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interviewC à vous· 14 février 2022 3 min

Valérie Pécresse, le grand embarras - C à vous - 14/02/2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Pour son zénith, Valérie Pécresse a décidé de chasser sur les terres d'Éric Zemmour. Oui, la candidate à l'air a émaillé son long discours de plusieurs marqueurs de la droite identitaire.

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Valérie Pécresse

Face à ces questions vitales, pas de fatalité, ni au grand déclassement, ni au grand remplacement. Face à la nation qui se fissure en silence, je revendique de vouloir l'assimilation. Parce que je veux faire des Français de cœur et pas des Français de papier. Je préviens, je n'accepterai jamais de soumettre la République. Marianne n'est pas...

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Présentateur

Il y a eu aussi les murs que Valérie Pécresse pourrait approuver aux frontières de l'Europe. C'était dans son discours. La Marianne voilée, épouvantail symbolisant la soumission à l'islam. Les Français de papier, expression forgée par le Front National pour qualifier les immigrés ou même les enfants d'immigrés qui ne seront jamais des Français comme les autres. Et puis le grand remplacement, théorie complotiste d'origine néo-nazie qui prétend que les élites organisent la submersion et la domination musulmane de l'Europe. Expression que Marine Le Pen et même son père Jean-Marie Le Pen n'ont jamais voulu endosser.

Valérie Pécresse a expliqué ce matin qu'elle avait déjà employé cette formule et que c'était pour mieux la réfuter. Oui et non. Oui, elle a déjà prononcé la même phrase. C'était lors du grand oral des candidats le 20 novembre devant le Conseil National du Parti. Nous ne sommes condamnés ni au grand déclassement ni au grand remplacement. Elle a dit aussi le 8 novembre qu'elle détestait cette expression. Mais non, éviter ou stopper ce prétendu grand remplacement, c'est exactement ce que dit Éric Zemmour. Ça dit qu'il est en cours ou qu'il y a un risque. La phrase de Valérie Pécresse est ambiguë mais le clin d'œil évident. C'est la menace de Zemmour qui l'a conduit à imiter son discours.

Une imitation contre nature, Valérie Pécresse est, était l'une des incarnations de la droite modérée. C'est d'ailleurs pour refuser la droitisation de son parti à la mode Laurent Wauquiez qu'elle en avait claqué la porte. Le centre droit c'était son positionnement naturel, celui qui aurait permis de valoriser sa filiation chiracienne en diffusant l'idée par exemple que Pécresse c'était Macron en mieux.

Elle a choisi au contraire de faire le match avec Zemmour parce que les électeurs de François Fillon en 2017 se sont scindés en trois blocs qu'elle n'a réussi qu'à en capter que la moitié et qu'entre les 25% du vote Fillon gagné par Macron dans les intentions de vote aujourd'hui et les 20% tentés par Zemmour, elle a résolument choisi les seconds. Les militants LR rencontrés par Iban Raïs et Camille Schmitt l'ont bien compris.

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Invité

Grand remplacement, il faut que la France reste la France, il ne faut pas qu'elle soit remplacée.

2:36
Présentateur

On peut le déplorer mais en tout cas il est là ce terme. Donc à un moment donné il faut l'utiliser pour répondre à nos adversaires, répondre aux questions des Français.

2:42
Invité

C'est M. Zemmour qui en a fait un truc qui n'est pas français.

2:47
Présentateur

Est-ce qu'il faut aller prendre des électeurs chez Zemmour aussi ? Oui mais pas en disant les mêmes bêtises que lui ! Pas en disant les mêmes bêtises que Zemmour, façon de dire que c'est une stratégie très risquée pour Valérie Pécresse qui donne le point à l'adversaire. Éric Zemmour aura réussi, comme il l'avait prédit au début de la campagne, à imposer sa thématique et son vocabulaire. Et en cas d'échec, il peut espérer ramasser les morceaux d'une droite qui aura explosé. Déjà ce matin, premier remou lors d'une réunion stratégique avec la candidate, Xavier Bertrand lui a demandé de clarifier, de dire que le grand remplacement ce n'est pas nous.

Tandis que Jean-François Copé a insisté, il faut que tu marques la barrière avec les extrêmes. C'est sans doute trop tard.