"Il faut distinguer les revendications légitimes d’une violence dirigée contre l’éducation"
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- 1:06PrésentateurFait
« Il manquait une proviseur adjointe, une infirmière, un directeur de travaux et un stand de professeur. »
- 2:55PrésentateurChiffre
« nous avons à peu près entre 150 et 200 lycées qui sont fermés pour des causes multiples »
- 3:11PrésentateurChiffre
« on est à peu près à 150 à 200 établissements sur les 3 700 lycées de France »
- 4:04PrésentateurChiffre
« 148 personnels d'éducation nationale ont été blessés dans le cadre des événements »
- 6:21PrésentateurChiffre
« Nous étions hier soir à plus de 90 000. Nous tutoyons désormais les 100 000 contributions »
- 8:03PrésentateurChiffre
« on a quand même juste 35% des élèves qui ne sont quasiment pas représentés dans les instances en tant qu'élèves de voie professionnelle »
- 8:42PrésentateurChiffre
« Remplaçons désormais 95,5% des remplacements de longue durée »
- 9:04PrésentateurChiffre
« En 2024-2025, il y avait 8,5% des heures qui n'étaient pas remplacées »
- 12:08PrésentateurChiffre
« À ceux-ci s'ajoutent donc 920 équivalents en temps plein qui sont en cours de recrutement »
Temps de parole
- Présentateur92 %
- ?8 %
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Je vais peut-être revenir d'abord, enfin, comme vous l'avez fait, mais je voudrais distinguer, si je puis dire, le bon grain de l'ivraie,
donc
les revendications des lycéens, dont j'ai toujours dit depuis le premier jour qu'elles étaient audibles et qu'il fallait les entendre, des actes de violence qui sont en réalité venus dès le premier jour, ou dès les premiers jours, pervertir complètement le mouvement, confisquer en réalité la dynamique du mouvement lycéen au profit d'une dynamique de destruction et de dégradation. Et donc, je vais, du coup, distinguer les deux, c
'est
à la fois vous répondre sur les têtes de la mobilisation, etc.,
etc.,
mais aussi répondre sur le fond.
Peut
-être aussi d'un mot revenir sur la genèse du mouvement.
Le
mouvement est né le 17 septembre dans un établissement de Seine-Saint-Denis, pardon, pas de Seine-Saint-Denis, de Créteil, le lycée Saint-Exupéry,
qui
était confronté à une demande au départ portée par les personnels sur le remplacement de personnels absents.
L
'établissement était objectivement
dans
une situation d'absence qui était anormale. Il manquait une proviseur adjointe, une infirmière, un directeur de travaux et un stand de professeur. Donc, alors que nous étions en train de traiter
la
situation de cet établissement, qui a été au demeurant, d'ailleurs, résolue à peu près en une semaine,
à
partir du moment où j'en ai eu connaissance, il y a eu une stratégie extrêmement organisée,
en
spirale,
de
mobilisation et d'établissement qui était autour. Cette mobilisation trouvant un relais, vous l'avez dit, par une force politique, la France insoumise pour ne pas la citer, extrêmement puissant et structuré. Et par la suite, indépendamment de cette force politique, le mouvement a pris une ampleur qui est une ampleur nationale.
Au
demeurant, je me permets de signaler aussi, parce que c'est l'intérêt de cette maison, c'est aussi qu'on peut corriger un certain nombre de contre-vérités, y compris quand elles sont formulées par des élus. Je n'ai pas découvert le mouvement le 28 septembre.
La
presse l
'a
découvert le 28 septembre,
pas
moi.
Moi,
je l'ai vu dès le 21. J'ai alerté sur les violences qui avaient lieu dans le cadre de ces mouvements dès les 24 et 25. J'ai d'ailleurs réuni les réacteurs de l'île de France en visio, à préserver tous les jours, indépendamment de téléphone.
Je
les ai réunis tous les trois ensemble
dès
le 25 aussi. Le 28, je me suis rendu au lycée Gutenberg, qui avait fait l'objet d'attaque en règle avec des tirs-tendus de mortier, donc le lundi. Et j'ai par la suite, quasiment tous les jours, rencontré des élus lycéens,
les
représentants du mouvement, etc. Je le dis juste parce que
les
gens qui pensent qu'on a découvert le sujet un peu tard mentent. C'est assez banal actuellement dans le débat public. Donc depuis, ce mouvement a, j'allais dire, pris une ampleur nationale que tout le monde connaît. À ce jour, puisque vous me demandez l'état des lieux. À ce jour, nous avons environ, de manière maintenant un petit peu, enfin depuis le début de la semaine, nous avons à peu près
entre
150 et 200 lycées qui sont fermés pour des causes multiples, toutes causes confondues, c'est-à-dire à la fois parce qu'ils ont été très fortement détruits,
parce
que les menaces qui pèsent sur les personnels
font
obstacle à la réouverture ou parce qu'ils font l'objet de blocages. Donc on est à peu près à 150 à 200 établissements sur les 3 700 lycées de France.
Un
tiers des lycées n'a jamais été perturbé.
Un
tiers des lycées a connu une perturbation, j'allais dire, très modérée et sur une durée très limitée, généralement une journée ou une matinée.
Un
tiers des lycées a connu une perturbation plus importante et donc
300
d'entre
eux
ont connu des fermetures ou des blocages durables.
Et
aujourd'hui, à l
'heure
où je vous parle, tout à l'heure,
on
était autour de 160, donc pas le chiffre pile à l'instant même, mais on a tourné autour de 160 établissements en fin de matinée qui étaient bloqués pour une raison, pour une autre,
soit
fermés, soit bloqués. Donc les cours étaient suspendus. Bon. S'agissant des blessés, et j'aimerais que, enfin, normalement, si vous voulez, ce que je vais dire là et ce que j
'ai
déjà été dans l'hémicycle devrait collectivement déclencher une onde de choc qui n'a pas été déclenchée depuis 10 jours. 148 personnels d'éducation nationale ont été blessés dans le cadre des événements, la plupart dans le cadre d'actions délibérées.
J
'ai des proviseurs aujourd'hui qui ne peuvent plus habiter leur logement de fonction
parce
qu'avec leur famille, ils ont été menacés.
On
en est là quand même.
J
'ai 37 établissements qui ont été partiellement incendiés.
Le
lycée de Lormont, dans la commune de Bordeaux, était le seul de Nouvelle-Équitaine à proposer la formation imprimerie en bac pro.
Les
ateliers sont détruits. Donc il faut quand même distinguer les revendications légitimes d'une violence totalement débridée
qui
a été dirigée contre le service public de l'éducation
et
contre ses personnels. Et je suis très inquiet de voir que ce qui, normalement, est un acte isolé déclenche à juste titre
une
réaction collective outrée
et
c'est qu'il devient un phénomène massif,
et
bien, dans le fond, participe de la bannisation de la violence.
Donc
je me permets quand même de le dire parce que c'est quelque chose que je trouve objectivement totalement ahurissant. Maintenant, parallèlement à ça, on a évidemment organisé l'expression démocratique des lycéens.
D
'abord, il y
a
un droit manifesté.
Et
comme vous l'avez vu, les organisations syndicales de personnel, cette fois-ci, ont assez vite inscrit la démarche des lycéens dans un cadre légal et organisé, dont elles ont d'ailleurs contribué à assurer la sécurisation parce que, tout simplement, il
y a
une organisation syndicale qui permet de faire ça dans un cadre démocratique. Donc il
y a
eu des manifestations. La dernière en date étant
celle
d'hier, qui avait à peu près moitié moins de participants que celle de la semaine d'avant, mais peu importe. Donc ça, c'est le premier élément. Deuxième élément de dialogue que j'ai prôné,
là
aussi, je me permets de le rappeler, dès le lundi 28,
c
'est que tous les chefs d'établissement ont été invités à réunir leurs conseils de vie lycéenne et même, de manière plus générale,
d
'ailleurs, leurs lycéens
pour
avoir des échanges
structurés,
organisés et protégés.
Parce qu
'on n'exprime pas
ces
attentes ou ces difficultés quand on est entouré de coups de mortier. Ce qui a été le cas quand même de plusieurs centaines de milliers de lycéens. Et donc, dans ce cadre-là, ils nous font remonter, évidemment, leurs attentes. Et puis, il
y a
cette plateforme qui est ouverte. Le Premier ministre l'a rappelé tout à l'heure. Nous étions hier soir à plus de 90 000. Nous tutoyons désormais les 100 000 contributions,
dont
un quart de contributions collectives, d'ailleurs, donc qui viennent des conseils de vie lycéenne, et trois quarts de contributions individuelles.
Avec
une territorialisation très forte, puisque chacun peut identifier son établissement. Et donc, nous allons avoir le panorama à la fois national, par région et par établissement des attentes, qui donc varie, évidemment, selon les endroits. Pour répondre à votre question, parce qu'on en aura d'autres, et donc, je ne veux pas être trop long. Mais comme vous avez posé la question du remplacement, il y a deux sujets sur lesquels j'ai pu agir prioritairement. Le premier sujet, personne n'en parle, mais en fait, il est extrêmement important, parce qu'il y a un vrai enjeu pour cette génération à se faire entendre dans un cadre
démocratique
et organisé.
C
'est celui de la démocratie lycéenne. Les instances de démocratie lycéenne, ce sont des instances qui sont consultatives, mais comme on dit les lycéens,
on
est souvent consultés, on est rarement entendus.
Et
donc, j'ai engagé une refonte totale
des
instances de démocratie scolaire
pour
prévoir la présence des lycéens, par exemple, dans les CAEN, les conseils académiques de l'éducation nationale, alors que ce sont des étudiants qui y siègent, bizarrement, mais pas de lycéens, alors qu'ils soient privés pour les concernés.
Pour
prévoir également qu'ils ont abdisé la possibilité de porter un certain nombre de sujets à l'ordre du jour de certaines instances,
ce
qui aujourd'hui n
'est
pas le cas.
Pour
prévoir leur meilleure représentation au niveau national et pour prévoir la représentation des lycéens professionnels,
puisqu
'aujourd'hui, tout est fondu et qu'en pratique, j'ai en face de moi systématiquement des lycéens généraux technologiques, pour être plus précis d'ailleurs, j'ai généralement des gens qui ont déjà passé le bac
et
qui sont dans des formations très sélectives,
comme
les meilleures classes préparatoires parisiennes ou Sciences Po, mais qui représentent évidemment leurs camarades puisqu'ils étaient lycéens l'année dernière. Mais enfin, je le signale quand même, on a un enjeu de représentation. On a quand même juste 35% des élèves qui ne sont quasiment pas représentés dans les instances en tant qu'élèves de voie professionnelle. Et donc, j'ai pris pour le coup d'initiative, ça ne
m'a
pas été demandé, mais j'ai pris l'initiative de faire en sorte qu'il y
ait
désormais dans les instances un tiers d'élèves de voie professionnelle et deux tiers de lycées généraux technologiques,
ce
qui est ce qui est normalement là-dedans. Deuxième sujet,
c
'est le remplacement, et je m'étais après pour ne pas être trop long. Sur le remplacement, nous avons d'abord un sujet qui est un sujet extrêmement ancien.
Ça
fait 40 ans que ça dure. Au bas mot. Bon, donc,
il
ne
faut
pas fin de découvrir le sujet ou dire qu'est-ce qui sont mauvais ceux-là. Si on est honnête entre nous, ça fait 40 ans que tout le monde s
'y
attelle. Nous avons quand même, je me permets de le dire, d'abord progressé sur le remplacement de longue durée. Remplaçons désormais 95,5% des remplacements de longue durée. Ça, c'était l'année dernière. Un point de plus que l'année d'avant. Vous allez me dire que
ce
n
'est
pas beaucoup.
Un
point, mais enfin, un point fois 60 000 établissements en France
et
en l'occurrence 10 000 établissements en second degré, ça finit quand même par se voir.
Et
puis, nous avons surtout eu un énorme travail sur le remplacement de courte durée avec le
pacte.
Très concrètement, hors examen,
en
2024-2025, il y avait 8,5% des heures qui n'étaient pas remplacées. En 2025-2026, ça,
c
'est les données de gestion. Ce n'est pas encore les données de l'ADEP, je le précise. Donc, il n
'y a
pas encore le caractère scientifique de l'ADEP, mais c'est les données en gestion.
En
2025-2026, on a été tombé à 5,9.
Donc, on
ne peut pas dire que rien ne se fait.
En
revanche,
il
existe deux situations qui sont,
si
je puis dire, anormales dans la façon dont nous gérons nos remplaçants. Vous savez qu'on a un vivier de remplaçants, ce qu'on appelle les TZR, les tutélaires de remplacement, le second degré.
Il
y
en
a un peu moins de 10 000.
Et
nous avons deux situations qui peuvent être anormales. La première, c'est j'ai besoin d'un remplaçant. J'en ai un, il n'est pas affecté. Première hypothèse. Ça, c'est un enjeu d'optimisation. Deuxième hypothèse. Je n'ai pas besoin de remplaçants, mais j'ai quand même un professeur dans la discipline de question. Que fait-il en attendant de remplacer quelqu'un
?
Ce que j'ai fait,
c
'est que depuis un an, j'ai demandé qu'on travaille sur des outils d'optimisation qui nous permettent notamment de sortir une logique qui était en silo.
C
'est
-à-dire
que, pour être clair, chaque gestionnaire gère sa discipline. Vous avez des gens qui gèrent les professeurs de français, d'autres les professeurs de maths, d
'autres
les professeurs de physique chimie dans les académies, sans avoir arrêté la vision
établissement.
Et donc, désormais, nous avons une vision établissement.
Et
nous avons adossé ces outils qui
n'est
pas encore déployé partout, ça sera d'ici la fin du mois novembre, mais c'est encore déployé dans beaucoup d'académies, notamment les plus grosses.
Nous
avons adossé aussi ces outils à des outils d'optimisation géographique
pour
faire en sorte de limiter la durée de déplacement
des
remplaçants en question.
Et
donc,
fort
de tout cela, j'ai demandé fin septembre aux académies de faire remonter le nombre exact de titulaires sur zone de remplacement, donc de remplaçants, qui n'étaient pas devant élèves, ni au titre de la première situation, ni au titre de la seconde. Résultat, 3000.
Et
à
un
moment, il faut dire la vérité des prix.
Et
donc, ce que j'ai
dit...
Pourquoi j
'ai
fait remonter ça ? D'abord, parce qu
'il
faut être transparent, et parce que j'ai dit, je ne demande pas une autorisation de recruter de nouveaux contractuels tant que je ne suis pas sûr qu'on mobilise
tout
notre vivier. C
'est
un peu une question de bon sens. J
'ai
des gens qui veulent enseigner, qui sont formés pour et qui sont chez moi, et je vais aller chercher du monde à l'extérieur. C'est pas raisonnable.
Donc,
ces 3000 personnes, elles sont, pour la plupart d'entre elles, en cours d'affectation. On a pris les deux tiers qui ont été affectés depuis jeudi dernier, soit pour remplacer, ce qui n'était pas le cas parce que notamment les outils sont en cours de déploiement, mais là, on est sur une logique d'optimisation, soit pour venir en appui de leurs équipes. Ça fait partie de leur mission.
Et
je précise évidemment que c'est toujours dans la même discipline, contrairement à ce que j'ai lu, un professeur de français, un professeur de maths, un professeur de
maths
en mathématiques, et on ne change pas de région. Un TZDR de Brest ne va pas à Strasbourg. Je peux rassurer tout le monde là-dessus. Donc, il n
'y a
pas de changement du cadre d'emploi. Il y
a
une optimisation de l'emploi. Donc, à ce... J'allais dire, grâce à cet engagement-là,
nous
sommes passés, depuis juillet dernier, à 114 lycées que j'avais identifiés comme étant dans une situation un peu critique, entre guillemets, enfin très problématique,
parce
que j'ai appelé ça des lycées rouges pour que tout le monde puisse visualiser ce que je voulais dire, à 49
à
midi.
Et
donc, dans les prochains jours, j'espère que la situation des autres sera résolue.
À
ceux-ci s'ajoutent donc 920 équivalents en temps plein qui sont en cours de recrutement
et
qui correspondent, ce que je vous disais tout
à
l'heure, pour l'essentiel, à des disciplines rares.
C
'est-à
-dire
des disciplines, en fait, dans lesquelles il n'y a pas forcément de remplaçants immédiatement disponibles. Si je suis en français et en mathématiques, tout le monde comprend qu'il
y a
des professeurs de français et
en
mathématiques.
Si
vous êtes en veridard ou en fondé industriel, quand votre professeur de fondé industriel est absent, et bien pour trouver un autre professeur de fondé industriel certifié, c'est un peu plus compliqué.
Et
donc, dans ces cas-là, on fait appel à des remplaçants qui sont contractuels.
Il
faut l'assumer.
Pas
ce que je préfère, mais dans ces cas-là, c'est nécessaire. Et on a donc dégagé, enfin,
on
a été autorisé plus exactement
à
avoir 920 ETP supplémentaires à cette fin. Voilà un petit peu ce que je pouvais vous dire à ce stade pour répondre à vos questions et essayer de ne pas être trop long. mais évidemment, je me tiens à votre disposition pour rentrer en détail de toutes les questions qu'on n'a pas eu l'occasion de traiter. Merci.