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interviewLCP (sur YouTube)· 7 mars 2025 55 min

Marie-José Allemand, députée socialiste des Hautes-Alpes | Politiques, à table !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Générique --- --- Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Politiques à Table, l'émission qui fait pousser les discussions, qui élève au grain les réflexions sur notre production alimentaire, sur l'avenir de notre agriculture. Et cette semaine, on fait la récolte ensemble avec Marie-José Allemand. Bonjour. -Bonjour. -Et bonjour Jean-Pierre Montanay. -Bonjour Valérie. -Marie-José Allemand, vous êtes députée socialiste de la 1ère circonscription des Hautes-Alpes depuis cet été.

Un nouveau job pour vous, agricultrice. Enfin, une nouvelle mission peut-être, mais qui n'a que très peu de secret pour vous, vous qui étiez l'assistante parlementaire de la députée socialiste Karine Berger de 2012 à 2017. Depuis plus de vingt ans, vous avez su nourrir votre appétence pour la politique tout en développant votre élevage de brebis.

Membre du parti socialiste, cadre de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, tout en restant proche de vos bêtes que vous élevez avec votre fils et votre mari. Mais cette fois, et pour la première fois, vous n'avez pas pu suivre la transhumance de votre bétail. Un sacrifice nécessaire pour porter vos combats ici, à l'Assemblée nationale.

Vous vous opposez fermement à l'accord de libre-échange avec les pays du Mercosur et vous défendez l'amélioration des conditions de travail dans votre secteur. Sur votre compte Twitter, vous avez épinglé cette phrase : "Avant d'être élue, je travaillais pour un salaire qui ne dépassait pas les 1 300 euros par mois et c'est aussi cette France que je veux représenter". Et ça tombe plutôt bien.

C'est en partageant ensemble notre déjeuner que nous allons parler de cette France et des éleveurs qui viennent tout juste de quitter le Salon de l'Agriculture. Au menu du jour, mon cher Jean-Pierre, on trouve aussi du mouton et de la transmission, n'est-ce pas ? -Oui, on va prendre du gigot d'agneau accompagné d'un gratin dauphinois et en dessert du pain perdu.

Il ne sera pas perdu pour tous. -Dans le Dessous des plats, on vous emmène dans les allées du Salon de l'Agriculture à la rencontre de nos paysans. Ils sont particulièrement préoccupés par la transmission de leurs fermes.

Nous verrons dans quelques instants si la nouvelle loi d'orientation agricole répond à leurs attentes. -Dans Les pieds dans le plat, focus sur l'une des plus anciennes traditions régionales : la transhumance. Quel intérêt pour les troupeaux ?

Est-elle menacée par le changement climatique ? Réponse à suivre. -Voilà pour le menu.

Passons à table et ouvrons-nous l'appétit avec Cuisine et confidences. Jingle -Alors d'abord, Marie-José Allemand, je croyais que l'on recevait une députée, mais non, pas du tout. A table aujourd'hui, on a invité une athlète.

Alors, ni judoka, ni nageuse, encore que, mais éleveuse d'ovins, car je découvre que vous avez connu la gloire au Salon de l'Agriculture comme une sportive aux Jeux Olympiques. Vous êtes la Clarisse Agbenienou, la Cassante Beaugrand de la Porte de Versailles. L'expression est appropriée pour une agricultrice, une moisson de médaille au concours général du Salon.

Cette méga compétition qui honore la meilleure rillette, jusqu'au plus beau ou plus fort taureau. Bref, vous aviez déjà remporté une médaille d'argent en 2024 pour votre agneau de sisteron, Label rouge et rebelote cette année, regardez cette médaille avec le bronze. C'est, vous dites, la récompense de 25 ans d'engagement en tant que président de l'association Ciel-Azur qui regroupe près de 80 éleveurs et près de 35 000 brebis.

Alors, si on avait convié ici Paul Marchand, vous connaissez, notre athlète médaillé. Il ne nous aurait pas invité à boire l'eau de la piscine où il a nagé le plus vite. Tandis que vous, vous vouliez débarquer avec la bête à qui vous devez votre médaille sous la forme d'un gigot dans nos assiettes.

Histoire que l'on goûte ce jeune agneau de sisteron qui ne dépasse pas 150 jours et dont la chair est claire, fine et onctueuse. Mais, hélas, on n'en a pas trouvé, figurez-vous. Alors, on s'est rabattu sur de l'agneau de Quercy.

Mais ma question reste la même. Peu importe, dites-moi, pour pas venir à ce niveau de qualité, c'est du sport, non, Marie-José ? -C'est beaucoup, beaucoup d'engagement.

Personnel, familial. Ce n'est pas ma médaille personnelle, c'est la médaille de l'ensemble des éleveurs de notre association qui, depuis 35 ans, pas 25, se battent pour faire reconnaître de la qualité, des produits de qualité. C'est vraiment une niche et c'est pour ça que peut-être on n'en a pas forcément trouvé ici, parce qu'il y a à peu près 300 éleveurs qui produisent de l'agneau sous signe officiel de qualité, l'agneau de sisteron.

Et ces éleveurs-là, ils y mettent tout leur coeur. Et ça n'aurait pas de sens que d'avoir des très gros élevages pour pouvoir apporter cette finesse du produit, en fait. -On va le goûter.

Alors, même si ce n'est pas celui de sisteron, on va quand même goûter ce plat. Et vous allez nous dire un petit peu ce que vous en pensez, si c'est comme ça que vous le cuisinez aussi chez vous. Qu'est-ce que vous en pensez ?

Est-ce que la viande est bonne ? -La viande est très bonne. -Ah, très bien. -Il manque ce petit goût de Provence. -Est-ce que vous dites ça pour la forme ou est-ce qu'à l'aveugle, on peut reconnaître deux agneaux, le Quercy le sisteron, Label rouge ? -Ces deux agneaux sont des agneaux sous signe officiel de qualité, donc le cahier des charges est proche.

La chose qui différencie, c'est les bêtes, la provenance des races. Donc nous, on est sur des races qui sont très locales, puisque c'est une IGP, c'est protégé. -J'allais le dire, qu'on comprenne.

Cet agneau de sisteron, dont vous êtes la spécialiste, c'est une appellation d'origine protégée par une indication géographique protégée, c'est ça ? -Tout à fait. -Expliquez-nous tout ça. -Ca détermine vraiment une zone, un territoire.

Et dans ce territoire, c'est principalement les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute Provence. -La Drôme provençale, non ? -Un petit peu de Drôme, un petit peu des Bouches-du-Rhône.

Oui, mais vraiment, les pourtours, on va dire, ça reste en PACA, en Provence-Alpes-Côte d'Azur. C'est vraiment un secteur typique. Le bassin de production, il est là.

Les deux gros départements, c'est 04, 05, qui produisent cet agneau de qualité. -Pour que les téléspectateurs comprennent bien, il faut que cet agneau soit né, élevé et abattu. -Tout à fait. -Il faut toute la chaîne dans ce territoire-là. -Exactement.

Puis, il n'y a pas que ça. Donc, on a nos trois races locales sur les mères. Et puis, on a aussi l'alimentation. -J'allais vous demander, dans le cahier des charges, pour faire cet agneau de sisteron, il faut aussi donner, nourrir ces bêtes d'une manière très spécifique. -Le foin qu'on donne l'hiver, qu'on donne à manger l'hiver, est produit dans cette zone de l'IGP.

Elles peuvent aller en alpage et puis c'est surtout, les bêtes doivent aller dehors. Elles doivent profiter, les animaux doivent courir dans la nature. -Il y a très peu de bêtes par hectare, moins de 10.

Ce n'est pas la surpopulation. -Exactement, et c'est de l'élevage qu'on appelle extensif, c'est-à-dire qu'on profite des territoires, les bêtes vont en alpage, et c'est vraiment très encadré, on ne peut pas sortir de ce cadre-là. -Non, ce n'est plus de l'agneau de sisteron. -Exactement. -Est-ce qu'on peut dire que vos brebis sont bio ? -Elles s'y ressemblent.

On n'est pas en démarche bio, mais on est en démarche de HVE, donc Haute Qualité Environnementale. -Quelle est la différence ? -Disons qu'on n'a pas sauté le pas pour faire du bio.

Et aujourd'hui, malheureusement, la filière bio est en très grosse difficulté et nos éleveurs... nos éleveurs rebasculent en Label rouge pour pouvoir avoir des débouchés parce que le bio, ça coûte aussi très cher puisque la production est basse puisqu'on privilégie le produit aussi.

Et de ce fait, on se retrouve face à une filière qui est un produit qui est cher, quand on a peu de pouvoir d'achat...

C'est compliqué. Malheureusement, on se rabat sur des produits moins chers. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, la filière est vraiment en très très grosse difficulté. -Valérie, un chiffre qu'on comprenne bien, qu'est-ce qu'a apporté l'IGP ?

Il faut savoir qu'avant, en 2007, date de cet IGP, vous aviez 400 00 agneaux qui arrivaient d'autres régions, aux abattoirs de sisteron, avec des producteurs qui se disaient : "Je vais les abattre là, comme ça, derrière..." L'étiquette sisteron, ça, ça a disparu.

Est-ce que c'est complètement éradiqué ou il y a encore un peu de... -Non, ce n'est pas possible.

Il y a toujours de l'abattage sur sisteron. -Mais ils ne pourront pas avoir le... -Sisteron est un très, très gros abattoir.

Mais aujourd'hui, pour avoir l'identification...

D'ailleurs, ce ne sont que les agneaux qui ont cette étiquette-là. Et c'est surtout...

Comment dirais-je ? Ils doivent répondre au cahier des charges, c'est-à-dire que quand ils naissent, ils ont une médaille, il y a une traçabilité de l'agneau tout au long de sa vie et si cet agneau n'a pas été déclaré par l'éleveur et qu'on n'arrive pas à retracer quel éleveur, où est la mère...

On a toute sa lignée dans son carnet d'agnelage. On ne peut pas le labelliser. C'est vraiment très strict.

Le cahier des charges, il est pour l'éleveur, il est pour l'abattoir, et il est aussi pour les distributeurs. -Et le consommateur à la fin, qui sait ce qu'il mange. -Et le consommateur, par le biais du Label rouge, il commence par le marquage, c'est un 04.

Par ce marquage-là, on sait que c'est de l'agneau Label rouge et pas autre chose. -Et on sait ce qu'on mange. Voilà, donc c'est vraiment, on peut retracer, on peut arriver jusqu'à la ferme pour retrouver l'éleveur qui est le père. -Je vous ai souvent entendu parler dans de précédentes émissions, même dans d'autres articles, de vos bêtes, de vos brebis, que vous appelez vos bébés. -C'est mes filles. -Ce sont vos filles.

Est-ce que ça ne vous embête pas de les manger ? -Non, parce que... -Comment vous distinguez ?

Parce que je trouve ça très beau. Je vous ai vu et je vous ai lu en parler avec le coeur. Et comme vous venez de le faire là, ce sont vos filles.

Elles se retrouvent dans une assiette. Comment on fait ? -On garde les mères.

Quand elles arrivent chez nous, on les garde jusqu'à la fin de leur vie. Elles meurent chez nous. C'est nos animaux.

Un éleveur, moi, je suis capable de vous dire, dans mon troupeau, s'il y a des bêtes qui ne sont pas à moi. On les connaît, on le sait, puis on a quelques coquines aussi, parce qu'on a toujours des animaux apprivoisés. On connaît nos animaux, on les aime, on les connaît.

Moi, c'est une passion. Vous avez parlé tout à l'heure de la transhumance, ça a été un déchirement de voir partir les camions à l'alpage sans y aller. Première fois depuis 35 ans que je ne fais pas une transhumance.

Ca a été terrible. Mais de notre côté, bon, voilà. -Et comment on fait pour les manger ?

Comment on fait pour manger cette viande ? -On fait abstraction de...

On fait abstraction. Il y a l'élevage. C'est aussi ce qui nous nourrit, finalement.

Parce qu'à un moment donné, il faut des agriculteurs pour nourrir les gens. Donc, on est là pour nourrir et le mieux, on les nourrit. Nous, c'est notre dada.

On fait de l'agneau sous Label rouge, mais aussi, on fait des blés en qualité de Label rouge. Donc, notre vocation, nous, sur notre ferme, c'est de faire de la qualité. On en fait moins, mais on le fait correctement. -Je rebondis sur cette question parce qu'effectivement, ça touche, mais il y a de l'affect, on le sent, mais est-ce que le plus dur, c'est pas forcément de le manger, c'est de voir ces bêtes partir à l'abattoir, non ? -Non, parce que, vous savez, on se fait une raison, le plus dur, je dirais, c'est le premier, après, on se fait une raison. -Ca fait partie du métier. -Après, vous savez, quand il y a une bête qui nous affecte, par exemple, on a aidé à naître, on a des fois plus d'affinité avec certains animaux, on les garde.

Elles restent dans le troupeau. On est comme tout le monde, on aime nos animaux. -Alors, là, on a un plat typique que vous avez choisi.

Je crois, en préparant cette émission, que vous cuisinez bien d'autres choses, n'est-ce pas ? Dites-nous ce que vous faites. -J'aime beaucoup faire des plats qui mettent du temps à cuire, car pendant ce temps-là, on fait autre chose.

Donc, préparer, c'est de la daube, une ratatouille du jardin, mais c'est quelque chose d'extraordinaire. J'ai mon potager. Le matin, c'est ma petite heure tranquille au lever du jour.

On va passer une heure dans le jardin, on décompresse. Et puis après, on mange des tomates qui sortent de votre jardin. -Si je comprends bien, vous ne faites jamais vos courses, vous avez tout à disposition, la viande et les légumes. -Non... -Pas en autarcie quand même. -Moi je fais mes courses aussi, mais la viande, on privilégie les collègues qui produisent de la viande avec des colis.

Donc, on vient en vente directe. On a aussi nos poules, nos produits de la ferme. Mais on est comme tout le monde.

Moi, je vais au marché. C'est plus compliqué maintenant, je l'avoue. Mais je vais au marché, j'ai acheté des légumes.

Quand c'est la saison, on trie aussi, on fait attention. La plupart du temps, l'été, on n'achète pas de légumes parce qu'on les a dans notre potager. C'est tellement bien.

Lorsqu'on produit ça et qu'on consomme sa propre production, c'est d'une satisfaction incroyable. -Vous êtes aussi médaillée au fourneau ? Vous avez une médaille d'or pour votre plat ? -Non... -Vous êtes modeste, je suis sûr que vous cuisinez très bien. -Ca va. -Ce qui mijote en tous les cas. -voilà.

Après, on a souvent la problématique aussi de quand on arrive, on arrive tous ensemble, puisque avec mon conjoint et avec mon fils, c'est le premier qui arrive, qui se met au fourneau. Pour le coup, j'ai un fils qui adore cuisiner aussi, qui adore manger, qui adore la bonne cuisine avec ses copains. -C'est la compète alors en cuisine ? -Moi, ça m'arrange aussi quand c'est les garçons qui cuisinent, mon conjoint aussi cuisine.

Mais qu'est-ce qu'il y a de plus agréable d'arriver et de mettre les pieds sous la table quand ça a été cuisiné par quelqu'un d'autre ! Et puis, c'est des produits...

On a quand même cette chance, quand on est agriculteur, d'avoir des bons produits de nos exploitations. C'est quand même vraiment une chance. -Qu'est-ce que vous faites de la laine ? -Ne m'en parlez pas.

C'est une petite complication qu'on a dans notre métier. -Pourquoi ? -La laine est considérée comme un sous-produit dans notre pays, contrairement à l'Australie par exemple.

Aujourd'hui, les éleveurs n'ont plus de débouchés dans notre pays. Il n'y a plus de débouchés, il n'y a plus personne qui achète la laine parce qu'avec les conditions, il faut la laver puisqu'il faut enlever le soin. -La filer... -La laine, c'est vraiment, on part d'un produit brut.

Il y a beaucoup de manipulations et d'étapes. C'est à la sortie un produit qui est très cher. Nous, on a la chance d'avoir des mérinos d'Arles.

Donc, la laine mérinos, elle se vend, mais l'année dernière, c'était 50 times le kilo. Voilà. Aujourd'hui, on a coutume de dire que la vente de la laine paie les tondeurs qui viennent tondre les brebis dans nos exploitations.

Ce n'est plus le cas. Malheureusement. Et c'est quand même une difficulté.

On a beaucoup d'éleveurs qui ont leur laine sur les bras, qui ne peuvent pas la vendre. Et moi, j'espère que petit à petit, on arrivera à faire pas que de l'habillement avec cette laine, mais aussi faire de l'isolation, parce qu'il y a quand même un marché. On a de la demande pour convertir cette laine en isolation, faire de l'isolation des bâtiments.

Et voilà. Si on peut faire un appel, développons ce marché-là parce qu'on en a besoin, nous aussi, parce qu'il n'y a pas que ça. Il faut qu'on puisse avoir d'autres débouchés avec la laine et pas que la filière textile. -Bien sûr. -Je voudrais revenir avec vous, maintenant qu'on a compris qu'effectivement cette laine est sous-évaluée.

Revenir sur une recette emblématique, parce que moi je pensais qu'on aurait droit à ça peut-être, c'est les pieds et paquets de sisteron. -Qu'est-ce que c'est ? -Voilà, pieds et paquets, comme ça on se demande. -J'en ai jamais entendu parler, qu'est-ce que c'est ? -Que ce sont les pieds et qu'est-ce que le paquet ? -Alors... c'est, là aussi, la transformation du sous-produit.

Donc, ce sont des pieds d'agneau et de veau qui sont mijotés avec les paquets. En fait, c'est de la panse d'agneau qu'on farcit. Donc, on met une farce avec des lardons, un peu de tout dedans.

On fait une petite farce, un petit paquet avec une ficelle et on fait mijoter tout ça pendant...

Des heures. Il faut que ça mijote. -Ca, vous les faites, vous-même ? -Bien sûr.

Mais par contre, là, il faut vraiment avoir le temps, parce qu'il faut bien laver ses produits pour enlever toute forme de goût. Et après, on fait une sauce. On fait en sauce tomate, avec de la tomate dedans. -C'est presque un plat qui se prépare la veille, non ? -Oui, le réchauffer est toujours très bien.

Quel que soit le produit, on réchauffe. Lorsque c'est des plats mijotés, il faut les réchauffer et c'est encore meilleur le lendemain. Effectivement, les pieds paquets de sisteron ont leur réputation.

Avec des pommes de terre, c'est excellent. -On dégustera ça. Bon, revenons plutôt à cette belle assiette.

Et pour faire un bon gigot d'agneau, il faut savoir trois choses que vous allez nous dévoiler. -Oui, alors je parle sous le contrôle d'une pro de l'agneau et du gigot. Alors, toujours la veille, vous pouvez faire marinez votre gigot selon vos goûts et vos envies dans une marinade à base d'herbes, par exemple thym, origan, mais des épices aussi, si on le veut le faire un peu à l'oriental, du cumin, de la badiane, du Zaatar, du miel aussi pour un gigot d'agneau un peu sucré-salé, certains aiment beaucoup, de l'huile bien sûr et du vin, pourquoi pas.

Vous couvrez la viande avec du film alimentaire et vous laissez reposer 24 heures. Et le lendemain, pensez bien à sortir votre gigot au moins une heure avant de le mettre au four. Parce qu'il faut que la température de la viande redevienne normale avant de subir le choc thermique du four.

Alors surtout, encore je parle sous le contrôle, ne faites pas ce que beaucoup font à tort, c'est-à-dire de piquer le gigot d'agneau pour y mettre de l'ail. Effectivement, ça tombe un peu sous le sens. C'est meilleur l'ail, mais du coup, vous allez faire des trous dans votre gigot et du coup, le jus en cuisant va s'écouler par ces trous.

Et il sera plus sec. Mettez plutôt vos gousses d'ail autour de l'agneau qui vont confire dans le jus et la graisse de l'agneau. Et ça sera beaucoup mieux.

Ne jamais saler. C'est toujours dans le même ordre d'idée. Ne jamais saler aussi votre gigot parce que ça peut le dessécher.

Si vous n'avez pas fait mariner votre gigot, pratiquez-lui quand même avant de le cuire, un petit massage à l'huile. Puis on l'enfourne vers 240 degrés pour le saisir pendant 15 minutes. Puis on poursuit la cuisson à un peu moins 200-180.

Il faut compter environ 15 minutes par kilo de viande. Un peu moins si vous l'aimez rosé, mais ce n'est pas votre cas. Il était rosé, vous l'aimez plus cuit.

Et puis, il y a le fameux gigot de sept heures. On le fait cuire sept heures, il devient fondant. -Alors à feu très très très doux. -Exactement, vous avez tout compris.

C'est de la basse température et on part sur un thermostat à 120. -Il a tout bon ? Il a tout juste ? -Merci. -Il a tout bon, mais le meilleur, c'est quand même nature. -Ah !

C'est-à-dire rien, pas d'ail, rien du tout ? -Si, si, mais nature... -Mais pas de cumin, pas de miel, pas de vin.

C'est l'éleveuse qui parle. -C'est noté aussi. -Ces petites fille-filles. -Pour accompagner ce plat, vous nous avez apporté un vin rouge qui porte votre nom, vous faites du vin aussi ? -Non, pas du tout.

C'était un clin d'oeil à aussi une viticultrice de mon département. -Alors expliquez-nous, je vais la montrer à l'antenne cette bouteille. Domaine Allemand.

Qu'est-ce qu'on boit exactement ? Expliquez-nous, c'est quoi ? -Pour cette bouteille, c'est un assemblage de trois cépages différents.

Mais le principal cépage, c'est le Mollard. Ca veut dire petit Mont ou petite montagne. Et la particularité, c'est qu'il n'y en a que quinze hectares dans le monde. -Où ? -Il n'y en a que quinze hectares ! -Et dont... -Hyper précieux. -Voilà, chez nous.

Et donc, Laetitia Allemand qui a remis au goût du jour ce cépage. Et c'est un cépage qui a un vrai avenir parce que... -C'est très, très bon. -Il est résilient. -Exactement.

Il est résilient à la sécheresse. C'est un cépage...

C'est des vignes qui fleurissent un peu plus tardivement. Donc, on évite les gelées de printemps. Et puis, il est de l'altitude.

Il s'adapte très bien chez nous à l'altitude. Et voilà, c'est vraiment quelque chose qui est typique du terroir des Hautes-Alpes. -Avec le réchauffement climatique, c'est peut-être un terroir, justement, qui est peut-être amené à s'agrandir un peu. -Exactement.

C'est ça l'idée, c'est de développer ce terroir, de développer ce cépage. Encore une fois, la résilience au réchauffement climatique, aujourd'hui, on en a besoin parce que de toute façon, il faut qu'on avance. On le voit toutes les années, c'est de pire en pire.

Donc il a un véritable avenir, et puis c'est vraiment un clin d'oeil à Laëtitia Allemand, qui elle aussi est vigneronne finalement, et dans cette profession qui est assez masculine aujourd'hui, la place des femmes, et on arrive à la journée du 8 mars, c'est vraiment une figure emblématique de notre département sur ce cépage-là. Moi, c'était un petit coup de... -On aime les coups de coeur.

Vous l'avez goûté ? -Il est délicieux. -Il est très bon.

Il est peut-être rare en termes de superficie, mais il est rare en goût aussi. -Il est vraiment très fin. Ca marche très bien avec l'agneau. -Après le nectar des Alpes sur nos papilles, je vous propose maintenant d'abreuver nos esprits avec les quiz.

Jingle -Alors, les quiz. En tant qu'habituée du concours général agricole, on l'a vu avec votre médaille de bronze, argent l'an dernier, sauriez-vous nous dire si ces affirmations sont vraies ou fausses sur les concours culinaires ? Attention, c'est vous qui passez le concours.

MOF, meilleur ouvrier de France, est plus qu'un concours en fait. C'est aussi un diplôme d'Etat. Est-ce que c'est vrai ou est-ce que c'est faux ? -Je dirais que c'est faux. -Non, c'est vrai. -C'est vrai ?

D'accord. -C'est très important car vous avez le titre honorifique, mais c'est un diplôme d'Etat. -C'est inscrit, d'accord. -Donc MOF, c'est pas boff.

B, le championnat du monde de pâté et en croûte existe depuis 1970. -Fort possible. -Alors, faux. -Décidément. -Il est très récent.

C'est avec la mode des concours qu'en 2009... -Il existe quand même.

Mais depuis 2009. C'est très récent. Et cette congrégation a décidé de faire des concours.

Et aujourd'hui, il est très prisé. Et c'est très compliqué. Ce sont surtout des Japonais qui gagnent.

Depuis la création du Bocuse d'or en 1987, ça, c'est un beau prix, à Lyon, ce sont des chefs japonais qui sont majoritairement récompensés. Est-ce que c'est vrai ou faux ? -Faux. -Faux, oui.

Ce sont des Français, neuf fois, cette année avec Paul Marcon, et beaucoup de Scandinaves qui sont très bons au Bocuse d'or. Enfin, D, le vainqueur 2024 de Top Chef, le plus médiatique des concours, est Hugo Riboulet, le dernier vainqueur de Top Chef. Ah, vous ne regardez pas la télé. -Très peu.

J'avoue que je regarde très peu la télé. -Alors, c'était faux. C'était le Bordelais, Jorik Dorignac, qui a été vainqueur en 2024.

Et notre ami Hugo Riboulet, lui, avait été primé en 2023. Mais enfin, c'était pour les experts. -Pour les connaisseurs.

Pour ceux qui regardent l'émission. Passons au fromage. Non, dans le quiz, évidemment, dans le quiz qui va suivre.

En tant qu'éleveuse de brebis, on s'est dit avec Jean-Pierre que vous étiez forcément amatrice de Roquefort. Sauriez-vous nous dire si ces affirmations sont vraies ou fausses ? Petit a, comme vous le savez, le Roquefort a été le premier fromage à être protégé dès 1925.

Aujourd'hui, 75 fromages français bénéficient d'une AOP. C'est vrai ou c'est faux ? -C'est possible. -C'est moins. -Moins ? -C'est 45.

Comme l'Abondance, le Chaource, le comté ou encore le Saint-Nectaire. -Vous voyez, dans notre département, on a un fromage, c'est le bleu du Queyras, qui est en train de faire... de demander cette reconnaissance. -Ah ok ? -Ca fait huit ans qu'ils sont dans cette démarche. -Qu'ils y travaillent. -Qu'ils y travaillent, qu'ils ont lancé la démarche.

Et ça sera le bleu du Queyras, ça sera... -Le quarante-sixième. -Exactement, le quarante-sixième. -On leur souhaite de l'obtenir.

Petit b, lors de l'exposition universelle de Paris en 1867, le Roquefort avait droit à son propre pavillon, avec la reconstitution d'une cave et la présence d'une brebis du Larzac. C'est vrai ou c'est faux, ça ? -On peut dire que c'est faux. -C'est vrai. -Décidemment.

Je vous propose qu'on inverse les réponses. -On va inverser toutes vos réponses. Ca marque le début du storytelling autour de ce fromage.

Petit c. à la veille de la Première Guerre mondiale, la production explose et Roquefort Société entre dans le top 100 des plus grandes entreprises privées françaises. -Pourquoi pas ? -Oui, c'est vrai, c'est vrai.

Même au 93e rang. -Et seule entreprise de l'agroalimentaire. -Eh oui, eh oui, Jean-Pierre.

Et petit d, en 1913, la première ville à l'étranger consommatrice de Roquefort est Copenhague. -Je dirais pourquoi pas aussi, mais peut-être pas. Non, parce qu'il... -Il y avait New York en premier, Copenhague en second et Buenos Aires en trois. -C'est drôle Copenhague, pourquoi les Danois adoraient le Roquefort ?

Vous savez ? -Non, mais le fromage est tellement bon que ça n'a rien d'étonnant. -Parce que c'est tellement bon de toute façon que... -Les Américains adoraient !

Le Roquefort à New York. -Un petit peu de moisissure, ça donne du goût. -Ce n'est pas n'importe laquelle. -Bien sûr, c'est de la bonne moisissure.

On voyage beaucoup dans cette émission. On voyage aussi dans vos alpages et dans le monde entier. On vient de l'entendre, mais aussi dans vos souvenirs.

Et c'est la Brève de Comptoir. Jingle Madame Allemand, pour préparer cette émission, on vous a demandé de plonger dans votre mémoire et de nous raconter un événement, une anecdote qui mêle cuisine et politique. Et vous nous emmenez dans vos montagnes, assise dans l'herbe, c'est ça ? -Pratiquement.

C'est pas vraiment de la cuisine, mais en 2015, la députée Karine Berger, pour s'inspirer, pour comprendre le sujet de la transhumance des alpages, me propose de nous accompagner en alpage et d'amener un ami. Très bien. Et l'ami, en fait, c'était le préfet des Hautes-Alpes.

Donc, on s'est retrouvés pour faire la transhumance. Il y a 8 kilomètres et ça dure quatre heures à transhumer, à mener les bêtes à l'alpage. Et donc, à la fin...

On pique-nique, quand on arrive en alpage, on mange. Et donc, c'était assez cocasse de sortir notre pique-nique au milieu de l'herbe, au milieu des brebis, et de manger avec le préfet, la députée, à 2 000 mètres d'altitude, au milieu des brebis. C'était vraiment... -Qu'est-ce que vous avez mangé ?

Vous vous en souvenez ? -Non...

Une transhumance, c'est quand même un moment qui est extrêmement convivial puisqu'on emmène, c'est une fête quand même, on emmène nos amis, les proches se joignent à ce grand moment de la montée en estive. Et c'était vraiment... c'était rigolo, parce qu'on pique-niquait, tout le monde était là, autour de la table, à parler de la pluie, du beau temps, alors que finalement, c'était des personnalités.

On aurait peut-être imaginé qu'il fallait un peu... -Un peu plus de code. -Oui, et puis enrober un peu les propos.

Pas du tout, ça a été vraiment très franc. On en a oublié un peu le statut de chacun et c'était très rigolo. Et puis la redescente se fait dans les 4x4, dans la benne du 4x4.

Enfin bon, c'est pas très... c'est pas très souple, mais c'était vraiment le comique de situation.

Après, quand vous rencontrez les personnes dans un autre cadre, vous vous dites: "Ah oui, c'est vrai qu'on a fait ça." -Elle rit. -Mais le préfet n'avait pas gardé son uniforme de préfet, il était en short. -Non, il était tranquille. -En bermuda. -On lui a donné un bâton pour conduire. -Ah oui ? -Voilà, donc bon... _Une expérience qu'il a dû garder en mémoire aussi.

On l'imagine. On quitte les alpages. Direction la porte de Versailles à Paris pour un Salon que vous connaissez bien.

On en a parlé en début d'émission. Le très célèbre Salon de l'Agriculture. Un rendez-vous moins agité que l'année dernière, même si les paysans ont toujours de nombreuses inquiétudes.

On les écoute tout de suite dans Le dessous des plats. Jingle La plus grande ferme de France nous a ouvert ses portes. L'édition 2025 du 61e Salon de l'Agriculture s'est tenue dans un climat relativement apaisé.

Tous les participants avaient en tête la loi d'orientation agricole tout juste adoptée par le Parlement. Et c'est notamment le volet sur l'installation et la transmission des exploitations qui a particulièrement retenu l'attention de nos agriculteurs et agricultrices qui se sont exprimés au micro de Dario Borgogno et Raphaël Lisambard. -Connu pour ses cochons, ses vaches ou ses visites de politiques, le Salon de l'Agriculture accueille surtout chaque année plus de mille exposants.

Des agriculteurs qui sont pour certains proches de la retraite, transmettent sa ferme, une équation parfois difficile dont la réponse est souvent la famille. -On a toujours donné des coups de main à la ferme. Donc si on s'est installé, c'était plutôt évident de s'installer sur la ferme familiale. -Mais la transmission peut être compliquée.

Vincent a une petite exploitation, mais doit aussi travailler à côté en tant que chauffeur laitier. Rythme de vie épuisant, alors quand son fils lui a annoncé qu'il voulait lui succéder. -J'étais pas trop chaud qu'il reprenne la ferme, il serait obligé de faire comme moi, de travailler à l'extérieur pour vivre, on ne tire pas un salaire de la ferme.

Alors je paye mes emprunts, c'est vrai que je n'ai pas de difficulté à rembourser mes emprunts, mais je ne tire rien du tout, pas un centime de la ferme. -Autre option, un repreneur extérieur. C'est le cas pour Philippe et ses brebis, dont l'exploitation sera reprise par un jeune de 25 ans, qui ne vient pas d'une famille du milieu agricole. -L'idée, c'est que dans un an, il soit à la tête de l'exploitation.

Si je dois finir salarié pendant deux ans pour accompagner le jeune, ça ne me dérange pas du tout. Ce qui permet de travailler ensemble pour connaître les choses, que moi, je lui apprenne, je lui transmette certaines choses et que j'accepte certains changements, normal. -S'installer revient surtout à investir beaucoup d'argent.

Pas évident pour un jeune actif. -Quand on demande à des jeunes, 30 % d'apport pour s'installer sur des structures qui sont à un million d'euros, quelqu'un qui s'installe, qui arrive, qui a 25 ans, il ne peut pas avoir autant de capitaux. Donc nous, clairement, si on n'avait pas eu des prêts familiaux, je n'aurais pas pu m'installer. -La transmission se joue aussi dans la confiance des banques pour les futurs exploitants.

C'était le cas du propriétaire de la vache égérie de cette année, Oupet. -Il y a le cheptel, le matériel, le bâtiment, ça chiffre énormément. Les banques ont du mal à garantir le financement pour que le jeune puisse s'installer.

Donc c'est vrai que si on n'avait pas eu une banque conciliante, Oupet ne serait peut-être pas là aujourd'hui. -La loi d'orientation agricole adoptée début 2025, prévoit d'accompagner les jeunes exploitants. Une urgence quand on sait que plus de la moitié des agriculteurs seront à la retraite dans 10 ans. -Alors l'idée, c'est de maintenir 400 000 exploitations d'ici à 2035.

Vous travaillez avec votre fils. L'idée est de lui transmettre votre exploitation ? -Ce n'était pas l'idée de départ, j'avoue.

Et quand il nous a annoncé qu'il allait reprendre la ferme, ça nous a fait...

Je ne vais pas dire un choc. On s'est dit, mais comment on va faire ? Notre exploitation agricole est en zone périurbaine.

Ca veut dire qu'on a des gens qui ne sont pas agriculteurs, qui viennent s'habiter autour des bâtiments, de la ferme, avec les problèmes qu'on rencontre sur la cohabitation. Mais...

Bon, après, on s'y fait, puis on voit qu'aujourd'hui, finalement, il est heureux d'être à nos côtés. On a l'impression qu'il est né pour ça, en fait. Voilà, il est né pour ça.

On en est très, très fiers. Franchement, on est très fiers de Thomas, parce que...

Voilà, C'est... transmettre sa passion à ses enfants et ses soeurs viennent aussi.

C'est vraiment le cercle familial parce que lorsque on a des gros coups de manutention, la tonte, la montée en alpage, où il faut de la main d'oeuvre, où il faut du monde, ses soeurs répondent présentes. Elles viennent, elles l'aident. C'est beau.

C'est beau, la famille, la solidarité. -Mais est-ce que c'est facile ? Est-ce que c'est simple ? -Mais non, ça n'est pas facile.

Voilà, expliquez-nous. -Nous, on se dit : "Comment il va faire ?" Nous, on a toujours été tous les deux, avec mon conjoint, pour l'exploitation.

Même si on s'est toujours gardé la possibilité que moi, je puisse travailler ailleurs. Et j'ai travaillé ailleurs, pour faire bouillir la marmite. Aujourd'hui...

Vous l'avez dit tout à l'heure, on nous impose de prendre cette somme-là car nous sommes en société. Mais on la réinjecte derrière parce que... -Sinon, ça ne tourne pas. -Mais non, ce n'est pas possible.

On ne peut pas sortir trois salaires de...

Enfin, trois salaires de 1 300 euros par mois, vous vous rendez compte ? On n'a pas ce revenu qui suit. Et on a beaucoup de... de cas d'agriculteurs qui n'arrivent pas à joindre les deux bouts.

Et malheureusement, on le sait, c'est un suicide tous les deux jours. J'ai une pensée pour un collègue qui est parti dimanche. Voilà, enfin...

De cette façon-là, on n'arrive pas à vivre de nos exploitations agricoles. Et c'est un vrai souci de savoir qu'on a notre fils qui reprend la ferme. Comment il va le faire ?

On sait que sa compagne travaille à l'extérieur, donc ça fera bouillir la marmite, évidemment. Mais comment il va faire tout seul ? Parce que les animaux demandent beaucoup de main-d'oeuvre.

Beaucoup de temps. -Ca veut dire qu'aujourd'hui, la loi d'orientation agricole ne répond pas ? -Bien sûr que non. -En quoi ?

Qu'est-ce qui vous manque ? -Vous savez, dans cette loi d'orientation...

Moi j'ai voté contre cette loi, parce que j'estime qu'on est allé trop vite, trop vite à la fin. -Bâclé ? -On ne parle pas de revenus.

C'est quand même pour cela que les agriculteurs se sont battus et ont été dans la rue l'année dernière. La colère du revenu, elle existe. La loi n'est pas à la hauteur.

La transmission, on n'en parle que très peu. -Et pourtant, c'est dans le titre. Le projet de loi s'intitule "Orientation pour la souveraineté en matière agricole et le renouvellement des générations en agriculture".

C'est dans le titre. -C'est un très beau titre. C'est un très beau titre, c'est tout.

On ne parle pas de transmission, on ne parle pas du foncier agricole. Le foncier agricole, aujourd'hui, mon collègue M. Dufault va porter une loi la semaine prochaine pour essayer de faire un petit peu, à petite touche, mais il n'y a rien.

Une loi d'orientation agricole, ça trace un chemin sur les dix ans à venir. On n'a pas de chemin. Et franchement, comment on va faire pour renouveler ces exploitations ?

Vous l'avez dit. -La création d'un diplôme, par exemple, spécifique, le bachelor agro, ça ne sert à rien ? -On n'a pas besoin d'être diplômé pour travailler.

On travaille avec nos mains. Même si on a besoin aussi de notre tête aujourd'hui sur le casse-tête administratif. -Le guichet unique, c'est une bonne idée ça ? -Vous croyez qu'un guichet unique, ça va vous faire conduire un tracteur ?

Je ne pense pas. Il faut peut-être revenir aux fondamentaux. A la base, quoi.

Et il n'y a pas que le tracteur. Et encore une chose. Moi, il y a le grand absent de cette loi, c'est les femmes.

Les femmes et les jeunes. Il n'y a rien sur les conditions de travail des femmes. -Le statut des femmes agricultrices. -Ca n'existe pas.

Ca n'existe pas. Et c'est une vraie...

Je vais développer un petit peu. Il y a le statut de la femme agricultrice, mais il y a aussi la problématique du travail en soi. Les matériaux ne sont pas adaptés aux femmes.

Absolument pas. On n'a pas la même morphologie. Il faut travailler là-dessus.

Je travaille beaucoup là-dessus, notamment en lien avec la MSA, pour arriver à faire quelque chose pour qu'on puisse travailler comme on doit travailler. -Je rebondis un peu sur le manque de revenus. Dans le reportage, on voit que Vincent, lui, il est chauffeur laitier et il dit : "Grâce à ça, je survis".

Je pense à votre fils et j'ai vu que de jeunes agriculteurs, plus en phase avec le monde et les nouvelles technologies, font des vidéos Tiktok, font de la méthanisation, du photovoltaïque, revendent, des choses comme ça. Est-ce que ça, vous pensez que c'est marginal ou ça peut permettre à certains agriculteurs de s'en sortir et d'avoir un revenu à côté ? -Ce que je pense, c'est que tous les agriculteurs qui ont la possibilité d'entrer dans une niche, quelle qu'elle soit, pour tirer du revenu, il faut qu'ils le fassent.

C'est comme ça qu'ils s'en sortiront de manière individuelle. -Il y en a qui gagnent 3 000 euros à faire des vidéos de leur quotidien, qui sont intéressantes d'ailleurs, racontant la vie des agriculteurs. Tout le monde ne peut pas le faire. -Oui, c'est quelque part aussi la promotion de notre travail et de notre métier.

Parce qu'aujourd'hui, on voit bien l'agribashing, ça devient de plus en plus, la viande, le machin, le truc, ça devient de plus en plus récurrent. Aujourd'hui, il faut que nous, agriculteurs, on explique notre travail. Il faut qu'on explique comment on fait, pourquoi on fait ça et pourquoi de cette façon-là.

Et si on le fait de cette façon-là, c'est qu'il y a un bon sens paysan et ça ne sert à rien de nous produire des lois venues de je ne sais pas où pour nous expliquer comment on doit travailler. Non, on sait le faire. Et moi, mon idée que j'ai d'être à l'Assemblée, c'est justement d'apporter, pas qu'au monde agricole, au monde rural dans son ensemble, d'apporter tout ce que je peux apporter pour faire évoluer les choses. -Est-ce que cette mesure, dès 2026, les agriculteurs d'au moins 59 ans qui décideront de cesser leur activité agricole pourront bénéficier sous condition d'une aide au passage de relais d'environ mille euros par mois jusqu'à la retraite ?

Ca va quand même dans le bon sens ? -Oui mais est-ce qu'on a les relais ? La formation, c'est quand même important.

Aujourd'hui, on l'a vu sur les budgets qui nous sont arrivés, la formation, c'est la première chose qu'on coupe. On coupe la formation, notamment des jeunes. Il n'y a pas vraiment de mesure pour cela dans ces lois.

Nos jeunes sont aussi les absents de cette loi. Il faut en prendre conscience. Le renouvellement des générations en agriculture, ça ne va pas se faire tout seul.

Parce que le dimanche, le samedi, le dimanche, les vacances, ce n'est pas forcément à l'ordre du jour. Même si aujourd'hui, le fait qu'on crée des GAEC, qu'on ait la reconnaissance aussi du GAEC et de l'association d'éleveurs, ça permet de tourner des groupements agricoles, ça permet aussi d'avoir ce répit des vacances. Les bêtes, elles mangent tous les jours.

Comme nous, on mange tous les jours. -Vous parliez de la formation, arrêtez-moi si je dis une bêtise, mais les écoles agricoles font le plein. -Oui mais il n'y a pas assez de place.

I n'y a pas assez de place. -Donc même si on rassemble tous ceux qui sont dans les écoles, ça ne suffit pas à assurer ce renouvellement. Il faut de nouvelles écoles. -Il faut 150 000 installations par an pour tenir les objectifs.

Un agriculteur sur deux va partir à la retraite dans les 10 ans. Comment on fait ? Un sur deux, c'est énorme, c'est énorme !

Qu'est-ce qu'on fait ? Et j'en fais partie. Donc comment on fait ?

Typiquement chez moi, dans notre exploitation, on va être deux, puisqu'on a à peu près le même âge avec mon conjoint, on va être deux à partir et il n'y a que notre fils qui s'installe, donc on en perd un. -Oui, c'est deux contre un. -Voilà, c'est deux contre un.

Pareil dans beaucoup d'exploitations parce qu'aujourd'hui, comme avant d'ailleurs, nous on a toujours eu une pluriactivité sur notre exploitation, un des deux qui ramène un salaire, enfin qui ramène, c'est même pas des salaires, c'est un peu d'argent sur les saisons, et c'est très important aussi la saisonnalité, de laisser aux agriculteurs la possibilité, on est contraint de ne pas pouvoir aller travailler n'importe où, n'importe comment, lorsqu'on est par exemple en chefs d'exploitation, mais laissez-nous la possibilité de faire bouillir nos marmites, parce que ce qu'on va gagner à l'extérieur, bien souvent, c'est réinjecté dans nos fermes, réinvesti pour qu'on puisse vivre tout simplement. Je ne parle pas du dignement, je dis : "Vivre" tout simplement. -Entendu.

On part maintenant dans les pâturages. Et quand il faut passer des vallées protégées en hiver aux plaines ensoleillées à flanc de montagne en été, on appelle ça la transhumance. Une migration qui entraîne tout le bétail et ses éleveurs.

Tradition ancestrale qui se pratique aussi à l'horizontale. C'est ce qu'on va voir maintenant dans Les pieds dans le plat. Jingle -Dans l'imaginaire de la transhumance, on voit des bergers, des troupeaux dans les alpages, près des montagnes, enneigés, avec des refuges en bois.

Eh bien, pas forcément, Valérie. Halte aux idées reçues. La transhumance existe aussi au pays des régates.

Oui, en Bretagne, avec vue non pas sur les cimes, mais sur les eaux claires du Golfe du Morbihan. C'est un reportage étonnant de Nicolas Corbar et de Stéphane Isade pour France 3 Bretagne. -"Kers, Toundra, kers !" -Quelques mots de Breton pour mettre Toundra au travail.

Ce chien de berger a pour mission de s'assurer que les 44 brebis arrivent à bon port. Elles ont passé six mois au pré. C'est maintenant le moment de donner naissance à leurs agneaux. -Ils sont donc à 8-10 jours du terme, à peu près.

Donc les mettre dans les bétaillères, c'est quand même des risques d'avortement potentiels. Et puis je trouve ça sympa de les transporter à pied. Il n'y a pas de pétrole, il n'y a pas de bruit.

C'est sympa, quoi ! -Une transhumance à Vannes, c'est un peu inattendu. Et sur les 2,5 kilomètres de parcours, l'échappée suscite la curiosité des habitués des lieux. -J'ai une fille qui habite la montagne.

Vous êtes sûrs ? J'aurais dû lui envoyer la photo. Il n'y a pas qu'à la montagne. -C'est un spectacle.

C'est un spectacle, c'est toujours...

Puis nous, les moutons, ils font partie de notre univers quand on marche. On les cherche dans les prés. Enfin, on assiste aux petits quand ils naissent. -C'est la troisième transhumance pour ce couple de bergers.

Et la première pour le petit Nino, né il y a tout juste trois mois. -C'est agréable de voir que ça ramène du monde, que ça plaît. C'est un retour un peu...

à quelque chose d'un peu plus vrai que de la technologie. -Et justement, des brebis en chair et en laine, les maternelles de l'école Jacques Prévert n'en avaient jamais vu. -C'est le poil de mouton ! -Dans le cadre du dispositif l'Ecole Dehors, les élèves découvrent d'où vient leur alimentation.

Des enfants plus habitués à la ville qu'à la nature. -On a aimé le chien et le mouton. -Il y avait des crottes de mouton et j'aimais pas. -Là on est à notre quatrième sortie aujourd'hui et l'idée c'était que les enfants découvrent la transhumance et le métier d'éleveur ce matin. -Les moutons ont finalement retrouvé leur maison en seulement trois quarts d'heure de marche. -C'est très bien Toundra, c'est très bien tout à fait. -Au total, 90 brebis donneront naissance à leurs agneaux dans quelques jours. -Alors, j'imagine que vous, vous saviez qu'il y avait aussi une transhumance en Bretagne. -Oui, c'est la transhumance verticale. -Alors, on a envie de savoir, parce que nous, c'est un mot... -Horizontal, pardon. -Ils ne montent pas.

Oui, il n'y a pas de montagne. Vertical, c'est plutôt dans votre coin. Parlez-nous de la transhumance, car au moment où la Terre se réchauffe, ce nom, pour nous, pour citadins, ça évoque plein de choses, mais on ne comprend pas bien comment ça marche, ses effets, si c'est compatible avec le réchauffement climatique, ou au contraire, est-ce un allié du réchauffement climatique ?

Racontez-nous ce que peut donner la transhumance dans les années qui viennent, alors que c'est une tradition séculaire. -Oui, la transhumance, effectivement, c'est une tradition. C'est une tradition, mais pas que.

On a des bêtes qui sont chez nous. Elles sont couvertes, elles ont de la laine. Et l'été, comme il fait très chaud, le fait d'aller dans les alpages, elles respirent.

On les mène en alpage. -Donc au printemps, elles montent ? -Elles montent.

Nous, au printemps, elles montent autour du 17 juin et redescendent au mois d'octobre pour faire l'agnelage. Et en fait, elles passent l'été dans les alpages. Et c'est...

Au-delà de la tradition d'aller dans les alpages, les bêtes mangent l'herbe. C'est bête à dire. Elles tiennent les milieux ouverts. -Ca permet de randonner.

Ca permet aussi, dans nos stations de ski... de faire en sorte que l'hiver, lorsqu'il neige, la neige adhère à la montagne. -OK !

C'est tout un cycle finalement. -Si on a des herbes longues, l'herbe va coucher et la neige va glisser. Donc c'est quelque chose qui est très important pour les stations de ski, que de faire pâturer. -Contre les incendies aussi, elles débroussaillent. -Exactement.

C'est quelque chose qui est aussi important. Les brebis, les vaches, les chèvres débroussaillent la montagne. Et effectivement, ça prévient des incendies.

Ce n'est pas que du folklore. Et puis, en dehors de ça, les bêtes ont besoin d'aller en alpage parce que l'herbe est très riche en altitude. Elle est extrêmement riche et ça fait...

Nous, lorsqu'on a des bêtes qui sont pleines, qui sont gestantes, les agneaux se développent à l'intérieur du corps, bien mieux à deux mille mètres d'altitude que... -Qu'en vallée. -Voilà, exactement.

C'est le goût de l'herbe qui... -Qu'on comprenne bien.

Comment vous faites ? Vous partez six mois de l'année habiter...

Non, mais moi, je ne sais pas comment ça se passe. Donc, est-ce que vous habitez... -Des Airbnb ? -Dites-nous comment vous faites. -C'est très simple.

Aujourd'hui, on ne fait plus par la route. C'est beaucoup trop dangereux. Il y a beaucoup trop de voitures.

Et puis, il faut aussi que... pendant que les bêtes sont en alpage, il y a tout le travail de la ferme, la récolte du foin pour l'hiver, il y a les moissons, la préparation de l'automne et de la prochaine saison. -Alors comment ça s'organise ? -On commande des transporteurs avec des semis, on charge les bêtes, les bêtes montent dans les camions. -Le charme a un peu disparu, parce que moi j'imaginais... -Le bateau ? -On s'en garde un petit peu...

Donc, on va jusqu'à un endroit précis sur l'alpage. Donc, nous, en l'occurrence, on va dans le Queyras, à Château-Ville-Vieille. Les bêtes descendent des camions.

Et après, on a 8 kilomètres à pied. -Oui. -8 kilomètres au pas de la brebis, ce n'est pas le pas de l'humain.

On y va très lentement parce qu'on va partir...

Elles partent, en fait, de 700 mètres de chez nous. Elles vont arriver à 2 000 mètres. -Ah oui ! -Un dénivelé quand même. -Petit.

On monte lentement comme on descend lentement. -Mais c'est votre prés à vous ? -Alors pas du tout.

On a ce qu'on appelle des regroupements en associations foncières pastorales. Donc les mairies louent les alpages à des groupements d'éleveurs. qui se mettent à plusieurs.

Nous, on est deux éleveurs. Nous allons embaucher des bergers pour pouvoir garder les bêtes les quatre mois d'été. -Qui restent sur place. -Avec des cabanes, avec toute une vie qu'ils organisent là-haut.

On ne les laisse pas tout seuls. -C'est un métier en tension, berger ? -Extrêmement en tension.

Tout à fait, parce qu'il faut se couper du monde. -Oui, c'est spécial. -Même si aujourd'hui, avec les réseaux de téléphone... -Je vais peut-être faire ça, moi. -Mais venez ! -Je ne suis pas sûre que je serais douée, j'aurais trop peur pour vos bêtes. -Mais après, un berger regarde les bêtes manger et l'objectif du berger, c'est de ramener, rendre autant de brebis que ce qu'il en a eu quand on les lui a confiées. -Il a intérêt ! -Et puis il faut qu'elles soient... -C'est un état des lieux. -Un état des lieux corporel, on va dire. -En parlant de ça, un danger auquel doit faire face aussi le berger, comme les bêtes, c'est le loup.

Quelle est votre position ? Je sais que parfois on organise des battues au loup, la réintroduction du loup. Qu'est-ce que vous en pensez ? -C'est un peu simpliste. -Dites-mois. -La problématique du loup, aujourd'hui... -Vous avez eu des bêtes attaquées ? -Oui, on en a tous les ans, depuis... -Le sisteron est une région très touchée. -Les Alpes sont très touchées.

On a tous les ans des attaques et on fait au mieux pour prévenir de manière à ce qu'on n'en ait pas. Mais aujourd'hui, dire qu'on est pour ou contre le loup, honnêtement, ça n'a plus de sens. Moi, je suis favorable à ce qu'on ait...

On arrête les débats. On n'en est plus là. Aujourd'hui, on a une problématique, le loup, sur les alpages.

Mais la problématique du loup en a engendré une autant importante. C'est celle des chiens de protection sur les alpages. Entre autres.

Parce qu'il n'y a pas que du patou. On a des bergers d'Anatolie. On a des...

Des mâtins espagnols, il y a toutes sortes de chiens de protection divers et variés et chacun a son usage. -Mais du coup c'est utile, ça fonctionne ? -Disons que les attaques sont moins importantes parce qu'en fait ces chiens assurent la sécurité du troupeau de jour comme de nuit.

Et le berger est alerté. Le berger est alerté lorsque les chiens aboient. Et c'est vrai que ça engendre d'autres soucis sur le partage de l'espace, puisque aujourd'hui, on a pas mal de...

De morsures de chiens. Les chiens, ils protègent, mais ils n'arrivent pas à faire la différence entre un loup, entre un humain. Donc, le chien protège le troupeau, point.

Quel que soit l'agresseur, ou même s'il n'est pas agresseur, d'ailleurs. Et on a ce conflit d'usage sur nos alpages, qui est un véritable problème, un véritable casse-tête, et qu'il va falloir essayer de régler. Ca va être compliqué de régler le problème.

Mais trouver des solutions, par exemple, signaler la présence du troupeau à tel ou tel endroit. Un alpage, c'est environ huit cents hectares, il y a quand même de la place à côté, plus loin que le troupeau, pour aller se promener. Il faut vraiment trouver des solutions. -Que tout le monde cohabite. -Voilà, sans qu'on ait, de manière récurrente, des morsures de chien.

Parce qu'aujourd'hui, le chien, la journée, il est censé dormir. Il ne doit pas être dérangé par toute...

Par les humains et par tout ce passage, ce trafic qu'on a sur les alpages. Et d'un autre côté, c'est aussi du tourisme. -Bonne chance quand même pour la cohabitation. -Et comme on ne finit jamais un repas sans une douceur, je vous propose maintenant de parler du Péché mignon.

Jingle -Avec un dessert hyper régressif, Valérie, ça va vous faire plaisir, qui fait son retour dans nos assiettes portées par l'air du temps, anti-gaspi et récup à tout va, le pain perdu. Et oui, la baguette n'échappe pas à la règle de la seconde vie. En clair, rien n'est jamais perdu, surtout pas le pain rassis.

Un peu de lait, vous le faites cuire, un peu de sucre. Et voilà, ce dessert qui vaut pour moi tous les gâteaux du monde. Ce n'est pas mon avis puisque vous le partagez visiblement. -Ca vaut tous les gâteaux du monde. -Pourquoi ? -D'abord, là encore, c'est du bon sens.

C'est quelque chose qui existe depuis très longtemps dans nos campagnes. Le pain perdu, c'est le dessert qu'on mange en famille. Nous, on mangeait le pain perdu le dimanche soir avec un lait de poule.

Alors, je ne sais pas si vous savez ce que c'est. -Pas du tout. Moi, je ne sais pas ! -Elle rit. -En fait, c'est un jaune d'oeuf battu avec du lait très chaud et puis après, on agrémente comme on veut.

Vanillé. Les amateurs d'alcool peuvent mettre du rhum avec modération parce que ça gâche le goût. -Ca fait une petite sauce. -Ca fait une mousse et on le boit chaud avec du pain perdu et c'est un repas... -Ah oui, attention, vous buvez votre lait de poule avec le pain perdu.

Le pain perdu, on le met dans le lait de poule aussi. -Oui, ça peut faire une sauce. -On fait trempette. -Non mais...

Comment vous faites cuire votre pain perdu ? Vous trempez bien dans du lait ? -Oui, aussi, mais on met les deux. -C'est la recette de Mme Allemand. -C'est du pain perdu un peu aristocratique parce que c'est de la brioche perdue. -On l'a vu, mais on a compris -On va terminer l'émission là-dessus.

Merci beaucoup Marie-José Allemand d'avoir partagé ce déjeuner avec nous.