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interviewSénat (sur YouTube)· 22 avril 2025 142 min

Favoriser la mixité dans les grandes écoles scientifiques

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mesdames, chers collègues, mesdames, messieurs, nous recevons ce matin un panel de représentants et représentantes des directions de grandes écoles scientifiques nationales parmi les plus prestigieuses du pays. Cette table ronde s'inscrit dans le cadre de nos travaux sur la thématique femmes et sciences qui visent à identifier les leviers d'action permettant de donner aux filles et aux femmes toute leur place dans les parcours et carrières scientifiques alors qu'elles ne représentent encore qu'un tiers des chercheurs scientifiques et un/4 des ingénieurs en France. Cette sous-représentation féminine dans les études et carrières scientifiques, que ce soit dans le domaine de l'ingénierie, de la recherche, de l'informatique ou du numérique est la conséquence d'une insuffisante orientation des filles vers les filières et spécialités scientifiques au lycée puis dans les études supérieurs, mais aussi de différences de représentation et de résultats entre filles et garçons dès l'école primaire, en particulier en mathématiques, voire même dès le cours préparatoire.

En 2023, la France ne comptait ainsi que 13 % d'étudiantes universitaires diplômées dans les domaine des sciences, technologie, ingénierie et mathématiques, l'estime, contre 40 % d'étudiants diplômés. Par ailleurs, près de la moitié des filles élèves de terminale n'avait choisi aucun enseignement de spécialité en sciences contre 28 % des garçons. Comme le rappelait Sylvie Retaillot, ancienne ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche lors de son audition par la délégation le 27 mars dernier.

En 2010, nous avions 27 % de filles diplômées d'un titre d'ingénieur. En 2022, nous sommes passés à 29 %. À ce rythme-là, on atteindrait la parité dans les écoles d'ingénieur en 2050 2150 à peu près.

Dès lors, il nous a semblé important avec les quatre rapporteurs Marie Do Hliman qui ne va pas tarder, Joseline Antoine, Lord Darcos et Marie-Pierre Meier présente à mes côtés de recevoir ce matin des représentants et représentantes de plusieurs grandes écoles scientifiques, que ce soit dans le domaine de l'ingénierie ou celui de la recherche pour faire le point sur la présence des filles au sein de leurs écoles ainsi que sur leurs actions qui existent et sur celles à mettre en place pour les encourager à poursuivre des études scientifiques. Je précise que cette table ronde fait l'objet d'une captation audiovisuelle en vue de sa retransmission en direct sur le site et les réseaux sociaux du Sén. J'ai le plaisir d'accueillir par ordre alphabétique Dominique Bayerja.

Bayarja, vice-présidente de la conférence desire des écoles françaises d'ingénieur et directrice de l'école 3 ingénieur. Denis Bertrand, directeur de l'École supérieure des techniques aéronautiques et de construction automobile plus connu sous le nom Destaka. Joël Cuni directeur général de l'école spéciale des travaux publics du bâtiment et de l'industrie également plus connu sous le nom de ESTP et Romain Souberan directeur de Centrale Supélec. et Emmanuel Trisac que nous avons en visioconférence qui est président de l'École normale supérieure de Lyon, l'ENS de Lyon.

Je vous souhaite à toutes et à tous la bienvenue. Avant de vous laisser la parole, j'aimerais soumettre à votre appréciation quelques points déjà évoqués devant notre délégation par nos précédents interlocuteurs. Tout d'abord, la question de la pertinence des quotas pour accélérer la mixité dans les études scientifiques, que ce soit au moment des concours d'entrée dans les écoles d'ingénieur et les ENS ou en amont pour l'intégration dans les classes préparatoires en sortie de bac.

également la mise en place de bourses ou d'allocations spécifiques pour encourager les jeunes femmes à s'engager dans les parcours scientifiques. ce que par exemple a fait le NSPSL qui a mis en place en 2023 des bourses femmes et sciences pour les étudiantes recrutées en mathématiques, physique et informatique par le biais du concours Normalien étudiant ainsi que l'en annoncé fin février 2025 des allocations normaliennes pour les jeunes femmes boursières admises dans le cursus de formation informatique. Enfin, l'importance d'une réelle politique de lutte contre les violences sexistes et sexuelles mise en œuvre au sein des écoles.

En effet, d'après un rapport publié par l'UNESCO fin octobre 2024, en ce qui concerne l'ensemble des pays du G20, plus de 40 % des femmes qui étudient dans le domaine d'estime déclarent avoir été victime de comportement sexiste. Pour évoquer l'ensemble de ces sujets, je me tourne dans un premier temps vers euh Dominique Bayarja, vice-présidente de la conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieur et directrice de l'école 3 ingénieur. À vous madame.

Bonjour madame, bonjour mesdames et bonjour messieurs. D'abord toute je voudrais d'abord vous remercier madame la sénatrice de de votre de votre invitation et pour ces ces premiers propos puisqu'on sait effectivement que le rôle de l'ingénieur en France est essentiel he pour le développement économique de notre pays. On manque d'ingénieur et si on arrive à augmenter notre vivier avec les femmes, bien on sera on sera très gagnant et sur d'autres points de vue d'ailleurs sur la créativité, l'innovation, tout ce que peut apporter la mixité.

Donc merci beaucoup à vous mesdames de de nous recevoir. Donc effectivement vous l'avez dit, je suis vice-présidente à la CDFI donc conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieur. Donc peut-être un petit rappel sur ce qu'est cette conférence.

Donc c'est une conférence institutionnelle he donc une des deux conférences institutionnelles qui représent l'ensemble des écoles d'ingénieur française. Elle a plusieurs missions. Donc elle défend et porte les intérêts donc de de ces 200 écoles environ auprès des des pouvoirs publics.

Elle également pour mission de promouvoir bien sûr les métiers d'ingénieur et les formations et puis elle formule des recommandations sur l'évolution éventuelle des formations en fonction des attentes et besoins du secteur industriel mais aussi des enjeux que doit relever la France. Donc comme je le disais, on a à peu près 200 écoles d'ingénieur en France he qu'elle soit publique ou privée avec 250000 élèves dans ces formations, mais toute formation confondue. Et pour celle pour les les ingénieurs qui font uniquement un parcours diplôme ingénieur en 3 ou 5 ans, on est à 200000.

Effectivement, comme vous l'avez dit, parmi ces 200000 élèves ingénieurs, on a simplement on a arrondi à 30 % de femmes. Donc effectivement le constat c'est qu'en France aujourd'hui les femmes sont sous-représentées dans ces filières qu'on dit steam et c'est dû en partie à des préjugés qui persistent dans l'orientation scolaire où les filles sont beaucoup moins encouragées que les les jeunes hommes finalement à se tourner vers ces filières techniques et scientifiques comme l'ingénierie et le numérique. Donc la CDFI est partenaire d'une enquête l'enquête John Derscan qui est menée par Global Contact.

Et dans cette enquête, on a plusieurs constats, donc je vais je vais vous les donner. Donc on a effectivement plus de 40 % des apprenantes en écl en école d'ingénieur qui déclarent en 2025 avoir été dissuadés de s'orienter dans les filières Steam. Donc là, on parle de jeunes femmes qui sont dans nos écoles et quatre parmi 10 ont été dissuadés et pourtant elles sont venues.

Mais on se dit que il reste six qu'on aurait pu avoir mais qui finalement ne sont pas là. Euh, elles ont été donc découragées, ce qui bien sûr aujourd'hui n'est pas acceptable comme on l'a dit dans contexte actuel de de pénurie d'ingénieur. Alors, qui sont euh le découragement ?

Il arrive d'où ? Donc, on a noté trois points. Enfin, cette enquête à noté point. d'abord les enseignants qui restent les prescripteurs clés pour les apprenantes.

Donc la culture et les compétences scientifiques des jeunes filles ne sont pas valorisées. Elles sont beaucoup moins encouragées à se tourner vers des domaines techniques ou scientifiques et elles sont bien sûr, on a dit beaucoup plus dissuadées. À la différence des années précédentes, en deuxème point, après les enseignants, on note les amis, donc on peut des pères qui sont effectivement ici aussi euh n'encourage pas, on va dire, ces jeunes femmes à aller dans ces filières scientifiques.

Donc ça confirme un maintien voire un renforcement des biaiss genrés chez les plus jeunes. Et enfin, en 3è position, ben on a toujours l'entourage familial, hein, qui continue de jouer un rôle non négligeable. Euh ce qu'on note, c'est que alors que les garçons sont souvent félicités euh pour leurs talents, les jeunes filles le sont pour leurs efforts.

Et c'est pas du tout la même chose, hein, ce qui soulève chez elles un doute et ce qui amène bien évidemment très souvent une autocensure pour euh se accueillir pour qu'on puisse accueillir ces jeunes femmes. Donc on a également noté que 56 % des apprenants dans le numérique et 32 dans l'estime hors numérique ont eu des découragements et qui sont plutôt liés au genre donc à leur genre. L'enquête met quand même en avant des points positifs heureusement.

Donc je vais en citer deux parmi les autres mais on pourra vous les donner. Donc 96 % des élèves qui se retrouvent dans nos écoles sont quand même satisfaites aujourd'hui de leurs études. Et puis vous avez parlé des HVSS.

Donc concernant la connaissance de ces dispositifs, elle a largement progressé par rapport à 2021. Aujourd'hui, on a 76 % des jeunes femmes dans le numérique qui connaissent ce dispositif HVSS. Il était de 27 % en 2021.

Donc là, la progression, elle est quand même très importante. Et pour les étudiantes dans l'estime, en général, aujourd'hui, on est à 78 % alors qu'on était seulement à 20 % euh lorsqu'on était en 2021. Donc après, d'autres d'autres résultats, les résultats montrent que les apprenantes ingénieurs ont manifesté un intérêt de s'orienter dans les sciences bien beaucoup plus tardivement que les que les jeunes hommes.

Donc là, c'est un point important. On se dit qu'il faudrait développer cette appétence bien plus tôt. Euh donc finalement ce qu'on peut conclure que ce ce cette désaffection hein pour les science elles sont liées au stéréotypes liés au genre qui influent dès le plus jeune âge qui persistent à l'âge adulte et qui nuisent bien sûr à une orientation dans l'estime.

Alors et ces stéréotypes ils sont principalement véhiculés donc on a vu au sein de l'environnement scolaire hein qui contribue au maintien des inégalités. Donc, il y a une une étude qui avait été réalisée en 2005 et puis qui a été renouvelée en 2013. On a exactement le même constat, à savoir que les jeunes filles sont bien plus attirées par la lecture et le français, on va le dire comme ça, parce qu'on interroge des jeunes, hein, des jeunes en primaire, alors que les garçons le sont attirés vers les maths et le sport.

Donc en 2005, on a ce résultat, en 2013, on a ce même résultat. Et ce qu'on a noté également, c'est que les professeurs des écoles aujourd'hui sont plus formés dans la littérature, on va dire, que dans les sciences. Donc ça n'amène pas à avoir une formation scientifique dès la classe primaire.

Ensuite, on a vu l'impact des familles, hein, qui participent de façon extrêmement importante à la production, voire à la reproduction de choix très très conventionnels, surtout dans les milieux moins favorisés. Aujourd'hui, il y a un écart extrêmement important en fonction des milieux sociaux et puis bien sûr dans les loisirs, on le sait hein, que ce soit euh les jouets, que ce soit la lecture, on le voit aussi dans les dans les manuels scolaires d'ailleurs hein, beaucoup euh de de biais dans ces manuels dans les jeux vidéos également et puis quand il y a une représentation des des jeunes hommes, ils sont plus athlétiques, sportifs alors que la jeune fille, elle est plutôt représentée du côté des sentiments et donc et sur son émotion. Après évidemment les femmes sont minoritaires dans ces domaines Steam.

Donc aujourd'hui ça ça ça n'amène pas à ces jeunes femmes à vouloir rejoindre ces filières là. On a un sentiment d'infériorité bien évidemment et puis il y a le poids de ce sexisme ordinaire qui fait que l'on marginalise ou infériorise les femmes simplement avec des poids, des mots, des postures. C'est vrai que accumuler ça devient extrêmement compliqué.

Euh bon, on a quand même des femmes dans les sciences he en France, sauf qu'il y a une forte enfin il y a une forte méconnaissance et reconnaissance de ces femmes dans l'estime, hein. On ne les voit pas à la télé parler des sciences. Enfin, en tout cas, dans les médias, euh très peu de femmes sont représentées parlant des sciences.

Donc l'identification pour les jeunes filles, elle est extrêmement compliquée. Et un point aussi important, c'est le niveau scolaire en mathématique, hein, qui a qui a diminué de manière très significative donc et à tous les stades de la scolarité obligatoire. Donc les études, on le sait, nationales et internationales témoignent de manière convergente he d'une baisse alarmante du niveau moyen, mais également et pour moi, c'est presque plus alarmant, une baisse de la part des élèves les plus performants.

Donc c'est c'est tout le niveau qui baisse finalement. Donc on a vu dans les classements donc ce qu'on note he c'est des études qui ont été ces études PISA mais aussi une étude de la direction de l'évaluation de la prospective et de la performance du ministère qui montent une plus grande anxiété, une moindre confiance des filles dans leur capacité à réussir en mathématiques. Donc ces éléments qui sont présents dès le plus âge, on les a noté, ça c'est une réussite moindre à l'entrée en CE1.

On a également une part une moindre part de filles atraînant les niveaux les plus élevés aux évaluations en fin de collège et à PISA. Et finalement bien sûr ça aboutit à une orientation moindre dans les filières stes. Donc pour les métiers de l'ingénieur parce que femme et sciences nous on est là métier d'ingénieur mais c'est pas que les sciences mais pour les métiers d'ingénieur on peut rajouter une forte méconnaissance du du métier de de l'ingénieur.

En fait l'ingénieur c'est beaucoup de métiers difficile peut-être de s'y retrouver. Euh il y a une forte catégor catégorisation des métiers liés au genre hein. Donc on le voit dans les filières et vous vous l'avez on en a parlé tout à l'heure en off mais euh dans certaines filières on a plus de femmes que d'autres.

Moi, mon école en dans le numérique on a 18 % de femmes. Le BTP effectivement ils s'en sortent bien mieux. Le génie civil, la chimie, la biologie.

Donc là, on a des différences qui sont énormes he entre 18 % voir 70 % pour certaines filières. Et donc on a vraiment des métiers qui effectivement restent très masculins en fonction des filières. Alors c'est pour moi c'est pas une fatalité parce qu'on a noté quand même que dans certains pays à l'étranger, il y a une proportion de femmes ingénieur qui est bien plus importante.

Ça s'explique bien sûr selon les contextes nationaux. Donc on a noté que les sciences et l'ingénierie sont perçues comme des domaines neutres en terme de genre hein. Il y a pas une forte perception culturel selon laquelle ces disciplines seraient spécifiquement réservées aux hommes.

Ça c'est un premier point. Ensuite, la formation scientifique dès le plus jeune âge, elle est considérée comme essentielle et de la même façon, il n'y a pas euh de catégorisation entre une jeune femme et un jeune homme. Les mathématiques, les sciences, les technologies sont valorisées dans l'enseignement et quel que soit quel que soit le genre.

Donc ça ça renforce bien sûr l'identification des jeunes femmes. Ensuite, bien sûr les professions aussi liées aux steames bénéficient d'un certain prestige social. Elles sont perçues comme des carrières stables et prometteuses tant que pour les femmes.

Et elles sont perçues aussi comme des filières qui offre un ascenseur social. Et dans certains pays, je dirais peut-être l'Afrique du Nord, hein, c'est euh euh ça apporte une indépendance économique à à pas mal de femmes. Alors, après, on avait des pays comme la Pologne, hein, avec euh l'héritage du du modèle communiste qui mettait l'égalité entre les gens dans le domaine du travail et bien sûr dans dans l'éducation et c'était fortement encouragé.

Donc le modèle socialiste qui insistait sur l'importance de la participation des femmes à l'économie et à tous ces domaines. Donc c'est pas une fatalité. Donc avec la CDFI et nos écoles d'ingénieur parce que je voudrais pas réduire, on est 200 écoles et on fait tous la même, on a tous de nombreuses actions.

On a bien sûr identifié des des leviers d'action parce qu'il faut combattre cette censure qui s'impose aux jeunes femmes et combat et éviter l'approche sexuelle des métiers. Donc il y a plusieurs leviers et plusieurs approches complémentaires. Euh d'abord le storytelling, donc le la CDFI euh met un événement ingénieuse hein qui permet effectivement de de mettre en valeur mettre en avant les jeunes étudiantes ingénieurs, mais aussi les femmes ingénieures qui ont des parcours inspirants.

Donc ça c'est chaque année, il y a des prix qui sont remis. Et ensuite c'est la CDF est aussi partenaire de Tech pour toutes he qui est un AI CMA qui est piloté par Linria. Donc là c'est c'est le l'idée de ces deux de ces deux actions, c'est de montrer que les études et carrières scientifiques sont parfaitement possibles pour les femmes et donner envie aux jeunes filles de s'épanouir également dans ce domaine.

Il y a également des actions de terrain bien évidemment auprès des des jeunes filles. des actions de terrain qui peuvent être menées dès le plus jeune âge, dès le collège avec une autre un autre événement qui s'appelle CAP ingénieuse et là qui permet de mettre en avant des projets mais qui sont sur la durée qui durent 2 3 ans et qui sont à destination alors je dirais pas uniquement des collégiennes mais également des collégiens qui sont menés par des élèves ingénieurs ou du personnel d'école d'ingénieur à destination de tout public pour sensibiliser tous les publics à la nécessité d'avoir avoir une parité dans ces métiers. Euh bien sûr, je en parlais tout à l'heure, il faudrait enlever tout ce stéréotype dans les manuels scolaire.

Évidemment, ça permettrait quand même de euh de peut-être s'identifier largement. Moi, je sais que j'ai vécu ça quand j'étais en lycée. Voir qu'encore aujourd'hui, les manuels sont identiques, c'est ça paraît surprenant.

Former aussi nécessairement les enseignants et les personnels d'orientation à l'égalité entre les genres. Aujourd'hui, l'orientation en lycée, elle est faite par des enseignants majoritairement, mais des enseignants qui sont pas formés à l'orientation et encore moins à la nécessaire mixité dans les formations et puis à l'épanouissement que peuvent avoir les jeunes femmes dans ces métiers. Euh, on a noté l'orientation, c'est la première inégalité de gens, on l'a dit tout à l'heure.

Agir bien sûr auprès des parents, euh davantage peut-être les informer sur ces métiers, peut-être aussi leur montrer des rôles modèles, hein. C'est important et voir qu'il y a une réussite des femmes dans ces métiers, qu'elles puissent se projeter sur leurs propres enfants, démontrer des métiers, des débouchés, des salaires aussi, multiplier bien sûr les opérations de communication pour promouvoir nos nos métiers et nos formations. le tutoral marinage bien sûr, l'enseignement à l'égalité dans les cursus, les actions de lutte contre l'harcèlement, les violences sexuelles et sexuistes, il doit commencer très tôt parce qu'il doit il apparaît il apparaît bien évidemment bien avant hein même en lycée et puis promouvoir cette culture scientifique auprès des des jeunes filles.

Voilà, je vous remercie beaucoup mesdames. Merci beaucoup pour ce tableau très complet. Nous reviendrons à la fin pour poser des questions à chacun.

Euh je donne donc maintenant la parole à Denis Bertrand. Merci madame la présidente. Euh merci d'abord de cette invitation euh à m'exprimer devant vous sur ce ce thème important et que je crois euh fondamental pour pour nos écoles et pour la et pour notre pays dans la mesure où derrière il a la capacité à lui fournir les ingénieurs dont il dont il a besoin.

Sachant que nous en manquons. et ça se compte en milliers ou en dizaines de milliers chaque année. Euh quelques rappels en préambule euh et de façon très immodeste sur moi-même pour vous dire ou vous rappeler que moi je suis pas directement issu du serrail de l'enseignement supérieur.

J'ai fait toute ma carrière dans la marine nationale. Je l'ai quitté il y a 5 ou 6 mois euh comme vice-amiral et euh j'ai eu la chance de pouvoir être recruté à la tête de l'Estaka, cette belle école dans dans dont vous avez rappelé qu'elle est l'école supérieure des techniques aéronautiques et euh construction automobile. Ça m'apporte une une certaine fraîcheur dans la façon dont j'aborde les choses, même si dans ma carrière, j'ai été de façon radicale et très régulièrement en charge d'affaires liées au développement des talents, que ce soit dans la formation à l'École Navale, que ce soit responsable de la formation du de la dernière année d'école navale, le master 2 qui qui se passe comme vous le savez peut-être à bord de l'agne d'Arc ou ou de du groupe Gen d'Arc, que ce soit dans le domaine de la gestion des personnels ou de leur recrutement.

Et donc, j'ai été confronté via la Marine nationale à cette question de l'attractivité des femmes dans un milieu qui apparaît très mécanique, très masculin, très très guerrier et de l'adaptation de nos modes de de recrutement, de communication et nos modes de gestion des carrières pour favoriser le choix des des femmes pour rejoindre la marine et y mener des des carrières avec une égalité de chance avec leurs camarades masculin. Rappel sur les ensuite. C'est une école qui est spécialisée dans le domaine des transports et mobilités avec des filières aéronautique et automobile, vous l'avez dit, et depuis une trentaine d'années spatial et ferroviaire et depuis 3 ans maintenant le naval.

C'est une école de passionnés, une école qui fête ses 100 ans. C'est-à-dire que c'est pas anodin d'être d'être une école centenaire, une école privée, indépendante, centenaire, comme le dit Jolim au slogan, elle a l'ambition d'être en avance sur son temps depuis 100 ans. elle et elle s'est engagé par exemple très radicalement pour montrer cette dynamique dans le l'évolution des transports durable, la transition énergétique, les mobilités intelligentes connectées et cetera.

C'est une école qui recrute essentiellement au niveau bac environ 500 élèves avec un fort complément en concours classe préparatoire environ 120 élèves. Euh mais surtout ayons en tête que c'est une école qui appartient à ces anciens élèves qui l'ont racheté en 69. C'est une association loi 1901 à but non lucratif indépendante l'habilité l'habilisé espig établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt général c'estàd que tous nos nos résultats sont réinvestis dans l'école et au profit des élèves à qui j'ai coutume de dire puisque dès la 4e année ils sont alumni vous êtes mes employeurs et effectivement elle est radicalement confrontée à la question de l'attractivité des jeunes femmes avec la double double difficulté d'une faible proportion de jeune fille dans les filières scientifiques et ce dès le dès le lycée et le et des options.

Et une image très technique, mécanique, la voiture, l'avion, le bateau qui qui crée une comment dire une impression très genrée de ce type de de métier. Premier constat que je fais, c'est que les écoles d'ingénieur recrutent par nature des profils scientifiques où, on l'a dit, les femmes sont en très large minorité. C'està-dire que nous, notre rôle école d'ingénieur, il ne peut pas être d'inverser la tendance mais de tenter d'atténuer au maximum les effets d'une dynamique où on est déjà en balistique euh et où on on vient puiser dans un vivier euh qui est déjà euh très réduit.

Elle représente à peu près 38 % des des élèves de terminale dans les options mathématiques plus une autre option scientifique qui sont notre cœur de cible. Nous quand on quand on recrute euh beaucoup de ces jeunes femmes qui choisissent de rejoindre l'enseignement supérieur dans un domaine scientifique, ça a été dit par ma consœur Dominique, opte pour des filières qui sont liées à à des à des domaines tels que la chimie, les sciences de la vie, l'agroalimentaire où elle représente à peu près 60 % des étudiants. À l'autre bout du spectre, les filières liées à la mécanique, au transport, à l'électricité ou à l'informatique n'accueillent que entre 15 et 22 % de de filles dans leur rang.

L'estaka appartient à un concours commun, le concours àir avec des des écoles sœurs qui ne comptent que 22 % de candidates. Facteur aggravant, elles sont proportionnellement moins nombreuses une fois avoir réussi le concours à choisir de s'inscrire dans nos écoles. Par exemple, on a 22,3 % de jeunes filles qui réussissent le concours à venir et donc en position de de 22,35 % si précisément et seulement 19,8 à la fin s'inscrivent effectivement dans dans nos écoles parce qu'elles ont certainement passé d'autres concours en parallèle.

Et à l'estockage, je le disais avec c cette cette inertie et cette image de de de la mécanique automobile, avion, bateau, train et cetera, elle représente euh tout juste moins de 15 % de nos diplômés. C'est effectivement 15 % des diplômés de l'Estaka. C'estàd qu'il y en a 19,8 % qui qui rejoignent une des écoles du concours à venir du concours àir.

Mais dans le concours à venir, on a le CE, on a le PF par exemple qui qui attire proportionnellement plus de de jeunes F. Builder, Lexi, les Sigelc et cetera. Les Staka, on a on a ce ce ce poids de l'histoire et de l'image qui qui contre lequel nous nous luttons.

Je je vous le montrerai. 15 % de jeune fils, c'est effectivement pas satisfaisant. Je vous ai passé parlé de mon passé de marin et je me rappelle très bien, j'étais tout jeune officier euh quand le chef d'étatmajor de la marine à l'époque avait décidé de d'ouvrir les carrières embarquées aux jeunes femmes et euh et en même temps l'école navale, son message était accompagné de de de constat suivant : on ne peut pas se passer des talents de la moitié d'une classe d'âge et et c'est vraiment tout notre tout notre défi.

Donc on agit dans plusieurs directions. La la plus récente, je dirais, c'est se pencher sur notre concours et sur son rôle réellement égalitaire selon qu'on qu'on soit un candidat ou une candidate. Le constat, c'est que leur dossier scolaire est en moyenne meilleur que celui des garçons.

En gros, elle se classe à peu près sur les les quelques 10000 candidats 3700e place alors que les garçons sont plutôt en 4800e place, donc quasiment 1000 places d'écart. Et pourtant, si je regarde les résultats des épreuves écrites, elle se class moins bien que les garçons. Le ça s'inverse un petit peu avec un rang moyen de 4000 contre 3500.

Donc on a laissé lancé au sein du concours à venir un groupe de de réflexion appuyé par des des experts extérieurs pour étudier cette problématique et imaginer la la manière de faire évoluer notre concours pour le rendre réellement plus égalitaire pour les candidats garçons et filles. J'ai dit tout à l'heure que le PF était membre du concours à venir et elle mène une expérimentation cette école actuellement une expérimentation que lui permet ces statut spécifique que que les puisqu'elle a une vocation d'aider comment dire à la à la place des femmes dans dans dans ces filières. euh une une expérimentation qu'on suit avec beaucoup d'attention avec une voie de sélection réservée aux femmes et exclusive de la voie classique.

Donc un concours spécifique, sachant que les jeunes filles qui se présentent au concours ont le choix soit de candidater par la voie mixte, si je puis dire, qui représente l'écrasante majorité des candidats ou par ce concours spécifique réservé au aux jeunes femmes. Euh cette expérience s'appelle le le Paritab. Deuxème axe de de travail.

Alors juste un petit mot mais vous vous le vous le vous le savez, il y a pas mal d'études qui qui se penchent sur cette ce comportement des des filles et des garçons face à certains types d'épreuves. Le concours de à venir est très largement basé sur des QCM en temps limité où il semble que statistiquement Oui. Donc avait une grosse pression de de temps pour répondre à à un ensemble de questions qu'il est il est probablement j'ai pas regardé suite de cette année mais très difficile de de faire dans le temps imparti mais c'est pas ça le but du jeu c'est de sélectionner nos élèves et pas mal d'études montrent que que ce genre d'études réussissent moins bien aux jeunes filles alors même que leur niveau moyen scolaire peut-être meilleur d'où des réflexions sur la place du dossier par rapport aux épreuvesimaginer d'autres épreuves et cetera Euh dans les actions que que mène l'estaka pour promouvoir la la son attractivité au auprès des jeunes filles, on on cible beaucoup effectivement toutes les les les actions qui vont faire la promotion et la valorisation de la de la place des femmes dans les ses carrières ou dans ses filières scientifiques.

Lestaka est membre fondateur de l'association Elbouge. Elle bouge, ça a été créé en 2005 et d'ailleurs c'est pas elle s'appelle Elle Bouge parce que nous étions l'école des transports et et que c'était une allusion à puisque c'était quelqu'un deaka qui qui était à l'origine de la de cette association avec des partenaires industriels comme Airbus, PSA, SNCF d'Assut, le le GIFA et bien d'autres. Ça vise à mettre en relation des collégiennes, des lycéennes et cetera avec des étudiantes ou des femmes ingénieures dans le secteur des transports et de l'énergie pour donner envie de découvrir le métier, voire de l'embrasser.

Aujourd'hui, on fait de nombreuses actions dans les lyssées, les lycées et c'est le principe du marinage qui a été évoqué par ma voisine avec plus de 5000 marines qui qui adhèrent à l'association et qui soutiennent et se manifestent lors de salons professionnels, de sites industriels et cetera avec des invitations pour des lycéens ou des enfin des lycéennes et des collégiennes. Nous sommes également femmes de membres pardon de femmes ingénieur, une association qui a été créée en 1982 qui œuvre à mieux faire connaître les métiers d'ingénieur auprès des des des jeunes et surtout des jeunes filles bien évidemment pour valoriser les ingénieurs eux dans leur contexte professionnel. Euh mon adjointe Anne de Ken qui est directrice veille et stratégie à Estaka dans dans le domaine et elle est vice-présidente de cette association euh et et naturellement entraîne avec elle euh l'estaka euh avec des opérations pour sensibiliser les jeunes femmes au métier de l'ingénierie, des prix, un festival, des interventions milieu scolaires, des partages d'expérience, des afterw, des des ateliers et cetera et cetera.

Euh lesaka est également membre du groupe ISAE euh avec superéo, supaéro, Supmeca et d'autres école. Et nous participons depuis depuis 2024 à l'opération Féminisons les métiers de l'aéronautique et du spatial piloté par Aérométier avec des étudiantes de de l'Estaka qui et puis des des salariés bien sûr qui participent à des actions de sensibilisation auprès de collégiennes et de lycéennes. Ça se passe à Aéroport de Paris, ça se passe sur des bases aériennes, ça se passe au salon du Bourget et cetera.

Nous sommes également puisque l'Estaka est basé à Saint-Quentin en Yveline à Laaval et depuis 2 ans à Bordeaux, nous sommes également membres de femmes et sciences 53 pour la la Mayenne. Et là, on participe également aux rencontres organisées dans les collèges et lycées de Mayenne avec des interventions d'enseignantes, de chercheuses, d'étudiantes de l'Estaka et cetera. Euh on on s'attache à diffuser, promouvoir largement des portraits vidéos euh qui sont produits euh et et diffusé à ces occasions.

On est membre d'industriel de ZES qui organise aussi des des marinages euh en participant et et avec nos étudiantes aussi avec des des opérations comme métier scientifique et technique au féminin. Ça c'était à l'Aval avec nos nos étudiantes comme je le disais mais également nos nos enseignantes chercheuses et alumnie sur lesquelles on s'appuie énormément pour relayer notre action dans dans le domaine. Je veux aussi citer les associations étudiantes de l'Estaka.

C'est une caractéristique de de notre école. Elles sont très nombreuses et c'est probablement la meilleure vitrine de l'école avec des projets techniques et et scientifiques de haute volet, que ce soit pour l'électrification de véhicule et participer à des compétitions internationales, que ce soit pour battre des records d'altitude de fusée euh euh étudiantes ou des ou euh inventer un un vélorail par exemple, euh ces associations sont naturellement mixtes et elles-mêmes mettent en avant la participation des étudiantes à ces à ces ces assauts qui qui sont comment dire qui sont totalement autonomes et et se gère comme des des des véritables projets en gérant la communication, la la levée de fond, la les les partenariats industriels et cetera. Je veux citer aussi une association qui qui met très cher qui s'appelle Pégaz.

Péas, c'est la vulgarisation scientifique. Ça consiste à aller dans les écoles primaires et collèges pour euh initier euh les plus jeunes euh les éveiller au au aux filières scientifiques. J'ai pu assister à une remise de prix euh à l'estaka il y a il y a un mois.

C'est assez assez merveilleux parce que cette association non seulement éveille des des enfants garçons et filles et comme le disait ma voisine souvent de de milieu que je qualifierai pas de défavoriser mais enfin certainement pas privilégié en tout cas euh et des comment dire des gens dont les parents sont probablement ceux que citait Dominique des gens qui n'ont pas spécialement imaginé qu'un jour leurs enfants puissent embrasser des des carrières scientifiques. [Musique] Je passe sur d'autres actions de de de communication, sur des conventions avec la la cité des sciences et et de l'industrie pour participer aux journées femmes ingénieur et cetera. Euh et donc tout toutes ces actions illustrent un peu ce ce qui a été dit précédemment sur euh le le fait d'agir en amont pour susciter des vocations car je pense très obje très très sincèrement que euh les corrections que nous pouvons apporter ne sont qu'à la marge une fois que les les la distribution a été faite, j'allais dire au lycée.

Bien évidemment, la lutte contre les les les violences sexuelles est extrêmement importante. Nous avons des référents discrimination dans tous nos établissements. Nous menons des des actions de sensibilisation qui sont obligatoires pour tous les les étudiants et ceux dès leur rentrée scolaire sur tous nos nos sites avec des des ateliers des des forums en petit groupe.

Ça part de situation vécu ça fait circuler la parole, ça initie le débat, ça ça propose des solutions. Et puis nous avons également des étud des événements dédiés aux étudiantes qui sont organisés régulièrement par l'association étudiante RHEA, rassemblement pour l'humain, l'environnement et l'avenir pour créer des liens entre entre étudiantes via le réseau des alumnies et échanger avec des diplômés. Cet inventaire à l'aprèsver j'en suis conscient ne ne fait pas une politique mais montre un un un engagement et une une nécessité encore une fois d'agir en amont de nos écoles et au sein de nos écoles pour attirer, fidéliser et permettre un un comment dire un lancement harmonieux de nos étudiants garçons et filles dans la vie professionnelle.

Dernier élément que je dirais c'est l'exemplarité. Euh les stackage, je vous l'ai dit, à 100 ans et bien de pour la première fois euh on peut s'en étonner, mais ça montre là aussi que la la volonté vient d'en haut. Le directoire qui est composé de cinq membres, c'est une association loi 1901, le directoire est bénévole compte deux femmes deux femmes qui représentent respectivement la filière du naval et la filière du du ferroviaire.

Euh et euh le comité de direction que je réunis moi euh autour de moi à l'école euh est mixte euh enfin pardon euh euh à 50 % composé euh d'hommes euh et de femmes. Alors, est-ce que ça marche ? 15 % c'est pas beaucoup.

Mais si je vous dis qu'on était moins de moins de 8,5 % en 2010, euh voilà, on voit qu'on progresse peut-être au rythme qu'évoquait madame Rotaillot euh qui est encore bien lent, mais c'est une volonté et encore une fois quand bien même on ne serait pas convaincu au fond de soi de de de l'importance de ce sujet, il en va de la survie de de nos écoles et de la la capacité de de ces mêmes écoles à produire des ingénieurs. Euh et ça porte du fruit. On a été lauréat de différentes différents challenges.

Le challenge ingénigneuse de la CDUFI qui a été évoqué tout à l'heure avec un prix spécial en 2024 et on a été classé 3e en 2025 par dans un classement euh réalisé par Choose My Company sur l'index où les jeunes filles sont le pardon comment dire les écoles où les jeunes filles sont le les plus heureuses et épanouies. Alors, c'est c'est ce type de classement est naturellement à prendre avec un certain recul puisque ça se base sur des questionnaires adressés aux jeunes filles des écoles. Les écoles participent ou non.

N'empêche que c'est une assez grande satisfaction pour nous de voir que les les jeunes filles que nous accueillons sont heureuses en définitive de leur choix. Et je terminerai par cette anecdote. Euh, lors de l'inauguration du campus de la Valle, la la présidente de pardon, nous avons agrandi le campus de la Valle qui a doublé sa surface et lors de son inauguration en janvier, la présidente de région demandait systématiquement aux jeunes filles qu'elle voyait pourquoi vous êtes là et pourquoi vous êtes pas plus nombreuse.

Euh et une jeune fille qui qui dirigeait une association étudiante liée au construise un bateau à feu assez extraordinaire. Disait "Mais moi, c'est au lycée où je me sentais pas bien. On était trois filles dans ma classe ici à Estca.

Ça va, on est à fond dans nos assauts, dans nos études et et ça se passe très bien." Voilà. Donc je je conclus là-dessus car j'ai monopé un peu trop longtemps la parole pour pour encore une fois dire ma ma conviction que l'effort il doit être maintenu, que les écoles d'ingénieur prennent toute leur part mais que elles ne peuvent que tenter de corriger à la marge une action qui doit se débuter bien avant.

Merci beaucoup. Euh et donc maintenant, je vais me tourner vers Joël Cuni, directeur général de l'USTP. Donc école que je connais bien parce que pour le coup, si nous parlons d'alumnie, j'en suis issue mais je dois avouer que j'ai deux neveux qui ont fait les sta bon mais un mari et un beau-frère qu'on fait lep aussi, je dois le dire.

Donc je suis bien entourée là, je suis en terrain connu là effectivement. Euh donc Joël Kun donc que que j'ai rencontré il y a il y a quelques temps au forum de la STP et qui me disait justement les action qui étit mené et je j'étais très heureuse de l'inviter pour qu'il nous en fasse part. Donc à vous monsieur Kun.

Madame la présidente merci. Donc bah au titre de l'PP mais au titre également de l'Union des grandes écoles indépendantes. L'Union des grandes écoles indépendantes dont on fait partie trois IL et ben également les STA et le STP.

Donc on va on va trouver une synthèse et puis on va réussir à à s'accorder là en tout cas euh présente et engagé. Donc euh dans ces écoles, c'est 38 écoles. Il y a des écoles de management, des écoles des arts créatifs et 21 écoles d'ingénieur.

Et on nous représentant dans le débat actuel, je un peu ouvrir également la qualité de la qualité de l'enseignement privé indépendant d'intérêt général, en tout cas évalué par le ministère et reconnu par le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche et engagé puisque nous accueillons au total 110000 1100 étudiants. Donc il faut savoir aussi que les écoles privées indépendantes, c'est 25 % des écoles des écoles d'ingénieurs qui forment 35 % des ingénieurs sous sous le contrôle de Dominique là. Donc voilà.

Euh et ensuite, je vais revenir à à le STP. Le STP, j'ai la chance de de diriger depuis euh depuis de depuis 2020 avec quelques questions peut-être pour le V suspense. Y a-t-il des étudiantes à l'P ?

Bah où effectivement donc on parlait du de la moyenne donc 28 % donc le STP nous avons 30 31 % d'étudiantes donc malgré un secteur qui peut paraître extrêmement genré sur des images et des biais ben nous sommes au-dessus au-dessus de la moyenne et je vais vous parler également des de des progressions et puis peut-être des leviers pour qui font que nous sommes dans cette dans ce sujet-là. Euh deuxème point, bah je crois en arrivant ici, on s'est demandé qui était le mauvais le mauvais élève de la classe là en se disant "Et toi tu es à combien ? Et moi je suis à combien ?" Voilà, elle se positionnait dans cette dans cette moyenne.

Donc je voudrais dire que bah les chiffres et les tendantiels, ben on parlait de de 15 %. On voit que certaines écoles sont en dessous et certaines écoles sont à 75 % d'étudiantes. Donc nous étions nous étions il y a il y a il y a 2 semaines dans une école à à Lyon qui est une école de une école d'ingénieur de la de la chimie et avec 75 % d'étudiantes.

Donc je pense que je pense qu'également il y a euh qui des autour de la table peut-être ces ces écoles ces écolesl qui sont qui sont bien évidemment euh de très très bons élèves. si on regarde le côté féminisation, peut-être des moins bons élèves si on regarde le côté mixité dans l'autre sens, mais qui sont qui sont vraiment donc qu'il faut aussi interroger pour savoir quelles sont quelles sont les clés de réussite parce que souvent on parle des biais mais aussi peut-être regarder quelles sont quelles sont ces clés ces clés de réussite. Je souhaitais dire également et c'est c'est un peu ma déception de l'engagement collectif.

Voilà, enfin on sent vraiment une une vraie dynamique, une un vrai engagement collectif. On a parlé la CDFI de la conférence des grandes écoles de l'UGI, on parle des l'ensemble l'ensemble des directeurs d'école et je pense que ici nous nous sommes là parce que nous nous portons portons ces messages c'est dans dans notre quotidien et nous les traduisons par les des actions. On peut parler de l'action des alumnies également les associations qui sont des associations des alumnies qui sont aussi engagées dans ces actions là et je veux citer par exemple ESTP féminin qui est une action spécifique de la communauté alumnie ESTP mais également le sujet le sujet des de toutes les entreprises d'cord dont toutes les entreprises nous interrogent sur ce sujet de mixité.

Voilà euh permettre de nouer des des partenariats pour pour faire des formations accompagnées, mais également bah les fédérations professionnelles et quand on regarde le secteur de des travaux publics, nous sommes très engagés dans le secteur des travaux publics justement sur ces sujets de féminisation des métiers d'attra donc avec deux deux volets en fait qu'on a pas abordé aujourd'hui. Il y a le volet attractivité et puis le deuxième volet qui est le volet ensuite parcours de carrière. Mais ça c'est un autre c'est un autre sujet.

Alors la question se posait dans cet autre sujet sur sur la représentation des des femmes en tout cas dans les codires comexes et puis on a traduit ça par une loi qui fixe qui fixe des quotas qui est la loi Rixin. Donc voilà donc c'est ça montre un engagement donc peut-être prise de position bah sur sur les quotas. Bah dans ce cas-là, les quotas évidemment ça donne ça donne des indicateurs, ça donne ça force aussi les entreprises à monitorer en fait leur leur évolution.

Et ça ça c'est important, je crois que je voulais dire c'est comment on monitore l'évolution, comment est-ce qu'on parle de chiffres plutôt de que de perception. Et là d'avoir des quotas, ça permet en tout cas de fixer de que que chacun chacune chacun puisse fixer fixer des objectifs et puissent regarder regarder cette évolution. Alors, on peut se poser la question maintenant euh bah dans dans les classes préparatoires, dans les concours d'ingénieur, ainsi de suite.

Faut-il mettre des quotas ? Je crois que il y a un sujet principal qui est encore pour nous qui aussi est important, c'est l'attractivité globale puisqu'on don nous devons attirer, on pouvons nous pourrions former entre 10 et 15000 ingénieurs de plus chaque année. Donc donc il y a déjà un sujet un sujet d'attractivité.

Donc après la question se pose également et pour donner un peu des sujets également sur des des des interrogations sur un certain nombre de de d'écoles qui sont très sélectives. Il y a sans doute il y a sans doute un un sujet de quota. Donc il se pose différemment quand on regarde les écoles qui sont peut-être sélectives que on va dire la moyenne de l'ensemble des écoles d'ingénieurs qui sont engagés collectivement pour former les ingénieurs qui sont nécessaires dans le cadre de la de l'industrialisation de la réindustrialisation d'un ensemble de projets qui sont qui sont prioritaires pour notre pour notre pays.

Alors euh sur maintenant les évolutions et cet engagement quelque part un volet déception si vous voulez en fait déception parce que quand on regarde quand on regarde l'évolution des chiffres euh alors quelle quelle était cette évolution ? Si on garde si on garde le STP, je fais je fais un retour 30 ans en arrière promotion 1991, nous avions 11 % d'étudiantes étudiantes à l' STP. Donc ça veut dire que sur en 35 ans en fait ce voilà le nombre d'étudiantes a été multiplié par par 3.

Alors c'est ça peut paraître un un succès mais voilà vous vous le rappeliez pour atteindre la parité on en a encore pour du coup une vingtaine d'années quoi. à peu près si on fait si on fait le calcul. Voilà.

Donc on on doit on y sera en 2050. Mais j'ai bien peur aujourd'hui qu'on atteigne vraiment une asymptote, voir que avec la réforme du bas qui reviendrai tout à l'heure, euh ben en fait on a on a contrairement ça a été contreproductif et que au contraire la progression qui était lente se voit complètement complètement stoppée, voir on on enregistre et ça a été ça a été flagrant les premières années après la réforme du bac. la première promotion qui est rentrée dans l'enseignement supérieur, une chute justement de plutôt de de féminisation dans dans nos formations dans d'enseignement supérieur et donc la réforme du bac qui nécessitait de faire des choix et fait des choix ont fait que encore plus d'étudiantes et de jeunes filles n'ont pas choisi les séances au détriment d'un ensemble de de de d'autres enseignements et les parcours possibles.

Donc ça c'est ça c'est quand même contreproductif parce qu'on a mis de nombreuses années justement à avoir des progressions, de nombreux efforts et puis voilà une réforme du bac finalement qui qui annile qui annile bah le tous les efforts qui qui ont été faits. Alors quand on dit que le BTP, je vous disais bah il y a 30 % d'étudiantes. Après, il faut le il faut faut moyenner, il faut regarder un peu dans dans cette logique de filière, il faut regarder ensuite un peu le les détails parce que bon, le STP forme à la fois sur l'ensemble l'ensemble de la chaîne de valeur de la construction construction sens large qui va inclure à la fois l'immobilier, l'immobilier, le bâtiment, les travaux publics, l'énergie, les géodata, la maintenance, ainsi de suite.

à cette management de l'exploitation maintenance et on voit bien qu'à l'intérieur de ces 30 % bah c'est pas satisfaisant puisqu'on va retrouver des travaux publics qui sont qui sont aux alentours de 20 % voire en voire en dessous et un bâ et et une activité bâtiment qui est à qui est à 40 %. Alors quel est quel pourquoi ces résultats ? Moi, je crois beaucoup à l'hybridation et donc la non donc l'hybridation qui pourrait être opposée à non spécialisation ou non spécialisant non spécialisation au jeune âge.

Enfin, en tout cas à 18 ans, c'est compliqué pour moi, il me semble de faire de faire des choix en particulier. Bon, il y a le choix de la classe préparatoire qui peut s'imposer, mais après dans ces classes préparatoires, ben on choisit on choisit MP, PC, PSI, ainsi de suite. Donc il y a vraiment cette notion de de choix et d'ouverture en tout cas de ce qu'on appelle les études scientifiques.

Et donc, il y a dans ces études scientifiques, il y a il y a un sujet un sujet d'ouverture. Et au-delà de ça, si je regarde l'hybridation, pourquoi pourquoi ces résultats ? parce que depuis 2002, nous développons des des parcours qui sont des parcours architecte ingénieur et ingénieur architecte.

Et là euh nous sommes bien évidemment voilà dans dans des sujets de parité voir 60 % d'étudiantes pour pour une 40 % 40 % d'étudiants. Donc cette hybridation euh je pense que c'est aussi un moyen un moyen d'y arriver. hybrider pour moi euh le bâtiment, enfin l'ingénierie et l'architecture euh à ça.

Voilà. et et là on est on est dans dans des difficultés en fait de euh de faire reconnaître nos diplômes et reconnaître nos diplômes parce que euh pour ouvrir nos diplômes et ouvrir cette cette spécialisation ainsi de suite et cette cette structuration qui est nécessaire et obtenir un peu un peu d'agilité, on a eu beaucoup de de mal à faire reconnaître des parcours et des grades de licence des parcours qui s'appellent architecte ingénieur parce que c'est géré enfin en tout cas c'est piloté par deux ministères deux ministres ministère différent alors que nous sommes convaincus que c'est une façon pour nous d'attirer d'attirer plus d'étudiantes. C'est un peu ce qui a été fait également dans le bac dans le bac STI2D hein quand il s'agissait de transformer ce bac F4 génie civil vers un bac donc STI2D et et façon de valoriser le secteur de la construction a été aussi de l'ouvrir à l'architecture.

Mais d'autres d'autres champs sont possibles. ouvrir en fait la partie la partie construction et bâtiments entre génie civil et génie écologique. Donc il y a quand même là un certain nombre d'enjeux dans lesquels le STP est engagé sur les usages les usages, les modes de vie, la la conception, la transition écologique, ainsi de suite qui sont quand même des vecteurs qui qui devraient qui devrai être qui devrai être attractifs.

Voilà le par exemple dans dans les engagements, moi j'aime beaucoup le sujet des du cercle des femmes de l'immobilier, cercle des femmes de l'bonobili et qui disent que que celles et ceux qui qui conçoivent, qui imaginent notre habitat, nos usages, nos villes de demain soit à l'image de celles et ceux qui vont l'habiter. Ça c'est quelque chose qui voilà qui qui qui est sans équivoque quoi et qui est qui est tellement logique que qu'il faut qu'il faut qu'il faut le qu'il faut le rappeler. Alors ce sujet d'attractivité bien évidemment on a parlé de beaucoup de choses, on a parlé des biais de la de l'enfance mais moi j'ai tendance à dire qu'il se joue bien évidemment il se joue à l'école à l'école élémentaire il se joue au collège au lycée dans le choix de son orientation dans le choix de ses étudiants dans son élément supérieur et je dirais il va jusqu'au doctorat quoi.

Donc voilà et et la question se pose également sur les écoles les écoles les écoles doctorales mais mais peut-être Romain, tu auras d'autres des chiffres également mais je pense que c'est important aussi c'est le sujet de la de la la féminisation de notre corps enseignant et de l'identification. On voit bien que quand on a un responsable pédagogique qui est une une voilà une collaboratrice, bah finalement sur un certain nombre de nos programmes, on arrive à avoir des résultats qui sont qui sont bien meilleurs que quand c'est un c'est un collaborateur, un responsable, un responsable pédagogique. Donc c'est important, nous semble-t-il que notre corps corps enseignant, corps professoral soit également représenté.

Et si on regarde un petit peu les écoles doctorales, al je regardais ce matin les l'école doctorale donc de Paris-Est donc il y a laquelle la commuée dans laquelle le STP est membre associé. On voit que bah 46 % euh donc 46 % des doctorants sont son doctorants, 54 % doctorants. Mais si on regarde mathématique estique, bah là on retrouve on retrouve que 28 % de de doctorantes parmi les h les h écoles doctorales.

Euh donc ça ça c'est un sujet. Donc finalement, on retrouve le schéma se se reproduit, sachant que je rejoins ce qui a été dit donc pour pour les stacas, c'est-à-dire que nous à ce stade, nous récupérons en fait t toutes les actions qui que nous que nous menons conjointement avec tous les acteurs avant et et nous travaillons sur des leviers qui sont certes importants, mais dans un dans dans un vivier qui est déjà très très très orienté et dans un ensemble qui qui est déjà qui est déjà très orienté. Alors euh je viens sur la réforme la réforme du bac hein.

Donc quand on regarde quand on regarde le je regardais aussi euh quelques quelques chiffres en disant quelle est la part des bacs scientifiques pour euh dans donc la répartition dans le cadre si on prend le panel des des bâcheliers généraux et on regarde la part la part des bâcheliers scientifiques, on peut regarder comment est-ce que ça comment ça a progressé. dans les années 90, il y avait 70 % euh donc d'étudiants euh et puis 38 % 38 % d'étudiantes. Donc ça donne la proportion.

Finalement ça a peu évolué et donc il y a une évolution jusque dans les années 2000 2020. 63 % donc d'étudiants dans pas parmi les bacs les bacs généraux étaient les bacs scientifiques et et 44 % étaient des étaient des étudiantes et on voit que en 2020 bah cette statistique elle a complètement baissé puisque un il y a une baisse globale des des bacs en fait si on essaie de reconstituer des bacs scientifiques en prenant mathématiques plus ensuite l'ensemble des champs l'ensemble des l'ensemble des enseignements des enseignements de de terminal he donc physique, SVT et puis chimie. Enfin, on prend on prend tous ces éléments-là.

Bah, on avait 41 % d'hommes, voilà, dans les dans les bacs dans les bacs sciences scientifiques et que 17 % 17 % de femmes. Donc, on voit que il y a une chute globale, mais cette chute, elle a été vraiment beaucoup plus beaucoup plus importante pour pour les étudiantes. Donc la question maintenant c'est comment est-ce qu'on comment est-ce que derrière on on c'est un gros débat c'est parce qu'on a entendu justement Jean-Michel Blanquer mais il y avait plein de filles qui allaient en S ou en C mais qui allaient jamais faire des sciences derrière qui allaient faire autre chose qu'aller faire du droit science pot mais on les avait envoyé là parce qu'elles étaient bonnes en tout donc ça leur permettait une vraie ouverture.

Donc est-ce que vous avez vraiment une perte de après le bac ? C'est surtout ça qui nous intéresse niveau ou de connaissance puisqueen fait on a plus les enseignements de on a plus les enseignements de spécialité que l'on avait avant et donc on a été obligé de se réinventer à chacun d'entre nous en accueillant moi j'ai un poste prépa poste bac donc des enseignements de spécialité avec une science donc s'ils n'ont pas fait de physique ben il faut on refait de toute façon depuis le début on refait les enseignements et il me semble que les CPGE mais ceux qui accueille des CPGE le diront mieux que moi. On remodelait aussi l'enseignement.

On est obligé de s'adapter mais s'adapter en baissant finalement nos exigences. Il faut refaire dans le même temps. Donc ce que l'on faisait avant en 2 ans, il faut le faire mais il faut en plus faire du prérequis.

D'accord. Alors ça c'est une chose effectivement qu'on avait pas vu parce qu'il nous a dit que le niveau en math avait augmenté mais effectivement quand on prend que math est pas physique et qu'on va derrière en école c'est compliqué compliqué. On on reparlera peut-être de de de ces chiffres, mais il y a quand même un effet et et de mémoire.

Donc quand on faisait le constat après la première session justement de ce de ce nouveau bac, il y a il y a eu quand même une des une baisse de quelques pourcentages de de des d'étudiantes dans les dans l'ense dans dans l'enseignement supérieur scientifique quoi. En tout cas, que ce soit en classe préparatoire dans nos formations et dans nos écoles d'ingénieur. Et ça ça a été quand même ça ça a été quand même significatif.

Donc euh et en fait après le bac, il y a il y a eu il y a eu un effet il y a eu un effet certain. Donc ça représente quoi ? représente quelques pourcentages, quelques pourcents mais quelques pourcents qui sont quand même au qui sont apportés au regard de tous les efforts ce que je voulais dire et de la croissance qu'il y a eu quoi et que vous avez retrouvé après ou il y a eu un trou et ou alors c'est resté euh c'est resté voilà euh bon sur peut-être pour ne pas ne pas paraphraser ce qui a ce qui a été déjà dit euh et apporter quelques quelques éclairages complémentaires. pour sur la tolérance zéro violence et agissement sexiste et discriminant.

Bah voilà, ça aussi je voudrais ramener ça à l'engagement. C'est c'est vraiment un engagement collectif. Dominique Bayerge rappelait justement le là par contre de des résultats qui sont plutôt qui sont plutôt extrêmement encourageant sur la connaissance du dispositif, pas sur pas forcément si on ramène ça sur les statistiques sur les le nombre de le nombre de d'événements qui sont qui sont qui sont identifiés parce que là aussi ça ça ça évolue ça évolue dans le bon sens mais de mon point de vue pas assez vite, j'aurais tendance à dire évidemment c'est quelque chose qui est qui est qui est qui est qui est qui est extrêmement important mais euh et c'est un engagement, c'est un autre engagement et c'est des conditions qui ne sont pas négociables, en tout cas moi je le positionne comme ça, qui sont pas négociables, qui sont de nos responsabilités.

Alors est-ce que c'est le seul élément ? Il faudrait rapprocher ça également d'un certain nombre de domaines. Je pas je ramène ça au médical qui s'est extrêmement extrêmement féminisé.

Voilà sur lequel aujourd'hui on peut on pourrait mettre les deux les deux en corrélation. Donc j'ai tendance à dire que c'est pas c'est pas la raison, mais c'est une condition nécessaire pour qu'on puisse accueillir euh voilà de façon dans en toute sécurité et accompagner nos jeunes filles qui qui intègrent nos écoles. Sachant que ce qui est clair, c'est que les violences la la violence aujourd'hui se fait dans les dans dans les de peut-être dans les deux sens mais la violence, elle est quand même majoritairement et très très majoritairement masculine.

Donc ça c'est ça c'est pas voilà, c'est des choses qu'il faut qu'il faut affirmer et qu'il faut affirmer et affirmer également à travers que voilà l'engagement qui doit être un engagement de femme et d'hommes. Donc c'est important également ça c'est un point point important que les corps modèles et les gens qui soient identifiés dans cette dans cet engagement ce soit à la fois des femmes. Mais ce qui est important c'est que les hommes s'engagent également dans dans ce sujet de mixité.

Très bien. Merci beaucoup. Donc bon, on y reviendra je pense.

Oui. Et donc et bien c'est ce que nous allons découvrir puisque je vais sans plus tarder laisser la parole à Romain Souberon donc qui est Souberan qui est donc directeur de centrale Superlec et qui a mis en place fin 2023 un plan stratégique sur 10 ans pour recruter davantage de femmes et d'élèves issus de milieux modestes. Et donc bah à vous monsieur Siberon.

Souberan. Oui, merci. Merci madame la présidente et merci pour cette invitation.

Merci pour votre souci de ce sujet qui est un vrai problème je pense pour à peu près toutes les écoles d'ingénieur pour nous en particulier à centrale Supélec. Et quand je dis nous, c'est aussi bien la direction que le conseil d'administration que les élèves eux-mêmes et les alumnies. Pourquoi c'est un problème pour nous ?

Parce qu'actuellement bah aucile depuis enfin ça fait 6 ans et demi que j'ai pris la direction de centrale Supélec. Depuis mon arrivée, onile entre 17 et 20 21 %, on a fait 21 % il y a 3 ans, euh 21 % de femmes à l'entrée du cycle ingénieur. On recrute postprépa, on recrute des promotions qui font 1000 élèves.

Euh et euh donc les bonnes années, l'an dernier, on était à 20 %, donc on était en fait 2024, euh 2023, on était à 17 %. Euh c'est évidemment pas du tout satisfaisant pour des raisons qui ont été invoquées. D'abord, ça pose un problème moral d'égalité, d'équité.

Euh ça montre qu'effectivement on laisse passer énormément de talent féminin alors même qu'on a un manque d'ingénieur en France qui est abondamment souligné partout. Ça pose également un problème de non réponse de non adéquation de ce qu'on fournit au monde socio-économique. Les entreprises maintenant sont fortement demandeuses de femmes ingénieurs.

Et ça c'est peut-être une évolution par rapport à il y a 10 ans. Mais moi systématiquement les entreprises me disent on voudrait beaucoup plus de femmes diplômées de chez vous. Euh et on évidemment on n'arrive pas à fournir cette demande alors que basiquement on est là pour essayer de répondre au mieux au du monde socio-économique.

Et puis dernier point, je pense que des promotions plus équilibrées en genre euh c'est des promotions plus stables, c'est des promotions qui marchent mieux, euh où il y a moins de moins de dérive. Et donc ça aussi en terme de vie de campus, quand on a des très grosses promotions, je pense que c'est c'est aussi un atout à cause de ça. Donc c'est un sujet de de longue date, c'est un sujet qu'on traite en parallèle du sujet de l'ouverture sociale qui elle aussi est un très gros problème pour nous. c'est des déséquilibres déséquilibres social.

Euh alors on a fait un plan stratégique en fait qui est un plan stratégique 2023. Euh dans ce plan stratégique, on prévoit de doubler notre nombre de diplômés mais non pas en faisant croître la formation d'ingénieurs et en allant en fait piquer des élèves à des écoles qui seraient moins attractives parce que on change on va pas changer le flux global. On prévoit de doubler notre flux de diplômé avec des Bachelor et des Master of Science internationaux qui recrutent des talents internationaux qui les font venir en France et de façon à les mettre en contact avec nos entreprises nos entreprises françaises.

Là, on recrute Postback euh ou l'équivalent dans les pays dans les pays étrangers euh et on a la main beaucoup plus sur le contenu du cursus. Ça nous permet donc on a fait on a monté en puissance et les deux premiers Bachelor, on les a ouverts à la rentrée 2023 et si tout va bien, on en ouvre deux autres à la rentrée 2025. à la rentrée 2024, on avait 43 % de femmes dans nos master of science et nos bachelor sans faire de la moindre discrimination positive uniquement sur la qualité des dossiers.

Donc on a fixé dans notre plan stratégique l'objectif d'avoir 30 % de femmes dans notre flux de diplômé à l'échéance 2032. On est en ligne avec cet objectif qui pour nous qui peut paraître très modeste mais qui pour nous est quand même résolument ambitieux quand on parle d'une formation d'une promotion ingénieur de 17 à 20 % de de femmes. Alors après l'enjeu c'est d'essayer d'augmenter malgré tout.

On va pas substituer même si on recrute en Bachelore et en Master of Science des gens qui sont de très très bon niveau. C'est pas du tout des sous-diplômes mais on voudrait augmenter aussi dans le cycle dans le cycle ingénieur. Et donc pour ça on a bah fait plusieurs plans successifs depuis 2019. plusieurs plans successifs d'égalité femme-homme qui tournent chacun autour de trois grands axes.

Euh les trois grands axes, vous les connaissez. Le premier c'est l'attractivité au lycée. Euh alors au lycée, traditionnellement, on a des associations étudiantes qui interviennent.

On a décordé de la réussite pour les élèves défavorisés. On a une association qui aide plus spécifiquement les jeunes femmes. Au total, on touche enfin les étudiants touchent de l'ordre de 1500 collégiens, collégiennes, lycéens et lycéennes dans l'environnement plus ou moins proche de centrale Supélec.

Donc c'est très bien euh mais c'est manifestement totalement totalement insuffisant. Donc on s'est demandé rapidement ce qu'on pouvait faire euh et on a mis en place un summer camp. Alors, ce Summer Camp, c'est une semaine sur notre campus début juillet et ça consiste à accueillir alors le plus grand nombre possible, je vais revenir de lycéen et de lycéen qui rentrent en première, donc c'est entre la seconde et la première qui ont un bon dossier scientifique, qui sont pour moitié femme, pour moitié hommes, pour moitié boursier, pour moitié non boursiers.

Pourquoi cette répartition ? Parce qu'en fait, ce sont les non boursiers qui payent pour les boursiers. Euh donc ça permet d'avoir un modèle un modèle de business qui est qui est équilibré.

Et mon idée c'était de partir du constat qu'on avait 900 chambres vides pendant l'été puisque c'est les 900 chambres qu'on garde pour l'accueil des élèves de première année en septembre et que donc on pouvait imaginer d'avoir un dispositif d'accueil très très large pour des élèves donc de seconde qui rentrent en première pour améliorer l'orientation donner des informations qu'il n'auraient pas. Bon, en fait, on s'est euh au bout d'un an, on s'est heurté à des réalités administratives qui font que dans les résidences étudiantes, on ne peut pas facilement, on va dire, héberger de mineur. Finalement, avec le plein soutien du préfet, j'ai réussi à arracher qu'on puisse avoir deux promotions de 75 élèves qui participent à ce summer camp.

Donc chaque année, on a 150 lycéennes et lycéens pour moitié lycéen pour moitié lycéen euh qui viennent suivre cette cette semaine sur notre campus où on peut les éclairer. Autre autre initiative qu'on a prise l'an dernier pour essayer de toucher un public là aussi avoir avec le souci de toucher un public large. Le summer camp on fait venir des gens de toute la France, c'est pas centré autour de central supéc et donc on essaie au maximum de s'adresser à à la France périphérique comme on dit qui souvent il y a beaucoup de lycées qui ne n'ont même pas conscience que des prépas existent qui n'envoient jamais personne en prépa, ni fille ni garçon.

Euh donc autre euh initiative qu'on a prise pour essayer de développer la visibilité, c'est une campagne sur le vidéo brut. Euh pourquoi brut ? parce que c'est le vidéo qui est le plus le média qui est le plus regardé par les jeunes et qu'ils ont les codes pour faire des contenus qui sont les plus attractifs possibles.

Donc l'année dernière, on a cassé notre tir lire et on a pris on a fait une campagne de six vidéos sur brut pour orienter vers les jeunes filles et orienter vers les élèves de milieu défavorisé. Euh au total, on a fait 9 millions et demi de vues. Euh c'était plus du double de ce qui avait été convenu, de ce qui avait été acté contractuellement avec Brut.

Donc pour la première fois, on a eu le sentiment de toucher un public vraiment relativement large. Donc maintenant, on regarde à renouveler une telle campagne. Euh c'est assez cher, mais c'est vrai que ça un impact systémique qui est assez euh qu'on a trouvé vraiment très très très intéressant.

Donc premier axe, attractivité au lycée, toutes les actions qu'on peut faire vis-à-vis du lycée. On a aussi d'autres actions mais ça sera un peu long à développer. avec le rectorat.

On a fait une journée d'accueil pour les professeurs, pour 50 professeurs de l'Académie de Versailles euh sur notre campus pour leur expliquer ce que sont les prépas et ce que sont les métiers d'ingénieur. Et pour beaucoup de ces professeurs, c'était vraiment enfin, on a fait un questionnaire de sortie, c'était vraiment un énorme atout euh parce qu'en fait, ils ne savaient pas. Et donc quand ces professeurs qui sont dans le secondaire, qui sont qui ont un rôle majeur dans l'orientation, ne savent pas ce que c'est qu'une prépa et ne savent pas ce que c'est qu'un métier d'ingénieur, euh on peut pas espérer que ils apportent la bonne information aux élèves.

Donc nous, on a fait ça pour l'académie de Versailles. Les PS ont fait la même chose pour l'académie de Créteille et les mines vont faire ça pour l'académie de Paris. Et on a fait une réunion de débriefing avec le rectorat.

On a fait ça sous l'égite des inspecteurs d'académie euh qui étaient très engagés sur ce sujet. Et donc on va essayer de prolonger, de d'élargir cette initiative à l'échelle à l'échelle du du territoire. Donc première premier grand axe attractivité au lycée parce qu'effectivement enfin c'est je vais pas revenir sur ce qu'on dit les collègues euh il y a un énorme sujet.

Euh deuxème grand axe favoriser l'intégration des femmes à centrale Supélec. Alors ça ça passe déjà par le concours d'entrée. Donc on a regardé dès 2019, on a fait une analyse extrêmement fouillée du concours pour identifier les biais possibles et les leviers sur lesquels on pourrait agir pour essayer de favoriser l'entrée l'entrée des femmes.

Je pourrais vous donner le le le bilan plus en détail. En gros, les garçons réussissent un peu mieux les matières scientifiques, les filles un peu mieux les matières littéraires. Donc actuellement, on a c'est c'est un stéréotype mais c'est ce qui sort de l'analyse de 60000 candidats quand même.

Donc c'est pas enfin il y a a il y a une loi des grands nombres qui s'appliquent. Euh d'où une réflexion sur l'augmentation du coefficient du français au concours. Euh mais ça c'est compliqué.

Mon conseil d'administration va statuer sur le sujet en juin normalement. Euh je sais pas vous dire s'il le votera ou pas. Il y a ça sera de toute façon ça sera un impact qui restera marginal.

C'est dire si on récupère 5 si filles de plus ça sera le bout du monde. Donc il y a il y a donc peu de peu de leviers au niveau du concours en tout cas tel qu'il existe. Après pour attirer plus de femmes à Centrale Supélec proposer des cursus qui sont plus attractifs.

Comme le disaient les collègues, on a des disciplines en ingénierie qui sont très genrées. On sait qu'en agro bah on a 65 70 % de femmes. Le BTP est relativement attractif.

Nous, on est positionné sur des sciences de l'ingénieur plus classiques, je dirais, enfin plus traditionnel, mécanique, électronique, alors informatique, tout ce qui est numérique, c'est plutôt répulsif pour les femmes. Donc on n'est pas bien positionné. Alors, on a développé une politique de double diplôme.

On a mis en place un double diplôme avec chimie paritech parce qu'on sait que la chimie c'est très attractif pour les femmes. On a mis en place un double diplôme avec l'AGRO, on a mis en place un double diplôme avec Science Po euh qui servent pour l'ensemble des élèves mais qui répondent aussi à une demande de certaines des étudiantes qui nous rejoignent ou qui sont intéressés à nous rejoindre pour leur dire vous pourrez faire de la chimie si vous êtes à Centrale Supélec à travers ce double diplôme ou vous pourrez faire de de l'environnement à avec un un adossement à des laboratoires de bon niveau que nous nous n'avons pas dans ces domainesl. Donc élargissement des possibilités offertes par le cursus bourse et allocation spécifique.

Alors on a des un système de bourse qui est je pense très satisfaisant grâce à la solidarité de nos anciens et à notre fondation. En particulier pour les femmes issues de milieu défavorisé on a des bourses dites Sébastien Guuyot du nom d'une d'une alumnie de 3 x 8000 € par an. enfin 3 x 8000 € sur 3 ans, donc 8000 € par an.

Euh qui sont financés par des entreprises, donc on en distribue entre 5 et 10 par an euh selon ce qu'on arrive à à récupérer auprès auprès des entreprises qui viennent compléter les bourses crousses. Euh par ailleurs, on a une fondation qui où on a des anciens qui sont très engagés sur le fait que personne ne manque d'argent, ne soit pénalisé dans ses études pour de l'argent. Donc que ce soit fille ou garçon, on a une fondation qui aide.

Donc il y a pas de problème. Enfin chaque fois qu'on est informé d'un problème financier, on sait le traiter. Après la question c'est souvent d'identifier à temps les personnes qui sont en difficulté financière et malheureusement souvent on l'identifie quand il y a une chute des résultats et qu'on découvre qui font les marchés le le dimanche matin.

Euh donc pour sa location spécifique, euh on considère qu'on répond aux besoins. Par contre, on va pas dire bah vous êtes une femme automatiquement même si vous êtes issu d'un milieu CSP+ vous allez avoir une allocation. On va pas on va pas rentrer dans cette logique là.

Dernier point pour l'intégration euh le le et le concours, l'idée des quotas. Alors l'idée des quotas on a ça a été regardé attentivement par la direction et par le conseil d'administration. Alors quota ou point de bonification au concours, c'est une solution qui pour l'instant a été écartée.

Elle a été écartée. Pourquoi ? Bah pour plusieurs raisons.

La première, c'est qu'on craint que ça soit ça entraîne un retour très fort du sexisme au quotidien. Traditionnellement, il y a pas de discrimination positive à central superlec. Il y en avait pas dans les deux écoles précédentes.

Mais traditionnellement les filles se voyaient interpeller sur le fait que si elles étaient là, c'est parce que c'était des filles et que sinon elles serait pas rentrée à l'école. C'est un support très classique de sexisme de sexisme au quotidien. Et euh et donc ça c'est ça c'est une première raison.

Une deuxième raison, c'est le manque de confiance en soi, le syndrome de l'imposteur euh qui existe chez les garçons, mais qui existe encore beaucoup plus chez les filles dans nos promotions. Et c'est quand même un peu c'est toujours un peu paradoxal d'avoir réussi le concours et d'avoir quand même le syndrome de l'imposteur. Mais on a des enquêtes, donc on a des chiffres qui nous éteillent ça et qui montrent que ce syndrome est beaucoup plus répandu chez les filles que chez les garçons. donner des points à faire des quotas forcément ça va pas alimenter la confiance en soi alors que notre ambition chez nos étudiantes c'est au contraire de renforcer leur confiance en ell de les encourager à à se lancer pour celles pour celles qui en manquent.

Un troisème élément qui nous a fait pour l'instant en tout cas écarter la piste de quota ou de points supplémentaires, c'est un rejet que je qualifierai de violent de la part de nos étudiantes qui nous disent enfin beaucoup en tout cas nous disent si s'il y avait des dispositifs de discrimination positive, je ne serais pas venu à centrale supélect parce que je vais être reconnu pour ma valeur pas parce que je suis une femme. Et donc on a eu en 2022 vous savez monsieur on a été obligé de passer par là même si nous aussi c'était mais malheureusement c'est pas là. Je vous donne les Je vous décris le les les les je vous décris le chose.

Dernier dernier point dernier point quand même et qui n'est pas notre C'est que ça ne changera pas le flux de diplômé. Si on met en place des points quelques points pour les femmes, on va piquer quelques étudiantes à Centrale Lyon, à l'ENSTA, à Télécom mais on changera pas le flux de diplômé et ESES. Donc on on aura pas de changement systémique.

Donc finalement on va créer beaucoup de de de débat. On risque de créer beaucoup de violence dans les promotions pour un gain qui sera totalement marginal. Ça consistera à donner à quelques quelques femmes un diplôme qui sera un tout petit peu plus attractif que celui qu'elles auraient eu de toute façon.

Donc pour cette raison, cette piste là des quotas au niveau du concours d'entrée, elle est écartée. En ce qui concerne les quotas à l'entrée en prépa, alors ce que me disent certains profs de prépa, c'est qu'en fait il y a déjà des quotas. Les rectorats demandent à ce que les lycées admettent des pourcentages de femmes.

Euh et on m'a cité le cas d'une classe de MP où il y avait 25 % de candidates, il y a eu 38 % d'admises mais à la rentrée, il y avait 20 % de filles dans la classe. Et en fait, la raison, c'est que bah les femmes sur parcours sup, elles postulent sur un ensemble de de de formation et finalement elles vont choisir d'aller en médecine, à sciences pot même si elles ont postulé en prépa et qu'elles ont été prises en prépa, même dans des bonnes prépas. en en l'occurrence cette classe c'était un professeur d'une prépa de très très bon niveau euh et qui m'a dit bah finalement la rentrée on en a à 20 %.

Bon euh donc ça c'est un sujet et ça m'amène à dire si on met des quotas à l'entrée en prépa, euh pour être cohérent, faudrait mettre des quotas à l'entrée en médecine parce qu'on sait qu'on a énormément de jeunes femmes avec des très bons dossiers euh scientifiques qui partent en médecine. Je respecte complètement médecine mais mais c'est un constat. Donc si on veut si on veut pouvoir faire ça, il faudrait être homogène entre les différentes les différentes formations.

Voilà. Voilà. Voilà.

Donc sur les les les quotas a priori ce que ce que je souhaitais dire. Donc pour l'instant en tout cas c'est pas quelque chose qu'on qu'on retient. Donc je disais, il y avait trois axes.

Attractivité au niveau des lycées, favoriser l'intégration des femmes à centrale Supélec et le dernier axe, c'est évidemment l'avis de campus, c'est comment on peut faire en sorte de rendre le campus le plus convivial possible pour pour les femmes. Donc ça ça passe par la communication, donc par tous les supports de communication, par l'affichage. Par exemple, dans les les remises de diplôme, on a systématiquement une marine et un parin euh qui sont à chaque fois des des figures qu'on choisit qu'on choisit inspirantes.

Campus convivial, ça veut dire aussi un travail qu'on a mené avec les associations étudiantes pour les pousser à qu'effectivement les femmes soient présentes dans les bureaux et et dans des postes pas seulement de secrétaire général, ce qui était souvent la réponse, ah mais on a une secrétaire générale. Donc on a dit non, il faut qu'il y ait des présidentes. Et donc depuis quelques années, on a systématiquement dans les plus grosses assoses qui sont très très convoitées, la vie associative est extrêmement importante à l'école et donc il y a des les grosses associations sont très demandées.

On a chaque année, on a une ou plusieurs présidentes de très grosses assos et et on a une féminisation et et ça on l'a beaucoup pousser en dialogue avec les élèves. On dialogue beaucoup avec les élèves, on l'a on l'a beaucoup poussé. Donc travaille avec les associations.

Après Campus Convivial, c'est évidemment le sujet des VSS. Alors le sujet des VSS, on l'avait identifié bah dès 2019 en se disant il faut avoir une possibilité d'accueillir la parole. Donc, on a mis en place une référente égalité femme homme pour décliner un plan et pouvoir recueillir des témoignages.

On a mis en place une cellule psychologique, donc des psychologues couvert par le couverte par le secret médical pour recueillir les témoignages en anonymat et on s'est rendu compte que bah il y avait rien qui remontait ce qui nous a amené un peu plus tard à faire un partenariat avec France victime. Donc ça c'est aussi là aussi il a fallu casser la tirlire parce que c'est pas bon marché. Euh et parce qu'on nous a dit "Ah oui, mais vous comprenez, les signalements ne remontent pas parce que euh les victimes ont peur que la direction soit informée et n'ont pas envie que l'école soit informée." Donc on a dit, on va faire un partenariat avec France victime.

Comme ça, ça son on garantira même s'il y avait une étanchéité avec les psychologues en tout cas avec France victime, ça sera complètement extérieur. Ça n'a pas permis de libérer la parole plus. C'estd qu'on a pratiquement eu aucun témoignage qui soit remonté par France Victime.

Aucun signalement qui soit remonté. Donc en tout cas, on a mis en place, on a fait voter par le conseil d'administration en mars 2021 un premier plan égalité femme homme notamment pour essayer de traiter au mieux les sujets de VSS, sachant qu'on avait aucun signalement qui nous remontait. Euh et dans ce plan voté par le CA en mars 2021, on a dit bah on va faire une enquête chaque année euh une enquête sur l'ensemble des étudiants et des étudiantes pour identifier les cas de VSS.

Alors on s'est dit est-ce qu'on fait l'enquête nous-même, nous direction de l'école ? Et là, on a discuté avec les étudiantes et les étudiantes et nous ont dit "Si la direction qui fait l'enquête, vous allez minimiser les résultats, il y a rien qui va remonter." Donc on est passé par une association étudiante euh qui donc a porté l'enquête et porte continue à porter l'enquête.

Donc chaque année, depuis 2021 euh à l'été, entre juin et juillet, cette association mène fait l'enquête auprès de l'ensemble des élèves et nous remontre les résultats sous forme synthétique évidemment et anonymisé. Alors, la première enquête a fait un certain buzz, je sais pas si vous vous en souvenez, à l'été 2021 euh parce qu'à ma connaissance, c'était la première enquête de SNIP qui était faite dans une école. Donc, on a eu un succès médiatique.

Comme je disais, si on avait eu trois prix Nobel, je pense qu'on aurait moins parlé de nous. Euh, ce qui me montre quand même enfin tropisme des prépa qui médias qui est pas forcément toujours optimal. Euh quoi qu'il en soit, enfin, je pense que le résultat a été extrêmement positif euh parce que ça a été une prise de conscience dans l'école et notamment vis-à-vis des élèves.

Euh les élèves ne s'attendaient pas du tout à la situation qui a été révélée par cette enquête. Donc ça a permis d'en parler. Euh ça a permis de lutter de façon beaucoup plus efficace contre le sexisme au quotidien parce qu'on leur a dit bah c'est pas compliqué les faits les plus graves que qui vous choquent et qui nous choquent tous ils sont liés à deux choses.

Ils sont liés au sexisme au quotidien qui banalisent l'infériorisation des femmes et ils sont liés à l'alcool. Euh donc c'est deux chantiers sur lesquels il faut travailler et et et jusque-là le sexisme au quotidien c'est difficile de le lutter contre parce qu'on vous dit mais c'est des blagues, mais c'est pour rigoler, c'est cetera. À partir du moment où vous dites et où c'est vrai euh que ça entérine un paysage et que quand on est sous l'emprise de l'alcool, bah ce paysage ça va faire dériver les choses, on est pris beaucoup plus au sérieux.

Donc ça a permis de je pense de beaucoup progresser de ce point de vue-là sur la prise en compte la prise en compte du sujet. Donc depuis on fait des enquêtes chaque année. Je pourrais vous passer les résultats.

Les résultats sont je dirais encourageants parce qu'ils sont décroissants, mais on les prend avec des pincettes. On les prend avec des pincettes parce qu'on a jamais plus de 20 % de répondants. Alors quand on a peu de répondant, est-ce que c'est parce que les gens signalent pas ou est-ce que c'est parce qu'il y a pas de problème et qui voit pas l'intérêt de répondre à un questionnaire qui pose pas de problème ?

On nen sait rien mais en tout cas on est très très prudent dans l'analyse des chiffres même s'ils vont plutôt dans le bon sens. Donc c'est plutôt c'est plutôt encourageant pour continuer les écoles pour continuer les efforts. Évidemment politique de prévention forte.

Donc systématiquement euh à au discours de rentrée aux trois promotions, ben annonce que je fais de la tolérance zéro de l'école, du fait que le moindre signalement fait l'objet d'un article 40 et que l'école se porte partie civile systématiquement quand elle le peut dans la procédure. Enfite de sensibilisation en première année, présentation d'un film fait par des élèves de notre campus de messe qui est vraiment interpellant sur un une mise en scène des conséquences d'un d'un viol étudiant pour les élèves de 2e année. Voilà.

Et puis et puis évidemment donc on a alors autre effet positif, je disais sur le sexisme quotidien où on peut en parler et d'autre part ça libéré la parole. C'estàd que pour la première fois à partir de 2021, on a commencé à avoir des signalements qui remontaient et des dépôts de plainte. Euh donc ça ça a été un changement assez radical.

Donc ça nous a permis de nous confronter aux euh aux réalités des procédures juridiques euh et qui pose qui pose beaucoup de difficultés qui ne nous aident pas. Euh elle ne nous aide pas. Pourquoi ?

D'abord parce que la justice est très lente. Donc on ne peut pas attendre une décision une décision judiciaire pour agir. Donc comment ça se passe quand on a un signalement qui remonte ?

Euh bah rapidement on essaie de de de se faire une idée et je peux prendre et je prends en général des une mesure conservatoire d'éloignement. euh du de la personne mise en cause euh mesure d'éloignement, ça veut dire que la personne mise en cause ne pourra venir dans les locaux de l'école que pour suivre les cours et devra partir juste après. Ça veut dire qu'elle n'a plus accès aux infrastructures communes.

Elle a plus accès aux associations puisque les locaux associatifs sont dans l'école. Donc ça c'est mesure immédiate conservatoire 30 jours de 30 jours renouvelables. Ensuite on saisit la section disciplinaire.

Ensuite on fait une enquête administrative. C'est la procédure du ministère. Donc il faut procéder à une enquête administrative.

Donc, on désigne en général trois personnes euh du personnel de l'école et si possible d'une personne extérieure à l'école pour interroger toutes les parties prenantes euh et euh factuellement décrire dans un rapport euh tout ce qui s'est passé, enfin tout ce qui s'est passé et le et et et les contextes, ce qui n'est pas toujours facile sur les fin de soirée. Euh ensuite, on saisit la section disciplinaire. La section disciplinaire, elle est constituée d'élus et elle peut prononcer des sanctions qui vont de l'avertissement jusqu'à l'exclusion définitive.

Euh donc cette je dans la procédure cette section disciplinaire s'appuie sur l'enquête les résultats de l'enquête administrative qui a été faite. On a eu un cas en 2023 enfin fin 2023 début 2024 où un mis en cause effectivement enfin les les les présomptions étaient contre lui. Donc on avait pris des mesures conservatoires et la section disciplinaire a décidé de l'exclure 24 mois dont 6 avec surcis.

L'enjeu c'était d'éviter qu'il ne recroise la la plaignante. Euh donc cette décision a été prise par la section disciplinaire. Le mis en cause a a été au tribunal administratif et il a obtenu gain de cause, c'estàdire annulation de la mesure de de d'exclusion temporaire.

Quelle pour quelle raison ? Parce que le tribunal administratif a dit l'enquête administrative ne doit pas être utilisée par le la section disciplinaire. la section disciplinaire doit refaire un rapport d'instruction qui lui est propre.

Euh alors d'abord, ça rallonge considérablement la procédure. En plus, ça va contribuer à détourner les victimes de se signaler. Pourquoi ?

Parce que souvent, et ça, j'en ai vu qui me l'ont dit directement, des victimes ne veulent pas se signaler, ne veulent pas porter plainte parce que c'est trop pénible à vivre. Si on leur dit bah maintenant vous allez avoir l'enquête administrative, l'enquête judiciaire et en plus vous aurez un rapport d'instruction pour la section la section disciplinaire. Je pense que c'est un élément un signal très très négatif qui est envoyé.

Mais maintenant bah on est obligé de faire comme ça puisque on s'est fait casser notre décision au tribunal administratif. Euh donc voilà. Donc on n'est pas forcément aidé.

Alors oui pour l'anecdote aussi j'ai quand même eu on a eu un cas justement de de dépôt de plainte pour lequel une enquête a été menée. On a fait une enquête administrative. La procédure judiciaire s'est enclenchée.

J'ai été interrogé donc par la gendarmerie et à cette occasionlà, le gendarme en charge m'a dit "Oui, le juge, puisque le procureur avait transmis le dossier au juge parce que là aussi les présomptions étaient assez lourdes, le juge n'est pas du tout satisfait parce que le mis en cause a eu accès à des éléments du dossier et que du coup dans l'enquête pénale, bah il peut ajuster sa défense en fonction des éléments auquel il a eu accès et il a eu accès à ces éléments du dossier dans le cadre de l'enquête administrative." Et je lui dis bah oui mais dans le casre de l'enquête administrative, on est obligé quand même de dire au mis en cause pourquoi pourquoi il fait l'objet d'une enquête administrative. Et sinon sinon c'est CFC.

Si on ne peut rien dire et qu'on reçoit la personne et qu'on lui dit bah voilà, expliquez-vous sans lui dire de quoi elle est soupçonnée, ça pose un problème. Et donc là aussi on a un sujet bah qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on doit donner des éléments et faire une enquête administrative euh cafenne ou pas ?

Donc les procédures juridiques pour moi devraient enfin pourraient être améliorées pour pour répondre pour répondre correctement au sujet. Voilà donc c'était le troisème point sur la enfin le troisème grand axe c'était la la la qualité de l'accueil sur le sur le sur le campus et les sujets nos sujets de travail et de préoccupation actuelle. Merci beaucoup.

Bon alors pour être complète dans j'ai aussi un neveu central donc tout va bien. Vous êtes cuminique. Bon désolé voilà j'en ai pas chez vous et j'en ai pas non plus à l'UNS de Lyon mais je me tourne quand même vers notre dernière intervenante de la matinée qui est connectée en visioconférence Emmanuel Trisac président de l'ENS Lyon très engagé notamment dans la lutte contre les violences spécises et sexuelles.

Je vous laisse la parole monsieur Trisac. Madame la présidente, merci beaucoup mesdames et sénatrices également pour cette invitation sur ce sujet important et qui nous tient à cœur. J'aimerais présenter assez rapidement l'établissement, je pense que c'est utile pour la suite, puis poser le constat, commencer à étudier aussi les le pourquoi de ce constat, ensuite discuter pourquoi il est important d'agir et une bonne partie de ce que je vais dire a déjà été présenté par certains collègues. les moyens qui ont été mis en œuvre, les actions qu'on mène et puis faire un zoom à la fois sur la lutte contre les violences sexuelles sexistes et le varcellement ainsi que sur le sujet des quotas.

Alors, nous sommes une des quatre écoles normales supérieures. Vous avez parlé de celle de la rue d'hulme et de celle de Rennes. Il y en a une également à Paris Saclé et donc une à Lyon.

Donc ces quatre écoles sont à la fois des grandes écoles par le recrutement et euh rejoignent les universités sur les missions qui sont les leurs en terme de formation et de production des connaissances. Donc dans nos établissements, la recherche est au centre en lien étroit avec une formation de pointe et à Lyon, nous avons aussi 12 départements disciplinaires qui couvrent l'intégralité des des champs de la connaissance, euh une trentaine d'unités de recherche avec une valorisation très forte du doctorat qui constitue un déboucher très majoritaire pour nos élèves et étudiants étudiantes. Il y a essentiellement deux voies d'accès, je simplifier un petit peu, mais deux voies d'accès aux ES, le concours post classe préparatoire avec des élèves qui deviennent ensuite rémunérés en tant que fonctionnaire stagiaire et deuxièmement une voix étudiante qui est à la fois pour les élèves des classes préparatoires et pour les élèves les étudiants de l'université qui quant à eux ne sont pas rémunérés mais effectuent les mêmes études et préparent le même diplôme que celles et ceux qui sont issus de la voie. classe préparatoire.

Je crois qu'il est utile de dire également que les études sont longues. Donc outre les deux ou trois années qui précèdent l'entrée dans les écoles, le diplôme se prépare en 4 ans et non pas en 3 comme traditionnellement dans une école d'ingénieur. Suite à quoi, il y a en général 3 ans, parfois un petit peu plus pour le doctorat.

Ce qui fait qu'on s'engage dans un parcours après le bac de 9 à 10 11 ans euh via une école normale supérieure. Je vais peut-être aussi préciser qu'aujourd'hui on entend le mot science en en un sens un petit peu restreint, mais je ne dénie pas le les critères et les méthodes de scientificité à nos collègues des sciences humaines et des sciences sociales. Je je tiens à le dire pour le rassurer.

Et essentiellement aujourd'hui, je parlerai des domaines des mathématiques et de l'informatique qui sont l'objet chez nous d'une attention particulière puisque donc j'en viens au constat, on a un paradoxe assez assez radical. D'un côté, dans nos laboratoires, on a quelques plusieurs mathématiciennes et informaticiennes qui sont parmi les plus visibles au niveau national et international. Euh, on a par exemple deux des neuf académiciennes en matinfou, Alice Guillonet et Lorin Rémond.

Euh, on a également la première femme à qui on est proposé un poste de professeur Harvard, Sophie Morel, ce qui vous montre au passage qu'on arrive à être compétitif par rapport aux États-Unis, compris aux meilleurs établissements, mais dans le même temps, un véritable déficit féminin à l'entrée dans l'établissement. Je dois dire également que globalement notre école est paritaire. Il y a autant deux garçons que de filles parmi les étudiants étudiants.

Euh mais c'est parce que les langues, la littérature, les sciences humaines social compense un très fort déficit en en science en science exacte, en science formelle disons. Donc j'en viens au chiffres. Dans les classes préparatoires les plus sélectives parmi lesquelles nous recrutons, il y a à peu près 20 % de femmes dans les filières les filières matinfou.

Parmi ces 20 % 16 % se portent candidat globalement à nos concours et au lieu en particulier. Euh ça fait que Infine, il y a encore une perte en ligne puisque sur nos deux voies matin et sur les quatre années prises prises ensemble, on a un petit peu moins de 10 % d'étudiantes et l'an dernier pour la rentrée 2024, on est tombé en dessous de 5 % pour le flux rentrant. Alors, faire attention aux fluctuations sur les petits effectifs.

Une promotion en math informatique pour les deux voies CPGE voix étudiante. Ça représente autour de 60 personnes. Donc, les fluctuations peuvent être importantes, mais enfin, il y a une forte alerte.

Et euh, j'en viens donc à questionner les raisons qui peuvent expliquer ce ce déficit. Je crois que il y a à la fois des sujets de long terme extrêmement profond et puis des sujets un peu plus conjoncturels et que quand on aborde cette question, ça revient à questionner les liens croisés qui existent entre le genre, le savoir et le pouvoir également, le tout produisant des orientations inégalitaires. Alors, on a déjà pas mal parlé de de ces biais inconscients dont nous sommes absolument toutes et tous porteurs sur le genre de ces stéréotypes, de ces idées reçues qui nous façonnent, qui s'enracin au plus profond de notre socialisation, de la façon dont on a été éduqué, notre enfance.

C'est un ensemble de normes culturelles qui qui nous conduit à à nous comporter comme nous le faisons. Pour le dire très rapidement, les garçons sont valorisés dans des activités qui relèvent de la compétition, de la performance au sens le plus large, mais également le conceptuel et on pas très loin des mathématiques et et de l'informatique. Alors que de l'autre côté les filles vont l'être davantage sur la responsabilité d'autrui, l'attention l'attention à l'autre, le le sentiment, la sollicitude.

Donc évidemment, ça ça influence à la fois le regard que les que les femmes portent sur elles-mêmes, mais aussi le regard que nous en tant que société portons sur elle et les compétences que l'on veut bien leur prêter, par exemple la capacité à à mener une équipe. Donc ça ça conditionne assez crucialement la projection dans des études et un métier. Ensuite, ce qu'on peut dire, je crois, c'est que le phénomène s'auto-accentue particulièrement dans des établissements comme le nôtre où il y a peu de femmes dans ces disciplines, bien celles qui pourraient être tenté de nous rejoindre ne se sentent pas bienvenues, hésitent à poursuivre dans une voie trop masculine euh sur quoi se rajoute également un syndrome de l'imposteur qui qui en est qui en est nourri.

Il y a il y a également un point souligner, je crois, c'est euh que ce ce ce constat d'une activation de la performativité des stéréotypes sous sous stress. euh le fait que il y a un yatus entre d'un côté la compétence des filles et puis leur performance mesurée par un concours. Donc c'est un point assez important ça de l'expression des stéréotypes qui deviennent d'autant plus pesant qu'on est dans des situations euh contraintes.

D'ailleurs, ça pèse tout autant sur les les candidates au concours que dans d'autres circonstances sur les membres du jury qui ont des décisions difficiles à prendre irréversibles et je pense en particulier au comité de sélection pour les enseignants chercheurs enseignants de chercheuse. Donc c'est également un volet sur lequel on travaille et j'en dirai quelques mots tout à l'heure. Donc on peut résumer ça ici sous cette idée que il y a une inégalité d'accès à compétence égale qui qui pèse sur les femmes.

Il y a ensuite la question de la visibilité des modèles féminins avec un véritable effet d'éclipse. On a qualifié ça d'effet Matilda par le passé, c'est-à-dire la minimisation de la contribution de grandes scientifiques dans l'histoire. Il y a de nombreux exemples, je peux en citer un puisque je suis je suis physicien.

Euh c'est celui de Lis Maitner qui a travaillé qui a fait des travaux pionniers sur la fission nucléaire et le prix Nobel a été remis à son collaborateur Auto Ann. C'est un cas assez flagrant de de scientifiques injustement ignorés par le prix Nobel. Donc il y a vraiment ici on peut parler de de femmes éclipsées.

Il en résulte de fortes asymétries de représentation. On a parlé des rôles modèles, il y en a pas assez. Donc si elle dit à la fois ce phénomène d'éclipse, mais à l'histoire des disciplines elles-mêmes.

Ensuite euh les meilleures intentions peuvent être contre-productive. Euh il y a même vraisemblablement un effet repoussoir de la rhtorique de l'exceptionnalité. Euh on a beaucoup parlé de Marie Curry, effectivement une figure très inspirante pour pour laquelle on a très profond respect mais ce type de figures peuvent être intimidantes et à à trop les mettre en avant.

Je crois qu'il y a un effet contre-productif infiné. Et enfin, peut-être de façon plus conjoncturelle et ça a déjà été abordé mais je crois qu'on le voit dans notre établissement, il y a un effet de la réforme des programmes du lycée en 2020, la suppression des mathématiques dans le ton commun, le fait qu'on ait anticipé le moment du choix et là aussi ça surexprime les stéréotypes et et les biais inconscients. Ce ce qui me semble intéressant également à mentionner, c'est que c'est que ces biais se se mesurent.

Ça se mesure par ce qu'on appelle en particulier des des tests d'association implicite. On en trouve en ligne qui sont très bien fait. Je voudrais peut-être faire un peu publicité pour ça parce que je crois que c'est très instructif et notamment l'université de Harvard met à disposition en particulier en français.

Donc c'est c'est une façon de quantifier euh la force d'ancrage des stéréotypes. Peut-être pour conclure sur cette sur ce premier point sur le constat et les raisons sous-jacentes, je voudrais reprendre quelques mots de Clémence Peron. une formule qu'elle emploie souvent et que je trouve frappante et et pertinente.

Clément Stronet est une sociologue des sciences et des inégalités sociales et elle a coutume de dire que les femmes ne s'autocensurent pas euh mais les femmes sont censurées. Donc j'ai précisé quelques uns des mécanismes par lesquels c'est cette censure s'opère et il est en conséquence tant de changer de représentation, mettre en place des politiques volontaristes incitatives, mais c'est difficile parce qu'on est en train de parler de notre façon même de concevoir les les rapports sociaux. Alors, les raisons pour lesquelles il faut agir, elles ont déjà été évoquées.

Je je vais pas revenir beaucoup dessus. C'est évidemment une question d'équité. Euh très rapidement dans le prolongement de ces carrières autour des mathématiques, de l'informatique, autour des sciences, autour de l'ingénierie, également se joue la question de la rémunération au plus jeune âge avec des écarts qui deviennent massifs d'entrée de jeu dans la carrière.

Donc c'est une une question importante qui interroge le développement de la société. C'est aussi à petite échelle la question des inégalités hommes-femmes qui se jouent euh ici. Deuxième raison également, c'est une question d'efficacité, de dynamisme.

C'est complètement absurde de se priver de la moitié des cerveaux. Le talent n'a pas de genre. On a besoin de tous les cerveaux pour affronter les défis qui sont les nôtres.

Les défis du climat, les défis du quantique, les défis de l'intelligence artificielle. Et par ailleurs, il faut également insister sur le fait que la présence des femmes fait travailler différemment, elle fait travailler mieux. Euh elle évite des billets dans les organisations, dans les procédures, dans les protocoles expérimentaux que l'on peut mettre en œuvre.

On peut parler par exemple, c'est assez frappant, je trouve, des tests qui ont longtemps été fait pour les airbag avec des mannequins de 80 kg et d' 1,80. Donc c'est pas tellement pertinent pour la moitié de l'humanité. voire même c'est dangereux de extrapoler les conclusions.

Euh parler aussi de tests sur les médicaments antiviraux qui pendant très longtemps ont été fait avec des corques majoritairement masculines. Et pour terminer, l'absence des femmes euh conduit à nourrir un cercle vicieux, j'en ai dit quelques mots tout à l'heure, et étant aussi à naturaliser cette absence, à l'essentialiser finalement, à la rendre à la rendre normale. Il faut vraiment sortir sortir de ce schéma.

Comment on peut agir à partir de là ? Alors pour ce qui nous concerne, il y a il y a différentes mesures mais il y a une mesure farte pour la rentrée. C'est ce qu'on appelait les bourses Cécile de Morette.

Donc madame Z Morette était une des plus grandes mathématiciennes du du 20e siècle. Et donc par ces bourses là qu'on destine à toutes les femmes en matinfo que l'on va admettre pour préparer notre notre diplôme. Donc toutes les femmes sans exception. sur des critères académiques qui ne changent pas et la pertinence du projet individuel, on va donner euh une bourse de 12000 € par an, donc sur les 4 années de la formation, c'est-à-dire des bourses de 48000 €.

Donc c'est un soutien important qui ressemble au soutien que que les autres ont mis en œuvre pour au même aux mêmes fins et on souhaite envoyer un signal très fort à toute une génération de lycéenn d'étudiantes. Mais ça ne s'arrête pas là. Ce dispositif s'crit s'inscrit dans un programme d'ensemble qui vise à lutter contre les obstacles à l'équité, que ce soit au moment de l'entrée à l'ENS ou dans la suite du parcours avec en particulier des études qui passent par le doctorat qui est un moment un moment charnière qui ensuite envisage la phase du recrutement puis le déroulé de carrière au sein du monde académique.

Mais nous souhaitons également ne pas nous en tenir là et et travailler dès la mont jeune âge dès l'école primaire puis la suite collège lycée en particulier avec notre maison des mathématiques et de l'informatique qui est un organe qui est ouvert au grand public qui répond nombreux d'ailleurs et qui donne à découvrir les mathématiques et l'informatique de façon rigoureuse et ludique. un travail vraiment formidable euh en en insistant sur la dimension des des mathématiques et de l'informatique au féminin autour d'ateliers, d'exposition, de rencontrre avec des techniciennes, avec des chercheuses, avec des ingénieurs, avec toute une série de de conférences. Toujours sur l'amont, je peux citer une initiative qui est nationale à laquelle on est associé qui s'appelle Girls Code et qui est centré sur l'informatique comme on peut s'en douter avec des stages gratuits pour l'initiation à l'informatique donc à destination des collégiennes et des lycéennes.

Donc là on est en situation de non mixité. Je reviendrai là-dessus là-dessus tout à l'heure. Je veux également souligner le travail très très important et le partenariat nourri que nous avons avec l'association femmes et sciences.

Je crois que vous avez commencé à auditionner et que vous allez de nouveau entendre sous peu qui se déploie à plusieurs niveaux et en particulier via une journée qui rencontre un vrai succès qui s'appelle Science, un métier de de femme et qui rassemble 500 lycéennes dans notre grand amphithéâtre. L'idée est à la fois de montrer que tous les métiers scientifiques sont mixtes, donnés à voir les sciences au féminin. Multitude de d'exemple à à promouvoir, mais aussi donner des clés pour décrypter les stéréotypes et les biais sexistes parce que souvent les lycéennes en sont en sont démunis et c'est c'est un c'est le regard sur elle-même qui peut qui peut changer.

Donc il s'agit de faire réfléchir sur les idées reçues, de combattre les idées par les idées pour les dépasser. On a également une exposition photo qui s'appelle la science taille XXL mais L e2es qui est éinérante depuis 2019 toujours avec l'association Fam Science avec qui également dès cette rentrée nous mettons en œuvre un nouveau dispositif qui n'existe pas pour le moment à Lyon de mentorat pour les doctorantes. Il s'agit de les accompagner, un accompagnement individuel pour les aider dans leur projet professionnel, leur projet de carrière avec à la fois des périodes de confiance et d'expérience qui ne sont pas nécessairement des femmes mais plutôt majoritairement des femmes néanmoins.

Donc des partages d'expérience, des conseils pour des formations dans le but de mieux s'intégrer dans le milieu de la de la recherche et de faire sauter quelques idées préconçues et de booster le la confiance en soi et les motivations des doctorants. Alors cette vue d'ensemble pour tout l'établissement, elle est elle est travaillée avec une chargée de mission égalité qui nous aide à réfléchir, à proposer des actions, à faire de la prospective pour la transmission d'une culture de l'égalité au sein de le liyon aidé enant cela par deux référents égalités qui sont qui sont très impliqués, qui font un travail remarquable. En particulier, on a travaillé très récemment un plan d'action professionnel pour l'égalité homme-femme qui est un document en axié libre sur le web avec à la fois des actions de sensibilisation.

Euh un travail sur une nouvelle procédure de recrutement des enseignants chercheurs avec cette impératif de bien sensibiliser les comités de sélection pour prévenir les biais de genre et les conditions dans lesquelles il taent. J'en ai touché un mot tout à l'heure hein. Le leur expression est d'autant plus forte qu'il y a une tension dans le jury à la fin d'une longue journée avec beaucoup de personnes auditionné et une décision difficile à prendre, candidat difficile à départager.

Donc c'est là que les que les stéréotypes sont surexprimés quand quand la fatigue s'installe. Donc il faut en avoir conscience. Savoir qu'il faut faire faut ralentir à certains moments parce que c'est là que les que les automatismes reviennent.

Euh on met en place aussi un travail sur les carrières pour favoriser les promotions, un travail sur les rémunérations avec le le prisme de du calcul genré systématiquement, ce qui conduit à revoir nos dispositifs. Et très récemment sous l'optique de la santé au travail, on instauré un congé menstruel pour les étudiantes avec cette idée de lutter contre la précarité menstruelle. C'est un enjeu de dignité, un enjeu d'égalité des chances aussi.

Et euh je crois qu'on peut dire que si ce problème affectait les hommes, il y a bien longtemps qu'il aurait été réglé et qu'on en parlerait plus. Enfin, il y a des enjeux concernant la conciliation de la vie privée, de la vie professionnelle, la parentalité et notamment le le retour de congé de maternité pour lequel on accompagne nos enseignants de chercheuses de façon systématique par des congés de recherche pour pouvoir se remettre le pied à l'étrier sur la recherche de façon satisfaisante dans ce dispositif. Bien entendu, la lutte contre les violences sexuelles sexistes et le harcèlement est centrale.

Il faut protéger les femmes du sexisme. Il s'agit pas de les accueillir, il faut ensuite les protéger et assurer des conditions satisfaisantes de vie, de qualité de vie au travail. Donc tolérance zéro évidemment pour cette question des violences sexuelles et sexistes.

Je vais dire quelques mots sur le dispositif qu'on qu'on a mis en place euh qui est à la fois en français et en anglais aussi bien pour les victimes que pour les témoins. Il implique des acteurs distincts et indépendants et je crois que c'est assez important. Donc il permet d'une part d'être reçu de façon confidentielle.

Donc on offre un espace d'échange en toute bienveillance et là la gouvernance n'est pas impliquée sans a priori donc avec cette mission égalité dont j'ai touché quelques mots notre chargé de mission et et les référents égalité. Euh cet entretien permet ensuite d'être orienté éventuellement vers des professionnels, vers des psychologues, vers la médecine, vers des directions de services, département ou de laboratoire. Ça permet de garder trac également et d'engager les étapes suivantes.

Lorsque la personne est prête, il est vraiment crucial de bien respecter le le tempo, le le rythme et le consentement le consentement de la personne signalante hors cas bien entendu d'urgence, de danger, de risque écarche et lorsque la personne est prête, si elle le souhaite, son signalement est présenté à une cellule qu'on app la cellule action. une cellule de sep personnes, donc avec les trois dont j'ai déjà parlé, une référente violence sexuelle et sexiste qui est issue de notre formation spécialisée, une personne de service juridique et deux élus étudiantes étudiants. Cette cellule étudie l'ensemble des mesures possibles au regard des attentes et des besoins qui ont été évoqués lors du recueil de la parole pour émettre ensuite des précomisations qui sont nécessairement différenciées suivant le statut.

Est-ce qu'on est en train de parler de d'une étudiante, d'un étudiant, d'un personnel, d'un enseignant chercheur, une enseignante chercheuse et cetera. Et ensuite, le travail est présenté à la présidence qui doit mettre en œuvre les mesures de protection et de traitement des faits. Alors, elles ont certaines ont déjà été évoquées, elles sont diverses.

He, il y a à la fois des mesures conservatoires, interdiction de de campus par exemple, éloignement, des enquêtes administratives, des sanctions, donc activation du disciplinaire et bien entendu des signalements au procureur de la République, ce constituie civile et cetera. Et tout ça aussi pour nous nourrir la réflexion sur la prévention. Onagit pas uniquement en bout de chaîne, on essaie de boucler avec le plan d'action pour l'égalité.

Et là ici le le mot clé c'est vraiment la confiance. Il faut libérer la parole. Il faut arriver à à tisser cette confiance dès la phase d'écoute.

Et je crois que la présence d'élus dans cette cellule rassure les personnes qui hésiteraient peut-être à nous solliciter. Ces réticences ont déjà été évoquées avant moi. parce que en particulier cette cellule action peut témoigner du fait que oui, il se passe plein de choses entre le moment où un signalement est fait et où les mesures sont mises en et que deuxièmement, c'est également normal si on en entend assez peu parler lorsqu'on n pas été soi-même concerné, il y a une dimension individuelle, une dimension de confidentialité à pouvoir respecter.

Donc je crois que c'est comme ça que on a pu libérer la parole. il y a de bonnes remontées et on considère que il y a des résultats positifs mais bien entendu ça reste un effort constant. Il n jamais rien qui a gagné sur sur ce front-là.

Je termine rapidement sur la question des quotas. Peut-être en rappelant que pendant plus d'un siècle la situation dans les écoles supérieures a été de fait une situation de quota. Il y avait des ENS distinctes pour les filles et pour les garçons.

Il y avait d'un côté l'ENS de Sèvre et la Redule, mais il y avait l'ENS de Fonté Saint-Cloup pour les garçons et Fontéose pour les filles. Ces deux écoles étant l'ancêtre de l'ENS de Lyon. Alors, on en est euh on en est revenu dans les années 80 puisque il y avait d'une part et ça a été mentionné par monsieur Souberan, il y avait ce risque du stigmat. pas développer ça.

Je crois qu'il il a bien résumé des critiques que l'on peut formuler et aussi ce risque de naturalisation, d'essentialisation. Donc assez clairement, la non mixité ne garantit pas l'égalité. Le problème c'est que la mixité non plus euh qui peut par ailleurs conduire à l'expression de stéréotype euh par exemple lorsque les garçons et les filles ne sont pas traités de la même façon dans les classes.

Donc il y a peut-être des espaces hybrides auxquels il faut réfléchir, des espaces de non mixité temporaire. Euh j'ai parlé de de stages ponctuels qui se font en en mixité proposés à des à des lycéennes. Ça peut être un outil pertinent et efficace.

Ça permet de créer un climat de classe pour que les filles se sentent plus à l'aise, plus libres, soutenu qu'elle soit à la fois valorisée, qu'elle ne soit plus minoritaire et euh ça offre des espaces qui protègent pour un certain temps. Ça crée certaines formes de sérénité, les bonnes conditions, mais voilà, la mixité complète la ou la non mixité complète ne me semble pas ne me semble pas souhaitable. Le quoi qu'on fasse, le risque est de nourrir les croyances sur une différence naturelle entre les genres, une différence sur les appétences, sur les compétences et ça ne protège pas par ailleurs d'autres rapports qui relèvent de la domination comme la question du milieu social.

Donc on en parle pas aujourd'hui mais je crois qu'il faut pas l'oublier. C'est c'est aussi une dimension importante des des rapports qui peuvent structurer les groupes y compris les groupes en ambicité. Donc dans tous les cas de figure, le seul moyen de faire progresser l'égalité entre les sexes est de renoncer à toute idée de nature.

Je crois que je vais je vais en rester là et vous remercier pour pour votre suite nature. Merci. Merci beaucoup.

Sans plus tarder, moi je vais passer la parole à Marie Hashliman et ensuite à Marie-Pierre Meier parce que je sais qu'elles doivent nous quitter rapidement et bien sûr Joseline Antoine et je et je conclurai bah et moi aussi. J'ai un petit train mais on peu de temps. Bon, allez, merci la présidente.

Effectivement, je dois intervenir en séance dans 8 minutes. Donc voilà, mais merci de me donner la priorité. Merci pour tous les exposés, les présentations que vous avez faites.

Moi, je note tous les meilleurs efforts que vous déployez avec des résultats et avec un vrai plan. Donc, c'est encourageant pour nous. Euh j'observe euh je me suis un peu renseignée et et j'ai relevé euh dans certains euh états aux régions du monde, notamment dans le Maghreb, euh en Asie, en Amérique latine, euh certains résultats qui nous font pas lire d'envie.

Euh je pense au Bénin pour lequel 55 % des femmes des femmes sont des ingénieurs sont des femmes, mais aussi l'Algérie, la Tunisie, la Malaisie, le Sultanadomane notamment, le Pérou et même Cuba qui ont des résultats qui dépassent les 40 %. Ça veut dire qu'on a encore des marges de progression parce que ce que ces pays arrivent à faire, nous pouvons sans doute les faire parce que nous en avons les capacités. Euh il y a sûrement des facteurs culturels et des facteurs liés aux représentations qui sont différentes.

Mais je pense aussi à la notion de enfin le rôle des familles dans l'orientation peut-être parce que dans ces pays-là ou en tout cas dans certains de ces pays euh accéder à une à la profession d'ingénieur, avoir un diplôme d'ingénieur pour une femme, c'est pour la famille un gage d'indépendance économique et de réussite euh économique, financière et d'autonomie. Euh peut-être qu'il y a sans doute peut-être plus d'importance pour dans ces pays que dans nos euh dans nos civilisations occidentales. Donc euh à prendre en compte.

Euh je voulais aussi souligner, j'ai été pendant quelques années vice-présidente à la région Île-de-France à la formation et l'emploi et donc j'ai pu mesurer puisque nous avons fait beaucoup d'efforts pour soutenir financièrement des écoles d'ingénieur dans le numérique, dans le bâtiment, les travaux publics notamment et puis dans toutes dans toutes les dans tous ces secteurs qui sont qui forment des ingénieurs. J'ai pu mesurer la différence entre la proportion de femmes qui accèdent aux formations qui sont diplômées effectivement et ensuite l'entrée dans l'emploi où il y a toujours un décalage et la présidente a signalé le fait que avoir un diplôme c'était bien puis parfois on voulait pas en faire sa profession parce que les représentations avaient quand même la vie dure. Je voulais savoir alors moi j'ai bien noté le l'initiative de Centrale Supélec sur les summer camp qui peuvent être intéressantes pour pouvoir faire connaître et mieux valoriser les métiers et et la féminisation des métiers, l'intérêt des métiers et des carrières d'ingénieur le plus tôt possible.

Je voulais savoir si euh vous pouvez si vous avez un avis sur l'idée d'organiser davantage de de journées de découverte des métiers comme ça existe, les métiers de l'industrie, les métiers des bâtiments et travaux publics et comment vous pourriez avoir un une plus forte impact, un plus fort rôle pour faciliter la meilleure connaissance de ces métiers par nos jeunes notamment d' collège et à forcerie le collège et le lycée. Peut-être je peut-être peut-être répondre rapidement mais sur sur un sur un biais peut-être aussi. Ouais.

Non, excusez-moi. Non, j'aurais bien proposer à Marie-Pierre Meier de poser aussi. Vous répondrez euh et et à Joseline, vous répondrez collectivement sur les l'ensemble des questions peut-être parce qu'elles s'en D'accord.

Donc Marie Pierre, merci. Alors, je vous prie de m'excuser. Moi, je vois au conseil d'évaluation de l'école et justement dans l'ordre du jour, il y a fille écart de mathématiques entre les filles et les garçons.

Donc ça me permettra de continuer sur le sujet. Moi, je vais revenir parce que nous avons eu une audition, madame la présidente en a parlé un mardi dernier euh de l'ancien ministre de l'éducation nationale Jean-Michel Blanquer qui nous a indiqué, ça a été un peu voilà le sujet de qui nous a indiqué qu'il n'y a jamais eu autant d'étudiants en France dans les prépas scientifiques et que 40000 filles en plus faisaient des études scientifiques par rapport à 2018. D'autrement dit, il a été très clair sur le fait que sa réforme du bac n'a pas eu d'impact.

Alors, il y a un d'entre vous qui a commencé à parler. Moi, je voudrais que vous reveniez là-dessus parce que c'est quand même un sujet pour nous et on a eu beaucoup d'alertes. Donc, j'aimerais, je crois que vous un l'a évoqué mais peut-être pas tous, est-ce que vous observez à votre échelle une progression, une régression au cours des dernières années suite à cette réforme dans les filles, nombre de filles qui sont inscrites dans vos écoles ?

Ensuite euh j'ai bien compris que pour l'ensemble des des formations que vous proposez, c'est surtout au recrutement après des classes préparatoires. Vous avez peut-être parlé aussi un peu d'université. Moi, je m'interrogeais sur les chemins alternatifs qui peuvent exister à l'issue d'un BTS ou d'un DUT.

Euh est-ce que on constate une meilleure représentation des filles si elles existent via ces autres voies d'accès ? Et puis l'étude menée par une association dont l'un d'entre vous a parlé aussi. Ellebouge carrière en science c'était l'orientation est-elle toujours genré en 2024 ?

Cette étude pointe la proportion de femmes ayant décidé de s'orienter vers un métier d'ingénieur ou de technicienne entre 19 et 24 ans. Donc c'était assez significatif parce que je crois que ça représentait 23 %. Je l'ai plus là.

Oui, c'est ça. Donc, est-ce que vous avez une attention particulière dans vos processus de recrutement au niveau de ces étudiantes qui font leur choix très tardivement après en fait le début de leur étude supérieure ? Les quotas, juste une ligne, vous avez on a bien compris, c'était d'ailleurs fort intéressant de voir les travers que vous y trouviez.

Moi je me je l'ai toujours défendu comme dit l'heure d' cause parce qu'en politique ça nous a permis les femmes d'être présentes. Et juste une petite réflexion, je me disais que si on force un peu les choses, ça montre aussi aux filles qu'elles peuvent y arriver et que peut-être que ça ça permettra à d'autres le faire. La lutte contre la violence sexiste, j'avais avant que vous en parlez la notion d'une référence égalité femme, homme ou fille garçon et qui soit dans chaque école. vous avez dit que ça avait été pas forcément une bonne chose parce que elle avait pas eu je crois beaucoup de rencontres mais n'empêche.

Est-ce que c'est pas une piste à creuser ? Et est-ce que bien sûr dans les règlements intérieurs de vos écoles c'est des choses qui sont très claires sur le comportement que les élèves doivent avoir et enfin la ruralité parce que j'ai entendu que vous essayez beaucoup de communiquer sur l'existence de vos écoles et vous avez raison mais souvent dans est-ce que c'est vraiment une information que vous amenez dans des villes dans des secteurs très très urbains et est-ce que justement vous avez des actions envers des établissements qui sont beaucoup plus ruraux ou le parce qu'on sait qu'en ruralité c'est le aller vert qu'il faut développer parce que il y a un manque vraiment d'information qui nuit beaucoup à l'égalité des chances et par rapport monsieur de l'estaka le nombre de places au concours à venir et vous avez parlé d'un concours spécifique réservé aux femmes. Est-ce que peut me dire Ah oui voilà le nombre qu'il y a.

Merci. Et alors du coup, moi je vais plutôt donner la parole tout de suite à monsieur Souberon qui doit partir parce que il y a pas que nos sénatrices qui ont des contraintes horaires et monsieur Cuni aussi. Alors ben rapidement ouais voilà parce que sinon finir à une piste.

Donc tout d'abord merci beaucoup pour vos interventions et vos exposés qui étaient très riches donc qui suscitent pas beaucoup de questions. en complément euh concernant la ruralité euh parce que monsieur monsieur Souberan vous avait parlé euh que vous avez parlé de l'UNS MES euh il me semble et que il y avait du euh enfin dans l'université de Laoren, il y a un fort un fort programme d'aller vers justement sur les territoires ultrar. Moi, j'ai été fortement interpellé par la Cour des comptes, hein, qui dans son rapport a fait un focus sur les jeunes de la ruralité qui nous démontre que dans la ruralité, non seulement nos jeunes, alors nos filles bien sûr, mais nos filles et nos garçons font beaucoup moins d'études supérieures que les jeunes urbains.

Et il s'avère également que quand ils font ce type d'étude supérieure, ils ont des résultats qui sont meilleurs que les jeunes urbains. C'est ça le paradoxe. Donc monsieur l'amiral disait, "On ne peut pas se passer du talent de la moitié d'une classe d'âge.

Les jeunes ruraux représentent 33 % de la population française. Est-ce qu'on peut se passer de 33 % d'une classe d'âge ? Voilà.

Et effectivement, il faut qu'on trouve alors c'est plutôt une piste euh mais des moyens de toutes les belles opérations que vous nous présentez qu'ell puisse arriver jusque chez nous et euh entre autres avec des formats numériques parce que les territoires ruraux sont quand même bien fibrés hein, il y a eu un vrai un vrai effort et que on a des moyens de connexion peut-être des moyens différents pour aller vers parce qu'on a besoin que nos jeunes on leur ouvre ces portes là également et puis nos entreprises Ils en ont besoin. Oui, merci madame la présidente. Effectivement, il va falloir que je me sauve.

Je suis désolé, je m'en excuse. Euh journée d'accueil, journée d'accueil pour les pour les élèves. Oui, bien sûr.

On le fait nous à notre échelle avec des expositions. On a fait une exposition pour le centenaire desfel en 2023. On a fait une exposition un monde de math en 2000 fin 2024 pour donner du sens aux maths parce que une des raisons pour lesquelles les les lycéennes nous disent que les filières de math ça les intéresse pas, c'est qu'elle voit pas le sens qu'il y a dans les maths alors qu'il y en a énormément et là je pense qu'il y a on entre dans un sujet qui sera une révision des programmes et de la façon dont les maths sont enseignés mais qui nous emmène assez loin.

Ça ça a beaucoup de succès. On a eu 3500 visiteurs, je crois de de de pour pour l'exposition à monde de math. La limite, c'est ce que vous venez de dire madame la sénatrice, c'est qu'on ne touche pas la ruralité.

On touche les collèges et les lycées qui sont dans un rayon de 40 km autour de autour de centrale supélec. Alors ça, j'allais venir parce qu'effectivement, il y a pire encore que la ruralité en terme d'accès aux études supérieures, c'est l'outremè qui est un vrai sujet. Il y a il y a encore moins d'étudiants de l'outreem, enfin ils sont encore plus pénalisés par la distance que les étudiants ruraux et c'est à la France encore ultra périphérique pour pourraiton dire mais c'est un sujet enfin revenir mais vous avez raison dans la ruralité je peux peut-être parce que moi je je parce qu'près faut vraiment que je me sauis désolé hein euh après sur les quotas je voulais juste rajouter un élément contrairement à la politique c'est que nous la crainte qu'on a à faire des quotas de femmes, c'est que du coup comme nos étudiantes nous disent mais s'il y avait eu des quotas je ne serais pas venu chez vous c'est qu'en fait on en récupère peut-être en dessous de la barre d'admission actuelle mais que du coup celles qui sont dans la barre d'admission actuelle, elles préféreront aller ailleurs.

Et quand je dis ailleurs, vous me direz bah dans ce cas-là, il faut mettre dans toutes les écoles. Bon déjà faudra un peu compliqué mais vous avez aussi une alternative et nous pour nous c'est un sujet croissant de préoccupation et c'est aussi pour ça qu'on fait des bachelors internationaux, c'est qu'on a un nombre croissant de très bons élèves et de très bonnes élèves qui dès le postback partent étudier à l'étranger, à le PFL, à Impérial College ou à ou à McGeill. McGill, on a fait un bachelor avec eux d'ailleurs, c'était pas tout à fait par par hasard.

Donc donc on a ce risque-là aussi, on n'est pas dans un monde fermé. Euh c'est difficile de de contraindre. Là je rebondissais rebondissais sur ce qui étaient les quotas.

Euh choix tardif ? Oui, bien sûr. Et c'est pour ça que je pense que la réforme qui a été faite du bac, qui oblige en fait les filles dès la fin de la seconde à choisir si elles font des maths ou si elles font pas de maths, elle allait dans le mauvais sens parce qu'effectivement, elle oblige à anticiper de 2 ans par rapport à avant parce que on sait que si on prend pas la spécialité math, c'est mort pour faire une prépa scientifique.

Bon euh donc les choix effectivement ont tendance à être plus tardif et c'est logique. Un jeune à 18 ans, il a pas on a beaucoup d'élèves qui arrivent chez nous, ils ont 20 ans, ils savent pas ce qu'il ce qu'ils ont envie de faire. Ils étaient bons en math, on leur a dit fait une prépa.

En prépa, ils ont bien marché, ils sont rentrés à centrale supélec. Donc on sait que plus on demande, plus on anticipe les choix, plus pour le coup les stéréotypes vont s'appliquer. Et je pense que demander donc des choix, enfin faire conduire à des choix qui dès la le début de la première vont empêcher d'aller en prépa ne va pas dans le bon sens.

Après, je pense qu'effectivement, il y a eu l'effet de la réforme blancaire sur le moment, il a eu un impact négatif. Maintenant, j'ai l'impression que c'était digéré par le corps social que les gens s'en sont rendus compte. l'idée de dire vous pouvez choisir n'importe quelle spécialité parce que c'est quand même ça le message qui a été beaucoup véhiculé.

Vous pouvez choisir n'importe quelle spécialité pour le bac et après vous aurez tout le tout le tout l'éventail des possibles. Euh il a je dirais abusé euh un certain nombre de gens mais maintenant les gens ont compris et ceux qui se disent tiens j'aurais je pourrais avoir envie de faire une prépa je pense qu'il ils prennent maintenant ils savent qu'il faut qu'il prennent la spécialité math et des spécialités scientifiques parce que sinon ils seront ils seront hor jeux par la par la force des choses. Euh voilà.

Qu'est-ce qu'il y avait d'autre ? Oui. Recrutement CPG.

Alors, on a eu en CPGE scientifique une érosion ces dernières années euh et on a eu la bonne nouvelle effectivement d'une aversion. On a eu + 5 % à la rentrée 2024. Euh donc, on a rattrapé le le retard qu'on avait pris.

Euh, alors est-ce qu'on a plus d'élèves qu'on a un nombre d'élèves de record en étude scientifique ? Je pense pas que ça soit vrai pour les CPGE, mais c'est peut-être vrai si on agglomère avec les recrutements de licence universitaire. Là, j'ai pas les chiffres consolidés là.

Moi, je ne peux parler que pour que pour les CPG scientifiques. Ce qu'il y a de certain, c'est que le en prépa commercial, la filière ECG a eu une baisse très forte de - 15 % qui a été en partie compensée maintenant il y a 2 ans, je crois, mais je suis moins spécialiste sur les prépas commerciales qui a été attribué à tort ou à raison, mais en tout cas en lien avec la réforme la réforme du du bac. Dernier point sur les BTS et DUT, euh on a ouvert des filières, une filière par apprentissage à partir de 2018 à Centrale Supélec. euh donc plus technologique en filière BTS et DUT euh qui nous a qui est très positif sur le plan ouverture sociale, qui est très négatif sur le plan féminisation.

Euh et ça c'est un sujet qu'on a régulièrement, je parlais des disciplines littéraires au concours euh si on les augmente, on avantage, on tend avantager les filles, on tend à pénaliser les les boursiers. Euh et sur les filières technologiques, c'est pareil. en filières techno.

Je crois que dans nos prépas donc c'est filières par alternance, filière par apprentissage issu de BTS et puis DUTS, on est à 8 je crois de mémoire 8 % de filles. Donc et et souvent on a ce problème là queon a un antagonisme en fait entre des mesures qui seraient favorables aux femmes et des mesures qui seraient favorables au boursiers. Merci madame.

J'ai pris de m'excuser. Non mais très bien. Merci beaucoup.

Je voulais rebondir sur la ruralité puisque 3e ingénieur, on est historiquement basé à Limoge. Donc on est très proche de très grande territoire de la ruralité. On est aussi installé à Rodè donc depuis 2002 et après Nant depuis 2023 donc là c'est moins prnant mais sur la ruralité bah les moyens que nous avons hein puisque on est basé à Limoge bah c'est d'aller rencontrer les classes de lycée qui sont proches de Limoche finalement de se déplacer d'aller les rencontrer et ce que l'on disait tout à l'heure le la partie orientation des des enseignants qui est un peu mal je dirais orchestré, c'est on a un billet qui est important.

Je pense par exemple à des petites villes qui sont proches de chez nous, des lycées qui déploient des BTS et les enseignants vont d'abord en premier lieu orienter ces jeunes vers leur propre BTS. Donc moi je suis euh comme le NS je fais bon des maté enfin surtout de l'informatique paron est spécialisé en informatique donc effectivement on a 18 % de femmes et quand on on se rend compte qu'il y a quand même beaucoup de jeunes de la ruralité je suis d'accord avec vous qui ont de très grandes compétences qui ont de très grandes capacités à réussir quand on les accueille ça se passe très bien il y a pas de souci mais il y a cette orientation après bac je suis désolée de le dire mais moi je le rencontre beaucoup et j'ai quand même sur l'imoge et sur Redz des territoires assez isolés. Ces lycées, ils ont développé des BTS parce que finalement les BTS sont déployés dans les lycées, hein, pour la et donc finalement gardent leurs élèves pour remplir leur filière BTS avec des élèves qui ont des capacités à faire autre chose qu'un BTS.

Je ne veux absolument pas dénigrer le BTS mais il y a quand même plusieurs formations. Je parle donc de l'informatique et on peut faire un effectivement une licence, on peut faire un DUT, on peut faire une classe prépa intégrée, une CPGE et là en fait ils sont empêchés entre guillemets et ça c'est vraiment dommage. Alors après ça permet de rebondir sur les DU BTS sur les DUT.

Donc après, on les récupère effectivement une fois qu'ils ont euh validé leur bac + 2. Donc nous, on fait de l'alternance depuis euh 1998 à 3 donc euh et euh Redes travaille uniquement en alternance. Donc ce ne sont que des alternants.

Et il est vrai qu'alors on me pose souvent la question quelle est l'idée d'avoir été s'installer à Rodèz ? Comment fonctionne Rodèz ? Rodes fonctionne parce qu'effectivement des entreprises sont installées, j'en citerai deux qui sont BOS Soprasteria qui sont installés à Rodè en face l'école et qui recrutent les élèves de l'école.

Ce sont des alternants donc il les recrutent dès le dès le bac+ 3. Ce sont que des jeunes de la de l'Avyon qui veulent rester en AON, hein. Donc on est plutôt là beaucoup sur effectivement la ruralité si on regarde.

Moi, je suis d'accord avec ce que disait monsieur Souveran, c'est un ascenseur social énorme. Il y a effectivement une classe sociale représentée qui n'est pas très favorisée, on peut dire. C'est des jeunes qui n'auraient pas fait d'études.

Après, est-ce qu'il y a plus de jeunes femmes, il y en a. Mais parce que en fait finalement en BTS, on les retrouve un peu plus. Sauf que le BTS cette année, on a besoin d'une année un peu supplémentaire pour amener au niveau de prérequis attendu.

Euh donc soit on le fait pendant la deuxème année de BTS, soit on le fait en première année d'inget à l'école. Donc et c'est dommage madame Hashlimat, je voulais lui dire le Bénin. Oui, je suis d'accord.

On a beaucoup de partenariats avec le l'Afrique et qu'est-ce qui fait monter le nombre de de femmes ingénieures à 3 ingénieurs, c'est les l'international parce que à l'international effectivement entre jusqu'en terminal en tout cas parce que on a aussi un recrutement postbac, c'est une représentativité des femmes qui est très conséquente en science parce que pour eux effectivement madame je crois que c'est madame laiman qui disait donc être scientifique, être ingénieur Ça permet à la famille effectivement de de d'avoir ce modèle qui permet à la famille bah de récupérer de l'argent. Il faut le dire comme ça puisque souvent ces ces ces jeunes partent à l'international, renvoient de l'argent et on sait qu'ensuite bah c'est un peu un prestige aussi d'être ingénieur. C'est pourquoi d'ailleurs ingénieur français ce c'est un peu franco-français mais c'est vrai que c'est très reconnu en Afrique hein.

Et c'est vrai que c'est en Afrique centrale, on a beaucoup de jeunes et de jeunes femmes surtout de jeunes femmes qui s'intègrent dans nos écoles qui réussissent parfaitement bien. Effectivement et c'est vrai que quand on voit un nombre de jeunes femmes conséquents dans une école, ben on a tendance à y aller. Nous on a 18 % comme à l'ENS quand on voit que il y a peu de femmes, on se dit finalement j'ai peut-être pas ma place malheureusement.

Donc là, on fait beaucoup d'efforts, mais quels que soient les efforts, on a vu toutes nos écoles, on fait beaucoup d'efforts, la CDFI he fait beaucoup d'efforts. Elle nous pousse à faire avec elle bouge, femme ingénieuse du mentorat, du storytelling, de l'accompagnement. On a des bourses, on a Mais tant que effectivement on aura ses billets dès le plus jeune âge, pour moi c'est important en fait, on ne fait plus de mathématiques.

Je vais dire mathématique calcul, je pourrais dire même on parle des règles de TR même ça on en fait plus jusqu'en CM2 et ça c'est dommageable. Après on arrive en lycée. Heureusement on a remis un petit peu des mats.

Mais je suis désolée, on a eu des jeunes et je pense que c'est vrai, ça a changé des jeunes qui arrivaient. Bah moi, on m'a dit que quel que soit mon enseignement de spécialité, je pourrais quand même faire une école d'ingénieur. Bah non, les maths, c'est un minimum quand même.

On peut pas faire, enfin moi je sais pas faire en tout cas. Donc ça bloqué les jeunes. Maintenant, je pense que les enseignants quand même orientent un tout petit peu différemment mais ça ça pose souci.

Monsieur Trissac a demandé la parole. Je l'ai vu. Leverle de toi.

Oui, désolé. Oui, merci beaucoup. Jeis revenir sur la première question qui a été posée qui qui est intéressante.

Savoir pourquoi dans les pays les moins égalitaires entre les sexes, il y a une proportion plus élevée de de femmes en particulier dans le domaine du numérique. Je crois qu'il y a deux points qu'on peut souligner, c'est que euh contrairement au pays, on va dire, où il y a davantage d'inégalité, donc les nôtres, le numérique joue un rôle moins important. Euh par exemple euh aux États-Unis, dans nos pays au Royaume-Uni, le ça peut peser 8 à 10 % du PIB.

Alors que dans les pays où il y a davantage d'égalité euh mais qui sont moins égalitaires, il y a une économie qui peut être davantage tournée vers d'autres secteurs, vers les hydrocarbures, vers l'agriculture, vers les industries de main d'œuvre. Donc lorsque le numérique ou lesou l'estime prendront une part plus importante dans l'économie de ces pays, alors il faudra surveiller le le processus et veiller à maintenir une proportion de femmes suffisantes pour ne pas la voir se trop se réduire. Et puis le deuxième élément que je crois on peut on peut souligner, c'est que euh dans les pays euh en question, dans les pays occidentaux et bien la génération des Belgie Boomers, la génération X a vu l'arrivée de l'ordinateur personnel à la fin des années 70, début des années 80.

C'était vu comme un objet électronique rare, un objet technologique, un objet cool qui était plutôt dédié aux garçons alors que la population dans les pays en voie de développement n'avait à ce moment-là pas accès à ce type ce type d'objet pour différentes raisons. Là, en particulier, un pouvoir d'achat plus faible et une politique économique moins ouverte. Donc en un sens et par ce mécanisme là, les pays en question ont été épargnés sur ce segment très précis des stéréotypes et des biais de genre lié à l'ordinateur, lié à l'informatique.

Alors que les générations récentes ont ont connu une ouverture économique accrue et un accès via les smartphones qui a immédiatement touché absolument tout le monde. Vous les souligner ces deux ces deux dimensions, ces deux mécanismes qui peuvent expliquer ce cet apparent paradoxe. Merci monsieur Bertrand.

Oui, très très rapidement merci madame la présidente pour balayer un certain nombre de choses qui ont été évoquées et questions posées. Moi, je constate que effectivement le j'ai j'ai bien vu l'étude de l'OCDE sur les la diplomation des des dans les pays du Maghreb, dans les pays de comme le Bénin et cetera qui participe certainement aussi de de de considération culturelle et social avec un un une capacité d'émancipation des femmes via les études et l'obtation de de tels diplôme. Mais c'est aussi basé sur je pense le vivier qui est produit par le système scolaire là-bas. avec des formations qui restent à l'ancienne.

J'en veux pour preuve que moi je recrute beaucoup beaucoup d'enseignants en mathématiques, physique, enseignant chercheurs qui viennent d'Algérie, de Tunisie, du Maroc ou d'Afrique parce que et quand j'étais dans mes fonctions précédentes, j'étais directeur de la protection des installations moyens activité de la défense, j'avais un œil sur les gens qui qui comment dire venant de l'étranger intégrent des des secteurs d'importance vitale. Ils étaient très nombreux. Ils étaient très nombreux parce qu'ils étaient un on en avait besoin et deux ils étaient remarquablement bien formés.

Donc il y a ces deux ces deux biais qui expliquent pourquoi on a une telle différence en qui qui contribuent à expliquer pardon pourquoi on a une telle différence avec ces pays. Oui, nous faisons des immersions des des vies ma vie et cetera avec des des élèves de de différents milieux dans notre environnement. Ce qui me permet de boucler un peu avec la la ruralité.

Nous sommes présents à l'Avalquentin en Éveline, c'est pas spécialement rural. Euh on s'installe à Bordeaux. Là aussi on sera plutôt en cœur de ville.

Mais l'Aval grâce au aux efforts de la la région qui a su tissé un un tissu d'enseignement supérieur et de lien avec le tissu industriel, mais également rayonner dans dans cette région auprès de communes qui ne sont pas spécialement urbaines. Euh BUT, est-ce que ça a une influence ? En tout cas euh chez chez nous à on recrute sur des BUT génie mécanique productiques, mesures physiques, génie thermique, génie des matériaux où où la proportion de jeunes filles est est déjà extrêmement faible.

Euh et enfin sur la pardon sur la ruralité quand même [Musique] euh moi je suis très attaché à à cette notion de ruralité, comment dire ? La mère, elle est pas à Paris. Euh et donc ma ma ma ma vie s'est fait plutôt tourner vers l'extérieur dans dans nos territoires et et vers l'étranger.

Mon arrière-gr-père, moi je suis issu d'une famille de d'agriculteurs de côte d'Or issu d'un d'un petit village où les quatre villages réunis forment une commune de 160 habitants, je crois. Et ben mon arg-père en 1880, fils de paysan qui contrairement à ce qu'on croit était des gens instruits et parfaitement au fait de l'actualité, relisons Vincen la bille baude. Euh travaillait bien à l'école, ses parents l'ont l'ont encouragé à aller poursuivre ses études à Dijon, fils de paysan.

Dans ces années-là, il est devenu agrégé de lettre et il a terminé sa carrière comme inspecteur d'académie. Mais je pense que cette méritocratie là était paradoxalement plus facile dans cette époque-là où des filières étaient identifiées et permettai d'identifier de de de choisir celle qui était qui était porteuse où aujourd'hui l'aristocratie consiste à connaître euh les les biais, les réseaux, ce qui marche, ce qui ne marche pas pour pouvoir s'en sortir et et et faire les les bons choix. Oui, je pense que la la ruralité c'est un vivier extrêmement important.

Je le vois tous les jours en Côte d'Or où j'ai toujours ma maison dans ce village et où je me ressource dès que j'ai 2 jours ou 3 jours de libre. Euh et je je vois à quel point oui, ce sont des des territoires connectés. Oui, ce sont des des territoires avec des des jeunes qui ont euh de l'ambition et qui ont envie.

Mais on l'a dit tout à l'heure, l'orientation au lycée, au collège et cetera parfois est méconnu et comme le disait mon mon collègue, s'il est il faut aussi que dans ces ces ces ces classes là, on incite les jeunes à où on leur montre tous les choix possibles et pas uniquement ceux qui sont les plus évidents parce que il y a il y a une classe de BTS dans le dans le chef-lieu ou ou le ou le sous-chef lieu sur le PF. Je je je voudrais pas parler à la place de de de mon confrère, mais comme il est le PF est dans le concours à venir, cette expérience nous nous a été présentée et nous intéresse. C'est aujourd'hui, c'est relativement petit, hein.

C'est une cinquantaine de places qui seront offertes par un concours spécifique. Euh je sais que il y a des candidates en qui qui se sont portés que ce sera une vraie sélection, mais je voilà, je ne peux que vous inviter à éventuellement à à solliciter mon collègue qui dirige le PF. Très bien.

Ben écoutez, il me revient maintenant de de conclure cette table ronde. Je vous remercie vraiment. C'était très complet et on le voit toutes les écoles se sont organisées pour pouvoir avoir plus de femmes puisque effectivement vous l'avez dit monsieur Trisac, le talent n'a pas de genre et il serait bien et là je rebondis sur ce que me disait ce que disait madame Bayarja que l'on félicite aussi les garçons pour leurs efforts et les filles pour leurs talents.

Ce serait probablement une bonne chose. C'est une petite anecdote qui me fait sourire d'ailleurs puisque lorsque j'étais en 3e, j'avais un directeur d'école dont j'ai déjà dû parler ici qui m'appréciait pas beaucoup parce que j'avais probablement pas un comportement suffisamment féminin, j'étais pas suffisamment sage, bien cadrée et cetera. Et alors que mes notes n'avaient absolument pas pâti de ce comportement, il m'a donné les encouragements au lieu des félicitations parce que je me comportais mal et ce qui m'avait permis de réagir en demandant si c'était un encouragement à continuer puisque l'encouragement normalement c'est continuer à à dans sur le sur la même voie.

Bon, je pense que ça l'a fait encore moins m'aimer, mais ça c'est un autre problème. Mais c'est vrai qu'on voit bien qu'il y a un traitement tout à fait différencié des filles et des garçons sur la façon dont ils peuvent se tenir en classe et ce qu'on attend d'eux en classe et y compris sur les petites sections. Donc c'est vraiment un sujet sur lequel nous allons travailler.

Je pense que on pourra peut-être se pencher aussi un peu sur parcours sup pour savoir comment ça oriente. Mais on a bien noté aussi que les professeurs étaient des prescripteurs et que si les professeurs ne savent pas ce que c'est qu'une prépa et encore moins une école d'ingénieur, c'est pas comme ça qu'ils vont pouvoir orienter. Et alors, je ne parle même pas de l'école normale supérieure qui doit être très éloignée aussi d'un certain nombre de nos de nos enseignants.

Donc je pense que c'est un des sujets sur lesquels nous allons également nous pencher. En tout cas, merci. Vous avez tous aussi bien précisé que vous luttiez contre les violences sexuelles et sexistes et euh alors évidemment c'est très important et merci de le faire.

Il est clair que en plus là, je pense plus au aux violences sexistes, aux remarques sexistes, le climat sexiste qui pouvait y avoir dans les écoles d'ingénieur et donc que j'ai pu connaître puisque quand j'ai fait le STP, nous étions effectivement 10 % de filles et c'était un climat mais voilà, on faisait avec et de toute façon on allait le rencontrer en entreprise après. Plus on formera les ingénieurs à ne pas avoir ce biais, moins ils l'auront également en entreprise. Donc de toute façon, c'est une mesure tout à fait salutaire dont je vous remercie.

Et donc voilà, cette table ronde se sera probablement bien suivi également sur nos réseaux parce qu'elle était absolument passionnante. Merci beaucoup à vous. Merci beaucoup.

Une F.