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interviewBLAST (sur YouTube)· 30 septembre 2023 57 min

CONFÉRENCE : AU TRAVAIL ! ON A UN MONDE À CHANGER

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] bonsoir tout le monde alors je vais pas vous demander si vous avez trop chaud parce que je pense que j'ai déjà la réponse alors comme vous pouvez le voir pour ceux qui voient à l'écran le titre de cette table ronde n'est pas du tout ambitieux au travail on a un monde à changer on va essayer de réduire quand même un tout petit peu le sujet donc ce soir on va on va parler du travail de comment lui redonner du sens comment travailler moins mais mieux mais aussi dans la bonne direction pour construire une autre société et on va aussi plus généralement parler d'économie comme en transformer notre économie pour qu'elle devienne compatible avec les enjeux écologiques de justice sociale et qu'elle participe à créer du bien commun et en faisant en regardant un peu cet après-midi je me suis rendu compte que l'actualité nous offrait une parfaite porte d'entrée puisqu'il y a une étude d'ampleur qui vient de sortir sur la croissance verte qui a été publiée dans la prestigieuse revue de et elle montre que la croissance du PIB est incompatible avec la préservation de la planète grande surprise et là où c'est intéressant c'est qu'en fait les auteurs ont étudié 36 pays riches et ils se sont rendus compte qu'il y avait 11 pays qui étaient parvenus à réduire leurs émissions tout en augmentant leur croissance enfin leur taux de croissance économique seulement à ce rythme là c'est à dire si c'est con si les baisses des missions de CO2 dans ces pays et les taux de croissance économique poursuivent sur la même tendance ils attendront la neutralité carbone dans 223 ans voilà donc cette étude entère en fait clairement l'hypothèse d'une croissance verte qui nous sauverait et en conclut qu'il faut adopter une économie post croissance donc c'est la question qu'on va se poser ce soir comment est-ce qu'on va vers cette économie post-croissance et quels sont les leviers à actionner donc on a 1h30 pour en discuter avec toutes les personnes présentes autour de moi que je vais présenter par ordre alphabétique pour qu'il n'y ait pas de jaloux de jalouse donc on va commencer par vous mano Aubry donc vous êtes heureux député la France insoumise et présidente du groupe de la Gauche au Parlement européen ensuite Thomas coutreau vous êtes juste à ma droite vous êtes économiste cofondateur des économistes atterrés et chercheurs associés à l'iresse ensuite à ma gauche c'est parfait en fait ce temps d'en faire à ma gauche Bastien Sibille président pardon pas du tout à ma gauche Charles Fournier on continue dans l'ordre alphabétique donc à ma gauche Charles Fournier député Europe Écologie Les Verts de la première circonscription d'andrélois tout à ma gauche Bastien Sibille président des licornes donc les coopératives font la transition que vous devez connaître et du directeur de mobicop qui est la principale plateforme coopérative de covoiturage en France et enfin juste entre vous deux Fabienne tatto secrétaire national de l'UGI c'était CGT et référente pour le radar travail et environnement de la CGT alors pour transformer l'économie de façon à ce qu'elle arrête de détruire le vivant sous toutes ses formes il y a évidemment plusieurs leviers à actionner qui sont très différents et plusieurs stratégies donc on va essayer de prendre les choses graduellement dans cette dans cette table ronde on va commencer par l'échelle individuelle pour aller vers l'échelle des syndicats des entreprises l'échelle de la politique nationale puis l'échelle européenne et a pu après avoir une conversation plus plus spontanée donc on va commencer avec vous Thomas kutro ce que j'ai oublié de dire dans votre présentation c'est que vous êtes aussi co-auteur avec Coralie Perez du livre redonner du sens au travail une aspiration révolutionnaire alors bon j'enfonce une porte ouverte en disant que aujourd'hui on a vraiment une une quête de sens qui est de plus en plus importante pour certains qui peuvent se le permettre aussi dans le monde du travail depuis la pandémie donc comment est-ce que aujourd'hui on peut s'appuyer sur cette élan là et redonner du sens au travail dans la perspective écologique et d'une économie post- croissance alors dans les travaux que j'ai mené avec ma co-auteur Coralie Perez on a essayé de de mesurer statistiquement ce qu'on veut ce qu'on entend beaucoup dans le discours médiatique et politique depuis quelques années c'est la question de la crise de sens du travail et donc on s'est employé avec des nouveaux outils professionnels la statistique et les grandes enquêtes nationales sur les conditions de travail à mesurer ça et essayer de voir qui trouver du sens à son travail qui n'y trouvait pas et puis voir quel est ce qui se passe quand les gens ne trouvent pas de sens à leur travail quels sont les ressorts de cette perte de sens et qu'est-ce qu'ils font quand il y a plus de sens dans leur travail et je vais je vais pas vous décrire l'ensemble de nos résultats mais juste pour vous donner une idée d'abord on a montré que ça n'est pas du tout un privilège de riches c'est-à-dire la le sens du travail on peut le trouver à tous les niveaux dans tous les métiers et on peut aussi le perdre dans tous les métiers et quand vous perdez le sens de votre travail c'est absolument catastrophique pour votre santé votre santé psychique c'est-à-dire qu'il y a un risque de dépression multiplié par deux aussi bien pour les cadres que pour les ouvriers ou les assistantes maternelles donc c'est vraiment un problème qui concerne l'ensemble du salariat alors j'ai oublié de vous dire comment on a défini le sens du travail il y a trois dimensions pour nous l'utilité sociale et alors ça dans l'économie solidaire dans les SCOP la question de l'utilité sociale souvent bon ça paraît à peu près résolu puisqu'on s'est fixé un objectif on a souvent un objectif ou d'utilité sociale et écologique mais la deuxième dimension c'est la cohérence éthique alors là déjà dans les dans les coopératives et les associations en tout cas dans les services publics la question de la cohérence ethnique c'est-à-dire d'avoir les moyens de faire un travail de qualité qui correspond à vos normes professionnelles à vos normes éthiques personnelles ça c'est déjà beaucoup plus problématique dans l'économie solidaire et dans les services publics et la dernière dimension c'est pouvoir apprendre dans son travail pour pouvoir se développer ce qu'on appelle la capacité de développement et ça ça dépend beaucoup de l'organisation du travail et quand vous avez une organisation bureaucratisée régie par des process des procédures du reporting permanent comme c'est le cas dans beaucoup d'associations voire parfois dans des coopératives et bien votre vous pouvez pas vous développer dans votre travail vous êtes astreint et contrôlé par les algorithmes donc ces trois dimensions et bien voilà on a pu les les mesurer les objectifs et on a pu montrer l'importance de leur atteinte dans dans la construction de la santé mentale ce qu'on a pu montrer aussi c'est que le phénomène de démission les démissions massives qu'on a observé depuis depuis la precovine et qu'on observait déjà dans la période antérieure entre 2016 et 2019 et bien c'était largement dû à la perte de sens du travail les gens ne démissionnent pas en quête d'un meilleur salaire les statistiques montrent qui démissionnent en quête d'un travail qui a plus de sens autrement dit c'est une réaction individuelle une fuite devant certaines conditions de travail et certaines organisations du travail qui font perdre du sens au travail des gens ils vont chercher une organisation une entreprise un service public ou c'est mieux organisé où il y a plus de sens alors bon pour conclure parce que je vais pas un monopoliser la parole très longtemps mais qu'est-ce qu'on peut faire avec ça c'est la question la question qui qui nous anime qui nous animent aujourd'hui je crois que c'est important de voilà de bien comprendre et de bien avoir en tête que cette question de pouvoir bien faire son travail de pouvoir en faire un travail qu'on ressent comme utile socialement et écologiquement parce que il y a une dimension émergente aussi qu'on a aussi pu mesurer grâce aux enquêtes qui est-ce qu'on a appelé le conflit éthique environnemental c'est-à-dire le sentiment que par son travail on contribue à détruire l'environnement la question qu'on pose exactement dans l'enquête c'est mon travail à des conséquences négatives pour l'environnement toujours souvent parfois jamais et on a 30% des gens qui disent toujours souvent ou parfois oui mon travail a des conséquences négatives pour l'environnement et on voit bien que ça fait partie aussi de la perte de sens alors justement ces personnes là qui sont en dissonance cognitive et il y en a il y en a beaucoup qui par exemple vont faire du zéro déchet chez elle et puis qui travaillent pour une entreprise qui détruit la planète comment est-ce que on peut comment est-ce qu'elles peuvent être accompagnées aujourd'hui pour pour vraiment changer changer de voix et que ce soit pas justement des phénomènes individuels mais que ça prenne une autre ampleur alors la démission exit comme on dit la fuite de ce type d'entreprise ou ce type d'organisation du travail c'est une bonne chose dans ce sens ça devrait faire pression sur les entreprises pour qu'elles aient bon en fait pour l'instant ça ne marche pas les entreprises ne sont pas sensibles de ce point de vue là à ce mouvement des missions donc oui comment on transforme ça en énergie collective comment on transforme ça en capacité d'action collective et je pense que là les syndicats ont un rôle tout à fait central à jouer en organisant la discussion entre les salariés sur pourquoi on travaille comment on travaille comment on pourrait travailler mieux comment on pourrait peser ensemble sur les objectifs et l'organisation de notre travail à la CGT en particulier le sait il y a toute une réflexion depuis des années sur comment la CGT appelle la démarche revendicative à partir du travail qui consiste à essayer de construire avec les salariés un point de vue collectif sur la manière de transformer le travail et ses finalités avec des expériences parfois très intéressante qui n'ont pas encore gagné suffisamment en généralité me semble-t-il mais qui sont des pistes très intéressantes et la deuxième piste bien sûr c'est l'action publique c'est à dire qu'on a besoin au-delà de des initiatives syndicales ou des initiatives évidemment de l'économie solidaire et des la multiplicité d'initiatives que vous portez on a besoin dans les lieux de travail ordinaires je vais dire dans les entreprises les administrations de créer des espaces et ça c'est la loi qui doit qui doit le faire de créer des espaces de discussions collective des collectifs de travail par exemple une demi-journée par mois on appelle ça dans le bouquin avec Coralie on appelle ça la réduction du temps de travail subordonné on fait une réduction du temps de travail ok mais c'est pour discuter entre nous dans l'entreprise de comment on peut mieux travailler on va on va être payé pour le faire mais en l'absence des chefs en l'absence de la hiérarchie on va pouvoir dégager un point de vue collectif sur ça ensuite poser nos demandes au managers et eux ils vont devoir répondre évidemment alors pour l'instant on sait pas l'autogestion c'est-à-dire c'est encore les managers qui vont décider mais s'il refuse et que ensuite il y a des conséquences négatives ce refus peu engendré des accidents du travail des pollutions alors là il y a un instrument juridique pour engager la responsabilité pénale de l'employeur donc c'est une épée de Damoclès qu'on fait peser sur les décisions des employeurs mais il faut pour ça avoir formaliser les propositions des collectifs et avoir déjà reconstruit des collectifs autour de la question du travail et alors ça c'est pas facile parce que vous savez qu'une des premières choses qui a fait Emmanuel Macron en arrivant à l'Elysée en 2017 c'est de supprimer les délégués du personnel et les CHSCT des comités Hygiène Sécurité conditions de travail de supprimer donc tout ce qui est représentation de proximité qui permettait déjà un certain organisations syndicales de faire émerger ce discours des salariés et le Medef avait bien vu le danger donc voilà il faut repartir de de ce point là en tout cas dans la discussion politique me semble-t-il alors ça m'a fait parfaite transition avec avec Fabienne tatto alors vous donc je l'ai dit vous êtes référente pour le radar travail et environnement de la CGT on sait que la transition ou la bifurcation écologique aujourd'hui elle va profondément transformer le monde du travail qui a des emplois qui vont être amenés à se transformer mais d'autres aussi à disparaître comment est-ce que justement on travaille au niveau syndical pour préparer les travailleurs et essayer de de changer la donne et d'aider aussi à cette à cette transition déjà la question syndicale contrairement à ce qu'on peut croire elles sont travaillées depuis très longtemps par la CGT on peut retrouver dans nos archives des des interventions notamment dans la filière énergétique dans le secteur minier ou on faisait le rapport entre les conditions de travail et puis là pour le coup l'extraction de l'énergie sachant qu'on avait besoin de cette énergie pour se développer je voudrais aussi revenir sur ton intervention effectivement les syndicats sont très légitimes particulièrement légitimes pour intervenir dans les entreprises pour traiter cet enjeu-là des questions climatiques en lien avec les questions sociales pourquoi parce qu'on a des droits pour le faire on est protégé pour le faire et on a vu des expériences de jeunes salariés notamment qui souhaitaient intervenir sur ces sujets là mais dès que ça dérangeait la direction évidemment le retour de bâton se faisait sentir et donc nous c'est notre responsabilité d'investir notre travail syndical sur ces questions là ensuite pourquoi au sein de l'entreprise parce que l'entreprise elle a une responsabilité particulière du fait de son impact important sur la situation du dérèglement climatique et du fait des moyens dont elle dispose pour trouver des solutions alors trouver les solutions oui mais tout l'enjeu c'est qu'elle ne les trouve pas seule et donc il y a un enjeu extrêmement fort de participation et de droit pour pouvoir le faire autant des équipes syndicales et notamment des élus de vos élus dans les CSE que des salariés eux-mêmes il y a une véritable urgence climatique cette urgence climatique c'est aussi une urgence sociale pourquoi je dis ça parce que on ne fera pas une transition écologique réussie si par ailleurs il y a des questions sociales aiguës qui se posent par exemple la question du salaire alors je vais peut-être avancer un peu sur mon propos pour illustrer la CGT a une revendication celle du nouveau statut du travail salarié cette intitulé peut rester un peu opaque mais l'enjeu d'avoir une sécurité sociale professionnelle si je puis dire c'est de sécuriser suffisamment le salarié pour qu'il soit libre de choisir son emploi et dans le cas des questions éthiques qui se posent en fonction de l'emploi qu'on a et de de l'objectif de l'entreprise il y a beaucoup de salariés qui voudraient pouvoir changer d'emploi pour faire correspondre l'emploi qu'ils ont à l'éthique qu'il porte alors plus concrètement nous ce que nous avons développé c'est un outil concret pour permettre aux équipes syndicales avec les salariés de travailler le sujet pourquoi cet outil par contre ne peut plus en rester aujourd'hui eugar à l'urgence climatique à l'urgence sociale uniquement à proposer des formations des webinaires certes il en faut il en faut même beaucoup parce que on se rend compte que même si le sujet est très présent dans l'actualité très développée dans les médias j'entends pour autant pas beaucoup d'interventions sur la question de la finalité de l'entreprise sur la question de notre modèle de société sur les modes de production sur l'intervention des salariés quel droit pour intervenir quelle protection pour le faire et les ordonnances macro comme ça a été cité ont énormément réduit les droits des syndicats donc moi je vais faire un appel aujourd'hui mais un appel vraiment vibrant c'est pour notre avenir je dirais engagez-vous engagez-vous dans les associations en politique mais aussi dans les syndicats qui restent des espaces d'expression et quand on parle effectivement d'expas de discussions collectif le syndicat les syndicats offrent ces espaces de discussion mais je ne sais pas vous en ce moment dans quelle entreprise vous vous travaillez mais la plupart du temps vous avez des droits syndicaux que vous n'investissez pas pour le faire c'est pour ça que je vous appelle à vous engager à vous réunir à discuter et à décider ensemble étudier ensemble et propositions que vous pouvez faire vous appuyez donc en tout cas sur la sagitt puisque nous on a un outil pour travailler concrètement ces sujets à travailler pour que nous ensuite avec vous on porte ce sujet peut-être que je réinterviendrai plus tard plus concrètement sur comment c'est quoi cet outil radar travail environnement mais voilà en tout cas il faut vraiment passer maintenant à l'action merci beaucoup alors pour pour aller un peu plus loin dans les échelles donc on va passer au niveau des entreprises avec vous Bastien Sibille donc vous vous êtes président des licornes il y a un peu cette question qui flotte là depuis le début de cette discussion qu'on va essayer de traiter aussi un peu plus tard c'est la question qui arrive un peu tout le temps quand on parle de changer le monde ou changer les choses c'est est-ce qu'on change les choses de l'intérieur est-ce qu'on les change de l'extérieur vous avec les licornes vous avez décidé justement de créer des alternatives de créer d'autres modèles d'entreprise mais il faut le dire il faut quand même être un peu réaliste pour le moment vous êtes assez minoritaire par rapport aux autres entreprises donc comment est-ce qu'aujourd'hui vous pouvez passer enfin passer à échelle en fait changer d'échelle et qu'est-ce qui vous manque pour le faire on est minoritaire mais j'en profite quand même pour dire qu'on est pas si minoritaire que ça parce que regarder cette salle on est là tous ensemble depuis ce matin et j'en profite pour vous le dire puisque c'est la fin de la journée on a passé une journée extraordinaire j'ai envie de me disait à l'instant qu'il y a un peu plus de 500 personnes qui sont venus participer à nos discussions si je me repasse le film de nos dernières éditions vraiment quel progrès et je voudrais le dire à toutes celles et tous ceux qui ont participé participer à celle-ci donc les amis on est vraiment en train de progresser et c'est tellement vrai que ce matin même on avait du mal à m'en parler dans le micro s'il y avait un écho terrible et en fait ce soir ça y est on peut enfin parler tranquillement donc certes on est minoritaire mais premièrement on a raison dans nos constats on a raison dans ce qu'on est en train d'entreprendre et petit à petit nous nous renforçons alors ce qui nous manque pour l'essentiel c'est une capacité d'action financière on a des modèles économiques qui sont des modèles robustes on a des façons de produire qui sont en adéquation avec ce qu'exige la transition écologique et notamment dans notre rapport au capital et à la croissance et peut-être que je dirais un mot de ça pour le dire d'un mot nous sommes une partie des solutions dont le monde de demain a besoin et pourtant dans le même temps on a la plus grande difficulté à financer nos actions qui marchent et nerkopop fournit de l'énergie non nucléaire à 200 000 personnes en France ça marque ça s'improvise pas il y a un mécanisme économique qui derrière est robuste et je vais pas parler de chacune des licornes tout le monde ici à peu près voit ce qu'elles font mais pourquoi est-ce qu'on arrive pas à les financer moi quand je vais à une table de finance je fais un tour de table financier pour pour mobicoop quand j'ai les financeurs devant moi je leur dis généralement trois choses assez vite je leur dis dans nos modèles d'abord il n'y aura pas de plus-value de cession donc ne comptez pas sur une culbute en fin de partie ça c'est pas possible chez nous parce que nous on n'est pas là pour recréer de la valeur qui n'en est pas vraiment en fait on crée de la vraie valeur donc en fin de partie je veux dire pas de la valeur financière donc en fin de partie il n'y aura pas de plus-value de session il n'y aura pas de culbute financière premier élément deuxième élément la loi nous autorise à verser un pourcentage de notre résultat en dividende mais ce que je constate c'est que généralement dans nos assemblées générales nous ne les versons pas pourquoi parce que nos sociétés sont là pour un objectif de transition sociale et écologique et donc quand arrive la fin de l'année quand il reste un petit peu de capacité il préfère le réinvestir dans l'outil de transformation plutôt que de leur extraire généralement quand je suis arrivé là j'ai déjà perdu les deux tiers des financeurs et dernier tiers qui est encore à la table je leur dis et par ailleurs quel que soit le montant que vous investirez dans nos coopératives vous aurez une voix à l'assemblée générale fin de la partie tout le monde je rigole évidemment mais mais bien volontiers mais en même temps je crois que derrière chacune de ces choses que je leur dis il y a quelque chose d'extrêmement puissant pour la transition écologique parce que on ne fera pas la transition écologique et solidaire il faut absolument lier les deux termes on ne la fera pas avec des outils financiers qui sont ceux du siècle passé si la finance ne modifie pas son attente quant à la rémunération du capital nous ne le ferons pas si la finance ne modifie pas son attente quant à leur capacité à infléchir nos gouvernances nous ne le ferons pas donc il faut que la finance change son rapport au capital il faut qu'un ensemble d'acteurs financiers publics prennent leur responsabilité pour investir dans nos projets qui sont prêts qui sont prêts à faire la transition écologique et par rapport à ce si tu disais en introduction Paloma du coup je veux absolument souligner le la véracité de ton propos vous entendez que il n'y a pas de transition sans réinterroger le rapport au capital et donc au capitalisme donc la question d'un capitalisme vert ou du fait de dire que on va avec les mêmes entreprises les mêmes modes d'organisation qu'hier faire la transition ceci est un mensonge il faut arrêter de le dire pour une raison extrêmement simple qui est que on ne fera pas la transition sans revoir notre rapport à la croissance et on ne reverra pas notre rapport à la croissance tant qu'on ne reverra pas notre rapport au capital donc là vous voyez la salle applaudit généralement les financeurs sont sortis mais reste à nous de savoir les convaincre et nous le ferons alors juste pour terminer très rapidement vous me disiez que vous avez justement pour ces problèmes de financement que vous avez vous étiez en train de créer un fond de transition citoyenne pour essayer de lever 1 milliard d'euros et vous donner combien de temps pour le faire et combien de donateurs vous avez pour le moment la question c'est de mettre un certain nombre d'organismes de financement de nos actions face à la responsabilité nos coopératives sont insuffisamment financées pour les raisons que je viens d'exposer le système de financement y compris au centre du secteur de l'économie sociale et solidaire et je ne suis pas là pour ne pas dire les choses telles qu'elles sont y compris au sein de notre secteur nous avons du mal à financer les coopératives pourquoi parce que des entreprises des sociétés de capitaux se sont développées fortement dans notre secteur et que donc les fonds d'investissement ont pris l'habitude d'investir dans ce type d'organisation donc là notre premier sujet c'est de constituer une force qui nous permettent de mettre les financeurs face à leur responsabilité en leur disant vous voulez faire la transition nous avons les bons outils nous avons besoin d'un milliard d'euros la Caisse des dépôts est consignations banque des territoires vient d'annoncer 100 milliards d'euros pour la transition moi je dis que nous sommes prêts à en dépenser 1 de façon qui soit extrêmement performante pour la transition écologique et solidaire alors on arrive donc au niveau politique au niveau national c'était aussi très politique évidemment mais mais ne parlez pas en tant qu'élu donc il y a différentes lois aujourd'hui qui pourraient accompagner l'émergence d'une économie post croissance il est à transformation de l'économie vous vous avez travaillé sur le projet de loi industrie verte est-ce que pourriez expliquer rapidement ce que vous proposiez et ce qui est finalement sorti ce que je crois que c'est pas vraiment pareil je vais commencer par ce qui est sorti pas grand chose et le peu qu'il y a dedans va poser problème donc c'est le bilan est pas très bon mais peut-être juste avant de dire pourquoi le sujet qui est abordé là était essentiel la question alors mélange un peu la question du travail la question des emplois et la question des métiers je pense que tout ça est bousculé aujourd'hui la question des emplois des volumes d'emploi des transferts d'emploi des disparitions d'emplois la nature des métiers va être bousculée notamment par le contexte climatique biodiversité la réfraction des ressources mais on a aussi le travail en tant que tel la façon de travailler la question du sens la question de que veut dire travailler dans une France à 52 degrés qu'est-ce que ça veut dire travailler à l'usine dans une France à 52 degrés c'est une question qui nous qui est sur la table qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui que le partage de la valeur le rapport capital travaille tel qu'il a été posé là c'est toutes ces questions qui sont sur la table et ce qui est hallucinant c'est que la loi industrielle ne cite pas le mot salarié ouvrier employé une seule fois c'est l'industrie sans les salariés c'est à dire que le sujet de cette loi c'est le mot comporte tout et dont il faut se méfier qu'elle a décarbonation c'est le sujet central qui masque tous les autres qui n'aborde ni des questions de raréfaction des ressources ni des questions de pollution ni des questions de qualité du travail et des questions de démocratie dans le travail et cette loi fait totalement l'impasse là dessus moi je travaille sur un manifeste que que que j'ai là qui a un début de travail je vais engagé un tour de France pour aller approfondir ces questions là parce que je crois profondément qu'à travers l'histoire industrielle tout comme à travers l'histoire de la désindustrialisation on retrouve les conquêtes sociales on retrouve aussi la perte de nos droits sociaux on retrouve l'histoire de nos territoires les traces l'histoire de nos banlieues est liée l'organisation de nos villes est liée à cette histoire industrielle et au moment où on réindustrialise je crois que ça des enjeux majeurs à porter nous inscrire dans un autre dans une autre logique d'économique je crois qu'il y a tu as dit il fallait de sortir du capitalisme ne peut que le partager je crois il faut aussi sortir du productivisme du rapport à la production de produire plus produire beaucoup il faut produire en fonction de ce que nous avons besoin et le travail se transformera aussi par là mais alors à quoi est-ce qu'elle aurait dû ressembler cette loi très concrètement c'est quoi justement cette industrie vert pour moi c'est une industrie verte en c'est à la fois une industrie qui change ce modèle économique s'inscrit dans une limite de production qui est capable de tenir compte des limites planétaires parce que c'est ça aussi devant lequel nous sommes c'est une industrie qui réinvente le travail qui réinvente la démocratie dans le travail qui réinvente par exemple la place des salariés dans la décision sur les stratégies de transition qui donne de la place aux salariés sur le contrôle des aides publiques qui sont perçus dans les entreprises qui réinventent le collectif on a individualisé le travail on a atomisé le travail on a ubérisé à l'intérieur comme à l'extérieur de l'entreprise et c'est à ça qu'il faut remédier et il y aura pas de réindustrialisation il y aura pas de réinvention de du travail sans aller vers cette dimension collective et peut-être que nous avons du côté de l'ES une sorte de mode d'emploi des déjà là le SS pour moi ne doit pas être une niche je prends par moment qu'elle s'est un peu considérée comme une niche dans l'économie et là l'économie sociale pour la captation elle elle elle elle a vocation à transformer toutes l'économie elle nous raconte tout ça elle nous parle de cette gouvernance elle nous parle de ce de ce partage et nous parle de des limites pleines elle raconte tout ça il y a un chemin en fer encore pour qu'elle soit pleinement porteuse de ces enjeux là je je fais en ce moment l'évaluation du budget de la France consacré à le SS j'ai auditionné hier le service du Trésor c'est neuf personnes qui s'occupent de l'ESS pour pour le budget de la France à vous dire un peu le niveau d'importance consacré au sujet et quand on aborde ces liens entre transition écologique transformation sociale c'est faible il y a pas de réponse il y a pas d'ambition qui sont identifiées on voit bien là que le SS doit aussi trouver une place là dans ces logiques de transformation merci merci beaucoup Manon passe maintenant au niveau européen donc mano Aubry vous êtes entré comment ouais il y a personne pour le niveau mondial bon la prochaine fois on y réfléchir à faire en tout cas international mais bon on peut déjà faire beaucoup de choses en Europe donc Manon vous vous êtes entrés au Parlement européen pour porter la directive sur le devoir de vigilance des entreprises pour donc c'est une directive pour tenir responsable les entreprises sur la violation des droits humains et environnementaux sur toute la chaîne de production où est-ce qu'on en est exactement à ce niveau là parce que c'est c'est une directive qui pourrait justement vraiment mettre les entreprises les plus polluantes face à leur responsabilité aujourd'hui et qu'est-ce que qu'est-ce que ça changeait si elle était adoptée disons dans sa forme la plus la plus complète quoi ok bonjour à toutes et à tous et merci pour l'invitation merci pour ce débat passionnant je pense qu'il y aurait beaucoup de choses à dire aussi sur les mutations du travail du rôle que joue la formation la manière dont on peut questionner aussi je pense qu'on a tous été assez sensibilisés par les jeunes d'agro ParisTech au moment ils ont remis en question en disant mais vous nous avez formé pour faire quoi mais je vais répondre d'abord à la question je lance des pistes pour la discussion en effet depuis que j'ai été élu au Parlement européen j'ai bataillé pour un texte sur le devoir de vigilance donc vous avez peut-être entendu parler ne serait-ce que parce qu'il existe une loi en France depuis 2017 à l'époque j'avais bataillé pour cette loi avec ma casquette ONG et forcer de constater que la loi française a beaucoup de limites c'est une loi qui tient sur une feuille A4 et qui aujourd'hui n'a pas tenu ses promesses en matière d'accès à la justice pour les victimes parce que l'enjeu c'est quoi c'est qu'une entreprise multinationale elle fait remonter ses profits elle profite de la main d'oeuvre à Bakou donc les profits remontent jusqu'à la maison mère de total de Chine de Nike etc mais par contre la responsabilité en matière de violation des droits humains et de dommages à l'environnement là ça remonte jamais à la maison mère pas vu pas pris pourtant ils savent très bien où est-ce qu'ils se fournissent puisqu'il cherche la moindre la main d'oeuvre a le plus à bas coût et les normes environnementales les plus larges possible et donc l'enjeu c'est de dépasser ces impasses juridiques pour que la maison mère qui tire profit de ce système soit aussi rendu responsable quand je vous prends ne serait-ce qu'un seul exemple total déplace plus de 100000 personnes en Ouganda avec des compensations qui sont absolument pas adéquates sans que Total n'est jamais à répondre devant le moindre tribunal pour ces violations des droits humains et donc on sait battu avec toutes les difficultés des normes européennes puisque dans la belle démocratie européenne nous parlementaires européens qui avons une légitimité démocratique alors certes limitée mais je veux dire a priori vous avez plus voté vous n'êtes pas obligé d'avoir voté pour moi dans la salle je vous rassure mais vous avez plus voté pour des députés européens si vous avez voté que pour la Commission européenne d'ailleurs j'aime bien toujours faire ce sondage qui sait ici qui est le nom du président de la présidente de la Commission européenne je suis sûr je suis dans une salle politisée donc il y en a qui doivent savoir lever la main c'est pas mal c'est pas mal ça va une petite moitié de sale et bien sachez que c'est la Commission européenne qui a le monopole de la proposition de loi mais on a un petit subterfuge c'est que comme il fallait quand même qu'on donne un peu de pouvoir au parlementaire et bien on avait le droit de faire une initiative parlementaire c'est ce qu'on a fait on a écrit notre texte on a dit voici bonjour la commission voici de notre texte pour tenir responsable les entreprises multinationales dans leur chaîne d'approvisionnement ce qui a forcé la commission elle est obligée d'y répondre et ce qui a forcé à la Commission à faire une proposition je vous la fais courte puisque c'est un texte de plus d'une centaine de pages qui a été apprenant négocié au Parlement européen et nous avons voté au mois de juin dernier la position du Parlement européen ça a été une bataille ardu parce que depuis que je siège au Parlement européen vous allez me dire ça fait pas si longtemps que ça ça fait 4 ans mais je ne l'ai jamais vu une telle mobilisation des lobbys sur un texte au Parlement européen pour ne prendre qu'un seul exemple on a une députée qui n'a absolument pas participé au négociations et qui du jour confinement s'est réveillé à déposer des dizaines d'amendements et on a découvert parce qu'on allait regarder un peu pour qui elle travaillait sa déclaration d'intérêt alors vous savez parlementaire européen c'est un salaire avec lequel on vit très mal ceci tironique au cas où vous ne preniez au sérieux et tellement mal que et bien elle est rémunérée entre 1000 et 5000 euros puisque c'est des déclarations de fourchettes pour travailler pour deux entreprises un cabinet d'avocats qui est défend l'entreprise chevronnes qui est mise en cause pour violation des droits humains et elle travaille pour une autre entreprise pardon donc entreprise fossile Chevrin exactement entreprise fossile pardon j'aurais dû préciser et elle travaille aussi pour un cabinet d'avocats non pardon pour une entreprise allemande qui est mise en cause dans l'effondrement d'un barrage au Brésil qui a fait 270 morts tout ça elle a la modique somme de quelques milliers d'euros par mois qui fait qu'à la fin ne répond plus elle ne rend plus des comptes aux électeurs qui sont censés avoir élu mais à ces entreprises là et donc à la déposé beaucoup d'amendement pour saper ce texte j'en arrive à la conclusion de où est-ce qu'on en est ce texte on s'est battu au Parlement européen on a eu une faible majorité qui nous a permis d'avoir un texte ambitieux ambitieux parce qu'il couvre toute la chaîne d'approvisionnement ça veut dire que les entreprises pourront plus cacher en disant c'est mon fournisseur c'est ma filiale c'est mon sous-traitant j'en sais rien non ce sera sur toute la chaîne d'approvisionnement contrairement à ce qui avait proposé la commission deuxièmement un accès à la justice pour les victimes qu'une victime que ce soit un paysan ougandé que ce soit un ouigo à l'autre bout du monde qui veut se retourner contre une entreprise comme Chine qui fait du travail forcé c'est victime là pourront déposer plainte auprès d'un tribunal européen pour dire il y a eu violation des droits humains et je pense que c'est un des éléments les plus importants de se dire que enfin les victimes pourront avoir accès à la justice et dernière chose dans l'outil dissuasif c'est que le texte prévoit aussi des sanctions financières qui vont jusqu'à 5 du chiffre d'affaires et qui a un outil pour transformer l'économie parce que des entreprises de l'ESS à fortiori des entreprises licornes j'imagine que vous êtes pas trop inquiet par le fait de vous retrouver devant des tribunaux parce que vous avez violé les droits humains ou parce que vous avez saccagé l'environnement et donc vous ne vous exposez pas c'est risque financiers auxquels des entreprises comme Total ne pensaient pas que j'ai une obsession pour elle il y en a plein d'autres ce aujourd'hui prennent un risque et pourrait se retrouver à payer ce texte pour finir on est maintenant dans la dernière étape et j'y étais ce matin encore à Bruxelles quelle a négociation entre le Parlement la Commission européenne et les États membres et on espère réussir la négociation d'ici la fin du mandat mais on embuscade il y a des états comme la France qui essaient de dédouaner la responsabilité du secteur financier donc la bataille va être rude dans les prochaines semaines et le prochain mois et j'espère qu'au passage on glanera un peu de soutien dans cette salle au moment il faudra que les citoyens fassent irruption dans ces salles bien trop opaque auquel je souhaiterais plus souvent qu'on entende des entreprises de l'ESS que les grandes entreprises multinationales qui font encore trop souvent la loi au niveau européen [Applaudissements] alors on vient de faire un tour d'horizon assez dense il faut le noter de donc tous les leviers à actionner pour aller vers une économie post croissance et à la fois on peut pas faire l'économie justement de parler aussi des blocages qui sont qui sont face à nous c'est à dire qu'il y a c'est levier là mais après ils font encore pouvoir les actionner donc la question que j'aimerais poser mais là de façon un peu plus générale donc répond qu'il veut et puis on rebondit et c'est un peu plus spontané quelles sont les principaux blocages auxquels on fait face aujourd'hui pour transformer l'économie et comment est-ce qu'on peut les dépasser parce que l'idée c'est c'est je vous rappelle le on est quand même censé trouver une solution pour changer le monde et il nous reste 45 minutes donc voilà l'idée c'est quand même aussi qu'on soit conçoit vers les solutions d'abord il y a il y a un monde très organisé qui résiste on parle de total on parle du monde financier il est très organisé il pèse partout et donc un obstacle qui s'appelle les les lobbys qui jouent cette carte là donc c'est quand même extrêmement compliqué de mener cette bataille et on le voit quand on attaque un travail législatif à l'Assemblée nationale c'est on a un gouvernement aujourd'hui qui est rempli de ces l'obéisses c'est à dire que François Ruffin qui disait ça une fois avant il y avait le gouvernement les lobbies maintenant il y a plus besoin le gouvernement est lui-même assure le lobbying c'est à dire qu'on a dans dans le gouvernement regardez la ministre de la transition énergétique qui s'est fait à peu prendre les mains dans le pot de confiture avec un papa qui détenait une entreprise dans dans dans les fossiles on peut on peut aller chercher comme ça il y en a il y en a plusieurs donc on a une conseillère en communication qui travaillait pour la gros industrie juste avant les relations personnelles qui sont transformées et l'impact sur les liens avec voilà bref du secrétaire d'État à la mer enfin bref à peu près partout donc on a quand même un obstacle là on a un autre ça qui est comment on fait collectif et où est-ce qu'on arrive à faire collectif pour moi c'est central je voudrais donner un exemple positif pour dire que certains arrivent à franchir les obstacles et je crois profondément que le rôle des syndicats et central d'ailleurs il y a des études qui démontrent que le sens au travail la qualité du travail est en corrélation avec le niveau de syndicalisation il y a une étude européenne j'ai pu qui l'a fait mais qui montre que plus finalement on trouve du sens à son travail plus il y a de démocratie dans l'entreprise plus il y a de syndicalisme et donc c'est je trouve c'est important de le dire à un moment où on peut se dire qu'il y a une perte de là-dessus moi j'aurais cité le collectif Icare je sais pas si vous connaissez le collectif Icare elle a CGT connait puisque elle a travaillé avec ce collectif sont des salariés de l'aéronautique de Toulouse à l'origine puis maintenant de l'automobile s'appelle les ateliers d'Icare et qui se sont dit notre activité elle va pas tenir elle ne peut pas tenir en l'état où elle est et qui ont engagé un travail de transformation de réflexion sur le transfert de leurs compétences vers d'autres domaines sur le changement de leur métier aujourd'hui réfléchissent à une proposition que je trouve intéressante qui s'appelle la coactivité c'est-à-dire travailler moins dans leur entreprise et dégager une journée qui pourrait être collectivisée pour rendre des services écologiques et sociaux dans notre dans notre société je crois que c'est des voix à explorer mais c'est des gens qui compris en main qui confettent collectifs qui commencent à s'élargir on regarde ça de trop loin mais je trouve là qu'il y a des il y a des voix très intéressantes pour faire émerger d'autres conceptions de travail pour transformer l'économie parce qu'elle se transforme à pas que par le haut se transforme rat aussi à l'intérieur de l'entreprise parce qu'il va se passer dans les territoires par ces collectifs qui vont penser cette transformation par le SS qui ira porté son modèle aussi en d'autres endroits je crois que c'est par là que ça va passer donc il faut faire collectif et aujourd'hui quand tout nous pousse à être individualisé parce que quand même que c'est quand même un obstacle voilà et c'est en tout cas un enjeu et un obstacle alors justement par rapport à ça fait bien tattoo Thomas Cutro il y a un peu la question on l'a évoqué quand on s'est eu au téléphone sur est-ce que aujourd'hui il faut comme on fait par exemple les élèves de Paris AgroParisTech une grande désertion pour changer totalement les entreprises ou une grande rébellion de l'intérieur ou les deux à la fois parce que bon c'est rarement aussi binaire mais je crois qu'il y a besoin de construire parce que la réalité de notre monde aujourd'hui c'est que l'économie actuelle et les gouvernée par les grands groupes qui sont les donneurs d'ordre des petits groupes des PME et donc c'est elle qui donne le la et elles sont dans un système capitaliste avec des règles de marché les règles de profit maximum et elles ont fait toute leur activité sur le postulat faux que les ressources sont inépuisables ce qui est loin d'être le cas et donc aujourd'hui ces grandes entreprises qui sont là qui existent qui donnent le la à notre activité on ne peut pas y échapper il faut bien les changer de l'intérieur parce que si on ne le fait pas le monde ne changera pas et on pourra notre perte et si on ne le fait pas les salariés qui sont en attente moi j'ai plusieurs sondages qui le prouvent avec de très haut niveau plus de 80% des salariés attendent de pouvoir intervenir dans l'entreprise d'avoir une entreprise qui dont la finalité a du sens pour eux et chez les jeunes c'est eux sont encore plus importants il faut donc agir de l'intérieur pour pouvoir réellement changer les choses donc nous ce qu'on a alors il y a des freins les freins c'est que les droits nous ont été réduits de fait les syndicats sont moins proches de vous parce que ils sont happés par du dialogue social dans le cadre des CSE ou des CSA dans les administrations qui les éloignent de vos bureaux donc moi je dis d'abord aller à la rencontre on a besoin de se rencontrer et puis après d'un côté pratico pratique mais il faut vraiment se mettre au travail c'est ce que je disais dans ma première intervention et donc moi je vous ai laissé un petit flyer pour présenter notre outil mais pourquoi moi je vous appelle à le développer là où vous êtes cet outil d'abord ça permet d'aller chercher de l'information qu'aujourd'hui on ne donne pas et le premier élément pour intervenir pour être pouvoir agir c'est disposer de l'information donc première premier étape on a un questionnaire qui permet à vos élus et aux syndicats CGT dans votre entreprise s'il existe d'aller questionner la direction pour obtenir cette information et déjà là il y a un effet très important c'est que vos élus prennent conscience de l'état de la situation dans laquelle et leur entreprise ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui donc en fait aussi comme ça on recentre le travail syndical sur quelque chose qui est extrêmement important dans la deuxième étape on vous consulte et dites moi combien de fois réellement les syndicats vous consultent et non seulement vos consultent mais partent de ce que vous avez proposé pour construire ben nous c'est ce qu'on fait on change on change la donne sachant que ce n'est pas en vous consultant qu'on va ensuite tout seul décider de ce qu'on veut faire mais là on est vraiment dans la démarche de la CGT qui nous différencie d'autres syndicats on vous consulte et on vous propose ensuite que ça soit vous qui décidiez des solutions à mettre en oeuvre dans l'entreprise et ça je vous assure que quand on connaît la vie dans le travail et la manière de fonctionner des syndicats bah c'est pas monnaie courante et enfin troisième enfin quatrième étape on va porter le revendications on va vous le faire savoir on va vous tenir informé et puis on va faire de la formation on va entretenir le début d'engagement des salariés sur sur le sujet et ce qu'on propose de faire c'est que cette ces quatre étapes qui vont permettre de constituer le bilan écologique de l'entreprise et de faire remonter de véritables propositions très concrètes à la fois sur les conditions de travail mais aussi sur la stratégie des entreprises on va le refaire chaque année et on va comme ça de plus en plus je veux dire serrer au collet les directions d'entreprise pour que elle change leur stratégie et surtout anticipe les transformations pour que vous ne vous retrouviez pas demain pris dans un PSE dans un plan de soi-disant de sauvegardes emploi mais en gros mis à la porte et puis aussi qu'elle agisse sur l'impact qu'elles ont sur leur environnement ce qui est aussi très important voilà donc dans les freins majeurs qu'on a pour conquérir des droits d'intervention c'est avoir des protections pour que vous vous puissiez intervenir éventuellement avec un droit d'alerte un droit de refus on vous demande de faire des choses qui sont contre votre éthique professionnelle et puis on a besoin effectivement enfin évidemment de moyens de moyens financiers de moyens humains pour faire ce travail par rapport donc à cette question de intérieur extérieur il y a il y a quand même on voit qu'il y a énormément de blocages c'est à dire que les citoyens enfin les salariés peuvent essayer d'avoir une influence sur la direction de l'entreprise mais quand on parle d'énormes multinationales c'est quand même vraiment autre chose moi j'entendais récemment l'histoire de quelqu'un qui travaillait au développement durable chez Décathlon et on lui avait dit que sa mission pour les prochaines années c'était de réconcilier croissance et planètes et lui a dit bah non désolé c'est pas possible donc moi je m'en vais il y a il y a quand même une vraie question autour de ça c'est à dire est-ce que est-ce que on veut aujourd'hui qu'il y ait de plus en plus de multination ales qui soient vertes et qui sous prétexte d'être verte continue en fait à détruire la planète avec exactement les mêmes choses mais un peu mieux déguisé en quelque sorte enfin je pense que pour essayer de résumer ma question c'est est-ce que on a envie que McDonald's fasse plus de frites de légumes et du bio quoi [Musique] je me sens tellement d'accord je crois que je crois que le capitalisme est incompatible avec la transition écologique je le crois parce que je crois que la rationalité du capitalisme est une rationalité de croissance une rationalité de croissance basée sur la destruction de bien dont on le sait qui sont aujourd'hui finis donc moi je pense qu'il faut qu'on soit le plus clair possible à chaque fois que nous parlons quand on dit qu'il peut y avoir une sortie dans un capitalisme vert nous sommes en train de mentir aux gens donc moi je suis pour que nous sessions de mentir aux gens la situation écologique qu'on connaît aujourd'hui résulte directement de nos modes d'exploitation et de production et de consommation alors une fois qu'on s'est dit ça clairement le la question c'est effectivement pourquoi comment est-ce qu'on fait pour en sortir et comment est-ce qu'on y arrive et là c'est vrai que on bute sur un os qui est celui mais je vais pas le redire de d'intérêt organiser de façon si puissante que nous sommes face à eux pour l'instant assez assez démuni donc moi je crois mon idée que j'ai envie de défendre c'est de se dire plutôt que de chercher à attaquer ces modes de production de face parce qu'ils sont plus puissants que nous travaillons plutôt sur une transformation du désir moi je pense qu'il faut qu'on travaille sur le ce qu'on rend désirable et je crois qu'il faut que finalement on réussisse non pas à se dire on va détruire le capitalisme il faut qu'on se dise on va le ringardiser on va le ringardiser parce que ce qu'il nous propose en fait nous n'en voulons plus c'est pas la façon dont nous avons envie d'habiter le monde est-ce qu'on a du plaisir à aller à Rome sur un week-end en montant dans un avion dans lequel on se fait fouiller deux fois on traverse des paysages qu'on ne comprend pas on arrive dans une culture qu'on n'a pas vu arriver on y est deux jours sur place et en fait on a rien compris à rien alors moi ça ça nous provoque plus aucun désir par contre traverser la France les Alpes en train voir le paysage qui défile sentir la chaleur qui petit à petit se transforme entendre les accents qui évoluent oui ça ça me plaît et ça on peut le faire en train et là permettez-moi de revenir un petit peu à ce qu'on essaye de faire chez les licornes chez les licornes on a une super Licorne qui s'appelle raikoop Ray Cup est en train d'essayer de construire et c'est difficile et c'est difficile est en train d'essayer de construire des réseaux des transports en train qui n'existe plus c'est génial l'idée est géniale on vient d'accueillir ce matin winkop winkop il se disent on va faire du fret à la voile mais c'est génial un bateau voyez l'image s'il vous plaît un paquebot voilé qui traverse la mer mais c'est ça dont on a envie donc moi ce que je vous propose là tous ensemble c'est surtout qu'on soit fier de ses désirs qu'on a et qu'on ne conçoit finalement extrêmement exigeant quand est-ce que on accepte comme déroutement de nos propres désirs moi je ne veux plus je ne veux plus que ce que ce qui me passionne c'est à dire rencontrer les hommes les femmes c'est-à-dire traverser les paysages c'est-à-dire lire c'est à dire voir mes amis etc je ne veux plus que ce désir là soit à Moinerie donc j'ai fini de dire ce que je voulais dire alors évidemment il y a cette il y a cette question du désir et en même temps il y a la question de de l'organisation de notre société et c'est vrai que bon aujourd'hui malheureusement on va plutôt vers des entreprises qui se verdissent à moitié et des entreprises qui continuent à faire énormément de profits sur la destruction de la planète les trois entreprises les plus rentables au monde aujourd'hui sont des multinationales fossiles je tourne à nouveau vers vous Manon Aubry sur la question aussi justement de des leviers politiques que peuvent créer enfin des leviers juridiques ou politiques que peuvent créer les lois récemment total a été attaqué en justice par des ONG en vertu de la Loi sur le devoir de vigilance française finalement les ONG ont été des voilà ont perdu ont été dégoûtés enfin ça c'est leur demande ont été déclarées non recevables donc d'une certaine manière comment est-ce que on peut essayer de construire une autre économie quand on a cette économie destructrice qui qui tient si bien en fait en quelque sorte 1 2 1 2 ouais vous m'entendez déjà c'est la preuve que la loi française est insuffisante et là c'est la raison pour laquelle ça fait lien avec mon intervention tout à l'heure on a besoin d'un texte qui soit beaucoup plus solide au niveau européen et c'est ce à quoi on s'emploie et j'espère ce à quoi on aboutira d'ici définitivement d'ici les prochaines semaines mais moi je pense que en effet il y a un truc plus méta auquel on s'attaque qui est notre système économique et les dogmes sur lesquels il est assis et je dois dire que en siégeant à l'échelon européen je suis particulièrement témoin de cela et je vois deux freins en particulier qui organise ce modèle économique destructeur ou finalement c'est la course avant tout au profit quel que soit l'impact climatique et quel que soit l'impact sur la vie des gens et ces deux problèmes sont les suivants le premier on l'a un peu abordé au début c'est la recherche de la croissance à tout prix en Europe les règles budgétaires qui organisent les budgets des États membres de l'Union européenne c'est pas rien sont organisés dans un texte qui s'appelle le texte de stabilité et de croissance c'est écrit dès le titre que l'objectif c'est d'atteindre un niveau de croissance et ce qui est intéressant c'est qu'en pleine crise sanitaire quand même ils sont du compte que ces règles étaient peut-être pas les plus formidables du monde et ils les ont suspendus et elles sont suspendues à l'heure actuelle jusqu'à la fin de cette année et c'est intéressant parce qu'on voit à quel point le capitalisme peut produire sa propre destruction à ceux qui disent qu'on n'aime pas l'Union Européenne j'ai envie de dire mais c'est le modèle libéral européen qui court à sa propre perte et qui fait qu'à la fin on a des états qui doivent faire des coupes dans leur budget de santé dans leur budget de protection sociale comme on le voit en France notamment avec la réforme des retraites et l'Union européenne elle est un peu à cette croisée des chemins elle a remis en question se donne mais puis très vite on voit que le naturel revient au galop puisque la Commission européenne a proposé une révision de ses règles dans la elle donne un petit peu plus de flexibilité aux États membres mais surtout elle ne remet pas en question un objectif de croissance de la réduction des déficits de 3% et des dettes de 60% qui n'a aucun sens économique et aucun sens concret et le deuxième obstacle que je voulais mentionner c'est la question commerciale c'est la question de quel modèle commercial on veut privilégier est-ce qu'on veut acheter des produits qui ont fait quatre fois le tour de la planète avant d'arriver dans notre assiette ou dans notre caddie où est-ce qu'on va un truc qui a été produit localement et là aussi le modèle développé par l'Union européenne et celui du tout concurrence et du libre-échange à tout prix et je vous prends un seul exemple c'est un texte qu'on va voter au mois de novembre prochain donc voilà j'essaie de vous faire des trucs d'actu pour vous forcer à vous impliquer et vous montrer qu'il y a des enjeux politiques et que tout ça n'est pas gagné mais n'est pas perdu non plus c'est un accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande on fait pas plus loin quand on est français la Nouvelle-Zélande et devin avec quoi et pourquoi on va abaisser les barrières douanières de l'agneau et du lait pardon mais la France ne produit pas suffisamment d'agneau et de lait et on va apporter du lait qui vient de l'autre bout de la planète alors que nos producteurs de lait crèvent la dalle en France que nous agriculteurs n'arrivent pas à vivre et puis on va du lait sur des cargos je vous passe l'impact climatique de cela combien même on le ferait avec des voiles ce qui n'est pas le cas et en plus de cela la Nouvelle-Zélande je vous donne dans le mille à pas les normes envie me rendement les mêmes environnements et notamment à autorisé la trazine qui fait partie des pesticides qui sont interdits sur le sol européen étant on aura ce modèle du libre-échange et ce modèle de croissance qu'on n'arrivera pas à remettre en question et sur lesquels l'Union européenne continuera de s'asseoir promouvoir sans jamais se dire qu'un autre modèle économique est développable alors on se sera condamné à avoir des entreprises qui font des super profits sur la destruction de la planète et c'est le cas total et je vais faire un peu de provoque puisque ça a fait de l'actualité et on sera condamné à accepter la lutte contre la pauvreté avec des dons et de la charité des plus riches de notre pays qui ne payent pas leur juste pas d'impôts et ça je pense qu'on n'est pas condamné à l'accepter et que ce modèle économique il commence par attaquer le modèle du tout croissant c'est de tous les vrais changent mais aussi et avant tout faire en sorte qu'on a un modèle fiscal qui soit juste socialement et qui permet de construire et de financer ce modèle économique que nous voulons merci beaucoup à tous les cinq maintenant j'aimerais bien donner la parole à la salle parce que je pense qu'on peut pas parler de transformer la société de démocratie sans échanger aussi avec les personnes qui sont qui sont là [Musique] [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] [Musique] merci à toutes et tous d'être venu ce soir et vous pourrez retrouver ce débat en replay sur Blast merci beaucoup [Applaudissements] [Musique] [Applaudissements] [Musique] [Musique]