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interviewC dans l'air· 17 juillet 2026 65 min

Trump : la signature surprise à Versailles... et la victoire de l'Iran ? - C dans l’air - 18.06.2026

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

de se retrouver à l'apéro. ... ... - A.Casse: Bonsoir.

Bienvenue dans "C dans l'air". C'est la surprise du chef. Alors qu'on s'attendait tous à une signature du protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran demain à Genève, le président américain a pris tout le monde de court, y compris E.Macron.

Hier, dans la galerie des Glaces du château de Versailles, D.Trump lui a annoncé qu'il allait signer le texte le soir même. Ce qui a eu lieu vers 23h, juste avant le dessert, qui était une tarte au chocolat.

On va vous raconter les coulisses de cet étrange moment d'histoire. Ce nouveau traité de Versailles consacre-t-il une défaite américaine? J.André, bonsoir.

Vous êtes grand reporter à France 24. Vous étiez hier à Versailles pour couvrir la rencontre. Vous n'étiez pas dans le château mais presque. - J.André: J'aurais bien aimé...

J'étais dans la cour. - A.Casse: A.Bellanger, vous êtes éditorialiste à franceinfo TV, spécialiste des questions internationales.

A.Levallois, vous êtes spécialiste du Moyen-Orient, présidente de l'iReMMO. Votre livre...

M.Khadra, spécialiste du Moyen-Orient. Vous êtes éditorialiste internationale à la revue politique et parlementaire.

Ce papier du "Parisien" nous raconte les coulisses de cette signature surprise à Versailles. Quand E.Macron et B.Macron accueillent D.Trump à 21h55, il ne sait pas que D.Trump va signer l'accord dans une heure? - J.André: Personne ne s'y attend.

Tout le monde se demande qui va être autour de la table. On n'a pas la liste des invités. On sait qu'on va parler politique.

C'est un coup d'E.Macron, qui a décidé d'utiliser Versailles, ce palais irrésistible pour D.Trump, pour le faire rester jusqu'au bout du G7.

Il l'a quitté avant la fin au Canada. Il est content de son G7, E.Macron. "Objectivement, c'est un succès." On a Emmanuel et Brigitte Macron qui attendent sur le perron.

Tout à coup, la voiture de D.Trump arrive...

Les 3 voitures identiques avec le même numéro de plaque. Il descend d'une des voitures. Il rentre dans le château.

On dit au service de presse de l'Elysée: "Vous faites vos directs, vous pouvez rester un peu et on ferme la cour. Rentrez chez vous." Le reste est hors presse.

Là-dessus, finalement, ce n'est pas fini. Plus tard dans la soirée, par communiqué, on apprend qu'il y a eu signature de ce fameux accord de Versailles. On apprend par voie de presse que, tout à coup, D.Trump décide de signer.

Il est dans la galerie des Glaces. Pour signer, il faut un morceau de papier avec le texte imprimé dessus. Il faut une imprimante.

Apparemment, on a M.Rubio qui cherche une imprimante dans le château de Versailles. A 23h, il n'y a plus personne pour imprimer.

Finalement, ils y arrivent. D.Trump s'installe devant tout le monde. - A.Casse: Il demande de l'aide au ministre des Affaires étrangères français, J.-N.Barrot, qui va demander à un aide de camp de trouver une imprimante... - J.André: Finalement, le papier arrive.

D.Trump dit "This wasn't easy". Et il signe.

Pour l'Elysée, c'est un grand succès et une victoire majeure. La signature s'est faite au château de Versailles. - A.Casse: D.Trump avait tout préparé. - A.Bellanger: L'idée de signer à Versailles...

Il l'a dit en sortant de cette signature. Il a pris le temps de s'adresser aux quelques journalistes qui étaient restés là: "C'est signé à Versailles." Ca trottait dans sa tête depuis un moment.

L'idée est de faire l'Histoire. Il n'y a pas meilleur endroit au monde pour faire l'Histoire...

Peut-être quelques endroits, Windsor...

Un traité de Versailles, un accord de Versailles. Deuxième chose assez comique: c'est J.D.Vance qui va devoir se déplacer à Genève pour rien.

Le but était qu'il aille signer cet accord à Genève. Avec un homologue iranien, histoire de solenniser la signature de ce traité. D.Trump lui a tiré le tapis sous le pied.

Il a considéré que c'était un si bon accord qu'il fallait qu'il le signe. - A.Casse: Peut-être que ça arrange J.D.Vance...

Il n'a pas l'air de le soutenir à 100 %. - A.Bellanger: Cette mauvaise manière, il ne doit pas l'apprécier.

Il doit faire l'aller-retour à Genève pour signer un papier qui a déjà été signé. - A.Casse: Pourquoi D.Trump tenait à le faire à Versailles? - J.André: E.Macron a été surpris...

Je pense que D.Trump l'a fait car il voulait...

Pendant tout le G7, il a dit "tous les chefs d'Etat sont d'accord avec moi. Je suis très fort. C'est génial".

Là, il le signe à Paris, en France, en Europe...

Tous les Etats ont gardé leur distance par rapport à ce conflit en Europe. Tout d'un coup, il attrape E.Macron et l'embarque avec lui dans ce traité.

Ce traité va-t-il fonctionner? Sera-t-il fructueux? Dans tous les cas, la France y est associée.

Ce n'était pas forcément intéressant sur le plan diplomatique pour les Français. - A.Casse: La France y est associée.

C'est une bonne chose pour nous? - M.Khadra: Pour l'image, c'est très bien.

C'est bénéfique pour le président français, qui a été quasiment marginalisé. Que ce soit, concernant le dossier libanais, avec les négociations entre le Liban et Israël...

La France n'était pas présente. Elle essayait de revenir pour peser dans ce débat. Il n'arrivait pas à jouer de rôle dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, non plus.

Le fait Que D.Trump ait choisi l'occasion de ce dîner à Versailles, avec toute la symbolique du château de Versailles...

Beaucoup de traités y ont été signés, dont le traité de Versailles...

C'était très important pour lui pour contraindre les Européens à partager les responsabilités si cet accord ne marche pas. "On a signé cet accord chez vous. Vous avez une responsabilité de participer, peut-être à la mission de sécurisation du détroit d'Ormuz, peut-être si les tensions reprennent, on a besoin que vous participiez avec nous au coup de pression exercé sur la République islamique d'Iran." Ca reste flou...

Pour l'image, la France a été au centre. C'est pas mal. - A.Casse: On a l'impression que D.Trump a scénarisé ce film à l'avance.

L'accord est trouvé le 14 juin, jour de son anniversaire. Il y avait ce moment au G7...

Le dîner au château de Versailles, il y tenait très fort. E.Macron dit que c'était le seul moyen de le faire rester.

Tout cela est une ruse de D.Trump, qui pourrait nous piéger? - A.Levallois: D.Trump adore ces moments.

Il adore se montrer comme étant celui au centre du jeu. Il arrive au G7 en disant "I am the boss". Il est toujours dans cette logique qui consiste à dire que tout doit tourner autour de lui, qu'il donne le tempo, il dicte comment les choses se passent, il imprime sa façon de faire, celle qu'il a de concevoir des relations internationales...

Pas du tout sur le fond...

De quoi parle-t-on depuis qu'on a commencé cette émission? De la forme. A aucun moment, on ne parle du fond.

Dans sa façon de scénariser et se mettre en avant, on est dans les symboles. Quand il arrive à Versailles, il dit que c'est du vrai or. Ca lui plaît.

Il est dans une séquence qui est un peu la même quand on voit comment il se comporte quand il est aux affaires: se mettre au centre et montrer qu'il piège tout le monde et entraîne tout le monde dans sa façon d'envisager les choses, sans laisser la moindre marge de manoeuvre. Que pouvait faire Macron? Il ne pouvait pas dire "on arrête là".

Evidemment, notre président est coincé. Il ne peut pas faire autre chose que débarrasser les assiettes et que D.Trump signe. - A.Casse: Il a coincé E.Macron. - A.Bellanger: Bien sûr.

Et il a donné un sens à cette séquence de Versailles. On peut dire beaucoup de choses de D.Trump, notamment, beaucoup disent qu'il est stupide, qu'il est brutal, qu'il emploie 200 mots de vocabulaire. - A.Levallois: C'est vrai... - A.Bellanger: Mais il ne manque pas de ruse ni de stratégie.

Il a signé cet accord le jour de son anniversaire. Je faisais partie de ceux qui pensaient que jamais les Iraniens ne le laisseraient signer le jour de son anniversaire. Il l'a obtenu...

Il est arrivé au G7 en disant "I am the boss". Il termine avec une séquence franco-américaine. J'appelle ça de la ruse.

Qu'est-ce que c'est, la parole politique, si ce n'est ça? A un moment, les hommes politiques font des choses, obtiennent des résultats, ils font la guerre, la paix...

Au fond, à la fin, il reste des actes et des choses qu'ils disent. D.Trump est passé maître dans cette façon de "rusifier", ruser... - A.Levallois: Je parlerais de tactique.

Pour moi, il n'y a pas de stratégie. On est dans de la tactique. "Je fais un coup, j'embarque tout le monde." Tout le monde accepte de se faire embarquer face à D.Trump. - A.Casse: "I am the boss"...

D.Trump a soigné ce moment en arrivant en retard. Le monde l'attendait et il a utilisé cette formule.

La Maison-Blanche continue de surfer sur ces 4 mots. - D.Trump: I am the boss... - A.Casse: La Maison-Blanche le publie en boucle pendant une heure. - J.André: D.Trump a fait une OPA sur ce G7.

Il est arrivé...

Pourquoi E.Macron peut dire que c'est un succès? Car Trump a accepté de signer le mémorandum sur l'Ukraine, engageant quelque part les Etats-Unis, mais ne disant jamais que les Russes étaient responsables d'une agression.

Il ne l'a toujours pas dit. "On fera le nécessaire pour que les Ukrainiens n'aient pas froid cet hiver. On est prêts à les aider sur le plan militaire.

Et on est pour l'intégrité territoriale." Il dit qu'ils veulent faire la paix, qu'ils n'y arrivent pas...

Qu'ils ont tous les deux envie de faire la paix...

On est ravis car il n'a pas parlé du Groenland...

On est ravis car il a parlé de l'IA et qu'il n'y a pas de casse...

Tout le monde marche sur des oeufs. "Super, le G7, il est resté jusqu'au bout et on n'a pas eu de problème." Voilà où on en est. - A.Casse: E.Macron dit qu'il y a eu un moment Evian, insistant sur le fait que D.Trump avait changé de ligne sur l'Ukraine.

Vous dites qu'il n'a changé en rien. - J.André: D.Trump ne dit pas les choses.

Il donne des espèces de signaux faibles. Il ne s'est pas engagé. Il n'a pas dit qu'il allait envoyer tant d'avions.

Il dit qu'il y en a marre de la Russie, qu'ils sont pénibles...

On ne sait pas ce qu'il veut dire. Le fait est qu'il se met au centre. Versailles, j'étais là...

C'est amusant de se rendre compte qu'il a des visées impériales. Il a 80 ans depuis le week-end dernier. Il est dans le dernier étage de la pyramide de Maslow.

Il veut construire un arc de triomphe, comme Napoléon. Il voudrait bien que, comme Louis XIV, on vienne le voir le matin se raser, qu'on l'habille devant toute la cour. Il est dans cette majesté, ce besoin d'imposer que c'est lui, le monarque.

Va-t-il être influencé par le fait d'être allé à Versailles? Il est le seul président des Etats-Unis à être invité officiellement pour un dîner. L'autre, c'est le couple Kennedy en 1961.

C'est le général de Gaulle et c'est pour calmer le jeu. - A.Bellanger: Tous les ennuis de Washington en ce moment sont dus aux Français.

L'idée de l'arc de triomphe, c'est parce qu'il l'a vu. Le défilé militaire, c'est parce qu'il l'a vu. La salle de bal, il a vu celle de l'Elysée et elle ressemble à celle qu'il a dessinée pour l'aile est de la Maison-Blanche.

D'ici à ce qu'il veuille reconstruire Versailles du côté de New York... - A.Casse: Cet accord que D.Trump a signé hier à Versailles.

Ce qui saute aux yeux, ce sont les concessions qui sont faites au régime iranien. - La signature du président américain imposante, imprévue. - Au milieu du dîner, aux côtés du président français, D.Trump signe l'accord mettant fin à la guerre au Moyen-Orient. - A Versailles, après avoir été accueilli en monarque par E.Macron, déambulant sous les ors du palais dans la galerie des Glaces...

Le président américain fanfaronne. - D.Trump: C'est un protocole d'accord.

Si on n'arrive pas à se mettre d'accord en 60 jours, ce n'est pas grave, on les bombardera de nouveau. Si l'accord marche, ce sera ma réussite. S'il échoue, ce sera la faute de J.D.Vance. - Au même moment, à la télévision iranienne, l'accord est entre les mains du président iranien. - Le texte du protocole d'accord a été signé par les 2 présidents.

Il met fin à la guerre imposée par les Etats-Unis et le régime sioniste contre la République islamique d'Iran. - Le protocole d'accord, en 14 points, diffusé à la presse qui mentionne la fin des combats, la réouverture du détroit d'Ormuz sans péage, mais aussi le transfert de 300 milliards de dollars à l'Iran pour financer sa reconstruction. La levée des sanctions américaines et des discussions à venir.

Téhéran promet de ne pas développer son programme nucléaire. Loin, bien loin des grandes promesses du président américain quelques mois plus tôt. - Aujourd'hui, monsieur le président, vous voulez extraire l'uranium d'Iran? - D.Trump: Oui, on va le sortir.

Notre objectif est de protéger le peuple américain en éliminant les menaces imminentes du régime iranien. L'Iran doit agiter le drapeau blanc de la capitulation. - A la télévision américaine, les critiques fusent. - C'est lui qui a capitulé face à l'Iran. - D.Trump doit se sentir plutôt mal à l'aise, lui qui a passé des années à affirmer qu'il pourrait signer un meilleur accord avec l'Iran que Barack Obama.

Il a conclu l'accord le plus mauvais, le plus coûteux et le plus impopulaire du siècle. - Les Etats-Unis semblent demander à l'Iran de diluer des stocks d'uranium enrichi sous supervision internationale. C'est une concession majeure des Etats-Unis.

C'est aussi une défaite pour les partisans de la non-prolifération. - Quelques heures plus tôt au G7, le président américain avait semblé vouloir justifier la signature de cet accord. - D.Trump: Si nous avions continué à bombarder l'Iran, aucun bateau n'aurait jamais pu sortir du détroit.

Ca nous coûte des millions de dollars par jour. Ca fait beaucoup d'argent. Le monde entier voulait que ça s'arrête. - Mais les accusations les plus virulentes viennent de son camp. - L'histoire nous a appris que donner des milliards de dollars à des fous religieux qui veulent nous tuer n'était pas une bonne idée.

Malheureusement, je crois que le président reçoit de très mauvais conseils sur cet accord. - Cela restera dans les annales comme une énorme erreur de politique étrangère. L'Iran en ressort renforcé.

Nos alliés dans la région sont affaiblis. L'Iran a compris que s'il veut s'emparer du détroit d'Ormuz, il peut dicter sa loi au monde occidental. C'est une grave erreur. - Finalement, la séquence diplomatique de Versailles semble avoir plutôt profité au président français. - E.Macron: C'est un moment de paix et une bonne nouvelle pour beaucoup de nos compatriotes.

Normalement, les prix du carburant vont baisser. - D.Trump affaibli, alors qu'une autre étape de négociation commence dès demain en Suisse.

Elle s'annonce périlleuse. - A.Casse: Comment retiendra-t-on, plus tard, ce traité de Versailles?

Ce nouvel accord de Versailles...

Un message est devenu viral sur les réseaux sociaux. Il fait le parallèle avec la défaite allemande. C'est une défaite américaine? - J.André: Il n'en tire pas grand-chose.

Il rouvre un détroit qui était ouvert avant. De facto, c'est ce qui se passe. Derrière, un fonds de 300 milliards pour reconstruire.

Les Iraniens se réservent le droit d'installer des systèmes de frais de fonctionnement...

Dégel des sanctions, possibilité de vendre leur pétrole avec levée des sanctions financières, immédiate. C'est le plus gros levier de Washington. C'est la liste au père Noël.

Les Iraniens n'auront pas de mal à le vendre comme une victoire. - A.Casse: C'est la victoire des Iraniens? - A.Levallois: Je me refuse à parler de victoire et de perte.

Le débat ne se pose pas en ces termes. Sur les 300 milliards de dollars, ce fameux fonds que Trump propose, qu'il voit abonder par les pays du Golfe. Les pays du Golfe qui étaient vent debout contre cette guerre ont averti D.Trump qu'ils étaient opposés à cette guerre.

Pour avoir eu des discussions avec des Emiratis, des Saoudiens, ils sont fous de rage que Trump les mette devant le fait accompli en leur demandant d'abonder ce fonds pour une guerre qu'ils n'ont pas voulue. Le conseil de la paix de D.Trump, mis en place pour trouver une solution à Gaza...

La nouvelle ONU, qui consistait à ce que tous les pays qui acceptent de participer devaient mettre 1 milliard de dollars sur la table pour faire partie de ce comité, qui lui-même devait participer à la reconstruction de la bande de Gaza...

Il n'y a pas un dollar qui a été déboursé. Ce conseil de la paix, il est mort né. Il ne se passe rien.

Quand j'ai entendu cette histoire des 300 milliards de dollars, c'est ce même mécanisme. La question économique, "je crée des dégâts partout et je n'en assume aucune des conséquences. Ce sont aux autres de payer." Que c'est aux pays du Golfe de payer...

Les pays du Golfe en ont assez de se faire traiter comme des petits qu'on manipule comme D.Trump l'entend...

Ils deviennent des grands. Ils ont leurs intérêts à défendre. Il faut faire attention à toutes ces annonces.

Que vont-elles donner? Qu'est-ce qui va sortir de ces négociations? Qu'est-ce qui est crédible? - A.Casse: On a compris pour les 300 milliards, j'entends votre scepticisme.

Question. - A.Bellanger: A priori, oui.

Des frais de service...

Dans les 14 points de l'accord, il y a un point qui dit "nous avons 60 jours pour laisser le détroit d'Ormuz ouvert. Pendant ces 60 jours, nous verrons si les Américains lèvent les sanctions. A l'issue de ces 60 jours, avec Oman et Téhéran, nous établirons des frais de service." Ils ont compris que s'ils ne tenaient pas le détroit d'Ormuz, ces 300 milliards, ils ne les obtiendraient pas.

C'est une opération de rançonnage. - A.Casse: Que va devenir le nucléaire iranien? - M.Khadra: C'est le grand mystère, c'est l'inconnue.

On n'a pas encore parlé de nucléaire. Il y a juste des bruits aux contours ambigus sur la dilution du stock d'uranium de l'Iran. Que ce soit traité dans un pays tiers...

Il n'y a aucune forme de clarté au niveau de la communication. - A.Casse: Dilution du stock... - M.Khadra: Dilution, transfert dans un autre pays.

Ils n'ont pas discuté de nucléaire en signant cet accord aux 14 points. Le nucléaire était le grand marginalisé. Il y a eu une 1re réaction enragée de l'Arabie saoudite.

Le ministre des Affaires étrangères a réagi aujourd'hui en disant "nous ne sommes pas au courant de ces 300 milliards débloqués. On ne va pas y contribuer. On souhaite réinstaurer la confiance entre nous et l'Iran." Beaucoup d'écueils feront qu'à l'issue des 60 jours le conflit pourrait reprendre. - A.Casse: Pourquoi D.Trump essaye de dire qu'il a fait mieux que B.Obama?

C'est difficile à défendre. - J.André: Oui.

L'accord de Vienne, ils ont mis 2 ans pour le négocier. Les Iraniens ne sont pas prêts à lâcher. Il n'y a rien sur les missiles, le balistique, les proxis...

D.Trump les a menacés au G7. "S'ils ne se comportent pas correctement, je vais retaper." C'est lui qui a le gros bâton.

Mais les Iraniens ont montré qu'ils en avaient un très gros avec le détroit d'Ormuz. - A.Casse: Y a-t-il un point positif pour les Etats-Unis?

Que peut revendiquer D.Trump? - A.Levallois: Il ne peut pas revendiquer grand-chose.

Avec cet accord, les Bourses repartaient à la hausse. C'est ça qu'il a mis en avant. On revient sur la logique de D.Trump, une logique économique.

Les prix de l'essence baissent...

Il y a les midterms. Pour les Américains, c'est l'essentiel...

Il va se contenter de cela pour justifier ce succès qui n'en est pas un. Il aborde la question du détroit d'Ormuz, qui n'existait pas avant le déclenchement de cette guerre. La question du nucléaire est mise de côté dans ce mémorandum signé hier.

Cette obsession de D.Trump...

C'est une pression intérieure américaine qui l'a contraint à accepter cet accord. Je ne suis pas sûre qu'au bout des 60 jours, qu'il va repartir en guerre. Dans 2 mois, fin août, les midterms... - A.Casse: Quand on a vu que Trump, à peine l'accord signé, menaçait de nouveau l'Iran.

Question. - A.Bellanger: Les critiques viennent de partout, des démocrates, des néoconservateurs, d'Israël...

J'ai un regard plus bienveillant avant l'accord, l'option militaire était encore sur la table. Les présidents américains avaient tout essayé face à l'Iran: les négociations longues, les sanctions...

Ce que D.Trump veut montrer par l'absurde, c'est qu'une guerre avec l'Iran était impossible. C'est ça, un accord...

C'est reconnaître la réalité des rapports de force. L'Iran est une grande puissance régionale. Je parle de l'Iran, ses 93 millions d'habitants...

D'une certaine manière, D.Trump revient aux basiques, il revient à la diplomatie. - A.Casse: Mais ça va laisser des traces.

On peut dire qu'il est plus affaibli qu'avant. Sur les critiques au sein même du camp de D.Trump...

Même Fox News le lâche. Cet ancien responsable de l'administration dit que "cet accord pourrait être le plus humiliant de l'histoire démocratique américaine, des centaines de milliards en échange d'une promesse que nous avions déjà". - A.Bellanger: Un rapport de force en faveur de l'Iran démontré par l'absurde. - A.Casse: Avait-il besoin de cette guerre pour s'en rendre compte? - A.Bellanger: Oui. - M.Khadra: Il n'a pas utilisé tous ses leviers.

Il a une impatience stratégique. D'après les militaires, il restait plusieurs scénarios à explorer. On parlait du scénario de l'île de Kharg.

Est-ce qu'ils allaient viser les réservoirs de pétrole? Il n'a pas choisi d'utiliser ce levier. Il a concédé 2 leviers que l'Iran n'avait pas avant cette guerre: le détroit d'Ormuz...

Il a laissé faire. Il a juste fait un contre-blocus, très utile économiquement, mais il n'est pas allé jusqu'au bout de sa mission Freedom, qu'il a annoncée et torpillée au bout de 24 heures. Et il y a le dossier libanais, celui du Hezbollah. "Israël pourrait agir mieux avec le Hezbollah.

Ce n'était que 2 drones envoyés sur le nord d'Israël." Il a concédé ce levier de pression à l'Iran. Il a cédé.

C'est une attitude défaitiste. - J.André: Je pense que le plan n'a pas fonctionné.

Le plan de départ: "Soulevez-vous, faites tomber le régime, c'est le moment." Le peuple iranien, in fine, pour plein de raisons qui sont compréhensibles...

Un ami me disait "le peuple iranien a vu ce qu'il s'est passé en Irak, en Syrie, 12 ans de guerre civile..." Est-ce qu'ils ont vraiment envie de faire la même chose?

Il n'y avait rien derrière. C'est bien joli de faire tomber un régime, mais qu'est-ce qu'on met derrière? Peut-être qu'ils ne sont pas contents de ce régime, mais ils ne veulent pas 10 ans de guerre civile après.

Le plan n'a pas marché, qui était de faire tomber le régime. Derrière, c'est du damage control. - A.Casse: On parle de la ruse de D.Trump.

On a bien compris comment il a coincé E.Macron. Parlons de J.D.Vance, le vice-président américain.

Il devait signer le protocole d'accord demain à Genève. Finalement, il va participer aux 1res négociations. - D.Trump: Si ça marche, tout le mérite sera pour moi.

Si ça ne marche pas, je rejetterai la faute sur J.D.Vance. "Fais attention", j'ai dit...

Je pense que c'est une bonne idée. - A.Casse: Il est en train de le piéger? - A.Bellanger: Il lui savonne la planche.

Il déteste l'idée que quelqu'un de 40 ans plus jeune que lui pourrait lui succéder et faire une captation d'héritage. Récupérer le MAGA...

De la même manière qu'il a savonné la planche à M.Rubio. Il a fait passer M.Rubio pour une andouille avec les oreilles écartées, qui savait juste parler espagnol et jouer des maracas.

Cet homme a 80 ans. Il regarde les Kennedy et voit tous ceux autour de lui presque comme un jeu de rôles, il les fait tomber les uns après les autres. - A.Casse: Ca fait penser à la série "Succession".

Hier, M.Rubio doit se démener pour trouver une imprimante. D.Trump court lui donner l'accord...

On voit une forme de soumission. J.D.Vance est en promotion de son livre.

Demain, il sera associé à cet accord. Ce sera aussi son accord. - J.André: Il est vice-président des Etats-Unis.

C'est le job. Il n'a fait aucun mystère du fait qu'il était contre cette guerre. C'est quelque chose qu'il pourrait mettre en avant.

Depuis le départ, il a fait comprendre qu'il n'était pas pour. Quelque part, il fait la promo de son livre. Il prépare 2028.

Il a peut-être intérêt à garder un peu de distance par rapport à cette histoire iranienne. Il joue peut-être son match d'une manière intelligente. Peut-être même que ça l'arrange beaucoup que son patron ait signé à Versailles.

Il arrive à Lucerne demain...

Il va négocier et advienne que pourra. Ca peut être bon pour lui. - A.Casse: D.Trump lui a fait un cadeau en surprenant tout le monde en signant de sa main l'accord? - A.Levallois: Il dédouane J.D.Vance de la responsabilité de la signature de l'accord.

Tout le monde émettait des doutes sur ce qui pourrait sortir de la négociation. Et ce, en agissant de la sorte...

J.D.Vance fait le boulot.

Evidemment, il va l'endosser. Mais dans le cadre d'une campagne électorale, le moment venu, il pourra dire que ce n'est pas lui qui a signé, qu'il l'a toujours été...

Les déclarations sont publiques. S'il reste, il est obligé de faire le job pour lequel il est payé. - A.Bellanger: D.Trump a tenté le coup de faire la guerre en Iran, de suivre B.Nétanyahou.

Il voulait obtenir la fin du régime. Il voulait obtenir ce qu'il a obtenu au Venezuela. Comme il ne l'a pas obtenu, il a eu envie d'en partir.

Le 2e coup aurait pu être de prendre l'île de Kharg...

Mais c'est trop complexe. - A.Levallois: Ca ne l'intéresse pas... - A.Bellanger: Courage, fuyons... - A.Casse: Quelle serait la réaction de B.Nétanyahou?

Il appelle à préserver la relation vitale avec Washington. Ce n'est pas une réaction directe à l'accord. Certains en Israël dénoncent un coup de poignard dans son dos.

Il y a eu cette déclaration de D.Trump cette semaine: "Sans les Etats-Unis, Israël n'existerait pas." - Ce matin encore, une frappe israélienne dans le sud du Liban.

Avant-hier également...

Ici, la guerre se poursuit malgré l'accord entre Washington et Téhéran. De quoi sérieusement irriter D.Trump qui, selon "The Wall Street Journal", aurait interpellé le Premier ministre israélien.

Mais B.Nétanyahou n'entend pas céder si facilement aux pressions. Lundi, 1re conférence de presse depuis 3 mois.

Malgré la promesse d'un accord, toujours la même volonté. - B.Nétanyahou: Depuis des décennies, je lutte contre les efforts de l'Iran pour se doter de l'arme nucléaire.

C'est la mission de ma vie. Je m'y suis tenu jusqu'à aujourd'hui et je m'y tiendrai encore. Avec ou sans accord, l'Iran ne possédera pas l'arme nucléaire.

Je vous le dis, citoyens d'Israël, la lutte n'est pas terminée. - Simple divergence ou véritable rupture? Au sommet du G7, mardi, D.Trump met en garde le chef de l'Etat hébreu. - D.Trump: Sans nous, sans les Etats-Unis, Israël n'existerait pas.

Sans moi, Israël n'existerait pas car aucun autre président était prêt à faire ce que j'ai fait. J'ai une excellente relation avec Bibi, mais maintenant, Bibi doit se montrer plus responsable vis-à-vis du Liban. - D.Trump, B.Nétanyahou, une amitié de longue date. - B.Nétanyahou: Je pense que D.Trump est le meilleur ami que j'aie jamais eu à la Maison-Blanche. - D.Trump: On a déjà gagné une grande guerre ensemble. - Jusqu'à l'attaque conjointe surprise contre l'Iran. - B.Nétanyahou: Chers citoyens, je tiens à remercier du fond du coeur le président des Etats-Unis, D.Trump, le peuple américain et l'armée américaine.

Le président Trump n'est pas seulement le plus grand ami d'Israël que la Maison-Blanche ait jamais connu. C'est aussi un dirigeant déterminé du monde libre. - Des propos qui ont mal vieilli.

En pleine négociation avec l'Iran, D.Trump reproche à B.Nétanyahou l'escalade militaire au Liban.

Conversation houleuse que le président américain a fait fuiter dans la presse. B.Nétanyahou presque humilié et critiqué aussi chez lui.

L'accord entre Washington et Téhéran lui est reproché par ses opposants. - Un simple trait de plume. Les exploits de nos pilotes et l'héroïsme de nos combattants sur le sol libanais ont été effacés. - Et même par certains membres de son gouvernement. - Un Etat souverain n'est pas un sous-traitant au service d'une quelconque superpuissance.

Il n'est pas lié par des accords qui bloquent sa capacité à protéger son peuple. Nous aimons le président Trump, mais nous n'acceptons pas l'accord qu'il a signé et nous devons poursuivre sur notre voie. - Le prochain test pour B.Nétanyahou aura lieu en octobre lors des élections législatives.

Selon un dernier sondage, la coalition du Premier ministre pourrait perdre la majorité. - A.Casse: Question. - M.Khadra: Il est en train de préparer les élections législatives, de penser à sa survie et à une priorité, celle du front libanais.

Il a rappelé, avec son ministre de la Défense, que la question du Liban et de la sécurité du nord d'Israël étaient non négociables. Donc pas de concessions faites au Hezbollah. Toujours le maintien de la même politique, à savoir bombarder les positions du Hezbollah.

Depuis l'annonce de cet accord, ils ont réduit la voilure des attaques. Il n'y a pas autant d'attaques qu'avant. Mais il y en a toujours.

C'est le maintien du rapport de force. Il y a un 3e cycle de négociations directes. Ca aura lieu à Washington.

Il y a toujours des avancées sur le dossier libanais et Nétanyahou ne veut pas déclarer forfait. Il veut dire "je maîtrise. Je n'ai pas maîtrisé le dossier iranien, mais je maîtrise le dossier libanais".

Il y a eu des déclarations officielles de la part du Premier ministre et du président libanais en disant qu'il n'était pas concerné par le deal signé entre l'Iran et les Etats-Unis. - A.Casse: Est-ce que B.Nétanyahou peut continuer sa guerre contre D.Trump? - A.Levallois: Il peut la continuer au Liban.

Il peut y avoir un deal. "Tu peux continuer mais dans des marges acceptables. Il ne peut pas refaire des bombardements aussi violents." Même si Nétanyahou est perdant dans le sens où il voulait aller au-delà dans sa guerre au Liban, au bout du compte, il n'est pas si perdant que ça.

Il a obtenu que la région est un chaos absolu généralisé. Il fait ce qu'il veut de la bande de Gaza, en Cisjordanie. Il a détruit une grande partie du Liban sans que quiconque ne l'arrête, y compris la France qui était garante du cessez-le-feu.

Israël est implanté en Syrie avec des troupes dans le sud de la Syrie et Nétanyahou les a passées en revue. Il y a un territoire syrien annexé en 80 qui a été étendu. On a un Trump qui dit à la Syrie: "Occupez-vous du Liban." Je n'ai pas le sentiment que Nétanyahou ait tout perdu.

Il a perdu l'obsession iranienne de détruire les installations mais certaines ont été endommagées. Il y a un retard pris dans la possibilité des Iraniens de mettre en place le programme nucléaire. Quand vous regardez la situation générale de B.Nétanyahou, elle n'est pas si mauvaise.

Elle est dramatique en termes de perception. Ca donne le sentiment que Trump veut lui imposer quelque chose et que B.Nétanyahou ne peut pas accepter cela. - A.Casse: Le vice-président américain évoque la question israélienne.

Il a dit: "Israël devrait ouvrir les yeux." B.Nétanyahou n'a pas réagi officiellement au contenu de l'accord, mais I.Ben Gvir dit: "Nous n'acceptons pas l'accord que D.Trump a signé." Que nous dit la réaction de J.D.Vance? - J.André: Il y a eu ce qu'a dit Trump hier, qui était brutal. "Les Américains signalent que vous êtes allés suffisamment loin." Jusqu'où comptent-ils aller?

Ils sont dans une sorte de fuite en avant. Ils prennent le contrôle...

La France s'est fâchée. Ils ont pris le château de Beaufort. "C'est trop.

C'est symbolique." On revient sur les positions de la guerre des années 80... "On ne veut pas le revivre." On sent Trump inquiet pour son accord.

Il dit à B.Nétanyahou: "Stop, tu ne torpilles pas mon accord." Il le dit de manière très violente.

Au G7, il dit que Nétanyahou a été un bon Premier ministre. Il le dit au passé. "Il a été un bon partenaire mais parfois, il s'énerve.

Il faut qu'il se souvienne qu'on est le gros partenaire et que lui, c'est le tout petit partenaire." Il lui dit: "Stop, assez, tu te tiens à carreau." Je suis d'accord qu'ils ont gagné énormément de terrain, profité de cette période et ils en sortent en position de force militairement dans un chaos.

Où est-ce qu'ils vont maintenant? C'est un peu l'archétype de la victoire à la Pyrrhus. - A.Casse: Quand on entend les propos de D.Trump, il ramène B.Nétanyahou plus bas que lui mais on sent une inquiétude, que ce soit B.Nétanyahou qui décide de la suite des événements. - A.Bellanger: D.Trump dit que ce n'est pas la queue qui remue le chien mais le chien qui remue la queue.

C'est lui qui fournit la puissance, les armes et les directions stratégiques. B.Nétanyahou dit qu'il est en campagne électorale et qu'il n'est pas de bon aloi de se fâcher maintenant.

Il ne veut pas trop perdre au moment de l'élection. Pour les Israéliens, Israël est en guerre depuis 2 ans et demi. Les guerres d'Israël...

Elles doivent être courtes pour être supportables. La guerre des Six-Jours, la guerre de Kippour...

Ca fait 2 ans et demi que le nord d'Israël est entièrement interdit à tous les Israéliens qui vivent dans une bande de 50 km qui va de la frontière libanaise jusqu'à l'intérieur des terres israéliennes. C'est insupportable pour une partie de la population la plus conservatrice et ça épuise la population israélienne. Je suis d'accord pour dire qu'Israël n'a pas perdu l'affaire.

Avoir mis au KO la région fait partie de la théorie d'Israël. Il faut abrutir de violence vos ennemis de manière à ce qu'ils n'aient plus rien à négocier. Les Américains qui ne referont plus la guerre avant longtemps...

C'est la fin du rêve israélien d'hégémonie locale, cette idée qu'Israël était une surpuissance militaire et qu'elle pouvait imposer sa volonté par sa puissance militaire et sa puissance économique...

Aujourd'hui, cette centralité stratégique d'Israël est brisée. Les Etats-Unis ne sont plus là... - A.Levallois: Ils sont là quand même.

Il y a un axe qui reste très fort, c'est l'axe Emirats-Etats-Unis-Israël. Je n'irais pas aussi loin. Ce rêve est encore présent de la part d'Israël.

Tout va dépendre de comment Israël va gérer cette nouvelle phase. - A.Casse: Israël continue à frapper le Liban.

Quelle sera la question de l'Iran? Cet accord dont on parle depuis le début, est-ce qu'il n'est pas amené de lui-même à s'évaporer? - M.Khadra: Non.

Il y a, dans tout ce débat, un paramètre qu'on oublie, c'est le Liban. On n'a nullement parlé du pouvoir libanais. Il est un peu terne.

Ils n'ont pas vraiment de puissance. Mais ils ont beaucoup de volonté. Aujourd'hui, l'idée de la normalisation avec Israël dans un pays qui a été traditionnellement en guerre avec Israël...

Ca a toujours été des factions para-étatiques. Il y a un tabou brisé au Liban. Ils sont a minima pour la signature d'un accord de paix.

Il y a une colère tellement grande Contre le Hezbollah, jusqu'au sommet de l'Etat, exprimée par le président J.Aoun, et par le ministre des Affaires étrangères sur les télés françaises qui a dit que le Hezbollah était un seul organe. Il n'y a pas de branche politique ni militaire.

Jamais on n'a entendu ce discours au Liban. Le pouvoir est excédé par le Hezbollah. Aujourd'hui, il faut prendre en compte ce nouveau paramètre, celui de la volonté exprimée par le pouvoir politique au Liban.

Concernant les autres acteurs, évidemment qu'il y a toujours beaucoup d'exigence côté libanais. Pour le retrait israélien, il faut des garants. Ca pourrait être la France.

Il y a toujours beaucoup de points de litige qui ne sont pas insolvables. C'est pourquoi il faudrait peut-être aujourd'hui oeuvrer politiquement, c'est donner l'exemple que 2 pays comme Israël et le Liban peuvent signer la paix dans ce marasme du Moyen-Orient. - A.Casse: Comment l'Iran pourrait réagir si Israël continue à bombarder le Liban? - A.Levallois: La question qu'il faut se poser, c'est: est-ce que le régime iranien dont le seul objectif est sa survie...

C'est un régime affaibli. Est-ce que pour sauver son poste, pour que le régime se maintienne, je pense qu'il est capable de lâcher le Hezbollah pour ne pas être responsable de la remise en question de cet accord, lequel accord lui assure une certaine pérennité? Je ne connais pas la durée.

Cet accord lui permet de montrer qu'il s'en sort et qu'avec l'argent qui va couler, la situation des Iraniens va s'améliorer et essayer de casser la contestation, qui ne sera pas cassée pour autant...

Le régime joue la montre pour sauver sa peau. - A.Casse: Ca explique le pari de B.Nétanyahou.

Peut-être qu'il a anticipé cette non-réaction. - A.Levallois: Il peut y avoir un deal avec d'un côté le régime iranien qui ne peut pas perdre le bénéfice de cet accord pour sa survie et un deal possible entre Trump et Nétanyahou pour que Nétanyahou continue à viser ponctuellement des infrastructures du Hezbollah et non plus des bombardements massifs, de justifier le fait que ce sont des cibles du Hezbollah qui sont visées.

Trump et Nétanyahou peuvent négocier. Les Iraniens peuvent l'accepter. - A.Casse: On essaye de comprendre en quoi ce nouvel accord entre l'Iran et les Etats-Unis change les rapports de force aujourd'hui.

Et si c'était surtout la Chine qui avait remporté ce conflit? - A la télévision chinoise, une signature remarquée. - Les Etats-Unis et l'Iran ont confirmé la signature du protocole d'accord entre leurs 2 pays. - L'un des objectifs des 2 parties était de permettre la reprise de la navigation dans le détroit d'Ormuz le plus rapidement possible. - La Chine, ce grand rival des Etats-Unis pour qui D.Trump a eu un mot hier en conférence de presse. - D.Trump: Je veux remercier la Chine et le président.

J'étais avec lui. Il est resté neutre. Totalement neutre.

J'apprécie cela. - La Chine sort-elle renforcée, après plus de 3 mois de guerre au Moyen-Orient? La neutralité de Xi Jinping était-elle une manière de laisser D.Trump s'embourber?

En plein conflit, les médias chinois n'hésitaient pas à railler les déboires américains. - Le vernis de l'hégémonie américaine semble s'être arraché. - Le prix de l'essence aux Etats-Unis a atteint des niveaux jamais vus depuis des décennies. - L'économie chinoise aura finalement payé un tribut moins lourd qu'attendu, réussissant avec l'accord de l'Iran à faire passer certains de ses navires à travers le détroit d'Ormuz. - Trois navires chinois ont récemment transité par le détroit.

Nous exprimons notre gratitude aux parties concernées pour l'assistance qu'elles ont apportée. - La Chine qui se présente aussi comme un pôle de stabilité, recevant les puissants de ce monde. Mi-mai, D.Trump justement. - D.Trump: C'est un bel endroit.

C'est incroyable. La Chine est belle. - Démonstration martiale, opération séduction et signature de contrats. - Xi Jinping: Cette visite a été symbolique et historique.

Elle nous a permis d'établir une nouvelle relation bilatérale et stable. - Une visite entre flatteries et petites humiliations, comme quand Xi Jinping explique que ces arbres sont plus anciens que les Etats-Unis. - D.Trump: D'autres présidents sont venus? - Xi Jinping: Très rarement.

Cela est extrêmement rare. V.Poutine est déjà venu. - V.Poutine déjà venu et reçu à nouveau 5 jours après D.Trump. - V.Poutine: Nos relations offrent un modèle de partenariat global et de coopération stratégique. - Les présidents russe et chinois main dans la main.

Xi Jinping fait même la leçon aux Etats-Unis. - Xi Jinping: Le monde actuel est loin d'être pacifique. L'unilatéralisme et l'hégémonisme posent de profonds dangers.

Le monde court le risque de régresser vers la loi de la jungle. - Ce matin, alors que D.Trump semble affaibli après sa guerre au Moyen-Orient, la diplomatie chinoise en profite pour lancer un avertissement à Taïwan. - Taïwan est une partie inaliénable du territoire chinois et l'avenir de Taïwan ne peut être décidé conjointement que par les plus de 1,4 milliard de Chinois, y compris nos compatriotes taïwanais.

Rechercher l'indépendance en s'appuyant sur les Etats-Unis ou par la force militaire constitue une impasse. - Xi Jinping est invité à la Maison-Blanche le 24 septembre prochain. - A.Casse: Question. - M.Khadra: Ils pourraient être les gagnants de cette affaire mais tout dépend de si cet accord entre les Etats-Unis et l'Iran, quel sera l'horizon de cet accord?

Est-ce que ça va réussir? Est-ce que ça va échouer? Si ça réussit, oui, peut-être.

Ca va s'accompagner d'une levée de sanctions sur le régime iranien. - A.Casse: C'est bon pour les importations de pétrole. - M.Khadra: C'est bon aussi pour lever les sanctions sur toutes les start-up chinoises sanctionnées.

On oublie souvent que le Trésor américain a visé de sanctions les start-up chinoises qui traitaient avec le pouvoir iranien. Ca serait aussi un moyen de revenir sur la scène de la reconstruction en Iran. Il y a eu un accord stratégique en 2021 entre le ministre des Affaires étrangères iranien et son homologue chinois après la sortie de D.Trump de l'accord sur le nucléaire.

C'était plus de 300 pages opaques. On a quelques bribes de cet accord qui parlerait d'un système de troc installé entre la Chine et l'Iran, la Chine qui construit des infrastructures iraniennes. Je lisais les médias chinois ce matin.

Il n'y a pas un mot sur l'accord signé hier à Versailles. C'est impressionnant. - A.Casse: "Ne jamais interrompre un ennemi quand il fait une bêtise." Est-ce que la Chine apparaît plus stable? - A.Bellanger: Quand on parle de la Chine comme l'empire du Milieu, il y a quelque chose de vrai.

Elle est au milieu. Elle n'est pas là pour envoyer ses hommes barrer le détroit d'Ormuz, défiler sur les Champs-Elysées. Vous ne verrez pas de Chinois à Berlin ou partout dans le monde.

Ce qui la concerne...

Quand il s'agit du reste du monde, ce sont ses intérêts économiques qui prévalent. En l'occurrence, elle a de très beaux atouts à faire valoir en Iran. 20 à 50 milliards de dollars d'avoirs iraniens sont bloqués dans les banques chinoises en ce moment.

La Chine applique les sanctions internationales et américaines. En cas de déblocage de ces fonds gelés, la Chine pourrait mettre 50 milliards sur la table. Ensuite, qu'est-ce que la Chine aimerait bien exporter?

Des entreprises du BTP. Ca tombe bien, s'ils le font avec 300 milliards de fonds emiratis...

Ils pourraient intervenir. La Chine n'intervient pas sur les conflits internationaux. Elle s'intéresse à ses intérêts proches et sécurise ses routes commerciales. - A.Casse: On passe à vos questions.

Je veux des réponses courtes. Question. - J.André: Ca fera sourire.

On verra bien. - A.Casse: Il peut aimer cette référence historique? - J.André: Je ne sais pas... - A.Casse: Question. - A.Levallois: Je n'ai pas les éléments qui permettent de répondre à cette question. - A.Casse: Apparemment, il y avait 2 exemplaires. - A.Levallois: Forcément, un en persan... - A.Bellanger: Comme les Iraniens aiment soigner la forme...

Ils avaient fourni un texte en 14 points, il y a un mois et demi et les Américains avaient répondu en 10 points. Si le texte fait 14 points, c'est pour marquer dans la forme ceux qui ont remporté la partie. - A.Casse: Question. - M.Khadra: Il n'a rien signé.

La contrainte est plus une contrainte superficielle mais qui impose un certain rôle à la France. C'est comme l'arbitre. C'est le témoin de la signature de cet accord.

Ca a eu lieu dans un lieu symbolique de l'Histoire française, du patrimoine français: le château de Versailles. C'est une manière de concéder un petit rôle de figurant au président français, mais qui pourrait peut-être après s'élargir pour demander à la France de participer plus activement. Dans cet accord, il y a une expression qu'on retrouve dans l'accord de cessez-le-feu signé entre Israël et le Hezbollah en 2024, c'est le mot "mécanisme".

Il y a le mécanisme de surveillance. Qui va surveiller la bonne tenue de cet accord? Il y a un flou.

Est-ce que la France va y être associée? - A.Casse: C'est dans la galerie des Glaces que D.Trump dit qu'il va signer l'accord au château de Versailles à E.Macron.

E.Macron ne pouvait pas dire non? - J.André: Bien sûr que non. - A.Casse: Est-ce qu'il a été mis au courant du contenu?

C'était quand même prendre un risque de lui dire oui? - J.André: Je pense qu'il n'a pas eu le choix.

D.Trump a dit: "Emmanuel, je vais le signer." Qu'est-ce que vous voulez qu'il fasse?

Au château de Versailles, 40 personnes autour, il ne va pas lui dire non. C'est impossible. Ca vient juste après qu'E.Macron lui a proposé, en bilatérale au G7, d'envoyer une unité aéronavale française dans le détroit d'Ormuz pour aider les Américains suite à la levée du blocus.

Il s'associe. C'est symbolique. Ca en fait l'arbitre. - A.Casse: Vous vouliez réagir? - A.Levallois: J'ai oublié... - A.Casse: Question. - A.Levallois: Je ne dirais pas "n'importe quoi", mais il voulait absolument signer quelque chose.

Cette séquence a duré trop longtemps. Je rappelle l'expression utilisée par D.Trump, il a parlé d'une "excursion".

L'excursion a duré un peu longtemps, quand même, et sans la possibilité d'arriver à ce qu'il voulait. Il voulait signer, pas n'importe quoi, il y a quand même des choses de signées mais il voulait absolument se sortir du bourbier dans lequel il s'était mis lui-même avec les Israéliens. - A.Casse: Question.

On voulait montrer ces images de cette frange la plus radicale du régime qui manifeste et montre qu'elle est contre le pacte avec les Etats-Unis et le considère comme une trahison. On les appelle les "inquiets". Ca montre qu'il y a des fractures. - M.Khadra: Evidemment.

Côté iranien, celui qui a signé ce memorandum, c'est le président qui a été élu par D.Trump comme chef des négociateurs. C'est la figure la plus dure.

Le ministre des Affaires étrangères est hors jeu. Ce n'est pas lui qui a signé. Le président iranien n'a presque pas de prérogatives. - A.Casse: En gros, ça amoindrit la valeur de cet accord? - A.Bellanger: Il faut être prudent.

Nous avons tous envie et on commente tous le fait que D.Trump a perdu la partie. Il a voulu signer très vite.

Mais on ne sait pas dans quel état se trouve l'Iran aujourd'hui, dans quel état se trouve le régime. On arrive à peu près à savoir qui a remporté la partie...

Il y avait la figure d'A.Khamenei qui tranchait à la fin. - A.Casse: Quand est-ce qu'on saura? - A.Bellanger: Pendant ces 60 jours. - A.Levallois: Ce sont les Gardiens de la révolution qui gèrent la partie et non plus les religieux comme auparavant.

Ce n'est plus une République islamique. C'est une République tenue par les militaires dont l'objectif est de sauver tout l'empire mis en place depuis des dizaines d'années. Leur objectif est de se maintenir coûte que coûte pour garder tous les avantages.

L'avantage de faire signer par le président, c'est que si ça ne va pas du tout, on le mettra de côté et eux reprendront la main avec des exigences différentes. Je pense que les Gardiens de la révolution peuvent faire quelques négociations pour garder le pouvoir. Leur obsession, c'est de se maintenir et de garder tous les avantages acquis depuis des années. - A.Bellanger: Avec ce bon vieil axiome: "Mourir, peut-être.

Rendre l'argent, jamais." - A.Casse: Question. - J.André: On n'en est pas là.

En revanche, ils se préparent. C'est le chef de l'AIEA qui l'a dit. - A.Casse: La méthode minimale de dilution... - J.André: Sur les inspections, ça peut être négocié.

Ca va être des points très durs. - A.Bellanger: Dernière humiliation, dernier clou dans le cercueil de D.Trump, l'Iran demande à ce que l'ONU certifie le document. - A.Casse: C'est fini!

Merci. Tout de suite, "C à vous". - A.-E.Lemoine: Des trains supprimés par la SNCF.

Le point sur l'affaire Lyhanna.