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interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 6 avril 2024 11 min

Les Européennes, enjeu du Rassemblement National - Marine Le Pen est l'invitée des 4V du 4 juin 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour, je suis Thomas Soto et vous écoutez Les 4V, un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. Allez, tout de suite, on va passer aux 4V. Thomas, vous recevez ce matin Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale. Bonjour et bienvenue dans Les 4V, Marine Le Pen. Les élections européennes, c'est donc dans 5 jours. On sait que l'abstention y est toujours importante. Pourquoi faudrait-il aller voter dimanche ?

0:28
Marine Le Pen

Il faut aller voter d'abord parce que c'est le moyen de se défendre des injustices d'aller voter dans l'urne. Toutes les voies se valent. Mais c'est surtout pour ces élections européennes pour conserver le pouvoir, le pouvoir de décider. Car la réalité, c'est que ce qui se joue dans ces élections européennes, c'est la capacité du peuple français à pouvoir encore peser sur son propre avenir et de ne pas se voir imposer des décisions qui seraient prises par d'autres.

0:54
Présentateur

On a bien compris que si on votait pour la liste de Jordan Bardella, on votait contre Emmanuel Macron, puisque votre objectif affiché et répété, c'est que la sanction soit la plus lourde possible pour lui. Mais du coup, quel sens fera-t-il donner aux résultats de dimanche soir ?

1:07
Marine Le Pen

Il faudra d'abord constater que les Français ne veulent plus de l'Union européenne telle qu'elle se construit depuis déjà des années. Ils ne veulent pas du pacte d'émigration. Ils ne veulent pas du pacte vert qui met en place l'écologie punitive. Et ils veulent aussi exprimer leur désaccord avec la politique menée par Emmanuel Macron. Parce qu'après tout, l'Europe que nous subissons, c'est l'Europe de Macron. Il n'a eu de cesse de le dire. Et c'est vrai, il a une grande responsabilité dans la manière dont l'Union européenne, aujourd'hui, met en place des politiques toxiques pour nos compatriotes. Je vous repose ma question. Vous êtes certaine de l'emporter dimanche ?

Je suis certaine de rien. Non.

1:48
Présentateur

Gabriel Nathal disait hier que la liste Renaissance peut encore l'emporter.

1:51
Marine Le Pen

Oui, écoutez, peut-être. Je n'en sais rien. Moi, je ne préjuge pas des élections. Et je dis aux Français, allez voter. Déplacez-vous. Il est absolument essentiel que vous vous mobilisiez. Vous ne pouvez pas être spectateur de cette élection ou victime, d'ailleurs, de cette élection. Et donc, faites-vous entendre.

2:13
Présentateur

Gabriel Nathal, qui, comme Emmanuel Macron, répète que ce scrutin européen n'aura pas de conséquences nationales. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?

2:20
Marine Le Pen

Non, je ne suis pas d'accord. C'est l'irresponsabilité, comme d'habitude. À partir du moment où le Premier ministre entre dans la campagne comme il l'a fait, au point d'aller arracher le micro de sa propre candidate pour parler à sa place, je suis désolé, mais il en gâche sa responsabilité. Et incontestablement, s'il y a un échec, il devra partir. Et il en est de même, si je puis me permettre, pour le Président de la République. S'il se sert des cérémonies du débarquement pour, en réalité, faire la campagne des européennes, alors il engagera sa responsabilité. Et il faudra qu'il en tire les conséquences également en cas d'échec.

2:50
Présentateur

Vous dites ce matin que, lundi matin, si la liste de la majorité a perdu, Gabriel Nathal devra démissionner ?

2:57
Marine Le Pen

Il m'apparaît qu'à partir du moment où il prend, encore une fois, la place de la candidate, il engage sa responsabilité. Enfin, en politique. Dans le terme responsable politique, il y a responsable tout de même. Ça voudrait dire qu'il s'engagerait dans la campagne et il n'aurait aucune responsabilité en cas d'échec. Et vous dites aussi qu'Emmanuel Macron devrait partir. Et en cas d'échec lourd.

Non, moi je pense qu'Emmanuel Macron, je l'ai dit, devrait constater si, comme les sondages le disent, l'opposition que nous représentons, l'alternance que nous représentons, arrivons très en avance sur sa liste, il devrait en tirer les conséquences qu'il y a une crise politique dans le pays, que les Français ne veulent plus de la politique qu'ils mènent, et donc procéder à la dissolution de l'Assemblée nationale. Ça me paraîtrait profondément démocratique.

3:43
Présentateur

Vous allez le regarder ou pas jeudi soir à la télévision ?

3:45
Marine Le Pen

Bien sûr, je regarde toujours mes adversaires, à la différence de mes adversaires qui ne nous écoutent pas, ne nous regardent pas, ne nous lisent pas, et par conséquent ne connaissent pas en réalité notre projet.

3:54
Présentateur

Deux partis, LFI, la France Insoumise et les Républicains, ont décidé de saisir l'ARCOM. Est-ce que vous faites partie de ceux à qui le principe même de cette interview pose problème ? Il sera à la fois dans les 20 heures de France 2 et TF.

4:04
Marine Le Pen

Mais écoutez, moi je pense que les Français doivent écouter ce qu'Emmanuel Macron a à dire, parce que plus ils entendent ce qu'Emmanuel Macron veut faire, et notamment de l'Union Européenne, et plus ils s'abstiendront de voter pour sa liste. Parce que la réalité...

4:20
Présentateur

Vous voulez dire que quand il parle, il vous rend service ?

4:21
Marine Le Pen

En quelque sorte, oui. Oui, en quelque sorte. Parce que ce qui est sûr, c'est que le projet d'Emmanuel Macron, qu'il laisse un peu d'ailleurs de côté pendant cette campagne, il est pourtant clair, ils l'ont voté, ça s'appelle le rapport Verhofstadt, il s'agit de supprimer le droit de veto pour les nations. C'est extrêmement grave, parce que c'est la majorité qualifiée qui s'appliquera dans tous les domaines, et donc la France va être diluée, diluée d'autant plus qu'ils veulent élargir, vous le savez, l'Union Européenne à 37 pays, dont l'Ukraine et les pays du Balkan, l'Albanie, le Monténégro, etc.

4:56
Présentateur

Pourquoi vous n'êtes pas allé débattre avec lui, vous l'a proposé ?

5:00
Marine Le Pen

Mais parce qu'encore une fois, je l'ai dit, je veux débattre avec lui s'il met sur la table sa responsabilité. Je ne supporte plus, comme les Français, l'irresponsabilité des politiques. C'est jamais eux, c'est toujours les autres. On a le record de déficit, le record de dette, le record d'impôt, c'est jamais eux, c'est toujours les autres. Eh bien, je viens dire, moi j'accepte encore une fois le débat, s'il admet que c'est lui le responsable et qu'il en tire les conséquences en cas d'échec.

5:28
Présentateur

Bon, et l'Europe dans tout ça ? Vos adversaires regardent votre programme et disent, ce sont des arguments qui reviennent beaucoup en ce moment, le programme Jordan Bardella, c'est une sortie de fête de l'Europe puisqu'il ne veut pas appliquer les règles communes. On ne respecte plus le marché unique, on ne paye plus la cotisation de la France à l'Union Européenne. Au final, on sort de fête de l'Union Européenne. Est-ce que c'est ça ?

5:43
Marine Le Pen

Mais tout cela est faux. Tout cela est totalement faux. Clairement, nous souhaitons changer un certain nombre de fonctionnements de l'Union Européenne. Mais on a le droit ou pas ? En démocratie, on a le droit de dire que ce qui se fait ne nous va pas et on veut une amélioration pour les Français. On veut qu'effectivement, conserver le marché unique, mais on veut que les collectivités territoriales puissent faire appel à des prestataires français. C'est honteux ? Non, ce n'est pas honteux. On veut qu'il y ait la libre circulation, mais on veut qu'elle soit réservée aux nationaux des pays de l'Union Européenne et pas à ceux qui obtiennent une autorisation de séjour dans n'importe quel pays.

C'est honteux.

6:21
Présentateur

Quand on est dans un club à 27, ce qu'il faut, c'est que tout le monde soit d'accord pour avoir les mêmes règles. Donc si les autres ne sont pas d'accord...

6:26
Marine Le Pen

Mais dites-moi, pardon, je viens de vous dire, qui veut changer les règles ? Qui veut supprimer le droit de veto des nations ? Ce n'est pas moi, c'est Emmanuel Macron. Qui veut l'élargissement à 37 ? Ce n'est pas moi, c'est Emmanuel Macron. Qui veut un plan d'endettement européen de 1 000 milliards d'euros ? C'est-à-dire que non seulement ils nous ruinent...

6:43
Présentateur

Un plan d'investissement, disent-ils.

6:45
Marine Le Pen

Oui, c'est un endettement. Comme l'ont fait les Américains. Ça s'appelle un endettement. Qui veut des impôts européens en plus de nos impôts nationaux ? Ce n'est pas Marine Le Pen, c'est Emmanuel Macron. Donc en réalité, qui veut changer toutes les règles pour faire de l'Union Européenne un État et de la France une région ? C'est Emmanuel Macron.

7:03
Présentateur

Je vais parler un peu de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, un peu moins d'Emmanuel Macron, pour bien comprendre. Vous ferez des propositions. Si ces propositions ne sont pas acceptées, ce n'est pas pour autant que vous demanderez la sortie de la France de l'Union Européenne.

7:13
Marine Le Pen

Mais non, nous l'avons dit très clairement. Et nous le disons depuis plus de 7 ans. Mais encore une fois, nos adversaires, qui sont tellement arrogants et tellement méprisants, ne prennent même pas la peine de lire le projet qui est le nôtre. Alors même que les Français sont en train de dire que l'alternance à Emmanuel Macron, c'est manifestement dans leur esprit le Rassemblement National.

7:38
Présentateur

Moi j'ai lu votre programme et j'ai regardé votre liste aussi. Sur la liste de Jordan Bardella, il y a un candidat en position éligible qui est 17ème. C'est le maire de Boker, Julien Sanchez. Il a baptisé une de ses rues il y a quelques années la rue du Brexit. C'est anecdotique ou c'est le côté quand c'est flou, il y a un loup Marine Le Pen ?

7:51
Marine Le Pen

Non, pas du tout. C'est le respect de la démocratie. Parce que quoi que décident les peuples, ils ont raison quand ils le décident. Ce que j'ai trouvé honteux, et lui aussi probablement, c'est qu'un pays a voté et qu'il a été calomnié pour cela, qu'on a voulu le faire souffrir du fait de cette décision. Les peuples ont le droit de décider pour eux-mêmes. Non, c'est tout, c'est tout. Ils ont le droit de décider. Mais quand on appelle la rue du Brexit... Monsieur Soto, en 2005, on a dit non à la Constitution européenne. On a dit non à un président de l'Union européenne. On a dit non à un drapeau européen. On a dit non à tout cela. Eh bien, on nous l'a imposé. Vous voyez ?

Eh bien, ça, c'est profondément antidémocratique. Et par conséquent, je crois que les Britanniques ont fait un choix. Ils l'assument. Et personne ne peut venir les condamner pour cela. Donc la route du Brexit, ça vous plaît.

8:48
Présentateur

C'est un peu la même ambiguïté ou le même manque de clarté qu'on peut vous reprocher quand vous soutenez l'Ukraine contre Vladimir Poutine, sans ambiguïté depuis des semaines et des mois. Et qu'en même temps, vous avez Thierry Mariani qui est très pro-Kremlin, qui est en position éligible lui aussi sur votre liste en 9e position.

8:59
Marine Le Pen

Non, mais il se trouve que la tête de l'île, c'est Jordan Bardella, que le président du parti, c'est Jordan Bardella, et que celle qui a été candidate à la présidentielle, c'est Marine Le Pen. Donc c'est nous qui déterminons, pardon, encore, la ligne de notre mouvement et les votes qui, évidemment, sont ceux de nos groupes respectifs, que ce soit au Parlement européen ou à l'Assemblée nationale.

9:20
Présentateur

Donc il restera dans la même ligne, Thierry Mariani ? Il n'y aura pas de voix discordante ou dissonante ?

9:23
Marine Le Pen

Il peut très bien avoir une voix discordante, mais ça reste une voix discordante par rapport à une cohérence qui est celle que nous avons, Jordan et moi.

9:31
Présentateur

Je précise quelques mots d'une affiche électorale qui a fortement déplu au directeur de la Gendarmerie nationale, le général Christian Rodrigues, affiché, barré de la mention « Je suis gendarme », le 9 juin « Je quitte la Corse », il y en a une « Je vote Bardella ». Elle raconte quoi, cette affiche ?

9:44
Marine Le Pen

C'est toute une série de visuels qui ont été faits à destination des professions. Il y a les infirmiers, les boulangers, et il y a aussi les gendarmes, parce que les gendarmes ne sont pas des sous-citoyens. Ils ont le droit de vote. Et par conséquent, il est parfaitement naturel qu'un grand mouvement tel que le nôtre leur adresse également un message. Moi, je n'ai pas compris la violence de la réaction.

10:09
Présentateur

Ce qui vous a été reproché, c'est d'instrumentaliser le nom, l'uniforme. Je vais vous dire ce qu'a dit Sébastien Lecordi, le ministre des Armées. Mais respecter la réplique, c'est ne jamais instrumentaliser l'armée qui protège la nation à des fins électoralistes.

10:20
Marine Le Pen

Non, mais pas de leçon d'électoralisme de la part de Renaissance, s'il vous plaît. Je vous en supplie, surtout juste avant les trois jours qu'on va avoir avec le président de la République qui va instrumentaliser les commémorations du débarquement pour faire sa campagne. Moi, je n'ai pas compris la violence qui a été utilisée dans ce tweet par le patron de la gendarmerie. Voilà. Je n'ai pas compris cette violence. Il n'y a absolument rien à reprocher au RN. Rien. Nous avons parfaitement respecté la loi. Et nous parlerons aux gendarmes. Et nous parlerons aux policiers. Et nous parlerons aux militaires. Et nous parlerons à tous les Français.

Et personne ne nous empêchera de parler à tous les Français et exigera de nous d'en laisser de côté.

11:01
Présentateur

Merci beaucoup, Marine Le Pen. Pour être bien clair, vous ne saisirez pas l'ARCOM pour l'intervention du chef de l'État de jeudi soir, comme l'ont fait les filles et LR ?

11:08
Marine Le Pen

Non. Non. Non, non. D'accord.

11:10
Présentateur

Merci à vous. Bonne journée. Merci, merci à tous les deux. Merci également à Frédéric Chevalier pour la traduction en langue des signes. C'était Les 4 V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.