlait en face. J'entendais sa voix. Sa voix a une parole.
Elle est droite. Elle est incroyable. Elle est venue...
Elle a apporté toute... -A.-E.Lemoine: Son énergie. -Oui.
Une sorte de liberté qu'elle amène. Elle est drôle, gentille, sympathique. Elle a chanté la chanson.
Je la regardais, j'étais au théâtre. C'est magnifique, de la voir chanter. -P.Lescure: Parmi les grands titres classiques de William Sheller, "Un homme heureux", avec un duo et un homme exceptionnel, Francis Cabrel. -ET MOI, JE TE CONNAIS A PEINE, MAIS CE SERAIT UNE VEINE QU'ON S'EN AILLE UN PEU COMME EUX.
ON POURRAIT SE FAIRE, SANS QUE CA GENE, DE LA PLACE POUR 2. -Tu chantes vraiment bien. -Merci.
On peut écouter. -Je veux être un homme heureux. -Félicitations. -Merci beaucoup. -P.Lescure: "Tu chantes vraiment bien", c'est sympa comme compliment, venant de Cabrel. -C'est génial.
La plus belle phrase que j'ai entendue sur mon chemin de 17 ans de musique. C'est l'homme qui m'a donné envie de faire de la musique. C'est un papa de musique pour moi.
C'est une figure artistique que je respecte. Il m'a fait ce cadeau immense d'accepter de venir chanter cette chanson de William Sheller. C'est une chanson que j'aime plus que tout. -A.-E.Lemoine: Vous le regardez écouter.
Vous appréhendiez? -On est 2 hommes assez pudiques et timides. En même temps, on partage quelque chose d'assez intense au travers de ce duo.
Je ne savais pas comment oser le regarder dans les yeux. Quand il écoute ce qu'on a fait, j'ai cette appréhension de me dire: "Est-ce qu'il va aimer? Est-ce qu'il va toujours être d'accord?" Je le regarde, quand je sens que son visage se tourne vers moi, je retourne mon visage comme si je ne le regardais pas.
La définition de la pudeur, elle est là. C'est quelqu'un d'extraordinaire. -P.Cohen: Est-ce que vous étiez aussi terrorisée, au début, que F.Hardy à ses débuts?
Je voulais vous parler de cette grande artiste qui compte pour vous, qui nous a quittés en juin dernier. A ses débuts, il y avait l'idée: "Je fais des chansons tristes. Je suis une âme joyeuse et très timide." On va la voir dans cet extrait de "Cinq Colonnes à la une" à ses débuts, en 1963...
F.Hardy. -J'aime les chansons tristes. -Ca veut dire que vous êtes triste? -Non.
Il y a beaucoup de gens qui trouvent qu'au contraire, je suis très gaie. Ca dépend de mes moments d'humeur. -Non. -Vous avez été demander des autographes, quand même? -Oui.
J'avais un carnet d'autographes. Je l'ai toujours, d'ailleurs. Il est assez peu rempli. -Pourquoi?
Vous étiez timide? -Oui, je le suis toujours. -P.Cohen: F.Hardy qui demande des autographes et elle vous en a donné un.
Elle vous a laissé un autographe sur son disque quand vous l'avez rencontrée, en 2018. -Oui. Elle disait qu'elle était... -P.Cohen: Dites-le. -"Pour Clara, une de ses plus grandes fans". -P.Cohen: Ca apparaît à l'écran.
C'est une fierté? -Je l'ai depuis encadré. -P.Cohen: C'est merveilleux. -A.-E.Lemoine: Cette autobiographie n'existe qu'à cause de J.Dutronc? -Oui.
Il avait fait son bouquin il y a... -P.Cohen: Il y a quelques mois. -Il a dit à l'éditeur: "Ecoutez, mon pote Eddy a quelque chose à raconter." Donc boum. -A.-E.Lemoine: Mais c'est un vieux gag entre vous?
Expliquez-nous cette histoire. -C'est-à-dire que quand on lui propose un rôle qu'il n'a pas envie de faire, il dit: "Mais E.Mitchell est libre." Moi, pareil. "Moi, c'est pas mon truc, mais demandez à J.Dutronc.
Il va vous dire oui à tous les coups." -A.-E.Lemoine: C'est pour ça que vous êtes là ce soir.
J.Dutronc n'était pas libre. -P.Lescure: Peu après le primaire, en abordant le lycée, vous découvrez le piano.
Alors que vous découvrez le clavier, vous découvrez aussi un jeune chanteur anglais. Il s'appelle T.Odell et sort son 1er album avec ce titre. "Another Love", de T.Odell.
A l'époque, vous passez votre temps à reprendre ses chansons derrière votre piano. Attention, alerte: anglais yaourt. ...
Mais l'histoire est vachement belle. 10 ans plus tard, c'est à ses côtés que vous chantez sur scène. ... -P.Lescure: Et "Old friend" fait partie des 7 nouveaux titres originaux de cette réédition dont parlait Babeth.
C'est assez joli. C'est comme une âme soeur musicale. Vous écriviez pour lui avant même de l'avoir rencontré. -Complètement.
La chanson s'est écrite en 2 temps. C'est la personne qui a fait que je me suis mise au piano. Plus qu'un idole, c'est un mec qui m'a montré le chemin sans s'en rendre compte.
Houlà, je n'avais pas vu ces images. Je ne suis pas sûre du choix. C'est un compagnon comme on peut en avoir plein.
Chacun a son compagnon. Ca peut être un écrivain, un chanteur...
Moi, c'était la voix de T.Odell. C'est mon artiste le plus écouté depuis 10 ans.
C'est magnifique. Ce compagnon de vie s'est transformé en vraie amitié. On s'adore.
En plus d'être très talentueux, il est très gentil. J'avais écrit cette chanson avant même de le rencontrer. Toute ma 1re partie, qui dit "cet amour-là, comme j'ai aimé pleurer dans sa voix." Dès que je suis seule, j'ai toujours envie d'y retourner.
Il a écrit la 2e partie une fois qu'il me connaissait, au studio, à Nantes. -A.-E.Lemoine: C'est un truc de malade. -P.Cohen: Quiconque est venu à son dernier grand concert à l'Accor Arena le 22 décembre ne pourra oublier votre dernière apparition, Vanessa, toute de blanc vêtue au milieu des musiciens de Daho, car c'est de lui dont on parle.
E.Daho, habillé en noir. Vous avez chanté "Tirer la nuit sur les étoiles", le single qui a donné son titre à son dernier album.
A la fin de la chanson, Daho a appelé le public à célébrer, à fêter votre anniversaire. -HAPPY BIRTHDAY TO YOU. HAPPY BIRTHDAY TO YOU, VANESSA.
HAPPY BIRTHDAY TO YOU. Applaudissements. -P.Cohen: Daho vous a connue toute petite.
Vous le connaissez depuis très longtemps, on peut le dire comme ça... -Je l'ai rencontré quand j'avais 16 ans, peut-être même avant.
On s'est connus toute notre vie. On s'aime depuis longtemps. Je l'admire beaucoup. -P.Cohen: Il est arrivé qu'il vous prenne sous son aile, qu'il vous donne des conseils? -Très souvent. -P.Cohen: Quel est le meilleur conseil qu'il vous ait donné? -J'ai toujours beaucoup de mal à répondre.
Brouhaha. Etienne, c'est quelqu'un avec qui je partage de la musique. Pas seulement quand on en fait.
C'est vraiment un amoureux de musique. Il a une collection de vinyles incroyable. Il m'en a offert pas mal, surtout de la soul music, parce qu'on a cet amour en commun.
Après, trouver des gens qui pourraient m'accompagner, des choses comme ça...
C'est souvent vers lui que je vais. Quand ce n'est pas M.Chedid, c'est souvent E.Daho. -A.-E.Lemoine: Héléna, si vous êtes à côté de Serge ce soir, c'est parce qu'il y a 25 ans, vous lui avez écrit une lettre de fan, de groupie, pour lui dire toute l'admiration que vous aviez pour lui. -Exactement.
J'avais d'abord lu "Le Testament amoureux". En même temps, j'avais écouté un disque que Serge a enregistré tout seul, sur lequel il chante des chansons à lui à la guitare. C'est une liberté tellement incroyable.
Je pensais qu'il s'appelait "Frezvani". Je lui ai écrit et ils m'ont répondu. -Même Lula.
Elle t'a écrit aussi. -Je recevais des courriers de leur part. J'envoyais mes disques.
Je leur disais que je chantais et que je l'admirais. -A.-E.Lemoine: Cette chanson, "La Maritza", je ne sais pas si vos enfants ou petits-enfants vous l'ont signalé, mais cet été, elle a été l'une des plus utilisées sur Instagram ou sur TikTok par la jeune génération pour illustrer des moments de leur vie. -C'est fou. -A.-E.Lemoine: Vous avez vu Angèle lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques?
Elle avait une coiffure particulière qui était exactement votre coiffure iconique dans les années 50. -Elle en jette, Angèle! Elle est formidable. -A.-E.Lemoine: Inspirée directement de S.Vartan dans les années 60. -C'est une des chanteuses les plus formidables.
Elle a du cran, de la personnalité...
Elle a un grand frère, comme moi. Elle a une famille d'artistes. Moi aussi, mes parents étaient plus ou moins artistes.
Mon papa, mon frère...
J'ai une certaine tendresse pour elle. -A.-E.Lemoine: Il y a une certaine filiation. -Je suis désolé, je serais bien venu, mais j'ai croisé un ligament.
La montagne et moi, ça s'est mal passé. Je vais vous raconter la méthode de travail d'Enrico et vous allez voir que l'amitié n'est pas un vain mot. Normalement, dans un studio d'enregistrement, on ferme la porte, il y a une lumière rouge et on joue la musique.
Lui, pas du tout. Il ferme la porte, il y a une lumière rouge et tous ses copains rentrent pendant les prises. Tout ça pour dire que l'amitié, c'est important.
Je regrette vraiment de ne pas être là ce soir. Je vais plutôt prendre des antidouleurs et vous regarder à la télé. Mais rien que t'écouter, Enrico, tout de suite, je n'ai plus mal. -A.-E.Lemoine: C'est vrai que tous vos copains squattent non seulement le studio d'enregistrement, mais passent des coups de téléphone et que c'est un enfer d'enregistrer une chanson? -Il faut être tolérant.
Ca ne fait rien, c'est pas grave. C'est comme si, maintenant, un copain me voyait dans l'émission et venait dans le studio. Vous ne seriez pas contents. -P.Cohen: Vous êtes un homme de fidélité, P.Fiori.
Je crois que vous êtes le chanteur pour lequel J.-J.Goldman a le plus écrit et composé. -Je crois, oui. -P.Cohen: Vous avez fait 20 ans de collaboration.
Mais cette fois, c'est Ycare qui signe les paroles de 6 titres de l'album. J'ai entendu dire que ça s'était joué autour d'un plat de pâtes. -Ca se joue toujours un peu autour de la bouffe.
La musique, c'est ça. On parle, on se raconte nos vies, on mange et après, on fait un peu de musique. J'ai fait une démarche un peu particulière.
Je suis allé voir Ycare parce que je trouvais que c'était génial, qu'il bossait bien. C'est un garçon qui fédère et qui a une grande humanité. Une grande lucidité aussi, sur les choses de la vie, la société...
Je voyais ses tweets passer. A chaque fois que je voyais un tweet sur des choses diverses et variées, j'avais l'impression de faire une chanson. Il me venait la mélodie sur tout ce qu'il écrivait.
C'est la vérité. Pourquoi pas aller plus loin? Je l'ai appelé. "Je n'ai jamais fait cette démarche.
Je l'ai fait 2 fois dans ma vie. Une fois avec J.-J.Goldman et avec toi.
Est-ce qu'on peut se voir?" Il m'a dit: "Viens à la maison!" J'y suis allé. -A.-E.Lemoine: Donc des chansons ont commencé par un tweet? -Je lisais ses tweets et je trouvais tellement intéressant ce qu'il écrivait...
En 4 phrases, il racontait l'histoire. Dans cette force, il y a ce garçon, J.-J.Goldman, avec qui j'ai travaillé de nombreuses années.
J'ai trouvé ça vraiment intéressant. J'ai fait la démarche de le voir. On s'est rencontrés et c'est une très belle personne. -P.Cohen: Cette amitié entre vous 2, Serge et Marie-Paule, a été très bien décrite dans l'une de vos chansons, Marie-Paule, de 76.
Chanson écrite par celle qui a été votre compagne et que l'on vient de citer, F.Mallet-Joris. Elle s'appelle "Celui". -Celui qui ne m'a jamais embrassée m'a plus donné, m'a plus appris que ceux qui m'ont trouvée jolie.
Celui qui ne m'a jamais caressée m'a révélé plus de splendeur que ceux qui m'ont offert leur coeur. -P.Cohen: "Celui", c'est Serge.
Une magnifique chanson sur l'amitié amoureuse. Vous avez fait une belle chanson. Ca s'appelait "Mon ami, mon maître", S.Lama.
Mais c'était bien la chanson de Serge? -Oui, c'est sa chanson. Françoise venait souvent dans les tournées.
Elle voyait cette complicité qui grandissait, ce climat d'amitié amoureuse. C'est Tachan qui disait: "Entre l'amour et l'amitié il n'y a qu'un lit de différence." C'était vrai.
Elle a dit: "Il faut que je parle de cette complicité, de cet amour platonique." On avait un différend, avec Françoise. J'y pense avec tendresse.
Merci de m'y faire penser. On n'était pas souvent d'accord pour l'interprétation. Elle disait qu'elle avait écrit "celui qui ne m'a jamais embrassée m'a plus donné, m'a plus appris que ceux qui m'ont trouvée jolie".
Pour elle, c'est positif. C'est un amour platonique formidable. Elle dit que c'est très fort.
Je lui disais: "Mais non, pas du tout. Elle en crève, qu'il ne l'ait pas sautée." C'est pour ça que je la chantais toujours comme ça. -C'était une supplique. -Voilà.
Elle disait "pas du tout, c'est pas ça" et on se disputait là-dessus... -A.-E.Lemoine: Vous faites des films, Jeanne, qui donnent du sens à nos impôts.
C'est G.Lellouche qui le dit. Il était notre invité en décembre 2023 en parlant de la justice restaurative avec ce film formidable, "Je verrai toujours vos visages". -Jeanne m'a donné l'opportunité d'exprimer un côté plus sensible, plus féminin.
De par son écriture, son exigence, sa direction, les personnages magnifiques qu'elle m'a offert et qu'elle offre à tous ses acteurs et toutes ses actrices. C'est une grande réalisatrice, un grand auteur. C'est surtout quelqu'un qui a une vision du cinéma que j'estime et que j'admire.
Elle rend service aux services sociaux. Ce sont des films qui donnent du sens à nos impôts. C'est déjà pas mal. -A.-E.Lemoine: Ca, vous ne l'aviez pas vu. -Non, c'est vrai. -A.-E.Lemoine: La part féminine de Gilles que vous avez mise en valeur dans vos films, c'est son côté fleur bleue.
C'est l'une des raisons du succès de "L'Amour ouf", qui a dépassé les 3 millions de spectateurs? -Ca m'ennuie un peu de genrer la tendresse, la capacité de tendresse. J'ai vu beaucoup de tendresse chez les garçons aussi.
Sa part tendre est un peu moins mobilisée dans les films qu'on lui propose généralement. Elle existe. Gilles est très tendre.
Je lui ai juste demandé de la mobiliser plus que dans les autres films. Mais ce n'est pas sa part féminine, c'est un garçon tendre. -A.-E.Lemoine: Un mot, Jean-Paul, sur M.Blanc.
Sa disparition a touché tous les Français, vous aussi. Il était devenu un ami. On se souvient "Les Souvenirs", moment de votre rencontre.
Vous avez tourné sous sa direction. "Voyez comme on danse", "Embrassez qui vous voudrez", et il a été votre beau-frère honni dans "Les Tuche 4". Vous étiez venus tous les 2 nous en parler.
I.Nanty était aussi présente. C'était votre cadeau de Noël avant l'heure, de participer aux "Tuche".
Vous n'osiez presque pas le demander à Jean-Paul. -Je n'aurais jamais osé. Mais j'en rêvais.
Je me disais: "Qu'est-ce que j'aimerais bien participer à ça..." Je me serais bien gardé d'aller voir un des représentants ici présents pour demander s'il y aurait un petit truc pour moi.
Un jour, mon agent m'a demandé si je voudrais être dans "Les Tuche 4". "Comment ça, si je voudrais?" "Bah oui." -A.-E.Lemoine: C'est dingue, hein? -C'est bizarre.
Quand vous avez commencé à en parler, cette photo est apparue. Je ne m'y fais pas. J'ai l'impression qu'il est invité.
Ca me fait trop bizarre. Ils ont passé "Les Souvenirs" quand il est parti. Je n'ai pas pu le regarder.
C'est pas possible. Il y a des gens, comme ça, ça me fait bizarre. -A.-E.Lemoine: Et cet immense artiste était incapable de faire le 1er pas.
Il crevait d'envie de tourner avec vous... -Alors qu'on se voyait beaucoup.
Jamais il n'aurait osé. Je peux le comprendre. J'ai jamais demandé à Xavier. -A.-E.Lemoine: Alors que vous en rêviez. -Bien sûr.
C'est un des plus grands cinéastes. J'adore son cinéma, il le sait. Jamais je n'aurais osé lui dire: "Tu penses à moi pour un film?" -P.Cohen: Une star en commun pour vous 2: J.Hallyday.
Inutile de rappeler vos liens d'enfance, d'adolescence, Eddy. Vous, Laurent, c'est venu progressivement. Au départ, il n'aime pas beaucoup vos imitations.
Il est venu après. Quand il est venu à "C à vous" il y a 10 ans, vous lui aviez laissé un message. -C'est lui qui m'a appris à chanter. "Tu chantes trop avec la gorge.
Il faut chanter avec le ventre." Il m'avait fait une démonstration. Depuis, j'y pense tout le temps.
Je n'ai pas pris de cours de chant. Je suis content d'avoir eu un professeur de chant gratuit en la personne de Johnny. Il imite J.Hallyday.
Bonjour, c'est Johnny. Quand est-ce qu'on mange? -On s'est rencontrés au Festival du film fantastique.
Je le sentais un peu mal à l'aise. Je me suis avancé vers lui et je lui ai dit: "T'inquiète pas, on va aller bouffer ensemble et tout ira bien." On a passé une très bonne soirée.
On a bu du bon vin. -A.-S.Lapix: On sait qu'il aime bien, aussi. -P.Cohen: Tous les chemins, avec Laurent, passent par la bouffe. -C'est la thématique du spectacle. -P.Cohen: La preuve avec Johnny...
Marina Ferrari