Un pouvoir d'achat fragilisé par les conditions climatiques ?
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- 0:37G.MackeFait
« Le kérosène pour les avions a augmenté encore beaucoup plus que le prix à la pompe pour les voitures. »
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en Hollande, dans des pays où il y aura davantage de produits. - La pêche français serait-elle menacée? - Oui. - Bonne nouvelle au coeur de l'été: les prix du merlu, de la raie ou du rouget ont fortement baissé. - S.Brakhlia: 41,50 euros le kilo de cabillaud.
C'est devenu un produit de luxe. On constate une inflation générale dans l'alimentaire, notamment pour les produits frais. Quelles en sont les raisons?
Comment l'expliquer? - G.Macke: Le pêcheur l'a expliqué pour son poisson.
Il dépend du gasoil marin. Dans toutes les catégories de carburant, le kérosène pour les avions a augmenté encore beaucoup plus que le prix à la pompe pour les voitures. Ca représente jusqu'à 50 % des charges d'un bateau de pêche, le gasoil.
On comprend donc très bien. Pour les produits frais alimentaires, les questions énergétiques comptent énormément. Pour le transport, le stockage, la réfrigération...
Cette facture énergétique pèse fortement sur les produits frais. - N.Barré: Il y a aussi les prix de l'énergie.
Il y a eu aussi une réduction des quotas de pêche pour certains types de poissons, notamment le maquereau. Ca a pu alimenter la hausse des cours. - S.Brakhlia: Quand les légumes coûtent plus cher, c'est le changement climatique. - N.Barré: Exactement.
Vous avez des productions atteintes par le réchauffement climatique. Elles sont moins importantes et moins abondantes. Parfois, elles ont été périmées à cause de la grêle ou des phénomènes de ce type.
Des phénomènes climatiques qu'on ne voyait pas aussi souvent avant perturbent la production agricole. Ca se retrouve dans les prix qui grimpent. - S.Brakhlia: Une question de Claudius.
On parlait du changement climatique et de tout ce que l'on a vécu. - I.Raymond: Les chiffres de l'inflation au niveau global sont tombés il y a quelques jours.
Cette inflation est mesurée: 2,1 % sur un an. Ce n'est pas énorme. Ca n'a rien à voir avec ce que l'on a connu avant.
Les produits frais prennent cher: +3,8 %. On a vu l'exemple du cabillaud qui est devenu un produit de luxe. L'énergie: +12,4 %.
Ca ne prend pas en compte les épisodes de canicule. La production de blé est en baisse. Les vendanges sont en avance.
On va voir si on en a suffisamment. Il y a également énormément d'arbres fruitiers. Tous ces produits agricoles ne sont pas dans les chiffres.
On risque d'avoir une inflation plus importante dans les produits alimentaires et les produits agricoles ces prochains mois. Malheureusement, concernant les produits agricoles, on n'en est peut-être qu'au début. - M.Visseyrias: Si on veut s'offrir le luxe de manger du cabillaud au restaurant, il faut rajouter, comme cause de hausse des prix, la masse salariale qui a augmenté.
La fréquentation au restaurant est difficile. Les restaurateurs se plaignent cet été. Ca risque de ne pas s'arranger. - S.Brakhlia: Les prix augmentent, mais ça ne freine pas la consommation des ménages.
Elle a progressé de 0,4 %. Ca veut dire que notre pouvoir d'achat n'est pas entamé? - I.Raymond: C'est 0,2 %. - S.Brakhlia: Veuillez m'excuser. - I.Raymond: Ca reste assez faible.
C'est sur certains produits. Les Français ont acheté des téléviseurs à cause de la Coupe du monde. Ils ont acheté des voitures, notamment électriques.
Ils ont acheté des produits alimentaires. Mais il n'y a pas d'investissements des ménages. Ils n'ont pas déménagé.
L'immobilier ne va pas bien du tout. Ca reste une consommation de produits...
Ce ne sont pas de gros investissements. On ne fait pas de gros achats en ce moment parce qu'on ne sait pas de quoi demain sera fait. - S.Brakhlia: Ce qui change au 1er août a un impact sur notre budget.
Exemple: le prix de l'électricité qui va augmenter de 2,5 %. Pourquoi le prix de l'électricité augmente chez nous alors qu'on a des centrales nucléaires qui produisent notre électricité? Vous avez 3 heures.
C'est maintenant qu'il faut l'expliquer. Pourquoi on paye plus cher? - N.Barré: Vous avez un effet...
C'est un marché plus large que le marché français. - S.Brakhlia: C'est le mécanisme européen? - N.Barré: Entre autres.
C'est l'une des raisons qui font que le prix de l'électricité est ajusté régulièrement. - G.Macke: Il y a aussi un effet taxes.
La production nucléaire est aussi affectée par les canicules. Certaines centrales nucléaires ont été ralenties à cause de l'eau des fleuves qui est trop chaude pour le refroidissement des centrales. Il est vrai que, malgré tout, la France garde un prix de l'électricité assez correct grâce au nucléaire.
Il faut le souligner. - S.Brakhlia: J'ai parlé d'augmentations.
Il y a aussi de bonnes augmentations qui font du bien. Les taux d'intérêt des livrets d'épargne repartent à la hausse. C'est une nouvelle du 1er août. 1,7 % pour le livret A.
C'est une bonne nouvelle. On peut l'affirmer. C'est important pour les Français, ce livret A. -N.Barré: C'est une hausse modeste. - S.Brakhlia: On prend ce que l'on peut. - N.Barré: C'est une hausse qui suit l'inflation. 1,7 %, c'est en dessous du taux d'inflation.
Ce n'est pas un placement qui rapporte beaucoup. D'ailleurs, les Français sont des gens qui, en Europe et dans le monde, épargnent le plus. - S.Brakhlia: 6600 milliards d'épargne. - N.Barré: C'est le total de toute l'épargne des Français.
C'est gigantesque. Le livret A, c'est 600 milliards. Les Français épargnent beaucoup.
Mais ils épargnent mal. Ils placent leur argent Dans des concessions qui rapportent très peu par rapport à des pays d'Europe du Nord, qui placent plus intelligemment ou mieux leur argent. - S.Brakhlia: Vous allez devenir notre conseiller financier.
Les placements préférés des Français...
C'est le livret A? L'assurance-vie? - I.Raymond: Ce sont des versements sans risque. - G.Macke: Le fait que l'on paye peu d'impôts ou pas d'impôts, aussi. - N.Barré: Il y a la peur du risque.
L'épargne moyenne des Français, c'est 50 000 euros par Français, aujourd'hui. Placés à 1,5 %, ça fait 58 000 euros au bout de 10 ans. Les pays d'Europe du Nord, la Suède notamment, sont sur des rendements de l'ordre de 7 %.
Les 50 000 euros, ça vaut le double au bout de 10 ans. Vous voyez l'écart! Certains pays ont une épargne qui rapporte davantage que nous. - S.Brakhlia: Nicolas est très optimiste et n'envisage pas les krachs boursiers. - N.Barré: Je parle d'une longue durée.
Vous avez des rendements sur des placements qui peuvent comporter des actions qui sont beaucoup plus importantes que ce que peut offrir le livret A. -S.Brakhlia: Tout augmente, sauf les salaires.
Le pouvoir d'achat ne sera-t-il pas le thème principal de la présidentielle? - I.Raymond: Les négociations salariales ont été faites avant la fermeture du détroit d'Ormuz et la hausse du prix du carburant.
C'est donc très compliqué parce que les salaires ont augmenté moins vite que l'inflation. Si on prend l'exemple des fonctionnaires, ils ont eu une réunion avec leur ministre de tutelle avant l'été. On leur a dit que ce serait zéro.
Comme ça, c'est clair. - S.Brakhlia: Une année blanche. - I.Raymond: Même moins.
Ils ont une perte de pouvoir d'achat. Ca fait partie des problématiques. - N.Barré: Une journée d'action syndicale est prévue fin septembre dans la fonction publique pour ajuster le point d'indice. - S.Brakhlia: Pour les salariés du privé, peut-on dire que les salaires ont augmenté suffisamment par rapport à l'inflation? - G.Macke: En France, le Smic est indexé sur l'inflation.
Au 1er juin, il a augmenté de 2,4 %. Ca ne concerne pas tous les salaires. Ca concerne tous les salaires au-dessus du Smic et qui, en comparaison du Smic qui augmente automatiquement, n'augmentent pas forcément aussi vite ou de façon aussi homogène ou encore avec du retard.
Il y a le sentiment d'un tassement des salaires vers le bas, une sorte de smicardisation de la société. C'est un sentiment de déclassement très fort pour les gens qui ont un salaire au-dessus du salaire minimum et qui, en fait, sont rattrapés dans le temps par ce salaire minimum. Il y a toujours des mouvements d'accordéon.
Il faut quand même du temps pour que les salaires, qui sont du ressort des entreprises et non pas automatiquement indexés à l'inflation, soient augmentés. Ces dernières années, au lieu d'augmenter les salaires de base, on a créé des primes Macron pour l'activité, des primes exceptionnelles, d'intéressement...
Ces mesures-là sont plus complexes. Elles sont temporaires. Quand on a une augmentation de salaire, on l'a et on la garde.