Laurent Nuñez, préfet de police de Paris - 05/11
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 28 %Défensif 42 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:09OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous dites aux Français de confessions juives qui, pour certains, n'osent plus sortir de chez eux avec une kippa ?
- 3:27OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a un profil type de ces personnes interpellées aujourd'hui ?
- 4:51RelanceRéponse directe
Est-ce que vous pensez que ça va encore alimenter cet antisémitisme ?
- 5:55FerméeRéponse partielle
Est-ce qu'ils sont expulsés immédiatement ?
- 7:18OuverteÉludée
Est-ce que vous avez des informations sur l'identité et les motivations de ce tiers ?
- 8:40RelanceÉludée
Est-ce que ça veut dire qu'à partir du moment où ils disent avoir agi à la demande d'un tiers, on a pu lire ici ou là qu'il pourrait y avoir une demande venant de la Russie ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:23InvitéChiffre
« Pour l'agglomération parisienne, c'est-à-dire pour les quatre départements, Paris, Hauts-de-Seine, Sainte-Saint-Denis, Val-de-Marne, on est déjà à 257 faits. »
- 1:37InvitéChiffre
« C'est déjà plus que tout ce qu'on enregistre sur une année entière. »
- 1:40PrésentateurChiffre
« Alors qu'à l'échelle nationale, on est à près de 900. »
- 2:25InvitéPromesse
« Le ministre de l'Intérieur me demande de mettre vraiment le paquet, comme on dit, pour avoir beaucoup d'enquêteurs dédiés, beaucoup de fermeté et beaucoup d'investigation pour retrouver les auteurs. »
- 2:47InvitéChiffre
« J'ai 257 faits, mais je n'ai que 124 plaintes. »
- 5:55PrésentateurFait
« Il vous demande d'expulser tout étranger qui a commis des actes antisémites et qui aurait un titre de séjour. »
- 6:22InvitéFait
« Le ministre a passé des instructions qui sont claires et précises, et moi, je les applique. »
- 6:48InvitéChiffre
« Il y a déjà trois personnes. Donc, il y en a une qui a été reconduite et deux dont le vol est programmé. »
- 8:01InvitéChiffre
« Dans la nuit de mardi à mercredi, de mémoire, on a eu sur le 14e arrondissement, puis en petite couronne, jusqu'à 250 appositions de cette étoile. »
- 23:28InvitéChiffre
« Il y a à peu près, au plan national, il y a plus de 900 points. Vous en avez plus de 400 qui sont dans ma zone de compétence. »
- 27:30InvitéFait
« Nous avons déjà procédé à des interpellations, pas hier, mais dans des manifestations précédentes, pour interpeller les individus qui avaient des pancartes qui étaient clairement contraires à la loi. »
- 28:14InvitéFait
« « Le vrai terrorisme, c'est » et il cite l'État d'Israël. »
- 28:34InvitéFait
« J'ai saisi le procureur de la République dès ce matin. »
- 32:41InvitéChiffre
« Hier, il y a eu 19 000 personnes dans Paris. »
- 33:28InvitéFait
« Vous avez le djihadisme d'atmosphère comme l'a dit fort justement le ministre de l'Intérieur, il est un peu plus répandu que d'habitude. »
- 33:58InvitéFait
« C'est pour ça que nous sommes passés en urgence d'attentats. »
- 34:04InvitéFait
« Nous avons déployé énormément d'effectifs sur voie publique, dont les militaires du dispositif Sentinelle. »
- 35:08InvitéFait
« La Direction générale de la Sécurité intérieure a déjoué un attentat qui relevait de cette logique-là avec des individus qui pouvaient être en contact avec des individus qui étaient soit en Afghanistan, en Syrie, en Irak. »
- 35:36InvitéFait
« Des passagers ont prévenu. Donc les forces de l'ordre ensuite ont ouvert le feu. »
- 37:13InvitéFait
« Bien sûr, nous protégeons tous les lieux de culte. »
- 37:20InvitéFait
« J'insiste, avant le 7 octobre. Tout début octobre. »
- 37:50InvitéFait
« Nous sommes présents partout. »
- 38:55InvitéFait
« On l'a encore vue très récemment avec Yael Broun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, qui vient de déposer plainte parce qu'elle a encore reçu un courrier antisémite. »
- 40:43InvitéFait
« Non, il n'y a pas de plan B. On travaille sur le plan A. »
Temps de parole
- Invité67 %
- Présentateur22 %
- Invité 26 %
- Invité 34 %
≈ 3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Laurent Nunez, préfet de police de Paris, invité de BFM Politique. Et je rappelle à tous ceux qui nous regardent qu'en flashant le QR code qui va apparaître à droite de l'écran, vous pouvez interroger directement Laurent Nunez et nous relayerons vos questions tout au long de cette émission. Laurent Nunez, depuis le 7 octobre, la France est donc marquée par une recrudescence très forte d'actes antisémites partout sur le territoire. Hier, une femme juive a été poignardée selon le parquet. Le passage à l'acte pourrait être motivé par un mobile antisémite. On va bien sûr rentrer dans le détail de ces faits, des enquêtes aussi.
Mais d'abord, je voudrais vous faire écouter un témoignage recueilli cette semaine par nos confrères de BFM Paris d'une femme habitante à Paris d'un des immeubles tagués par ces étoiles de David. Écoutez.
Je pleure parce que je vais retrouver la haine que j'ai eu pendant que j'étais enfant. Et je ne comprends pas ça.
Voilà, et hier encore, il y a ses inscriptions dans le 17e arrondissement de Paris où il est écrit « Interdit aux Juifs ». On va les voir apparaître dans quelques instants. Qu'est-ce que vous dites aux Français de confessions juives qui, pour certains, n'osent plus sortir de chez eux avec une kippa ? Qu'ils se disent demain, alors que c'est la rentrée des classes, j'ai peur d'emmener mes enfants à l'école.
Ce que je dis d'abord, je confirme ce que vous dites sur l'explosion des faits et actes antisémites. Je crois que les chiffres nationaux ont été donnés. Pour l'agglomération parisienne, c'est-à-dire pour les quatre départements, Paris, Hauts-de-Seine, Sainte-Saint-Denis, Val-de-Marne, on est déjà à 257 faits. Donc c'est énorme, depuis le 7 octobre. Seulement depuis le 7 octobre, ça correspond. C'est déjà plus que tout ce qu'on enregistre sur une année entière.
Alors qu'à l'échelle nationale, on est à près de 900.
Exactement. Ce sont les chiffres qu'a donné le ministre. Donc vous voyez qu'on représente une part significative de tout cela. Moi, ce que je dis, c'est que systématiquement…
Alors qu'on voit à l'antenne, c'est écrit dans le 17e arrondissement, interdit aux Juifs qui ont été effacés.
Tous les faits, les faits sur ces fameuses étoiles de David Bleu, ces faits sur ce commerce, pour tout cela, il y a des plaintes qui sont déposées. Surtout, il y a des actions engagées par les services d'enquête judiciaire pour retrouver les auteurs. Ça, c'est extrêmement important. Il faut que vos téléspectateurs comprennent bien que systématiquement, nous engageons des investigations sous l'autorité des parquets. Mais moi, le ministre de l'Intérieur me demande de mettre vraiment le paquet, comme on dit, pour avoir beaucoup d'enquêteurs dédiés, beaucoup de fermeté et beaucoup d'investigation pour retrouver les auteurs.
Et sur les 257 faits, nous avons déjà presque près de 90 interpellations d'auteurs d'actes antisémites, soit des auteurs de tags, soit des auteurs d'insultes, voire des auteurs de violences, parce qu'il y a aussi des actes de violences. Il y en a heureusement peu, mais il y en a quand même. Donc, ce sont des faits très graves. Et ce que je veux dire, c'est que systématiquement, évidemment, il y a des enquêtes judiciaires. Et systématiquement, nous, il nous faut des plaintes. J'ai 257 faits, mais je n'ai que 124 plaintes. Donc, il faut systématiquement porter plainte.
Donc, vous incitez ceux qui sont victimes de ces actes antisémiques à dire qu'il faut aller porter plainte à la police pour que l'action judiciaire puisse s'engager.
Bien sûr. Et ce que je veux dire, c'est que d'abord, nous protégeons évidemment la communauté juive, comme nous protégeons les membres de toutes les communautés dès qu'elles sont menacées. C'est une mission que m'assigne le ministre de l'Intérieur, et je la mène à bien. Et surtout, dire aux auteurs de ces actes que de toute façon, nous les retrouverons. Nous les retrouverons de toute façon. Nous avons des moyens techniques d'investigation judiciaire qui nous permettent, ici la vidéo, là de la police technique et scientifique, souvent les deux en même temps, qui nous permettent de toute façon de les confondre et les retrouver.
Est-ce qu'il y a, Laurent Nunez, un profil type de ces personnes interpellées aujourd'hui ? Il n'y a pas de profil. Plutôt des Français ? Plutôt des étrangers ? On retrouve à peu près tous les profils. Ça va de jeunes gamins totalement insouciants, mais qui disent des choses qui sont très graves. Très graves, je pense, à ce qui s'est passé dans la ligne 3 du métro, pour laquelle nous avons une enquête judiciaire en cours. Moi, j'ai six enquêteurs qui ne travaillent que pour retrouver les auteurs de ces propos antisémites.
Dans la ligne 3 du métro ?
Dans la ligne 3 du métro.
Ils n'ont pas encore été interpellés, retrouvés.
Ils n'ont pas. Les enquêtes, je peux vous assurer que les enquêteurs travaillent d'arrache-pied, et la mission, c'est de les retrouver. Et nous les retrouverons. Donc, vous dites six enquêteurs qui sont dédiés exclusivement
à ces champs antisémites insupportables dans la ligne 3 du métro.
Et avec une permanence ce week-end de personnes qui continuent à investiguer, y compris au moment où on se parle. Donc ça, c'est un profil jeune. C'est très grave, évidemment, que les jeunes puissent tenir des propos comme ça dans une ligne de métro au vu au sud. Tout, c'est très grave pour notre cohésion nationale. Et puis, vous avez des profils d'individus plus isolés qui commettent des actes de manière un peu isolée. Et puis, vous avez des personnes qui sont plus ancrées dans la défense de la cause pro-palestinienne et qui dérapent, et qui dérapent complètement.
Mais définir un profil type, ce n'est pas possible parce que ces profils sont très variables et c'est ce qui est justement très inquiétant. Vous dites que c'est une augmentation inédite. Vous pensez, en plus, avec le conflit qui se durcit à Gaza, ça devient de plus en plus compliqué là-bas, est-ce que ça va avoir un impact en France ? Est-ce que vous pensez que ça va encore alimenter cet antisémitisme ? Les périodes historiques, si on regarde un peu ce qui s'est passé dans le passé, chaque fois qu'il y a eu des montées en tension du conflit, il y a toujours eu, effectivement, pour certains, une volonté d'importer le conflit.
Donc, ce sont souvent dans ces périodes que les actes antisémites augmentent ou qu'on a eu par le passé aussi des manifestations, ce qui n'est pas le cas pour l'instant, mais des manifestations qui ont débordé. Pour l'instant, ça n'est pas le cas. Débordé au sens de troubles à leur public matériel. On y reviendra dans un instant,
mais c'est vrai qu'à Paris, en 2014, on entendait dans les rues de Paris des gens crier « mort aux juifs ».
Oui, oui, mais j'y reviendrai. Il y a le trouble à leur public qui consiste à commettre des dégradations et puis il y a d'autres troubles à leur public, ce qui consiste à tenir des propos incitant à la haine, voire des propos négationnistes. Clairement, oui, évidemment, que nous craignons la montée en puissance encore des actes antisémites au fur et à mesure du développement du conflit. Évidemment, et c'est pour ça que le ministre de l'Intérieur nous demande d'avoir une réponse absolument intraitable. Et parmi les consignes qu'il vous a données, justement, Gérald Darmanin, il vous demande d'expulser tout étranger qui a commis des actes antisémites et qui aurait un titre de séjour.
Auquel cas, est-ce qu'ils sont expulsés immédiatement ? Non, non, pas immédiatement. D'abord, je vous le disais, on a interpellé un peu moins de 90 personnes pour des actes antisémites. Il y en a un peu moins de la moitié qui sont des étrangers.
Donc, sur ceux qui sont interpellés, près de la moitié sont des étrangers. Dans ce cas-là ?
Un peu moins de la moitié sont des étrangers. Dans ce cas-là, c'est très simple. Le ministre a passé des instructions qui sont claires et précises, et moi, je les applique. La première, c'est quand ils sont en situation régulière. C'est la minorité d'entre eux, j'insiste. On a quelques personnes en situation régulière. Nous considérons qu'ils ont commis un trouble à l'ordre public grave, et donc, nous retirons le titre de séjour. Donc, c'est une procédure qui s'engage, qui prend le temps qu'elle prend, mais ça va assez vite. Et puis, pour les étrangers en situation irrégulière, c'est automatiquement le placement en centre de rétention administrative en vue d'une reconduite.
Il y a déjà trois personnes. Donc, il y en a une qui a été reconduite et deux dont le vol est programmé. Et nous allons évidemment poursuivre ces actions. Mais nous appliquons évidemment avec fermeté les instructions du ministre. Il n'est pas concevable qu'un étranger en situation irrégulière n'a pas de titre pour se maintenir sur le territoire. En plus, ce livre a des actes d'apologie ou a des actes antisémites. Donc, je crois que nos concitoyens ne comprendraient pas que ces personnes ne soient pas renvoyées dans leur pays.
Laurent Nunez, rentrons dans le détail de ces actes antisémites. Vous évoquiez tout à l'heure ces étoiles de David qui ont été tagués dans Paris, mais aussi en Seine-Saint-Denis. Essayons d'être précis d'abord concernant ce couple de Moldave qui a été interpellé le 27 octobre après avoir été vu en train de taguer une étoile bleue dans le 10e arrondissement. Ils auraient déclaré avoir commis cette infraction sur la commande d'un tiers. Est-ce que vous avez des informations sur l'identité et les motivations de ce tiers ?
Sur cette affaire, je suis très embêté parce qu'il y a une enquête judiciaire qui est menée par les services dont j'ai la responsabilité, mais sous l'autorité des parquets. Donc, le parquet de Paris, puis le parquet du 93 et aussi du 92 puisqu'il y a eu aussi des étoiles. Absolument. Cette affaire est un peu atypique par rapport aux autres actes antisémites. Elle est atypique puisque ce type d'étoiles a été apposé partout sur l'agglomération à de nombreuses reprises. Dans la nuit de mardi à mercredi, de mémoire, on a eu sur le 14e arrondissement, puis en petite couronne, jusqu'à 250 appositions de cette étoile.
Donc, on est sur un acte évidemment très grave, mais qui semble effectivement plutôt impliquer une équipe d'auteurs qui semble plutôt bien se coordonner. Et il y a une action pour laquelle, moi, le ministre de l'Intérieur, m'a demandé là encore de déployer tous les moyens d'investigation judiciaire. Et c'est ce que nous faisons. Effectivement, vous avez raison de rappeler qu'il y a deux personnes, deux nationalités moldaves qui ont été interpellées et qui sont impliquées dans cette affaire. Moi, je n'en dirai pas plus.
Donc, ça veut dire qu'à partir du moment où ils disent avoir agi à la demande d'un tiers, on a pu lire ici ou là qu'il pourrait y avoir une demande venant de la Russie. Est-ce que ça, c'est des choses qui sont...
Je ne confirme rien de tout ça. Ce que je peux vous dire, c'est que cette action, elle est atypique parce que c'est une action coordonnée. Il y a eu de nombreuses appositions d'étoiles de David. Parfois, sur des immeubles, vivaient des personnes de la communauté juive.
Notamment en Seine-Saint-Denis.
Parfois non. Il y avait une volonté que ces étoiles soient vues. Donc, c'est ce qu'on comprend des investigations. Encore une fois, moi, je n'en dirai pas plus. Ce que je peux dire, c'est que ces investigations, elles se poursuivent. Elles sont encore en cours. Mais dans le dixième précisément, sur ces Moldaves, est-ce que c'est clairement antisémite ? C'est établi au vu, parce qu'ils ont été interrogés par la police, de ce qu'ils ont exprimé ? Dans le contexte, la probabilité d'apposer les étoiles de David, parfois, ça s'est passé dans le 93, sous des plaques de spécialistes en médecine, avec des noms de confession, des noms d'origine juive, a posé cette étoile.
Enfin, voilà, on a du mal à imaginer qu'il n'y ait pas un lien qui soit fait entre l'acte antisémite. Ailleurs, non. Ça peut être sur des établissements publics. Voilà. Donc, moi, je reste très prudent, évidemment, sur les motivations. Mais dans le contexte, se livrer à ce genre d'action, c'est très grave. Et on ne peut pas, évidemment, s'empêcher de penser que ça a forcément une motivation antisémite. Après, quelles sont les motivations réelles de ceux qui se livrent à ces actions ? Est-ce qu'ils veulent encore plus nous diviser ? Est-ce qu'ils veulent encore plus essayer de briser l'unité nationale indispensable dans ce genre de période ? Ce n'est pas complètement exclu. Voilà.
Moi, je n'en dirai pas plus. Je veux dire, cette histoire, elle est atypique et seules les investigations judiciaires nous permettront de connaître vraiment les motivations réelles des auteurs. Mais je tiens encore une fois à rappeler que, moi, le ministre de l'Intérieur, on a échangé ensemble lundi soir sur cette affaire et nous avons tout de suite eu le sentiment que c'était quelque chose de très coordonné, de très grave et qu'il fallait vite trouver les auteurs et c'est ce qui a été fait.
Un mot avant de donner la parole à Valérie sur cette vidéo d'une influenceuse qui a beaucoup choqué évidemment les Français. Vous dites, je n'en dirai pas plus sur les investigations, mais est-ce que du moins vous pouvez nous dire si l'enquête avance, si vous vous rapprochez d'une capacité à savoir qui est à l'origine de ces étoiles bleues qui sont apposées sur des immeubles ? Est-ce que vous espérez pouvoir assez rapidement aboutir à des interpellations et à trouver qui sont les responsables ?
Je n'en dirai pas plus mais oui. Ce que je peux dire simplement c'est oui. Oui, nous espérons beaucoup des investigations qui sont en cours. Encore une fois, les deux auteurs qui ont été interpellés, des Moldaves qui sont en CRA, qui vont évidemment être conduits dans leur pays, ils sont en sorte de restantions administratives dans les jours qui viennent.
Une fois que la justice les aura remis à disposition du préfet de police que je suis en vue de leur expulsion parce qu'il y a des investigations en cours, ils seront reconduits et sur le reste des investigations, moi je suis très confiant parce qu'on est allé très vite et je remercie évidemment les parquets aussi qui se sont mobilisés sur ce dossier qui est un dossier qui est pris très au sérieux.
Question de Valérie Acaud sur cette influence.
Effectivement, parmi les actes antisémites qui ont vraiment choqué les Français, il y a cette vidéo d'un mannequin qui sur les réseaux sociaux tourne en dérision de façon totalement insupportable la mort d'un bébé tué par le Hamas. Gérald Darmanin a saisi le procureur de la République. Une enquête a été ouverte pour apologie du terrorisme. Est-ce que cette mannequin a été interpellée ? Alors, écoutez, moi je ne connais pas cette affaire parce que je crois, enfin ce que j'en sais c'est que la vidéo a été signalée par Pharos, plateforme très importante qui permet de procéder à des signalements quand on voit des vidéos notamment à caractère antisémite ou incitant la haine à la violence.
Évidemment, il y a aussi tout le volet de la pénopornographie et donc automatiquement quand il y a des signalements à Pharos, c'est le parquet de Nanterre qui est saisi et qui réoriente les investigations. De ce que je comprends, des investigations sont en cours, le ministre l'a confirmé, mais elles ne relèvent pas des services qui sont placés sous mon autorité.
D'un point de vue plus personnel, vous avez été évidemment très choqué
en voyant cette vidéo insupportable. Si cette vidéo avait été apportée à ma connaissance, donc Pharos, c'est un service qui dépend de la direction générale de la police nationale, c'est un service central. La préfecture de police, c'est un service territorial, une compétence élargie et évidemment que si cette vidéo avait été portée à ma connaissance, j'aurais immédiatement déclenché un article 40 qui saisit le procureur de la République compétent. Évidemment, évidemment. Et d'ailleurs, elle tombe sous le coup de la loi, c'est une évidence.
Ce que pose aussi comme question cette vidéo, c'est la difficulté de lutter contre cette haine en ligne sur les réseaux sociaux. C'est une difficulté supplémentaire pour vous d'aller trouver ceux qui sont responsables de ce genre de vidéos qui parfois agissent sous des pseudonymes. C'est une difficulté supplémentaire ?
Bien sûr, c'est une difficulté supplémentaire. Le ministre l'a rappelé, il faut qu'on arrive à faire en sorte que ces contenus puissent être retirés beaucoup plus vite. C'est une difficulté supplémentaire. N'empêche qu'on arrive quand même à retrouver des auteurs du simple fait qu'ils se mettent parfois eux-mêmes en scène et qu'ils sont reconnus. Et donc, l'infraction, elle est caractérisée, elle est constituée. Et donc, voilà, ce n'est pas parce qu'on n'arrive peut-être pas à obtenir des plateformes un certain nombre d'informations que nous, nous n'arrivons pas à reconnaître les personnes.
Donc, évidemment, regardez ce travail qui est en cours sur ces jeunes qui ont scandé des slogans antisémites dans la LIE 3 du RER. Nous travaillons en investigation avec nos moyens qui sont les nôtres et l'affaire, la Russie, progresse rapidement.
Avant de passer aux responsabilités des uns et des autres sur cette recrudescence de l'antisémitisme, je voudrais juste revenir un instant, pardon, d'y revenir sur ces étoiles bleues. Un couple de Moldave a été interpellé, était évoqué à un moment donné la possibilité qu'il y ait un autre couple qui ait été identifié. Est-ce que dans les investigations, il y a, soit par des caméras de vidéosurveillance, soit par des témoignages de tiers, un autre couple qui a été vu en train d'apposer ces étoiles de David sur des immeubles ?
Oui, je vous le disais, je n'irai pas au-delà de ce que je vous ai dit tout à l'heure. Encore une fois, c'est assez explicite et ça répond de manière indirecte et implicite à votre question. Il y a plusieurs auteurs, et les investigations se poursuivent. Et vous disiez un acte groupé est coordonné, ce qui implique quand même qu'ils ont reçu des ordres venant de l'étranger. Ce sont des croix qui sont effectuées avec des pochoirs qui sont absolument identiques et qui sont apposées en plusieurs points de la capitale. Oui, mais il y a eu des ordres extérieurs. Ça, c'est avéré. Je n'irai pas jusque-là. C'est des personnes de nationalité moldave à chaque fois ?
En tout cas, les deux personnes qui ont été interpellées sont de nationalité moldave. Pour les autres, je n'en dirai pas plus. Vous comprenez qu'il y a une enquête. Moi, je suis aussi astreint et c'est légitime au respect du secret de l'État. Bien sûr. Question d'Amandine. On parlait tout à l'heure du profil des personnes qui commettent ces actes antisémites sur leur origine. Est-ce que vous diriez qu'il s'agit d'un antisémitisme islamiste qui viendrait d'une partie de l'extrême gauche ou d'une partie de l'extrême droite ? Est-ce qu'on peut le qualifier, cet antisémitisme ? Je n'irai pas sur ce terrain, mais nous n'avons pas...
En tout cas, moi, pour ma zone de compétence, encore une fois, nous n'avons pas connaissance de tous les auteurs. Donc, on ne parle que d'une catégorie de ces actes. Donc, je me garderais bien de qualifier la provenance, l'origine de ces actes antisémites. Certains sont beaucoup moins prudents que vous, mais c'est parce que ce sont des responsables politiques. Par exemple, le Rassemblement national, ils peuvent dire qu'il s'agit là d'un antisémitisme islamiste. Pour certains, ça va être le cas, mais pas forcément tout le temps. Pas forcément tout le temps. Et encore une fois, dès lors qu'on ne connaît pas tous les auteurs, je pense qu'il convient d'être extrêmement prudent.
Franchement, il convient d'être prudent sur ce sujet. Ce qui compte, c'est la détermination pour nous à retrouver les auteurs et à endiguer cette montée en puissance des actes antisémites.
Est-ce que vous considérez que la réaction des Français est suffisamment forte face à cette recrudescence des actes antisémites ? Certains ont en mémoire ce qui s'était passé en 1990 après la profanation du cimetière de Carpentras où des centaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue ou le président de la République de l'époque, François Mitterrand, lui-même avait manifesté. Est-ce que vous avez le sentiment que la société, et là je parle aussi, aux citoyens, que la société prend suffisamment en compte cette recrudescence des actes antisémites et s'indigne suffisamment ? Est-ce qu'il y a une mobilisation collective à la hauteur de ce qui est en train de se passer ?
Si vous appelez par mobilisation collective des grandes manifestations comme il y a eu par le passé, force est de constater que ce n'est pas le cas. Maintenant, quand on lit les sondages et la perception qu'ont les Français de cette montée en puissance de l'antisémitisme, je crois qu'ils la rejettent massivement. C'est quand même rassurant. Ils la rejettent massivement. Mais si effectivement vous évoquez les grandes manifestations qu'on a pu avoir, c'est vrai qu'on n'en a pas eu. Mais ça ne manque pas à vos yeux dans le contexte ?
Parce que beaucoup de juifs de France disent qu'il y a une forme d'apathie en France, les Français sont en train de s'habituer, on ne comprend pas pourquoi il n'y a pas cette émotion collective. L'émotion collective, encore une fois, quand il s'agit de... Effectivement, il n'y a pas de manifestation de soutien, peut-être que ça viendra. En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que je vois bien que les Français quand même désapprouvent la montée en puissance des actes antisémites. Je peux vous dire que pour les fonctionnaires de police que je dirige, ils sont très déterminés à y mettre un terme. Donc toutes ces choses-là ne sont pas normales.
Encore une fois, je l'avais dit sur d'autres médias, mais l'antisémitisme, on dit souvent, on dit souvent, ça n'est pas une opinion, c'est une infraction, ce qui est vrai. Mais même au-delà de ça, pour nous, c'est un poison, c'est un poison pour l'unité nationale. Et donc il faut clairement lutter contre l'antisémitisme, le dire et le faire savoir. Ça n'est pas normal de s'en prendre à des Français parce qu'ils sont de religion juive par rapport à un conflit qui se passe à l'étranger. Ça n'est pas normal et il faut vraiment en diguer cela. C'est ce que nous faisons tous les jours avec beaucoup de détermination.
Je rebondis sur ce que disait il y a un instant Amandine qui évoquait cet antisémitisme venant de l'islamisme. Vous, dans les comptes rendus que vous avez, dans les interpellations, est-ce que vous voyez aussi un antisémitisme qui vient de militants d'extrême droite ? Certains disent, au fond, c'est un antisémitisme résiduel qui est en voie d'extinction. Est-ce que non ? Vous dites qu'il y a ce péril-là aussi de frange radicale de l'extrême droite ?
D'abord, dans les personnes que nous avons interpellées, les actions dont nous avons eu connaissance des auteurs, finalement, non, il n'y a pas eu ce phénomène. Maintenant, vous avez toute une mouvance d'ultra-droite qui est antisémite. Je dis bien d'ultra-droite. Ultra-droite, les mouvements extrémistes, ceux dont, maintenant, nous interdisons assez régulièrement les manifestations.
C'est-à-dire, le gu de les émanations de ces groupuscules.
Il y a souvent des propos qui sont antisémites. Bon, ça, c'est une réalité. C'est pour ça que nous interdisons des manifestations de voie publique. Le ministre de l'Intérieur, moi, m'a demandé, au cas par cas, pour chaque manifestation, d'examiner la possibilité de maintenir ces manifestations. D'ailleurs, très souvent, que lors de précédentes manifestations aient pu être tenues des propos négationnistes, antisémites ou incitants à la haine. Et donc, oui, une partie de la mouvance d'ultra-droite fait de l'antisémitisme son fond de commerce. C'est indiscutable. Et vous dites
la même chose du côté d'une partie de l'extrême-gauche,
aussi ? Je n'irai pas. L'extrême-gauche, je ne me prononcerai pas, évidemment, là-dessus. Moi, j'ai pas...
On a vu des réactions, par exemple, du NPA, nouveau parti anticapitaliste, qui, au moment du 7 octobre, soutenait la résistance palestinienne, quelles que soient les formes choisies, je cite à peu près de mémoire ce qui était dit dans ce communiqué.
Il y a une action judiciaire en cours. Vous savez qu'il y a une action judiciaire en cours sur ce communiqué, ce tract, qui, évidemment, a fait réagir et a conduit à la saisine de la justice.
Merci beaucoup, Laurent Nunez. On se retrouve dans quelques instants et on abordera précisément la question de ces manifestations, que vous décidez ou non d'interdire également le risque terroriste. On se retrouve dans quelques instants, juste après cette très courte coucure. A tout de suite. Laurent Nunez, préfet de police de Paris, invité de BFM politique. Monsieur Nunez, avant de reprendre notre interview, une question de téléspectateurs. Voilà ce que vous demande René. René vous interroge. Les Juifs de France ont peur. Pensez-vous qu'il faille sécuriser les lieux communautaires tels que les restaurants et hypermarchés cachers ? Voilà ce que vous demande René qui nous regarde.
Ce que je réponds à René, c'est qu'on sécurise déjà les lieux de culte, les écoles de confession juive de manière très visible, présente. Et puis, pour certains quartiers effectivement où il y a beaucoup de restaurants, de lieux de commerce notamment hyper cachers et autres. Nous sommes très présents évidemment en dispositifs dynamiques, donc très présents avec des prises de contact auprès des commerçants. Donc, clairement, oui, nous les sécurisons sous une forme qui est dynamique et qui est beaucoup plus efficace.
Dynamique, ça veut dire que ce ne sont pas des forces mobiles qui restent statiques,
ça bouge. qui sont très présents dans le quartier. Le ministre de l'Intérieur me l'a demandé très clairement dans les quartiers habituels de rassemblement de la communauté. C'est vrai à Paris, c'est vrai dans le département du Val-d'Oise, c'est vrai évidemment dans les autres départements. la posture dynamique. La posture dynamique permet aussi de surprendre l'adversaire, comme on dit souvent. On crée l'incertitude quant à notre présence et c'est extrêmement important.
Mais pour ceux qui nous regardent et qui sont soit des commerçants, soit des Français de communauté juive, ils ont raison d'avoir peur et de se sentir éventuellement ciblés, de risquer d'être ciblés à travers ces lieux liés à la communauté juive.
Ils sont une cible. Ils ont raison d'avoir peur, mais moi je veux les rassurer, nous les protégeons. Ils ont raison d'avoir peur. Pourquoi ? Parce que vous voyez bien que dans le cadre du contexte international, la propagande des organisations terroristes, que ce soit Al-Qaïda, l'État islamique, incite à passer à l'action des individus présents sur notre territoire, radicalisés, en ciblant un certain nombre d'objectifs, dont certains de la communauté juive, évidemment, mais d'autres aussi. D'autres aussi, les forces de l'ordre, les hommes politiques. Il y a beaucoup de cibles. Il y a beaucoup de cibles.
Mais vous leur dites à ces Français de confession juive qu'on va vous protéger, il ne vous arrivera rien.
Mais nous les protégeons. Nous les protégeons. Et évidemment que tout est mis en œuvre pour qu'il n'arrive rien. Et on continuera avec détermination cette action. C'est de la protection physique, statique. Certains n'osent plus aujourd'hui porter la kippa dans la rue. On n'osent plus mettre la Mezouza devant leurs portes. Est-ce que vous leur dites faites comme avant ou vous les appelez à la prudence ? Parce qu'il y a une crainte, il y a une peur. Moi, je ne peux pas commander le comportement des gens. Ce que je peux dire, c'est que nous sommes attentifs à cette menace, à cette montée de l'antisémitisme, quelle que soit sa forme, y compris dans sa dimension terroriste.
Et donc, nous sommes très présents sur la voie publique pour protéger les quartiers, évidemment, où il y a des personnes de la communauté, mais les protéger d'une manière générale. Voilà, nous sommes très présents.
Toutes les écoles juives
sont protégées ? Oui, je ne vais pas révéler nos dispositifs, mais évidemment, les lieux de culte pendant les offices, les écoles, sont toutes protégées. C'est l'instruction qu'a donnée le ministre de l'Intérieur. Il y a à peu près, au plan national, il y a plus de 900 points. Vous en avez plus de 400 qui sont dans ma zone de compétence.
Juste avant de donner la parole à Valérie, je rappelle à ceux qui nous regardent que vous pouvez flasher ce QR code juste là pour continuer à interroger le préfet de police de Paris. Valérie, une question sur la manifestation qui se tenait hier.
Oui, effectivement. Hier, il s'est déroulé une manifestation en faveur de la cause palestinienne. Cette manifestation, contrairement à nombreux autres, vous l'avez autorisée, vous ne l'avez pas interdite, tout en mettant en garde un en amont sur tourisme de débordement. Aujourd'hui, quel bilan est-ce que vous tirez de cette manifestation ? D'abord, peut-être rappeler le contexte. Pourquoi je ne l'ai pas interdite ? C'est important aussi qu'on comprenne bien les choses. J'ai interdit, effectivement, par le passé d'autres manifestations parce que les déclarants étaient des structures qui étaient des structures dont je considérais qu'elles...
Je fais du cas par cas, comme le demande le ministre de l'Intérieur, comme le demande le Conseil d'État. Je considérais que ces structures déclarantes étaient des structures de défense de la cause pro-palestinienne qui étaient très radicalisées, qu'elles n'avaient pas condamné tout simplement l'attaque du Hamas du 7 octobre, ce qui en soi était un problème.
Alors, Nunes, certaines de ces associations étaient aussi signataires de l'appel pour la manifestation hier.
Je vais venir. Samedi dernier, par exemple, il y a huit jours, ça n'était que des organisations comme celle-là qui faisaient en plus une déambulation qui interrogeaient, qui n'étaient pas cohérentes. Donc, il n'était pas logique et qui n'avait pris aucun contact avec moi. Il n'avait pris aucun contact avec moi. Donc, je l'ai interdit. Le tribunal administratif m'a donné raison.
Immédiatement après, immédiatement après ce jugement du tribunal administratif, il y a un certain nombre de députés, notamment de la France insoumise, qui m'ont contacté pour savoir comment on pourrait organiser une manifestation qui se déroule dans le cadre juridique que venait de fixer le Conseil d'État, le tribunal administratif et dans le cadre des instructions que m'a données le ministre de l'Intérieur. Donc, j'ai reçu c'est le soutien à la cause palestinienne mais c'est aussi l'appel à la paix et puis il y a des condamnations évidemment de ce qui s'est passé le 7 octobre. On peut jouer sur les mots. Vous vous satisfaisez
d'un parti politique qui dit que c'est des crimes de guerre et qui refuse de dire que ce sont des attentats terroristes ?
Il condamne ces actes. Il condamne ces actes. À titre personnel, évidemment, je ne partage pas la nuance entre le crime de guerre et l'attaque du 7 octobre. C'est une attaque terroriste. C'est une attaque terroriste. Il y a une condamnation de ces actes. Il y a un parcours qui est étudié avec nous, un parcours qui est étudié avec mes collaborateurs de la préfecture de police. Donc je n'ai pas interdit cette manifestation parce que je considérais que dans les conditions dans lesquelles elle s'était préparée, elle n'était pas porteuse en soi de troubles à l'ordre public. Et avec le recul ? Pardon ? De la façon dont elle s'est déroulée hier ? D'abord, il y a eu 19 000 personnes hier.
Il n'y a pas eu de troubles matériels à l'ordre public. Il y a eu un certain nombre de dégradations pour lesquelles d'ailleurs l'auteur a été interpellé. Notamment des tags sur la colonne de la Bastille. Nous l'avons interpellé. Nous avons de bonnes raisons de penser qu'il est l'auteur des autres tags réalisées
sur le parcours. Des tags de quel ordre ?
Des tags Free Palestine, des tags qui en soi n'étaient pas porteurs de messages apologiques, mais qui... Enfin, l'auteur a été interpellé. Donc voilà. Après, ce n'est pas parce qu'une manifestation est autorisée, ce n'est pas interdite plutôt, que nous n'allons pas regarder les propos, les slogans qui y ont été tenus. Nous le regardons en direct pendant la manif et puis nous le regardons à posteriori pour le cas échéant. C'est-à-dire la justice.
Eh bien justement, Laurent Nunez, des propos très problématiques semblent avoir été tenus, notamment par un individu arrangant la foule en arabe. Voilà ce qu'il aurait dit. Il avait un traducteur juste à côté de lui. Je cite, « C'est grave de dire que la résistance du peuple palestinien serait du terrorisme. » Et la LICRA réagit ce matin. Elle vous demande d'agir. « La France n'est pas le paillasson des terroristes. » Première question, est-ce que vous savez qui est cet individu ? Et est-ce que vous allez saisir le procureur au titre de l'article 40 pour apologie du terrorisme ?
Alors d'abord, quand une manifestation se déroule, c'est ce que je disais à l'instant, évidemment, nous regardons l'ensemble des slogans qui ont été tenus. Quand ils sont, parfois même, nous intervenons pendant la manifestation. Nous avons déjà procédé à des interpellations, pas hier, mais dans des manifestations précédentes, pour interpeller les individus qui avaient des pancartes qui étaient clairement contraires à la loi. Et qui tombaient sur le coup de la loi pénale. Hier, ça n'a pas été le cas, mais nous travaillons ensuite sur les slogans. Et d'ailleurs, je n'ai pas noté de slogan ou de pancartes à ce jour qui posaient de difficultés.
Mais nous continuons à étudier, notamment en vidéo, d'éventuelles infractions. Et puis, j'ai eu connaissance effectivement de ce message, mais dès hier soir. Dès hier soir, j'ai eu connaissance de ce message dont j'ai évidemment examiné le contenu. Je constate que ce monsieur tient des propos qui sont extrêmement limités et qui franchissent de toute façon, à de mon point de vue, qui franchissent la ligne rouge. Puisqu'il dit à plusieurs reprises « Le vrai terrorisme, c'est » et il cite l'État d'Israël. Ce qui laisse à penser qu'à contrario, le Hamas n'est pas terroriste ou que les élections terroristes ne sont pas terroristes. Puisqu'il dit « Le vrai terrorisme, c'est ».
Et qui d'ailleurs, commence son propos, qui a été rendu public par vidéo, en évoquant effectivement « Ce n'est pas de terrorisme, c'est de la résistance, etc. » Pour moi, ça tombe sous le coup de la loi. J'ai saisi le procureur de la République dès ce matin. Comme nous le faisons à chaque fois, en me donnant un certain nombre de détails sur ce que nous considérons, nous, à la préfecture de police, que moi, comme préfet de police, je considère comme étant des propos qui vont au-delà du cadre légal et qui peuvent tomber sous le coup de la loi pénale. Et sur son profil et son identité, qu'est-ce que vous pouvez nous dire ? Écoutez, j'attends qu'un service de police soit saisi.
Ce sera fait, je vous rassure, dans la journée. Peut-être même qu'au moment où on se parle, j'ai déjà un service de police qui a été saisi et nous allons immédiatement lancer des investigations. Cet individu ne se cache pas, on voit son visage à découvert, je n'ai aucun doute qu'il sera identifié très rapidement.
Il ne parle pas français, il parle en arabe, c'est ce que j'évoquais. S'il est étranger, est-ce que vous lui retirerez un éventuel titre de séjour, voire est-ce que vous déciderez de l'exprimer ?
Si la justice française considère qu'il y a une commission d'une infraction, ce que je crois, encore une fois, je ne veux pas préjuger de ce qui sera l'analyse de la justice, d'abord, il est aux mains de la justice française qui décide ou pas des actions, et puis ensuite, moi, je suis légitime à tirer les conséquences de poursuite de l'autorité judiciaire pour effectivement lui retirer son titre de séjour, le cas échéant, ou s'il est en situation régulière, le faire reconduire dans son pays. Mais même si la justice ne suit pas, moi, je peux avoir ma propre appréciation.
Je peux considérer que c'est porteur d'un trouble à leur public et de toute façon, engager une action administrative de retrait du titre ou d'expulsion et au cas d'espèce, c'est vraiment ce que je ferais. La difficulté, c'est qu'on voit que c'est à postériori et que là, il y a quand même eu un incident. Alors que vous aviez fait le maximum, vous aviez reçu les organisations avant. Mais est-ce que ça vous fait douter pour la suite du bien fondé d'autoriser ? Non, il faut... Je vois ce qu'il y a de sous-jacent dans ce que vous me dites. Est-ce que pourquoi tout de suite, c'est prise de parole, on intervient, on interpelle la personne, etc. Ça, c'est ma responsabilité.
C'est moi qui apprécie si, pour mettre un terme à un trouble à leur public, je rentre, je fais rentrer mes effectifs au risque de créer un trouble à leur public plus grand que celui que je veux créer. Donc, ça, c'est ma responsabilité. Je l'assume totalement. J'assume d'agir à postériori dans ce type d'affaires. Et croyez-moi... Juste, Laurenti, est-ce que ça ne vous fait pas regarder ? Ça veut dire beaucoup de fermeté. C'est-à-dire la justice. Oui, mais une fois ne sera pas dit ce, une chose terrible. Enfin, au risque de... Oui, c'est un peu plus compliqué que ça.
Quand on intervient et qu'il y a des violences, tout le monde critique l'action du préfet de police parce qu'on fait dégénérer la manifestation. Hier, la décision qui a été prise était plutôt d'intervenir à postériori pour interpeller les... Donc, ça ne vous fait pas hésiter
sur le fait de ne pas vouloir interdire de prochaines manifestations puisqu'on voit bien que même quand un certain nombre d'organisateurs vont vous voir essayent d'expliquer que les choses vont bien se passer, il y a ce type de propos qui sont tenus.
Et qui sont poursuivis. Et qui sont poursuivis. Et qui sont poursuivis. Voilà. Hier, il y avait un ensemble de déclarants qui étaient très importants. Il y avait des partis politiques, Benjamin Diomel. Il y avait des partis politiques. Il y avait la France Insoumise. Il y avait les Verts. Il y avait le Parti Socialiste qui était présent. Il y avait des partis politiques. Il y a eu des personnes qui ont pu tenir ce genre de propos qui sont totalement inacceptables.
Alors qu'au moment où vous parlez, ce qu'on ne voyait pas tout à l'heure, on voit le tweet de la LICRA et l'image dans l'espèce, là c'est le traducteur et juste à sa droite, la personne qui a tenu ces propos problématiques.
Oui, oui. Donc juste pour... Mais cette personne sera poursuivie. Cette personne sera poursuivie.
Parce que vous nous l'avez annoncé, article 40, signalement au procureur. Un dernier mot avant de parler et de donner la parole à Valérie sur le risque terroriste en France. Donc vous nous dites la doctrine de la préfecture de police continue d'être au cas par cas selon le profil des organisations qui... Selon le profil des organisations qui veulent organiser ce type de rassemblement.
Selon la connaissance que nous avons de possibles risques de troubles alors au public. Évidemment que nous intégrons les propos qui ont pu être tenus lors de manifestations précédentes. Évidemment que ça, c'est un élément qui va me permettre d'apprécier ou pas ce que je ferai à l'avenir. Mais hier, il y a eu 19 000 personnes dans Paris. Il n'y a pas eu de trouver à leur public matériel. Mes effectifs se sont tenus à distance. Ils n'ont pas eu à intervenir. La dispersion s'est bien passée. Il y a eu un auteur de tag qui a été interpellé. Et il y a ces propos-là qui vont être poursuivis en justice.
Je ne crois pas que si demain, après-demain, dans les jours qui viennent, j'ai une déclaration du même collectif, je ne pense pas que j'interdirai. Si c'est la question que vous me posez, c'est ma réponse.
Question de Valérie Aco sur le risque terroriste.
Effectivement, nous sommes donc un mois presque date à date après les attaques du Hamas du 7 octobre et qui a généré cette atmosphère de passage à l'acte pour paraphraser votre patron, Gérald Darmanin. Est-ce que la situation au Proche-Orient, vous avez le sentiment que ça accroît encore le risque terroriste dans ce pays ? Oui, parce que vous avez le djihadisme d'atmosphère comme l'a dit fort justement le ministre de l'Intérieur, il est un peu plus répandu que d'habitude et puis vous avez la propagande de l'État islamique, d'Al-Qaïda qui incite à passer à l'action. Oui, ce qu'on appelle la menace endogène, le risque augmente.
C'est-à-dire, l'endogène, c'est un individu qui peut s'auto-radicaliser et passer à l'acte sans que ce soit une attaque projetée ?
Absolument et répondre à la propagande d'organisations terroristes. C'est pour ça que nous sommes passés en urgence d'attentats. C'est pour ça que nous avons déployé énormément d'effectifs sur voie publique, dont les militaires du dispositif Sentinelle. Nous avons énormément de policiers déployés. C'est pour ça que les services de renseignement travaillent sur les objectifs. Donc, les services de renseignement dont les moyens ont été renforcés, ce qui nous donne quand même des marges de manœuvre et un potentiel d'action qui est important.
Et si on vous écoute, vous redoutez plutôt ces passages à l'acte de personnes isolées plutôt qu'une action coordonnée par une organisation terroriste type Daesh ou Al-Qaïda ? Non, non, on n'exclut rien. Il y a effectivement ce djihadisme d'asmosphère, cette menace endogène qui est importante. Mais si le risque d'attaque d'équipes projetées est moindre qu'il a été par le passé et qui relève de la mouvance qu'on appelle l'exogène, il faut savoir quand même qu'en Syrie, en Irak, il y a toujours l'État islamique. En Afghanistan, il y a toujours l'État islamique présent. Ils ont encore, selon vous, les capacités, même s'ils ont été bien attribués ces dernières années ?
Ils n'ont pas de capacité de projeter des équipes, mais ils ont les capacités d'avoir des contacts et d'inspirer un certain nombre d'auteurs, voire même de les inciter à passer à l'action. Voilà. Et je tiens à rappeler que la Direction générale de la Sécurité intérieure a déjoué un attentat qui relevait de cette logique-là avec des individus qui pouvaient être en contact avec des individus qui étaient soit en Afghanistan, en Syrie, en Irak et qui vont les inciter à passer à l'action. Donc nous ne négligeons aucune menace et tous les services sont complètement mobilisés comme nous le demande le ministre de l'Intérieur.
Il y a eu, mardi dernier, Laurent Nunez, un exemple d'une menace précise avec cette femme voilée qui avait fait l'apologie du terrorisme et qui menaçait de se faire exploser. Des passagers ont prévenu. Donc les forces de l'ordre ensuite ont ouvert le feu. C'est une femme dont l'état psychique pose question, comme l'a dit Olivier Véran. Est-ce que c'est un danger ces personnes fragiles psychologiquement qui peuvent passer à l'acte ? Oui, bien sûr. Mais bien sûr, ça peut l'être.
C'est pour ça d'ailleurs que les personnes, quand nous connaissons leur radicalisation, elles sont évidemment suivies à la fois par les services de renseignement mais aussi par des cellules qui sont plus ce qu'on appelle les cellules de prévention de la radicalisation et de l'accompagnement des familles, les CEPRAF qui suivent évidemment ces personnes. Mais au cas d'espèce, dans le cas que vous citez, tous ces éléments, les policiers intervenants ne les ont pas.
Ils ont une alerte, une chaîne d'alerte d'ailleurs qui a remarquablement fonctionné avec deux personnes qui signalent au service de la SNCF, qui signalent au service de police qu'une dame tient des propos apologiques, tient des propos où elle évoque des attentats. Au moment où les policiers interviennent, je dois le dire très courageusement et toute la chaîne d'alerte s'est mise en place et moi je salue la réactivité de mes effectifs sur cette action, ils ont dû faire usage de leur main à feu.
À ce moment-là, évidemment, ils ne connaissent rien du profil de l'individu qui est décrite comme étant quelqu'un qui tient des propos menaçants et qui laisse à penser qu'elle peut avoir une ceinture d'explosive ou être armée.
On a appris que... Oui, allez-y, on a appris, Laurent Nunez, qu'une mosquée à Nanterre avait reçu en début du mois d'octobre 2023 des menaces. Une enquête a été ouverte, là encore. On parlait des lieux de culte liés à la communauté juive. Les lieux de culte musulmans sont eux aussi dans le moment des cibles. Ils risquent d'être visés et donc, est-ce que le cas échéant, ils sont aussi, eux, davantage protégés ?
Bien sûr, nous protégeons tous les lieux de culte. Tous les lieux de culte, au cas d'espèce, vous avez raison de souligner qu'il y a une lettre de menace qui avait été reçue avant le 7 octobre. J'insiste, avant le 7 octobre. Tout début octobre. Tout début octobre. Et donc, évidemment, nous protégeons toutes les cultes, toutes les personnes qui sont menacées et notamment quand il y a des offices religieux. Donc, il y a des dispositifs policiers de sécurisation. Oui, Amandine. La rentrée des classes, par ailleurs, va avoir lieu demain et il y a beaucoup de parents qui, aujourd'hui, ont peur de voir leurs enfants retourner à l'école.
Dans ce contexte, qu'est-ce que vous leur dites pour les rassurer ? Ce que je leur dis, c'est que nous sommes présents partout. Il y a beaucoup de... Nous sommes présents partout. Voilà. Donc, après l'attentat d'Arras, ce qui compte, c'est que les parents sachent et ils le voient de toute façon puisque nous déployons des effectifs de police, nous déployons des effectifs en lien souvent avec les polices municipales et nous sommes présents aux entrées-sorties des établissements scolaires. Il y a évidemment une prise en compte importante. Avec des mesures spécifiques pour les sécuriser, ces établissements scolaires, renforcés dans cette rencontre.
Mais attendez, mais ça fait plusieurs années qu'il y a des dispositifs de protection des établissements scolaires.
C'est encore un peu plus qu'on devenait des circonstances. Mais c'est renforcé
encore un peu plus puisque nous sommes présents dans beaucoup d'établissements, soit de manière dynamique aux entrées-sorties, soit de manière statique dans un certain nombre d'établissements publics scolaires. Donc voilà, c'est une posture qui a été renforcée. Mais vous savez que depuis plusieurs années maintenant, il y a des plans de mise en sécurité des établissements scolaires, il y a des relations qui s'instaurent entre les préfets, les recteurs. Donc voilà, il y a tout un dispositif de protection qui a été mis en place et qui évidemment est renforcé dans le contexte. Il y a aussi la problématique des écoles, mais il y a aussi la problématique des élus.
On l'a encore vue très récemment avec Yael Broun-Pivet, la présidente de l'Assemblée nationale, qui vient de déposer plainte parce qu'elle a encore reçu un courrier antisémite et que ça s'accentue énormément depuis le 7 octobre. De nombreux élus sont à peu près dans ce même cas de figure. Vous avez, vous l'analyse, que les élus sont particulièrement menacés à l'heure actuelle ? Un certain nombre, notamment de parlementaires, ont reçu des lettres de menace.
D'ailleurs, quel que soit leur bord politique et quel que soit, j'ai envie de dire, non pas le camp qu'ils soutiennent, mais quel que soit leur positionnement politique, on a eu beaucoup de plaintes, qu'on prend évidemment avec beaucoup d'attention. En général, d'ailleurs, ces plaintes sont traitées à la préfecture de police par la direction régionale de la police judiciaire, c'est-à-dire par le fameux 36. Et ça entraîne immédiatement, évidemment, une analyse de notre part pour déterminer le niveau de menace qui pèse sur cet élu. Et ça entraîne, évidemment, des protections des permanences parlementaires.
Et des protections policières de certains parlementaires ?
Du domicile, par mes effectifs. Donc, on a quelques cas.
Combien de parlementaires ? J'imagine que vous pouvez me donner les identités, mais combien de parlementaires sont protégées ?
On en a quelques-uns actuellement où on est attentif, évidemment, à la surveillance du domicile, des permanences, compte tenu de menaces qu'ils ont reçues. Tout ça, indépendamment des investigations judiciaires qui sont lancées et qui visent à identifier les auteurs de ces menaces. Et pour certains parlementaires, ça a été le cas.
Voilà, ça a été le cas. Une question avant de vous soumettre une question d'un téléspectateur sur les Jeux olympiques et la cérémonie d'ouverture. Certains évoquent la nécessité d'envisager un plan B compte tenu du risque terroriste précisément dont on vient de parler. Est-ce que vous travaillez à la préfecture de police de Paris sur un plan B pour cette cérémonie d'ouverture qui, rappelons-le, doit se dérouler sur la Seine avec près de 400 000 personnes attendues ? Est-ce qu'il y a un plan B ?
Non, il n'y a pas de plan B. On travaille sur le plan A. Il n'y a qu'un plan A. On travaille sur le plan A qui est déjà un plan, vous l'imaginez bien, qui a été conçu compte tenu de ce qu'est la menace terroriste dans notre pays depuis plusieurs années. C'est raisonnable ? 400 000 personnes compte tenu du risque terroriste ? C'est une menace qui est très élevée de toute façon. Donc, la cérémonie d'ouverture, nous la travaillons depuis maintenant plusieurs mois de manière très déterminée. Et il y aura de toute façon un périmètre de protection antiterroriste. C'est-à-dire toutes les personnes qui assisteront et qui rentreront dans ce périmètre seront fouillées, seront contrôlées.
Il y aura des moyens exceptionnels de déployer. On l'a déjà préparé dans un contexte qui est de menace terroriste. Est-ce que vous ne pourriez pas ? Si vous dites qu'il n'y a pas de plan B,
est-ce qu'il ne faudrait pas dans ce cas-là se prévoir la possibilité de baisser la jauge qui est moins de monde ?
D'abord, la jauge n'est pas complètement fixée. On se parle. On travaille encore. La sécurisation du dispositif est complètement calée. Mais la jauge n'est pas encore complètement fixée parce que ça met en jeu d'autres règles qui concernent les mouvements de foule. Des règles de sécurité du public. C'est autre chose.
Pas de plan B.
Mais il n'y a pas de plan B.
Jusqu'à ce qu'il y ait éventuellement un plan B.
Il n'y a pas de plan B. On travaille sur un plan A de manière extrêmement déterminée. Encore une fois, j'insiste, qui a déjà été conçu dans le cadre d'une menace terroriste élevée.
Question d'un téléspectateur, Laurent Nunez. Voilà ce que vous demande Farid. Le policier mis en cause dans la mort de Naël est toujours en détention provisoire. Est-ce que ça vous choque ?
Je n'ai pas à répondre à cette question qui est un commentaire. Ça serait commenter une décision des magistrats.
Cet été, Frédéric Péchenard, le patron de la... Le patron de la... C'était pas Frédéric Péchenard. C'était Frédéric Vaud. Pardon, excusez-moi. Frédéric Péchenard, c'était avant. Frédéric Vaud avait dit qu'il considérait que la place des policiers qui étaient mis en cause dans ce genre d'affaires n'était pas en prison. Donc, ce n'est pas seulement du commentaire.
Non, je vous rappelle que j'avais soutenu Frédéric Vaud. Donc, est-ce que vous êtes... Tout de suite.
Absolument. Donc, est-ce que vous êtes choqué par cette décision de la Chambre de l'Infusion qui veut que le policier
reste en détention provisoire ? Ce qui me choque, je mets de côté cette affaire, ce qui me choque, c'est une chose simple. C'est que chaque fois qu'il y a un usage de la force de la police, quel qu'il soit, il y a une présomption de culpabilité qui pèse sur les épaules des policiers et pour ceux de la préfecture de police sur mes fonctionnaires. Ça, ça me choque. Ça me choque profondément que dans notre pays, il y ait encore certains qui puissent défendre l'idée que l'usage de la force par la police puisse ne pas être légitime. Ça, ça me choque profondément.
Dans le cas d'espèce de la mort de Naël,
il y a une... En toutes circonstances, il n'y a pas de présomption d'usage excessif. Il n'y a pas de présomption de culpabilité de l'usage de la force par la police. Quand il y a des troubles graves à l'ordre public, quand il y a des menaces, les forces de l'ordre peuvent intervenir et faire usage de la force. Il y a une chose qui compte, cet usage, il doit être proportionné et ceux qui jugent cette proportionnalité, ce n'est pas vous, ce n'est pas moi, c'est la justice française et c'est pour ça que je ne ferai pas de commentaire dans l'affaire Naël. Je ne ferai pas de commentaire.
La justice est saisie, mais ce qui me choque beaucoup, c'est cette présomption de culpabilité qui systématiquement pèse sur les épaules de mes effectifs.
Merci beaucoup Laurent Nunef, préfet de police de Paris, d'avoir été l'invité de BFM Politique. Vous retrouvez tout de suite à faire suivante, Dominique Rizet, Philippe Godin. Quant à moi, je vous retrouve à 18h pour C'est pas tous les jours dimanche. Mon invité, le président du Rassemblement national, Jordan Bardella. Belle journée à ce soir.