Présidentielle 2027, prix des carburants... L'interview de Laurent Wauquiez
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Bonjour Laurent Wauquiez. Bonjour. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci d'être avec nous sur France Info. Votre parole est rare. On va parler de votre nouveau costume, celui de rassembleur à droite en vue de la présidentielle. Ça vous fait sourire. On va en parler. Mais d'abord, le pouvoir d'achat des Français mis à mal par la flambée des prix du carburant. Cela impacte leur budget, leurs vacances aussi. Laurent Wauquiez, est-ce que vous voulez toujours récupérer le surplus lié à la hausse des rentrées fiscales pour l'État, pour faire baisser les taxes ? Ou est-ce que vous reconnaissez qu'il n'y a pas de surplus ? Et dans ce cas, que proposez-vous ?
Oui, plus que jamais. Parce que je suis extrêmement inquiet de la situation. Moi, je viens d'un département rural où il n'y a pas de transport en commun, la Haute-Loire. Les gens vont travailler en prenant leur voiture. Et je vois l'impact qui est considérable de la situation sur une France qui travaille, pour laquelle on se retrouve avec des pleins d'essence gasoile qui peuvent aller jusqu'à 30 euros de plus. et où, pour des salaires modestes, c'est la différence entre gagner un peu en allant travailler et juste travailler pour remplir son plein d'essence.
Et donc, la situation actuelle me préoccupe énormément, parce qu'en plus, elle est très injuste, qu'elle touche de façon inégale des Français et qu'elle fragilise considérablement cette France qui travaille. Vous voyez, ces derniers jours, j'avais beaucoup d'échanges avec des artisans. J'ai eu un échange qui m'a beaucoup marqué avec une artisante chez moi qui venait de Saugues et qui m'expliquait juste qu'elle ne s'en sortait plus. C'est des gens que je connais, ils doivent travailler 40, 45 heures par semaine, c'est vraiment des travailleurs, et ils ne s'en sortent plus. Qu'est-ce qu'il faut faire alors ? Moi, ma proposition, elle est très simple.
C'est, avec la TVA et la montée des prix, le gouvernement fait des recettes supplémentaires. La proposition que je fais, c'est que l'intégralité de ces recettes soit affectée à la baisse de la taxe sur l'essence. L'intégralité.
Alors, 190 millions d'euros, en plus, en mars et en avril, ce n'est pas énorme. 190 millions que le gouvernement s'est engagé à réaffecter déjà pour aider les Français, pour financer les dispositifs d'aide.
Oui, et pour moi, c'est déjà une avancée. Et je suis reconnaissant au Premier ministre d'avoir tout de suite mis les cartes sur la table, et en disant, on fait la transparence, chaque mois on dit combien il y a de recettes supplémentaires. Si on met en œuvre ma proposition, elle va faire quoi ? En gros, vous avez une augmentation qui est à peu près, pour l'instant, de 60 centimes d'euros. Si on fait cette proposition, ça permettra de faire baisser de 10 centimes d'euros le coût du gasoil. Est-ce que c'est beaucoup ? Non. Mais enfin, ça donne de l'oxygène. Et au moins, c'est aussi une question, je dirais, quasiment de transparence par rapport aux Français.
Parce qu'ils ne peuvent pas à la fois avoir des grosses difficultés, ne plus arriver à boucler la fin de mois, et en plus avoir le sentiment que le gouvernement en profite pour mettre des recettes de côté. Donc, ce que je propose est très simple. Toutes les recettes supplémentaires sont affectées à une seule chose, c'est la baisse des taxations sur l'essence et le gazoil.
Donc la baisse pour tous les Français.
Merci.
Quel que soit leur revenu.
Parce que pour moi, ça, c'est très important. Pourquoi ? C'est que je me méfie beaucoup de tous les dispositifs qu'on fait, qui sont avec beaucoup de règles compliquées, des seuils de revenus dans tous les sens, qui laissent de côté toute une partie de ceux qui travaillent. Je ne crois pas à ce genre de dispositif. Je pense qu'en réalité, c'est extrêmement frustrant. C'est souvent injuste. En France, on est assez spécialiste de ça. On laisse la plupart du temps de côté les gens dès qu'ils travaillent. Et je pense qu'en réalité, ce n'est pas la vraie conception que je me fais d'un système équitable. Donc moi, ma proposition, elle est simple.
On rend aux automobilistes l'intégralité des taxes supplémentaires.
Maud Bréjean, la porte-parole du gouvernement, a annoncé hier qu'il y aurait des mesures d'ici quelques jours. Il temporise, on ne sait pas quand on sait que ça arrive. On vous sent assez tendre avec le gouvernement ce matin ? Non, pas du tout. Vous trouvez qu'ils sont à la hauteur des enjeux ?
Je considère qu'ils essayent de réagir dans une situation où je sais et où on sait tous que juste les finances publiques du pays sont ruinées. Donc, je suis lucide et responsable. Je ne demande pas n'importe quoi. Et il faut aussi qu'on se le dise et à ceux qui nous entendent. Évidemment, quand vous avez des pays comme l'Allemagne, comme l'Italie, qui ont fait des économies, qui dégagent parfois des excédents primaires, budgétaires, ça leur permet évidemment de financer des mesures plus importantes. Vous savez, la seule région en France qui a baissé la taxation sur l'essence, c'est la mienne. C'est la région Verne-Rhône-Alpes.
Quand j'en étais le président, pourquoi est-ce qu'on avait pu le faire et pourquoi on a pu le faire ? Tout simplement parce qu'on avait fait des économies et qu'on avait baissé de 15% notre dépense publique.
Justement, Laurent Wauquiez, aujourd'hui, vous proposez une baisse de 10 centimes, ce n'est pas énorme.
Oui, mais c'est quand même mieux que de prendre 60 centimes d'augmentation.
On vous entend, mais ça reste 10 centimes. Vous dites qu'on ne peut pas faire beaucoup plus non plus parce que vous reconnaissez qu'il y a une situation française avec des caisses qui sont vides. C'est ce que répète le gouvernement tous les jours. En 2022, les Républicains avaient fait pression sur l'exécutif pour qu'ils mettent en place une ristourne à la pompe. Ça avait coûté 8 milliards d'euros. Est-ce qu'aujourd'hui, vous reconnaissez que vous êtes co-responsable de la situation dans laquelle on est aujourd'hui et qui fait que la France ne peut pas aider autant que l'Allemagne, par exemple ?
Mais tout le monde est co-responsable. Je suis à l'Assemblée nationale. Avec mon groupe, on s'était forcé de mettre des propositions d'économie sur le budget. Mais quand on est dans l'hémicycle, je vois l'ERN qui vote avec LFI pour qu'il y ait des augmentations de dépenses partout. Je vois, et je suis lucide aussi, beaucoup de députés à l'intérieur de ce qu'on appelle le socle qui ont du mal à soutenir des économies. Ce n'est jamais facile de faire des économies. Mais celui qui vous parle a géré la région Auvergne-en-Alpes qui est aujourd'hui la mieux gérée de France, qui est la seule collectivité locale de cette taille qui a fait des économies.
On ne gère pas de la même façon quand on est au pouvoir et quand on est dans l'opposition ? C'est ça que vous voulez dire ?
J'étais au pouvoir, je gérais ma région et j'ai fait des économies. Donc j'ai essayé de m'appliquer à moi-même ce que je vous dis aujourd'hui. Mais vous avez raison de le dire. Bien sûr que ce n'est pas facile d'annoncer des économies. Mais la seule vérité, c'est que si on veut préserver le pouvoir d'achat des Français, il va falloir faire des économies sur la dépense publique. Et vous connaissez ma position. Il y a deux secteurs où on peut faire des économies. Le premier, c'est que je considère qu'il faut arrêter l'assistanat. On est allé trop loin dans l'assistanat dans notre pays. Il faut garder le social, mais arrêter l'assistanat.
Et la deuxième chose, c'est qu'on a laissé se développer trop de bureaucratie administrative, qui aujourd'hui coûte très cher, beaucoup d'agences dans tous les sens, et qu'il faut garder les services publics, mais arrêter cette bureaucratie administrative. Ces leçons, je les ai appliquées chez moi. Je suis convaincu qu'elles sont applicables à l'échelle nationale. Il faut un peu de détermination, un peu de courage. Oui, c'est vrai, vous avez raison de le dire. Mais on peut le faire, et c'est la seule façon durable de rendre de l'argent aux Français.
On aimerait aussi votre position sur le fait qu'un député de votre groupe veut créer une commission d'enquête sur la flambée des prix du carburant depuis le début de la guerre en Iran. L'idée, je cite, c'est d'ouvrir les carnets de comptes pour voir qui profite ou pas de la guerre. Plus de la moitié de votre groupe soutient cette démarche. Est-ce que c'est votre cas ? Officiellement, ce matin sur France Info, vous voulez cette commission d'enquête. Et puis, qu'est-ce que vous cherchez exactement ?
Alors, un, on a plusieurs propositions de commission d'enquête. C'est une des idées. On va en débattre ensemble tout à l'heure dans ma réunion de groupe avec plusieurs autres propositions. J'ai quand même un tout petit point d'alerte. C'est que je ne suis pas certain que ce qu'attendent les Français, c'est des rapports ou des commissions.
Donc, vous n'êtes pas forcément pour une commission d'enquête sur la flambée des prix du budget ?
Je suis surtout favorable, et là, oui, je mets fortement la pression, à ce qu'il y ait des mesures pour baisser les taxes sur le gasoil et l'essence. Et ce qui m'importe, pour être très clair, c'est plus qu'on fasse des commissions qui vont durer six mois, qu'on ait des mesures dans les prochaines semaines.
On entend que vous n'êtes pas extrêmement favorable. Sachant qu'en plus, le gouvernement a assuré qu'il n'y avait pas de hausse des marges brutes des distributeurs.
Moi, je suis toujours favorable à ce qu'on mette les choses sur la table. Je n'ai pas de problème avec ça. Mais, enfin, voilà, on est élus. Les gens qui nous écoutent traversent une période difficile. Je pense qu'en plus, il va s'enclencher un cycle d'inflation. Donc, ce qui est important, c'est surtout qu'il y ait des mesures, autant que possible, les plus responsables possibles, pour protéger le pouvoir d'achat des Français.
Et justement, pour redonner un peu de pouvoir d'achat aux Français, le gouvernement, c'est une information de Fanny Guignochet de France Info, réfléchit à assouplir la prime Macron, qui avait été durci. Il réfléchit à l'exonérer à nouveau totalement d'impôts. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Alors, j'avais cette discussion la semaine dernière avec des industriels de chez moi de Haute-Savoie et qui me disaient, nous, on a des gens qui viennent travailler, on aimerait pouvoir leur donner une prime simple, exonérée de tout impôt, qui permette de compenser le surcoût du gasoil et de l'essence pour eux. Et donc, je trouve que c'est une très bonne idée. Parce que ça, c'est pas très coûteux pour les finances publiques. Ça permet aux entreprises d'aider ceux qui travaillent. Ça permet de donner une bouffée d'oxygène, précisément à cette France que j'évoquais, qui travaille et qui a aujourd'hui du mal. Donc, ça fait partie des mesures pour lesquelles moi, je me bats.
Et je considère que c'est une bonne idée. Et que si on avance sur ces deux jambes, une baisse de fiscalité pour tous les Français qui permettent de rendre toutes les recettes supplémentaires d'un côté, et de l'autre côté, la possibilité pour les entreprises de faire au fond une prime essence pour ceux qui sont pris à la gorge avec l'augmentation du plein, je pense que déjà, on avance.
Paris et Londres copréident aujourd'hui une réunion des pays prêts à participer à une mission pour sécuriser le détroit d'Hormuz, tandis que Téhéran, on le sait, menace la France de riposte en cas de déploiement français dans ce détroit, et que le porte-avions Charles de Gaulle est justement en ce moment en route vers ce Golfe. Est-ce que vous soutenez cette mission mise sur pied, notamment par le président Macron ?
Je vais dire les choses très simplement. Je considère que pour l'instant, dans ce conflit, la position de la France est la bonne.
Pourtant, vous n'avez pas épargné le président sur d'autres sujets, mais sur l'international, sur ce conflit, vous dites, Emmanuel Macron fait ce qu'il faut.
Tout le monde le sait, je n'ai jamais été suspect de compromission à l'égard d'Emmanuel Macron. Et j'ai souvent tiré des sonnettes d'alarme à un moment où tout le monde n'était pas toujours très lucide sur, on va dire, le projet macroniste. Mais je ne me perds pas en critiques inutiles et qui n'ont pas de sens. Je trouve que le président de la République, dans cette crise, est à la hauteur.
Et que par rapport à un président américain, erratique, inquiétant, qui change d'avis tout le temps, la position de la France est claire, on est présent, on est prêt à participer à une opération de sécurisation sur la durée dans le détroit d'Hormuz, mais on ne s'engage pas dans une guerre dans laquelle on n'a pas été consulté, dans laquelle on n'a pas été informé, et qui est conduite de cette façon aussi absurde par Donald Trump. Je voudrais juste, si vous me le permettez, qu'on marque un petit temps d'arrêt.
Parce que je pense qu'il faut bien qu'on comprenne que cette position, au fond de la France, qui est une position d'équilibre très gaulliste, on va en avoir besoin dans les temps qui viennent. Le danger dans cette période, c'est de croire qu'en réalité, tout ça n'est que la folie de Trump. Je pense qu'on a affaire à un changement géopolitique beaucoup plus profond. On est en train de basculer d'un monde de paix qu'on pensait assurer, à la sortie de la guerre froide et de la chute de l'URSS, dans ce qui va être pour moi une nouvelle guerre froide entre les Etats-Unis et la Chine.
Et qu'il ne faut pas être aveugle, quand Trump agit au Venezuela, quand il cherche à mettre la main sur les ressources d'hydrocarbures du détroit d'Hormuz, c'est en réalité son conflit avec la Chine qui est sous-jacent. Et donc, le positionnement de la France dans cette période-là, qui doit être une position d'équilibre, qui ne doit pas être emportée dans ce qu'est cette guerre froide, ça va être fondamental. C'est pour ça que j'évoquais la position gaulliste, c'était la position du général de Gaulle au moment de l'affrontement de la guerre froide entre les Etats-Unis et l'URSS. Et il y a une deuxième leçon à ça. C'est que pour l'instant, l'Europe est spectatrice.
Parce qu'on a pensé qu'on était protégé par le parapluie américain, parce qu'on a pensé qu'on pouvait importer des produits qui venaient de Chine sans réfléchir au réarmement de notre économie, cette position ne sera pas durable. Il y a une phrase de Hubert Védrine que j'aime beaucoup, on n'a pas le droit d'être des bisounours au pays de Jurassic Park. Nous sommes en train de basculer dans un contexte géopolitique qui est celui de Jurassic Park. La France et l'Europe doivent se réveiller et on doit en tirer les leçons. Et cette position, pour moi, gaulliste, de non-alignement, de souverainisme, me convient bien. Avec Laurent Wauquiez,
président du groupe Droite Républicaine à l'Assemblée, député de Haute-Loire, ça nous rappelle de mauvais souvenirs.
Oh là là, oui, de très mauvais souvenirs. L'antavirus, c'est donc le nom de ce virus qui touche désormais une Française en réanimation, rapatriée du bateau de croisière touchée par ce foyer de ce nouveau virus. Une réunion s'est tenue à Matignon hier, il y en aura deux par jour. Les contacts vont être placés en quarantaine, renforcés en milieu hospitalier. Rien que ces mots prononcés par le Premier ministre nous rappellent évidemment le Covid. Laurent Wauquiez, est-ce que ça vous inquiète ?
Oui, je pense comme tous ceux qui nous écoutent. Bien sûr que ça nous inquiète. Parce que vous l'avez dit, ça rappelle dans notre souvenir tous ces moments qui étaient quand même épouvantables du Covid, du confinement, de la chaîne de contamination. Donc, je pense que la bonne réaction, c'est de réagir tout de suite. On est informé, on a traversé le Covid, ce virus est connu, donc il faut casser la chaîne de contamination tout de suite. Je trouve que les mesures qui ont été annoncées hier consistant à être plutôt très sérieux dans l'approche du sujet et des cas contacts me semblent la bonne. On a des grands experts en France sur l'épidémiologie.
Il faut suivre leur avis et être très rigoureux dès le début. Ce sera la meilleure protection sur la durée.
Laurent Wauquiez, vous ne vous êtes pas encore exprimé sur le fait que les adhérents, les Républicains ont désigné Bruno Retailleau comme candidat pour 2027 avec 73,8% avec un tel score de maréchal. On pourrait se dire que vous devriez vous incliner, le féliciter. Vous ne le faites pas. Pourquoi ?
Non, je vais être très simple. Il y a eu effectivement je crois un peu moins de 40 000 militants qui se sont exprimés. Ça compte. Moi, c'est ma famille politique donc ça compte. Plutôt que pas du score
ou pas du nombre de votants ?
C'est une façon de nier ? Non, pas du tout parce que je vais être très clair. Aujourd'hui, Bruno Retailleau est le candidat légitime des Républicains. Je ne peux pas être plus clair. Mais mon sujet à moi, ce n'est pas d'être le candidat légitime des Républicains avec trois autres candidats de la droite et à l'arrivée, aucun candidat de la droite qualifié au second tour. Mon obsession, c'est comment est-ce qu'on arrive à rassembler la droite qui trop souvent est vraiment la droite la plus bête du monde.
On va en parler mais est-ce que vous avez félicité Bruno Retailleau Laurent Wauquiez ?
Je lui ai même proposé qu'on se voit et donc normalement... Une abandonnée suite ? Non, pas du tout. Vous savez, on est quand même en échange constant.
Il y a des moments de froid sans échange constant.
Je vais tout de suite lever les choses. On a traversé une période qui a été très difficile avec des moments qui n'ont pas été faciles de relation entre moi et Bruno Retailleau. Ce n'est pas un scoop. Pour moi, cette page-là, elle est tournée. Je ne peux pas vouloir rassembler la droite si jamais je continue à ressasser des problèmes. Vous savez, dans la vie, on ne se réconcilie qu'avec les gens avec lesquels on s'est fâchés. Donc, mon devoir, c'est de me réconcilier et d'essayer de rassembler l'ensemble de la droite. Vous sentez de sa part une volonté de se réconcilier également ? Je n'ai pas de doute. Je n'ai pas de doute parce que je pense qu'on est tous conscients qu'on doit rassembler.
Voilà, j'avais des relations qui n'étaient pas totalement au beau fixe avec Edouard Philippe.
Il faut rassembler, vous dites, mais Bruno Retailleau, il veut créer une sorte de match avec Edouard Philippe. Vous, vous dites, ce n'est pas la bonne stratégie, il faut se rassembler en amont.
Moi, vous connaissez ma conviction, elle est très simple. C'est, je veux qu'on puisse proposer aux Français en 2027 un programme de redressement à droite. Et si jamais il y a plusieurs candidats, il y a un danger énorme qu'à l'arrivée, il n'y ait aucun candidat de droite qui soit qualifié au second tour. Donc là, aujourd'hui et ce matin, je tire vraiment une sonnette d'alarme. Parce que quasiment chaque semaine, on a un nouveau candidat à la présidentielle à droite. À quel moment ça va s'arrêter ?
Vous n'avez pas toujours été comme ça ? D'ailleurs, à un moment, vous-même, vous pensiez être candidat pour 2027. Vous avez fait votre deuil vous concernant, Laurent Moquet ?
Il ne faut pas exclure que la sagesse arrive. J'essaie juste de m'appliquer à moi-même ce que je recommande aux autres. C'est-à-dire, ce que je veux dire par là, c'est que je ne peux pas venir sur ce plateau et dire, il faut rassembler. Et au fait, tiens, moi, je viens vous annoncer une candidature supplémentaire. Non. Donc, je mets toute mon énergie à essayer d'amener tout le monde à se rassembler. Je parle avec Édouard Philippe, j'ai échangé avec Gérald Darmanin, j'essaye d'avoir des discussions à l'intérieur de ma famille politique. J'ai beaucoup de sympathie et d'amitié pour David Lissnard qui est un ami.
Vous renoncez officiellement aujourd'hui à 2027, vous concernant ?
Je mets toute mon énergie officiellement. Vous n'allez pas dire oui ? Non, pourquoi ? Parce que, pour l'instant, ma seule énergie, elle est consacrée à ça. Voilà. C'est pour moi le point essentiel. Et donc, je laisse de côté toute candidature de ma part. En ce moment, je suis totalement concentré sur ce sujet. J'espère d'y arriver, j'espère convaincre, je discute avec chacun. J'ai beaucoup d'échanges avec Édouard Philippe aussi.
Justement, j'aimerais qu'on l'écoute. Il a réuni son parti Horizon à Reims dimanche, l'occasion de préciser sa stratégie dans son viseur, le Rassemblement National.
Il y a le Rassemblement National Nouvelle Génération qui fait les yeux doux au CAC 40. C'est le RN libéral. Et il y a le RN Canal Historique, si j'ose dire. Pro-dépense publique, pro-assistanat, le RN étatiste qui promet beaucoup sans rien financer d'ailleurs. Le RN n'est pas, comme il le dit, ni de droite ni de gauche. Il est parfois très à droite et souvent très à gauche. Si j'osais, je vous dirais volontiers que le Rassemblement National c'est un peu le nouveau en même temps.
Le nouveau en même temps, ça plaira Emmanuel Macron. Est-ce que pour vous, Édouard Philippe peut incarner ce rempart face à Jean-Anne Bardella ou Marine Le Pen ?
Je vais vous expliquer comment je raisonne. Je ne veux pas partir des personnes. parce que c'est précisément la machine à perdre et c'est comme ça que la droite s'est systématiquement mise dans le mur. On raisonne d'abord en fonction des personnes, on en profite pour dire moi je ne peux pas travailler avec un tel, j'excommunie l'autre, on n'arrive jamais à se mettre ensemble.
Sauf que 2027 c'est une question de personne.
Pas seulement justement. Je pense que pour ceux qui nous écoutent, ils se disent bon très bien, chacun aura ses qualités, ses défauts, je ne vois pas le candidat miracle, mais ce que j'attends c'est qu'il y en ait un seul et surtout que ce soit sur un programme de droite. Donc moi ce que j'aime bien c'est commencer par se demander d'accord, à droite qu'est-ce qu'on a en commun ? Pour moi ça se définit de façon assez simple. On veut quoi ? On veut moins de dépenses, on veut moins d'assistanat, on veut moins d'immigration, on veut plus de sécurité, plus de pouvoir d'achat, plus d'économie. Et autour de ça, qui est capable de porter ce projet en commun ? Alors qui ?
Pour moi, Edouard Philippe est tout à fait capable de porter ça.
On fait rien à Edouard Philippe, Bruno Retailleau.
Bruno Retailleau est parfaitement capable de porter ça. David Lissnard se reconnaît dans ce programme. Je suis convaincu que Xavier Bertrand peut se reconnaître là-dedans. Et donc, ce que j'essaye, c'est de remettre ensemble des personnes qui au lieu de raisonner en se disant ah mais j'aime pas un tel ou je peux pas supporter son caractère ou il y a 5 ans...
On comprend Laurent Wauquiez, pardon mais Edouard Philippe il a quand même une longueur d'avance sur les autres. Donc aller demander à Edouard Philippe qui est devant dans les sondages d'aller participer à une primaire avec Sarah Knafo, c'est pas évident. Juste, Edouard Philippe il pense déjà au coup d'après. Il parle d'une coalition de participer.
Je vais d'abord répondre au premier sujet. Le premier sujet, c'est il a une longueur d'avance. Le problème c'est pas d'avoir une longueur d'avance, le problème c'est d'être le seul. Je suis convaincu malheureusement que Mélenchon et la France Insoumise sont beaucoup plus hauts que tout ce que les sondages leur donnent. Je n'oublie pas que la dernière fois, Mélenchon a fait 22% à l'élection présidentielle.
Donc vous pensez qu'il est sous-estimé aujourd'hui ?
Je le redis, je tire aujourd'hui une sonnette d'alarme parce que je pense qu'il y a beaucoup d'insouciences et d'inconscience à droite et qu'on ne mesure pas la responsabilité qu'on aurait en laissant les Français au second tour avec comme seul choix de devoir arbitrer entre l'ERN et Jean-Luc Mélenchon. Je ne veux pas de ça. Et vous savez, les sondages, j'adore les sondages. En janvier 2022, je n'ai jamais oublié, Valérie Pécresse faisait 17% dans les sondages, Éric Zemmour faisait 17% dans les sondages. Il n'y en a pas un qui a franchi la barre des 10. Donc le côté tout va bien dans les sondages, tout va bien se passer... Alors comment vous faites ?
Vous dites à Edouard Philippe vient dans la primaire que j'organise ?
Je dis parce que pour l'instant, je ne vois pas d'autres solutions. Je dis, il y a plusieurs candidats, aucun n'est en position de s'imposer naturellement. Ce n'est pas ma solution préférée, mais je n'en vois pas d'autres. On organise une primaire. Ça permet de faire émerger un seul candidat et de rassembler une équipe dernière. Donc pour moi, c'est dans cet ordre-là. On définit d'abord une plateforme de droite. On organise une primaire entre tous ceux qui se reconnaissent dans cette plateforme de droite et ensuite, on met en place une équipe. Je trouve ça motivant.
On vous entend, mais alors sur l'autre question que je vous ai posée, Edouard Philippe, qui appelle à participer à une nouvelle majorité autour de lui. Pour gouverner, il aurait besoin du centre de la droite. Est-ce que vous seriez prêts, vous, les LR, à participer à cette nouvelle majorité d'Edouard Philippe ? S'il était élu président.
Vous voyez déjà la difficulté que j'ai à mettre en place le rassemblement. Et là, on en est déjà à se dire « Ok, on va créer un nouveau parti post-législatif. »
Il fait une campagne
sur ce qu'on va vous poser ? J'ai un petit côté un peu au vernis à moi. C'est-à-dire, j'aime bien que les choses soient faites dans l'ordre. Et de façon un peu solide. Donc déjà, si on arrivait à avoir un seul candidat et mon candidat, je le redis sur ce plateau, ce sera le candidat de la droite rassemblée. Et Gabriel Attal ? On a beaucoup progressé
par rapport à Gabriel Attal.
Gabriel, Attal, j'ai beaucoup d'estime pour Gabriel. On s'entend bien. On a un dialogue tous les deux qui est constant. Après, on a beaucoup de différences politiques. Gabriel Attal, il n'est pas dans le même projet politique. Le projet politique de Gabriel Attal, ce n'est pas la droite.
Donc il n'est pas dans votre primaire ?
Et il s'explique très clairement dessus. Lui, son projet... Il est venu d'ailleurs
à votre place pour le dire.
C'est un projet qui consiste à unir la gauche et la droite. Moi, je ne crois pas à ça parce que je pense que notre pays a besoin de réformes importantes et que quand vous mettez un bout de gauche, un bout de droite, parfois le risque, c'est qu'on n'aboutisse pas à quelque chose qui avance de façon vigoureuse.
Nicolas Sarkozy, dans cette équation, est-ce que c'est un boulet ? C'est la dernière personne à droite qui a réussi à vous faire accéder à l'Elysée ? Aujourd'hui, il est en procès, en appel, et l'avocat général a requis sa condamnation pour association de malfaiteurs.
Vous ne m'entendrez jamais utiliser des mots comme ça à l'égard de Nicolas Sarkozy. Je sais qu'en politique, la spécialité, c'est de lâcher les gens quand ils sont en difficulté. Je ne fais pas de commentaires sur des affaires judiciaires en cours. Mais ce matin, je le redis, j'ai appris la politique aux côtés de Nicolas Sarkozy. Ça a été un très grand président de la République pour la droite. Et j'ai tout simplement une pensée affectueuse pour lui, pour sa famille et pour ses proches.
Il va être 8h58 sur France Info. C'est l'heure de la question qui veut zapper Bolloré ? Le Festival de Cannes ouvre ce soir. Un collectif de professionnels du cinéma baptisé Zappé Bolloré accuse le milliardaire conservateur de vouloir mettre la main sur toute la chaîne du cinéma. Canal+, Studio Canal est désormais UGC dont il pourrait contrôler 100% d'ici 2028. Juliette Binoche, Raymond Depardant ou encore Jean-Pascal Zaddy pour ne citer que, dénoncent un risque de contrôle idéologique sur les films financés et diffusés demain en France. Qu'est-ce que vous pensez de leur tribune qui fait ce matin la une de Libération ?
Je ne suis pas d'accord. Est-ce que je partage toutes les idées qui sont développées par les chaînes de Vincent Bolloré ? Non. Est-ce que pour autant, je trouve que c'est bien qu'il y ait de la vraie diversité, que ça permette d'avoir une diversité d'expression et d'opinion, je pense que c'est plutôt positif. Et que vous y avez des gens qui investissent dans le cinéma français, on ne va pas s'en plaindre. Je pense qu'on en a plutôt besoin. Donc, je n'aime pas tellement ces espèces d'anathèmes où vous avez des personnalités du monde de la culture auto-intronisées qui expliquent que quand ça va dans leur sens, c'est bien et que dès que ce sont des idées de droite, ce n'est pas bien.
Bon, je ne partage pas ça. Pour vous, l'anathème,
l'idée de ce côté-là ? Ceux qui jettent les anathèmes, ce sont les artistes ?
Non, mais juste ce que je dis, c'est que c'est très bien, il y a de la diversité d'opinion. Et alors ? On est plutôt sains dans une démocratie.
Merci beaucoup Laurent Wauquiez. Merci d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci.
Merci, à demain.
Laurent Wauquiez